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lundi 16 juillet 2012

Sahara occidental : la France doit changer de politique

 Les documents du Sahara Occidental Sahara occidental : Par Jean-Paul Le Marec, secrétaire du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental (CORELSO) 8/7/2012  

Le gouvernement français constitue actuellement le principal obstacle à une solution de la question sahraouie. 

 Nicolas Sarkozy a suivi la voie tracée par Jacques Chirac. Allié inconditionnel du royaume, « Chirac El Alaoui », surnom donné par le journal espagnol El Pais, avait fait des relations entre la France et le Maroc une affaire de famille. Aux Nations unies, le dossier du Sahara occidental était sous-traité par la diplomatie française qui a exigé, dès l’accord de cessez-le-feu en 1991, que la solution au conflit ne soit pas imposée aux deux parties mais soit « mutuellement acceptable ». Cette contrainte a laissé la possibilité au Maroc de bloquer toute solution politique qui ne lui plaisait pas. Et il ne s’en est pas privé ! 

 Nicolas Sarkozy a voulu faire légitimer l’occupation marocaine du Sahara occidental en essayant de mettre au cœur des négociations, entre le Maroc et le front Polisario, le projet marocain d’autonomie qui ne respecte pas le droit à l’autodétermination et permettrait aux autorités marocaines de décider du sort du Sahara occidental en lieu et place du peuple sahraoui. 

La France était si peu soucieuse de défendre les droits de l’homme au Sahara occidental que, depuis le déclenchement du soulèvement populaire de mai 2005 dans les territoires occupés et même après le démantèlement du camp de Gdim Izik le 8 novembre 2010, elle a empêché l’extension du mandat de la mission des Nations unies (Minurso) à la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.
  
 La priorité de Nicolas Sarkozy était de défendre les intérêts commerciaux et financiers des firmes installées au Maroc ou exportatrices. Effectivement, une grande partie de l’économie marocaine est sous le contrôle de capitaux français. D’autres pays comparables, comme la Tunisie de Ben Ali, ont eu ce même type de relations commerciales avec la France. Mais, avec le Maroc, il y a un plus, comme l’a souligné le journaliste Jean-Pierre Tuquoi dans son livre Majesté, je dois beaucoup à votre père… : « La défense des intérêts industriels français n’implique pas forcément le traitement de faveur dont bénéficie le Maroc. Ce dernier doit beaucoup aux compromissions individuelles. (…) Le Maroc est le pays où les ministres français se rendent le plus fréquemment (…), le royaume est un lieu de pèlerinage obligé pour les membres du gouvernement français quelle que soit la couleur politique. » 

 Élu président de la République en mettant en avant le slogan « Le changement, c’est maintenant », François Hollande a déclaré dans son discours d’investiture : « La France respectera tous les peuples, elle sera partout fidèle à la vocation qui est la sienne, défendre la liberté des peuples, l’honneur des opprimés. » 

Le peuple sahraoui, opprimé et colonisé, attend donc un changement de la politique française. Au vu de la campagne électorale et des positions du Parti socialiste, on est en droit de s’interroger sur la volonté du nouveau président. Changera-t-il de cap ou continuera-t-il la même politique que ses prédécesseurs ? La diversité des points de vue au sein du Parti socialiste laisse la porte ouverte. L’Internationale socialiste réaffirme régulièrement « son soutien au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ». Fidèle à cette position, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale (avant de devenir premier ministre), écrivait le 8 juin 2010 à une association de soutien à la cause sahraouie : « Le PS soutient les efforts accomplis par le secrétaire général de l’ONU pour organiser un référendum d’autodétermination. (…) Ce différend international concerne l’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. » 

Malheureusement, on entend trop souvent un autre son de cloche chez des responsables socialistes. Au cours de sa visite au Maroc en mars 2012, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a déclaré à la télévision marocaine : « Nous avons toujours appuyé l’initiative marocaine d’autonomie et nous continuerons à le faire si on est au pouvoir. » S’inscrivant dans cette démarche, le porte-parole de M. Fabius, ministre des Affaires étrangères, a affirmé le 18 mai : « La France réitère son appui au plan d’autonomie marocain, qui est la seule proposition réaliste sur la table des négociations et qui constitue la base sérieuse et crédible d’une solution dans le cadre des Nations unies. » Les résistances à un changement de politique vis-à-vis du Maroc sont très fortes dans l’équipe de François Hollande qui a reçu le roi du Maroc le 24 mai à l’Élysée. Il est donc nécessaire de poursuivre la mobilisation. Avec l’objectif d’obtenir du gouvernement français un engagement ferme pour la mise en œuvre du référendum d’autodétermination, pour la libération des prisonniers politiques sahraouis et la défense des droits de l’homme au Sahara occidental qui doit être incluse dans le mandat de la mission des Nations unies. Les résultats obtenus au Parlement européen avec le rejet en décembre 2011 de la prolongation de l’accord de pêche UE-Maroc et le soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui réaffirmé le 18 avril 2012 constituent un encouragement et un point d’appui pour de nouvelles campagnes de sensibilisation et des actions (délégations, rassemblements…) pour infléchir la position du gouvernement français et briser le silence des principaux médias qui font preuve de bienveillance, pour ne pas dire de complaisance, à l’égard du Maroc.

  Tenant compte de ses liens politiques et commerciaux privilégiés avec le Maroc, la France peut exercer des pressions sur le Maroc pour qu’il accepte le référendum d’autodétermination qui permettrait enfin au peuple sahraoui de décider librement et démocratiquement de son avenir. 

 Si le gouvernement français continue à empêcher l’application du droit international, il portera la responsabilité de l’utilisation d’autres moyens d’action par le peuple sahraoui comme la reprise de la lutte armée. 

ttp://saharadoc.wordpress.com/2012/07/08/sahara-occidental%E2%80%89-la-france-doit-changer-de-politique/

source : L’Humanité

mercredi 25 avril 2012

Sur le 1er Mai, l'ombre de Pétain

Par Laurent Mauduit , mediapart, 24/4/2012
 La nouvelle polémique du jour, celle qui oppose Nicolas Sarkozy à François Hollande au sujet de la fête du 1er Mai, pourrait apparaître comme une simple péripétie de la campagne présidentielle. Une péripétie secondaire, au regard des grands enjeux de l’élection, ceux qui ont trait à l’avenir d’une Europe en crise ou à ceux d’une France rongée par le chômage et la précarité. On aurait tort pourtant de ne pas s’y attarder. Car dans sa folle équipée pour draguer les voix de l’extrême droite et transformer l’UMP en un parti de droite extrême, le président sortant a franchi un pas de plus.  
Un pas symbolique mais hautement révélateur, puisqu’il en est venu à imaginer une commémoration du 1er Mai qui ressemble fort à celle qu’avait conçue, en d’autres temps… le maréchal Pétain ! Nulle outrance dans ce constat ! Il transparaît des propos mêmes qu’a tenus le chef de l’Etat et de la controverse qu’elle a suscitée. Reconstituons donc d’abord la joute, pour en discerner ensuite les arrière-pensées. 

Elle commence lundi matin 23 avril, au lendemain du premier tour de la présidentielle. Sortant de son siège de campagne, le champion de l’UMP annonce aux journalistes qu’il a l’intention d’organiser le 1er Mai la fête du « vrai travail ». Sa porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, précise dans la foulée que cela devrait prendre la forme d’un rassemblement à Paris, par exemple au Trocadéro.

 Lors d'un meeting quelques heures plus tard à Saint-Cyr-sur-Loire, dans la banlieue de Tours, Nicolas Sarkozy s’applique ensuite à expliquer ce qu’est pour lui le « vrai travail ». « C'est celui qui a construit toute sa vie sans rien demander à personne, qui s'est levé très tôt le matin et s'est couché très tard le soir, qui ne demande aucune félicitation, aucune décoration, rien, c'est celui qui a commencé tout en bas, qui s'est hissé le plus haut possible et qui se dit: "je veux que mes enfants puissent vivre mieux que moi et commencer plus haut que moi" », dit-il avant d’ajouter : « Le vrai travail, c'est celui qui se dit: "oh, j'ai pas un gros patrimoine, mais le patrimoine que j'ai, j'y tiens, parce qu'il représente tellement de sueur, tellement de milliers, de milliers d'heures de travail, tellement de peine, tellement de sacrifices, tellement de souffrance, ce patrimoine-là, on ne me le volera pas, j'ai trimé pour ce patrimoine-là mais je n'ai pas l'intention de m'excuser d'avoir construit cette vie". C'est ça, le vrai travail ! (…) C'est celui qui dit : "toute ma vie j'ai travaillé, j'ai payé mes cotisations, j'ai payé mes impôts, je n'ai pas fraudé, et au moment de mourir, je veux laisser tout ce que j'ai construit à mes enfants sans que l'Etat vienne se servir". » Le ton est donc donné. 

Ayant le culot de se présenter, de nouveau, en candidat du peuple et des humbles, lui qui a arrosé de cadeaux cinq ans durant ses richissimes supporters du Fouquet’s ; ayant le front de se déguiser en candidat anti-système, lui qui a pour conseiller Alain Minc, le chef de l’Etat use d’une harangue proche de Marine Le Pen. A droite, toute ! De manière allusive, Nicolas Sarkozy suggère donc que s’il défend le « vrai travail », c’est parce que la France est aussi un pays de fainéants ; s’il en appelle aux forces vives, s’il s'adresse directement au peuple, c’est aussi parce que le pays est tiré vers le bas par les syndicats. Attaques répétées de Sarkozy contre les syndicats En clair, Nicolas Sarkozy annonce qu’il va organiser “son” 1er Mai – par contraste au 1er Mai des bras cassés, celui des personnels protégés et autres permanents syndicaux. 

Le lendemain matin, sur France Inter, son conseiller Henri Guaino poursuit la charge sur le même registre populiste. « On avait pris l’habitude de ne voir défiler le 1er Mai que les permanents syndicaux », déplore-t-il. « Vous voulez dire qu’il y aura deux fêtes, celles des travailleurs et celle des fainéants ?» lui demande le journaliste. « Non, il y aura la fête des permanents syndicaux et il y aura la fête des travailleurs », insiste Henri Guaino. Et ces mots-là viennent de loin : voilà en effet plusieurs semaines que Nicolas Sarkozy mène campagne contre les « corps intermédiaires », comme il les a appelés ; en clair contre les syndicats, dénonçant un jour la CGT, le lendemain la CFDT, et leur reprochant de « faire de la politique » plutôt que de « défendre les intérêts des salariés ». Henri Guaino par franceinter 

 Dès le lundi, François Hollande s’indigne à juste titre de cette campagne populiste antisociale et antisyndicale de Nicolas Sarkozy, pour draguer les voix de l’extrême droite ; de cette sorte de contre-manifestation qu’il veut organiser, face à la manifestation traditionnelle des travailleurs et de leurs syndicats : « Cela voudrait dire qu'il y aurait un faux travail en France, qu'il y aurait finalement une opposition à organiser entre les travailleurs eux-mêmes, ou entre les travailleurs et les chômeurs, ou entre les travailleurs et les assistés ? Non. S'il y a eu la fête du travail, c'est parce qu'il y a eu des hommes et des femmes qui voulaient se réunir », s’indigne le candidat socialiste lundi soir, lors d’un meeting à Lorient. Dénonçant l’organisation d’une « fête des uns contre les autres », il ajoute encore : « Ça voudrait dire qu'il y aurait un faux travail en France ? Qu'il y aurait finalement une opposition à organiser ce jour-là, le 1er Mai, entre les travailleurs eux-mêmes ? Ou entre les travailleurs et les chômeurs ? Ou entre les travailleurs et les assistés ? Non ! » a-t-il conclu. Réponse claire et nette ! Et pourtant, François Hollande aurait pu dire encore plus. Car on ne peut s’empêcher de penser que cette volonté affichée par Nicolas Sarkozy d’organiser une fête du « vrai travail » le 1er Mai s’inscrit dans une filiation historique qui n’a naturellement pas échappé à son initiateur. 

 Car à l’origine, le 1er Mai n’est évidemment pas la fête du travail, mais celle des travailleurs. C’est la fête des opprimés contre les oppresseurs ; c’est la grande journée internationale de solidarité des travailleurs du monde entier. Faut-il que la droite sarkozyste ait perdu tous ses repères républicains pour que l’on soit conduit à devoir rappeler ce qui est aux racines de l’histoire du mouvement ouvrier ? C’est à l’occasion de son deuxième congrès, le 20 juin 1889, à Paris, que la Deuxième Internationale a voté le principe d’une journée de mobilisation et de solidarité internationale des travailleurs, suggérant qu’elle ait lieu chaque année le 1er Mai, en commémoration du début des grèves qui, trois ans plus tôt, à Chicago, aux Etats-Unis, avaient débouché sur une répression meurtrière. Avec à la clef la pendaison, pour l'exemple, des principaux meneurs des grévistes. Henri Guaino, qui tourne en dérision les permanents syndicaux manifestant le 1er Mai, a-t-il besoin qu'on lui rappelle les noms des martyrs de Chicago ? Comme l'indique ce site, beaucoup d'entre eux étaient arrivés sur le sol américain de fraîche date en provenance d'Europe. Ils avaient pour nom – c'est leur mémoire que l'on commémore le 1er Mai –, Auguste Spies, né à Hesse (Allemagne), en 1855 ; Samuel Fielden, sujet anglais, né en 1846 ; Oscar Neebe, né à Philadelphie, en 1846 ; Michel Schwab, né à Mannhelm (Allemagne), en 1853 ; Louis Lingg, né en Allemagne, en 1864 ; Adolphe Fischer, né en Allemagne, en 1856 ; Georges Engel, né en Allemagne, en 1835 ; Albert Parsons, Américain, né en 1847. Pétain décrète « la fête du Travail et de la Concorde sociale » Et le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le nord de la France, l’invitation de la IIe Internationale s’enracine dans la tradition de la gauche européenne à cause d’un nouveau drame : la troupe tire sur la foule pacifique des ouvriers qui manifeste et fait dix morts. 

 Or, un seul régime, depuis, a cherché à balayer cette tradition, et c’est celui du maréchal Pétain, en voulant rompre avec cette logique de solidarité ouvrière, pour instaurer une fête… du travail. Pas du « vrai » travail mais c’est tout comme… Le leader de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a fait cet utile rappel, ce mardi matin, sur France Info. Le 1er mars 1941, à Saint-Etienne, Pétain prononce d’abord un discours en forme d’adresse aux « ouvriers, techniciens et patrons français », récusant la lutte des classes, encourageant la défense du bien commun et la création de comités sociaux. Une affiche est éditée (que Rue89 a eu la bonne idée d’exhumer) pour rendre compte de cette allocution. Puis le 24 avril suivant, le maréchal Pétain instaure officiellement le 1er Mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale ». L’églantine rouge, chère auparavant à la gauche, est remplacée par le muguet.

Cette histoire-là, celle, glorieuse et cruelle, des combats ouvriers de la fin du XIXe siècle, comme celle, honteuse, du régime de Vichy, Nicolas Sarkozy ne l’ignore naturellement pas. Il faut donc prendre ces allusions pour ce qu’elles sont : un clin d’œil appuyé et délibéré aux heures les plus sombres de la France. C’est Jean-François Kahn qui le dit ce mardi dans un communiqué, et c’est naturellement la morale de cette controverse Sarkozy-Hollande autour du 1er Mai : « Pour la première fois depuis des lustres, on entend un discours ouvertement pétainiste sortir de la bouche d’un président de la République encore en place. Quoi qu’on pense de Hollande, son challenger social-démocrate, l’hésitation n’est plus possible, plus tolérable : tous les républicains, tous les démocrates qui refusent, par patriotisme, le discours de guerre civile et de lacération de notre nation commune, qu’ils se réclament de Jaurès, de Clemenceau, de De Gaulle, de Mendes France ou de Robert Schuman, doivent voter de façon à barrer la route à l’apprenti sorcier et à permettre qu’on tourne cette page. »

vendredi 27 août 2010

Sarkozy, défenseur de "la veuve" et de "l’orphelin"


Par Laurent Macabies, 23/8/2010
« On se sert trop souvent des enfants comme alibi » pour amadouer l’opinion sur l’immigration, d’après Nadine Morano. Demandez à Nicolas Sarkozy !
Ras le Rom ! Depuis le début de l’été, et grâce au formidable travail de communication du gouvernement, les Roms ont brusquement détrôné les femmes en Burqa et les polygames comme principal ennemi de la sécurité en France.
Nadine Morano qui, si elle « laissait parler (son) cœur », « laisserait évidemment toutes les familles arriver sur le territoire » s’est même insurgée sur Europe 1 (jeudi 20 août) que l’on utilise la vieille ficelle de l’émotion pour amadouer l’opinion publique.
« Il ne faut pas se servir des enfants, je crois qu’on le fait beaucoup trop souvent », a indiqué la secrétaire d’État à la… Famille. « Les enfants ne doivent pas servir d’alibis ». Et ceux qui sont scolarisés en France ? Pas de soucis, « Ils seront scolarisés dans leurs pays d’origine », répond du tac au tac la Morano, « Il n’y a pas que des écoles en France ».
LA DÉCHÉANCE
Des propos dans la (droite) ligne du discours présidentiel du 30 juillet dernier à Grenoble sur la déchéance de la nationalité française (qui « doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie de (…) toute personne dépositaire de l’autorité publique »).
Vous avez dit « Alibi des enfants » et « expulsion de la nationalité pour les délinquants » ? Exactement les thèmes lancés par Jean-Marie Le Pen dans l’émission « 100 minutes pour convaincre » (France 2) en novembre 2003. En face, un ministre de l’Intérieur, « fier » d’avoir supprimé « la double peine » pour les délinquants étrangers, s’insurge contre le populisme du patron de l’extrême-droite.
Chacun aura reconnu Nicolas Sarkozy dans cette archive de l’INA http://www.bakchich.info/Sarkozy-defenseur-de-la-veuve-et,11662.html (cliquer ici si la vidéo ne fonctionne pas).

vendredi 30 avril 2010

ISRAËL À L’OCDE ? Un mauvais coup contre la paix !

Par l’AFPS,30/04/2010
Le « club des riches » : l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) regroupe les trente États les plus développés du monde. Or Israël y présente sa candidature, qui plus est avec les territoires qu’il occupe, Cisjordanie palestinienne et Golan syrien. Et l’OCDE s’apprête à l’accueillir en son sein !
Cette nouvelle est purement et simplement incroyable. 
A l’heure où le rapport Goldstone accuse Israël de « crimes de guerre, voire contre l’humanité », où les dirigeants politiques et militaires américains considèrent que la politique de Benyamin Netanyahou menace les « intérêts vitaux » des Etats-Unis, où des institutions européennes publiques et privées prennent de premières sanctions contre la colonisation, accepter l’adhésion d’Israël à l’OCDE, ce serait agir contre la paix. Ce serait en effet l’encourager à poursuivre sa politique d’occupation et de colonisation qui foule aux pieds le droit international.
Les Etats membres de l’OCDE se trouvent donc au pied du mur : il suffit qu’un seul refuse l’adhésion d’Israël pour que celle-ci soit repoussée. C’est dire la responsabilité de chacun d’entre eux, à commencer par la France, de surcroît dépositaire des instruments de ratification. Si Paris est, comme toujours depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, du côté d’Israël, d’autres Etats ont condamné, à des degrés divers, la politique israélienne.
Or il y a urgence : la question figure à l’ordre du jour des réunions de l’OCDE à Paris, durant ce début du mois de mai. C’est pourquoi l’AFPS appelle toutes les forces attachées au droit, à la justice et à la paix à manifester leur opposition ferme à cette adhésion auprès des autorités françaises, mais aussi auprès des autres pays membres. Elle se prononce pour l’organisation rapide d’une manifestation aussi large que possible devant le siège de l’OCDE – le Château de la Muette - à Paris. Elle invite tous ses groupes locaux à faire entendre partout, par des rassemblements, l’opposition de nos compatriotes à ce mauvais coup contre la paix.

vendredi 18 décembre 2009

AMINATOU HAIDAR DE RETOUR AU SAHARA OCCIDENTAL !

Par RFI, 19/12/2009


Aminatou Haidar quitte l'hopital de Lanzarote, aux Canaries, le 17 décembre 2009.
Reuters / B. Suarez

Aminatou Haidar est arrivée à Laâyoune au Sahara occidental vendredi vers 00H15 locales (et TU) à bord d'un avion médicalisé en provenance des îles Canaries (Espagne), où elle observait une grève de la faim depuis plus d’un mois.
La militante saharaouie protestait contre le fait d'avoir été refoulée le 14 novembre par les autorités marocaines à l'aéroport de Laâyoune, en provenance des Etats-Unis où elle avait reçu un prix pour son action en faveur des droits de l'homme.
« C'est un triomphe pour le droit international, les droits de l'homme, et la cause saharaouie ». C'est le cri victorieux poussé par Aminatou Haidar à la sortie de l'hôpital. Victorieuse mais affaiblie, la militante de 42 ans y avait été admise la veille, à sa demande, après de violentes douleurs abdominales et des nausées.
Depuis le 16 novembre, Aminatou Haidar avait cessé de s'alimenter pour exiger du Maroc qu'il la laisse regagner le Sahara occidental. Elle avait d'ailleurs fait deux tentatives les 4 et 5 décembre. Mais les autorités marocaines avaient refusé que l'avion à bord duquel elle se trouvait, atterrisse à Laâyoune.
Ce qui est devenu rapidement « l'affaire Haidar » s'est invité dans les chancelleries, et a donné lieu à un bras de fer diplomatique entre Rabat et Madrid. Le Parlement européen a même renoncé ce jeudi 17 décembre au dernier moment à voter une résolution condamnant le Maroc.
Dans la nuit, l'Elysée a publié un communiqué dans lequel on apprend que le cas de la jeune femme a été évoqué lors de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le ministre marocain des Affaires étrangères Taïb Fassi Fihri, mardi 15 décembre, à Paris. Selon ce communiqué, le président français a alors exprimé le vœu que le Maroc remette son passeport à Aminatou Haidar à son arrivée sur le territoire du royaume. Toujours selon ce texte, le roi Mohammed VI aurait accédé à cette demande ce jeudi 16 décembre 2009.

mardi 10 novembre 2009

Netanyahou à Paris le 11 novembre : NON !

Par la Campagne Civile pour la protection du Peuple Palestinien,10/11/2009
 
Rassemblement à Paris mercredi 17h30 Métro George V

Venez nombreux manifester contre l’accueil chaleureux que le président Nicolas Sarkozy compte réserver au premier ministre de l’apartheid israélien.
La rencontre aura lieu à l’Elysée à 17h30. Nous serons là, et nous allons nous faire entendre !
Communiqué
Rassemblement mercredi 11 novembre 17h30, Champs Elysées, Métro George V.
Premiers signataires : GUPS, AFPS, UJFP, CCIPPP, Génération Palestine,NPA, et american against war...
Netanyahou reçu par Sarkozy : La France a mieux à faire !
Nicolas Sarkozy a choisi le 11 novembre, symbole de paix, pour accueillir à Paris un homme de guerre : le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Cette décision confirme la relation privilégiée que le président de la République entend développer avec l’Etat d’Israël.
La politique de Nicolas Sarkozy marque une rupture néfaste en adoptant cette orientation déséquilibrée, qui prive la France de tout rôle actif au Proche-Orient. Cette politique est d’autant plus scandaleuse qu’Israël est aujourd’hui gouverné par la coalition la plus extrémiste de son histoire.
Netanyahou, c’est l’accélération de la colonisation illégale de la Cisjordanie. Netanyahou, c’est la mainmise sur Jérusalem. Netanyahou, c’est le refus des propositions de Barack Obama pour la reprise des négociations avec les Palestiniens.
Netanyahou, c’est la poursuite du siège et le rejet – hier encore – de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies pour l’application du rapport Goldstone sur les crimes de guerre commis à Gaza.
Non, Netanyahou n’est pas le bienvenu à Paris. C’est pourquoi le Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens appelle à manifester contre sa réception à l’Elysée.
A Paris, nous appelons à un rassemblement mercredi 11 novembre à 17h30, aux Champs-Elysées, métro Georges V.
Application du droit international.
Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’occupation israélienne :
Halte à la coopération militaire France / Israël
Suspension des accords d’association UE / Israël
Des poursuites contre les criminels de guerre

La Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) est née en juin 2001, au moment où l’offensive coloniale et répressive israélienne passait à une nouvelle étape dont les objectifs ne tarderont pas à être explicitement déclarés : ” terminer 1948”.... Mieux Nous connaitre
Email : contact@protection-palestine.org - ccippp, 21 ter rue voltaire 75011 Paris


mercredi 2 septembre 2009

Une partialité inacceptable !


Par l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), 30/8/2009

C’est avec une certaine stupéfaction que nous apprenons la nomination par le président Nicolas Sarkozy de Valérie Hoffenberg, directrice de
l' « American Jewish Committee -France », comme « représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient.»
Curieuse conception de « l’équilibre » que de nommer pour une telle mission la directrice d’une organisation qui est partie prenante dans le conflit israélo-palestinien.
Curieuse conception, lorsque l’organisation en question se targue, en effet, d’être engagée côté de la puissance occupante, et se félicite de mobiliser pour « soutenir l’Etat d’Israël » ajoutant qu’il s’agit de le soutenir « dans sa volonté de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins », alors même que Tel-Aviv poursuit l’occupation des territoires palestiniens, poursuit leur colonisation, se moque du droit international, bafoue les droits humains les plus élémentaires, refuse tout projet de paix fondé sur le droit international, rejette les propositions de paix arabes, et ne projette que la guerre contre ceux qui refusent de se plier à sa domination coloniale.
Curieuse ambition pour la France que d’associer la représentante en France d’une organisation américaine « aux discussions avec nos partenaires, en particulier les Etats-Unis et l'Union européenne »
Afficher un tel choix aujourd’hui pour la France relève de la trahison des principes qui ont présidé depuis le général de Gaulle à la politique étrangère française au Proche-Orient.
La défense d’une paix sans cesse ajournée parce que Tel-Aviv refuse le droit international mérite mieux que ces petits jeux de palais marqués d'un tropisme dévastateur.
La France a le devoir et la possibilité de s’engager réellement en faveur de la paix. C’est-à-dire en faisant pression sur les dirigeants de Tel-Aviv pour mettre un terme à l’occupation. Contrairement à ce qu’affirme Nicolas Sarkozy, un "projet économique" à Bethléem comme prétend le défendre Valérie Hoffenberg n’est pas un projet de développement tant que Bethléem demeure sous le joug de l’occupation militaire israélienne, tant que Bethléem demeure soumise à la construction d’un réseau de murs d’apartheid israéliens, tant que sa jeunesse demeure soumise aux check-points, à la prison, à l’absence de perspective d’indépendance. Tant que la Palestine n'est pas libre et indépendante et son peuple en mesure d'exercer son droit à l'auto-détermination.
Un retour moderne à une politique digne et efficace de la France suppose que notre pays s’attaque à la politique israélienne illégale qui dure depuis trop d'années, elle suppose une volonté de promouvoir le droit, et l’égalité des droits entre nations. La France doit s’engager pour la paix, pas pour de faux-semblants, complices de l’occupation ni, comme l'a dit le président Sarkozy lors de la Conférence des ambassadeurs, en laissant seuls, face à face, les deux protagonistes.