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lundi 16 juillet 2012

Sahara occidental : la France doit changer de politique

 Les documents du Sahara Occidental Sahara occidental : Par Jean-Paul Le Marec, secrétaire du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental (CORELSO) 8/7/2012  

Le gouvernement français constitue actuellement le principal obstacle à une solution de la question sahraouie. 

 Nicolas Sarkozy a suivi la voie tracée par Jacques Chirac. Allié inconditionnel du royaume, « Chirac El Alaoui », surnom donné par le journal espagnol El Pais, avait fait des relations entre la France et le Maroc une affaire de famille. Aux Nations unies, le dossier du Sahara occidental était sous-traité par la diplomatie française qui a exigé, dès l’accord de cessez-le-feu en 1991, que la solution au conflit ne soit pas imposée aux deux parties mais soit « mutuellement acceptable ». Cette contrainte a laissé la possibilité au Maroc de bloquer toute solution politique qui ne lui plaisait pas. Et il ne s’en est pas privé ! 

 Nicolas Sarkozy a voulu faire légitimer l’occupation marocaine du Sahara occidental en essayant de mettre au cœur des négociations, entre le Maroc et le front Polisario, le projet marocain d’autonomie qui ne respecte pas le droit à l’autodétermination et permettrait aux autorités marocaines de décider du sort du Sahara occidental en lieu et place du peuple sahraoui. 

La France était si peu soucieuse de défendre les droits de l’homme au Sahara occidental que, depuis le déclenchement du soulèvement populaire de mai 2005 dans les territoires occupés et même après le démantèlement du camp de Gdim Izik le 8 novembre 2010, elle a empêché l’extension du mandat de la mission des Nations unies (Minurso) à la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.
  
 La priorité de Nicolas Sarkozy était de défendre les intérêts commerciaux et financiers des firmes installées au Maroc ou exportatrices. Effectivement, une grande partie de l’économie marocaine est sous le contrôle de capitaux français. D’autres pays comparables, comme la Tunisie de Ben Ali, ont eu ce même type de relations commerciales avec la France. Mais, avec le Maroc, il y a un plus, comme l’a souligné le journaliste Jean-Pierre Tuquoi dans son livre Majesté, je dois beaucoup à votre père… : « La défense des intérêts industriels français n’implique pas forcément le traitement de faveur dont bénéficie le Maroc. Ce dernier doit beaucoup aux compromissions individuelles. (…) Le Maroc est le pays où les ministres français se rendent le plus fréquemment (…), le royaume est un lieu de pèlerinage obligé pour les membres du gouvernement français quelle que soit la couleur politique. » 

 Élu président de la République en mettant en avant le slogan « Le changement, c’est maintenant », François Hollande a déclaré dans son discours d’investiture : « La France respectera tous les peuples, elle sera partout fidèle à la vocation qui est la sienne, défendre la liberté des peuples, l’honneur des opprimés. » 

Le peuple sahraoui, opprimé et colonisé, attend donc un changement de la politique française. Au vu de la campagne électorale et des positions du Parti socialiste, on est en droit de s’interroger sur la volonté du nouveau président. Changera-t-il de cap ou continuera-t-il la même politique que ses prédécesseurs ? La diversité des points de vue au sein du Parti socialiste laisse la porte ouverte. L’Internationale socialiste réaffirme régulièrement « son soutien au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ». Fidèle à cette position, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale (avant de devenir premier ministre), écrivait le 8 juin 2010 à une association de soutien à la cause sahraouie : « Le PS soutient les efforts accomplis par le secrétaire général de l’ONU pour organiser un référendum d’autodétermination. (…) Ce différend international concerne l’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. » 

Malheureusement, on entend trop souvent un autre son de cloche chez des responsables socialistes. Au cours de sa visite au Maroc en mars 2012, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a déclaré à la télévision marocaine : « Nous avons toujours appuyé l’initiative marocaine d’autonomie et nous continuerons à le faire si on est au pouvoir. » S’inscrivant dans cette démarche, le porte-parole de M. Fabius, ministre des Affaires étrangères, a affirmé le 18 mai : « La France réitère son appui au plan d’autonomie marocain, qui est la seule proposition réaliste sur la table des négociations et qui constitue la base sérieuse et crédible d’une solution dans le cadre des Nations unies. » Les résistances à un changement de politique vis-à-vis du Maroc sont très fortes dans l’équipe de François Hollande qui a reçu le roi du Maroc le 24 mai à l’Élysée. Il est donc nécessaire de poursuivre la mobilisation. Avec l’objectif d’obtenir du gouvernement français un engagement ferme pour la mise en œuvre du référendum d’autodétermination, pour la libération des prisonniers politiques sahraouis et la défense des droits de l’homme au Sahara occidental qui doit être incluse dans le mandat de la mission des Nations unies. Les résultats obtenus au Parlement européen avec le rejet en décembre 2011 de la prolongation de l’accord de pêche UE-Maroc et le soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui réaffirmé le 18 avril 2012 constituent un encouragement et un point d’appui pour de nouvelles campagnes de sensibilisation et des actions (délégations, rassemblements…) pour infléchir la position du gouvernement français et briser le silence des principaux médias qui font preuve de bienveillance, pour ne pas dire de complaisance, à l’égard du Maroc.

  Tenant compte de ses liens politiques et commerciaux privilégiés avec le Maroc, la France peut exercer des pressions sur le Maroc pour qu’il accepte le référendum d’autodétermination qui permettrait enfin au peuple sahraoui de décider librement et démocratiquement de son avenir. 

 Si le gouvernement français continue à empêcher l’application du droit international, il portera la responsabilité de l’utilisation d’autres moyens d’action par le peuple sahraoui comme la reprise de la lutte armée. 

ttp://saharadoc.wordpress.com/2012/07/08/sahara-occidental%E2%80%89-la-france-doit-changer-de-politique/

source : L’Humanité

jeudi 11 juin 2009

Qui a dit que la Françafrique était morte?

El Hadj Omar Bongo Ondimba, pilier de la Françafrique et parrain du Makhzen, est mort à Barcelone après 41 ans de règne.
Le point de vue sahraoui sur les implications de cette disparition.

Selon M. Giscard d'Estaing, Omar Bongo "ne représentait pas à lui seul la Françafrique" mais "ce qui est vrai c'est qu'il était un des derniers à la représenter et donc sa disparition marque d'une certaine manière la fin de la Françafrique", a-t-il aussi déclaré. Les autres membres sont plus discrets que le défunt qui était connu par sa "spontanéité".
Le vrai pilier de la Françafrique est le Maroc qui a participé dans presque toutes les expéditions militaires françaises contre l'Afrique (Congo, Côte d'Ivoire, etc.) Selon un article publié le 21/11/2005 par le
magazine Jeune Afrique, Omar Bongo était l'ami de Bourguiba et, surtout, de Hassan II, et il était presque le parrain de Mohammed VI.
Et en tant que bons alliés, Bongo, lors de la conférence des chefs d'état et de gouvernement de l'OUA, qui se tint à Libreville du 2 au 5 juillet 1977, le Gabon, favorable aux thèses marocaines, interdit l'accès de son territoire à la délégation sahraouie. Plus récemment, et toujours sous les directives de Paris, il a réitéré, à chaque fois, le soutien "ferme" et "constant" de son pays à la proposition d'autonomie au Sahara Occidental comme solution au conflit.
La France est allée encore plus loin, lors de la dernière réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU, pour empêcher la surveillance des droits de l'homme par la MINURSO, sans oublier l'agression militaire contre les troupes du Front Polisario en 1977.
Jean-Pierre Tuquoi, journaliste au Monde et spécialiste du Maghreb, dans son livre "Majesté, je dois beaucoup à votre père", nous offre des détails croustillants sur cette complicité basée en partie sur du chantage.
Hassan II aussi avait beaucoup de secrets enterrés avec lui. Majesté, je dois beaucoup à votre père et, si vous le souhaitez, tout ce qu'il m'a donné, je m'efforcerai de vous le rendre “, les propos sont de Jacques Chirac à Mohammed VI un certain 25 juillet 1999, jour de l'enterrement de Hassan II.
Hassan II aussi avait contribué dans les campagnes de Jacques Chirac. Sinon comment expliquer tout cet acharnement des gouvernements français contre le peuple sahraoui? Contrairement à ce qu'affirme l'ancien président français, la Françafrique n'est et ne sera pas morte en Afrique tant que des hommes comme Bongo pourront gouverner les Africains.
C’est le problème de la continuité des dictatures africaines à travers et malgré les changements de régime. Une différence de personne ne fait pas une différence de systèmes. Bongo est mort, mais sa famille est là pour assurer la continuité au grand dam des populations qu’ils affament, torturent, assassinent, spolient, violent et déciment.
Hassan II est mort, mais Mohamed VI est encore en très bonne santé et plus vif que jamais sur son Jet-Ski. En quoi Mohamed est-il bien différent de son père? En quoi sera Ali Bongo différent de son père? Ils sont là pour montrer que les intérêts de la France sont et resteront prioritaires. Les dictateurs africains sont mortels, mais pas au même rythme que le système qui les sert et qu’ils transmettent.
Source :
http://diasporasaharaui.blogspot.com, 11/6/2009