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vendredi 17 avril 2015

Sahara Occidental: La Commission nationale des droits de l'homme se félicite de la décision du juge espagnol Pablo Ruz

Par Chahid Al Hafed (camps De Réfugiés Sahraouis) —

 La Commission nationale sahraouie pour les droits de l'homme a salué mercredi, l'arrêt rendu jeudi dernier par le juge espagnol Pablo Ruz contre 11 responsables militaires et civils marocains pour leur implication dans des actes de génocide contre des civils sahraouis de 1975 à 1992.
La Commission estime que cette décision est un pas dans la bonne voie pour rendre justice et équité au peuple sahraoui, appelant la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité des Nations Unies, à prendre en compte cette question lors des débats de la question du Sahara occidental.
La Commission rappelle également la nécessité "urgente" de l'élargissement des pouvoirs de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour inclure la surveillance des droits de l'homme, afin de mettre fin aux violations quotidiennes des droits humains perpétrés par régime marocain au su et au vu de la communauté internationale.

Le code pénal qui veut asservir encore plus les Marocains

Par Omar Brouksy, 17/4/2015

M6            Un projet de réforme du code pénal marocain suscite depuis quelques semaines de vives controverses. Les modifications qu’il apporte concernent des aspects aussi variés que sensibles touchant à la vie politique et sociale d’un pays où l’islam est religion d’Etat, et où la monarchie dispose de très larges pouvoirs.
Sur le plan politique, les dispositions juridiques les plus controversées sont enveloppées dans des formules ambiguës, aux contours à la fois larges et flous. L’article 206 est l’un des plus emblématiques : « Est considéré comme portant atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, et puni d’un an à dix ans de prison, quiconque ayant perçu (…) d’une personne ou d’un groupe étrangers, des dons, prêts ou autres services en vue d’une activité ou une propagande susceptibles (…) d’ébranler l’allégeance des citoyens à l’Etat et aux institutions du peuple marocain. »
C’est la première fois que « l’allégeance », un terme ayant une dimension à la fois politique et religieuse au Maroc, est utilisée pour réglementer des questions proprement juridiques. Ce mélange des genres peut véhiculer de grandes ambiguïtés, selon les détracteurs du projet. Que signifie par exemple la formule « ébranler l’allégeance des citoyens à l’Etat et aux institutions » ? En l’absence d’une réponse rationnelle, c’est une justice connue pour son manque d’indépendance qui sera appelée, en vertu de ce nouveau texte, à « juger » si telle personne ou telle association a« ébranlé » (ou non) l’allégeance des citoyens à l’Etat et à ses institutions…
Autre disposition controversée : l’article 219. Il prévoit une peine d’un an à cinq ans pour « celui qui aura injurié ou moqué les religions, Dieu et les prophètes (…) lors de meetings, de rassemblements ou par le biais d’écrits, dessins, caricatures, chants, comédie ou mimes. » Si le terme « injure », utilisé par le texte juridique, a au moins le mérite de la clarté, la moquerie, elle, relève plutôt de la liberté d’expression. Sa répression peut donc générer des abus au cours des procès liés aux délits d’opinion.

Articles « intouchables »

Sur le plan social, la présence de la religion dans la vie quotidienne est, on le sait, un aspect caractéristique des sociétés arabo-musulmanes. La norme religieuse y régente les rapports sociaux, s’insinue dans la loi et détermine dans une large mesure les comportements sociaux. A commencer par la question de la « liberté de croyance ». Les Marocains étant TOUS supposés de bons Musulmans, « ébranler » leur foi en vue de les convertir à une autre religion est puni de six mois à deux ans de prison. Sur ce plan-là, des changements très attendus, visant à limiter les ambiguïtés du texte, auraient pu être apportés par le nouveau projet de code pénal.
Idem pour le fameux article 222 sur la rupture publique du jeûne pendant le mois de ramadan. Il prévoit, faut-il le rappeler, une peine d’un mois à un an contre quiconque, « connu pour être de confession musulmane », rompt publiquement le jeûne pendant le mois sacré. Là aussi les questions fusent : que signifie la formule « connu pour être de confession musulmane » ? Connu par qui ? Qui est habilité à « certifier » qu’untel est musulman ? La justice ? La famille ? Les proches ? Au Maroc, si la loi interdit la vente de boissons alcoolisées aux musulmans, c’est « l’hypocrisie sociale » qui l’emporte toujours compte tenu des enjeux financiers que la commercialisation de ces boissons véhicule, les Marocains étant de gros consommateurs de vins et de bières.
Il n’en demeure pas moins que pendant les fêtes religieuses et au cours de tout le mois de ramadan, cette loi s’applique de manière stricte. Mais là aussi, l’hypocrisie sociale n’est pas bien loin : dans les restaurants, le « serveur » ou le patron de l’établissement déterminent, selon le faciès, qui est « Marocain musulman » et s’il sera donc servi ou non.

Légalisation des « crimes d’honneur »

L’un des articles les plus controversés de ce nouveau projet reste sans doute le 418. Il indique que des circonstances atténuantes doivent être prévues pour les crimes commis par l’un des époux lorsqu’il surprend son conjoint en flagrant crime d’adultère. Pour la plupart des observateurs, cette « nouveauté » apportée par le projet de code pénal est, tout simplement, une régression qui légalise les « crimes d’honneur ».
Du reste, l’essentiel de la réglementation relative aux libertés individuelles a été maintenu, ce qui peut être considéré comme une déception : les relations sexuelles en dehors du mariage sont toujours punies d’un mois à trois mois de prison, l’homosexualité de six mois à trois ans, etc. Autre déception, le maintien de la peine de mort. Alors que la Constitution révisée en 2011, dans le sillage des printemps arabes, reconnaît explicitement « le droit à la vie », l’adaptation de la loi marocaine à cette réforme de la charte fondamentale n’est visiblement pas à l’ordre du jour.
En libre consultation sur le site Internet du ministère de la justice marocain, ce projet de loi fait l’objet de débats passionnés dans les réseaux sociaux, entre laïcs et islamistes notamment. Mais il brille par son absence dans les médias publics, contrôlés par l’Etat et dont les directeurs sont nommés par le… commandeur des croyants.

Omar Brouksy est journaliste indépendant et universitaire, auteur de « Mohammed VI derrière les masques. Le fils de notre ami », Ed Nouveau Monde, Paris, 2014.
Source : Le Monde
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jeudi 16 avril 2015

Expulsion de Marion Martane qui accompagnait Claude Mangin-Asfari ce jeudi 16 avril de Rabat vers Paris

Alors qu'une commission du Haut Commissariat des Droits de l'Homme de l'ONU  est en visite au Sahara Occidental et au Maroc , Marion Martane était  en séjour à Rabat avec Claude MANGIN-ASFARI qui rendait visite à son mari Naama ASFARI et ses compagnons du Groupe de Gdei Izik à la prison de Rabat-Salé. 
Vers 17h mercredi 15 avril 2015, 7 agents des forces de sécurité en civil  se sont présentés dans sa chambre d’hôtel avec un avis d'expulsion à effet immédiat .
Elle a été conduite sur le champ en voiture de police vers l'aéroport de Casablanca et contrainte de prendre l'avion ce matin pour Paris .

Fait à Rabat le jeudi 16 avril à 8h30
Claude MANGIN-ASFARI
Comité des Familles des Prisonniers Politiques Sahraouis de Gdeim Izik
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 En savoir plus :
 http://telquel.ma/2015/04/16/rabat-francaise-expulsee-incitation-latteinte-lordre-public_1442643

mercredi 15 avril 2015

Génocide : L'Espagne comme la France, pour la préservation de l'impunité du Maroc


Madrid pourrait tout simplement enterrer le dossier des poursuites de sécuritaires marocains 

 

  
 Il n’y aura pas de crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne. Madrid aurait accepté de ne pas transmettre la demande du juge Pablo Ruz à Interpol. En 2007, la France de Sarkozy avait pris la même décision dans le dossier Mehdi Ben Barka.Madrid joue la carte de l’apaisement. Malgré l’affaire Pablo Ruz, l’axe Rabat-Madrid fonctionne bien, montrant même une résilience à toute épreuve. « La saisie du juge des autorités judiciaires de son pays pour des poursuites de onze hauts responsables sécuritaires marocains pourrait connaitre le même sort que les mandats d’arrêts lancés en octobre 2007, par son homologue français, Patrick Ramël, en charge de l’enquête sur l’assassinat de l’opposant Mehdi Ben Barka », nous confie une source aux Affaires étrangères. Les fameux ordres d'interpellation de cinq ressortissants marocains ne sont jamais arrivés à destination, à savoir Interpol.

« Le gouvernement Mariano Rajoy ne serait pas disposé à exaucer le dernier souhait de Ruz visant à transmettre tout le dossier à la direction d’Interpol. José Margallo et Salaheddine Mezouar auraient convenu de tourner rapidement cette sombre page », ajoute la même source. Les intérêts capitaux avec le Maroc devraient prendre le dessus sur « le saut d'humeur » de la part du magistrat.

Un baroud d’honneur ?

Le 11 avril, le Bulletin officiel espagnol publiait une décision inattendue, mettant fin brutalement à la mission de Ruz au tribunal de l’Audience Nationale après cinq ans d’exercice, alors que le mois n’est pas encore terminé. Son successeur, José Antonio de La Mata, assumera ses nouvelles fonctions au début de la semaine prochaine. Pablo Ruz est pressenti pour occuper le poste de juge d’instruction dans un tribunal de la région de Madrid.

« La demande des poursuites contre les sécuritaires marocains serait juste un baroud d’honneur avant son départ. En février, il avait adressé une requête au ministre de la Justice Mustapha Ramid, pour autoriser une commission rogatoire en vue de collecter plus d’informations sur les lieux de résidence de certains mis en cause. Une demande qui avait essuyé une fin de non-recevoir de la part du PJDiste. En 2008, Rabat avait rejeté une requête identique exprimée par le juge Baltazar Garzon sur ce même dossier.

 

L’Association Médicale de Réhabilitation des Victimes de la Torture, a organisé une caravane médicale le Dimanche 12 Avril 2015

COMMUNIQUE
L’Association Médicale de Réhabilitation des Victimes de la Torture, a organisé une caravane médicale le Dimanche 12 Avril 2015 ,au profit des victimes des violations graves des droits de l’Homme d’Agadir et régions.
Pour atteindre ces objectifs, l’AMRVT a mobilisé une équipe médicale composée de médecins généralistes et spécialistes, et d’une équipe de coordination composée d’accueillantes et de coordinateurs membres de l’association.
Nous sommes persuadés que cette action constituera une occasion propice pour aider les victimes et leur famille à panser les plaies du passé, et à lutter contre contre l’oubli et l’impunité.

Photo de Association médicale de réhabilitation des victimes de la torture.


Le ministère de l’Intérieur assure que le camion entré en collision avec un autocar ne transportait pas de carburant.


  Par Amanda Chapon, Telquel

L’accident a causé la mort de 33 personnes, dont de nombreux enfants.

Le ministère de l’Intérieur dément « catégoriquement », ce dimanche dans un communiqué,  que le camion entré en collision avec un autocar vendredi 10 avril près de Chbika dans la province de Tan-Tan soit « un camion citerne utilisé dans le trafic de carburant et qu’il serait doté d’une citerne supplémentaire transportant une grande quantité d’essence », comme cela a été relayé par « certains sites électroniques » et sur les réseaux sociaux.
 L’Intérieur assure en effet que le deuxième véhicule impliqué dans l’accident est « un camion de transport international de marchandises appartenant à une société basée à Casablanca ». La même source rappelle que les services de la Gendarmerie Royale ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l’accident qui a fait 33 morts, dont de nombreux enfants qui revenaient à Laâyoune après avoir participé à une compétition sportive à Bouznika.
Vendredi, lors de son déplacement sur les lieux du drame, le ministre Mohamed Hassad, tout en indiquant qu’il « était prématuré de se prononcer sur les circonstances de l’accident », avait confirmé que la collision frontale de l’autocar avec le camion semi-remorque « a déclenché un incendie dans le réservoir d’essence, ce qui a accentué encore plus la gravité de l’accident ».

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L'anniversaire du naufrage du Titanic

mardi 14 avril 2015

Sahara occidental : le Polisario condamne les tactiques «dilatoires» du Maroc

El Watan,  12/4/15

Le Front Polisario a condamné l’obstruction et les tactiques «dilatoires» auxquelles le Maroc a eu recours pour empêcher tout progrès dans le processus mené sous les auspices des Nations unies.

Il appelle  en conséquence le secrétaire général et le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) à assumer «pleinement» leurs responsabilités face au «statu quo intenable et à l’intransigeance de l’occupant marocain».
Dans une déclaration faite hier à New York, selon l’APS, le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, Ahmed Boukhari, a indiqué que le Front Polisario «réitère sa volonté de poursuivre les négociations directes avec le Royaume du Maroc sous les auspices de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU et d’assumer les responsabilités qui lui incombent afin que la mission de la  Minurso remplisse son mandat, qui est d’organiser et de superviser un référendum d’autodétermination pour le peuple du Sahara occidental pour choisir entre l’indépendance ou l’intégration».
Tout en affirmant que «l’immobilisme n’est pas de mise quand la paix  est mise à rude épreuve», Ahmed Boukhari a indiqué que le Front Polisario «a pris note du rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental en date du 10 avril 2015», précisant qu’«en dépit de ses ambiguïtés et insuffisances sur des questions spécifiques» le document en question «réitère dans ses recommandations et observations les principes fondamentaux régissant les efforts déployés par l’ONU pour résoudre un conflit de décolonisation sur la base des exigences sans  équivoque et indéniables du droit international».
Le Front Polisario «prend note» également de «l’importance que le secrétaire général de l’ONU a de nouveau accordé pour la protection des droits humains au Sahara occidental, systématiquement violés par les forces d’occupation marocaines  et le rôle impartial et indépendant que doivent jouer les mécanismes d’observation et de suivi des Nations unies». Le Front Polisario réaffirme par la même occasion, «sa détermination à coopérer avec ces mécanismes et continuera à demander que la Minurso, à l’instar de toutes les missions de maintien de la paix dans le monde, soit en charge de la surveillance des droits humains dans le territoire non autonome  du Sahara occidental».
Comme il «soutient aussi l’appel contenu dans le rapport au  sujet de la nécessité de respecter la légalité internationale concernant l’exploitation  des ressources naturelles d’un territoire non autonome conformément à l’article 73 de la charte des Nations unies ».
Il souligne, en outre, l’importance du rôle de l’Union africaine, estimant que ce rôle «a été réaffirmé dans les récentes décisions prises par le Conseil de paix et sécurité, officiellement communiquées au secrétaire général et au  Conseil de sécurité de l’ONU». «Ignorer ou obstruer les initiatives que prend l’UA pour contribuer au parachèvement de la décolonisation de la dernière colonie d’Afrique, serait une grave erreur que l’ONU se doit d’éviter», a recommandé le représentant du  Front Polisario.
Ce dernier «partage l’appréciation du secrétaire général, selon laquelle rien ne peut justifier le maintien du statu quo, 40 ans depuis le début du conflit et huit ans après la soumission des deux parties de leurs propositions de solution», observant que «la stabilité et la sécurité régionales exigent une solution du conflit garantissant le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental».

22 associations marocaines accusent Hassad auprès des rapporteurs de l’ONU

par Wadii Charrad,Tel Quel, 8/4/2015

La Coalition marocaine des droits de l’Homme, composée de 22 associations, a adressé le 6 avril une plainte à quatre rapporteurs de l’ONU dans le domaine des droits de l’Homme. Dans cette plainte, la Coalition accuse le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad de « pratiquer une campagne systématique contre des associations travaillant dans le champ des droits de l’Homme en interdisant leurs activités et en refusant de délivrer des autorisations pour leur création ou leur renouvellement ».
Dans cette même plainte, ils constatent qu’entre le 15 juillet 2014 et le 20 janvier 2015, 58 meetings, manifestations ou rassemblements ont été interdits sans que les autorités n’aient présentés de justificatifs écrits. Seulement quatre manifestations ont été interdites avec justificatifs.

"Génocide" : Des responsables marocains poursuivis pour "génocide". Un Français fait part de témoignages de disparus.



 Des responsables marocains poursuivis pour "génocide". Un Français fait part de témoignages de disparus
Des responsables marocains poursuivis pour "génocide". Un Français fait part de témoignages de disparus

Un juge espagnol veut poursuivre 11 Marocains pour « génocide ». Un militant français fait état des témoignages qu’il a recueillis auprès de Sahraouis

En juin 2013, une équipe scientifique espagnole en train d'exhumer les premiers corps de civils Sahraouis assassinés par des militaires marocains en février 1976.
En juin 2013, une équipe scientifique espagnole en train d'exhumer les premiers corps de civils Sahraouis assassinés par des militaires marocains en février 1976.

Après la mise en cause ces derniers mois de plusieurs responsables et policiers marocains par la justice française, c’est la justice espagnole qui mène l’offensive contre le système répressif initié depuis 40 ans contre les Sahraouis. Pablo Ruz, juge à l’Audience nationale (la plus haute instance pénale d’Espagne), vient en effet de demander le renvoi de onze fonctionnaires, policiers et gendarmes, devant un tribunal pour « génocide » contre le peuple sahraoui entre 1975 et 1991. Une période noire de l’histoire de la colonisation du Sahara occidental par le royaume dont les auteurs n’ont jamais été inquiétés jusqu’à présent. Jean-François Debargue, un Français, actif dans l’humanitaire auprès des réfugiés sahraouis d’Algérie, éclaire cette actualité des témoignages qu’il a recueillis depuis des années sur place.
Les onze responsables des forces de l’ordre marocaines poursuivies par le juge espagnol comparaitront-ils un jour devant un tribunal espagnol ? C’est très peu probable si l’on se fie au lobbying puissant qu’exerce le Maroc pour éviter à tout prix que les tortionnaires et autres bourreaux soient poursuivis, qu’ils aient commis leur crime dans le passé ou récemment, comme cela s’est passé ces dernières semaines en France avec la signature d’un nouvel accord de coopération judiciaire taillé sur mesure pour assurer une immunité aux agents du pouvoir du Makhzen.
La réaction du Maroc, dans un communiqué publié le 11 avril, confirme d’ailleurs cette analyse : le Maroc « réitère son refus de principe de toute poursuite judiciaire contre des citoyens marocains à l’étranger pour des faits supposés avoir été commis sur le territoire national et qui demeurent du ressort de la justice marocaine« .

Disparition de plus de 500 Sahraouis

Mais, quoiqu’il en soit, la décision du juge espagnol Pablo Ruz sera une étape essentielle dans le dossier de la répression qu’exerce le Makhzen depuis 40 ans contre les civils Sahraouis. L’enquête a démarré en 2007, menée au départ par le célèbre juge Baltasar Garzon après la plainte déposée par une association et des familles de victimes suite à la « disparition » de plus de 500 Sahraouis depuis la Marche Verte.
Il faut préciser que de nombreux Sahraouis, victimes de disparitions forcées ou d’exécutions extra-judiciaires, avaient la nationalité espagnole.

C’est le cas de cette première découverte :
En juin 2013, une équipe scientifique espagnole avait exhumé les huit premiers corps dans la région d’Amgala puis avait procédé à des analyses qui lui avaient permis de conclure à leur assassinat en février 1976 par des militaires marocains. On peut lire deux articles publiés en France sur cette découverte et le rapport établi par les scientifiques.
Il y a eu d’autres découvertes macabres depuis. Les investigations se poursuivent sur le terrain.
Dans son arrêt, le juge espagnol lance un mandat d’arrêt contre sept suspects déjà mis en examen et délivre quatre commissions rogatoires contre les quatre autres, pour que les poursuites engagées contre elles leur soient notifiées. On peut aisément penser que cette nouvelle offensive d’une justice étrangère au Maroc va se transformer très vite en affaire politique, entre l’ancienne colonie du Sahara et le royaume chérifien.
C’est dans ce contexte que le témoignage -publié sans modification- de Jean-François Debargue, que Nouvellesdusahara.fr a déjà présenté en juillet 2014, sur les récits qu’il a pu recueillir depuis des années auprès de nombreux Sahraouis est particulièrement intéressant car il éclaire cette phase de l’histoire d’un conflit très mal connu.

Une justice éclairant enfin un sombre passé ?
A gauche,Sidi Mohamed Daddach. A droite, Dafa Ali Bachir. Le 26 mai 2009 au camp d’El Ayoun. Photo de JF Debargue
A gauche,Sidi Mohamed Daddach. A droite, Dafa Ali Bachir. Le 26 mai 2009 au camp d’El Ayoun. Photo de JF Debargue

« Nos deux grand-pères étaient frères » me dit en souriant Bassiri, vieil historien aveugle du camp de réfugiés sahraoui d’El Ayoun. Il concluait ainsi notre conversation retraçant la naissance du premier mouvement de libération, précurseur du Front Polisario et l’enlèvement de son cousin, toujours disparu, par les espagnols en juin 1970, lors d’une manifestation d’indépendance.
C’est par lui et des témoignages directs de Sidi Mohamed Daddach, « Mandela » d’Afrique du Nord, emprisonné pendant 27 ans, de Dafa Ali Bachir et de sa femme Ghalia Djimi et de nombreux témoignages anonymes que j’entendrai parler d’arrestations, de disparitions forcées et de tortures, notamment dans la période précédant le cessez le feu, de 1975 à 1991. Parmi les innombrables destins brisés durant ces années, j’évoquerai ce témoignage de Dafa.

« Un véritable guet-apens »
« Le 20 novembre 1987 une visite importante de l’ONU et de l’OUA devait avoir lieu au Sahara Occidental. Pour pouvoir expliquer leurs revendications, les résistants sahraouis ont dû alors quelque peu sortir de la clandestinité, se découvrir pour la circonstance, en un mot: « s’exposer ». De nombreuses réunions ont lieu rapidement, notamment pour demander des nouvelles de prisonniers disparus depuis 1975.
Dès le 18, de nombreuses arrestations ont lieu, la police marocaine favorisant la délation de sahraouis pro-marocains.
De plus Hassan II demanda à repousser d’une journée la venue des délégués. Ce fut un véritable « guet-apens » où il fit arrêter un grand nombre de sahraouis venus attendre en vain la délégation. Sans le savoir, l’ONU commençait à servir le jeu et les intérêts du pouvoir marocain.
Dafa est arrêté le 19 novembre à 18 heures et enfermé au centre de police. Celle qui sera sa future femme, Ghalia Djimi (LIRE SON TEMOIGNAGE PARU SUR NOUVELLESDUSAHARA.FR), aujourd’hui vice-présidente de l’ASVDH (Association Sahraouie des victimes des Violations des Droits de l’Homme par l’état marocain) sera arrêtée le lendemain. Comprenant le français, elle entendra pendant un interrogatoire, la consigne de suspendre les arrestations, le temps de la visite de la délégation. Interrogés et torturés pendant plusieurs jours, ils seront transférés à la prison d’Elbir, ancienne base militaire espagnole, dans le but de vider les locaux des prisonniers, le temps de la visite de la commission. Dix-sept femmes y seront enfermées dans une pièce de 4 mètres carrés. Dans une autre pièce à peine plus grande y seront entassés plus de soixante-dix hommes. Serrés, battus, ils resteront treize jours sans manger, buvant l’eau des toilettes, enfermés dans ces réduits. Dafa évoque alors avec émotion Mohamed El Khalil Ayach à côté duquel il se trouvait.

« Vive l’indépendance »…
Entendant sa mère se plaindre dans la pièce des femmes, Mohamed s’insurge et s’indigne à voix haute qu’une femme âgée et innocente ait été arrêtée et emprisonnée en ces lieux. Sorti par les gardiens et sommé par ces derniers de crier : «Vive le roi», il crie : «Vive l’indépendance». Battu et gravement blessé aux reins, il agonisera au bout de deux jours, soutenu par Dafa. Dans l’autre pièce, une vieille femme, sa mère, continuera d’appeler son fils unique, pendant plusieurs jours.
Pendant ce temps, la délégation Onusienne sera «promenée» sur deux routes quasiment désertes attestant de la tranquillité du pays… Après leur départ, on sortira ces hommes et ces femmes malades, blessés, affamés et assoiffés de cet enfer enduré pendant presque deux semaines et dont ils ne pensaient plus sortir vivants. Ramenés à la prison d’El Ayoun, ils seront régulièrement «interrogés» par un groupe de la police spéciale. Dafa y restera enfermé pendant trois ans et trois mois. Une centaine d’hommes et une douzaine de femmes ont alors vécu avec un bandeau en permanence sur les yeux, réveillés toutes les deux heures, frappés par les gardiens, voire attaqués par leurs chiens, sous alimentés et malnutris. Comme d’autres prisonniers Dafa attrapera la tuberculose. Isolé dans une cellule d’1,5 x 4,5 mètres avec d’autres contagieux, à côté de celle des femmes, Dafa peut communiquer avec Ghalia Djimi, lors de l’éloignement des gardiens. Trois de ses compagnons mourront dans cette cellule. Au total sur une centaine d’hommes emprisonnés, quarante-cinq survivront.
En proportion du nombre d’habitants, les « disparitions forcées » au Sahara Occidental durant cette période ont été plus importantes qu’au Chili, sous le régime de Pinochet. Les dictatures ou les régimes totalitaires enterrent des causes qui se doivent d’être, tôt ou tard, exhumées. 
 Malgré des preuves nombreuses et accablantes, l’impunité dont bénéficie le Maroc continuera-t-elle d’étouffer les violations des Droits de l’Homme, les disparitions forcées, la vie sacrifiée d’au moins trois générations de réfugiés dans les camps du Sahara, des arrestations sommaires et des condamnations injustes dans les territoires occupés ?
Cette volonté d’impunité a donné lieu le 31 janvier 2015 à un accord Franco-Marocain donnant priorité au système judiciaire marocain pour enquêter sur tout crime ou délit commis au Maroc, dès lors qu’est potentiellement mis en cause un ressortissant marocain.
Il est à souhaiter que le juge Pablo Ruz et la justice espagnole se saisissent en toute indépendance d’accords politiciens de la recherche de la vérité et du droit, étape pour que puisse se clore cette trop longue décolonisation dont Felipe Gonzalez disait en novembre 1976 : « Nous sommes honteux, non pas que le gouvernement ait fait une mauvaise colonisation, mais une pire décolonisation ».
Jean-François Debargue, le 11 avril 2015

Semaine de solidarité avec les prisonniers politiques : 15 avril, dans les geôles marocaines

LEMAREC Jean-Paul <jean-paul.lemarec@europarl.europa.eu>

Pièces jointes 17:09 (Il y a 3 heures)


À LEMAREC
                Bonjour

                Dans le cadre de la Semaine de solidarité avec les prisonniers politiques (du 10 au 18 avril),
                la journée du mercredi 15 avril sera consacrée aux prisonniers politiques  
dans les geôles marocaines (sahraouis et marocains) avec:

                - à 15h métro Invalides: rassemblement de soutien au peuple sahraoui
                (voir appel en annexe) pour exiger la libération des prisonniers politiques sahraouis
                et l'extension du mandat de la Mission de l'ONU au Sahara occidental à la protection
des droits de l'homme
               
                -à 19h au siège de la CNT 33 rue des Vignoles 75020 Paris (métro Avron ou Buzenval)
                soirée de solidarité organisée par le CORELSO et l'AMDH-Paris/IDF avec projection de films et
                débat

Restant à votre disposition et comptant sur votre présence, cordialement.
JPLM   0633436493

PS: Le vendredi 17 avril à partir de 18h à La Clef (34 rue Daubenton Paris 5ème) projection de films et débat pour la solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens
(pour le programme de la Semaine: http://prisonniers-politiques.samizdat.net)


Zone contenant les pièces jointes

40 ans de fière tradition de l'impérialisme.

Pour nos amis francophones.
Photo d’un utilisateur.
 
Excellent !!!!! tout y est !

Mercredi 15 avril, "en direct et gratuit de Mediapart", avec Pierre Rosanvallon, Edouard Martin, Leila Shahid, Charles Enderlin...

Retenez votre soirée du mercredi 15 avril, de 18h à 22h. Mediapart vous propose au sommaire de son émission «En direct de Mediapart», retransmise en direct et en accès gratuit sur notre site, deux grands thèmes de débats : «Israël-Palestine, la guerre comme seul horizon» ; «gauche réformiste, la fin de l'histoire ?». Retrouvez tous les détails du programme de votre soirée live sur ce billet de blog.

Mediapart live
François Maspero : «Aller au-devant du monde»

[REPLAY] - François Maspero, écrivain, éditeur et libraire, est mort samedi 11 avril. Mediapart l'avait longuement interviewé en septembre dernier dans l'émission «En direct de Mediapart». Nous vous proposons de revoir cette séquence en vidéo.
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