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jeudi 8 août 2013

Abdellatif Bazi démissionne du CNDH

Abdellatif Bazi dénonce le silence du CNDH dans l'affaire Danielgate et en démissionne


Abdellatif Bazi

L’essayiste et militant des droits de l’homme, Abdellatif Bazi vient de présenter sa démission du CNDH en signe de protestation contre l’immobilisme de l’institution face au scandale lié à la grâce royale accordée à un violeur d’enfants et l’utilisation disproportionnée de la force contre des manifestants venant exprimer pacifiquement leur refus de cette décision devant le parlement marocain, le vendredi 2 août dernier.
Sur sa page Facebook, Bazi qualifie le silence du Président du CNDH, Driss Yazami et de son secrétaire général, Mohammed Sebbar d’ « injustifié et incompréhensible venant d’une institution dont la vocation est de participer à la protection de la dignité des marocains et à la préservation de leur honneur ». Sur ce « j’annonce mon retrait et ma démission de la commission régionale des droits de l’homme de la région de Tanger-Tétouan »
Rappelons que le CNDH est une institution nationale officielle de promotion et de protection des droits de l’homme au Maroc. Le Conseil n’a pas réagi aux récents événements malgré l’existence de deux grandes figures militantes à la tête de l’institution et en dépit d’une condamnation générale de la grâce royale accordée au « monstre de Kénitra » et des actes de violence policière à l’encontre de manifestants pacifiques devant le parlement marocain. 

Pédophile libéré: une manif devant l'ambassade du Maroc en Belgique ce samedi




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Par La Capitale , 7/8/2013



L’association marocaine des Droits humains – Belgique organise un sit-in ce samedi 10 août à 16 h, devant l’ambassade du Maroc, boulevard Saint-Michel 29 à Etterbeek pour protester contre la grâce accordée par le roi du Maroc Mohamed VI au pédophile espagnol Daniel Galvan, condamné en 2011 à trente ans de prison pour viol sur onze enfants.




Ce geste et la libération du pédophile avaient provoqué des manifestations dans le royaume chérifien le week-end dernier.

Finalement, après avoir annoncé l’ouverture d’une enquête, le palais royal avait décidé d’annuler cette grâce. Daniel Galvan, considéré comme un agent secret irakien, a finalement été arrêté en Espagne et remis à la justice de son pays.

Le roi du Maroc avec les familles des victimes.
AFP Le roi du Maroc avec les familles des victimes
Le roi du Maroc a également accueilli ce 6 août les familles des victimes du pédophile espagnol.

MAROC. Malgré l'annulation de la grâce, la mobilisation continue





Les manifestants réclament une pleine indépendance de la justice. Une façon de redémarrer le mouvement de contestation lancé en 2011 ?


Des bougies ont été allumées en hommage aux victimes du pédophile. (FADEL SENNA/AFP)
Des bougies ont été allumées en hommage aux victimes du pédophile. (FADEL SENNA/AFP)





Plusieurs centaines de personnes ont à nouveau manifesté mercredi 7 août au soir à Rabat en réaction à la grâce royale récemment accordée par erreur à un pédophile espagnol, réclamant notamment que toutes les responsabilités soient établies.
Malgré l'annulation de cette grâce par le roi dimanche, puis l'arrestation du pédophile le lendemain en Espagne, ce rassemblement a été maintenu devant le Parlement, là même où une première manifestation d'envergure avait été violemment réprimée vendredi dernier, renforçant le mouvement d'indignation.
Cette fois, les manifestants ont pu se réunir dans le calme, sous une discrète surveillance policière.
Les slogans scandés et les pancartes brandies appelaient à une totale transparence sur les raisons de la présence de Daniel Galvan, condamné en 2011 à 30 ans de prison pour des viols sur 11 mineurs, dans la liste des 48 prisonniers espagnols graciés par Mohammed VI au nom de l'excellence des relations entre Rabat et Madrid.
Selon "El Pais", un fonctionnaire aurait fait fusionner par erreur deux listes de prisonniers à gracier d'un côté, et à transférer en Espagne de l'autre.

Pour une indépendance de la justice

Comme la veille à Casablanca, où près de 2.000 personnes avaient pris part à un sit-in, des bougies ont été allumées en hommage aux victimes du pédophile, un homme âgé d'une soixantaine d'années qui se trouve depuis mardi en prison préventive, en attendant que la justice espagnole tranche sur son sort (un casse-tête judiciaire, puisqu'aucune charge ne pèse sur lui en Espagne, et que son extradition n'est pas permise).
Jusque-là, les conclusions de l'enquête ordonnée par le roi ont entraîné la révocation du directeur de l'administration pénitentiaire, celle-ci étant accusée d'avoir "transmis par inadvertance des informations erronées [sur] la situation pénale de l'intéressé".
L'indignation au Maroc a été d'autant plus forte que le royaume a connu au cours des derniers mois diverses affaires de pédophilie qui ont choqué l'opinion.
En réponse à cette colère, Mohammed VI a reçu mardi à Rabat les familles des victimes du pédophile, et leur a témoigné de sa "compassion" et de son "empathie".
Samedi dernier, le Palais royal avait en outre assuré que le souverain ignorait tout des "crimes abjects" commis par Daniel Galvan au moment de sa grâce.
Plus largement, les manifestants ont réclamé une pleine indépendance de la justice, à la lumière de cette polémique. Une façon de redémarrer le mouvement de 2011, éteint par une Constitution révisant le caractère absolu de la monarchie ?

A voir sur le web: Manifestation massive contre la politique sociale du gouvernement au Maroc
 http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130808.OBS2584/maroc-malgre-l-annulation-de-la-grace-la-mobilisation-continue.html
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Nouveau printemps arabe : Mohammed VI, le prochain sur la liste ?

Danielgate. Le roi, un homme comme les autres

  • Par : Fahd Iraqi, TelQuel, 7/8/2013
Danielgate. Le roi, un homme comme les autres

Mohammed VI a vécu la semaine la plus affolante de ses 14 ans de règne. Il a eu chaud, très chaud. Une bourde monumentale a été commise en son nom, il en porte la responsabilité : son sceau royal a été apposé sur une grâce accordée à un pédophile espagnol multirécidiviste, Daniel Galvan Fina, condamné à 30 ans de prison pour avoir violé 11 enfants. Cela a évidemment suscité l’indignation de l’opinion publique : permettre à un monstre de s’en sortir par le fait du prince est un scandale inadmissible. Un scandale politique, qui parle à tout le monde. Il n’y a pas un foyer marocain qui pourrait ne pas compatir avec les victimes et leurs familles. Il n’y a pas un citoyen du monde qui ne se montrerait pas sensible à cette cause. C’est le genre d’étincelle qui peut allumer un brasier ravageur pour l’institution monarchique s’il n’est pas contrôlé à temps. La clause du contrat liant le souverain et le peuple, faisant de lui le protecteur des victimes, a été momentanément rompue. Mohammed VI l’a compris : sa réponse a été intelligente, efficace, humaine mais reste malgré tout insuffisante.

La gestion de crise, façon makhzen
La réaction de la monarchie est venue en retard, mais pas trop tard pour limiter les dégâts. Quatre jours après la libération de Daniel Galvan, et alors que celui-ci avait déjà quitté le territoire, le palais entre effectivement en ligne. Entre-temps, l’affaire avait pris de l’ampleur : le sit-in organisé le vendredi 2 août devant le parlement pour dénoncer cette grâce injustifiable est accueilli par la sauvagerie (presque) habituelle des forces de l’ordre. Les images de la répression sont diffusées le soir même sur les réseaux sociaux et par certains pure players marocains. Elles sont reprises dès le lendemain par tous les médias étrangers influents. C’est peut-être cela qui a fini par convaincre les faucons du régime, que le Danielgate était devenu une affaire trop grosse pour être étouffée. Qu’il était temps de se mettre en mode gestion de crise.
Et il faut l’admettre, la monarchie a bien géré le coup. Un premier communiqué du cabinet royal est venu reconnaître que cette grâce était une « erreur » et que le mécontentement est légitime. Il prend évidemment le soin de dédouaner le roi qui « n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment » et qui n'aurait jamais « consenti à ce que Daniel Galvan Fina puisse arrêter de purger sa peine » Mais surtout, le communiqué recentre la crise sur son aspect humain : « Sa Majesté le Roi, en tant que premier protecteur des droits des victimes, de surcroît enfants, et de leurs familles, ne ménagera aucun effort pour continuer à les entourer de sa sollicitude ». Après le mea culpa, le cabinet royal va ensuite passer à l’action : un deuxième communiqué annonce le retrait de la grâce, ordonne de donner des suites à cette nouvelle décision et rappelle qu’une enquête est en cours pour déterminer les responsabilités. Dès le lendemain (lundi 5 août) les annonces royales donnent des résultats concrets : Les images de l’arrestation de Daniel Galvan en Espagne rassurent l’opinion publique : il est à nouveau derrière les barreaux. Dans la foulée, un troisième communiqué du cabinet royal vient désigner et sanctionner le responsable de la « défaillance » dans le processus d’octroi de la grâce. En termes de gestion de crise, cela s’appelle enchaîner les petites victoires pour préparer le terrain au grand coup qui va définitivement renverser la vapeur. Celui-ci intervient le mardi 6 août quand Mohammed VI reçoit les familles des victimes. Les images de la réception, un chef d’œuvre de communication de crise en 1minute et 46 secondes, feront le tour de la toile. Le roi se livre ainsi au jugement des principaux concernés par cette affaire. Et ces derniers en lui faisant la bise (et non le baisemain) lui expriment leur pardon. Une image humaine émouvante de la part d’un souverain dont la compassion est sans doute sincère. C’est le happy end côté humain du Danielgate pour le grand public.

Le coût politique
Sur le plan politique en revanche, la monarchie n’est pas sortie indemne de cette affaire. Pour la première fois elle a dû admettre qu’elle a commis une « erreur », elle a dû revenir sur une décision, elle a dû désigner un responsable, elle a dû communiquer comme jamais elle ne l’a fait… C’est toute la magnificence du roi au pouvoir divin, qui a pris un sérieux coup. Mohammed VI devient alors un homme comme les autres : un chef d’Etat qui peut commettre des erreurs, qui peut assumer ses responsabilités, qui peut réparer ses erreurs.
La monarchie gagnerait donc à se livrer à un exercice d’introspection pour tirer les enseignements du stress test qu’elle vient de passer. Le roi a fait l’aveu selon lequel il était mal informé. A lui alors de remettre à plat son circuit d’information. Un circuit dont on ne connaît strictement rien. C’est un mystère aussi épais que les murailles du sérail. Sauf que le Danielgate est la preuve irréfutable que ce circuit est défaillant. Qu’il contient une brèche béante, laissant une grande marge d’erreur, si ce n’est une marge d’instrumentalisation. C’est peut-être cela qui nous a valu les précédents ratages spectaculaires, (îlot Leila, pétrole de Talsint, procès d’opinion…) qui ont terni l’image du Maroc et l’éclat de sa couronne.
Jusque-là, les mesures politiques prises à la suite de ce scandale restent peu convaincantes. Elles ne sont pas suffisantes comme gage sur l’infaillibilité du processus de prise de décision au palais. L’annonce de la réforme du système de la grâce royale est une décision élémentaire. La révocation de Hafid Benhachem sonne comme la désignation d’un bouc émissaire sur mesure : un serviteur qui va accepter de porter le chapeau sans moufter. Un tour de passe-passe makhzenien pour clore l’affaire mais qui ne dupera personne. Il est difficile de faire croire que la chaîne des responsabilités se limite au niveau de la délégation générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion. Cet organisme que dirigeait Benhachem n’est qu’un membre parmi six autres qui siègent dans la commission des grâces royales. Où étaient alors les cinq autres membres ? Qui représentait le cabinet royal (institution dont on ne connaît pas l’organigramme) qui dispose d’un siège dans cette commission ? Et puis, dans toute la kyrielle des conseillers que le roi a lui-même recruté, il n’y a eu personne pour rattraper le supposé loupé de Benhachem qui « a transmis par inadvertance des informations erronées » ? A quoi servent alors les conseillers de Sa Majesté ? Sont-ils tous blancs comme neige dans ce cafouillage ? Ne serait-ce pas à leur niveau que les deux listes transmises par la diplomatie espagnole ont été fusionnées comme semblent le confirmer les médias ibériques ? Le ministre de l’Intérieur et le procureur général près la cour de cassation qui ont diligenté l’enquête n’ont pas tenu de conférence de presse. A priori, ils ne le feront jamais. Pourtant beaucoup de zones d’ombres persistent dans cette affaire. Et il y a aussi les responsables de la répression sauvage de la manifestation de vendredi dernier qui n’ont pas encore été désignés. La plainte déposée par la société civile contre le ministère de l’Intérieur donnera-t-elle des résultats ? On verra…
En définitive, la monarchie gagnerait à continuer sur sa lancée de ces derniers jours et à approfondir davantage cette affaire. C’est son devoir de tout mettre en œuvre pour que les marocains puissent connaître dans le détail, ce qui s’est réellement passé. Ce serait là, un message politique fort qui démontrerait la capacité du régime à apprendre de ses erreurs. Cela montrerait également que le roi est effectivement en « phase avec son peuple ». Un peuple qui a du verser son sang pour lui permettre d’être mieux informé. En permettant d’établir la vérité, toute la vérité, Mohammed VI, le chef d’Etat, l’homme, en sortira grandi.
 http://www.telquel-online.com/Editorial/Danielgate-Le-roi-un-homme-comme-les-autres#.Ug




Les 2 listes suite: DanielGate. Un détenu espagnol gracié 48h avant le début de son procès !

DanielGate. Les deux listes :  Un détenu espagnol gracié 48h avant le début de son procès !

Le numéro 19 de la liste, Mohamed Mounir Molina, a été libéré 48h avant le début de son procès à Al Hoceima pour trafic international de drogue et constitution de bande organisée.
Les révélations se succèdent sur les 48 prisonniers espagnols graciés le 30 juillet par Mohammed VI. Après le cas du pédophile Daniel Galvan et celui d'Antonio Garcia Ancio, tout juste condamné à 10 ans de prison pour trafic de drogue, voilà qu'un troisième gracié scandaleux risque de faire des dégâts au sein de la diplomatie espagnole.
Le numéro 19 sur la fameuse liste, l'hispano-Marocain Mohamed Mounir Molina, n'aurait jamais dû en faire partie. Selon des sources judiciaires marocaines. Il ne remplissait même pas les conditions d'une demande de transfèrement.  Arrêté il y a tout juste un peu plus d'un mois, il a résisté à son arrestation en utilisant une arme à feu contre les policiers qui venaient l'appréhender. Poursuivi sous trois chefs d'inculpation lourds (trafic international de drogue, transport international de drogue et constitution de bande organisée), il devait passer en jugement devant la cour d'appel d'Al Hoceima le 1 août 2013.

Son procès prévu le 1er août
Ce jour là, le juge ne trouvera personne à juger. Et pour cause, le prévenu avait été gracié par le roi du Maroc deux jours avant. Mais comment s'est-il trouvé sur la liste ? Selon des informations déjà publiées par Lakome et El Pais, l'ambassade d'Espagne avait adressé au cabinet royal deux listes. L'une de 30 personnes comprenant les noms de ceux qui avait demandé leur transfèrement en Espagne pour y accomplir le reste de leur peine ; et une liste de 18 personnes pour lesquelles les autorités espagnoles demandaient la grâce. Les deux listes adressées au cabinet royal ont été fusionnées - Rabat n'a toujours pas expliqué comment - et les 48 détenus ont finalement été graciés.
Selon des sources autorisées ayant consulté le dossier, Mohamed Mounir Molina est un binational Hispano-marocain de père marocain et de mère espagnole. Or les binationaux ne sont pas éligibles au transfèrement, à supposer que la diplomatie espagnole l'ait mis sur cette liste. Il ne remplissait pas une autre condition qui l'empêchait d'être soit transféré soit gracié : il n'avait pas encore était condamné.... En fait, même pas jugé.
Selon une source proche de la diplomatie espagnole, son nom a été mis sur la liste par le consulat d'Espagne à Nador. Or le consul vient d'être nommé comme ministre conseiller à l'ambassade d'Espagne à Caracas au Venezuela et a quitté le consulat durant le mois de juillet. Lakome n'a pas pu préciser à quelle date exactement. Il se peut, selon la même source, qu'il ait quitté son poste à Nador avant la confection de la fameuse liste. Qui alors a mis le nom de Mohamed Mounir Molina sur cette liste ? Et surtout pour quelle raison ?




Nabila Mounib affirme que des "mafias" interviennent dans les procédures de grâce


Nabila Mounib

Dans un entretien vidéo avec Lakome, la secrétaire générale du PSU qualifie l'élite politique «d'hypocrite et d'opportuniste» et exige des excuses publiques de la part du roi à l'ensemble du peuple marocain.

La secrétaire générale du Parti Socialiste Unifié (PSU), Nabila Mounib a exprimé son profond étonnement à l'égard du contenu du communiqué du Cabinet royal qui insiste sur la méconnaissance du roi vis-à-vis des crimes commis par le violeur d'enfants marocains.
La patronne du PSU s'exclame : «Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du roi et celui-ci lors du dernier discours du Trône, prend des airs de guide porteur de visions qui donne des instructions et quand un dossier de cette ampleur surgit, on nous dit qu'on n'est pas au courant ?! Qui dirige le pays alors ?!».
Concernant la procédure des grâces en général, Nabila Mounib avance : "Dans notre pays, nous souffrons de corruption institutionnalisée, et tout le monde sait l'existence de mafias qui opèrent à l'occasion soit de la fête du trône, l'Aid Seghir (fin du Ramadan) ou l'Aid El Kebir (Fête du mouton), pour établir les listes de ceux qui vont bénéficier de la grâce. Et tout cela est rémunéré. Ces mafias demandent aux familles si elles veulent que leur proche soit gracié à l'occasion de l'Aid Seghir ou de l'Eid El Kebir. Et chaque grâce à son tarif propre."

"Le roi est responsable de ce qui s'est passé"
Dans cet entretien vidéo accordé à Lakome, Nabila Mounib déclare que le roi est responsable de ce qui s'est passé car, selon elle, il est tenu de faire vérifier, au cas par cas, les dossiers des grâces avant de les signer. Mounib a par ailleurs demandé au roi de «présenter ses excuses»  sous la forme d'un discours officiel ou à travers un communiqué adressé «au peuple marocain qui a été blessé dans son amour propre» a-t-elle ajouté.
Mounib a également précisé que les excuses du roi au peuple marocain n'entameraient en rien son prestige expliquant que si le régime marocain avait été une monarchie parlementaire, rien de tout cela ne ce serait produit et le gouvernement aurait été tenu responsable à la place du roi.
La leader PSU n'a pas manqué de qualifier «d'hypocrites et d'opportunistes» l'élite politique du pays et avec elle l'ensemble des mouvements islamistes marocains qui se sont tous éclipsés suite à l'indignation et à l'humiliation qu'ont subies les marocains dans cette affaire.
Cet entretien avec Nabila Mounib a eu lieu lundi, une heure seulement avant le limogeage de Hafid Benhachem.

www.lakome.com/index.php/maroc/1223-nabila-mounib-le-roi-doit-presenter-des-excuses-publiques-a-l-ensemble-du-peuple-marocain

M6 coupable, M6 innocent ? La belle affaire.


M6 coupable, M6 innocent ? La belle affaire.

Depuis 2 jours les posts se multiplient sur Facebook, les uns pour encenser et défendre notre trop belle majesté à qui rien ne devrait être reproché, renforçant ainsi sa sacralité et l'impossibilité de lui demander des comptes et des réformes ; les autres pour la vouer aux gémonies et l'offrir en pâture à la vindicte populaire, coupable qu'elle est de bout en bout dans cette affaire de grâce scandaleuse. Je me demande dans quelle mesure les uns et les autres ne nous détournent pas de concert de l'essentiel !?
  Car enfin qu'y a-t-il à retenir de cette affaire ?
1-      un pédophile, reconnu coupable de crime sur 11 mineurs, dont une fillette de 2 ans ( !!!),  et condamné à 30 ans de prison, a été gracié par le roi, et cela soulève deux questions :
a.       la justice qui est due aux victimes du pédophile espagnol a été bafouée et leur mémoire salie. Cela nécessitait le rétablissement de la justice.
b.      la seconde question concerne le problème plus général de la pédophilie au Maroc et de notre pays, reconnu comme destination de tourisme sexuel privilégié. Cela demande une mobilisation déterminée de la société civile et des autorités d'une part, mais également de la société marocaine qui cache cette réalité et l'entretient depuis des lustres… car les criminels ne sont pas que des touristes étrangers. Et il est temps de le dire haut et fort ! Il est temps d’engager un débat et un grand déballage publics. Il est temps de prendre des mesures concrètes, notamment législatives !
2-      le roi a gracié, et commis en cela, et ce n’était pas la première fois, une faute royale qui soulève le problème de la grâce elle-même, qu’il faut désormais encadrer.
La mobilisation de la société civile a non seulement été exemplaire, mais elle a aussi été prompte, et courageuse. Femmes et jeunes se sont levés dans un même élan sur l’ensemble de pays, bravant une répression mécanique, et ont permis par leur détermination un enchainement de victoires, qu’il s’agit désormais de renforcer et de démultiplier. Car le combat n’est pas terminé. Mais quel combat ?
  En retirant sa grâce, le roi s’est dédit, rien de moins, et en cela c’est un précédent, d’évidence « historique ». Comme le souligne Youssef BELAL dans un article sur Lakome : «  La monarchie marocaine a longtemps fonctionné sur ce paradoxe : un roi qui décide de tout mais n’est responsable de rien  ». Le précédent que constitue ce retrait de grâce royale est donc historique… en cela qu’il constitue une avancée dans le fonctionnement de nos institutions.
  Certains posts et articles lus sur Facebook et ailleurs ne sont pas sans me rappeler la mobilisation de la droite qui, en France, avait suivi la démission du ministre Cahuzac. Elle avait donné lieu à une stratégie déterminée de délégitimation du pouvoir, menée par la droite dès sa défaite aux élections présidentielles 1 an plus tôt. Cette politique, dangereuse, n’a pour d’autre résultat que de fragiliser la démocratie et l’autorité de l’Etat. La déliquescence de cette autorité a été patente, confrontée à une suite de manifestations d’une opinion chauffée à blanc par une droite et une extrême droite revanchardes dont l’intérêt n’était pas l’avancée du fonctionnement de la démocratie, mais de seuls intérêts électoralistes. Le renforcement du sentiment du Tous pourris n’a eu d’autre effet qu’une forte progression du Front National aux élections qui ont suivi.
  Il me semble que notre combat, dans la présente affaire du Daniel Gate en tout cas, ne devrait pas être détournée CONTRE une personne, mais POUR un ensemble d’impératifs et d’urgences au profit de notre pays et de ses citoyens. Et les impératifs dans ce contexte me semblent être au nombre de trois :
1-      faire cesser, par une avancée législative limpide dans son texte et dans son application, cette répression idiote, mécanique, criminelle et systématique dès qu’il y a manifestation, rassemblement ou sit-in pacifique de notre jeunesse avide de liberté et de justice ;
2-      faire de la lutte contre la pédophilie une cause nationale. Engager un vrai débat sur ce fléau dans notre pays, devenu une direction privilégiée du tourisme sexuel international. Fléau qui rappelons-le n’est pas qu’extérieur, mais qui ronge notre société de son intérieur même ;
3-      obtenir un encadrement du droit de grâce afin d’éviter à l’avenir toute bévue du type de celle qui a donné lieu à la libération d’un pareil criminel.
J’espère ainsi qu’au rassemblement maintenu de ce soir à Casablanca, à 22h00, Place Mohamed V (Saht Lehmam), et auquel  je serai, il y aura le plus grand monde, bien plus qu’à Rabat vendredi dernier.
 

On lui a crié DÉGAGE !!!

Par Souad G., ATTAC-Maroc, 7/8/2013

 Manifestation hier soir fin du ramadan, à Casa. 

Les retombées du scandale du violeur gracié royalement sont devenues affaire d'Etat .
Malgré les 3 communiqués du cabinet royal,  l'invitation des familles des victimes au palais, le débat sur les 2 chaines nationales, l'inculpation de bouc émissaires et autres initiatives pour dédouaner le pauvre bon roi ,malgré le jeu politique entre PAM et PJD, les masques tombent. La manifestation d'hier à Casa est un comme un sursaut voire un renouveau après la quasi disparition du M20F, laminé par la répression, les querelles intestines, les divergences politiques, et l'absence de perspectives.La gauche légaliste a brillé par son absence, ni partis, ni syndicats, ni "société civile", ni "féministes de façade", ni artistes de carton-patte, ne se sont montrés.
Par contre on a vu de nouvelles têtes, une autre jeunesse indignée, des familles scandalisées, des enfants, des mères en grand nombre, tous indignés par ce crime abjecte contre des enfants qui peuvent être nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos voisins.
 Indignés ! À  quand la révolte contre ce pouvoir pourri ? On  Lui a crié Dégage ! malgré les nombreux cars des forces de répression autour de la place, malgré les nombreux flics en  civil qui nous photographiaient un à un , la peur est dépassée. El Hima, Benkirane, conseilleurs royaux ou ministres de pacotille, sont totalement discrédités.
 Reste à transformer la colère en révolte populaire. 
Ce mercredi soir on manifeste à Rabat, d'autres manifestations sont prévues dans d'autres villes et régions
A suivre

Vous êtes invités à voir l'album photo de S G intitulé : Casablanca contre grâce royale , 6 août 2013


Casablanca contre grâce royale , 6 août 2013
7 août 2013
de S G
Csasablanca manifeste contre la grâce royale : le 6 août 2013 devant la préfecture , manifestation pour la dignité, pour l'indépendance de la justice, une femme avec la photo de son enfant violé dans l’hôpital,tant de viols impunis et de scandales étouffés, la colère gronde contre un pouvoir discrédité, on a crié DEGAGE ce soir à Casablanca...
Message de S G :

Casablanca, manifestation le 6 août 2013 pour l'indépendance de la justice
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DIGNITÉ MAINTENANT à Montréal le 10 août

La véritable histoire d’une grâce qui a failli provoquer une crise avec le Maroc

Par Ignacio Cembrero, El País, 6 /8/2013 23:58
Daniel Galván Viña, 63 ans, a été surpris quand, le mardi 30 juillet, le directeur de la prison de Kenitra (Maroc) lui a annoncé qu’il avait été gracié par le roi Mohamed VI et qu’il était désormais libre. C’est ce qu’il a dit, quelques heures après, à son avocat, Mohamed Benjedou. Mais ce lundi 5 août, la police espagnole l’a arrêté dans un petit hôtel de Murcie, après avoir reçu un mandat d’arrêt international du Maroc. Galván sera mis ce mardi à la disposition de l’Audience Nationale pour examiner l’éventualité de son extradition, mais les 29 autres prisonniers espagnols, graciés aussi par erreur, sont en liberté et ils ne passeront devant aucun juge, eux.
 Galván avait des raisons d’être étonné. Cela faisait moins de trois ans qu’il avait été condamné à 30 ans de prison par la cour d’appel de Kenitra, pour avoir abusé de 11 enfants, dont certains âgés de moins de trois ans, dans cette ville située à 40 kilomètres au nord de Rabat. C’était le verdict le plus sévère pour pédophilie dans l’histoire du Maroc. Le cas avait fait tant de bruit que la chaîne de télévision 2M lui avait consacré un long reportage.
Galván avait demandé à être transféré en Espagne pour y purger le reste de sa peine. « Les prisons espagnoles sont des hôtels cinq étoiles, comparées à celles du Maroc », disent d’anciens détenus ayant des expériences carcérales dans les deux pays. Tous les prisonniers espagnols au Maroc et marocains en Espagne, ont le droit de demander leur transfèrement dans leur pays d’origine, en vertu de la convention bilatérale d’entraide judiciaire et d’extradition signée en 1997. L’examen de chaque cas peut durer jusqu’à 18 mois.
 Mais le transfèrement en Espagne qu’avaient sollicités le pédophile et d’autres prisonniers espagnols s’est converti en grâce royale à l’occasion de la Fête du Trône, la plus importante des fêtes nationales au Maroc, qui commémore l’intronisation en 1999 de Mohammed VI.
Quelqu’un au sein du palais royal à Rabat a fusionné la liste des prisonniers espagnols qui avaient demandé le transfèrement avec celle de détenus pouvant bénéficier d’une grâce royale. Ce quelqu’un l’a fait, semble-t-il, avec l’intention de plaire au Roi d’Espagne, qui achevait sa visite à Rabat, déclenchant ainsi la plus grave crise interne au Maroc depuis l’avènement de Mohammed VI.
Le souverain a entrepris de la désamorcer en publiant des communiqués séparés, samedi et dimanche, affirmant dans le premier qu’il ignorait  » la gravité des crimes abjects » commis par Galván et annulant, dans le second, sa grâce. C’est la première fois dans l’histoire du Maroc qu’un Roi fournit des explications pour une décision controversée, et qu’il la corrige ensuite. L’énorme indignation de la société civile explique ce geste royal.
Le souverain a encore pris lundi une nouvelle initiative en limogeant Hafid Benhachem, directeur de l’Administration Pénitentiaire, qui relève administrativement du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. Benhachem aurait transmis des « informations erronées » au palais.
Plusieurs discussions avec des sources diplomatiques espagnoles et d’autres responsables proches du dossier permettent aujourd’hui de reconstituer le fil des évènements qui ont ébranlé la relation entre l’Espagne et le Maroc
Don Juan Carlos a achevé le 18 juillet sa visite de quatre jours au Maroc. Il avait demandé au chef du gouvernement, l’islamiste Abdelilah Benkirane, d’accélérer le transfèrement en Espagne d’un détenu à la prison de Tanger, le camionneur retraité Antonio García Vidriel, 58 ans, pour cause de maladie.
Deux jours après Fouad Ali el Himma, le conseiller royal considéré comme le vice-roi du Maroc, a appelé au téléphone l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, Alberto Navarro. Il était fâché parce que Don Juan Carlos avait demandé à Benkirane le transfèrement du camionneur, au lieu de s’être adressé au Roi alaouite. Navarro lui a répondu que l’Administration Pénitentiaire était de la compétence du chef du gouvernement. « Sa Majesté peut aussi résoudre ces questions », a répliqué el Himma.
L’appel d’el Himma à l’ambassadeur illustre les efforts du palais royal d’écorner certaines des attributions que la nouvelle Constitution marocaine octroie au gouvernement que dirige Benkirane, qui est aussi leader du Parti de la Justice et du Développement (islamiste modéré).
Cette invitation du conseiller royal appelant l’ambassade à saisir Mohammed VI et non Benkirane ouvrait, aux yeux de la diplomatie espagnole, une occasion en or afin d’accélérer les transfèrements des prisonniers espagnols, qui tardent parfois jusqu’à deux ans. De petits trafiquants de drogue obtiennent leur transfèrement en Espagne quand ils ont presqu’achevé de purger leur courtes condamnations. Les Espagnols pensaient que la solution proposée par le conseiller allait considérablement raccourcir les délais.
En collaboration avec les sept consulats de l’Espagne au Maroc, qui suivent les dossiers des prisonniers, Navarro a établi une liste de 30 condamnés transférables dans les prisons espagnoles. Le nom de Galván Viñas figurait sur cette liste, en même temps que celui d’Antonio Garcia Ancio, fils du camionneur retraité, qui était condamné à 10 ans après avoir été pris à Tanger avec presque neuf tonnes de hachisch dans son véhicule.
L’Ambassade d’Espagne a envoyé, pour la première fois, deux listes de prisonniers au palais royal : celle des 30 prisonniers transférables aux prisons espagnoles – qui d’habitude est adressée à l’Administration Pénitentiaire-, et une autre comportant les noms de 18 autres détenus susceptibles d’être graciés. Pour être éligible dans cette dernière catégorie, le condamné ne peut être d’origine marocaine et doit avoir purgé une bonne partie de sa peine.
Au palais royal, quelqu’un a fusionné les deux listes en une seule. Les prisonniers transférables dans les prisons espagnoles ont disparu. Ainsi, il ne restait plus qu’une liste de prisonniers à grâcier et Galvan y était le dernier, le numéro 48, en dépit des 28 années qu’il devait encore purger. « Bien que cela ait été fait avec la meilleure intention du monde, nous nous sommes arrachés les cheveux quand nous avons vu qu’ils avaient libéré le pédophile et le camionneur pris avec neuf tonnes de hachisch », reconnaît un diplomate espagnol.
Les autorités marocaines ont pris conscience de la bévue le 1er août. À mesure que le scandale grossissait au Maroc, elles ont commencé à manœuvrer pour sortir de cette situation inconfortable. Les Espagnols ont aussi œuvré pour ne pas être éclaboussés par le scandale. Ils ont intoxiqué la presse, mentant même parfois pour se mettre à l’abri. Ainsi, le ministère des Affaires étrangères a nié vendredi à la presse toute implication dans l’élaboration de la liste des graciés, comme si l’ambassade avait agi sans consulter son gouvernement
Pour la partie marocaine, des canulars ont été montés de toutes pièces pour tenter de disculper Mohammed VI. L’une de ces versions, transmise à El Pais et à quelques médias marocains par des personnes proches du palais, disait que la grâce était le résultat d’un arrangement entre les services marocains (la DGED) et leurs homologues espagnols (CNI), et que le Roi n’avait plus qu’à entériner en raison des intérêts supérieurs de la nation.
Le ministre de la Justice marocain a appuyé cette hypothèse par la publication, vendredi, d’un communiqué niant sa responsabilité dans l’élaboration de la liste controversée mais donnant un certain crédit à l’hypothèse d’une transaction entre services d’espionnage. Le roi a accordé sa grâce pour des raisons d’ « intérêt national », selon le texte du communiqué.
Le deuxième communiqué du palais a été, en revanche, discuté entre les Marocains et les Espagnols pour que, implicitement, la révocation de la grâce ouvre la possibilité à ce que Galván puisse passer 28 ans derrière les barreaux en Espagne. L’ambassadeur Navarro a assuré le dimanche à El Pais que « cette perspective est désormais ouverte en application de la convention de collaboration pénale signée en 1997 entre Rabat et Madrid ». Les diplomates étaient contents. Ils avaient évité un nouveau conflit comme celui de l’îlot de Persil.
Lire l’article, en espagnol, sur elpais.com
Note de Panoramaroc (8/8/13) : L’ambassadeur d’Espagne a entre temps catégoriquement nié la conversation téléphonique avec Fouad Ali al Himma (voir démenti).

DanielGate. L'étrange «démenti marocain» de l'ambassadeur d'Espagne, Lakome maintient sa version des faits

par Lakome,9/8/2013


Le communiqué d'Alberto Navarro n'a pas été envoyé aux agences de presse étrangères ni aux médias espagnols, notamment à El Pais qui avait pourtant publié en Espagne les détails de cette conversation entre les deux hommes. Lakome maintient sa version des faits.
L'ambassadeur d'Espagne à Rabat, Alberto Navarro, a envoyé un communiqué à l'agence de presse officielle MAP, repris jeudi dans certains supports marocains et selon lequel «Il n'y a rien de vrai sur les informations concernant les supposées conversations téléphoniques avec le conseiller Royal, Fouad Ali El Himma».
Ce communiqué d'Alberto Navarro soulève plusieurs questions tant sur la forme que sur le fond, sachant que l'ambassadeur espagnol a pris soin de ne l'envoyer qu'à la MAP : ni les agences de presse étrangères ni aucun média espagnol ne l'ont reçu et/ou diffusé jusqu'à présent. Un démenti qui semble destiné uniquement à l'opinion publique marocaine.
Si Alberto Navarro affirme que sa conversation téléphonique avec El Himma, à l'origine du DanielGate, n'a pas eu lieu, il est en effet pour le moins étrange qu'il n'ait pas envoyé de démenti au premier quotidien de son pays, El Pais, qui a pourtant relaté les détails de sa conversation tenue avec le conseiller du roi.
Sur le fond, les termes du communiqué sont volontairement vagues («divers moyens de communication», «les supposées conversations téléphoniques»), alors que les informations relayées par El Pais et Lakome sont précises : il s'agit d'un seul coup de fil passé par Fouad Ali El Himma à Alberto Navarro le 20 juillet dernier.
Lakome maintient sa version des faits.

DanielGate. Casablanca : la soirée de la dignité





Près de 2000 personnes se sont rassemblées pacifiquement à Casablanca mardi soir, toutes générations et horizons confondus, pour réclamer dignité et justice suite au scandale du DanielGate. Le roi Mohammed VI et Fouad Ali El Himma n'ont pas échappé aux slogans des manifestants mais les forces de l'ordre ne sont pas intervenues.
La place Mohammed V de Casablanca était toute illuminée mardi soir. Fleurs et bougies étaient distribués aux manifestants qui affluaient tout au long de la soirée pour participer au rassemblement. Une ambiance bonne enfant permise par la bonne conduite des forces de l'ordre, qui encadraient la place mais avaient visiblement reçu l'ordre de laisser le sit-in se tenir.
Les slogans scandés, très directs, ont porté sur l'indépendance de la justice, la dignité et la justice sociale. Des excuses de Mohammed VI ont également été réclamées et des slogans adressés au souverain et à son conseiller Fouad Ali El Himma ("Malik shouah bina" («le Roi nous a mis la honte», «El Himma dégage»).
A Tanger aussi le sit-in prévu à réuni au départ plusieurs centaines de personnes et s'est déroulé sans incidents reportés jusqu'à présent. 








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Point hebdomadaire n°32 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc


Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point hebdomadaire n°32 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc

Point spécial

Un nom a retenu, la semaine dernière, l’attention de l’opinion et des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc. Il s’agit de Daniel Vina Galvan, un Espagnol de 63 ans, condamné par la justice marocaine à 30 ans de réclusion criminelle en septembre 2011. Non, ce prisonnier ne fait pas partie des listes de parrainés dans le cadre de la campagne de parrainage de l’ASDHOM, et pour cause. Il n’est nullement victime de violations de droits. Au contraire, c’est un pédophile notoire qui a abusé de onze filles et garçons marocains, tous mineurs, âgés de 5 à 15 ans*. Il purgeait sa peine à la prison centrale de Kenitra (à 30 km de Rabat), ville de ses forfaits morbides. Cette affaire scandaleuse a provoqué lors de son arrestation l’émoi et l’indignation de la société civile marocaine. La presse s’en était saisie aussi. Les associations marocaines des droits de l’Homme, qui avaient chargé des avocats pour défendre les onze victimes et leurs familles, avaient applaudi l’annonce de sa condamnation, considérée, pour une fois, comme une victoire de la justice marocaine.
22 mois après sa condamnation, le pédophile Daniel Vina Galvan va être gracié par le chef de l’État marocain à l’occasion de la fête de son intronisation et après deux jours de la visite du monarque espagnol. Mais c’était sans compter avec la vigilance des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc. Cette grâce royale est vécue comme un affront à la justice rendue aux victimes et leurs familles lors du procès. Les épris de justice, citoyennes et citoyens acteurs de la société civile marocaine (Artistes, intellectuels, journalistes, associatifs, syndicalistes, défenseurs des droits de l’Homme, etc.) se sont mobilisés pour dénoncer cette grâce et témoigner leur solidarité avec les victimes de Daniel Galvan. Des rassemblements pacifiques ont été organisés dans tout le pays à partir du vendredi 2 août 2013 pour dire le refus de cette grâce. Et au lieu d’écouter leurs doléances, si légitimes, les autorités marocaines ont préféré les réprimer et les disperser dans la violence faisant plusieurs blessé-e-s. À Tétouan dans le nord du Maroc, le rassemblement a été dispersé à coup de matraques électriques, une première, a signalé le communiqué de la section locale de l’AMDH qui déplore plusieurs blessés et arrestations parmi les militant-e-s.
Cette scandaleuse grâce royale montre, une fois de plus, qu’au moment où on accorde la liberté et la « clémence » aux dangereux criminels de tous poils, on n’hésite pas à envoyer la matraque à leurs victimes et aux défenseurs des droits de l’Homme qui les soutiennent. Les prisons marocaines regorgent de victimes pour le simple fait d’avoir exprimé une opinion. Plusieurs d’entre elles entament des grèves de la faim en risquant leur vie. Les associations des droits de l’Homme, dont l’ASDHOM, ne cessent de réclamer leur libération en menant des campagnes de sensibilisation telle leur parrainage lancé par notre association en novembre 2011 (quelques 210 cas recensés). Si on excepte quelques libérations obtenues de haute lutte et après une longue pression internationale (cas du champion Zakaria Moumni, du colonel Kaddour Terhzaz ou encore quelques prisonniers politiques à l’occasion du déclenchement du mouvement 20-Février), la plupart des prisonniers politiques et d’opinion continue de subir indifférence et réprimandes de la part de l’administration pénitentiaire. Leurs conditions de détention, tout comme celles des prisonniers de droit commun, sont humiliantes, très dégradées et inhumaines.

Hafid Ben Hachem, l’ex-délégué général de l’Administration pénitentiaire, à qui le pouvoir a fait porter la responsabilité de cette honteuse grâce en le révoquant, est l’un des responsables de cette situation dans les prisons marocaines. Même le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) de Driss El-Yazami, nommé par le roi du Maroc, l’avait déjà épinglé dans un rapport un peu osé sur la gestion des prisons et les conditions de détention. Ce même conseil brille étonnamment, tout comme le gouvernement, le parlement et les partis politiques domestiqués, par leur silence assourdissant sur cette grâce que tout le monde considère comme un deuxième viol des victimes et une atteinte à la dignité des citoyen-ne-s marocains. Seul le PAM, le parti de l’ami du roi, Ali El-Hima, s’est fendu d’un communiqué à quelques heures avant la publication de celui du palais royal, reprenant étonnamment les mêmes formulations à quelques mots près. Cette proximité pose le problème de l’exercice du pouvoir au Maroc.
S’il est vrai que Hafid Ben Hachem est responsable, il ne mérite pas qu’un simple limogeage. Il doit répondre devant une justice impartiale de tous ses actes. Et il n’est pas le seul concerné dans ce cas-là. Il ne doit pas être le « fusible » dans cette affaire. Tout le monde sait que la commission des grâces est composée de plusieurs autres responsables, allant des membres du gouvernement jusqu’à celui qui appose en dernier lieu sa signature. Ce limogeage ne doit pas absoudre le chef de l’État de toute responsabilité. En signant ces grâces sans s’enquérir du contenu, il a remis en liberté au moins un dangereux criminel. C’est une faute politique grave et qui, dans un État de droit, ne se serait pas passée sans conséquences pour ses auteurs.

Indignée et scandalisée, l’ASDHOM qui est solidaire des enfants victimes de Daniel Galvan et de leurs familles, se joint au mouvement de protestation populaire pour dire sa ferme condamnation des actes du pédophile, de sa grâce et pour réclamer :
-         Des excuses et demande officielle de pardon de la part du chef de l’État marocain aux victimes, à leurs familles et au peuple marocain dont la dignité a été souillée ;
-         Une vraie commission d’enquête impartiale pour déterminer toutes les responsabilités dans cette affaire ;
-         La mise en œuvre de la révision nécessaire de la procédure des grâces en garantissant  son équité et surtout sa transparence et pour mettre fin à l’impunité dont jouissent jusqu’à maintenant des criminels ;
-         Une commission d’enquête sur les exactions et la répression féroce qui ont accompagné les rassemblements pacifiques de dénonciation. Les membres des forces de l’ordre et leurs commanditaires doivent être poursuivis pour violences et exactions contre les manifestants qu’ils sont censés protégés ;
-         La libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, les vraies victimes de la répression, et l’arrêt des poursuites contre les militants, les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes indépendants qui ne courbent pas l’échine ;

Sans ce minima d’initiatives politiques, on ne saura parler de volonté de dépassement de cette crise et de réhabilitation de la dignité du peuple marocain.

L’ASDHOM reprendra en septembre prochain ses points hebdomadaires sur sa campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc. Ce mois de septembre s’annonce déjà chaud avec pas moins de trois procès à connotation politique :
-         Le procès de l’UNEM à Meknès qui a été reporté du 22 juillet au 23 septembre 2013. Hassan Koukou, Soufiane Sghéri, Mounir Aït Khafou, Mohamed Eloualki et Hassan Ahmouch avaient entamé à la prison Toulal 2 une grève de la faim de plus de 110 jours (depuis le 11 mars) pour alerter sur leurs conditions de détention et réclamer la tenue rapide d’un procès équitable.
-         Le procès intenté à l’avocat Me Mohamed El-Massaoudi le 20 septembre 2013 devant la Cour d’appel de Casablanca pour « manque de respect dû aux magistrats et perturbation du déroulement de l’audience ». Me El-Massaoudi s’était mis debout, par manque de place, du côté du procureur du roi lors d’un procès tenu en 2011 pour défendre le groupe « Tamek et ses camarades sahraouis » qui s’était rendu en octobre 2009 dans les camps sahraouis de Tindouf en Algérie. Ce groupe était accusé d’ «atteinte à la sureté intérieure de l’État marocain ».
-         Les poursuites judiciaires continuent contre le journaliste Ali Anouzla, directeur du site d’information Lakome.com, convoqué par le procureur du roi de Fès pour la publication d’un article jugé relatant des « faits inexacts de nature à troubler l’ordre public ». Tout le monde sait que les vraies raisons de ses déboires avec la justice sont ailleurs.
-         L’arrestation (enlèvement de chez sa famille à Séfrou), le 2 août 2013,  du militant de l’UNEM Brahim Elbachir, suivie le lendemain par l’enlèvement de son lieu de travail à Fès du militant du 20-Février Mohamed Adli, un ancien prisonnier politique qui avait purgé un an d’emprisonnement à Ain Kadous.

Très bonnes vacances à toutes et à tous
Pour le bureau exécutif
Ayad Ahram
Président de l’ASDHOM
Paris, le 5 août 2013 

 * Selon d'autres sources ces enfants auraient eu entre 2 et 14 ans lors du premier viol (ndlr)