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samedi 5 juillet 2014

L’Etat marocain s’acharne contre un artiste critique.


 

Le Bureau de l’AMDH-Paris/Ile-de-France, Paris, le 3 juillet 2014

 L’Etat marocain s’acharne contre un artiste critique. Condamnation pour la troisième fois en l’espace de trois ans du rappeur Mouad Belghouat, alias Elhaked, militant du mouvement du 20 février.

Le verdict est tombé. Mouad Belghouat, artiste du mouvement du 20 février, est condamné à quatre mois de prison ferme avec des dédommagements et une amende allant jusqu’à 15500 dirhams (environ 1380 euros), le mardi 1er juillet 2014, par le tribunal de première instance d’Aïn Sbae de Casablanca. C’est la troisième fois qu’il est condamné dans des conditions loin des exigences minimales d’un procès équitable.
La première fois, il a été arrêté le 9 septembre 2011 suite à une plainte déposée par un membre de « l’alliance royale » accusant Mouad de l’avoir agressé. Le juge du tribunal d’Aïn Sbae à Casablanca l’a condamné à 4 mois de prison et 500 DH d’amende. Il est libéré le 12 janvier 2012. Son procès a connu plusieurs incohérences et contradictions entre procès-verbal de police et les déclarations du plaignant. Son cas a connu une large mobilisation citoyenne et a été soutenu par plusieurs organisations telles que l’Association Marocaine des Droits Humains, Amnesty International et Human Rights Watch.
La deuxième fois, il est arrêté le 29 mars 2012 et est accusé d’« «outrage envers un corps constitué» (article 265 du code pénal). Le tribunal s’est appuyé sur une chanson diffusée sur internet sous l’intitulé de « Chiens de l’Etat ». Il a été condamné à 1 an de prison ferme et a été libéré le 28 mars 2013.
Aujourd’hui, avec la nouvelle condamnation, il va de soi que l’Etat s’acharne contre Mouad en particulier et les militant(e)s du mouvement du 20 février en général. Il a été interpellé au départ pour « trafic illicite de billets d’un match de foot », « ivresse sur voie publique » et « violence envers un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions » (article 267 du code pénal marocain). Ce nouveau procès a connu plusieurs irrégularités : non-respect du caractère public de l’audience, procès-verbal falsifié, refus d’entendre les témoins à charge et à décharge, refus de convoquer les plaignants, refus de convoquer le médecin ayant délivré des attestations médicales aux deux plaignants. Mouad ainsi que sa défense ont quitté le tribunal en dénonçant un procès fabriqué, loin des critères minimalistes de procès équitable (violation des articles 291-323 du code de procédure pénal, violation de l’article 23 de la constitution, violation des engagements de l’Etat marocain, notamment l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques).
Connu pour ses chansons virulentes envers les pouvoirs en place comme « Klab Edawla » (Les chiens de l’Etat) ou encore « baraka » (Assez !), il est considéré comme le chanteur du mouvement du 20 février.
Par ce communiqué, l'AMDH-Paris/Ile-de-France :
  • Dénonce l’acharnement de l’État marocain contre un rappeur engagé. Les opinions de Mouad Belghouat ne sauraient justifier un tel acharnement. L’État doit garantir le respect de la liberté d’expression et tenir ses engagements.
  • Demande l’arrêt des poursuites de l’État marocain contre Mouad Belghouat, sa libération immédiate et l’abandon de toutes les charges contre ce jeune rappeur.
  • Alerte l’opinion publique, nationale et internationale, sur l’accélération de la répression au Maroc malgré la recrudescence du discours sur le respect des droits humains et les opérations de communications autour de cela. Le Maroc avance à deux vitesses. Il adopte un double discours. Signature de conventions des droits humains, déclarations de bonne foi, multiplication de textes, etc. et en même temps : la torture, la détention politique, la répression des manifestant(e)s, les intimidations, les harcèlements, les condamnations, etc. persistent.
  • Appelle toutes les personnes et organisations militantes au Maroc, en France et ailleurs à faire pression pour obtenir la libération immédiate de Mouad Belghouat et tou(te)s les prisonniers politiques et d’opinion.

Le Bureau de l’AMDH-Paris/Ile-de-France, Paris, le 3 juillet 2014

Contact :
  • Tél : 06 18 66 15 58
  • Email : amdh.paris@gmail.com
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  • Site web: www.amdhparis.org
  • Twitter : @AMDHParis
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  • Une image,un drapeau noir triptyque de dignite, justice ,liberte, portrait d'un detenu politique parmi des centaines et une enfant qui porte fougueusement les maux des grands . On ne nait pas militant(e), on le devient.

     

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