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samedi 28 juin 2014

Bassima Hakkaoui entre le marteau et l’enclume



Ecartelée entre ses propres convictions et un ministère 
plus honorifique que politique, Bassima Hakkaoui fait 
l’objet de nombreuses critiques. Explications.

Deux ans et demi après sa prise de fonction, Bassima Hakkaoui continue, à tort ou à raison, de faire couler beaucoup d’encre. Lors d’une visite à Guelmim, le 30 mai dernier, la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et du Développement social aurait été la cible d’un lancer de chaussure raté. Quelques jours plus tôt, la presse évoque des démissions au sein de son ministère. Une rumeur démentie par son cabinet. Encore une occasion pour ses détracteurs de critiquer ouvertement son idéologie conservatrice, à défaut de pouvoir lui reprocher son appartenance au PJD. Le mouvement féministe, estampillé progressiste, se plaint de devoir jouer des coudes avec un parti au pouvoir « qui s’était opposé à la réforme de la Moudawana », lâche d’emblée Khadija Rougani, avocate et membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). D’autres, à l’instar de Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes, déplore « la propension de la ministre à exclure la société civile lorsqu’il s’agit d’élaborer des programmes ou des projets de loi en faveur des femmes ». Une fâcheuse habitude dont Bassima Hakkaoui est parfois capable de se défaire, à en croire Fatim-Zahra Alami, porte-parole du collectif Kafala Maroc : « Si la ministre s’y prend assez mal lorsqu’il s’agit des femmes, elle a en revanche créé le consensus autour du Plan de politique intégrée pour la protection de l’enfance, adopté en avril 2014, et pour lequel elle a sollicité l’ensemble des acteurs travaillant sur cette thématique ».

Ikram, le plan de la discorde

C’est le Plan Ikram pour l’égalité homme-femme qui a définitivement déterré la hache de guerre entre Hakkaoui et la majorité des ONG féministes. Initié par Nouzha Skalli (PPS) en 2011, il est devenu, en 2012, l’un des plus grands chantiers lancés par l’actuelle ministre. Sauf qu’il aurait été « amputé et conformé à ses convictions islamistes plutôt qu’à l’article 19 de la Constitution», tonne Saïd Saâdi, ex-ministre des Affaires sociales et de la Famille. Parmi les mesures supprimées par Bassima Hakkaoui, le droit à l’avortement partiel et « tout un volet consacré à la diffusion de la culture de l’égalité », poursuit Saâdi. Quelques mois plus tard, Bassima Hakkaoui a aussi élaboré un projet de loi contre les violences faites aux femmes. « Un texte primordial », selon Fouzia Assouli, qui regrette cependant « une loi trop généraliste, aux airs de mesurette, où aucun mécanisme de protection des femmes n’est prévu et où le viol conjugal n’est toujours pas pénalisé ». Interrogée sur la non-pénalisation du viol conjugal, Bassima Hakkaoui nous explique que « ce projet de loi punit le harcèlement sexuel de deux ans de prison ferme. Une peine qui peut aller jusqu’à cinq ans lorsque l’auteur est un parent ou un tuteur de la victime ».
Parmi les autres réalisations concrètes du Plan Ikram, la création de l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discriminations (APLCD), un mécanisme prévu par la Constitution de 2011. « Là encore, Bassima Hakkaoui a constitué sa propre commission sans nous consulter. Ce travail a été rendu il y a un an, et nous n’en avons plus jamais entendu parler depuis », affirme Fouzia Assouli. Cette instance, « élaborée en étroite collaboration avec la délégation interministérielle aux Droits de l’homme, est en circuit de validation », rétorque pour sa part la ministre.

Vraiment libre, la ministre ?

Bassima Hakkaoui dispose-t-elle réellement de toute la liberté nécessaire pour mener une politique publique en faveur du droit des femmes ? Le projet de loi contre la violence faite aux femmes, par exemple, « erre toujours dans le cimetière des projets de loi », fait remarquer Ghizlane Benachir, parlementaire USFP. « Je l’ai présenté dans un Conseil de gouvernement le 7 novembre 2013. J’espère qu’il sera adopté très prochainement », se contente de répondre Bassima Hakkaoui. Depuis que le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, s’est saisi du dossier, il est bloqué dans l’une des commissions du secrétariat général. « Il est certain que la ministre manque de flexibilité. Son propre camp n’hésite pas à la court-circuiter, comme Benkirane, qui a mis en doute les statistiques sur la violence envers les femmes », assure Fouzia Assouli. Et, surtout, « son ministère est transversal et partage toutes ses compétences avec d’autres ministères et institutions », poursuit-elle. En matière de femmes et de familles, Bassima Hakkaoui dépend fréquemment de Mustafa Ramid, ministre de la Justice et autre mastodonte de son parti. Un duo qui fait froid dans le dos des féministes caressant le rêve d’une réforme pénale. « Mais en dernier recours, il y a toujours le roi », déclare Fouzia Assouli.  «  Quant aux autres compétences de Bassima Hakkaoui, notamment le volet solidarité et développement social, elle doit partager le gâteau avec les ministres de la Santé, de l’Education ou encore des Finances. Et pour ne rien vous cacher, en matière de politiques sociales, c’est plutôt l’INDH qui tient le haut du pavé », détaille Saïd Saâdi. « Son ministère est un fourre-tout », résume-t-il. Au-delà des petites victoires de Hakkaoui, comme la mise à niveau de 1500 centres de protection sociale, ou encore l’élaboration d’un projet de politique publique en faveur des personnes handicapées, son ministère fait partie des parents pauvres de la Loi de Finances 2014, avec seulement un peu plus de 632 millions de dirhams de crédit ouvert au titre des dépenses. A défaut d’avoir une véritable marge de manœuvre, Bassima Hakkaoui ne peut que s’accrocher à ses espoirs.
http://telquel.ma/2014/06/24/bassima-hakkaoui-marteau-lenclume_140081

Lire aussi


Benkirane préfère la femme au foyer: protestations au Maroc

Par J20.MA,  24/6/2014
Des militantes et responsables politiques marocaines ont exprimé mardi leur indignation, devant le Parlement de Rabat, à la suite de propos du chef du gouvernement islamiste, Abdelilah Benkirane, vantant la place de la femme au foyer.

Photo: Brahim Taougar

« Benkirane, ça suffit! », « Benkirane dégage, le Maroc n’est pas à toi! »: à l’appel de la « Coalition civile pour l’application de l’article 19 de la Constitution », environ 200 personnes, brandissant pour certaines casseroles et cuillères, ont marqué leur courroux contre le chef du parti Justice et développement (PJD).
« Sa vision rétrograde, nous ne l’accepterons jamais! Nous refusons cette humiliation de la part d’une personne qui considère les femmes comme des lustres de maison », a déclaré à l’AFP l’ancienne ministre de la Famille, Nouzha Skalli.
La semaine passée, s’exprimant devant le Parlement, Benkirane avait ouvertement regretté l’évolution de la société marocaine, fustigeant « le modèle européen » et louant le « rôle sacré » de la femme dans les foyers.
« Il y a un problème par rapport au rôle de la femme dans la famille moderne. (…) Lorsque la femme est sortie des foyers, ceux-ci sont devenus sombres », avait-il jugé.
« Vous qui êtes là, vous avez été éduqués dans des maisons où ils y avaient des lustres. Ces lustres étaient vos mères », avait notamment ajouté Benkirane, affirmant: « nous sommes fiers car Dieu nous a honorés pour défendre cette dimension ». Ces propos ont entraîné une levée de boucliers, y compris sur les réseaux sociaux sous le hashtag « #anamachitria » (« je ne suis pas un lustre »).
Il s’agit d’un « appel implicite à confiner la femme à la fonction biologique reproductive et au travail domestique », a dénoncé un collectif de dizaines d’ONG locales.
Dans un autre communiqué, les femmes de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition) ont condamné ces propos, exhortant M. Benkirane « à se concentrer plutôt sur l’application de l’article 19 de la nouvelle constitution » de 2011, adoptée durant le Printemps arabe.
Cet article exhorte, entre autres, « l’Etat marocain à oeuvrer à la réalisation de la parité homme-femme ».
Cantonné durant des décennies dans l’opposition, le PJD a remporté un succès historique lors des législatives de fin 2011, suscitant un vent d’espoir, quelques mois après l’adoption d’une nouvelle constitution censée accorder une série de droits nouveaux, notamment en matière d’égalité homme-femme.
Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar

Les femmes clament leur indignation devant le parlement Brahim Taougar 3

Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar
Photos: Brahim Taougar

Enorme : 49% des admis au Bac marocain sont des filles et Benkirane veut qu'elles se métamorphosent en "chandeliers"


Posté par Anass Yazidi il y a 19 heures (voir profil)

49,8% des admis sont des filles !

Bonne nouvelle, les résultats du bac marocain 2014 publiés ce matin sur la plateforme électronique taalim.ma, montrent que le nombre des élèves admis à la première session a augmenté de 6,4%.
49,8% des élèves ayant réussis sont des filles, un nombre énorme qui doit selon la logique du chef de gouvernement « se métamorphoser » en « Trias ». N’est ce pas une stratégie de Benky pour pouvoir baisser le taux de chômage des diplômés hommes, futurs chefs de famille ?

“Benky a tort”

En tout cas, la vision de Benkirane ne plait pas aux élèves admises à la première session du bac. C’est ainsi, que Wiam, étudiante au lycée Abi Dar El Ghifari à Rabat, s’indigne contre la décision de Benky qu’elle a qualifiée de « Chouha ». Pour elle, «Les femmes ont besoin de leur indépendance financière, et c’est cette raison qui les pousse à travailler sérieusement et de rafler des postes de responsabilité».
Meryem, du Lycée Hemman El Fetouaki à Rabat est heureuse de son résultat : « Hamdoulilah, j’ai eu une mention très bien, je vais préparer au concours de médecine, et je serai médecin Inchae Allah. Je veux montrer à Benkirane qu’il a tort!»
Une réalité que Benkirane doit admettre, les femmes sont de plus en plus conscientes de leurs rôles et sont prêtes à prendre leurs destins de leurs mains.

A lire aussi : 

Abdelilah Benkirane veut voir plus de femmes au foyer au Maroc, The New York Times en parle !

ÉGALITÉ HOMMES/FEMMES: LE MAROC PIRE QUE L’ARABIE SAOUDITE



Par Nouhad Fathi, 23/6/2014
egalite_sexes-500x446Pour la troisième année consécutive, le Maroc est 129ème sur 136 pays dans le Gender Gap Index, un rapport mesurant les écarts entre les sexes publié annuellement par le Forum Économique Mondial. 

 Ce score est pire que celui de certains pays, tels que l’Egypte et l’Arabie Saoudite, qui ne sont pas franchement connus pour leurs progrès en matière de droits des femmes, pour cause: les femmes ne représentent que 26% de la population active, leur taux d’analphabétisme est de 58% et elles n’occupent que 17% des sièges au parlement et 3% des postes ministériels.

Ailes Femmes du Maroc : Pour un code civil de la famille interdisant le mariage des mineurs au Maroc

Ailes Femmes du Maroc, Paris le 28/6/2014
Rappel : Pour un code civil la famille interdisant le mariage des mineurs au Maroc

Au Maroc le code de la famille continue à autoriser le mariage des mineures. Cette autorisation vient de faire une nouvelle victime, Fatima, 16 ans! Comme amina Filali en 2012, la loi marocaine a acculé une jeune fille à préférer la mort plutôt que d'accepter l'inacceptable. Fatima a mis fin à ses jours car la loi n'a pas protégé l'enfant qu'elle était encore.
Fatima s'est donné la mort le 21 Février 2014 car sa famille qui vit en Espagne a décidé de la marier. Elle préférait poursuivre sa scolarité en Espagne d'après le site bladi.net qui a révélé l'affaire.
Sa famille pouvait prendre la décision de la marier , en vertu des articles 20 et 21 du code marocain de la famille qui accordent au juge la possibilité d'autoriser, exceptionnellement, le mariage avant l'âge de capacité matrimoniale qui est fixé à 18 ans.
Les associations de femmes ne cessent de réclamer l'abolition de cette exception au vu des dommages que les mariages et les grossesse précoces des adolescentes causent à leur santé ( séquelles graves comme les fausses couches..) il y a 227 cas de décès sur 100000 accouchements...).
Elles réduisant leur chance de bénéficier de leur droit à
l'éducation (28% de la population dont l’âge est supérieur à 10 ans ne sait ni lire ni écrire, 67% parmi eux sont des femmes).Elles les empêchent de faire des choix dans leur vie tels que l'emploi, la formation et la participation à la vie public. Ceci contribue à perpétuer le cycle de la pauvreté, de l'inégalité et de l'exclusion.
les femmes réclament plus d' investissement de l'état dans
l'éducation, puisque des filles éduquées et en bonne santé se marient tard, différent le moment de leur première grossesse, et gagnent mieux leur vie. Elles demandent d'étendre l'offre et l'accès à l'information et aux services de l'éducation sexuelle et reproductive pour les adolescentes et les jeunes, qui représentent à eux seuls 28,2% de la population au Maroc.
Paris le 28 Février Association AILES-femmes du Maroc ailesfm@gmail.com

Un sit-in pour dénoncer les propos d’Abdelilah Benkirane



Un sit-in pour dénoncer les propos d’Abdelilah Benkirane

Une coalition d’associations appelle à manifester contre Abdelilah Benkirane qui compare la femme à un « lustre » (tria) dévoué exclusivement à son ménage.

La polémique entourant les déclarations d’Abdelilah Benkirane le 17 juin devant les députés de la Chambre des conseillers connaît un nouveau rebondissement. Après avoir créé un véritable buzz sur les réseaux sociaux, la coalition pour l’application de l’article 19 de la constitution, un groupement d’associations des droits de la femme appelle à manifester le mardi 24 juin à 15 heures devant le parlement. 
 Dans son communiqué, la coalition « condamne fermement les propos hostiles à l’égalité et aux droits humains des femmes, ainsi que les stéréotypes et clichés utilisés par le Chef du gouvernement ».
Pour rappel, ladite coalition avait organisé le 13 avril à Rabat, une marche de protestation pour dénoncer les politiques gouvernementales sur les droits des femmes, en particulier ceux énoncés dans l’article 19 de la constitution et qui ne sont toujours pas appliqués, selon ce collectif. Contacté par TelQuel, Fouzia Assouli, coordinatrice de la coalition déclaré avoir envoyé un fax à l’adresse des autorités compétentes pour les informer de la tenue dudit sit-in. Ces derniers n’auraient toujours pas répondu.
Pour rappel, voici l’article 19 de la constitution du Maroc :
L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume. L’État marocain œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé, à cet effet, une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination.
 Lire aussi


Maroc : Une marche contre les propos de Benkirane sur les femmes





Les femmes marocaines récidivent. Après la marche du 13 avril à Rabat, elles s’apprêtent à organiser une nouvelle, mardi prochain. C’est la riposte de la gente féminine aux propos de Benkirane appelant les travailleuses à quitter salaires et emplois pour rester chez-elles et "illuminer" leurs maisons.

Les associations féministes se mobilisent pour protester contre les propos du chef du gouvernement au parlement / DR
 
Les associations féministes, réunies au sein de l’Alliance pour l’opérationnalisation de l’article 19 de la constitution, comptent battre le pavé ce mardi 24 juin à Rabat. Cette nouvelle manifestation interviendra, une semaine jour pour jour, après la fameuse déclaration du chef du gouvernement, lors de son passage à la Chambre des conseillers, appelant les femmes à rester chez-elles s’occuper essentiellement des maris et enfants afin que « les maisons restent illuminées ».

« Nous ne sommes pas des lustres »
Benkirane a qualifié les femmes qui ne choisissent pas cette voie et sortent travailler de « lustres qui perdent leurs lumières ». La décision de l’organisation du prochain mouvement de protestation a été prise, le vendredi 20 juin, lors de la réunion de l’Alliance. Elle couronne, ainsi, une campagne menée, notamment sur les réseaux sociaux contre les propos du PJDiste.
Nouzha Skalli, l’ancienne ministre de la Solidarité et de la Famille, sous le gouvernement Abbas El Fassi, en fait partie.  Sur sa page facebook, elle a dénoncé les propos « scandaleux » de Benkirane. Et d’ajouter que « le moins qu'on puisse dire c'est qu'il s'agit d'une conception rétrograde et moyenâgeuse du rôle des femmes qui viole l'esprit et la lettre de l'article 19 de la Constitution ». Celui qui est réservé à la parité entre les femmes et les hommes.

Un ruban rouge de contestation
L’Alliance pour l’opérationnalisation de l’article 19 de la constitution compte d’autres cordes à son arc. Outre la marche du 24 juin, elle a appelé les femmes qui ne prendraient pas part à cet événement à porter un ruban rouge en signe de désaccord avec la dernière sortie médiatique de Benkirane sur les femmes. A cet effet, le Collectif a également adressé des lettres aux partis politiques afin d’inciter leurs militantes à adhérer à cette initiative.
Le chef du gouvernement devrait recevoir, lui aussi, une correspondance de réprobation de l’Alliance. Quant aux Conseil national des droits de l’Homme, il aura droit à une missive, une sorte de plainte. Le choix du CNDH est judicieux sachant que la question de la parité est érigée au rang de priorité par le tandem El Yazami - Sebbar.  

Mohammed Jaabouk Copyright Yabiladi.com

http://yabiladi.com/articles/details/27068/maroc-marche-contre-propos-benkirane.html

Une lycéenne marocaine qui assistait sa mère malade au Maroc est sommée de quitter la France


Bladinet, 24/6/2014
Une lycéenne marocaine qui assistait sa mère malade au Maroc est sommée de quitter la France

Hajar est une lycéenne marocaine de 19 ans qui vit (pour le moment) à Paris. Ayant rejoint sa mère hospitalisée au Maroc pour l’assister pendant une durée d’un an, la lycéenne a reçu –lors des révisions pour son bac- une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) d’ici le 11 juillet. Plusieurs personnes se mobilisent pour éviter son expulsion.

Quatre jours avant son bac S (qu’elle poursuit à Paris), Hajar reçoit une OQTF, par courrier officiel. Elle a alors, selon le courrier, trente jours pour quitter la France. Selon l’Express : « Hajar est venue vivre en France en 2006, à 11 ans, aux côtés de son père, arrivé en 1962, et qui possède une carte de résident. Jusqu’a ses 18 ans la jeune fille était ainsi protégée par la loi et ne pouvait donc pas être expulsée ».
Par contre, entre 2009 et 2010, Hajar a passé un an auprès de sa mère (qui était malade et hospitalisée) au Maroc. Elle retourne en France, âgé alors de 15 ans, et reprend sa scolarité normalement. Elle est alors toujours mineure.
Hajar, loin de se douter de quoi que ce soit, dépose peu avant ses 18 ans une demande de titre de séjour. Cette demande a été effectuée en janvier 2013. La réponse devait parvenir avant le 9 novembre. Mais il n’y avait pas de réponse. Et, selon le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « le silence gardé pendant plus de quatre mois sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ».

Début de la fin ?

Ce n’est que le 12 juin dernier que Hajar reçoit un courrier de la part de l’administration. Non pour une réponse favorable à sa demande de titre de séjour, mais plutôt pour lui signifier l’inverse. Elle devait quitter la France.
Est-ce que cela a un lien avec cette année passée au Maroc ? Difficile de répondre. Mais très probable… La jeune marocaine a en effet un parcours exemplaire en France.

Hajar, élève brillante

Selon son avocate, Me Scalbert : « C’est une élève brillante, ses professeurs font des commentaires élogieux ». En outre, elle souhaite devenir médecin. Elle a d’ailleurs été acceptée à Medisup pour y préparer les concours d’entrée inhérents à la médecine.
Cette notification administrative de quitter le territoire français n’a d’ailleurs pas été sans conséquence sur ses examens. Hajar, qui saura le 4 juillet si elle a réussi au bac (et qui devra quitter le territoire une semaine après), affirme : « Je pense l’avoir totalement raté, j’étais vraiment perturbée ». C’est d’ailleurs compréhensible. Obtenir un bac français pour être renvoyée au Maroc ? Cela a de quoi démotiver. A savoir que Hajar, selon ses propos, se sent « profondément française ».
L’Express déclare : « la prochaine audience aura lieu ce jeudi : l’objectif est "d’obtenir une suspension de la décision du 12 juin", explique son avocate. Il lui faut "une carte de séjour temporaire avec la mention vie privée et familiale" d’une validité d’un an, renouvelable automatiquement en général ».

Mobilisation

Outre les médias qui plaident sa cause (directement ou indirectement), une pétition adressée au préfet de police de Paris ainsi qu’au premier ministre a été mise en ligne contre l’expulsion de la lycéenne marocaine.
Dans le texte de celle-ci on trouve les propos suivants : « La raison du refus étant simplement le fait qu’elle ait passé un an au Maroc entre 2009-2010 auprès de sa mère tombée gravement malade et hospitalisée, à son retour elle a donc 15 ans et rejoint son père en France. Il faut arrêter d’expulser des élèves ayant vécu la majorité de leur vie en France. Certes, d’après la loi, ils ne sont pas français, mais toute leur vie est ici. Vu qu’ils ont le sentiment de l’être, pourquoi est-ce qu’ils ne le deviennent pas ? »
A part cela, plusieurs pages sur Facebook se mobilisent pour l’aider et même une page qui est spécifique à son cas : « Mobilisation contre l’expulsion de Hajar, future bachelière ». On y trouve par exemple une demande de venir nombreux « pour la soutenir à son procès public au tribunal administratif de paris ». La date de l’audience est le jeudi 26 juin à 14h30. Et on y demande bien entendu de signer la pétition.

« MarocAfric » ou l’investissement marocain en Afrique subsaharienne (Cadtm)


25 juin par i Salaheddine Lemaiz militant à ATTAC-CADTM Maroc, 25/6/2014
 
Le régime marocain et son réseau d’hommes d’affaires affichent un appétit pour les marchés africains.
 
Ils sont en train d’exporter leur « savoir faire » dans la prédation des richesses au-delà des frontières marocaines.
Cet intérêt retrouvé pour « l’africanité » du Maroc donne lieu depuis des mois à des torrents de débats et de publica- tions qui reproduisent avec complaisance ce discours monnayé à coup de publicité et de chèques de sponsoring. Ainsi, un vocabulaire de circonstance émerge : « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique », « la coopération Sud-Sud », « un partenariat win-win », « l’esprit du partage marocain », « Casa, hub africain ». Ce florilège d’expressions dissi- mule mal les vraies raisons de l’intérêt pour un continent qui n’a jamais suscité un engouement particulier de la part de la classe politique marocaine et encore moins des milieux d’affaires. Cet intérêt se résume en deux mots : sous-impérialisme et business.


Ce texte tente d’apporter une lecture critique à la nature des relations économiques entre le Maroc et l’Afrique. Dans un premier temps, nous allons dresser le tableau des échanges entre le Maroc et les autres pays du continent. Puis, nous allons placer cette « offensive » marocaine dans un cadre international, pour ensuite expliciter les implications internes de ces investissements marocains. En conclusion, nous monterons les contradictions flagrantes du Maroc sur ce sujet.


Le roi et « ses amis »


« La coopération entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne a été marquée dans un premier temps par l’implication des entreprises publiques marocaines dans la mise en œuvre de projets d’infrastructures, assainissement, électrification, gestion des ressources en eau et irrigation », note le Ministère des finances marocain. Ainsi, l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) marocain est présent dans 15 pays africains. Sa branche d’eau a remporté en 2007 le marché de la gestion déléguée de l’eau potable et de l’assainissement au Cameroun.


« Cette coopération a connu, dans un deuxième temps, l’association du secteur privé qui est actuellement présent dans des domaines variés (mines, tourisme, télécommunications, banques, habitat social…) », explique le Ministère des finances. Ceci se traduit aujourd’hui par la présence de quatre catégories d’acteurs. Le premier est la SNI, le holding royal. Sa banque AWB est présente dans 11 pays africains, Managem, sa société d’extraction minière exploite des mines d’or au Soudan, en Ethiopie, au Congo Brazzaville, en Mauritanie et au Gabon et des mines de cuivres et de cobalt en RDC.


Le deuxième groupe d’acteurs rassemble des entreprises publiques qui investissent sous l’ordre du pouvoir politique. Dans un pays où la séparation entre argent public et privé est floue, ces investissements directs étrangers (IDE) du Maroc font partie aussi de la première catégorie. Dans cette liste, nous classons la Banque centrale populaire (BCP) qui détient 7 banques africaines, l’Office chérifien des phosphates (OCP) qui commence à exporter ses engrais en Afrique subsaharienne, Royal air Maroc (RAM) avec ses 30 lignes aériennes dans les capitales de l’Afrique et ses 15 bureaux de représentation de la compagnie. Dans cette catégorie, il faut ajouter l’ONEE et la CDG, banque publique d’investissement qui s’intéresse également au continent noir.


Pour le troisième type d’acteurs, nous trouvons les grandes entreprises ou filiales de multinationales présentes au Maroc bénéficiant des réseaux politico-affairistes entre la monarchie et les régimes d’Afrique subsaharienne. Citons la banque BMCE omniprésente à travers la Bank of Africa dans 20 pays. Maroc Telecom est un autre acteur de premier plan dans la « MarocAfric ». Cette ex-filiale du français Vivendi, aujourd’hui détenue par les Emiratis d’Etissalat, est devenue un des géants des télécoms en Afrique. Elle contrôle 12 entreprises de télécom. Ajoutons également Saham Finances, spécialiste de l’assurance présent dans 19 pays, Cema-Bois de l’Atlas présente au Gabon et détenue par le groupe de Karim Lamrani, ex-premier ministre sous Hassan II, les sociétés de promotion immobilière et de BTP (Addoha, Alliances, SOMAGEC, etc…).


Enfin, la dernière catégorie d’acteurs comporte des entreprises de taille moyenne qui investissent en Afrique subsaharienne dans le secteur des nouvelles technologies (M2M, HPS, IB Maroc, CBI, GEMADEC, etc.) ou de l’industrie pharmaceutique (Sothema, CooperPharma). Ces entreprises bénéficient également des « réseaux » marocains, mais elles sont moins favorisées que les trois premiers types d’acteurs gravitant autour de la « galaxie royale ». Malgré ces quelques différences, tous ces agents économiques convergent vers un même but : tirer le maximum de profit de l’Afrique subsaharienne.

Pour lire la suite cliquez ci-dessous:

http://revolutionarabe.over-blog.com/article-marocafric-ou-l-investissement-marocain-en-afrique-subsaharienne-cadtm-123994627.html

Maroc : Corruption : recul du projet de loi présenté par le gouvernement

Par Nizar Idrissi Zouggari, TelQuel, 24/6/2014
Corruption : recul du projet de loi présenté par le gouvernement
Crédit photo : DR
Polémique autour du projet de loi n°12-113 relatif à l’Instance Nationale de Probité, de Prévention, et de Lutte contre la Corruption (INPPLC), dont la dernière version a été présentée aux membres du gouvernement le 16 juin 2014.
Dans un communiqué du 17 juin 2014, Transparency Maroc dénonce le net recul qui se profile, les prérogatives de l’Instance se réduisant comme peau de chagrin. L’ONG dénonce notamment un recul par rapport aux dispositions du projet de loi tel qu’il a été présenté par le gouvernement en 2012, notamment dans la protection des auteurs de plaintes et des prérogatives octroyées à l’Instance.
La nouvelle instance remplace l’Instance Centrale de Prévention de la Corruption (ICPC), créée en 2007 par décret du premier ministre de l’époque, Driss Jettou. Prévue par l’article 36 de la constitution, l’Instance a notamment pour mission, aux termes de l’article 167 du texte constitutionnel, d’« initier, de coordonner, de superviser et d’assurer le suivi de la mise en œuvre des politiques de prévention et de lutte contre la corruption ». Pourtant, l’entité nouvellement créée semble loin d’être à même de remplir ce rôle.

L’anonymat des plaintes passe à la trappe

Transparency pointe du doigt les conditions « rédhibitoires » de dénonciation des actes de corruption telle qu’elle est prévue par l’article 19 du projet de loi, qui exclut la possibilité d’anonymiser les plaintes, celles-ci devant être signées par les plaignants, qui doivent également fournir leur nom complet. Le précédent avant-projet de loi, garantissait l’anonymat des plaignants par l’Instance, sous peine de sanctions judiciaires pour celles-ci. Le plaignant, en outre, est tenu de présenter des preuves de l’acte de corruption dont il a été victime. La corruption étant par essence une pratique informelle, la pertinence de cette disposition pose question.
Une disposition d’autant plus contraignante que l’article 28 du projet de loi prévoit que toute dénonciation « de mauvaise foi » d’actes de corruption donne lieu à des poursuites pénales pour leur auteur. Quant à la signification réelle de la mauvaise foi, elle n’est pas précisée.

Pas de possibilité d’auto-saisine pour l’Instance

Autre recul dénoncé par Transparency, l’absence de rôle d’investigation et d’instruction des plaintes tel qu’il était prévu par le projet de loi initial, qui donnait à l’Instance de larges prérogatives en matière d’enquête, mais également, autre point important sur lequel est revenu le gouvernement, la capacité d’auto-saisine de l’Instance.
Initialement prévue, cette possibilité lui est maintenant retirée, son rôle étant conscrit à la réception des plaintes, l’examen de leur recevabilité, et, le cas échéant, leur transmission au parquet et aux autorités judiciaires compétentes. Des compétences d’autant plus maigres que l’Instance est automatiquement dessaisie de la plainte en cas d’ouverture d’une procédure par le parquet.

Quel degré d’indépendance et de représentativité pour l’Instance ?

Quant à la composition du Conseil de l’Instance, il est également dénoncé par Transparency qui regrette que le mode de nomination des membres ne garantisse pas à l’Instance le degré d’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ses missions, ni le degré de représentativité nécessaire de la société civile. En effet, les premières moutures du projet de loi accordaient une large place à la société civile, mais également aux ordres professionnels et syndicaux, qui se voyaient représentés au sein d’une large instance consultative.
Selon le projet actuel, le Conseil de l’Instance est composé de douze membres et d’un président. C’est notamment le mode de nomination qui est dénoncé par Transparency. Le président et quatre membres sont nommés par le roi, les présidents des deux chambres disposent de deux nomination chacun, tandis que les quatre derniers membres sont nommés par le Chef du Gouvernement. Aucune trace de la société civile, contrairement au précédent projet de loi.

TV5Monde : Autosatisfaction - Droits de l'homme, le tournant marocain ...selon Driss Yazami

Emission du
samedi 21 Juin 2014

TV5MONDE Droits de l'homme, le tournant marocain

Driss Yazami

L'invité : Driss Yazami

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Commentaires : 

 Solidmar :
De nombreux autres militants de première heure, et des heures suivantes, ne partagent pas ce rare  optimisme autosatisfait...(ndlr)

Fouzia Ejjawi :
Le tournant marocain ...Droit dans le mur !

Désaccord des paysans d’Aoulouz sur le projet G1 soutenu par l'Etat allemand

:

Union Marocaine du Travail                   

Syndicat National des Petits Paysans

et Employés Forestiers

Région Souss Massat Drâa

Bureau Syndical  provincial de Taroudant

GSM :0668584636
Association Tafarzazte

d’usagers d'eau spécifique aux agriculteurs Aoulouz


 Conseil administratif
Association Timilte
d’usagers d'eau spécifique aux agriculteurs Aoulouz
Conseil administratif
Association Taroudant Agricole
Conseil administratif

                                                                                                             Aoulouz le 20/06/2014             
                                                                                                                     A Monsieur l’Ambassadeur allemand au Maroc
Objet : position des paysans d’Aoulouz sur le projet G1 concernant la gestion des eaux d’Aoulouz.

            Nous avons l’honneur de vous faire part, Monsieur  l’Ambassadeur, de notre  position sur le projet G1 soutenu par l’État allemand , à savoir :


-         D’après la rencontre de nos organisations avec les représentants de la banque allemande de développement, le 12 juin 2014 à Aoulouz , nous constatons que votre État a décidé, sans notre accord, de mettre  en œuvre votre projet sur les terres de Tafarzazte et Timilte.

-     Votre banque soutient des survivances du féodalisme contre les petit(e)s et pauvres paysan(ne)s par l’intermédiaire des associations illégales qui ne représentent pas les vrais intérêts de nos paysans.

-         Nos organisations,  soutenues par un grand nombre de paysan(ne)s de Tafarzazte et Timilte, ont leur propre projet qui prend en considération leur droit à l’eau des sources de Tafarzazte et Timilte.

-         Nos organisations manifestent pour le droit naturel de nos paysan(ne)s à l’eau du barrage (18 millions mètre cube) que votre projet va transformer en un droit payé.

-         Nos organisations soutiennent l’ attachement naturel et historique de nos paysan(ne)s aux champs d’ oliviers, à la culture du blé et aux autres  cultures Bio-Naturelles.

-         Nos organisations refusent de transformer les champs de Tafarzazte et Timilte en catastrophe comme c’est le cas des  agriculteurs d’El Guedan qui sont en faillite après  avoir gaspillé 245 millions mètre cube d’eau du barrage Aoulouz.


Pour ces raisons nous sommes désolés, Monsieur l’Ambassadeur,  d’exprimer notre refus ferme à votre  projet sur les champs de Tafarzazte et Timilte. Nous vous demandons de respecter le droit de nos paysan(ne)s à leur propre projet, que vous pouvez soutenir.


Bureau Syndical Provincial               Ass. Tafarzazte                Ass. Timile              Ass. Taroudant Agricole