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samedi 28 juin 2014

Benkirane préfère la femme au foyer: protestations au Maroc

Par J20.MA,  24/6/2014
Des militantes et responsables politiques marocaines ont exprimé mardi leur indignation, devant le Parlement de Rabat, à la suite de propos du chef du gouvernement islamiste, Abdelilah Benkirane, vantant la place de la femme au foyer.

Photo: Brahim Taougar

« Benkirane, ça suffit! », « Benkirane dégage, le Maroc n’est pas à toi! »: à l’appel de la « Coalition civile pour l’application de l’article 19 de la Constitution », environ 200 personnes, brandissant pour certaines casseroles et cuillères, ont marqué leur courroux contre le chef du parti Justice et développement (PJD).
« Sa vision rétrograde, nous ne l’accepterons jamais! Nous refusons cette humiliation de la part d’une personne qui considère les femmes comme des lustres de maison », a déclaré à l’AFP l’ancienne ministre de la Famille, Nouzha Skalli.
La semaine passée, s’exprimant devant le Parlement, Benkirane avait ouvertement regretté l’évolution de la société marocaine, fustigeant « le modèle européen » et louant le « rôle sacré » de la femme dans les foyers.
« Il y a un problème par rapport au rôle de la femme dans la famille moderne. (…) Lorsque la femme est sortie des foyers, ceux-ci sont devenus sombres », avait-il jugé.
« Vous qui êtes là, vous avez été éduqués dans des maisons où ils y avaient des lustres. Ces lustres étaient vos mères », avait notamment ajouté Benkirane, affirmant: « nous sommes fiers car Dieu nous a honorés pour défendre cette dimension ». Ces propos ont entraîné une levée de boucliers, y compris sur les réseaux sociaux sous le hashtag « #anamachitria » (« je ne suis pas un lustre »).
Il s’agit d’un « appel implicite à confiner la femme à la fonction biologique reproductive et au travail domestique », a dénoncé un collectif de dizaines d’ONG locales.
Dans un autre communiqué, les femmes de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition) ont condamné ces propos, exhortant M. Benkirane « à se concentrer plutôt sur l’application de l’article 19 de la nouvelle constitution » de 2011, adoptée durant le Printemps arabe.
Cet article exhorte, entre autres, « l’Etat marocain à oeuvrer à la réalisation de la parité homme-femme ».
Cantonné durant des décennies dans l’opposition, le PJD a remporté un succès historique lors des législatives de fin 2011, suscitant un vent d’espoir, quelques mois après l’adoption d’une nouvelle constitution censée accorder une série de droits nouveaux, notamment en matière d’égalité homme-femme.
Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar

Les femmes clament leur indignation devant le parlement Brahim Taougar 3

Photo: Brahim Taougar

Photo: Brahim Taougar
Photos: Brahim Taougar

samedi 15 juin 2013

Les ONG féminines s’insurgent contre Bassima Hakkaoui

Par Nezha Mounir, Liberation.ma, 14/6/2013


Le plan gouvernemental pour l’égalité en vue de la parité 2012-2016 vivement critiqué

Les ONG féminines s’insurgent contre Bassima HakkaouiVif désarroi dans le milieu des ONG féminines. Elles ont été promptes à réagir à l’adoption par l’Exécutif du plan gouvernemental pour l’égalité en vue de la parité 2012-2016. Une question qui n’était pas initialement prévue à l’ordre du jour à la séance du Conseil du gouvernement du 6 juin dernier. Dans un communiqué rendu public, elles dénoncent toutes les violations qui n’ont pas manqué d’entacher, à leur sens, l’élaboration d’un tel document. Que ce soit au niveau du contenu ou de la forme, les ONG ont été très virulentes dans leurs diverses critiques. 

En effet, la montagne a accouché d’une souris. Le monde féminin a été tenu en haleine pendant plus d’un an. Et après moult hésitations, reports voire atermoiements, le projet a finalement vu le jour. Il a nourri la polémique et continue encore. Et pour cause, les ONG dénoncent le fait de n’avoir pas été impliquées lors de l’élaboration de ce plan. Et pourtant, les dispositions de la nouvelle Constitution accordent de nombreuses prérogatives à la société civile dans le cadre d’une approche participative. De par leur force de proposition, elles estiment être à même de participer à des politiques publiques instaurant une véritable égalité entre les sexes. L’objectif étant la construction d’un État moderne et démocratique conforme aux dispositions de la Constitution. Mais apparemment, le chemin est encore loin comme l’indique le communiqué, notamment en présence d’un plan qui prête le flanc à des critiques à tous les niveaux. Les ONG déplorent le fait que la question de l’égalité entre les sexes n’ait pas été traitée dans ledit plan de façon principale et qu’elle n’ait pas été au centre d’intérêt du plan. Elle a été abordée plutôt de façon subsidiaire liée soit aux droits de l’enfant et de la famille ou même à ceux des personnes handicapées. Par ailleurs, un autre volet et non des moindres a suscité leur indignation. En effet, par la seule appellation « ICRAM », le plan dégage une connotation caritative loin de l’esprit des droits de l’Homme. Il se trouve ainsi imprégné d’une référence conservatrice très accentuée contrairement au choix de la modernité et de la démocratie institué de la Loi suprême. De même qu’elles relèvent le non-respect de la hiérarchisation des références et des lois du fait que les conventions internationales sont classées en dernier lieu contrairement aux pratiques universelles.
Le printemps féminin pour la démocratie et l’égalité est allé encore plus loin dans cette mise en cause en s’attelant au fond. Ainsi, les ONG féminines ont déploré le fait que ledit plan se soit contenté de citer diverses activités parallèles en l’absence d’une stratégie globale et claire qui illustre l’adoption de politiques publiques efficientes afin de promouvoir les droits des femmes. De même qu’elles ont pointé du doigt les interpénétrations des objectifs et le caractère récurrent des mesures adoptées par le plan ; ce qui sème la confusion au niveau des priorités, en plus de la mise en œuvre des procédures de telle sorte qu’on ne peut les évaluer.
Le printemps des femmes lance un appel au gouvernement pour qu’il prenne en considération l’ensemble des propositions et observations émises à ce sujet par le réseau. Comme il est disposé à collaborer avec les départements concernés en vue de promouvoir les droits fondamentaux des femmes.