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dimanche 29 décembre 2013

Maroc: le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire exprime plusieurs préoccupations

Maroc: le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire exprime plusieurs préoccupations

 Le Groupe de travail des Nations-Unies sur la détention arbitraire (GTDA) a exprimé mardi à Rabat sa préoccupation quant à "l’importance considérable donnée aux aveux dans les procès-verbaux d’enquêtes préliminaires" affirmant avoir été informé par des détenus que "des aveux obtenus sous l’effet de la torture constituent dans la plupart des cas le fondement des condamnations".
"Le groupe de travail a été informé à travers ses entretiens avec des détenus que des aveux obtenus sous l’effet de la torture constituent dans la plupart des cas le fondement des condamnations", a indiqué le GTDA dans un communiqué remis lors d'une conférence de presse à l’issue d’une visite de dix jours (9-18 décembre) au Maroc et au Sahara occidental.
Le communiqué a fait observer que le Groupe s’est rendu à El Ayoun (Sahara occidental) les 15 et 16 décembre "en tant que titulaire de mandat indépendant et sa visite ne doit pas être interprétée comme l’expression d’une quelconque opinion politique concernant le statut actuel ou futur du territoire non autonome du Sahara occidental", ajoutant que "le droit à l’autodétermination s’applique au territoire en vertu des principes énoncés dans les résolutions 1514 et 1541 de l’assemblée générale des Nations-Unies".
Le communiqué a souligné que l’expert sénégalais El Hadji Malick Sow, a réitéré, "en référence à la jurisprudence du groupe de travail que les aveux faits sans la présence d’un avocat et en l’absence de toute garantie juridique ne peuvent pas être admissibles comme moyen de preuve dans une procédure pénale, surtout si les aveux ont été obtenus pendant la période de garde à vue".
Le GTDA a, en outre, exprimé ses préoccupations par rapport à "l’accès limité à un avocat, le recours systématique à la détention provisoire, la détention des migrants et des demandeurs d’asile, des mineurs en conflit avec la loi et les irrégularités dans les registres de garde à vue".
En ce qui concerne la justice militaire, le communiqué a indiqué que M. Roberto Garreton (Chili), membre du groupe, a exprimé la préoccupation du GTDA  par rapport à "la compétence très large accordée au tribunal militaire permanent, lequel peut juger dans certaines circonstances", réaffirmant que "la compétence du tribunal militaire devrait se limiter uniquement à juger des militaires et pour des délits exclusivement militaires".
D’autre part, le communiqué indique que le groupe de travail a demandé au gouvernement du Maroc à "procéder sans retard à l’examen de son cadre législatif pénal afin de le mettre en conformité avec les normes internationales des droits de l’homme".
Le président-rapporteur du groupe de travail, le Norvégien Mads Andenas a estimé que "la loi anti-terroriste adoptée à la suite des attentats de Casablanca de 2003 qui est toujours en vigueur, est le cadre légal de nombreuses violations des droits de l’homme", considérant que "cette loi doit être modifiée pour rendre les incriminations plus précises, réduire les délais de garde à vue et instituer une procédure qui garantit un procès équitable".
La délégation du groupe de travail a visité 12 centres de privation de liberté à Rabat, Casablanca, Salé, Tanger et à El Ayoun (Sahara occidental).
Lors de sa visite, le groupe de travail a rencontré les autorités concernées des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et des représentants de l’institution nationale des droits de l’homme, de la société civile et des agences des Nations-Unies.
Il doit présenter le rapport final de sa visite au Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies en septembre 2014.
Le GDTA a été établi par l’ancienne Commission des droits de l’homme en 1991 pour enquêter sur des cas de présumée privation arbitraire de liberté.
Il est composé de cinq experts indépendants de différentes régions du monde.(SPS)
093/090/700

thttp://spsrasd.info/fr/content/maroc-le-groupe-de-travail-de-l%E2%80%99onu-sur-la-d%C3%A9tention-arbitraire-exprime-plusieurs-pr%C3%A9occupat

Le groupe de travail sur les détentions arbitraires rencontre des prisonniers sahraouis à Carcel negra

El  Aaiun (territoires sahraouis occupés) 18 déc 2013 (SPS)

 Le groupe de travail onusien sur les détentions arbitraires s'est enquis des conditions "inhumaines" de détention des prisonniers politiques sahraouis à Carcel negra (prison noire) à El Ayoun, a indiqué mercredi le bureau exécutif du collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme.
Le bureau a fait savoir que le groupe de travail onusien a rencontré à Carcel negra les deux prisonniers sahraouis Mahdjoub Ouled Cheikh et Kamel Tarih.
La rencontre a été mise à profit pour évoquer les traitements inhumains réservés à l'ensemble des détenus sahraouis.
Ces derniers ont appelé l'Onu à mettre en place un mécanisme de contrôle des droits de l'Homme au Sahara occidental, affirmant avoir été incarcérés en raison de leurs opinions politiques. (SPS)
093/090

Lire aussi

  • Le Mozambique réitère son soutien à la lutte du peuple sahraoui pour la liberté et l’indépendance
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     AUFAIT MAROC - Presse Marocaine et Actualités Maroc

    Détention arbitraire au Maroc :L'ONU souffle le chaud  et le froid

    Par Yassine Benargane, Aufait,

    Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (GTDA), au Maroc depuis le 9 décembre, a salué mercredi à Rabat la coopération du gouvernement marocain, qui a assuré, “sans restriction”, l'accès à tous les lieux de détentions. Le GTDA a cependant exprimé sa préoccupation quant à l'application de la loi anti-terroriste adoptée en 2003, ainsi que sur les aveux obtenus sous la torture.

    El Hadji Malick Sow (c), le rapporteur du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, avec les autres membres de ce groupe, lors de la conférence de presse tenue mercredi à Rabat. /MAP

    El Hadji Malick Sow (c), le rapporteur du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, avec les autres membres de ce groupe, lors de la conférence de presse tenue mercredi à Rabat. /MAP Agrandir

    Alors qu'“ils ne se sont toujours pas rendus à Guantánamo à cause des restrictions des autorités américaines”, les membres du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (GTDA) ont mis en relief, mercredi, la coopération du gouvernement, qui lui a permis d'accéder  “sans restriction” aux lieux de détentions.
    Des félicitations...
    Lors d'une conférence organisée par à Rabat, El Hadji Malick Sow, rapporteur du groupe onusien, a souligné les aspects positifs de l'évolution des conditions de détention au Maroc, rappelant à cet égard le rôle du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) et des commissions régionales des droits de l'Homme (CRDH), qu'il a qualifié d'“avancées remarquables”.
    El Hadji Malick Sow, rapporteur du GTDA.
    “Beaucoup d'efforts en matière de consolidation des droits de l'Homme sont à souligner. Toutes les autorités ont fourni les preuves d'une volonté de maintenir ce processus et cette dynamique.”
     M. Sow a également rappelé “les efforts importants et déterminants pour affronter un passé de violations des droits humains, que certains ont qualifié d'années de plomb”, mettant en exergue le rôle de l'Instance Équité et Réconciliation.
    ...et quelques sujets de préoccupation
    Après une introduction très flatteuse à l'égard du Maroc, le GTDA a abordé les sujets sérieux, ou plutôt les “quelques sujets de préoccupation”, pour reprendre l'expression d'El Hadji Malick Sow.
    Tout d'abord, la fameuse loi anti-terroriste, adoptée par le Maroc en 2003, suite aux attentats sanglants de Casablanca. Une loi qui doit être “revue, corrigée et réactualisée”, afin que “les incriminations soient plus précises et les délais de garde à vue réduits”. Le GTDA précise aussi qu'il est temps “d'instituer des procédures qui garantissent désormais le droit à un procès équitable”.
    Un autre sujet a également retenu l'attention du GTDA : la “valeur accordée aux aveux obtenus lors des enquêtes préliminaires de police, sous la torture.”
    “Ce sont des questions très importantes et d'autant plus sérieuses et révélatrices de violations. Ce sont des aveux obtenus dans des périodes de garde à vue durant lesquelles les individus ne bénéficient pas de la présence d'un avocat pour vérifier effectivement si toutes les dispositions légales sont respectées.”
    El Hadji Malick Sow.
    Absence de conformité avec les droits universels
    Toujours pour l'accès à un avocat, aussi bien durant  la garde à vue que lors du processus judiciaire, le rapporteur du GTDA a noté que l'article 66 de la procédure pénale “ne prévoit pas l'accès à un avocat avant l'expiration de la moitié du délai initial de garde à vue”.
    “Elle le subordonne ensuite à l'autorisation du procureur général et reste limité à 30 minutes et l'avocat qui intervient n'a pas accès aux pièces de la procédure pour pouvoir correctement organiser sa réponse”, a précisé M. Sow.
    “Ces dispositions ne sont pas en conformité avec l'article 14 de la convention sur les droits civiques et politiques. Paradoxalement, la Constitution marocaine accorde, elle-même, aux conventions internationales une valeur juridique supérieure au droit interne du pays.”
    El Hadji Malick Sow.

    À cet égard, le GTDA souligne une “absence systématique” d'un texte sur ces violations des droits de l'Homme relatives aux aveux obtenus lors des enquêtes préliminaires par le biais de la contrainte.
    Il recommande la mise en place, dans ces cas et particulièrement au niveau du pouvoir judiciaire, d'une enquête “indépendante, objective et appropriée”.
    Il recommande également que le protocole facultatif à la convention contre la torture soit ratifié par le Maroc, ce qui permettrait “probablement” de renforcer les mécanismes contre cette pratique, et “faire en sorte que, comme disait le président du CNDH (Driss El Yazami, ndlr), l'année 2014 soit l'année de l'abolition définitive de la torture au Maroc”.

    Le GTDA refuse de politiser sa visite au Sahara
    Répondant à une question relative à la détention arbitraire au Sahara, El Hadji Malick Sow a catégoriquement rejeté l'idée de politiser la visite du GTDA à Laâyoune. Selon ses propos, les mêmes remarques faites dans les centres de détentions et les commissariats au nord du Maroc ont été relevées dans les centres de Laâyoune.
    Il a avancé que le groupe avait eu l'occasion de rencontrer les “prisonniers de Gdim Izik”, poursuivis pour “des infractions à la loi pénale”, et a rappelé que la seule “irrégularité” soulevée est celle relative à la procédure engagée devant un tribunal militaire: une procédure pénale “qui ne répond pas aux normes internationales”, selon ses propos.
    Quant aux “maisons secrètes”, M. Sow a estimé que ce genre de centres n'existent plus au Maroc, citant le CNDH. “On nous en a parlé, mais nous ne pouvons pas l'affirmer”, a-t-il souligné.

Nouvelles inquiétantes d'Ali Aarrass : reprise du harcèlement après le passage du groupe de l'ONU, procès le 10/10.


  • Photo de couverture

    10 janvier : PROCES ALI & FARIDA AARRASS CONTRE L'ETAT BELGE ! 
     Par Farida Arrass



    • Ali Aarrass et moi même Farida Aarrass, avons pris la décision de ne pas lâcher prise et de continuer à nous battre jusqu'au bout et cela coûte que coûte.

      Cet engagement ne sera pas mené uniquement pour que justice soit rendue à Ali Aarrass, cela nous l'exigeons depuis le départ ! Il est inadmissible qu'un homme innocent subisse tous ces torts.

      Il est surtout plus que grand temps que les droits à la sécurité pour tous les binationaux cessent d'être négligés, bafoués et non respectés par l'état dans lequel ils ont vécu toute leur vie ou quasi toute leur vie pour d'autres.

      Dénonçons ensemble cet état de fait, réagissons et exigeons que nous puissions jouir tous des mêmes droits !

      Ce procès n'est pas uniquement celui d'Ali Aarrass et de sa sœur, il est celui de chaque personne concernée directement, indirectement et même celui de toute personne qui se proclame militant pour les droits humains !

      Il y va de notre sécurité à tous !

      Pour rappel et si vous ne connaissez pas l'affaire Ali Aarrass :

      www.freeali.eu

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      Par Greta Alegre, 28/12/2013

      ALERTE !  Farida Arrass vient d'écrire : 

      Nouvelles inquiétantes d'Ali Aarrass il y a quelques minutes !
      Le harcèlement reprend juste après le passage du groupe de travail de l'ONU !
      La vengeance envers Ali parce qu'il a encore dénoncé....
      On l’empêche de dormir de nuit comme de jour et L'isolement lui a été imposé !
      Ces crapules n'ont peur de rien et sont capables du pire !

      Week-end qui s'annonce plus qu'angoissant car Ali était tout essoufflé en me disant tout ça et qu'il n'a pas pu aller jusqu'au bout de ce qu'il voulait me dire.... La ligne fut coupée !

Une épée de Damoclès sur la tête d’Ali Anouzla

Par Badr Soundouss, 24/12/2013



Ali Anouzla (Photo Anadolu Agency)
Ali Anouzla (Photo Anadolu Agency)
Le juge d’instruction chargé des affaires de terrorisme près l’annexe de la Cour d’appel à Salé, le très peu indépendant Abdelkader Chentouf, a décidé lundi de reporter au 18 février prochain le procès du journaliste Ali Anouzla.
Ce report est une vieille ficelle du Makhzen pour gagner du temps. Histoire de calmer le jeu pour avoir le temps d’éteindre ce dossier après la neutralisation d’Anouzla, complètement soumis à certains tenants du régime, Ilias El Omari, Driss El Yazami et Abdelkader Azria, ce dernier ayant joué un discret mais très actif rôle dans sa libération.
Poursuivi en état de liberté provisoire pour fourniture « délibérée d’aide à qui veut commettre des actes terroristes » et « de moyens d’exécution d’un crime terroriste » ainsi que « l’apologie d’actes constituant un crime terroriste », qui sont des accusations gravissimes qui généralement ne permettent aucune liberté d’expression, Anouzla aurait compris le message. Ses amis savent qu’il ne pourra plus jamais reprendre ses vertes critiques sur la monarchie et le roi. A moins qu’il ne s’exile à l’étranger.
D’où cette stratégie de faire durer le procès pour pérenniser le blocage des sites Lakome, en arabe et en français, qui sont illégalement bloqués par les autorités marocaines avec le consentement explicite d’Anouzla, ou du moins son lourd silence à cet effet, alors que ni les noms des domaines des sites bloqués ni la société éditrice ne sont à son nom.
Un communiqué d’Ali Anouzla dénonçant cette grossière illégalité ne serait pas de plus. Mais le veut-il ? Le peut-il ?

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=28832

Maroc : une manifestation de soutien au journaliste Ali Anouzla

Maroc : une manifestation de soutien au journaliste Ali Anouzla

 Une manifestation s’est déroulée dans les rues de Rabat, la capitale du Maroc, ce dimanche 22 décembre, à l’initiative de l’Association marocaine des droits de l’Homme (Amdh). Les manifestants revendiquent l’annulation de l’action judiciaire contre Ali Anouzla, le directeur de publication du magasine Lakome

Le juge d'instruction Abdelkader Chentouf a prévu ce lundi 23 décembre, la reprise de l'instruction détaillée avec Ali Anouzla. Le journaliste qui comparaît libre, après avoir été incarcéré, est poursuivi pour « assistance à des criminels ayant commis des actes terroristes »,« fourniture de moyens pour la commission d’actes terroristes » et « apologies de crimes terroristes ».
En septembre dernier, Ali Anouzla a été détenu pendant 38 jours après la diffusion sur le site Lakome.com d’un lien vers unevidéo d'Al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) « incitant au terrorisme », selon le procureur du roi au Maroc.
Des parlementaires marocains avaient demandé que le journaliste soit poursuivi dans le cadre du code de presse et non de la loi antiterrorisme. Les élus du peuple doivent attendre la fin de l’instruction pour que le tribunal antiterroriste de Salé décide de l’option à prendre.
Le Comité pour la libération d’Ali Anouzla a également dénoncé l’acharnement contre ce journaliste par une série de procès contre lui. Selon le comité, il est également poursuivi pour des déclarations qu’il aurait tenues sur le rôle des services secrets marocains, sans compter une autre affaire devant le tribunal de la ville de Fes.

Lire aussi :

Au Maroc, le nombre de prisonniers politiques explose


  Par Ilhem Rachidi, Mediapart, 25/12/2013

Khadija Ryadi, l'ancienne présidente de l'AMDH, vient de recevoir le prix des Nations unies pour la cause des droits de l’homme 2013, qu’elle a dédié à tous les prisonniers politiques et d’opinion. Un pied de nez au pouvoir qui nie l'existence de tels prisonniers. Contre toute évidence. 

Rabat, Maroc, correspondance.
Depuis près de trois ans, Samir Bradley est de toutes les manifestations. En juillet 2012, alors qu’il quitte la manifestation mensuelle du Mouvement 20-Février, il est loin de se douter qu’il va passer les six mois suivants en prison. Alors qu’il attend un taxi, il est arrêté par des hommes en civil et embarqué dans une fourgonnette de police, où il sera battu, puis emmené dans un commissariat les yeux bandés.
« Ils ont commencé à me frapper et à m’insulter. Je ne voyais rien, je ne savais pas d’où les coups venaient. Ils me disaient que je mange pendant le ramadan, que je suis athée », se souvient Bradley.
Ce n’est que le lendemain qu’il sera transporté à l’hôpital pour soigner une blessure à la tête. À son retour au commissariat, il raconte avoir été forcé de signer un procès-verbal déjà rédigé par la police.
« J’ai dit que je voulais le lire d’abord. Ils m’ont dit : "Tu te crois à l’étranger ?" J’ai demandé à joindre mon avocat. Ils ont refusé et m’ont dit : "Tu vas signer". Ils ont recommencé à me frapper et à me menacer. J’étais arrivé épuisé de l’hôpital. Je n’avais plus de forces. Et j’ai signé, poursuit-il. C’est quand mon avocat est venu qu’il m’a dit quelles accusations ils m’avaient collées. »
Bradley et cinq autres militants arrêtés ce jour-là seront jugés pour participation à une manifestation non autorisée, outrage à agent et coups et blessures contre la police. Ils seront condamnés deux mois plus tard à des peines allant jusqu’à dix mois de prison, puis à six mois en appel.
D’après plusieurs ONG de droits de l’homme, ces manifestants ont été arrêtés pour des raisons politiques. Ils sont loin d’être des cas isolés. Plusieurs dizaines de militants du Mouvement 20-Février, mais aussi de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), des syndicalistes, des militants sahraouis, amazighs, des salafistes, sont actuellement incarcérés.
« La détention politique a nettement augmenté depuis le 20 février 2011. Pas seulement la détention, la répression aussi », regrette l’avocat Mohamed Messaoudi, un habitué des procès politiques.
Il estime qu’au moins 2 000 personnes auraient été arrêtées depuis le début des protestations. L’an dernier, le Maroc comptait 240 détenus politiques et d’opinion, d’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Parmi eux, 70 militants du Mouvement 20-Février.
Parallèlement aux promesses de démocratie du pouvoir, annoncées par le discours royal du 9 mars 2011 et traduites par une nouvelle constitution et des élections anticipées, une nouvelle vague de détention a bel et bien commencé en 2011.
« Chacun a sa définition de ce qu’est un détenu politique. La loi ne reconnaît pas une catégorie de détenus qu’on appelle détenus politiques. Mais lorsque l’on regarde le fond des choses, on voit que c’est un détenu qui a pris part à une manifestation ou un opposant », explique Messaoudi.
Dans les faits, la justice marocaine réfute la nature politique de ces procès. Les détenus sont condamnés pour des délits punis par la loi comme le trafic de drogue ou l’outrage à agent. Ils partagent d’ailleurs les cellules des prisonniers de droit commun. Certains ont été arrêtés pour avoir manifesté ou pour avoir appelé au boycott des élections, distribué des tracts. D’autres pour s’être opposés aux autorités locales.
L’étudiant de Taza, Abdessamad Haydour, a été condamné en février 2012 à trois ans de prison pour offense au roi en vertu de l’article 179 du code pénal et de l’article 41 du code de la presse. Mais d’après ses soutiens, Haydour a été victime d’un procès politique. En juillet dernier, l’ONG Human Rights Watch réclamait sa libération.
« Si le Maroc a réellement l’intention de mettre en œuvre les garanties de liberté d’expression qu’offre sa nouvelle constitution, il doit se débarrasser des lois qui envoient les gens en prison pour avoir insulté le chef de l’État, même si ce qu’ils disent peut sembler grossier », déclarait alors Joe Stork, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.
Haydour a observé deux grèves de la faim (dont une de 69 jours) pour protester contre ses conditions d’incarcération et réclamer un statut de détenu politique.
Le blogueur et défenseur des libertés individuelles Mohamed Sokrate, connu pour ses écrits irrévérencieux envers le pouvoir, vient quant à lui de passer un an en prison pour trafic de drogue. Driss Boutarada, un membre du Mouvement 20-Février libéré ce 10 décembre, a écopé de la même condamnation. Il a été arrêté avec 15 grammes de cannabis et 200 dirhams (près de 20 euros) en poche, deux jours après avoir parodié le roi lors d’un rassemblement devant le parlement.
« Dans les années 1970 ou 1980, les chefs d’accusation, c’était "atteinte à l’ordre public" ou participation à une organisation interdite. C’était clair. Maintenant, on arrête quelqu’un parce qu’il appartient au Mouvement 20-Février et on lui dit : "Tu vends de la drogue" », affirme l’ancienne présidente de l’AMDH Khadija Ryadi.
Elle attire l’attention sur un phénomène croissant. Des militants connus sont poursuivis à plusieurs reprises, comme le rappeur Lhaqed, condamné pour « coups et blessures », puis pour « outrage à la police » et « atteinte à un corps constitué ». Un autre militant de la coordination casablancaise du Mouvement 20-Février, Hamza Haddi, déjà condamné l’an dernier pour outrage, vient de passer deux mois en détention préventive. Cette fois-ci, il est jugé avec deux autres militants (Mouad Khalloufi et Rabie Homazin) pour outrage et agression sur agents de police.
Hamza Haddi  lors d'une manifestation du Mouvement 20-Février à Rabat (2e anniversaire, février 2013)Hamza Haddi lors d'une manifestation du Mouvement 20-Février à Rabat (2e anniversaire, février 2013) © IR
À Tanger, Said Ziani, qui a déjà passé trois mois en prison pour vente de cigarette au détail, est en détention provisoire.

Les anciens détenus et militants d'ATTAC à Sidi Ifni, Brahim Bara et Hassan Agharbi, ainsi que Mohamed Amzouz, ont eux aussi eu plus d’une fois des démêlés avec la justice, et ce depuis les événements 2008. Ils passeront à nouveau devant le juge à la fin du mois. Cette fois pour une ancienne affaire : un rassemblement ayant eu lieu en 2007.

Détenus politiques : 261 cas au Maroc, selon le bilan d’une ONG des droits de l’homme



Est-ce qu’il y a encore des détenus politiques au Maroc ? Pour l’Asdhom, la réponse est oui. Elle recense exactement 261 cas. L’ONG estime que la tendance est, même, à la hausse, précisant que 22 nouveaux prisonniers se sont ajoutés à sa liste établie juste un mois auparavant.



L’Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM) vient de dresser son nouveau bilan sur le nombre de « détenus politiques » au Maroc. L’ONG basé en France a énuméré, dans son point hebdomadaire rendu public lundi 23 décembre, « 261 prisonniers politiques et d’opinion dont 183 purgent une peine effective après 16 libérations en fin de peine et 78 autres attendent d’être jugés, soit en détention, soit en liberté provisoire ».
« 22 nouveaux détenus en plus en un mois »
Sur les 16 libérations citées par l’Asdhom figure notamment le cas de Fatiha Boushab, une partisane du Polisario. Celle-ci vient en effet de retrouver la liberté, le 21 décembre, après avoir observé une « grève de la faim » de deux mois à la prison de Tan Tan.
L’Asdhom constate, par ailleurs, que 22 prisonniers se sont ajoutés à la liste qu’elle avait établie le 16 novembre dernier. Parmi eux figurent 17 enseignants qui seront jugés le 8 janvier prochain pour avoir protesté contre leur « mise à l’écart » des bénéficiaires de la promotion interne. Ces nouveaux prisonniers seront inclus dans la campagne de parrainage des prisonniers politiques et d’opinion de l’Asdhom, une fois les verdicts prononcés.
Des chiffres qui contredisent les propos de Sebbar
Ce bilan établi par l’Asdhom s’inscrit en faux contre les déclarations de Mohamed Sebbar. En effet, le 30 novembre à l’occasion d’une rencontre tenue à Tanger, le secrétaire général du CNDH défiait aussi bien les ONG nationales qu’internationales de prouver l’existence d’un seul détenu politique au Maroc durant ces deux dernières années.
Force est de constater qu’il y a divergence entre le CNDH et les associations des droits de l’homme sur les critères désignant un prisonnier dans la catégorie politique. Pour l’organisme officiel, les militants du Mouvement du 20 février, les Sahraouis  et les étudiants de l’UNEM (Union nationale des étudiants du Maroc) que ce soient des ceux des groupes de Marrakech ou de Meknès,  n’y sont pas inclus.

Un enseignant universitaire américain appelle son pays à soutenir le peuple sahraoui


SAN FRANSISCO, 24 déc 2013 (SPS) Un enseignant universitaire américain a appelé récemment les Etats Unis à soutenir le peuple sahraoui dans l'exercice de son droit à l'autodétermination.

La rencontre entre le président américain Barack Obama et le roi du Maroc Mohamed VI a été une grosse déception pour les militants des droits de l'homme et du droit international, a écrit Stephen Zunes, enseignant des sciences politiques et coordonnateur des études sur le Moyen Orient à l'université de San Fransisco, dans un article publié dans le journal "National Catholic Reporter".

"Deux jours avant cette rencontre, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé, dans un communiqué, le président américain à informer le souverain marocain au sujet des réformes soutenues par les Etats Unis et qui n'ont vu aucune concrétisation tangible notamment au volet des droits de l'homme qui continuent d'enregistrer des violations flagrantes outre l'impunité de leurs auteurs", souligne l'article intitulé "Les Etats Unis doivent soutenir le peuple sahraoui dans l'exercice de son droit à l'autodétermination".

Il a précisé à ce propos, que "dans le communiqué commun qui a sanctionné la rencontre, il en ressort tout le contraire. Le Président Obama a salué ce qu'il a appelé l'ancrage de la démocratie et le renforcement du progrès économique et du développement humain".

"La plus importante question de la région dans le nord ouest de l'Afrique est celle du Sahara Occidental encore sous occupation marocaine depuis son invasion militaire en 1975. Depuis, la décolonisation n'a pu avoir lieu malgré les multiples résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU et du Conseil de sécurité ainsi que l'avis de la Cour de justice internationale", a poursuivi l'enseignant américain.

"Le Maroc continue d'occuper la région en privant le peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination sachant qu'aucun pays de par le monde, ne lui reconnait une souveraineté sur le territoire", a indique Stephen Zunes avant de faire remarquer que "plus de 80 pays ont reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui est désormais un membre à part entière de l'Union africaine (UA).

Il a ajouté que "nul n'ignore que le Front Polisario qui a combattu pour l'indépendance a accepté un cessez-le-feu en 1991 suite à l'engagement pris par les Nations unies quant à l'organisation d'un référendum d'autodétermination et sur la base duquel a été instituée la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (MINURSO).

"Depuis cette date, les Etats Unis et la France qui jouissent du droit de véto au sein du Conseil de sécurité ne cessent d'empêcher les Nations unies de prendre des décisions qui amèneraient le Maroc à se conformer à la légalité internationale et permettraient au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination", a-t-il encore estimé.
Toujours selon l'article, la Minurso reste "la seule mission de maintien de la paix dépourvue de mécanisme de protection et de la surveillance des droits de l'homme alors que les Etats Unis avaient proposé en avril dernier, une excellente initiative pour permettre à la mission d'assumer cette prérogative".

D'autre part, les rapports d'organisations des droits de l'homme soulignent "la poursuite par le Maroc de la répression barbare à l'encontre des Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara Occidental".

L'article rappelle à ce sujet, le rapport du secrétariat d'Etat américain qui souligne que "la liberté d'expression et de la presse, les rassemblements et la formation d'associations sont tous frappés d'interdiction, outre l'emprisonnement arbitraire, la répression, la torture et les mauvais traitements à l'encontre de personnes connues pour leur soutien franc au peuple sahraoui".

"Il semblerait que la politique américaine à l'égard du Sahara Occidental reflète la violation par Washington de ses propres principes qui restent confinés dans le refus de l'annexion par la force", conclut l'universitaire américain.(SPS)

L'énergie verte complice de l’occupation au Sahara Occidental




L'énergie verte complice de l’occupation au Sahara Occidental
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Western Sahara Resource Watch lance aujourd'hui un rapport détaillé sur la manière dont le Maroc a l'intention de construire de centrales d'énergie renouvelable de plus de 1000 MW (mégawatts) au Sahara Occidental, un territoire que le Maroc occupe partiellement.
Mis à jour le: 28.08 - 2013 
«Ces projets solaires et éoliens, aussi verts soient-ils, seront d’un grave préjudice pour le peuple du Sahara Occidental. L'énergie produite sera utilisée pour tirer profit de ressources déjà illégalement exploitées par le Maroc au Sahara Occidental, intensifiant ainsi l’incessant pillage. Et en exportant l'énergie vers l'Union Européenne et le Maroc proprement dit, la puissance occupante cherche à ancrer sa revendication intenable sur le territoire », a déclaré Sara Eyckmans, coordinatrice de Western Sahara Resource Watch (WSRW).

Téléchargez le rapport « Sale Marche Verte », ici. [ou version pour imprimer]

Le Maroc ne produit lui-même ni pétrole ni gaz, et son gouvernement a faim d’énergie. Le rapport montre que le nouveau front de production d'énergie solaire et éolienne sera situé dans le territoire que le peuple sahraoui a fui après l'invasion militaire marocaine de 1975, connue sous le nom de Marche Verte.

Aujourd'hui, la production d'énergie à partir de sources éoliennes et solaires au Sahara Occidental constitue au plus 5,5% de la production totale d'énergie du Maroc à partir de ces sources. En 2020, toutefois, le total pourrait être porté à un étonnant 26,4%, selon le nouveau rapport.

De grands acteurs internationaux du secteur de l'énergie verte, dont les entreprises françaises Alstom et EDF Energies Nouvelles, ont déjà été appâtés par le gouvernement marocain. La plupart des compagnies mentionnées dans le rapport n'ont pas répondu aux questions concernant leurs projets. Dès aujourd'hui, alors que le rapport est lancé, du matériel d’installation de la technologie éolienne est déchargé dans le port de El Aaiun, au Sahara Occidental.

Depuis l'invasion, le gouvernement marocain utilise les ressources naturelles du Sahara Occidental comme il lui plaît, en violation du droit international. Avec l'augmentation de l'accès à l'énergie, le secteur de la pêche et les industries extractives seront plus lucratifs. Par ces projets, le Maroc connecte d’avantage le territoire qu'il occupe au sien et au réseau énergétique de l'Europe, une démarche politique déloyale.

Le propriétaire légitime de cette terre, le peuple sahraoui, n'a pas consenti aux projets marocains, qui sont des violations d'un avis juridique clé des Nations Unies sur la question. À ce jour, l'ONU considère le Sahara Occidental comme une colonie.

Contact :
Sara Eyckmans, coordinatrice, Western Sahara Resource Watch, Bruxelles, Tél +32 475458695, coordinator@wsrw.org
Erik Hagen, président, Western Sahara Resource Watch, Oslo, Tel +47 45265619, info@vest-sahara.no
Katalie Clong, Amis du Peuple du Sahara Occidental, France, apsolument@yahoo.fr


  Sale Marche Verte


  http://www.wsrw.org/a111x2637...

Marrakech. 
Aya, 11ans, privée d’école depuis 18 mois

  • Par : Telquel, 26/12/2013
Marrakech. 
Aya privée d’école depuis 18 mois
Le père de cette 
fillette de 11 ans, qui a récemment perdu son travail, ne dispose pas des 15 000 DH pour régler les mensualités impayées de son école privée. 
Cet établissement refuse donc de lui remettre le certificat de départ qui permettrait à la jeune fille d’intégrer un autre établissement. Des militants associatifs locaux, qui comptent saisir le ministre de l’Education, ont lancé une campagne de solidarité pour que Aya puisse regagner les bancs de l’école.

Maroc : Des troubles sociaux pourraient secouer le pays classé "à très haut risque" en 2014

Le Maroc classé parmi les pays à très haut risque par l’Economist Intelligence Unit

Des troubles sociaux pourraient secouer le pays en 2014


Par Hassan Bentaleb, 27/12/2013
Digg


Le Maroc classé parmi les pays à très haut risque par l’Economist Intelligence Unit
Le Maroc n’est pas à l’abri des troubles sociaux en 2014. Il sera même particulièrement vulnérable. 

 D’après une étude de la société britannique de recherche et d’analyses, The Economist Intelligence Unit (EIU) sur le risque de troubles sociaux dans 150 pays en 2014, le Royaume est, en effet, classé comme un pays à haut risque ou à très haut risque. 
Il figure aux côtés de l’Algérie, de la Tunisie, de la Turquie, de l’Afrique du Sud, de l’Espagne et du Portugal, mais il sera moins exposé que l’Egypte, le Nigeria, la Grèce et l’Argentine qui font partie de 19 pays extrêmement exposés à l’instabilité sociale.
Des troubles sociaux qui n’épargneront pas l’Europe mais leur risque sera moyen voire faible en  France, en Grande-Bretagne, en Italie et en Allemagne. Six pays seulement connaîtront un très faible risque d’instabilité sociale, à savoir la Suisse, l’Autriche et le Japon, entre autres.
Selon Laza Kekic, analyste et responsable régional à l’EIU, 2014 s’annonce tendue dans plusieurs pays à cause du décalage enregistré entre les réactions politiques et la détresse économique des citoyens. Une situation amplifiée davantage par des politiques économiques marquées par l’austérité qui demeure à l’ordre de jour en 2014.   Des propos qui sonnent fort dans un contexte national marqué par une loi de Finances où les dépenses d’investissement, la subvention des prix des matières de première nécessité et la création de postes d’emploi ont subi des coupes claires qui rappellent la tristement célèbre Politique d’ajustement structurel qui avait marqué les années 1980. 
A ces causes économiques, l’analyste ajoute une autre cause politique, cette fois-ci, à savoir  le manque de confiance dans les gouvernements et les institutions ou ce qu’il appelle «une crise de la démocratie». 
Pourtant, Laza Kekic nuance ses propos en expliquant que  la détresse économique considérée comme une condition préalable pour protester  n’explique pas entièrement toutes les agitations sociales. «La baisse des revenus et le chômage élevé ne sont pas toujours suivis de troubles. Il faut que la détresse économique soit accompagnée d’autres facteurs de vulnérabilité pour qu’elle devienne un risque élevé d’instabilité. Parmi ces facteurs, Laza Kekic cite les inégalités de revenu, la mauvaise gouvernance, les faibles niveaux de prestations sociales, les tensions ethniques et une histoire du pays marquée par des troubles...
A ce propos, les analystes restent prudents et affirment que ces prévisions ne sont pas infaillibles. L’exemple de la Thaïlande demeure édifiant. Ce pays a connu des agitations sociales ces derniers jours alors qu’il a été classé comme étant seulement à «risque moyen».  

Création prochaine au Maroc d’une instance indépendante de contrôle de la torture avec des caméras dans les commissariats


Par Panoramaroc, 22/12/2013









Le Maroc s’apprête à prendre des mesures fermes pour mettre un terme aux pratiques de tortures et à tous les mauvais traitements dans les commissariats et les prisons. La méthode retenue consiste à placer des caméras en ces lieux, pour immortaliser ces moments passés entre les mains de la police ou dans un pénitencier. De plus, une instance indépendante sera mise sur pied pour superviser les traitements infligés aux prisonniers durant leur détention ou garde à vue.

Ainsi, El Hadji Malick Sow, membre de la délégation onusienne pour la supervision des détentions arbitraires, a déclaré avoir reçu des assurances de Driss el Yazami, le président du CNDH marocain, quant à la ratification par le Maroc du Protocole additionnel des Nations-Unies sur la lutte contre la torture. « L’année 2014 sera celle de la fin de la torture au Maroc. Les responsables marocains reconnaissent l’existence de pratiques de torture mais insistent sur leur caractère individuel et rejettent le fait que ces pratiques soient une politique de l’Etat*». A cet effet, 30 policiers ont été poursuivis pour avoir exercé de mauvais traitements sur les prisonniers.

Le Maroc avait signé le Protocole international contre la torture, et doit encore le ratifier. Ce document précise que chaque Etat doit mettre en place une instance indépendante de contrôle des pratiques déployées dans les prisons et tous les centres de détention et répondant à des critères internationaux. Cette instance peut effectuer des visites inopinées dans les lieux de détention et, selon le CNDH, les pays qui ont créé ce type d’instance ont vu les mauvais traitements reculer de 80%. Les déclarations des prévenues devront également être fixées en son et image sur caméra.

La délégation des Nations Unies qui était au Maroc la semaine dernière a mis le doigt sur moult défaillances dans les traitements infligés aux prisonniers, dus à la loi antiterroriste que l’ONU demande donc à réviser afin de mettre un terme aux dépassements enregistrés, comme la non vérification des déclarations des prisonniers sur les tortures qu’ils auraient subi lors de leurs interrogatoires et de leurs aveux dans les locaux de la police et de la gendarmerie.

Le ministre de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid a répondu que la loi antiterroriste sera révisée et que le Dialogue sur la réforme de la Justice a recommandé d’enregistrer les interrogatoires, sachant que la torture n’est plus une pratique systématique et systémique au Maroc. Ramid ajoute que le Maroc attend que le parlement ratifie le Protocole additionnel pour créer l’instance indépendante chargé du contrôle du comportement des policiers et des gardiens de prison.

Les émissaires de l’ONU ont reconnu avoir été bien reçus par les autorités marocaines qui les ont laissé circuler librement et visiter de manière inopinée des commissariats, où ils ont pu discuter librement, et séparément, avec les détenus. Le Maroc, selon la délégation onusienne, a accompli de réels progrès dans la lutte contre la torture et a reconnu qu’une dynamique sérieuse a été enclenchée pour proscrire les mauvais traitements dans les prisons.
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 *(...) après un an et demi d’échanges avec le ministre de l’Intérieur, mandaté par le Roi, on (les tortionnaires- ndlr) aurait fait comprendre à Zakaria Moumni que « les responsables des actes de torture qu’il a subis ne peuvent être traduits en justice car ils sont intouchables et que ce service (en parlant de la DST) ne dépend pas du gouvernement, il est sous les ordres du Roi ! ». Selon la même source, un responsable marocain lui aurait déclaré : « Tu veux quoi ? Tu veux qu’on juge le Roi ? ». Il semble clair que le champion marocain de boxe thaï n’obtiendra jamais la condamnation de ses présumés bourreaux. (demainonline)