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lundi 2 novembre 2015

Farida Aarrass: « Je crains pour la vie de mon frère» au 69ème jour de grève ...

Par Baudouin Loos, Le Soir, 2/11/2015

 La sœur d’Ali Aarrass, le Belgo-Marocain condamné à douze ans au Maroc après des aveux extorqués sous la torture, a pu voir son frère en prison ce lundi matin.

Farida Aarrass est encore sous le choc. A peine rentrée de la prison de Salé 2, à côté de Rabat, où elle a vu son frère Ali, en grève de la faim depuis le 25 août dernier, elle ne peut retenir ses larmes au téléphone. « C’est horrible. Ma fille et moi avions l’impression d’avoir un cadavre devant nous, il est squelettique. Si ma mère le voyait, elle ne tiendrait pas le coup. Pourtant, il semble rester maître de lui-même et se montre toujours aussi déterminé. Pas question pour lui d’arrêter sa grève, malgré mes demandes répétées. Je retournerai à la prison ces prochains jours pour avoir gain de cause. Il ne doit pas mourir ! »
 
Ali Aarrass, pour rappel, est ce Belgo-Marocain de 53 ans - qui n’avait jamais habité au Maroc - condamné à douze ans de prison en 2012 pour terrorisme après avoir été extradé d’Espagne en 2010 puis torturé au Maroc. Il clame son innocence et se plaint de divers mauvais traitements en prison. Un comité de soutien a été créé en Belgique et ce week-end, trois députés, Zoé Genot (Ecolo), Jamal Ikazban (PS) et Youssef Handichi (PTB), ont observé une grève de la faim de 24 heures en solidarité. Plusieurs médias belges qui avaient peu ou pas traité le sujet ont, grâce à eux, décidé d’écrire des articles ou de diffuser des reportages.

« Je dois tenir bon »

« Même s’il a perdu son sourire, il a essayé de me rassurer, raconte encore sa sœur depuis Rabat, reprenant son souffle. Il m’a dit : “Je dois être impressionnant à voir mais je vais bien, j’ai toute ma tête et je dois tenir bon. Si le Maroc est l’État de droit qu’il prétend être il doit me rendre la liberté puisque je n’ai commis aucun crime, ni envers le Maroc ni envers ma patrie la Belgique, où j’ai longtemps vécu et fait mon service militaire”. D’autres binationaux bénéficient d’un meilleur traitement », remarque aussi Farida, qui se bat depuis des années pour que la Belgique lui accorde une assistance consulaire (ce que les tribunaux bruxellois ont d’ailleurs confirmé par des décisions en 2014, mais la Belgique a porté l’affaire devant la Cour de cassation, qui n’a pas encore entendu les parties).
Ali Aarrass a été récemment transféré pendant trois jours à l’hôpital Avicenne, à Rabat. « Ali, conclut Farida, a trouvé tout le personnel de l’hôpital très aimable, certains même formidables, il tient à les remercier, comme il le fait pour tous ceux qui se battent pour lui en Belgique. Mais j’ai peur pour lui, je crains pour sa vie. Pourtant, il insiste. Son combat est pour la justice et pour la dignité. »
NB La famille et les amis d’Ali Aarrass consignent depuis des années les informations sur un site qui lui est dédié : www.freeali.eu/
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Voilà ce que pensent les autorités marocaines de la grève d'Ali, ignoble !
http://www.h24info.ma/maroc/le-detenu-ali-aarass-hospitalise-une-nouvelle-polemique-est-nee/37670?utm_source=Newsletter_Datarget&utm_medium=email&utm_campaign=  

samedi 29 novembre 2014

Ali Aarrass n’a encore reçu aucune visite du consul

Par Siha Moha, 29/11/2014

 Le Maroc progresse, avec des restrictions
Alors que certains défenseurs des droits de l’homme invectivent l’Etat marocain à l’approche du Forum mondial des droits de l’homme qui doit se tenir dès ce jeudi à Marrakech (voir ci-contre), Farida Aarrass, la sœur du Belgo-marocain Ali Aarrass, impressionne par sa retenue. "Le forum ? A qui peut servir ce que je pense du Forum ?", interroge-t-elle dans un demi-sourire, lundi dernier à Rabat.
 Accompagnée de Me Nicolas Cohen, l’avocat de son frère, elle est venue rencontrer le consul de Belgique. Elle veut comprendre pourquoi Ali n’a encore reçu aucune visite du consul alors que la Belgique a été condamnée à effectuer des visites consulaires au détenu. "Le Maroc ne répond pas", indique simplement Me Cohen.

http://www.lalibre.be/.../le-maroc-progresse-avec-des...

dimanche 29 décembre 2013

Nouvelles inquiétantes d'Ali Aarrass : reprise du harcèlement après le passage du groupe de l'ONU, procès le 10/10.


  • Photo de couverture

    10 janvier : PROCES ALI & FARIDA AARRASS CONTRE L'ETAT BELGE ! 
     Par Farida Arrass



    • Ali Aarrass et moi même Farida Aarrass, avons pris la décision de ne pas lâcher prise et de continuer à nous battre jusqu'au bout et cela coûte que coûte.

      Cet engagement ne sera pas mené uniquement pour que justice soit rendue à Ali Aarrass, cela nous l'exigeons depuis le départ ! Il est inadmissible qu'un homme innocent subisse tous ces torts.

      Il est surtout plus que grand temps que les droits à la sécurité pour tous les binationaux cessent d'être négligés, bafoués et non respectés par l'état dans lequel ils ont vécu toute leur vie ou quasi toute leur vie pour d'autres.

      Dénonçons ensemble cet état de fait, réagissons et exigeons que nous puissions jouir tous des mêmes droits !

      Ce procès n'est pas uniquement celui d'Ali Aarrass et de sa sœur, il est celui de chaque personne concernée directement, indirectement et même celui de toute personne qui se proclame militant pour les droits humains !

      Il y va de notre sécurité à tous !

      Pour rappel et si vous ne connaissez pas l'affaire Ali Aarrass :

      www.freeali.eu

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      Par Greta Alegre, 28/12/2013

      ALERTE !  Farida Arrass vient d'écrire : 

      Nouvelles inquiétantes d'Ali Aarrass il y a quelques minutes !
      Le harcèlement reprend juste après le passage du groupe de travail de l'ONU !
      La vengeance envers Ali parce qu'il a encore dénoncé....
      On l’empêche de dormir de nuit comme de jour et L'isolement lui a été imposé !
      Ces crapules n'ont peur de rien et sont capables du pire !

      Week-end qui s'annonce plus qu'angoissant car Ali était tout essoufflé en me disant tout ça et qu'il n'a pas pu aller jusqu'au bout de ce qu'il voulait me dire.... La ligne fut coupée !

jeudi 17 octobre 2013

Les avocats d’Ali Aarrass ont entamé une action en justice contre Didier Reynders, ministre des Affaires Etrangères de Belgique

Par Asis Mam, fb, 17/10/2013
Comme vous le savez, les avocats d’Ali Aarrass ont entamé une action en justice contre Didier Reynders, ministre des Affaires Etrangères, pour non-assistance consulaire à ce citoyen belge détenu au Maroc… Si l’issue de cette procédure s’avérait favorable, la décision du Tribunal serait susceptible d’une jurisprudence, laquelle s’appliquerait dès lors à de nombreux binationaux détenus actuellement à l’étranger dont les belgo-marocains en l’occurrence….
 Cette décision nous concernerait tous par ailleurs dans la triste éventualité d’une détention à l’étranger….Raison pour laquelle il parait naturel de participer aux efforts de Farida, la sœur de Ali….Soyons solidaires, chacun selon ses moyens…mais n’ignorons pas cet appel svp….
Merci infiniment de partager.
  • il y a un site www.freeali.eu où on peut non seulement avoir autant d'infos que qu'on veut, mais aussi des  pétitions et autres. Merci et je reste à votre disposition.

jeudi 13 décembre 2012

Farida Aarrass donne des nouvelles de son frère Ali

En cette fin d’année, je vous demande un simple geste, écrire une carte de soutien et d’amitié

  Par Farida Arrass.
La soif de Justice : 
Ali m'a dit, qu'il n'y a pas un jour où il ne nous imagine pas en train de bouger, lutter pour lui. Je lui ai répondu qu'il n'y a pas un jour où il manque ou serait absent dans nos pensées les plus profondes.

Il est très sceptique quant à une libération, très réaliste se sachant dans une prison marocaine, dans une justice marocaine, dans un système corrompu et si injuste. Il ajoute que quoi qu'il arrive, il sait que nous sommes la pour lui et que cela le rassure énormément.


Je me suis permise de lui avancer de notre part à tous, donc en votre nom et le mien, que jamais on n'abandonnerait ce combat. Puis je lui ai dit que tout peut encore changer et évoluer dans le bon sens et qu'il pourrait être un jour proche, libéré.

Et c'est là qu'Ali me dit, si je suis libre un jour, vous pourrez compter sur moi et mes deux mains. Je vous accompagnerai partout dans vos diverses luttes. Je serai partout avec vous.

C'était trop beau de le voir parler de lutte alors qu'il est encore en détention. Cela reflète bien la soif de justice qu'il contient.
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http://youtu.be/trVYT-5d01E Farida Aarrass, lors du tout 1er rassemblement des familles des détenus belgo-marocains
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Notre visite à Ali Aarrass, à la prison de Salé II, le vendredi 07 décembre 2012 vers midi.

Je me dirige à la prison de Salé en fin de matinée, accompagnée de mon fils Mohamed Dahnin, 18 ans.

Nos passeports sont exigés, nous les remettons au garde qui les réceptionne tous et qui très vite va encore demander le carnet de famille, pour prouver que c’est bien de mon fils qu’il s’agit.

Je conteste en me servant de l’argument suivant :

Vous avez déjà autorisé ma fille Sarah Dahnin à rendre visite à mon frère et cela sans aucun document en dehors du passeport. Là il s’agit de son frère Mohamed, j’ai 7 enfants et il est fort probable que je vienne avec chacun d’eux pour voir leur oncle. Vous n’allez pas m’ennuyer avec le même baratin pour chacun d’eux ?!

Vérifiez votre registre des visiteurs et vous verrez bien que Sarah Dahnin, ma fille, a pu y entrer le voir et que donc il n’y a pas de raison qu’on refuse l’accès à mon fils.

Nous allons attendre à l’extérieur, environ une demi-heure. Cela va nous laisser le temps d’observer avec peine, les proches parents d’autres détenus, qui attendent aussi mais depuis bien plus longtemps que nous. Sous la pluie… Le regard de ces gens est triste et le teint pâle. Ils sont pour la plupart mal vêtus, reflet de leur situation financière qui ne doit pas du tout être rose.

Une fois qu’on nous a autorisés à rentrer, encore une période d’attente d’une autre demi-heure dans la salle de fouilles de tout, des aliments, vêtements et autre….
J’ai ramené entre autre, une plaque réchaud électrique à Ali, afin qu’il puisse de nouveau cuisiner par lui-même, vu que l’autre plaque qu’on lui avait acheté lui a été confisquée et ensuite volée par l’adjoint du directeur de la prison. Nous lui avons ramené aussi du chocolat et des frangipanes, Ali aime beaucoup ça.

Finalement une garde m’appelle pour me fouiller à l’écart. Elle va procéder à des fouilles corporelles et m’accompagner jusque dans la salle de visites. Je réalise qu’ils ont séparé mon fils de moi…Mon sang ne fait qu’un tour. Je demande à la gardienne où se trouve mon fils et elle me répond à moitié, en marmonnant, qu’il arrive. 

Je ne me gêne pas et lui demande encore une fois, il est où et pourquoi vous le laissez dehors ? Il est venu voir son oncle et je ne vois pas pourquoi vous l’éloignez de moi alors qu’il ne parle pas du tout l’arabe et que c’est bien la première fois dans sa vie qu’il rentre dans une prison ?
La gardienne m’ignore et continue à parler comme si de rien n’était au gars qui tient une sorte de petit magasin qui se trouve dans la salle des visites. Sur ce je me lève et m’approche de la grille qui est fermée derrière moi, en vain, puisqu’elle simule bien ne pas me voir. Je m’approche d’elle et elle me dit en arabe, sur un ton impératif : « Patiente qu’est que t’as toi ? Pourquoi t’excites-tu comme ça ? »Je lui réponds : « Si toi tu as l’habitude de ces lieux, ce n’est point le cas pour nous, je ne me sens pas du tout rassurée avec vos méthodes ! Je veux que vous laissiez rentrer mon fils ou alors je préfère sortir le rejoindre ! D’ailleurs vous allez entendre parler de tout ça ! 

La gardienne appelle de suite un garde par téléphone. Ce garde ne tarde pas à venir, mais à son tour ne réagit pas. Il prend le trousseau de clés que la gardienne lui passe et ne dit rien et reste debout, planté devant moi.
Je me rends compte que j’ai à faire à des gens plus que bizarres, l’arrogance et la malhonnêteté sont si présents en eux…. Je décide de remettre ça et de ne pas me laisser faire. Je m’adresse cette fois-ci à ce garde et lui dis que mon fils est venu rendre visite à son oncle en ma compagnie, mais que cela fait quasi 25 minutes qu’ils l’ont laissé dehors. Ce dernier sourit ironiquement et me dit que c’est tout à fait normal, que les femmes fouillent les femmes et les gardes hommes, les hommes. Sur ce je lui demande, qui va fouiller mon fils ? Là il me répond « Moi » et je lui dis alors pourquoi le laissez-vous attendre plus longtemps, il doit être fort inquiet de ne pas avoir pu rentrer avec moi.
Le garde prend mes dires très à la légère et s’en va tout doucement et en esquissant un sourire diabolique revient quelques minutes plus tard avec mon fils.Je respire enfin normalement et je m’oblige à faire semblant de rien devant lui.
Pendant ce temps, j’ai pu sentir des choses horribles, je vous jure que d’être là-dedans n’est déjà pas du tout rassurant, mais quand en plus ils s’amusent avec vos nerfs avec un sang froid à vous glacer le vôtre….

Nous allons après cela attendre encore 15 minutes approximativement avant de voir arriver Ali enfin. Il entre et avance dans la salle des visites avec un air tellement amer. Un regard triste, exprimant un grand dégout et les traits qui laissent paraître une grande fatigue. Cerné et flétri comme s’il se fanait.

Mais dès qu’il nous voit, le sourire gagne tout son visage en éclat et en émotions ! Il va me serrer dans ses bras à ne plus vouloir me lâcher, et de même à mon fils.

Mon fils le serre aussi mais avec un bras et Ali lui fait la remarque tout en l’étreignant de toutes ses force…. Mais où est donc ton deuxième bras ? Et Mohamed réagit immédiatement en le levant et l’enlaçant de plus belles. Ali poursuit en lui disant, mon Dieu que ça fait du bien…. Je les observe et en écoutant Ali me rend compte à quel point il manque de chaleur humaine et d’affection dans ces lieux lugubres tenus par des diables.

D’habitude, sachant que nous venons de loin, les gardes sous les ordres de la direction, nous donnaient droit à au moins deux heures de visite. Nous nous asseyons autour d’une table et deux gardes prennent des chaises et s’asseyaient à un mètre de notre table, pour entendre ce qu’on se dit.
Nous les avons ignorés et donc commencé à discuter à notre aise, sans penser à donner priorité aux choses les plus importantes, pensant avoir le temps de tout dire. J’ai durant ce temps de discussion découvert qu’Ali avait perdu encore une dent. Il s’agit d’une canine inférieure. Elle faisait partie des dents qui bougeaient entièrement depuis la torture subie. On lui avait fracassé des bouteilles à la bouche….
J’ai pleuré et ne savais que dire, Ali me regardait d’un air qui en disait long, sans rien me dire, comme si pour lui cela ne signifiait plus rien à coté de tout ce qu’il a enduré.

Alors que nous parlions d’un peu de tout, voilà que dès la demi-heure passée, un garde est venu mettre un terme à notre visite. Ali réagit au quart de tour en disant que nous venons de très loin, qu’il ne voit jamais personne, que ce n’est pas normal qu’on veuille interrompre ainsi sa visite ! Mais le garde qui a pourtant l’air gêné insiste et simultanément s’éloigne sans savoir que répondre. 5 minutes plus tard, ce même fonctionnaire revient nous demander de nous quitter. Plus moyen de négocier ni d’insister lorsqu’il dit que ce n’est pas lui mais les ordres.

J’ai senti cette interruption comme une rupture terrible car je voyais bien qu’Ali avait besoin d’être en notre compagnie. Il n’était pas très bien physiquement, même si le moral semble lui plutôt bon.
Quoi qu’il en soit, Ali ne va pas bien physiquement, j’insiste pour qu’il soit vu d’urgence par des spécialistes.

Il m’a décrit le malaise qu’il a eu. Il a été pris d’une douleur extrêmement forte dans le bas ventre, douleur qui l’empêchait de respirer, jusqu’à en perdre connaissance.
Il m’a aussi dit qu’il a été pris de frayeur lorsqu’en se réveillant il a vu l’infirmier en train de le piquer au doigt. Ali le hait et se méfie de lui comme de la peste. L’histoire des résultats sanguins perdure, on refuse toujours de lui donner les résultats.

Ali est pour le moment dans l’aile B du pavillon II de Salé. Il a été seul pendant quelques jours, mais pas en isolation. Il a droit à une heure de promenade dans la cour le matin et une autre heure le soir. Il en profite pour faire du sport. Il y a peu il avait droit à 4 heures de sortie dans la cour.

J’ai dû reprendre le nouveau réchaud car les gardes savaient qu’Ali avait récupéré le sien. Ce réchaud, Ali ne peut plus l’utiliser dans sa cellule, ils ont changé les fusibles et ont mis des plus faibles, ce qui fait que tout saute chaque fois qu’il le branche, et cela même alors qu’il était seul dans l’aile B. Du coup, Ali doit cuisiner au fond du Hall de l’aile B, la prise se trouve tout au fond du couloir à l’opposé de sa cellule. En somme comme il le dit, ici il faut se battre et surtout beaucoup patienter pour trouver le moyen de subsister. J'ai appris aujourd'hui que ce réchaud est en panne, ils l'ont détraqué et moi j'ai repris l'autre :-( De vrais ordures!

Et pourtant, malgré tout Ali semble avoir le moral, il est très réaliste et dit très clairement qu’il ne croit pas du tout en une libération proche. Il développe des moyens de résistance, mais je me sens fort inquiète pour lui malgré cela.

Ali a reçu 17 lettres d’un coup, merci à vous tous!

Ali n’a pas reçu de coups durant la dernière révolte des prisonniers mais comme je vous l’avais dit, il a été mis sérieusement sous pression. Nous pensons que c’est grâce au soutien de toutes parts qu’ils n’osent plus lui administrer des coups.

Le nouvel adjoint du directeur semble beaucoup se méfier d’Ali, vu qu’on prétend que l’ancien aurait été démis de sa fonction à cause de la plainte de mon frère. Reste à vérifier, même si c’est ce que les prisonniers ont dit à Ali. Le nouvel adjoint répond donc aux différentes demandes d’Ali par un : « va voir le directeur. »

Vous vous rendez compte, que nous avons fait plus de 2200 km, pris un avion, un train, un taxi, pour seulement une demi heure de visite ?! C’est inadmissible !

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Un appel de Véro :
http://www.freeali.eu/wp-content/uploads/2012/12/familles-9-d%C3%A9cembre-II.jpg
Aujourd’hui, dimanche 9 décembre 2012, j’étais au rendez-vous, sur ce lieu très
symbolique, rue de Stalingrad, à Bruxelles, sous le Pasionaria. Ce porte-voix, pour la parole publique, est dédié à tous les migrants. Il a été inauguré en 2006 à l’occasion des 40 ans de présence de l’immigration marocaine en Belgique. C’est pourquoi, nous nous y rendrons dorénavant tous les premiers dimanche du mois pour y défendre la cause des belges, «belgo-marocains », innocents et pourtant enfermés dans les prisons marocaines !

Ali Aarrass est né en 1962, à Melilla, enclave espagnole au nord du Maroc. En 1977, Ali a 15 ans et, avec sa mère et ses sours (dont mon amie Farida), vient vivre en Belgique. En 1989, Ali obtient la nationalité belge, il a alors 27 ans. En 1993, il effectue son service militaire pour la Belgique. En 2005, il retourne vivre près de son père, à Mélilla.

Le 1 avril 2008, Ali Aarrass est arrêté et détenu en Espagne pour un dossier vide de preuves. Il est soupçonné d’appartenir à la « cellule terroriste Belliraj ». Le « procès Belliraj », mené au Maroc, a été une véritable mascarade. Les inculpés ont été torturés pour ensuite être condamnés sur base de leurs propres « aveux », obtenus sous la torture.

Innocent, Ali est mis en prison d’isolement complet, l’enfer !

Innocenté par le grand juge espagnol Baltazar Garzon, le haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU interdit son extradition vers le Maroc. Et pourtant, il le sera en décembre 2010 ! En extradant Ali AARRASS malgré la mesure provisoire adoptée par le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, l’Espagne a manifestement violé ses obligations internationales.

Le Ministère des Affaires Etrangères belge s’est retranché derrière la double nationalité d’Ali AARRASS pour refuser toute intervention en sa faveur. La Belgique, son pays, n’a rien fait car Ali est arabe, marocain et musulman.

Au cours du délai illégal de 12 jours de garde-à-vue, Ali AARRASS a été torturé, privé de sommeil et soumis à des interrogatoires incessants. Au cours de ceux-ci, il aurait fait l’objet d’injections de produits chimiques, de chocs électriques dans les parties génitales, du supplice de la bouteille (viol) et de nombreux autres sévices inqualifiables. Sous la torture, il est contraint de signer des papiers en arabe, langue qu’il ne maîtrise pas.

Le 24/11/2011, Ali est condamné à 15 ans de prison.

Les proches de Monsieur AARRASS appellent les gouvernements espagnols et belges à se préoccuper de celui qu’ils ont livré à ses tortionnaires. Ils exigent qu’une enquête impartiale soit réalisée quant à ces allégations de torture. Ils appellent toutes les bonnes volontés à faire pression afin qu’Ali puisse bénéficier d’un procès équitable. Ils implorent les juridictions marocaines à ne pas avaliser l’usage de la torture et à rendre une justice qui puisse honorer le peuple marocain.

Octobre 2012, Ali Aarrass, condamné en appel à 12 ans de prison ferme pour « terrorisme », mais qui affirme avoir signé des aveux sous la torture, va « introduire un recours en cassation ». Les avocats d’Ali qualifient le jugement du tribunal de Salé d’ »inique » (injuste, illégal).

Avec nous, venez le dire haut et fort: « STOP aux extraditions, libérez Ali Aarrass, Bekhti, Belliraj, et les autres innocents » .

En cette fin d’année, je vous demande un simple geste, écrire une carte de soutien et d’amitié à Ali, Bekhti, Belliraj et leurs camarades, emprisonnés, le plus souvent injustement, à 16.000 dans des prisons ne pouvant contenir que 4.000 hommes!

L’adresse:

M. Ali Aarrass
Prison de Salé II
Salé
Maroc

Je sais que vous avez du coeur, vous qui êtes impliqués déjà dans différents engagements, pour les défavorisés sociaux, les malades de la sclérose ou de la leucémie, pour les pays exploités, pour les enfants dans les hôpitaux, pour les prisonniers et aussi pour la protection des animaux et de la nature en général.

D’avance je vous remercie pour votre geste et vous souhaite de passer d’agréables et chauds moments en cette fin d’année 2012 :-)

Véro

PS: et le courrier semble bien arriver dans les mains d’Ali

mardi 22 mai 2012

Ali Aarrass : audience du 21 mai 2012. Nouveau report : 18 juin 2012

Par Greta Alegre ,  Mouvement du 20 février pour la Suisse,  22/5/2012

 Voici le rapport de Luk Vervaet et de Farida Aarrass de ce qui s'est passé à l'audience :
 Compte rendu de l'audience en appel 
du lundi 21 mai 2012.  

Après une longue attente de 3 heures, Ali est enfin amené dans le box des accusés! La délégation belge formée de Luk Vervaet, maître Nicolas Cohen, ma mère, Smain Smahane et moi même. Un ami venu de Normandie, qui depuis pas mal de temps suit l'affaire de près. La famille et les amis venus de Melilla et Nos avocats marocains maître Dadsi et maître Jallal. Comme d'habitude dans les rangées tout devant, juste derrière celles réservées aux avocats.

 Ali arrive et nos regards sont tous dirigés vers lui, je l'observe très attentivement pour m'assurer qu'il va bien. Il a, Dieu merci, je le remarque très vite, récupéré! :-) Il s'assied tout près du mur en vitre du box de façon à pouvoir nous voir et qu'on puisse échanger nos signes habituels. Pour nous prouver qu'il va mieux, un sourire aux lèvres et un regard destiné a chacun accompagné de salutations! A un moment donné, sa femme lui fait signe que leur petite fille a bien grandi, j'ai fait signe qu'elle a aussi bien grossi, nous rions tous, d'un rire silencieux pour éviter de nous faire remarquer. Ali dont les sourires s'effacent aussitôt tant la tristesse de ne pas la voir le gagne. Luk intervient à son tour pour lui faire signe que lui par contre devient de plus en plus petit, mais Ali lui fait signe en levant la main très haut, pour lui faire comprendre qu'il est bien grand pour lui! Ali aime énormément Luk Vervaet! 

 Ali est appelé à la barre, se tient debout devant les 5 juges, aux cotés de son interprète et de maître Cohen, maître Dadsi et maître Jallal. Pendant une demi heure nous assistons à un échange entre le Procureur et le juge d'un coté et les avocats de l'autre. Des documents passaient des mains du procureur au juge dans une ambiance très spéciale. C'est maître Cohen qui a ouvert le débat en citant : Cela fait un an et demi que nous avons demandé une enquête sur la torture. A la dernière audience, le procureur général avait dit qu'il n'y avait aucune enquête en cours. Par le dossier déposé aujourd'hui au tribunal par le procureur général de Rabat, nous avons la preuve du contraire. La défense n'avait jamais vu ce dossier, ni les pièces déposées aujourd'hui, c'est pourquoi la défense a demandé le temps nécessaire pour examiner minutieusement ce dossier. 

 Sur ce, le procureur général se met debout et va communiquer le contenu de ce dossier, à haute voix à toute la cour en citant chaque mot lentement, on pouvait même compter les syllabes! Il commence à citer ce qu'Ali avait déclaré depuis le début, tout comme si c'était ce qu'il en déduisait de cette affaire, au point que nous croyions qu'il le défendait! Il a même ajouté que cette cour allait traiter cette affaire comme exigé, dans une totale équitabilité! 

Mais tout est devenu plus clair quand il est arrivé à sa conclusion en disant que Ali a été examiné par trois médecins légistes et par la police qui ont tous constaté, qu'il n'y a pas eu de torture! Qu'il n'y a pas de séquelles d'une quelconque maltraitance! Qu'il n'y a pas de traces visibles sur la photo prise lorsqu'il avait été reçu en prison juste après la garde à vue de 12 jours après son extradition qui date du 14 décembre 2010! Et tout cela se trouve dans un rapport fait par ces légistes datant de décembre 2011!
 Le juge dit tout haut en langue arabe : "Commençons par entendre nos arabes,!" en faisant allusion aux avocats marocains. 
Je trouve ça honteux l'attitude de ce juge qui s'est montré plus d'une fois fort dérangé par la présence de maître Cohen et envers qui il semble ne pas avoir de respect! Maître Dadsi, Jallal et Cohen ont insisté sur le fait qu'il leur faudra du temps pour examiner toutes ces nouvelles pièces. Ils ont aussi avancé immédiatement quelques questions :
 - Est ce que pendant ces auditions par ces médecins légistes et par la police, Ali a eu droit à un interprète? 

- Le procureur prétendait qu'Ali avait refusé de se déshabiller car soi disant il n'avait plus aucune trace visible. Les avocats ont donc à ce propos demandé immédiatement à Ali si c'était vrai, ce qu'Ali a démenti! 

- Est ce que le tout premier PV fait par la BNPJ figurait dans ce dossier et dans la négative qu'il le leur faudra absolument! 

- Qu'en est il des photos que la direction de la prison avait fait, lorsque Ali avait été réceptionné dans l'état critique suite aux tortures. (Les prisons prennent le soin de se protéger, afin qu'ils ne soient pas poursuivis pour maltraitance sur les détenus, à la date à la quelle on les ramène en prison, afin de prouver qu'il était déjà dans cet état là)
 Après délibération, l'audience fut reportée au lundi 18 juin 2012 !

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Par Farida, la soeur d'Ali, rapporté par Greta Alegre, 23 /5/2012

"Tu sais après avoir été mis si longtemps en isolation, coupé de tout contact humain, en isolation sensorielle et temporelle! J'avais perdu toutes mes bonnes manières. 
A tel point que lorsque enfin je me suis retrouvé avec un codétenu en cellule, ce dernier me faisait tout le temps des remarques du genre : Mange avec la bouche fermé tu fais trop de bruit!" Ou encore d'autres remarques qu'il ne citera pas tant cela le gênait.

 Ali avait le regard triste et nous disait que l'isolation est une torture horrible que l'être humain ne peut pas supporter ça! Qu'il a accepté toutes les remarques en s'excusant et en retrouvant les bonnes manières à adopter! Il nous dit, "je suis resté si longtemps tout seul que même les bruits que je faisais en mangeant me rassuraient de mon existence, mais voilà que j'en était venu à oublier que c'était malpoli."