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jeudi 4 juin 2015

Un soldat israélien mis en prison pour avoir dénoncé le comportement de Tsahal avec les Palestiniens

Un jeune caporal de Tsahal a dénoncé dans une émission de télévision les humiliations que font subir aux Palestiniens ses collègues militaires. Une prise de parole qui lui a valu d’aller «au trou».
L’émission «The New Arab Debates» enregistrée il y a une dizaine de jours à Jérusalem pour la chaîne allemande Deutsche Welle a été la scène d’un coup de théâtre. Le débat axé autour du sujet «L’occupation (de la Cisjordanie) est-elle en train de détruire Israël ?» mettait aux prises Uri Zaki, un militant du Meretz, parti de la gauche israélienne qui soutient une solution à deux États, et Dani Dayan, l’ancien président du Conseil de Yesha, une association des colons israéliens. Présent dans le public, un jeune soldat de Tsahal a alors pris la parole pour dénoncer le traitement des Palestiniens par ses collègues, avant d’être mis en prison par l’armée, raconte Haaretz.
Le caporal Shachar Berrin s’était ainsi exprimé:
«Ce qui détermine la valeur d’un pays, ce n’est pas de savoir s’il est heureux ou non mais son éthique et sa moralité. Quand on fait en sorte, jour après jour, que les soldats asservissent, humilient et considèrent d’autres êtres humains comme inférieurs, ça s’imprègne et, quand les soldats rentrent à la maison, ils ramènent ça avec eux.»

dimanche 21 juillet 2013

Ali Aarrass, à nouveau odieusement menacé et humilié, écrit une lettre. A lire !




Ali un homme innocent qu'on accuse de terrorisme. Qu'on isole de tout autre être humain durant deux ans, huit mois et demi, qu'on a innocenté mais quand même extradé au Maroc. 

Qu'ils vont torturer et continuer à humilier, maltraiter, provoquer, menacer, torturer psychologiquement,... Depuis 5 ans passé il vit tout ça, alors qu'il est innocent !
 Et aujourd'hui qu'Ali finissait par aller mieux moralement grâce à tout le soutien reçu de l'extérieur, on décide de vider entièrement sa cellule, en commençant par lui arracher la chose qui lui fait le plus de bien, son courrier.... Comment ne pas dénoncer cela par le seul moyen qu'il a de faire pression ?

  • Par No Cha 
     C'est vraiment cruel et nos autorités qui ne font RIEN c'est révoltant!!! Ali Arass est privé de liberté depuis des années et comme double peine il doit subir des humiliations et autres tortures. Le silence complice de certains ne les empêchera pas de faire face à leurs responsabilités le jour venu car le peuple aura toujours le dernier mot!
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    Une lettre d'Ali Aarrass

    médaille 20 km IITout a commencé le 8 juillet 2013, alors que je recevais une partie de mon courrier personnel. Parmi les quelques courriers il y avait une enveloppe qui contenait des photos, et un médaillon des 20 kms de Bruxelles, médaille dont le collier portait les couleurs de notre drapeau belge. Quelques heures plus tard, le directeur donne l’ordre qu’on me reprenne la dite enveloppe avec tout son contenu.
    Cela s’est passé alors que j’avais déjà signé dans le registre, accusé de réception, comme je le fais chaque fois que je reçois du courrier.
     S’agit-il d’abus de pouvoir ou provocation ?
     Je suis toujours dans l’attente qu’on me restitue l’enveloppe avec le médaillon aux couleurs du drapeau belge. Le drapeau par lequel j’ai juré en faisant mon service militaire dans les années 1993-94.
     Cela est la preuve d’un racisme, d’une vengeance de la part du directeur et de son confident et adjoint, Bouazza.
    10 juillet 2013, ces derniers sont entrés dans ma cellule, tandis que j’étais dans la cour à 11:30 heure. Les autres prisonniers les ont vus rentrer alors qu’ils n’avaient pas sollicité ma présence.
    Pour me provoquer, ils ont arraché des lettres et cartes postales collées sur le mur, dans une partie de ma cellule. Ils les ont piétinées et ont emporté mes lettres et cartes personnelles. Quand je suis revenu à ma cellule, ils avaient tout fouillée. Tout avait été remué, abimé … Tout était sens sous dessus. Ils ont pris un malin plaisir à le faire avec beaucoup de méchanceté, haine, un racisme, du mépris, pour me toucher, surtout l’adjoint Bouazza. Et quant au directeur qui s’appelle Abdellah Darif, il n’a montré ni humanité ni intelligence en compagnie de son adjoint.
    J’ai demandé à le voir, il m’a reçu dans son bureau où j’ai exigé des explications et il a répliqué en me disant qu’il est le directeur et que je ne suis qu’un prisonnier. Qu’il décidait de tout et qu’il faisait tout ce qu’il voulait dans sa prison !
    J’ai seulement voulu lui rappeler qu’ils ont bafoué mes droits en se comportant de la sorte !
    Il m’a dit, en me menaçant, qu’il me fera la vie impossible, et que Bouazza est l’homme en qui il place toute sa confiance, son confident.
    Je suis revenu dans ma cellule et ai demandé au fonctionnaire le droit depasser un coup de fil. Ce dernier m’a dit qu’il a reçu l’ordre du directeur de ne pas me donner accès au téléphone, ni à la cour, ni à la douche, ni à mon courrier !
    Aujourd’hui je suis enfermé dans cette prison, avec le droit à « plus rien! »
    Et tout cela parce que j’ai dit au directeur qu’il n’avait pas le droit d’entrer dans ma cellule, avec Bouazza, en mon absence. Il est devenu furieux quand j’ai nommé son confident. Il m’a chassé de son bureau avec méchanceté! Pourtant il sait très bien qu’il a fait l’erreur de se laisser influencer par son adjoint Bouazza. Les deux ont violé mes droits.
    Aujourd’hui j’en suis à me demander si j’ai les mêmes droits que tous les prisonniers ?
    Il y en a qui payent avec tout ce qu’ils ont pour avoir en retour ce qu’ils veulent, et ce butin le directeur et son adjoint se le partagent !
     J’ai donc décidé en ce jour d’entamer une grève de la faim, une grève que je n’arrêterai pas tant qu’on ne respecte pas mes droits !
    Qu’on me restitue mes droits ainsi que la médaille au collier des couleurs du drapeau belge qui est le mien !
     « La colère et la haine rendent aveugle ! La première pour une heure, la seconde à vie ! »
     Ali Aarrass

    Merci de diffuser cette lettre !
    Merci d’écrire une lettre ou une carte postale à ALI AARRASS, prison de Salé II, ville de Salé, Maroc.
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    Puis je compter sur tous pour le faire svp ! N'ayez crainte vous ne risquez absolument rien, il s'agit juste de leur démontrer qu'un nombre important de personnes se font du souci pour Ali et demandent à ce qu'on réagisse. Merci d'avance.

    Téléphonez ou envoyez un SMS a ce GSM pour les Belges en détresse au Maroc en-dehors des heures de travail : +212 (0)661 16 47 93 et demandez qu'il visite ALI à la prison de salé.
    Ce numéro de garde s’adresse uniquement aux Belges en détresse au Maroc en-dehors des heures de bureau.
    Écrivez, téléphonez ou Faxez aussi à Monsieur Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères,du Commerce extérieur et des Affaires européennes

    Rue des Petits Carmes, 15

    1000 BRUXELLES

    Tél. : +32 (0)2 501 85 91

    Fax. : +32 (0)2 513 25

    E-mail : contact.reynders@diplobel.fed.be

    Écrivez, téléphonez ou Faxez aussi à l' Ambassade de Belgique à Rabat :
    4-6, Avenue Mohammed El Fassi
    Tour Hassan - B.P.163
    10100 Rabat
    Tél.: +212 537 26 80 60
    Fax: +212 537 76 70 03
    E-mail: Rabat@diplobel.fed.be

    Merci infiniment !





samedi 30 mars 2013

URGENT ! El Aaiun : Nombreux blessés auxquels les soins sont refusés


Le Maroc provoque t il l'ONU ?

Par EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé, 23/03/2013
L'envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a poursuivi sa série de réunions aujourd'hui 23 mars 2013 à El-Aaiun occupée avec des représentants des associations sahraouies.
Pendant une heure et demie qu'a duré la réunion, plusieurs points ont été abordés, selon les informations
données par les participants présents lors de la 
 rencontre.
M. Ross a rappelé que sa tournée "vise à trouver une solution durable, juste et acceptable pour les deux parties et à promouvoir un nouveau cycle de négociations". Son rôle de médiateur ne consiste pas à proposer des solutions qu'il viendrait tenter d'imposer.

Cela invalide les informations publiées dans la presse marocaine ces derniers jours disant que l'envoyé spécial envisageait de proposer la formule d'une confédération entre le Maroc et le Sahara Occidental.

Les représentants sahraouis des organisations de défense des droits ont démontré, exemples à l'appui, qu'il ne pouvait pas être fait confiance dans la parole du régime marocain. Ils ont souligné que le but des Sahraouis est l'indépendance, et que s'ils sont une poignée à croire en la réussite de l'ONU par des méthodes pacifiques, il est important que l'envoyé spécial sache que la majorité des jeunes sont convaincus que l'indépendance ne se gagnera que par la reprise de la lutte armée.

Les organisations ont informé M. Ross de l'appel à manifestation lancé pour le même jour à 17h30 sur le boulevard Essmara de El Aaiun.


Preuve supplémentaire s'il en est besoin, avant même sa formation, la manifestation a subi une attaque éclair par la police marocaine.

C'est la deuxième fois que M. Ross rencontre les organisations de la société civile sahraouie et la deuxième fois aussi qu'une manifestation pacifique sahraouie est attaquée le même jour. Cela ressemble à un message des autorités marocaines à l'ONU qui pourrait être, "vous faites ce que vous voulez, et nous aussi", y compris violer les droits fondamentaux des populations.


En effet, coïncidence ou non, M Dadach Sidi Mohamed, Hassanna Duihi, Degja Lachgar et Med Saleh Dailal qui ont assisté à la réunion avec M Ross le matin ont été délibérément ciblés et sont gravement blessés selon leurs proches.


Les forces de l'ordre marocaines, en plus de la violence physique sur les femmes sahraouies, leur ont imposé l'humiliation de les déshabiller de force dans la rue. 
Mlle Sultana Khaya chef de l'observatoire des ressources naturelles et de défense des droits de l'homme à Boujdor a été battue en pleine rue, puis amenée à bord d'une voiture de police, insultée, frappée encore. Les policiers lui ont enlevé son pantalon de force puis l'ont abandonnée dans cette tenue en dehors de la ville. C'est la première  fois que ce traitement dégradant et humiliant est appliqué à une femme.

Trois  autres  activistes, Mme Mina Aba'ali, Mlle Laila Lili et Mlle Salha Boutngiza, ont été elle aussi attaquées par les policiers qui leur ont retiré leur pantalon de force en plein public.


Selon nos correspondants, le président du Conseil National des droits de l'homme, section El aaiun Smara, inquiet de la situation des victimes, a été interdit par les policiers d'entrer dans l'hôpital Hassan Ben Elmehdi où il pensaient que de nombreux blessés ont demandé assistance.


Leila Lili, Hassana Duihi et Bechri Bentaleb sont allés chercher de l'aide dans cet hôpital qui a refusé de les soigner. Les soignants n'ont même pas diagnostiqué la gravité des blessures, et les ont renvoyés chez eux.

Selon d’autres Sahraouis blessés interrogés par nos correspondants, ils n'iront pas à l'hôpital se faire soigner par peur du harcèlement ou des arrestations. L'hôpital est encerclé par les forces de polices marocaines.


Une estimation provisoire fait état de plus de 50 Sahraouis blessés à 21h30. (Heure locale)

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Les autorités marocaines ont empêché les ambulances d’aller au secours des blessés. Plus de 20 blessés ont été transférés à l’hôpital d’El Aaiun

  By Mujer herida, webmaster, El Aaiun, 23/3/3013


Mujer herida, El Aaiún, 23 MarzoLes autorités d’occupation marocaines empêchent les ambulances d’évacuer les blessés qui se trouvent près du “Fourne de Manolo” dans la capitale du Sahara Occidental, El Aaiun.  
Plus de 20 citoyens sahraouis ont été transférés à l’hôpital Ben El Medi d’El Aaiun, tous de nationalité sahraouie et, pour

 la plupart, des femmes

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Répression des Sahraouis : 23 blessés à la ville occupée d’El Aaiun



Les forces d'occupation marocaines ont dispersé  violemment des citoyens sahraouis qui manifestaient pacifiquement lors de  la visite de l’envoyé personnel du SG de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, selon des sources sahraouies sur place.
Au moins 23 personnes ont été blessées durant cette violente intervention des forces d’occupation marocaines pour disperser la manifestation pacifique qui s’est déclenchée aux quartiers Dadach et Matala , a ajouté la même source.
Les autorités d’occupation marocaines ont empêché l’accès des ambulances pour apporter l’assistance nécessaire aux victimes, a ajouté la même source, soulignant que des agents de la police marocaine déguisés ont provoqué certaines femmes sahraouies qui participaient à cette manifestation. (SPS)
097/090/TRD 242100 MARS  013 SPS

URL Source : http://www.spsrasd.info/fr/content/r%C3%A9pression-des-sahraouis-23-bless%C3%A9s-%C3%A0-la-ville-occup%C3%A9e-d%E2%80%99el-aaiun

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Amis du peuple du Sahara Occidental, 24/3/2013   

Les policiers marocains en civils attaquent les Sahraouis
Les policiers marocains en civil attaquent les Sahraouies et Sahraouis qui manifestent pacifiquement. C'était hier samedi après midi à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental.
Le matin, des représentants d'organisations sahraouies de défense des droits de l'homme rencontraient l'envoyé spécial de l'ONU, M. ROSS, pour parler de paix. 
vidéo de la tentative de manif https://www.youtube.com/watch?v=d7ZXFpJUtpc&feature=player_embedded

Plus d'info (en français) : http://apsoinfo.blogspot.fr/2013/03/le-maroc-provoque-t-il-lonu.html
Voir les photos sur : https://www.facebook.com/#!/EquipeMedia2010?fref=ts 


vendredi 18 janvier 2013

" Tu vas passer un mauvais quart d'heure" Racisme et violation des droits de l’enfant en Belgique




  • Communiqué

    Moad, 14 ans, frêle garçon belgo-marocain, a été confronté à l’exécrable monde du racisme et de la maltraitance dans la Commune de Molenbeek. Selon la version du jeune garçon, cinq policiers se sont acharnés sur lui et l’ont roué de coups : « menottes, coups de matraque et coups de pieds dans le visage… », pendant que des insultes innommables : « sale arabe » ; « fils de p… », pleuvaient dans le but de l’humilier. Des hématomes graves accompagnés d’atteintes psychiques sans doute irréparables, attestent de la violence gratuite des policiers.


    La communauté marocaine de Belgique est sous le choc, et demande des comptes face à cette rupture insensée du contrat social et des règles du « vivre ensemble », par des policiers censés être citoyens avant tout.

    L’AMDH dénonce avec vigueur ce comportement intolérable et demande vivement qu’une instruction soit diligentée pour tirer au clair cette atteinte flagrante à l‘intégrité physique d’un mineur de 14 ans, ce qui témoigne par ailleurs de graves préjugés.
    L’AMDH demande aux autorités que Justice soit faite et que la dignité citoyenne soit rétablie. Il y va du socle des valeurs partagées et du respect des droits humains.
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    MaghrebTVchannel MOAD 14 ans, raconte son agression par 5 policiers bruxellois - TIJJINI Talk

    MaghrebTVchannel·
     http://youtu.be/6ck-vrvSjZ8
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    Belgique : l’AMDH dénonce le racisme

    Cette affaire a mis en émoi la communauté étrangère.
    Cette affaire a mis en émoi la communauté étrangère.
    L’AMDH (Association marocaine des droits humains) 
    dénonce dans un communiqué « les actes de violence racistes » perpétrés par la police en Belgique contre des enfants marocains et s’indigne contre « la violation des droits des enfants » dans ce pays européen. 
    Le bureau de cette ONG marocaine des droits humains à Bruxelles cite l’exemple d’un enfant Belgo-marocain âgé de 14 ans, qui a été victime de « maltraitance et violence » dans la commune de Molenbeek. « Selon la version du jeune garçon, cinq policiers se sont acharnés sur lui et l’ont roué de coups », affirme l’AMDH. Selon cette organisation des droits humains, les policiers auraient menotté l’enfant avant de le rouer de coups. « Menottes, coups de matraque et coups de pieds dans le visage… », poursuit l’ONG, qui crie au scandale. L’adolescent marocain a été également victime d’insultes racistes et innommables. « Sale arabe », « fils de p… », les insultes pleuvaient dans le but de l’humilier, déplore l’AMDH.  « Des hématomes graves accompagnés d’atteintes psychiques attestent de la violence gratuite des policiers ». Ces actes racistes auront sans doute un impact psychique sur l’enfant, s’indigne l’ONG. Cette affaire a mis en émoi la communauté marocaine. « La communauté marocaine de Belgique est sous le choc et demande des comptes face à cette rupture insensée du contrat social et des règles du savoir « vivre ensemble », par des policiers censés être des gmaikcitoyens avant tout », ajoute l’AMDH dans son communiqué. Une tolérance zéro : c’est ce que réclame l’association marocaine des droits de l’homme face à cette violence et ce comportement inhumain. « L’AMDH dénonce avec vigueur ce comportement intolérable et demande vivement qu’une instruction soit diligentée pour tirer au clair cette atteinte flagrante à l’intégrité physique d’un mineur qui témoigne par ailleurs des graves préjugés existants ». L’AMDH revendique la réhabilitation de la victime et exhorte les autorités pour que justice soit faite et que la dignité citoyenne soit rétablie.

samedi 28 janvier 2012

France : Human Rights Watch dénonce des contrôles d'identités «humiliants» dès l'âge de 10 ans



Par Louise Fessard, 26/1/2012

Premiers contrôles dès dix ans

Et surtout elles n’épargnent en rien les enfants, soumis au même régime que leurs aînés. « Contre le mur, vider les poches, la sacoche, le coup sur les pieds pour ouvrir les jambes », décrit un jeune garçon, contrôlé à 12 ans dans une gare de banlieue parisienne. C’est l’autre point marquant de ce rapport qui cite plusieurs adolescents qui ont commencé à être contrôlés très jeunes, parfois dès 10 ans. 
Ils racontent leur « première fois », comme Hassan, aujourd’hui 15 ans, contrôlé à 11 ans par des policiers alors qu’il revenait de la piscine avec son petit frère, à Tourcoing, en région lilloise.
« II y avait une bande de jeunes qui se faisait contrôler, explique-t-il. Je les ai salués et ils m’ont dit de me mettre contre le mur avec mon petit frère de huit ans. On s’est mis contre le mur, ils nous ont fouillés. On avait nos sacs de piscine, ils nous ont dit de poser nos sacs et ils ont fouillé dedans. Ils nous ont fouillés de haut en bas et les parties intimes. Ça m’a fait bizarre, je tremblais un peu. »

« Il faut imaginer des petits gars de dix ans plaqués contre un mur, juste parce qu’ils faisaient du bruit, s’exclame Judith Sunderland. Ce n’est vraiment pas une jolie scène. Et cela peut avoir des conséquences psychologiques importantes pour les enfants, sans compter l’image que cela leur donne de la police française. »

Le rapport cite également la remarque, glaçante, d’une jeune Parisien noir de 13 ans, qui relativise du haut de ses six expériences de contrôles d’identité : « Ça fait peur au début quand on me contrôle. Maintenant je commence à m’habituer. » Les plus âgés se sont si bien habitués qu’ils ont adopté des stratégies comme ce Parisien noir de 31 ans, cité par le rapport : « En quelque sorte, je dois penser avec qui je marche dans la rue, je dois me poser la question. » « Si tu ne veux pas te faire contrôler, tu ne vas pas en groupe, tu t’habilles d’une certaine manière, tu ne vas pas dans une belle bagnole », explique également un animateur de banlieue parisienne.

Qu’en pensent-ils les policiers ?  
Les trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris et de celle du Nord-Pas-de-Calais à Lille qui ont été interrogés « défendent le système du contrôle d’identité comme un outil pour la police et les mesures de palpation comme absolument nécessaires pour assurer l’intégrité des focntionnaires », résume Judith Sunderland.

En temps normal, il suffit aux policiers d’avoir « une ou plusieurs raisons plausibles » de soupçonner, du fait de son comportement, qu’une personne a commis, tenté, ou se prépare à commettre une infraction, pour pouvoir la contrôler. Motif encore plus flou, les contrôles d’identité peuvent également viser à prévenir une atteinte à l’ordre public, quel que soit le comportement de la personne.

Autre possibilité laissant une marge de manœuvre aux policiers, la loi autorise les contrôles aléatoires sur tous les sites de transport (aéroports, gares, etc.). Et les procureurs de la République peuvent désigner des zones où, dans un laps de temps, les policiers peuvent contrôler n’importe qui, quel que soit son comportement.
(...)
Contrôles au faciès répétés dès l’âge de 10-12 ans, en l’absence de signe d’infractions, fréquemment assortis de palpations portant atteinte à l’intimité, d’un tutoiement systématique des policiers, et parfois de propos insultants, voire racistes : tel est, selon Human Rights Watch (HRW), le lot des jeunes Français issus des minorités.

L’ONG publie ce jeudi un rapport intitulé « La base de l’humiliation : les contrôles d’identité abusifs en France », s’appuyant sur quelque 70 entretiens avec des Français appartenant à des groupes minoritaires (et pour moitié des enfants), menés à Paris, Lyon et Lille entre mai à septembre 2011. Le constat de ce profilage ethnique et du large pouvoir discrétionnaire des policiers en matière de contrôles n’a rien de nouveau. En 2009, une étude du CNRS avait montré que, sur cinq sites parisiens étudiés, les Arabes et les Noirs avaient respectivement 7,8 et 6 sept fois plus de chance d'être contrôlés que les Blancs.

Récemment, l’anthropologue Didier Fassin décrivait l’usage par les agents d’une brigade anticriminalité de ces contrôles d’identité à répétition comme un véritable instrument du maintien de l’ordre social dans les cités

Alors pourquoi un nouveau rapport ? « Précisément parce que nous n’avons vu aucun changement dans les pratiques des policiers français après la publication de ces travaux, répond Judith Sunderland, chercheuse à Human Rights Watch et auteur du rapport. Cela reste un problème très grave pour la France qui touche particulièrement les personnes issues des minorités et les jeunes gens. Les autorités devraient porter plus d’attention à ce sujet qui a très clairement joué un rôle dans les émeutes de 2005 et 2007 et, au quotidien, dans les conflits de moindre intensité entre jeunes et police.»

Le rapport souligne que les contrôles d’identité sont souvent bien plus intrusifs qu’une simple vérification des papiers. D’après Human Rights Watch et comme le confirment les quelques responsables policiers qui ont accepté de répondre à l’ONG, le recours à la palpation est « clairement systématique ».

Là encore le pouvoir discrétionnaire des policiers est immense puisqu’il n’existe aucune base légale à la palpation de sécurité, contrairement aux fouilles corporelles encadrées par la loi. Une jurisprudence du tribunal de Grenoble de 1997 la définit comme une « mesure de sûreté de lui-même et du public abandonnée par la loi à la sagesse de l’officier de police judiciaire »... « Toutes les personnes avec qui j’ai discuté ont souligné que ces palpations étaient particulièrement vexatoires », insiste Judith Sunderland.

Les policiers prennent rarement la peine d’expliquer le motif du contrôle, même lorsqu’ils sont questionnés. Selon les citoyens interrogés par HRW, « les réponses étaient presque toujours superficielles – contrôle de routine – et parfois agressives ». Pas motivés, les contrôles ne sont pas non plus systématiquement consignés par les policiers.

Ce qui a son avantage : « La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) n’a pas été en mesure de donner suite de façon appropriée aux plaintes relatives au traitement réservé pendant des contrôles d’identité précisément parce que la hiérarchie de la police a été incapable d’identifier les policiers concernés », souligne le rapport.

Human Rights Watch propose donc de revoir la loi française pour « limiter avec précision les pouvoirs en matière de contrôle d’identité », et préconise l’introduction d’un formulaire à remettre à la personne contrôlée, une idée reprise dans le programme du PS et qui a déjà fait ses preuves au Royaume-Uni et en Espagne.