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mardi 15 octobre 2013

Lettre de Léa à Leonarda jeune expulsée pendant une sortie scolaire.

 Lettre de Léa à Leonarda jeune expulsée.

Je m'appelle Léa, mon nom est un peu comme le tien Leonarda.
Comme toi j'ai 15 ans
Comme toi je vais à l'école,
Comme toi j'habite en France
Comme toi j'ai des bras des jambes, un coeur
Comme toi j'ai des amis,
Comme toi j'aime,
Comme toi j'ai des rêves, des espoirs,
Comme toi je ris et je pleure,
Je pleure aujourd'hui car j'ai honte,
J'ai honte d'avoir fêté le changement,
J'ai honte de rester quand toi tu pars
J'ai honte de mon gouvernement
J'ai honte d'être Léa et pas Leonarda
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 Nous vous faisons parvenir cette lettre  magnifique de Léa, jeune lycéenne militante à Leonarda Collégienne d'origine albanaise en voie d'expulsion.
Merci de lire ce cri du cœur attentivement de l'appuyer en le signant à votre tour et de le diffuser autour de vous.
Benjamin pour Active Generation et la communauté des utilisateurs de http://www.wesign.it/ 
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Léonarda, 15 ans, arrêtée et expulsée pendant une sortie scolaire




Mme Dibrani et ses 6 enfants ont été expulsés  mercredi  9 octobre au matin vers le Kosovo. Ils habitaient un appartement à Levier (Doubs) qu'ils occupaient dans le cadre de la prise en charge des demandeurs d'asile du DLHD.
            M. Dibrani était depuis fin août retenu au centre de rétention de Strasbourg. Assigné à résidence, il a été arrêté à Mulhouse. Son expulsion programmée 2 fois a été repoussée jusqu'à mardi 8 octobre au matin.
            Après cette expulsion, le mardi soir Mme Dibrani a réaffirmé son vœu de rester en France pour l'avenir de ses enfants malgré l'angoisse qu'elle ressentait à l'idée d'être seule avec sa famille. Les enfants qui ont entre 5 et 17 ans étaient scolarisés depuis plus de 3 ans, ils étaient en France depuis presque 5 ans (4 ans et 10 mois), autrement dit, dans deux mois, ils entraient de plein droit dans le cadre dela circulaire Valls et pouvaient être régularisés. Le mardi soir avant l'expulsion la mère était perdue, les enfants attendaient et Hasan, l'avant dernier âgé de 5 ans, recopiait des lettres apprises à l'école agenouillé au-dessus d'un carton.
            La plus petite Médina est âgée d'un an, elle est née en France. Tous les enfants parlent parfaitement le français. Maria et Leonarda ont obtenu le DELF diplôme de français niveau B1 demandé par la préfecture pour obtenir la nationalité française. Après ses années de collège, Maria a fait cette année sa rentrée au lycée Toussaint Louverture en première année de CAP service. Son professeur de français souligne sa volonté et son enthousiasme. Dans le petit sac de sport qu'elle a pris le matin de l'expulsion, elle a emporté son costume de travail.
            Leonarda, scolarisée en 3ème DP3 (option découverte professionnelle) au collège André Malraux, n'était pas chez elle ce matin là. Les professeurs de la classe avaient organisé une sortie à Sochaux sur toute la journée avec un départ à 7h00. Pour être à l'heure, elle ne pouvait pas prendre le bus de son domicile. Elle a donc dormi chez une amie à Pontarlier. Les policiers ont été renseignés sur l'endroit où elle se trouvait. Le maire de Levier a appelé Léonarda et a demandé à parler à un professeur présent dans le bus, elle a transmis son téléphone à Madame Giacoma, professeur d'histoire-géographie-éducation civique au collège Malraux.
 Mme Giacoma : «je n'ai pas compris tout de suite ce qui se passait, j'ai cru que c'était la mère de Léonarda qui voulait être rassurée et en fait, c'était  le maire  de Levier, commune de résidence de Léonarda, qui m'a précisé qu'il savait que nous nous rendions à Sochaux et il me demandait expressément de faire arrêter le bus. Dans un premier temps j'ai refusé en précisant que ma mission était d'aller à Sochaux avec tous les élèves inscrits pour cette sortie pédagogique (visite de lycées + visite de l'usine Peugeot). Le maire de Levier, Albert Jeannin, m'a alors passé au téléphone un agent de la PAF qui était dans son bureau : son langage était plus ferme et plus directif, il m'a dit que nous n'avions pas le choix que nous devions impérativement faire stopper le bus là où nous étions car il voulait récupérer une de nos élèves en situation irrégulière : Léonarda Dibrani cette dernière devait retrouver sa famille pour être expulsée avec sa maman et ses frères et soeurs ! Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas me demander une telle chose car je trouvais ça totalement inhumain ...  il m'a intimé l'ordre de faire arrêter le bus immédiatement à l'endroit exact où nous nous trouvions, le bus était alors sur une rocade très passante, un tel arrêt aurait été dangereux ! Prise au piège avec 40 élèves,  j'ai demandé à ma collègue d'aller voir le chauffeur et nous avons décidé d'arrêter le bus sur le parking d'un autre collège (Lucie Aubrac de Doubs). J'ai demandé à Léonarda de dire au revoir à ses copines, puis je suis descendue du bus avec elle, nous sommes allées dans l'enceinte du collège à l'abri des regards et je lui ai expliqué la situation, elle a beaucoup pleuré, je l'ai prise dans mes bras pour la réconforter et lui expliquer qu'elle allait traverser des moments difficiles, qu'il lui faudrait beaucoup de courage... Une voiture de police est arrivée, deux policiers en uniforme sont sortis. Je leur ai dit que la façon de procéder à l'interpellation d'une jeune fille dans le cadre des activités scolaires est totalement inhumaine et qu'ils auraient pu procéder différemment, il m'ont répondu qu'ils n'avaient pas le choix, qu'elle devait retrouver sa famille...Je leur ai encore demandé pour rester un peu avec Léoanarda et lui dire au revoir (je l'a connais depuis 4 ans et l'émotion était très forte). Puis j'ai demandé aux policiers de laisser s'éloigner le bus pour que les élèves ne voient pas Léonarda monter dans la voiture de police, elle ne voulait pas être humiliée devant ses amis ! Mes collègues ont ensuite expliqué la situation à certains élèves qui croyaient que Léonarda avait volé ou commis un délit. Les élèves et les professeurs ont été extrêmement choqués et j'ai du parler à nouveau de ce qui s'était passé le lendemain pour ne pas inquiéter les élèves et les parents.»
             Lorsque la famille est partie, nous avons essayé de joindre par mail la préfecture fermée le mercredi matin. Mais la famille a été emmenée directement à l'aéroport pour prendre un avion à 13h00 le même jour. Nous avons eu au téléphone les deux filles Maria et Leonarda jusqu'au départ de l'avion.
             Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture, sommes profondément choqués par les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue.
            Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture, sommes choqués de voir comment les efforts d'intégration fournis par ces enfants à l'école sont réduits à néant par des politiques aveugles et inhumaines.
             Nous demandons le retour immédiat des enfants en France pour leur sécurité.
                                                                                                                       Enseignants du collège André Malraux et lycée Toussaint Louverture 
    

Le récit qui précède est celui d’enseignants des enfants.
Le constat est amer. D’abord parce qu’une expulsion, quelle qu’elle soit, est une violence. Le pays où vous espériez faire (refaire) votre vie ne veut pas de vous, vous exclut, vous repousse physiquement.  Cet ostracisme est insupportable pour des adultes. Il est dévastateur pour des enfants. Il faut regretter que des responsables de gauche, disant défendre certaines valeurs, pour certains d’entre eux prétendant se souvenir de leur passé d’immigré, fassent mine de l’ignorer pour booster leur carrière.
On a honte pour tous ceux qui, de près ou de loin, maire, fonctionnaires de la PAF, préfet, membres du cabinet,  imbéciles ou salauds,  ont collaboré à cette arrestation.  Ont-ils remarqué que la jeune Léonardaa été interpellée sur le parking du collège Lucie Aubrac ? Aubrac ? Connais pas ?
Il faut dire, en prime, que cette malheureuse famille paye, comme d’autres, la lâcheté politique des ministres de l’Intérieur successifs, de Nicolas Sarkozy à Manuel Valls en passant par Hortefeux, Besson et Guéant.  En effet, la saine incompréhension des élèves, des enseignants, des parents ont, de fait, pratiquement interdit l’expulsion des élèves depuis des années. Impossible de mettre dans un avion à destination de Bamako ou d’Alger une famille avec deux ou trois enfants sans provoquer la révolte des passagers.
Ne restent plus dès lors que les familles qui peuvent être montées dans les avions privés du ministère des expulsions et envoyées vers les pays qui acceptent de recevoir ces avions : les pays de l’union européenne astreints à accueillir les « Dublin II »…. Et le Kosovo, état croupion, que les ministres de l’Intérieur, Valls comme Guéant et Besson, obligent à admettre ses avions prison, transportant une femme et ses six enfants, sur son sol. La honte.
                                                       MR

Méditerranée : Plus de 400 d’entre eux sont morts cette semaine pendant leur tentative

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Par Mélanie Matarese, El Watan, 18/10/201313

Des centaines d’hommes et de femmes ont tenté de rejoindre l’Europe par la mer cette semaine. Plus de 400 d’entre eux sont morts pendant leur tentative. De Ceuta à Malte en passant par Lampedusa, les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne ne dissuadent pas les migrants. Et ce n’est pas près de s’améliorer. El Watan Week-end vous explique pourquoi.

 
-Depuis 2009, il est de plus en plus difficile d’entrer en Europe légalement
Les conditions d’obtention de visas pour l’Europe sont de plus en plus strictes : les Français, par exemple, n’en délivrent que sur présentation des trois dernières fiches de paye. Marie-Thérèse Têtu-Delage, socio-anthropologue au CNRS, qui a mené de 2001 à 2009 une recherche sur les harraga algériens arrivés en France, remarque : «A l’époque de mes recherches, peu d’Algériens arrivés en France avaient fait la traversée par la mer. Souvent, ils obtenaient un visa et restaient sur le territoire, certains passaient par la Turquie. Ceux qui prenaient la mer passaient par le détroit de Gibraltar et rejoignaient la France via l’Espagne. L’utilisation des voies maritimes pour entrer en Europe a explosé en 2007, lorsque les règles pour l’obtention des visas sont devenues plus strictes.»

Les experts de la migration sont tous d’accord pour voir dans l’augmentation des départs le résultat de l’application de politiques migratoires plus restrictives à partir des années 2000. Le 3 octobre dernier, le rapporteur spécial de l’ONU sur la protection des migrants, François Crépeau, avait affirmé que ce nouveau naufrage était la conséquence directe d’une politique de «criminalisation de l’immigration clandestine» par l’UE.

-Les politiques de surveillance de l’Europe se durcissent
«Le renforcement de la surveillance des côtes européennes est un facteur aggravant dans la mesure où tout un réseau de passeurs active pour contourner les voies d’accès faciles en empruntant les voies les plus risquées», relève le sociologue spécialiste des migrations, Saïb Musette. Conséquence : les mailles se sont tellement resserrées que lorsqu’une embarcation parvient à passer, l’information circule parmi les passeurs et les harraga qui attendaient s’engouffrent dans cette «fenêtre» : c’est ce qui explique l’affluence des bateaux sur Lampedusa ces derniers jours, car même traumatisés ou arrêtés, les candidats à la migration ont les deux pieds en Europe.
Mais l’impressionnant dispositif militaire - navires des gardes-côtes, bâtiments militaires, patrouilleurs, hélicoptères, avions équipés de capteurs, etc. - déployé par les Italiens, et le lancement en urgence d’Eurosur en décembre prochain (système de surveillance terrestre et maritime) ne décourageront pas les départs. «Cela aura pour effet de pousser à plus de clandestinité, affirme Marie-Thérèse Têtu-Delage. 

On se trompe en croyant que le départ par bateau est un acte suicidaire. Au contraire, les migrants le font parce qu’ils veulent vivre mieux, qu’ils veulent réussir leur vie. C’est un acte qui est jugé légitime.» Par ailleurs, elle rappelle que «les autorités avaient réussi à endiguer le phénomène de la harga du côté du Maroc. Mais cela n’a fait que déplacer le problème. Si on bloque l’accès à Lampedusa, les migrants trouveront un passage ailleurs.»

-Les révolutions arabes ont accentué la pression migratoire
Selon MSF, depuis janvier, près de 30 000 personnes en provenance de Libye, d’Egypte ou de Syrie ont rejoint l’Italie par bateau pour la plupart fuyant violences ou conflits. C’est la première conséquence des révolutions arabes. «La recherche d’un refuge vers les ‘‘pays stables’’ est devenue l’unique solution pour survivre», souligne Saïb Musette. Mais elles ont eu un autre effet : les régimes actuels n’ont pas maintenu les lois répressives des régimes précédents, qui, en accord avec l’Europe, limitaient les sorties de leur territoire. 
«La Libye n’est plus un pays de destination mais de transit pour une grande partie des migrants subsahariens depuis les années 2000, relève une analyste de MSF. A cette époque, El Gueddafi s’entendait avec les pays européens pour lutter contre l’émigration clandestine en échange de l’abandon des sanctions économiques contre son pays. C’est aussi à cette époque que la situation des migrants en Libye commençait à se détériorer. Des centres de détention sont créés et le pouvoir procède à des expulsions massives.»
Depuis le début de la guerre, plus d’un million de civils ont fui le conflit, la plupart en traversant les frontières vers la Tunisie, l’Egypte, l’Algérie, le Tchad, le Niger et le Soudan. D’autres ont traversé la Méditerranée vers Malte et l’Italie. Mais les Libyens ne sont pas les seuls concernés : les quelque 2,5 millions de ressortissants du Soudan, du Nigeria, de Somalie, du Bangladesh, d’Erythrée et d’au moins 20 autres pays qui vivaient déjà dans des conditions d’extrême précarité en Libye, cherchent aussi à fuir. Les migrants arrivés à Malte le 11 octobre dernier étaient des Syriens partis du sol libyen.

-Jusqu’à maintenant, les pays maghrébins jouaient les gendarmes de l’Europe
Hélène Flautre, membre de la commission pour les libertés, du Parlement européen, dénonce la délocalisation du contrôle des frontières. «Cela a pour effet de transformer les pays voisins du sud de la Méditerranée en de vastes zones de rétention, mais aussi à pousser les gens à partir dans des conditions de plus en plus dangereuses, où tout est réuni pour que des catastrophes surviennent.» 

En 2003, le Maroc s’engage auprès de l’Europe et criminalise les tentatives d’immigration illégale. Les flux se décalent vers l’Algérie, qui ratifie à son tour en 2009 le protocole de Palerme. Quitter le territoire illégalement devient un délit passible de 2 à 6 mois de prison ferme. Mais les choses changent.

«La législation tunisienne est en discussion. Les règles imposées par le régime Ben Ali vont connaître certainement des changements majeurs. Une tendance vers le fléchissement se dessine. L’Algérie discute actuellement une révision de sa législation, notamment celle relative aux demandes d’asile des réfugiés. Le Maroc s’est aussi engagé dans une organisation des migrations régulières», affirme Saïb Musette. Et surtout, alors que les maghrébins étaient majoritaires dans les flux de migrations illégales vers l’Europe, ce sont désormais les Erythréens, les Somaliens et les Syriens les plus nombreux.

-Ces dernières années, les conditions sanitaires et humanitaires dans les camps de rétention sont de plus en plus mauvaises
La situation dans les camps de réfugiés frontaliers pousserait également de plus en plus les gens à tenter un départ. «On voit de plus en plus de réfugiés somaliens à Dadaab, Erythréens au Soudan, Libyens à la frontière tuniso-libyenne… quitter les camps pour la route de l’immigration, affirme l’analyste de MSF. C’est notamment le cas pour ceux que l’on appelle les ‘‘réfugiés chroniques’’. Les jeunes hommes, notamment, sont envoyés par leur famille chercher du travail dans les pays riches.» Des migrants passés par le camp de rétention algérien de In Salah décrivent l’absence de sanitaires et la disponibilité de l’eau courante seulement une heure par jour.

-L’immigration illégale est un business fructueux
«A Lampedusa, l’arrivée de migrants par bateaux est devenu une économie, affirme Heidrun Friese, professeur à l’université allemande de Chemnitz et à la tête d’une recherche sur les harraga tunisiens à Lampedusa. On donne 33 euros par personne et par jour aux structures d’accueil d’urgence, autrefois tenues par des bénévoles, désormais institutionnalisées. Les migrants restent sur place pendant des semaines. Vous imaginez les sommes que cela génère?» Au-delà de l’argent drainé par les passeurs, l’universitaire souligne également que les organisations internationales y gagnent beaucoup. En 2011, l’UE a donné près de 10 millions d’euros à l’Organisation internationale des migrations pour le soutien au processus de transition en Egypte, en Tunisie et en Libye. Le budget de l’agence de contrôle des frontières, Frontex, est passé de 6 millions d’euros en 2005 à 82 millions d’euros. Au niveau local, et grâce à l’état d’urgence permanent, la municipalité de Lampedusa a bénéficié de près de 500 millions d’euros en 2012, ce qui a permis la rénovation d’écoles et la construction d’un système de traitement des eaux usées. Des projets qui étaient sur l’agenda des hommes politiques depuis des années.

Réactions :

-Jeudi 3 octobre : le chef du HCR, Antonio Guterres, se dit «choqué par ce drame» et «bouleversé par la montée du phénomène des migrants et des personnes fuyant les conflits et périssant en mer»
 -Mercredi 9 : le chef du gouvernement italien, Enrico Letta, annonce des funérailles nationales pour les victimes du naufrage. Il leur accordera vendredi la nationalité italienne.

-Jeudi 10 : le Parlement européen donne son aval à la mise en place d’un nouveau système de surveillance des frontières avec l’UE : Eurosur.
-Samedi 12 : le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, appelle à la tenue d’un sommet international sur l’émigration.
-Dimanche 13 : la Sicile proclame l’état d’urgence. Le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, demande à l’UE un «accès à leur système satellitaire», pour permettre aux autorités libyennes de surveiller leurs frontières maritimes et terrestres.
-Dimanche 13 : Pascal Lamy, ex-directeur général de l’OMC. «L’origine de ces expulsions, c’est le désastre de certains Etats faillis, l’Erythrée, la Somalie, le Sud-Soudan et la République du Congo. Mais ce n’est pas l’Afrique, cela. L’Afrique se développe, avec une croissance de 6 % à 7 %. On donne l’impression que la rive sud de la Méditerranée est un gigantesque déversoir d’un continent pauvre qui rêve de venir chez nous.»

La politique de fermeture des frontières mise en cause

Par Nadjia Bouaricha, El Watan, 13/10/13  
L’autel des sacrifices qu’est devenue la Méditerranée, met à nu la politique de l’Europe, forteresse qui de l’Afrique ne tolère que les richesses et obstrue le passage aux personnes en détresse.   
Des personnes, fuyant les dictatures et les conflits, partent chercher la liberté et c’est un accès au «donjon», pour les plus chanceux, auquel ils ont droit. Embarqués dans des felouques meurtrières, ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont pas le même accès que ce gaz transporté dans des pipelines traversant la même mer. Si les régimes abjects et autoritaires poussent des milliers de personnes à fuir en tentant le pire, la fermeture des frontières de l’Europe incite aussi au recours à ces moyens extrêmes d’évasion. Le drame de Lampedusa a provoqué émoi et consternation, mais peu d’actes ont suivi pour mettre un terme à ces convois de mort horrible en Méditerranée.
Une réunion des ministres de l’Intérieur européens s’était tenue la semaine dernière en réaction à cette tragédie humaine pour ne sortir qu’avec la décision de renforcer le dispositif de sécurisation des frontières de l’Europe appelé Frontex. L’approche prohibitionniste l’emporte encore une fois sur celle de la solidarité. La politique européenne de voisinage ne peut continuer à occulter l’échec du volet de la politique d’immigration perçue comme un frein voire une négation de la notion de bon voisinage. «Les politiques de fermeture des frontières et le désengagement vis-à-vis des conventions internationales signées par l’Europe, notamment la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, expliquent le fait que les migrants sont amenés à prendre de plus en plus de risques pour rejoindre l’Europe, à mesure que les contrôles s’intensifient», déclare à BFMTV, Alain Morice, chercheur au CNRS et membre du réseau Migreurop.

Le Parlement européen s’attelle à mettre en place un nouveau système de surveillance des frontières de l’UE, Eurosur, en renforcement du dispositif Frontex qui a montré ses limites. Ce nouveau dispositif, qui sera effectif en décembre prochain, est, selon ses concepteurs, «un système paneuropéen de surveillance des frontières avec trois objectifs principaux : réduire le nombre de migrants irréguliers qui entrent dans l’ UE sans être découverts, réduire le nombre de décès d’immigrés clandestins en sauvant davantage de vies en mer, et augmenter la sécurité intérieure de l’ UE dans son ensemble en contribuant à la prévention de la criminalité transfrontalière».
Le Conseil de l’Europe devrait se pencher, le 24 octobre, sur la mise en application de ce système. «Je suis extrêmement sceptique. Plusieurs dispositifs ont été mis en place en vue de protéger, sécuriser les frontières de l’UE afin d’empêcher les vagues migratoires. Frontex en est un. Et puis il y a eu Eurosur, créé en 2011, encore en discussion en ce moment. Plusieurs personnalités, au niveau européen, estiment que ce nouveau programme va permettre d’organiser des opérations de surveillance. Mais le dispositif peut laisser craindre le pire, car il entend protéger les frontières et non pas les personnes, qui seront amenées à prendre de plus en plus de risques, comme c’est déjà le cas aujourd’hui», note encore Alain Morice sur BFMTV, en soulignant les pratiques purement sécuritaires et non pas de sauvetage des personnes utilisées par les agents de Frontex. Migreurop a dénoncé la logique sécuritaire de l’Europe. «Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe», note le réseau d’ONG.
Le président du Conseil italien avait lui-même appelé à reconsidérer l’immigration. «Ce n’est plus l’immigration économique des années 1990, mais là, en l’occurrence, il s’agit d’une immigration politique», a-t-il déclaré lors de sa visite à Lampedusa. L’Italie, qui compte revoir sa législation sur le droit d’asile, propose la dépénalisation pure et simple du délit de l’immigration clandestine. L’UE avalisera-t-elle une telle proposition ? Pas si sûr, disent les ONG.

Pour les Roms qui travaillent, l'avenir est en France






"Mon avenir est en France, pour le travail, les enfants": Sorin Ciorba, qui tient ces propos, est un Rom sorti d'un bidonville qui a obtenu appartement et travail.
(c) Afp
"Mon avenir est en France, pour le travail, les enfants": Sorin Ciorba, qui tient ces propos, est un Rom sorti d'un bidonville qui a obtenu appartement et travail. (c) Afp

Bobigny (AFP) - "Mon avenir est en France, pour le travail, les enfants": Sorin Ciorba, qui tient ces propos, est un Rom sorti d'un bidonville qui a obtenu appartement et travail.
Son histoire vient contredire des propos polémiques cette semaine du ministre français de l'Intérieur Manuel Valls, qui a jugé que la "majorité (des Roms) doit être reconduite à la frontière" car elle ne peut s'intégrer en France.
Il y a quatre ans, Sorin vivait avec sa famille près de Paris "dans une maison en carton dans un platz", ces campements illégaux sur des terrains vagues aux abords des villes, raconte-t-il.
C'est dans ces campements que vivent, dans une grande précarité, la majorité des 15 à 20.000 Roms présents en France.
Quelques mois après son arrivée, Sorin a eu "la chance" de croiser un travailleur social de l'association Emmaüs Coup de main. Il a d'abord pu déménager dans un village d'insertion, monté pour une vingtaine de familles à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris. "J'ai travaillé, j'ai fabriqué les bungalows", relate-t-il.
"C'est avec le travail qu'on apprend le français", dit-il, assis dans son appartement coloré situé dans un quartier cossu de Paris, où il vit avec sa femme et ses six enfants, qui vont tous à l'école.
L'association l'a ensuite épaulé dans ses démarches pour obtenir un titre de séjour, et surtout une autorisation de travail, sans laquelle il n'aurait jamais pu signer un contrat de travail, chez Emmaüs, qui l'emploie dans une boutique d'objets d'occasion à Pantin. Les restrictions imposées aux ressortissants roumains et bulgares imposent d'obtenir une telle autorisation, limitée aux métiers jugés "en tension".
"Cela passe l'envie d'embaucher un Rom"
Pour ce sésame, "les délais sont facilement de six mois. On a déjà eu des cas où entre la promesse d'embauche et l'embauche, presqu'un an s'était écoulé. Un employeur privé, ça lui passe l'envie d'embaucher un Rom", déplore Laugan Plantat, chargé de mission chez Emmaüs, qui en accompagne une trentaine actuellement.
"Il faut vraiment qu'on nous offre des opportunités. Si on nous la donne, on peut réussir", plaide Liliana Hristache, qui a vécu dans des bidonvilles de 2004 à 2007, puis a été embauchée comme médiatrice par une association qui l'avait aidée à scolariser sa fille. Elle est aujourd'hui gardienne d'immeuble dans la banlieue parisienne.
"J'entends ce que dit Manuel Valls. C'est vrai que les Roms ont une mentalité très différente. Quand on est arrivés en France, moi et mon mari, on ne savait pas ce que voulait dire un contrat de travail, une fiche de paie... Mais là, ça a changé, on arrive nous aussi à s'adapter", souligne-t-elle.
"Peut-être qu'il y en a qui volent", reconnaît pour sa part Sergiu, qui raconte être venu de Roumanie il y a cinq ans parce qu'on lui avait raconté qu'"en mendiant à Paris, on pouvait gagner 50 euros par jour". "Mais on n'est pas tous les mêmes!".
Il a d'ailleurs vite déchanté. "En mendiant, je gagnais peut-être deux euros par jour, c'était dur, et je ne voulais pas faire la ferraille". Aidé par Emmaüs, il a un temps travaillé dans un restaurant d'entreprise.
"En Roumanie, c'est dur, il n'y a pas de travail... Je veux travailler, je ferai n'importe quoi. Ici, c'est bon la vie, on peut prendre une chance, pour avancer. C'est pour ça qu'on est là", explique-t-il à l'AFP.
A défaut de travail, certaines familles parient sur leurs enfants. La famille Istfan, qui vit dans des cabanes à proximité de Paris, envoie sept enfants à l'école, espérant qu'avec un métier ils auront "tous les droits".
Jeudi, le gouvernement français a durci sa position sur l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen de libre-circulation des personnes en Europe, jugeant que les conditions pour cette adhésion n'étaient "pas réunies".
Auparavant, Paris faisait plutôt valoir qu'aucune décision n'avait été prise en plaidant pour une entrée progressive des deux pays dans cet espace Schengen.
A voir sur le web: Roumanie : les Roms dénoncent l'attitude de la France

lundi 14 octobre 2013

France - Sept militants syndicaux SUD de PSA Poissy en grève de la faim

Communiqué

Attac France, le 18/10/ 2013.
Attac France a pris connaissance de la grève de la faim que mènent 7 militants syndicaux SUD de PSA Poissy depuis maintenant 30 jours.

Nous souhaitons leur apporter toute notre solidarité, comme le fait notre comité local dans le comité de soutien.

Cette action menace maintenant gravement leur santé et nous souhaitons interpeller la direction de PSA, ainsi que les pouvoirs publics afin qu'il soit donné réponse à leur demande de reconnaissance du droit syndical.

Nous rappelons que la justice a reconnu que leurs exigences étaient fondées. Il est intolérable que des hommes qui demandent justice et reconnaissance de leurs droits soient conduits à de telles extrémités, au point de risquer leur santé, voire leur vie. Cette affaire ne peut que rappeler la période la plus noire de la gestion par Peugeot des relations sociales.
Ce message sera envoyé aux intéressés, à la direction de PSA, à la préfecture des Yvelines, au Ministre du Travail et diffusé dans nos réseaux pour encourager au soutien.

Attac France
21 ter rue Voltaire  75011 Paris (adresse postale)

19 octobre, journée mal-logement. Mal logés de la République française, non à la répression !

Par Attac France, Paris, le 15 octobre 2013

Entre 12h45 et 13h, la police a évacué brutalement le camp des mal-logés place de la République, installé avec l’aide de l’association Droit au Logement (DAL).
Six mères de familles et quatre hommes ont été arrêtés, un père de famille interpellé est blessé (oreille décollée) et les effets personnels ont été confisqués (couvertures, sacs, bâches banderoles...).

Ces familles attendaient une réponse à l’issue de la table ronde qui s’est tenue hier soir, et une déclaration de manifestation avait pourtant été déposée, jusqu’au lundi 21 octobre, conformément à la réglementation.

La politique économique injuste du gouvernement, qui fait payer les classes populaires et moyennes au lieux de s’attaquer aux privilèges des plus riches, s’accompagne d’une radicalisation de sa politique sécuritaire : après les propos intolérables de Manuel Valls à l’encontre des roms, ce sont des familles précaires et mal-logées qui sont l’objet d’une répression brutale.

Attac s’associe au DAL pour condamner cette répression qui met en cause la liberté de manifester, et bafoue les droits des mal-logés et des sans-logis, exiger la libération immédiate des mal-logés interpellé, et des poursuites sur les violences commises, demander le relogement des 300 familles en lutte de la place de la République, la mobilisation de 50 000 logement et locaux vacants, pour les sans-logis et les DALOs d’Ile de France, une vrai loi pour les mal-logés, les sans-logis, et les locataires, afin que le droit au logement soit mis en œuvre.


Adhérez, réadhérez à Attac : http://www.france.attac.org/adherer
Désinscription : http://list.attac.org/wws/signoff/informons

dimanche 13 octobre 2013

Aref, l’Afghan, est mort. Pourtant, il n’avait rien à craindre. Expulsions en Belbique aussi...

Les Talibans ont-ils abattu Aref ? Dans quelles circonstances ? On n’en sait rien et cela n’a finalement guère importance. Ce qui est certain, c’est qu’il a été tué par balles en plein jour comme des milliers d’Afghans l’ont déjà été depuis le début du conflit. Un mort de plus. Une mort que notre pays aurait pu éviter et cela aussi est une certitude.
Aref, 20ans, est arrivé en Belgique en 2009. Pendant quatre ans, il a tenté d’obtenir l’asile mais la réponse du Commissariat général aux réfugiés (CGRA) n’ a jamais varié : sa région, celle de Nangarhar, n’était pas considérée comme dangereuse. Il ne devait pas avoir peur des Talibans qui se contentaient de massacrer seulement dans les provinces voisines et donc il n’avait rien à faire dans notre pays.
Aref a été persévérant. Il a même réussi un moment à trouver un petit boulot. Il a du survivre à la crise de l’accueil des demandeurs d’asile qui, depuis 2008, contraignait la majorité d’entre eux à squatter des bâtiments ou à dormir dans la rue. Aref a bien connu tous les coins et recoins de la gare du Nord, cette gare située à quelques centaines de mètres de Fedasil, l’agence chargée, par la loi, de trouver un lieu d’accueil pour les demandeurs d’asile comme lui. Il a connu l’attente interminable d’une décision positive dans son dossier. 

 Alors quand en 2012, le CGRA lui a signifié un refus définitif, Aref a fini par jeter l’éponge. Début 2013, il est rentré en Afghanistan dans le cadre d’un retour « volontaire. » Un adjectif qui mérite une triple ration de guillemets car comment peut-on parler d’une démarche volontaire quand on subit une telle pression sociale, quand la précarité et les refus successifs finissent par saper toute énergie physique et psychologique.
Ses amis afghans présents à Bruxelles disent que le gouvernement belge l’a tué. C’est excessif. Ce n’est pas la Secrétaire d’Etat chargée de l’Asile Maggie De Block qui décide d’accorder ou non l’asile aux Afghans. C’est la responsabilité exclusive du CGRA qui est une instance indépendante, si on excepte le fait que son « patron » est nommé par le gouvernement.
Le CGRA est donc seul maître à bord pour accorder le statut de réfugié ou la protection subsidiaire, ce statut de réfugié au rabais qui donne un titre de séjour provisoire à ceux qui fuient les zones de conflit généralisé et qui éprouvent de « sérieuses craintes » en cas de retour dans leur pays. A condition évidemment de les croire.
Cela fait des années que le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), dont Amnesty fait partie, demande que l’on accorde cette protection subsidiaire à tous les Afghans. En vain jusqu’ici. Interrogé sur la mort d’Aref, le Commissaire général actuel, Dirk Van den Bulck, ne voit toujours pas pourquoi il faudrait le faire.
« La mort d’Aref, » dit-il, « n’est pas nécessairement un signe que la politique doit être révisée. La Belgique est très prudente dans l’évaluation des demandes d’asile. » Il n’estime pas opportun non plus de refuser systématiquement le renvoi de demandeurs d’asile vers des pays en guerre. Et de préciser que la situation de la Syrie est différente de l’Afghanistan. Pour les Syriens,« 95% des demandes d’asile sont accordées. » Scoop : il y a donc encore des endroits en Syrie où l’on peut encore vivre tranquillement.
Qu’on ne vienne pas dire non plus qu’accorder la protection temporaire aux Afghans serait une charge insupportable pour les finances publiques. En septembre 2013, il y a eu 1485 demandes d’asile dont 6,6% concernaient des Afghans. Si on calcule bien, cela fait environ 9 Afghans le mois dernier...
Le gouvernement ne contrôle pas le CGRA, ce qui est très bien mais personne ne contrôle le CGRA même quand il divague dans ses analyses géopolitiques. Le seul contrôle de ses décisions sur des dossiers individuels se fait par des recours devant le Conseil du Contentieux des étrangers, ce qui est insuffisant.
Le Parlement ne contrôle pas non plus le CGRA. Ecolo avait introduit une proposition de loi pour que cela change mais elle a été rejetée. Les autres partis ont cependant accepté l’idée que les députés puissent procéder à une audition du CGRA et des associations d’aide aux demandeurs d’asile. C’est ce qui est prévu mardi prochain en Commission de l’Intérieur. L’Afghanistan et les risques encourus lors d’un retour, contraint ou non, seront à l’ordre du jour. On signale en passant que les réunions des Commissions sont publiques.
Sans votre aide, nous ne pouvons rien. Faites un don. Maintenant!

Le président de l’Uruguay, José Mujica, parle d’amour et d’aventure à l’assemblée générale de l’ONU

Le Monde, 22/10/2013

Il y a ceux dont la prestation était attendue et puis il y a celui que personne n’a vu venir : le Latino-américain qui a créé la surprise à New York a été José Mujica, le président de l’Uruguay, avec un discours au souffle poétique et prophétique. Le Brésil a ouvert le bal, comme d’habitude, à l’assemblée générale des Nations unies, mardi 24 septembre. La présidente Dilma Rousseff avait annoncé la couleur : Brasilia ne digère pas l’espionnage de l’agence américaine de sécurité nationale (NSA).
Le président colombien, Juan Manuel Santos, a défendu les négociations en cours avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Bogota demande que les conventions internationales et la Cour pénale internationale ne soient pas des obstacles à la paix. Les Colombiens peuvent-ils mettre fin au conflit armé interne, sans vérité, justice et réparation pour les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis par les parties belligérantes ? C’est toute la difficulté.
La présidente argentine, Cristina Kirchner, a demandé au nouveau président iranien, Hassan Rohani, de ratifier l’accord signé par les deux pays en vue d’élucider les attentats antisémites commis à Buenos Aires en 1992 et 1994, attribués à des dignitaires de Téhéran. Cet accord avait provoqué un tollé en Argentine. Or, les pronostics ne sont pas bons pour la majorité présidentielle aux élections législatives d’octobre. Et sans une majorité introuvable des deux tiers, il n’y aura pas de troisième mandat pour Cristina Kirchner.
Le discours de Pepe Mujica évite la langue de bois onusienne
Tous ces propos étaient prévisibles.
Sans prétendre ravir la vedette à ses grands voisins, c’est le président uruguayen José Mujica qui a vraiment surpris à la tribune de l’ONU.
« Je viens du Sud, du carrefour de l’Atlantique et du Rio de la Plata ».
Avec ces mots, il a entamé une évocation lyrique et ironique du petit Uruguay, jadis considéré la Suisse de l’Amérique latine : « La social-démocratie a été inventée en Uruguay, pourrions-nous dire ». Ensuite, « les Uruguayens ont passé cinquante ans sans croissance, à remémorer leur victoire au stade du Maracanã, lors de la Coupe du monde de football de 1950 ». Du haut de ses 78 ans, l’ancien guérillero Tupamaro mêle histoire personnelle et histoire nationale : « Mes erreurs étaient le produit de mon temps, je les assume. Mais il y a des fois où j’ai envie de crier : si seulement nous avions la force de l’époque où nous cultivions autant l’Utopie ! »
Les mots de « Pepe » Mujica, plus débonnaire que jamais, ont sans doute réveillé l’assemblée générale. Dans un même élan, le président uruguayen a lié la dette sociale et la survie de la planète : « Au lieu de faire la guerre, il faudrait mettre en œuvre une politique néo-keynésienne à l’échelle planétaire, pour abolir les problèmes les plus honteux. » Comment ? « Le monde requiert des règles globales qui respectent les avancées des sciences », ajoute Mujica. Hélas, « l’ONU languit et se bureaucratise faute de pouvoir et d’autonomie, et de reconnaissance démocratique du monde fragile qui constitue la majorité ».
Reprenant à son compte l’inquiétude des écologistes les plus visionnaires, si ce n’est apocalyptiques, Pepe Mujica dresse un réquisitoire contre une civilisation mensongère, qui a érigé un idéal illusoire, insupportable pour les ressources de la Terre : « Civilisation contre la simplicité, contre la sobriété, contre tous les cycles naturels, et ce qui est pire, civilisation contre la liberté que suppose d’avoir le temps pour vivre les relations humaines, l’amour, l’amitié, l’aventure, la solidarité, la famille… » Les murs du siège de l’ONU résonnent encore des paroles prophétiques du président uruguayen.

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http://america-latina.blog.lemonde.fr/2013/09/25/les-doleances-des-latino-americains-a-lassemblee-generale-de-lonu/?fb_action_ids=457508731034933&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map={%22457508731034933%22%3A525321200879452}&action_type_map={%22457508731034933%22%3A%22og.recommends%22}&action_ref_map=[]

« Du Bangladesh à Haïti…Quel modèle agricole pour répondre au défi alimentaire » A GAP


Dans le cadre du Festival de films ALIMENTERRE 2013

« Du Bangladesh à Haïti…Quel modèle agricole pour répondre au défi alimentaire »
  LE MERCREDI 16 OCTOBRE à 18h30
 Au Royal à GAP
Au programme 

18h30-19h30 : projection de « L’énigme de Chakaria » réalisé par l’association AMD et témoignage des chirurgiens et membres de l’AMD sur leurs actions au Bangladesh
 19h30-20h30 : Buffet partagé avec produits locaux et équitables
 20h30-21h30 : projection « Le pain des tropiques » de Bernard SIMON - 60’ - 2011 - Arc-en-Ciel productions

 Résumé du film : Au fil des étapes de la fabrication de la cassave, une galette populaire faite à base de manioc, ce film présente la lutte quotidienne des paysans haïtiens contre le déboisement, l’érosion et l’appauvrissement des sols, afin de garantir leur indépendance alimentaire.  Pour la bande annonce du film, cliquez ici !


Infos pratiques

 Le lieu : la salle du Royal à Gap
 Prix d’entrée : prix libre
 Organisateurs : le collectif ALIMENTERRE Gap (E’changeons le Monde, AMD, CCFD-Terre solidaire, Acat, Attac 05). Tel : 09.54.15.31.72



Tout le programme sur www.festival-alimenterre.org


A faire circuler sans modération !   

Le Parlement européen dénonce la CIA

Par Jean-Luc Mélenchon, 10/10/2013

Jour de fête : vote glorieux ! En dépit des cris de rage et de la contestation du vote à main levé, le vote électronique a été implacable. La résolution contre les prisons secrètes de la CIA et les actions d'espionnage des États-Unis d’Amérique a été adopté ! Hourra !

Cette résolution déplore à juste titre l'inertie totale et  intolérable des institutions de l'UE et de plusieurs États membres pour faire cesser les programmes de la CIA sur le territoire européen, et en particulier les détentions et transferts illégaux de prisonniers en Pologne, en Roumanie ou en Lituanie.
N'est-il pas incroyable que d'anciens pays qui ont tellement dénoncé la police politique des uns accueille celle des autres ? Alors que le Parlement avait déjà exigé des explications précises il y a un an concernant ces programmes qui violent le droit international, aucune explication n'a été fournie par les institutions de l'UE. Notre rapport réitère à juste titre ces exigences qui rejoignent celle formulées par l'ONU. Si prompte à donner des leçons de droits de l'homme dans le monde, qu'attend l'UE pour faire cesser sur son propre territoire les atteintes aux droits commises par les États-Unis d'Amérique ?
Certes, je regrette que cette résolution ne propose pas d'arrêter la négociation de l'accord de commerce transatlantique tant que les pratiques illicites des États-Unis d’Amérique n'auront pas cessé, qu'il s'agisse des prisons secrètes de la CIA ou de l'espionnage de la NSA. Mais j'ai voté avec enthousiasme pour cette résolution qui maintient la pression contre ces pratiques inadmissibles. La famille Le Pen a voté contre. Bien sûr.

Demain Samedi 19 octobre Journée internationale contre la fracturation hydraulique



 Demain Samedi 19 octobre Journée internationale contre la fracturation hydraulique
Parce que rien n'est gagné dans la lutte contre les gaz et huile de schiste malgré la validation de la loi interdisant la fracturation hydraulique par le Conseil Constitutionnel
Un petit article pour faire le point sur la situation :
http://www.netoyens.info/index.php/contrib/14/10/2013/la-fin-de-la-fracturation-hydraulique


La Global Frackdown se prépare
dans tous les pays impactés par les forages en cours ou en projets En France, 8 mobilisations sont prévues
Aux Etats-Unis, 79 mobilisations dans 21 Etats

Dans les autres pays, 30 mobilisations dans 16 pays

Les mobilisations en France :


  • Lille 14 h place de la République
Quai Anatole France, port de Solférino (à côté de la passerelle Solférino)
http://eau-iledefrance.fr/appel-journee-mondiale-contre-la-fracturation-hydraulique-2013-le-1910/
Ile de France :
http://eau-iledefrance.fr/appel-journee-mondiale-contre-la-fracturation-hydraulique-2013-le-1910/
et dans le monde :

Vers la fin des armes de destruction massive !

Aujourd’hui, la Syrie vient de rejoindre la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. C’est un progrès immense dans la lutte pour l’élimination de TOUTES les armes de destruction massive – et c’est une chance qu’il faut saisir. 
http://globalzero.org/fr/demand-zero/WMD-petition
Comme vous, j’ai vu les images terribles de l’attaque chimique du 21 août et j’ai regardé les gouvernements se préparer à une escalade du conflit. Mais alors que la tension était à son comble et l’attention du public rivée sur la Syrie, au dernier moment, le Secrétaire d’État américain John Kerry et le Ministre russe des Affaires Étrangères Sergei Lavrov ont conclu un accord inattendu sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.
Cet accord concerne toutes les armes chimiques syriennes et sera appliqué en quelques mois, et non sur plusieurs années. Une résolution du Conseil de sécurité a aussi rapidement suivi. Comme quoi, un tel accord peut être conclu en 30 heures sous la pression publique et avec le concours de deux diplomates déterminés. Ce qui vient d’être accompli, nous devons maintenant le reproduire pour TOUTES les armes de destruction massive, sans exception, partout dans le monde.
Rejoignez-nous aujourd’hui, alors que Global Zero lance un appel au Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il rassemble les dirigeants politiques internationaux afin d’établir un plan pour la destruction de TOUTES les armes – chimiques, biologiques et nucléaires – de destruction massive avant qu’une autre catastrophe humaine n’advienne.
Les armes chimiques de la Syrie sont en train d’être démantelées parce que le monde a vu les ravages causés à la population et nous en avons été légitimement choqués. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre qu’une bombe nucléaire soit détonnée et fasse des centaines de milliers de victimes pour finalement agir. 
http://globalzero.org/fr/demand-zero/WMD-petition
Marie-José, vous savez que le problème est purement d’ordre politique et qu’il n’y a, en fait, aucune barrière technique réelle pour l’élimination des ces armes terrifiantes. Vous savez que cela ne sera résolu qu’avec un changement radical dans l’attitude des dirigeants politiques et pour cela, nous avons besoin de votre soutien pour construire une pression publique incontournable. 
Parce que nous savons que c’est possible ! 
Marion, Alexandra, Sam, Mary Lou, Lauren et toute l’équipe de Global Zero

Global Zero est votre mouvement citoyen international pour l’élimination des armes nucléaires.

Un sac extraordinaire


Bonjour LUCIEN,

Aujourd'hui, 870 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Parmi elles, nombreuses sont celles confrontées à la pauvreté, au manque d’espace et à la surpopulation.
Habitants des bidonvilles ou des camps de réfugiés, ils n’ont pas accès à la terre et doivent tout acheter. Ils dépensent 80 % de leurs revenus pour se nourrir. Résultat, ils diminuent leur nombre de repas par jour, en allègent leur composition et sont sous-alimentés.
Pour combattre ce problème alimentaire majeur, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL met en œuvre une solution simple, peu coûteuse et porteuse d'avenir pour renforcer la sécurité alimentaire des habitants de ces zones d’extrême vulnérabilité.

Lancé la première fois en 2008 dans le bidonville de Kibera, à Nairobi au Kenya, le projet sac potager a rapidement connu un vif succès. Des dizaines de milliers de familles se nourrissent aujourd’hui grâce à lui.
A l'occasion de la Journée Mondiale de l'Alimentation, j'ai besoin de votre aide pour continuer à développer ce programme et en faire bénéficier toujours plus de familles, dont celles qui survivent dans le camp de Mae La, en Thaïlande.
Quel que soit le montant de votre don, il contribuera à améliorer durablement le quotidien des plus fragiles là où nous intervenons. Cliquez ici pour faire un don
Agissons ensemble dès maintenant pour les mettre à l'abri de la faim !
Merci d'avance pour votre geste,


Alain Boinet
Fondateur de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL - 89 rue de Paris - 92110 Clichy la Garenne - Tél : 01 80 21 05 05 - www.solidarites.org