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lundi 12 octobre 2015

Le Front Polisario appelle l'UE à placer la question des ddH au Sahara occidental en ligne de mire

dimanche, 11/10/2015 
BRUXELLES - Le ministre délégué pour l'Europe, représentant du Front Polisario auprès des institutions européennes, Mohamed Sidati, a appelé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à placer la question des droits de l'homme au Sahara occidental au centre des relations de l'UE avec le Maroc.
"En tant que Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, il vous appartient, en urgence, de rendre non ambigus les engagements de l’UE en faveur des droits de l'Homme au Sahara occidental en les mettant au centre de vos relations avec le Maroc", a souligné M. Sidati dans une lettre adressée à la responsable européenne, au moment où l'Assemblée générale de l'ONU débattait sur le Sahara Occidental.  
Plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), "ont signalé et dénoncé des violations flagrantes des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental, ainsi que des cas d'atteintes aux droits des prisonniers, tel le recours à la torture et à d’autres méthodes illégales et inhumaines."
M. Sidati a rappelé dans ce sillage que l'UE s'"est engagée à promouvoir les droits de l’Homme, la démocratie et l’autorité de la loi dans toutes les zones où l’UE exerce ses actions extérieures, sans aucune exception", et à "mettre les droits humains au centre de ses relations avec tous les pays tiers."
L’UE a conclu différents accords avec le Maroc qui incluent toute une clause portant engagement de promouvoir les droits de l’Homme et de respecter une solution pacifique au Sahara Occidental, pourtant, "aucun de ces objectifs n’a été atteint", a-t-il regretté.
De ce fait, soutient-il, l’UE ne peut camper sur son rôle d'"observatrice" face aux pratiques du Maroc, qui "mettent en danger tous ces efforts, d'autant qu'elle a soutenu les recommandations de l’ONU en faveur de la recherche d’une solution juste, pacifique et durable au conflit au Sahara Occidental".

Nouvelles atteintes aux droits des prisonniers 

M. Sidati a dit vouloir, via cette lettre, "attirer l'attention de l'UE sur des violations graves des droits humains commises par les autorités marocaines ces derniers jours".
Mardi soir 29 septembre, "21 prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, ont été insultés et humiliés, leurs effets personnels ont été détruits, et plusieurs d’entre eux ont été sévèrement battus, lorsque des gardiens marocains ont fait une descente violente dans leurs cellules dans une prison à Rabat", a-t-il affirmé.
Ces prisonniers politiques avaient été arrêtés en 2010, à l’issue du "démantèlement brutal du camp de protestation pacifique de Gdeim Izik qui avait rassemblé des milliers de civils sahraouis réclamant l’application de leurs droits économiques et sociaux ainsi que celle du droit à l’autodétermination", a-t-il rappelé.
"Nous rappelons que lors du procès du groupe de Gdeim Izik, en février 2013, les règles de droit international concernant les droits de l’Homme n’ont pas été respectées, et ce, bien que le Maroc ait adhéré à divers instruments internationaux établissant ces droits , ce procès s’est ainsi révélé nul et non avenu", lit-on également dans la lettre.
La descente brutale contre le groupe de Gdeim Izik a eu lieu un jour seulement après des manifestations pacifiques à Dakhla, dans les territoires occupés du Sahara Occidental.
Le 28 septembre dernier, des dizaines de jeunes Sahraouis sont descendus dans les rues pour demander pacifiquement la libération du Sahara Occidental, et évoquer la mémoire de Hassana El Ouali, activiste des droits de l’Homme et prisonnier politique sahraoui, décédé en prison en septembre 2014 du fait d’une grave négligence médicale. 
Mme Mogherini a été, ainsi, interpellée au moment où l’Assemblée générale des Nations Unies débat sur le Sahara Occidental, et où l’UA affirme très clairement son soutien à la décolonisation définitive de ce territoire à travers un référendum.

lundi 22 septembre 2014

Sahara occidental : La «complicité» du Conseil de sécurité dénoncée

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Par Hacen Ouali, El Watan,  22/9/14

La communauté internationale doit imposer des sanctions économiques et militaires au Maroc pour avoir entravé l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.

A la veille de la tenue de la 69e session de l’Assemblée générale de l’ONU, la République sahraouie dénonce avec véhémence la «complicité» du Conseil de sécurité avec l’occupant marocain qui piétine la légalité internationale. Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salek Ould Salek, a ouvertement accusé les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. «Nous accusons le groupe des cinq d’avoir kidnappé la question sahraouie et d’entraver le processus de décolonisation du Sahara occidental», a-t-il martelé lors d’une conférence de presse, hier à Alger.
Il s’est élevé également contre l’attitude de l’occupant marocain, qui «s’emploie avec la complicité du Conseil de sécurité» à bloquer le processus de règlement du conflit. «Nous dénonçons avec force la complicité dont bénéficie l’occupant marocain à l’intérieur du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Maroc piétine la légalité internationale, mène une politique répressive contre le peuple sahraoui occupé devant le silence de la communauté internationale», s’est indigné le ministre sahraoui lors de la conférence de presse.

Blocages et pillages
En guise d’exemple, Mohamed Salek Ould Salek cite notamment «l’empêchement par le gouvernement marocain de la visite de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, dans la région et le refus de la nouvelle représentante spéciale pour le Sahara occidental et en même temps chef de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), la Canadienne Kim Bolduc, nommée le 5 septembre dernier».
Le chef de la diplomatie sahraouie, qui appelle l’ONU à assumer ses responsabilités dans la décolonisation du Sahara occidental, estime «inacceptable» le silence de la Minurso face aux violations des droits de l’homme et le pillage de ses richesses naturelles. «Nous ne pouvons pas accepter de voir la Mission de l’ONU pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO) se transformer en une mission qui cautionne l’occupation, qui se tait devant la répression et les crimes contre l’humanité et le pillage des ressources naturelles», s’est indigné M. Ould Salek. Et face à l’entêtement de la monarchie marocaine et son refus de se soumettre à la légalité internationale, le diplomate sahraoui appelle à des sanctions économiques et militaires contre le Maroc.
  «La communauté internationale est appelée à imposer des sanctions économiques et militaires au Maroc pour avoir entravé l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental depuis 23 ans.»  M. Ould Salek interpelle également le roi du Maroc, Mohammed VI, afin de respecter «les engagements pris par son père et d’aller avec la partie sahraouie et son peuple détenteur de la souveraineté vers une solution juste et durable». «Il y va de la paix des deux peuples et de la sécurité dans la région», lance Mohamed Salem Ould Salek.
S’adressant aux cinq du Conseil de sécurité (USA, Grande-Bretagne, France, Russie et Chine), le ministre des Affaires étrangères de la RASD s’interroge sur la crédibilité de l’ONU qui s’avère incapable de mettre un terme à la dernière colonisation en Afrique. «La crédibilité des Nations unies est encore une fois mise à l’épreuve, ce qui n’est pas sans rappeler sa raison d’être», indique le diplomate sahraoui.

L’Espagne et la France interpellées
Le responsable sahraoui a également appelé Paris et Madrid à «assumer leurs responsabilités politique et historique». «Nous ne sommes pas contre les intérêts de ces deux pays, mais seulement ils doivent jouer un rôle pour trouver une solution définitive au conflit sahraoui, car il n’est dans l’intérêt d’aucun pays de maintenir le statu quo», a-t-il insisté.
Rappelant que la monarchie marocaine refuse de coopérer avec les instances internationales, M. Ould Salek a réaffirmé l’«engagement absolu de la RASD et du peuple sahraoui à poursuivre son combat libérateur, et sa volonté à coopérer avec l’ONU et l’Union africaine pour la décolonisation du Sahara occidental, à travers l’exercice de son droit immuable et inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, à travers l’organisation d’un référendum libre, juste et transparent».
Hacen Ouali

dimanche 13 octobre 2013

Le président de l’Uruguay, José Mujica, parle d’amour et d’aventure à l’assemblée générale de l’ONU

Le Monde, 22/10/2013

Il y a ceux dont la prestation était attendue et puis il y a celui que personne n’a vu venir : le Latino-américain qui a créé la surprise à New York a été José Mujica, le président de l’Uruguay, avec un discours au souffle poétique et prophétique. Le Brésil a ouvert le bal, comme d’habitude, à l’assemblée générale des Nations unies, mardi 24 septembre. La présidente Dilma Rousseff avait annoncé la couleur : Brasilia ne digère pas l’espionnage de l’agence américaine de sécurité nationale (NSA).
Le président colombien, Juan Manuel Santos, a défendu les négociations en cours avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Bogota demande que les conventions internationales et la Cour pénale internationale ne soient pas des obstacles à la paix. Les Colombiens peuvent-ils mettre fin au conflit armé interne, sans vérité, justice et réparation pour les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis par les parties belligérantes ? C’est toute la difficulté.
La présidente argentine, Cristina Kirchner, a demandé au nouveau président iranien, Hassan Rohani, de ratifier l’accord signé par les deux pays en vue d’élucider les attentats antisémites commis à Buenos Aires en 1992 et 1994, attribués à des dignitaires de Téhéran. Cet accord avait provoqué un tollé en Argentine. Or, les pronostics ne sont pas bons pour la majorité présidentielle aux élections législatives d’octobre. Et sans une majorité introuvable des deux tiers, il n’y aura pas de troisième mandat pour Cristina Kirchner.
Le discours de Pepe Mujica évite la langue de bois onusienne
Tous ces propos étaient prévisibles.
Sans prétendre ravir la vedette à ses grands voisins, c’est le président uruguayen José Mujica qui a vraiment surpris à la tribune de l’ONU.
« Je viens du Sud, du carrefour de l’Atlantique et du Rio de la Plata ».
Avec ces mots, il a entamé une évocation lyrique et ironique du petit Uruguay, jadis considéré la Suisse de l’Amérique latine : « La social-démocratie a été inventée en Uruguay, pourrions-nous dire ». Ensuite, « les Uruguayens ont passé cinquante ans sans croissance, à remémorer leur victoire au stade du Maracanã, lors de la Coupe du monde de football de 1950 ». Du haut de ses 78 ans, l’ancien guérillero Tupamaro mêle histoire personnelle et histoire nationale : « Mes erreurs étaient le produit de mon temps, je les assume. Mais il y a des fois où j’ai envie de crier : si seulement nous avions la force de l’époque où nous cultivions autant l’Utopie ! »
Les mots de « Pepe » Mujica, plus débonnaire que jamais, ont sans doute réveillé l’assemblée générale. Dans un même élan, le président uruguayen a lié la dette sociale et la survie de la planète : « Au lieu de faire la guerre, il faudrait mettre en œuvre une politique néo-keynésienne à l’échelle planétaire, pour abolir les problèmes les plus honteux. » Comment ? « Le monde requiert des règles globales qui respectent les avancées des sciences », ajoute Mujica. Hélas, « l’ONU languit et se bureaucratise faute de pouvoir et d’autonomie, et de reconnaissance démocratique du monde fragile qui constitue la majorité ».
Reprenant à son compte l’inquiétude des écologistes les plus visionnaires, si ce n’est apocalyptiques, Pepe Mujica dresse un réquisitoire contre une civilisation mensongère, qui a érigé un idéal illusoire, insupportable pour les ressources de la Terre : « Civilisation contre la simplicité, contre la sobriété, contre tous les cycles naturels, et ce qui est pire, civilisation contre la liberté que suppose d’avoir le temps pour vivre les relations humaines, l’amour, l’amitié, l’aventure, la solidarité, la famille… » Les murs du siège de l’ONU résonnent encore des paroles prophétiques du président uruguayen.

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