Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

vendredi 2 novembre 2012

Déclaration de la société civile africaine : appel pour une interdiction des OGM


Introduction
Nous soussignées, organisations de la société civile de l’ensemble du continent africain, appelons par la présente à une interdiction immédiate et totale de la culture, de l’importation et de l’exportation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le continent africain.

Nous exhortons les gouvernements d’Afrique à prendre les mesures nécessaires à la protection de la santé de leurs populations, en soutenant le présent appel et en s’engageant à mener à bien, sur le long terme, des études indépendantes et faisant autorité en matière de sécurité alimentaire.

Nous appelons également les gouvernements d’Afrique à bien vouloir prendre note de nos objections supplémentaires concernant les OGM. Celles-ci concernent le brevetage du vivant et la privatisation de l’agriculture, qui a plongé les paysans, les communautés rurales et les peuples autochtones dans la dépendance vis-à-vis du monopole des entreprises semencières privées. Nous sommes par ailleurs extrêmement préoccupés par les impacts négatifs sur la biodiversité et les changements climatiques de l’agriculture industrielle basée sur la technique transgénique.
 Nous ne pouvons ignorer l’épidémie de suicides qui a frappé les paysans indiens, résultat direct de la dépendance de ces derniers vis-à-vis du coton génétiquement modifié et des coûts croissants qui en résultent, sans parler de la dette ingérable qu’ils ont ainsi contractée.

Incertitude scientifique concernant la sécurité alimentaire
En septembre 2012, le Professeur Gilles-Eric Séralini et son équipe de recherche à l’Université de Caen, en France, ont publié les résultats d’une étude toxicologique de deux ans, lors de laquelle des rats nourris avec du maïs transgénique tolérant à l’herbicide de Monsanto, le NK603, et des résidus de glyphosate, ont développé des tumeurs et présenté des signes de lésions du foie et des reins. L’étude, révisée par des pairs, publiée dans une revue scientifique hautement respectée, a été la cible d’attaques violentes et nourries de la part de l’industrie des biotechnologies.
Cependant, un consensus scientifique a surgi de la controverse, selon lequel les méthodes actuelles utilisées par Monsanto et les autres entreprises du secteur pour tester la sécurité des aliments GM sont dangereusement inappropriées et que des études de long terme, indépendantes et publiques, sur la sécurité alimentaire de ces produits, doivent être menées à bien de manière urgente. Nous notons également avec une préoccupation certaine l’absence de protocole internationalement reconnu en ce qui concerne les tests d’OGM à long terme. 

Le principe de précaution
Notre appel à une interdiction s’appuie sur le principe de précaution, qui stipule que face à une menace de préjudices sérieux ou irréversibles, l’absence de certitudes scientifiques totales ne peut justifier l’ajournement des mesures pour éviter ces préjudices. Ce principe est la pierre angulaire du Protocole de Carthagène sur la Biosécurité des Nations Unies, le seul accord à portée internationale sur les OGM. Même l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (accord SPS) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) soutient un tel moratoire dans ces circonstances d’incertitude scientifique.[1] <#_ftn1> 

Le maïs est un aliment de base en Afrique
Nous insistons sur le fait que le continent africain est particulièrement vulnérable aux risques liés à la sécurité alimentaire, si l’on tient compte du fait que le maïs constitue l’un de nos aliments de base importants. Des millions d’Africaines et d’Africains consomment du maïs quotidiennement, sous forme semi transformée. Bien que l’Afrique du Sud soit le seul pays du continent à cultiver du maïs transgénique à l’échelle commerciale, des milliers de tonnes de maïs transgénique sont exportées vers divers pays africains depuis l’Afrique du Sud, tandis que les rayons des supermarchés du continent tout entier regorgent de produits à base d’OGM. De plus, des tonnes d’aliments transgéniques provenant des Etats-Unis et d’autres pays producteurs d’OGM sont distribuées aux Africains sous forme d’aide alimentaire. 

Interdisons les OGM en Afrique
Reconnaissant que des millions d’Africaines et d’Africains ont consommé et consomment du maïs transgénique et d’autres produits GM à leur insu ou sans leur consentement ;  
Et considérant le nouveau consensus concernant la nécessité de mener de manière urgente des études indépendantes, sur le long terme, portant sur la sécurité alimentaire de ces produits ;
Nous encourageons fortement les gouvernements d’Afrique du Sud (en sa qualité de producteur unique d’aliments GM sur le continent), ainsi que tous les autres gouvernements africains important des OGM ou des produits GM, à répondre de manière urgente à notre appel en faveur d’une interdiction.
Nous encourageons les décideurs politiques à suivre les recommandations de l’IAASTD (Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles pour le développement, de l’anglais International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development). L’IAASTD recommande que les décideurs politiques abandonnent l’agriculture industrielle et les OGM, et se tournent vers les systèmes de production alimentaire appropriés aux millions de paysans et petits producteurs de par le monde, qui sont à l’origine de la plupart des aliments produits pour la population mondiale.
----
1]  « Art 5.7—Dans les cas où les preuves scientifiques seront insuffisantes, un Membre pourra provisoirement adopter des mesures sanitaires ou phytosanitaires sur la base des renseignements pertinents disponibles, y compris ceux émanant des organisations internationales compétentes ainsi que ceux qui découlent des mesures sanitaires ou phytosanitaires appliquées par d’autres Membres. Dans de telles circonstances, les Membres s’efforceront d’obtenir les renseignements additionnels nécessaires pour procéder à une évaluation plus objective du risque et examineront en conséquence la mesure sanitaire ou phytosanitaire, dans un délai raisonnable. »
-(Please distribute and sign at www.acbio.org.za/activist)--

TV Lobotomie - La vérité scientifique sur les effets de la télévision


Pour les spécialistes, tel Michel Desmurget, il n'y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l'attention, l'imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l'alcoolisme, la sexualité, l'image du corps, le comportement alimentaire, l'obésité et l'espérance de vie.
http://www.youtube.com/watch?v=NvMNf0Po1wY
Sans commentaire ...

(voir le lien dans le 1er commentaire)
Sans commentaire ...

jeudi 1 novembre 2012

Loi de finance 2013 : Budget réservé au palais est de: 2.576.769.000 Dh.

Par Soufiane Boujnane, 1/10/2012
‎

C'est 4,5 fois le budget du ministère de la culture, 3,7 fois le budget du ministère de la Solidarité".

وكالة انباء الشمال#عاجل وخطير من مدينة امنتانوت: 

Abou Rayhan Otmazirt


حالة ثانية للوفاة بالشارع بامنتانوت لغياب اسعاف ومستشفى بالمدينة :الصورة حقيقية من عين المكان
على مراى ومسمع من المارة وسط سوق المدينة شخص يغمى عليه ويسقط ارضا وبعد انتظار طويل لاسعاف .وافته المنية في الشارع قرب مقهى المحطة .انها فاجعة جديدة وماساة انسانية بعد عيد الاضحى..
فبعد موت سيدة عجوز بالشارع العمومي قبل ايام دون اسعاف او طبيب .هذه لمرة رجل في الستينات من عمره ينحدر من حي سيدي علي اسحاق.يعني الدور ات علينا وعليكم.فلننتظر .انا معكم منتظرون .

Premier jour de la visite de Ross au Sahara Occidental

A Laâyoune, Christopher Ross s’entretient avec le Polisario de l’intérieur



Christopher Ross
L’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, l’Américain Christopher Ross, s’est entretenu aujourd’hui avec plusieurs représentants du Polisario à Laâyoune, au Sahara occidental.

Ross, qui était accompagné de responsables de la MINURSO, la mission des Nations unies au Sahara occidental, avait face à lui l’avocat Mohamed Lahbib Rguibi, le frère de Mohamed Abdelaziz, Ali Salem Tamek, Aminatou Haïdar, Mohamed Moutaouakil et Larbi Messaoud.
De 9h du matin à 11h10, les cinq indépendantistes ont fait au représentant onusien un long exposé sur la situation dans la région. Selon un témoin, « ils se sont plaints de la militarisation de la région, de l’interdiction de manifester et de s’exprimer librement, de la  la torture dans les commissariats de police et les geôles de la DST, ainsi que du problème général des droits de l’homme au Sahara occidental ».
Les drames de Gdeim Izik et celui, postérieur, de Dakhla ont été évoqués, ainsi que le cas des 526 Sahraouis toujours disparus depuis le début du conflit.
Selon la même source, après les avoir longuement écouté, Ross a posé des questions précises sur les droits de l’homme dans cette zone en conflit.
 Demain
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=22610

Vague d’arrestations contre les militants subsahariens: Dernières mises à jours

Publier sur Mamfakinch Mamfakinch 24 Follow us on Facebook


Voici les dernières mises à jour de notre article publié hier par Mamfakinch concernant l’arrestation d’une trentaine de militants migrants subsaharien et le traitement inhumain qu’ils subissent :

D’après M. Amari de la section d’Oujda de l’AMDH les migrants ont été transportés par la police hier soir aux alentours de 19h depuis le commissariat central d’Oujda ou ils avaient été transférés la veille depuis Rabat, vers une caserne des forces auxiliaires qui se situent à quelques mètres seulement de la frontière algérienne. Les migrants, une trentaine, seraient restés là, regroupés dans la cour de la caserne, menottés, dans le froid, sans nourriture depuis 24h qu’ils avaient été arrêtés à Rabat le soir du mardi. Ils auraient été rejoints en milieu de soirée par un autre groupe de migrants, menottés eux aussi, venus de Nador et Houseima. L’AMDH estime leur nombre à 22.

A 01h30, le matin du jeudi, les migrants sont sommés par des militaires du poste frontière de quitter la caserne et de marcher vers la frontière. « Vous allez tous marcher jusqu’à l’autre bord » leur cria un militaire, nous décrie M. Eric William, un migrant camerounais faisant partie du groupe et que nous avons pu joindre par téléphone. « La frontière à cet endroit est une rivière asséchée. Au bout de quelques mètres de marche dans le noir ils durent vite se retrouver nez à nez avec les gardes-frontières algériens à l’autre côté du oued, » nous explique notre contact à Oujda. Après quelques mètres de marche dans le noir les migrants affirment que les militaires algériens ont tiré plusieurs balles dans l’air pour les dissuader de traverser. Dans la panique, les migrants durent se disperser le long du oued.

Un groupe a dû marcher plusieurs heures dans la direction du Maroc dans l’espoir de retrouver la route nationale numéro 6, leur seul espoir à cet endroit de retrouver de l’aide, nous explique toujours notre contact à l’AMDH.

Certains portables, restés « miraculeusement chargés, » nous explique l’un des migrants, leur ont permis d’entrer enfin en contact avec des militants de l’AMDH à Oujda. Ceux-là même qui avaient essayé de leur apporter à manger la veille.

Des militants, dont M. Amari, purent les rejoindre vers 2h45 sur la route nationale. Ils les accompagnèrent à pied jusqu’à Oujda qui se trouvait à 11km de là.

Parmi les migrants, l’AMDH a pu identifier deux mineurs âgés respectivement de 16 et 17 ans.

Les migrants sont actuellement regroupés près du campus de la faculté de Oujda, dans la forêt de Sidi Maafa ainsi qu’au nord de Hay Salam ou ils ont pris refuge à proximité de la faculté des Lettres.

Nous avons tenté de joindre un responsable au ministère de l’intérieur pour une déclaration à propos cette histoire mais sans succès.

Nous vous tiendrons au courant dès réception de nouvelles informations.

Communiqué de soutien à Ahmed Benseddik et lettre ouverte

Par  A. EL FEHLI président MRE International, 23/10/2012

Suite à la lecture de plusieurs publications (articles de presse, communiqués, compte-rendus…etc.) concernant ce que nous appelons désormais « l’affaire Benseddik », à la rencontre l’un de nos représentants avec l’intéressé et à l’étude de toutes les pièces qu’il nous a fournies, nous, l’organisation mondiale des marocains résidant à l’étranger (MRE International) :

- Attestons de la révélation d’importantes malversations financières dilapidant les deniers publics et mettant en péril la sécurité des biens et des personnes.

- Engageons la responsabilité de l’Etat marocain à son plus haut niveau de gouvernance quant aux conséquences qui pourraient se révéler catastrophiques

- Condamnons ce mépris réservé à tous les citoyens honnêtes détruisant leur vie socio-professionnelle dans l’indifférence et le déni irresponsable de leurs droits fondamentaux

- Exigeons une enquête impartiale rendant justice à M. Benseddik et condamnant les coupables quelque soit leur stature

- Rappelons que malheureusement, il y a beaucoup de cas similaires à celui de M. Benseddik qui doivent être résolus sans délais et que ceci prouve qu’il s’agit là d’un modèle destructeur de toute initiative positive pour notre pays au profits d’intérêts bassement matérialistes et immoraux

Vu tout ce qui a précédé :
- Nous déclarons notre soutien à M. Benseddik et tous les autres cas similaires et notre engagement à tout faire pour que justice soit rendue.
- Nous nous mettons à la disposition de son comité de soutien pour toute action qu’il jugera utile dans la résolution de cette affaire

URL courte:http://www.demainonline.com/?p=22437

------------------------------------------------------

Lettre ouverte à M. Le Chef du Gouvernement Marocain


Rabat, 30 octobre 2012

Lettre ouverte à M. Le Chef du Gouvernement Marocain
De la part du comité de soutien à Ahmed Benseddik

Objet : Attitude irresponsable

Comme vous le savez  notre comité a été créé le 26 mai 2012 afin d'assurer le suivi des affaires de « corruption » et d'abus de pouvoir révélés  par M. Ahmed Benseddik et prendre toutes les initiatives possibles pour contrer l'indifférence des autorités.

C’est ainsi que nous vous avons saisi par écrit le 8 juin 2012 pour vous solliciter un rendez-vous  et vous rappeler aussi la pétition de solidarité signée fin octobre 2011 par des acteurs civils, politiques et des défenseurs des droits de l'homme, y compris deux ministres  de votre gouvernement, M. Khalfi et M. Boulif. Ce dernier avait même déclaré que si M.Benseddik n’était pas réhabilité dans ses droits, la Constitution de 2011 n’aurait aucun sens, ajoutant que les Marocains jugent les actes et non les paroles.

 Face à votre silence et votre refus de nous recevoir, nous avons organisé le 16 Octobre 2012 un sit-in, première action de protestation pour exprimer notre condamnation de votre attitude irresponsable et de votre refus d’honorer vos engagements en matière de lutte contre la corruption.

Notre comité estime que la politique de la sourde oreille adoptée par le gouvernement vis-à-vis de cette affaire  est inacceptable et n’entamera en rien notre détermination à persévérer dans notre juste combat visant à rétablir la justice et connaitre la vérité.

Nous vous tenons pour responsable, en tant que chef de l’Exécutif qui dispose de l’administration Marocaine, de tout développement futur que pourrait  connaitre cette affaire.

Salutations cordiales.

Signé :
Khadija Riyadi
Abdelkader Alami
Mohamed Hakiki,
Abdelilah Benabdeslam
Ahmed Merzouki
Ahmed Wayhman




 

ACAT : Appel urgent en faveur de Houcine Elghourmi prisonnier sahraoui



 ACAT Semaine 44 (29 octobre - 4 novembre 2012)

Intervenez avant le 25 novembre 2012
 
Maroc
Vous souhaitez intervenir en faveur de Houcine Elghourmi :
  • Écrivez au roi du Maroc
Par courrier : affranchir à 0,89 euros - Fax : 00.212.53.77.68.515
  • Adressez une copie de votre lettre à l'Ambassade du Maroc
5 Rue Le Tasse - 75116 Paris- Fax : 01.45.20.22.58 - info@amb-maroc.fr

Sa Majesté le Roi Mohammed VI
Palais Royal
Rabat
MAROC

Sire,

Sur la base d’informations communiquées par l’ACAT-France, je vous exprime ma plus grande préoccupation concernant la situation de Houcine Elghoumri, un Sahraoui incarcéré à la prison de Mohammedia où il purge une peine de dix ans d’emprisonnement pour constitution d’une bande criminelle vraisemblablement en raison de son militantisme en faveur de l’indépendance du Sahara occidental.
Après son enlèvement par la DGST le 1er avril 2010, Houcine Elghoumri a été interrogé pendant 24 jours dans ce qu’il a identifié ensuite comme étant le centre de détention secret de Temara. Pendant l’interrogatoire, il a été roué de coups de bâtons, de poings et de pieds et contraint à boire de l’eau de javel, entre autres méthodes de torture. On lui a fait signer des documents qu’il n’a pas eu le droit de lire.
Il n’a pu voir un avocat pour la première fois que plus de cinq mois après son arrestation.
Dans la prison d’Oukacha, puis dans celle de Mohammedia, il a été victime de harcèlement de la part des gardiens et a été torturé à deux reprises en avril 2011 et en août 2012. Son avocat a porté plainte pour torture mais l’enquête en est au point mort.
Le 11 septembre dernier, l’ACAT-France a adressé une communication au Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture le concernant.

Conformément à la Convention contre la torture et au PIDCP auxquels le Maroc est partie, je vous demande de :
·       ordonner la libération immédiate de Houcine Elghoumri si sa condamnation n’est motivée que par l’expression de son engagement politique ;
·       diligenter une enquête sur les allégations de torture et de mauvais traitements.

Je vous prie d’agréer, Votre Majesté, l’expression de ma plus haute considération.

APSO/Reseau : lettre à François Hollande, président des français

Par APSO/Réseau, 31/10/2012


Lettre à François Hollande, président des Français

Ce courrier a été envoyé il y a une semaine à Monsieur le Président de la France, il est sans réponse. 
Aujourd'hui mercredi 31 octobre, Monsieur Christopher Ross est arrivé vers 14h locale à Elaiun, au Sahara Occidental. Le déploiement des forces militaires, policières, sécuritaires est démesuré. Que craint le gouvernement colonial marocain? ou que démontre-t-il ? 
Est ce pour protéger Ross des Sahraouis qui lui font confiance, des colons marocains qui n'ont qu'une très faible compréhension de la situation, se protéger des manifestants sahraouis pacifiques ??? 
À suivre, et surtout notre France face à ses responsabilités. 
APSO, 31 octobre 2012

----------------------------------- 
Le 24 octobre 2012

M le Président de la République Française

Vous allez recevoir prochainement M. Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara Occidental.

Notre organisation d’Amis du Peuple du Sahara Occidental (APSO) -, et son réseau d'associations françaises signataires ci-dessous, soutiennent solidairement les Sahraouis dans leur lutte au quotidien pour la défense du droit légitime de leur autodétermination.

Nous souhaitons vous alerter et vous questionner sur le rôle de la France qui est aujourd’hui le principal Etat protecteur au sein du Conseil de Sécurité de l’occupation par le Maroc du Sahara Occidental.

Christopher Ross travaille à la résolution du conflit sur le territoire du Sahara Occidental pour sa décolonisation, et va accomplir du 28 octobre au 15 novembre prochain, une tournée de rencontres des protagonistes directs ou indirects dans ce conflit, dont la France.
Vous le savez, le Sahara Occidental est un territoire non autonome, et les déclarations et résolutions de l’ONU, comme la position de l’Union Africaine reconnaissent au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination sur son avenir et sur sa terre.

Les gouvernements précédant le vôtre ne se sont pas illustrés par leur rigueur à respecter le droit international. Ils ont soutenu une position illégale, une autonomie imposée au peuple autochtone sahraoui sans respecter leur droit à l’autodétermination, droit réaffirmé par de nombreuses déclarations de l’ONU tous les ans depuis les années 60.

Ce soutien à une solution irréalisable n’a fait que maintenir le blocage dans une situation paradoxale, dans laquelle nous subvenons aux besoins urgents des réfugiés Sahraouis, pendant que le Maroc, pays colonisateur d’une importante partie du Sahara Occidental, exploite pour son compte, en toute illégalité, mais pour d’importants bénéfices, les ressources naturelles du Sahara Occidental.

Les positions probablement vénales de vos prédécesseurs ont éloigné la France de la position exemplaire qu’exigent nos valeurs historiques. Malgré toutes les évidences, notre pays s’est montré lâche ou corrompu, soutenant le renouvellement de l’accord de pêche UE Maroc alors que le service juridique du Parlement Européen en avait établi l’illégalité en l’état. Validant l’accord UE Maroc de libéralisation des produits agricoles alors que de la même façon que pour l’accord de pêche, les frontières marocaines ne sont pas explicitement signifiées dans le document. Ou utilisant la menace de son droit de veto pour empêcher la mission de l’ONU pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO) de surveiller le respect des droits de l’homme, notamment de dénoncer les exactions quotidiennes des représentants du gouvernement marocain sur les habitants autochtones sahraouis dans la partie occupée du Sahara Occidental.

À ce sujet, l’actualité est alarmante et si vous suivez les actualités internationales pour cette région du monde, vous avez eu connaissance des conclusions du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, du Centre Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l'homme, du département d’Etat américain, de la Ligue française des droits de l'homme (LDH) qui tous dénoncent les violations graves des droits de l’homme du Maroc sur les Sahraouis.

Notre France ne peut avoir deux visages, agir pour soulager la souffrance des peuples syriens et libyens et ignorer encore la souffrance des Sahraouis qui dure depuis plus de 37 ans.

La position de la France est une clé de ce conflit, parce qu’elle a le pouvoir d’au minimum une neutralité, qu’elle n’a jamais respecté et au maximum d’une pression sur le Maroc.

Monsieur le Président de la République, nous espérons que vous accorderez toute votre attention à M. Christopher Ross, qui œuvre en fait comme notre agent international.

- Allez-vous en notre nom soutenir le référendum d’autodétermination et exiger sa mise en place dans les plus bref délai ?
- Allez vous de nouveau en avril prochain nous faire boire le calice de la honte jusqu’à la lie, en utilisant à nouveau le droit de veto français pour empêcher la protection par la MINURSO des droit humains de résistants pacifiques sahraouis ?
- Allez-vous respecter la position de votre propre parti exprimé dans des documents publics, et signés par votre actuel Premier Ministre, M Ayrault?


Puisque vous êtes abondamment informé de la version marocaine de la situation, à un point qu’il vous est peut-être difficile de retrouver les fondamentaux de la vérité, de la neutralité ou du droit international ;
- Allez vous, en accord avec l’engagement de votre discours d’investiture de respecter tous les peuples, recevoir le président de la RASD  et œuvrer pour reconnaître cette République, de même que l’UA  et 81 Etats l’ont fait jusqu’à aujourd’hui?

Ce geste sera le seul signe d’un vrai changement de la politique française dans la région, le reste ne serait que la rhétorique habituelle de la politique extérieure française dans le Maghreb, avec ses inavouables conflits d’intérêts y compris de la part des membres de votre gouvernement.

Nous espérons que vous entendrez notre attachement en nos valeurs nationales et pensons pouvoir croire en la probité de votre gouvernement.
Nous sommes à votre disposition, Monsieur le Président de la République, et vous prions d’agréer l’expression de nos salutations les plus respectueuses.

APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental, apsolument @yahoo.fr
APSO 35 Bretagne, apso35 @free.fr
APSO Avignon, apsoavignon @yahoo.fr
APSO Lyon, lautrecotedumur @yahoo.fr
ARSF, Association des Sahraouis Réfugiés en France, associationarsf @gmail.com
Arcadie, Aubagne, arcadie5 @caramail.com
Association des Sahraouis en France, asso.sahraouis.france @hotmail.fr
Cercle du livre progressiste (Givors)
COMIPSO Toulouse, isabellec816 @yahoo.fr
Of2ps, Marseille, talebga @yahoo.fr
Solidarité Maroc 05, solidmar05 @gmail.com
Solensahr 38, solensahr @yahoo.fr

mercredi 31 octobre 2012

Le reliquat de mon Maroc ...

Il est 1h49 du matin, on est mardi, demain j'ai une longue journée mais je m'en fous, je ne stresse même pas. Demain je vais purger ma race, mais je m'en fous. Ce soir, J'ai le blues de mon Maroc et son reliquat me fait hurler de rage.

Mon fils dort dans la chambre d'à côté, et mes parents qui sont venus passer l'Aid chez moi pour lui apprendre à dire les 9a, les kha et les 7aa dorment dans la chambre d'amis, à moins qu'ils soient entrain de regarder la télé dans le salon. Mais on s'en fout, moi je suis dans ma chambre, porte fermée comme d'habitude, lumière tamisée et ''Killing me softly '' en version originale.

Quand je suis dans ma phase autiste, ils comprennent et ils n'insistent pas et ce soir c'est un peu le cas.

L'histoire de Ben Berka m'a touchée plus que les autres années.

J'ai lu sur FB un magnifique article d'un ami qui est entre Moscou, Dubai et je ne sais où et qui m'appelle ''petite fleur''. Son article portait sur tous ces hommes qui ont disparu et ça m'a rendue profondément triste, de cette tristesse qui se transforme en rage ou en larmes, ça dépend.

J'ai vu passer le salaire du roi, et les dépenses pour ses animaux, et ça m'a fait monter des larmes de rage. Puis je me suis sentie mal, j'ai eu envie d'insulter, de crier et de pleurer. Mais je n'en ai rien fait parce que je suis adulte et les adultes ne peuvent pas faire comme les enfants, ils doivent trouver d'autres exécutoires .

J'ai pensé à Naïma dont je parlais dans un de mes posts, à la vie qu'elle a du avoir et tout ce que le Maroc lui a fait subir. Quand je dis Maroc, je pense aux ''autres là'' dont je évolten'arrive même pas à dire le nom parce que je sens que je vais devenir mal élevée et avec mes parents juste à côté j'ai un peu de mal.

Je pense à une femme dont j'ai vu le portrait sur Demain-On-Line, avec un avant et un après pour le moins particulier. Avant, magnifique femme en tenue sahraouie au regard fier et aux yeux qui disent ''qu'est ce que tu me veux, je t'emmerde, je sais ce que je vaux'', et un après. Après, c'est après son passage dans un commissariat marocain où on lui a littéralement fracassé la gueule, le visage totalement tuméfié, les yeux disparaissant devant d'énormes hématomes et la bouche complètement déformée. C'est quoi ça ? Mon dieu. c'est quoi, ce pays ? En voyant cette photo, j'ai pensé aux mecs qui ont fait ça et ce qui leur passait par la tête pendant qu'ils lui fracassait sa gueule. J'ai eu envie de hurler de rage. C'est quoi ces conneries ? Mais c'est quoi ces putains de conneries ?

J'ai pensé à cet ami, pour qui je me suis prise d'affection et que je n'ai jamais vu, qui reprend parfois certain de mes posts et m'envoie des encouragements en MP. Cet ami vit au Maroc et pour fêter le mouton, il a fait 34 h de grève de la faim pour soutenir les détenus politiques qui crèvent dans les prisons de mon Maroc. J'ai pensé à lui et à tous les autres, à toutes ces énergies gâchées, à toutes ces vies sacrifiées et ces bonheurs irréversiblement enterrés. Mais pourquoi putain ? Mais c'est quoi ces putains de conneries ?

J'ai pensé à deux Geishas que j'ai croisées dans un café à Lausanne la semaine dernière, le visage totalement déformé par le Botox et l'allure de putes de Khribgua avec le langage et l'attitude qui va avec. Ce ne sont pas des détenues politiques, on ne leur a pas fracassé la gueule dans un commissariat, mais ce sont des putes botoxées à Lausanne avec des vies tout autant gâchées et des bonheurs tout aussi irréversiblement enterrées. Mais c'est quoi ces putains de conneries ?

Puis j'ai pensé à tous mes amis, pour qui j'ai une affection sans borne, un respect et une admiration sans limite, qui ont pris la décision de ne plus mettre les pieds au Maroc et qui ont payé leur Maroc beaucoup trop cher. Cette réaction que je trouvais excessive au début commence à trouver une certaine raison à mes yeux. C'est insupportable. Autant d'injustice, autant de despotisme, autant de domination et de tyrannie. Pour des esprits nobles et profondément humains je peux comprendre que la morale exige de ne plus cautionner et de boycotter. Je n'en suis pas encore là. Mais putain qu'est ce que j'enrage.

Mais putain c'est quoi ces conneries ? Pourquoi ils ont fait ça à mon Maroc ? Pourquoi ils ne veulent pas comprendre qu'on n'hérite pas d'un pays ? on hérite d'une maison, d'un château, même dans l'Oise, on hérite d'un compte en banque. Mais pas d'un pays, pas d'un peuple. Avec tous les spécialistes qu'ils peuvent se payer, pourquoi personne ne leur dit que ça ne peut pas durer éternellement ? Pourquoi il n 'y a pas de personnes censées dans leur entourage qui puissent leur expliquer que leurs conneries doivent s'arrêter ?
N'ont -ils pas lu l'Histoire, n'ont-ils pas vu leurs voisins ?
L'argent et le pouvoir rendent-ils à ce point autistes et aveugles ?
Mais putain c'est quoi ces conneries?

Je vois le reliquat de mon Maroc, j'ai les larmes qui me montent aux yeux. Je pleure. Moi j'aime mon Maroc. Ce n'est pas le leur, c'est le mien, c'est le nôtre.

Ils l'ont hérité ? Mon cul wé. Ils ont hérité juste l'idée de leur héritage. Le reste ce sont des putains de conneries.

Puis je pense à l'Histoire, je pense à l'histoire que mon ami crooner m'a raconté sur la naissance de la démocratie en France. Puis, je me rappelle que la démocratie est toujours venue d'une minorité, j'essuie mes larmes, j'embrasse mon Maroc et son reliquat, et je vais dormir.

Marocaine version ''putain c'est quoi ces conneries?''

Les damnés de la mer


Par Salah Elayoubi sur une video d'Arte , 30/10/2012

Prendre une soirée pour lire ce magnifique texte de Salah Elayoubi à partir d' une remarquable longue vidéo d'Arte qui met le doigt sur l'insoutenable réalité d'un peuple opprimé par son ex "roi des pauvres"(qui l'a cru ?) devenu "roi prédateur".(ndlr)



Celui qui méconnaît  la réalité marocaine, dans ses méandres profonds, pourrait penser qu’un documentaire consacré au pays du couchant, est synonyme d’exotisme. Mais celui diffusé par la chaîne culturelle  franco-allemande ARTE,  ce vendredi 26 octobre,  avait plutôt des allures de réquisitoire  implacable contre les méthodes de gouvernance, en vigueur dans notre pays et l’irresponsabilité des autorités dans le traitement du dossier de la pêche et de nos ressources halieutiques.
Le reportage est un contre-pied cinglant de ces images d’Epinal qui brossent un tableau de rêve d’une « Essaouira, perle du Sud ». Le rêve s’est depuis longtemps évanoui, sous les coups de boutoir de l’incurie. Il s’est mû en cauchemar. Les premières minutes du film sont annonciatrices du drame qui couve entre plage déserte, balayée par le vent et oblitérée par la présence incongrue d’un arbre squelettique, au premier plan, rochers maculés, remparts défraîchis, port paralysé, murs rongés par l’humidité et le sel, usines sinistrées et cannibalisées, ruelles désertes, quais défoncés et jonchés de détritus et de sacs en plastiques.
On se croirait en Tchétchénie, en Syrie, en Afghanistan ou partout ailleurs, où sévit la guerre, plutôt qu’au Maroc, dont on nous dit qu’il est « Le pays qui fait grandir les âmes ». Ce Maroc-là, triture les âmes des siens, les malaxe, les mâchouille, les hache menu, avant de les recracher, défaites.
Même les mouettes d’habitude si rieuses, y ont laissé leur sarcasme et l’éclat de leur plumage et ne semblent plus se réjouir du spectacle de tant d’infortune. Leurs cris stridents sont autant d’injures,  à l’endroit de ces humains qui ont précipité leurs semblables, en pareille tragédie.
De rage, un pêcheur désœuvré, blouson de cuir, autrefois noir et pantalon à camouflage, menace de faire un sort à coups de sandale de plastique, à ces ricanants volatiles, venus grappiller quelque improbable pitance jusqu’à ses pieds.  C’est que ici, tout n’est que rage et désespoir !
Il y a longtemps. Fort longtemps que les embarcations des pêcheurs n’ont plus connu d’embellie. Tels de curieux cétacés que la marée aurait rejetés sur la terre ferme, les barques dressent dans une attitude de désespoir, une quille pathétique et implorante, vers le ciel.
Pourtant, le bleu, couleur de l’espérance règne en maître,  urbi et Orbi !  Omniprésent, il pare, ton sur ton, les coques des gros et des petits bâteaux, zèbre les persiennes, orne les huisseries, les portes, les fenêtres et les grilles en fer forgé, clôt les devantures, habille l’océan et teinte le ciel. Un ciel qui reste pourtant étrangement sourd à la psalmodie de ce pêcheur édenté et sans âge, au chapeau de paille antédiluvien, accablé par l’indigence de son étal,  fait d’un  vieux chiffon jeté à même le sol sur lequel  achèvent de pourrir au soleil, une dizaine de poissons :
-          «  Mon dieu ! Tu es Mon Seigneur et Mon Maître ! Toi si bon !……………»
Complainte poignante et inutile à la fois, tant semble impossible la tâche d’un sauveur hypothétique, dans cet océan de larmes et de désespoir !
Il manque quelque chose pour redonner vie à ce décor d’apocalypse, où quelques hommes trompent l’ennui et la mort, à coup de palabres inutiles et de verres de thé à la menthe.
Il manque l’étincelle de vie et de fierté qui fait scintiller les yeux des hommes et les fait chanter les lendemains heureux, dans le tintamarre et le boucan d’un port de pêche, digne de ce nom !
Il manque cette myriade d’écailles frétillantes et étincelantes sous les rayons du soleil, lorsque les filets ou les chaluts remontent des entrailles de la mer, lourds de promesses.
Il manque les violentes prises de becs et les hurlements indignés des mouettes, voltigeant à la poursuite de congénères chapardeurs de butin.
Il manque donc l’essentiel : le poisson !
Il avait, autrefois, fait la renommée de la ville, sa richesse et sa célébrité ! Le premier port sardinier du monde, haussait-on du menton !  Aujourd’hui disparu, il fait sa tragédie.
-«…. …..rien n’est fait pour protéger les ressources………le gouvernement leur vend toujours plus de licences de pêche………….…les chalutiers étrangers…………la pêche hauturière………..leur technologie…………..nous, les « gens traditionnels »…………….les barques ramènent plus rien………..Le poisson ne venait-il pas jusqu’à nous ?! ».
En quelques mots, tout est dit. Même si la langue se fait de bois et le discours prudent, face caméra, on devine une exaspération sourde  de voir, jour après jour, l’espérance se consumer.
Alors la rumeur court et va bon train, entre deux gorgées de thé. Il se raconte que là-bas, à Dakhla, le poisson est toujours aussi abondant et le rêve serait encore possible.
Pourtant, à plus de mille quatre cents kilomètres de là, dans la presqu’île de Dakhla, la route qui mène au rêve, ressemble tellement à une impasse. Une longue ligne droite, aux contours incertains, assaillis par les paquets de sable charrié par le vent impitoyable et inextinguible de l’Atlantique. Au bout de la route, semblant surgi de nulle part,  Sarga, un improbable port improvisé pour un millier de « pateras »,  pour desperados d’un genre tout marocain.  Un véritable cul-de-sac, où viennent s’échouer les existences et agoniser les rêves de vie meilleure. Pour beaucoup de ceux entrevus ici, c’est probablement le terminus d’une vie.
Dans ce paysage de fin du monde, où un chaos indescriptible règne en maître, la misère s’est faite pandémie. A côté, celle d’Essaouira ressemble à un bâtonnet de sucre d’orge !
Premières victimes de cette ruée vers l’or halieutique, les femmes. L’histoire ne nous raconte pas comment elles ont échoué ici. Sans doute un autre sujet de larmes. Telles des ombres émergeant de leur cahutes en torchis ou leurs tentes en chiffon, elles errent, sur le sable grisâtre, parmi les sacs en plastiques et les embarcations abandonnées, à la recherche d’une pitance pour leur progéniture.
Ici, nous sommes à des années-lumière, des résultats de la grande enquête sur l’égalité des sexes, intitulée « Global Gender Gap Report » du World Economic Forum et qui classe le Maroc à la cent vingt neuvième position. Les femmes, dans ce « No right land »,  sont moins que des humains, tout juste un peu plus que des bêtes.
A les voir, pauvres parmi les pauvres,  s’accroupir à même le sable, à plusieurs, en signe de soumission, face au pêcheur, pour quémander un calamar qu’elles se déclarent, disposées à partager avec leurs compagnes d’infortune, on saisit la dramaturgie de leur existence !
Comment se partage-t-on un calamar à plusieurs ? Dans quel sens se découpe ce fichu céphalopode ? En rondelles ou en lanières ? A qui revient le corps ?  A qui échoient les tentacules ?
Loin de ces préoccupations bassement terre-à-terre, à quelques encablures de là, est un chalutier suédois qui semble cracher sur toute cette misère !
-«  Ici on pêche toute l’année ! » Un aveu stupéfiant pour le ressortissant de l’une des plus belles et des plus vieilles démocraties du monde,  qui épargne son cheptel halieutique, mais s’accommode si bien du pillage de celui des autres.
- «  Nous sommes associés à une usine à Dakhla ! »
On se doute du genre d’association et de la qualité des associés !
Dans le poste de pilotage bourré de gadgets technologiques destinés à traquer le poisson, le responsable du bateau qui tient plus de la petite frappe déscolarisée, que du capitaine, ne se rend même plus compte de l’arrogance de son discours. Complice du pillage auquel il se livre, il se vante de n’avoir jamais essuyé le moindre reproche « ici », sans doute conscient de l’impunité que lui dispensent « les associés ». Un pur droit de cuissage.
Arte n’aura pourtant dévoilé qu’une partie infinitésimale de la gabegie et la cupidité criminelles qui se sont emparées de l’économie marocaine. On ressort de ce  reportage avec un profond sentiment de dégoût, doublé de l’accablement face à  l’injustice à laquelle concourent ceux-là mêmes qui, du haut des tribunes internationales,  vantent tous les jours, les mérites de la démocratie et des droits de l’homme !
Puissent-ils se regarder,  sévissant au large de ce pays qu’ils pillent sans vergogne  !
 http://videos.arte.tv/fr/videos/les-damnes-de-la-mer--7006482.html