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samedi 16 novembre 2013

Loi contrefaçon : La lutte contre la contrefaçon va t-elle nier les droits des agriculteurs ?

Comme au Maroc, resemer les graines devient un délit !

Par Roxanne MITRALIAS,  Confédération Paysanne, 13/11/2013

Le 20 novembre, les sénateurs discuteront et voteront en séance publique une proposition de loi « tendant à renforcer la lutte contre la contrefaçon », un sommet dans la recherche de profit absolu. Il n’est plus ici question de vendre et d’acheter. Il s’agit, pour les firmes, de s’approprier le savoir acquis au quotidien par les paysans d’aujourd’hui et d’hier.
En 10 000 ans d’agriculture, on ne s’était jamais posé la question. Les paysans ont semé et choisit, saison après saison, les graines qu’ils allaient replanter. De la même manière, les éleveurs ont sélectionné leurs reproducteurs. C’est leur métier. C’est ce qui fait aujourd’hui de l’agriculture un domaine riche de savoirs, ce qui nous a permis de conserver la diversité du vivant. C’est un patrimoine universel qui n’a pas de prix.
On le croyait en tout cas, jusqu’à ce que certains décident de se désigner comme propriétaires de ce patrimoine. C’est donc au nom de la « propriété intellectuelle » que quelques industriels feront payer, de façon systématique, les paysans qui ne faisaient alors que leur métier.
Cette proposition de loi, et l’arsenal juridique déjà existant, piègent de fait les paysans. Ressemer des semences, donc les reproduire, sera une contrefaçon. Le paysan pourra alors voir sa récolte simplement saisie par les services de l’État. Pour éviter tout problème, il devrait donc, chaque année racheter ses semences ou payer des royalties. Le fonctionnement sera le même en élevage pour les mâles reproducteurs. Et il n’y a pas d’échappatoire ! Tout paysan qui ne pourra présenter les factures de ses semences, de ses animaux ou de ses préparations naturelles sera considéré, a priori, comme étant dans l’illégalité. L’industrie se retrouve donc seule à avoir le droit de poursuivre le travail engagé par les paysans depuis des millénaires !
Cette loi, en criminalisant le métier même de paysan, nie leur savoir, et bafoue leur liberté. Elle porte aussi l’appauvrissement irrémédiable de la biodiversité. C’est cette responsabilité que nos élus portent en ce moment. Et il est de notre devoir de le leur rappeler.

Le collectif "semons la biodiversité", Terre et Humanisme
Merci de diffuser les documents en lien le plus largement possible et d'interpeller vos sénateurs.
- Lettre Sénateurs contrefaçon - Semons Biodiversité.pdf
La proposition de loi sur les contrefaçons sera discutée au Sénat le 20/11, notre amendement doit être porté et voté!
Notre Site Web: http://semonslabiodiversite.com
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cyberaction N° 586 : La lutte contre la contrefaçon va t-elle nier les droits des agriculteurs ?

Colère des paysans de Taliouine : comment le safran devient source de malheur !


Par Lahoucine Amal, 13/11/2013

Taliouine situé au sein de l’Anti Atlas et du Haut Atlas, deux grandes réserves d’eau (jbel Siroua à 3 304 m d'altitude et jbel Toubkal à 4165 m d'altitude), est une région essentiellement  paysanne. La culture du Safran  d’une haute  qualité biologique était la caractéristique de cette agriculture traditionnelle. 
Une belle activité traditionnelle
Chaque année dès le début de l’automne, les paysannes de Taliouine s’activaient à la récolte de cette fleur précieuse, activité socio-culturelle qui a de profondes racines  dans l’histoire paysanne de la région, en harmonie avec le cycle de la nature. Dès l’aube, leur panier à la main elles se rendaient dans les champs.
Mais « l’Or Rouge du Maroc » passe aux mains des rapaces de la finance
La cueillette de « l’Or Rouge du Maroc »  ainsi appelé au domaine du commerce touristique est devenue une exploitation proche de l’esclavage.  La fleur de couleur violette doit être enlevée avant qu’elle ne soit refermée par l’effet de la chaleur des rayons du soleil. Un difficile travail attend alors la paysanne à la maison après la récolte : elle passe des nuits blanches à séparer les étamines de la fleur : le Safran.
 
Ce travail de la femme paysanne est une activité parmi d’autres durant sa vie, transmise de mère en filles qui se préparent au mariage et à ce travail malheureusement sans salaire. Car la plupart des femmes paysannes qui travaillent aux champs du Safran, malgré ce dur travail au prix de leur sueur et de leur sang, ne reçoivent pas un dirham et restent toute leur vie dépendantes de leur homme. Ce dernier porte une partie de la récolte chaque semaine au souk (marché) : et en tire un petit revenu qui sert à payer les frais de la nourriture de la famille pendant une semaine. Mais ce revenu dépend de la décision des grands commerçants du Safran qui fixent le prix de vente pour chaque jour du souk.
Une double exploitation de la force du travail de la femme paysanne : aux champs et à la maison, et une valeur ajoutée dans les poches des grands commerçants. Au nom de la liberté du travail et des prix, le capital impérialiste intervient pour récupérer le taux de revenu que le capital comprador ne peut pas dominer. La marge de revenu qui était longtemps attribuée aux paysans n’est plus accepté dans le système capitaliste financier.
La qualité biologique exceptionnelle du Safran d’origine n’est plus qu’un souvenir !
 Des études scientifiques sur l’Or Rouge du Maroc ont été réalisées dans les laboratoires des pays impérialistes, véritable massacre de la qualité biologique de ce végétal ! Le safran naturel avait préservé depuis des millénaires ses propres capacités à se multiplier dans la terre de Taliouine, en  conservant ses caractères génétiques spécifiques, constituant l’ espèce unique  marocaine.
Mais l’appât du gain pousse les hommes de la science  à détruire tous les trésors que la nature a pu constituer depuis des millénaires, en mettant la main sur les ressources naturelles d’un pays déjà appauvri par le capital comprador. Ces deux systèmes, comprador et capitaliste, sont aujourd’hui bien liés pour assurer l’ exploitation sauvage des paysans.
 Dar le Safran
Dar le Safran (la maison du Safran) a été  construite à Taliouine en 2011. C’est une bourse commerciale de cette matière végétale. L’inauguration de cet établissement a eu lieu le 10 novembre 2011, veille de la victoire de la révolte tunisienne, début d’une ère modifiée de la vie du Safran marocain. La mafia constituée dans la région depuis 1956 à l’aube de l’indépendance , nouvelle forme d’occupation pour servir les intérêts du régime comprador, a maintenant atteint ses hauts niveaux.
Après avoir mis sa main sur les biens publics de Taliouine, la finance de la municipalité et des 13 communes rurales, le  vol systématique appliqué par cette mafia est installé au sein des conseils communaux. Des coopératives et des associations paysannes sont dirigées par les acteurs de ce groupe qui a de l’influence sur toute la vie des paysan(ne)s pauvres de Taliouine. Les chefs de la mafia, après avoir volé l’argent de la coopération Souktana à chaque restructuration de son bureau depuis les années 1970, ont une vaste marge sur les biens des paysans qui sont maintenant obligés de vendre leurs produits à Dar le Safran et attendre des mois et des mois le revenu de leur vente.
 De 30 dirhams (2,7 euros) un gramme de Safran en 2011 à 12 dirhams les années suivantes. C’est vraiment une catastrophe pour l’économie des pauvres paysan(ne)s qui ne peuvent pas arriver à comprendre le complot monté contre leurs intérêts par cette mafia !
Les bulbes génétiquement modifiés
Cette  entreprise de destruction du Safran est aussi catastrophique pour la commercialisation des bulbes du Safran de Taliouine. Le lobby sioniste organise l’achat des bulbes du Safran de Taliouine pour mettre sa main sur cette espèce naturelle Bio, et depuis deux années, il arrive à faire circuler des  bulbes génétiquement modifiés, qui ne contiennent pas le caractère génétique de multiplication : ils restent stériles pour obliger les paysan(ne)s à acheter la marchandise. Quel crime, celui commis par ces hommes de la science envers la nature et l’Homme ! Les pauvres malheureux paysan(ne)s sont choqués par cette catastrophe qui condamne leur  richesse d’excellente qualité bio.
Après avoir exporté l’agriculture du Safran dans d’autres régions, Errachidia, Oujda, Midelt, El Houz … le Safran a perdu  sa caractéristique végétale naturelle de Taliouine. Les  bulbes génétiquement modifiés sont la porte ouverte à  l’exploitation sauvage de l’eau, de la terre et des ressources naturelles de Taliouine.
Lutter contre cette scandaleuse exploitation !
Le seul moyen de lutter contre cette scandaleuse exploitation est de provoquer un soulèvement les femmes paysannes pour réclamer le respect du code du travail à travers  un mouvement ouvrier organisé. Sinon dans l’avenir l’exploitation des ouvrières agricoles risque de devenir catastrophique.
Le “Festival du Safran”
Depuis 2008 la mafia du Safran organise le “festival du Safran”. C’est l’occasion de réunir tous les acteurs du système d’exploitation sauvage des ressources végétales naturelles, des sociétés, coopératives et des associations qui y participent  pour applaudir ce programme. Des recettes, des plats et des cadeaux (paquets de Safran) leur sont remis pour les remercier de participer à cette guerre menée contre le Bio.
La colère des jeunes de Taliouine
A l’occasion de chaque festival des jeunes de Taliouine tentent d’exprimer leur colère sur ce qui se passe dans cette région isolée, avec le chômage au sein de la jeunesse, l’analphabétisme surtout parmi les femmes, le manque de services publics,  de centre de santé, l’insuffisance d’ enseignants et de classes d’enseignement, l’isolement des douars (groupements d’habitants isolés dans les montagnes), le manque d’assainissement…
La peur règne dans les montagnes à cause de la brutalité des forces de répression (gendarmes, agents des autorités), le tribunal de première instance de Taroudant est un appareil de répression systématique qui soutient cette terreur.
Le 09 novembre 2013, lors de la deuxième journée du festival de cette année des jeunes ont pu exprimer leur colère en organisant un sit-in devant le Dar le Safran. Au moment où les acteurs du vol des biens publics de Taliouine sont à table dans les salles de cette établissement, les jeunes manifestent leurs revendications en accusant ces voleurs des biens des pauvres paysan(ne)s. Un comité de suivi a été constitué  pour défendre les droits des paysan(ne)s à l’eau, à la terre, aux ressources naturelles et à la culture amazigh. 





 

Lettres de protestation du Bureau Syndical Provincial de Taroudant des Petits Paysans et Employés Forestiers

Par Amal Lahoucine, secrétaire général, 11/11/2013
 
Union Marocaine du Travail
Syndicat National des Petits Paysans et Employés Forestiers
Région du Souss Massat Drâa
Lotissement Monir Taflagt Taroudant
Bureau Syndical Provincial de Taroudant
   
A Monsieur l’ambassadeur de l’Allemagne
 au Maroc Rabat
Objet : lettre de protestation.
Monsieur l’ambassadeur, nous sommes désolés de vous exprimer notre colère sur ce qui se passe au sujet du projet G1 d’Aoulouz. Nous avons déjà envoyé deux lettres explicites sur les positions de nos organismes sur les revendications des petits et pauvres paysan(ne)s, en avril et aout 2013. Le jeudi 07 novembre 2013 le bureau régional du développement agricole d’Aoulouz avait organisé une réunion sur le même sujet et nous avons observé ce qui suit :
-         la participation de vos représentants à cette réunion. 
-          l’exclusion de notre syndicat et nos associations, on n’a  reçu aucune invitation à cette réunion. 
-    seule une association fabriquée par les survivances  du féodalisme y a participé pour exprimer ses revendications en contradiction avec les biens des paysan(ne)s.
-              le bureau régional du développement agricole d’Aoulouz avait lâché un débit d’eau du barrage qu’il a arrêté au moment où vos représentants ont quitté le lieu, pour les empêcher de voir  l’existence de notre propre source indépendante de l’eau du barrage. 
-               le projet G1 était basé sur l’exploitation de 18 millions de mètres cubes d’eau  à l'époque où les paysan(ne)s ont été chassés de leurs terres pour la construction de ce barrage, et vivent aujourd’hui encore dans des conditions proches de l’esclavage après avoir perdu leurs biens. Un autre lourd dossier que nous n'avons pas encore traité avec vous : où sont les droits de ces paysan(ne)s ? 
-                   les grands domaines des grands propriétaires à El Guerdan et Ouled Teima loin d’Aoulouz de 90 kilomètres ont bénéficié d’un canal souterrain amenant l’eau du barrage depuis 2008. Au moment où les terres des paysan(ne)s dans les communes de Lfid, Idaougmad et Irazan sont asséchées,  leurs terres collectives sont soumises à l’invasion des grands propriétaires d’une façon illégale qui dépouillent ces paysan(ne)s de leurs droits au développement durable, surtout la femme paysanne soumise elle aussi à l’exploitation dans des conditions proches de l’esclavage.
Pour cela, nous vous exprimons notre attachement absolu à nos revendications et à notre droit à l’eau de notre source dont l'exploitation  ne peut pas être remise en question par n’importe quel projet sans notre accord.
En outre, nous vous exprimons notre disposition à toute discussion qui soutient les droits économiques et sociaux des petits et pauvres paysan(ne)s d’Aoulouz. Et notre refus à tout projet qui ne se pose pas d'abord la question de la situation critique de ces dernières victimes de l’esclavage provoquée pas les politiques agricoles de ségrégation appliquées par l’Etat marocain.
Le secrétaire général
 Lahoucine Amal
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La position du syndicat paysan d'Aouloz sur le projet G1 soutenu par la banque allemande de développement (400 millions dirhams) !

Par le Bureau Provincial de Taroudant, 13/11/2013        

Les paysan(ne)s d'Aoulouz, comme tous les paysan(ne)s de Taroudant subissent de multiples formes d' exploitations par l'invasion des grands propriétaires sur les terre collectives, dans leurs propres domaines et  dans leurs coopératives et associations agricoles. 
Le vol des biens des paysan(ne)s par les sections de coopérative COPAG ( coopérative agricole Touksous à Aoulouz par exemple). *
Comment les voleurs des biens publics peuvent-ils arriver à la direction des organisations des paysan(ne)s pour mettre leur main sur l'argent des paysan(ne)s? Le président de la coopérative COPAG et son conseil administratif sont les premiers responsables en coopération avec le crédit agricole : ainsi tous les paysan(ne)s doivent payer l'argent volé ! Une autre façon d'exploiter les paysan(ne)s !  
Et quelle est la position de l’État envers ces lourds dossiers ? L'ensemble des coopératives et associations agricoles constitue une machine à broyer  le sang et la sueur des paysan(ne)s pour en extraire l'argent à verser au compte des grands propriétaires.
La banque allemande de développement entre en coopération avec l’État marocain sur la dite "modernisation d'irrigation" des terres des petits paysan(ne)s par la méthode du goutte-à-goutte sans savoir qu'elle entre en relation avec la mafia du vol des biens des paysan(ne)s. 
Dans la rencontre du 13 novembre 2013 sur le projet G1 d'Aoulouz, les responsables du syndicat paysan ont bien montré aux représentants de la banque comment ce marché est monté pour faciliter le vol des biens publics et comment la banque est entrain de s'introduire dans le conflit de l'eau à Aoulouz.

Depuis le début de la construction du barrage d'Aoulouz en 1985 les paysan(ne)s sont entrés dans une  ère d'exploitation sauvage, véritable esclavage pour réserver l'eau aux grands propriétaires au Souss. Le soutien de la banque ne peut être que l'appui à la politique des classes suivies par l’État dans le domaine agricole. Le syndicat paysan d'Aoulouz lutte depuis 13 ans pour le droit des paysan(ne)s à l'eau, à la terre et aux ressources naturelles, et il refuse tout projet qui ne met pas en considération le développement durable du travail de la femme paysanne,  exploitée dans les champs dans des conditions d'esclave. La femme qui passe toute sa journée à travailler pour une ou plusieurs vaches, pour offrir le lait à la coopérative COPAG qui récolte des milliards sur la sueur de 13000 familles paysannes à Taroudant.
*Une vidéo sur le vol d'argent de la coopérative 
Touksous d'Aoulouz : section de COPAG
https://www.youtube.com/watch?v=GV5p9C16U7w
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Union Marocaine du Travail ,                 
 Taroudant le 15/11/2013 
Syndicat National des Petits Paysans et Employés Forestiers
Région du Souss Massat Drâa
Lotissement Monir Taflagt Taroudant
Bureau Syndical  provincial de Taroudant
   A Monsieur l’ambassadeur de l’Allemagne  au Maroc
à Rabat
Objet : Pour ne pas introduire la banque allemande de développement dans le conflit de l’eau d’Aoulouz.
Monsieur l’Ambassadeur, nous sommes désolés de vous exprimer notre colère sur ce qui se passe au sujet du projet G1 d’Aoulouz. Nous avons déjà envoyé des lettres explicites sur les positions de nos organismes à propos des revendications des petits et pauvres paysan(ne)s, en avril, août et le 11 novembre 2013. Le mercredi 13 novembre 2013 nous avons participé à une rencontre avec les représentants de la banque allemande de développement qui soutient le projet G1 d’Aoulouz. Nous avons bien exprimé nos positions sur ce sujet comme suit :
1-     Il faut avant tout prendre en considération les revendications des associations Tafarzazte et Timilte qui sont constituées depuis cinq ans à l’initiative des paysan(ne)s et avec le soutien de notre syndicat. Les autorités et  le bureau régional du développement agricole de Taroudant s'opposent toujours à l’organisation des associations  paysannes indépendantes de l’Etat,ce qui est contradictoire aux libertés de la société civile, alors qu' un procès leur a donné le droit au reçu de dépôt,  (les deux associations ont tous les reçus de dépôts de leurs dossiers obtenus des autorités depuis quatre ans), elles sont donc légales.
2-               Il faut savoir que les paysan(ne)s de Tafarzazte et Timilt ont leurs propres sources au sein de la rivière Souss qui n’ont aucune relation avec le barrage Aoulouz, et seules nos associations ont le droit de les exploiter, selon leur droit depuis des millénaires. Le programme G1 soutenu par votre banque ne doit pas modifier nos sources naturelles ni exploiter ses eaux.
3-     Il faut savoir que nos ressources sont  biologiques, il  n’est pas  question d'y introduire  des modifications génétiques, ce que doit exiger le programme G1 sur les cultures dans l’avenir. Les paysan(ne)s sont attachés  aux cultures biologiques et en particulier celle de notre olivier de caractères purement bio. Votre banque, par son soutien à ce projet contre le caractère biologique de nos produits va commettre une grave faute  qu’elle ne pourra pas récupérer une fois que les cultures génétiquement modifiées auront envahi nos terres.
4-              Il faut savoir que notre point de vue  sur le développement durable de notre région ne peut être réalisée sans l’intégration de l'avis de la femme paysanne qui vit aujourd’hui dans des conditions proches de l’esclavage . Votre banque, par son soutien au programme G1, sera complice du crime d'introduire  la femme paysanne dans l’enfer de l’esclavage du 21ème siècle.
5-               Il faut savoir que les paysan(ne)s évacués agressivement du site du barrage Aoulouz depuis 1990,  qui ont perdu leurs terres et leurs biens, sont toujours attachés à leurs droits violés par l’Etat marocain. Votre banque, par son soutien au programme G1 pour l’exploitation de 18 millions mètres cubes d’eau du barrage, sera complice des violations des droits des paysan(ne)s pauvres d’Ouzioua qui vivent aujourd’hui dans des groupements d’habitats dignes du Moyen Âge.
Nous avons précisé là-dessus nos positions décisives qui vont mettre en marche un vrai développement durable dans notre région, pour lesquelles  nous luttons depuis la constitution du barrage Aoulouz en 1985 et pour lesquelles  nous serons prêts à lutter fortement dans l’avenir. Nous sommes organisés légalement et pacifiquement au sein de la société civile et nous luttons pour la liberté et la vraie démocratie au Maroc.
La constitution d’une autre association Timilte le 06 août 2013 dans des conditions anti-démocratiques montre bien les tendances dictatoriales de l’Etat marocain (présence des gendarmes et des forces de répression dans la salle de l’assemblé générale,  élimination des femmes paysannes des listes des associations, falsification des listes des paysans…). Les autorités décident aujourd’hui de continuer le viol des droits de nos associations malgré nos positions exprimées pendant la rencontre du 13 novembre 2013 où nous avons bien montré notre bonne volonté avec une large souplesse, ce qui ne veut pas dire que nous sommes convaincus par d'autres options.
Le président de la chambre agricole a convoqué des paysan(ne)s pour la constitution d’une autre association Tafarzazte le 21 novembre 2013 sur nos terres, un acte que nous considérons comme une insulte aux paysan(ne)s organisés dans leur propre association Tafarzazte depuis 2009, acte qui détruit tout ce qu’on avait démontré lors de notre rencontre le 13 novembre 2013.
Pour cela nous décidons de lutter contre le programme G1 jusqu’à ce que les choses soient sur la bonne voie. Si votre banque décide de soutenir ce programme dans ces conditions inacceptables nous serons obligés de nous adresser au parlement européen et à d’autres institutions de droits humains européennes.
En attendant votre réponse veuillez recevoir, Monsieur l'Ambassadeur, nos salutations et notre respect.
Le secrétaire général
Lahoucine Amal




mardi 28 mai 2013

270.000 fermiers bio se lèvent contre Monsanto

Par Marc Viot, 1/6/2013

Près de 300 000 agriculteurs biologiques ont porté plainte contre le « géant » agricole Monsanto qui a, ces dernières années, écrasé méthodiquement l’agriculture bio indépendante.
Le 30 mars, l'équivalent de 270.000 plaignants ont intenté un procédure judiciaire pour tenter de garder une part du marché mondial à l'alimentation bio indépendante. La plainte provient de près de 60 fermes familiales, d'entreprises semencières et d'organisations agricoles biologiques.
Ce collectif mené par OSGATA - Organic Seed Growers et Trade Association - enjoint Monsanto de ne pas contaminer les exploitations par les OGM de colza Genuity® et Roundup Ready®. Ces agriculteurs bio disent que leurs cultures de maïs, coton, betteraves à sucre ainsi que d'autres ont été contaminées par les OGM Monsanto, et que même si la contamination fut largement naturelle et involontaire, Monsanto persiste à poursuivre des centaines d'agriculteurs pour violation de brevet.
Il ne s'agit plus seulement pour ces agriculteurs de préserver le bio mais aussi la survie de leurs exploitations biologiques indépendantes contre lesquelles Monsanto mènent un harcèlement juridique continu.
Ces dernières années, Monsanto a racheté plus de 20 des plus gros producteurs et vendeurs de semences du pays, et The Street rapporte la mise en place d'une politique forçant leurs clients à utiliser les semences issues de leur bioingénierie et les obligeant à les racheter chaque année sous peine d'être mis sur liste noire et exclus à jamais du marché.
La Commission Securities and Exchange a enquêté l'an passé sur Monsanto sur "les programmes de motivation client", et le ministère de la Justice a décelé une violation probable de la loi antitrust suite à la mise de clients en liste noire depuis 2009.
La politique de rachat de certains de ses concurrents et les poursuites judiciaires menés sur les autres ont permis a Monsanto, l'an passé, d'accroître ses bénéfices de 77 % pour atteindre 490 millions d'euros.
La plainte déposée par les "270.000" sera examinée par le juge fédéral Naomi Buchwald de la cour de Manhattan.
Dan Ravicher, président de la Public Patent Foundation (PUBPAT), Fondation pour les licences libres, a déclaré dans un communiqué que l'affaire se résumerait à Monsanto a-t-il le droit de poursuivre les agriculteurs biologiques pour violation de brevet quand les graines ou pollen OGM Monsanto atterrissent sur leurs propriétés.
“Il parait assez "tordu" qu'un fermier bio contaminé par les semences OGM puisse être attaqué pour violation de brevet, mais le volume des plaintes déposés par Monsanto et les poursuites engagées contre des fermiers par centaines pour violation de brevet, que nous avons du réagir pour protéger l'intérêt de nos membres.”
La PUBAT a ainsi déposé la plainte au nom des 270 000 plaignants. Cette fondation sans but lucratif, qui propose des services juridiques, relève de l'École de droit Benjamin N. Cardozo.
NDT : On peut regretter que ce type de plainte regroupant plusieurs plaignants et appelée "class-action" soit actuellement impossible sous cette forme en France.

Article initial : RT - Organic farmers sue Monsanto du 28 juillet 2011 et traduction originelle pour libertero par l’auteur.
Crédit Photo : Université de Bosto
 

mercredi 13 février 2013

Les bienfaits des OGM


A voir ir et re-router à l'envie.
Chers amis de la Planète,

Voici un clip rap aussi drôle et sympa dans « l’emballage » que cynique et effrayant dans le contenu.
Il vaut la peine d’être vu et diffusé avant qu’il ne soit peut-être censuré par Monsanto !


vendredi 7 décembre 2012

Attention OGM : la santé de nos enfants menacée !

Ce que nous somme en train de donner à nos enfants (les ogm)..!
Ce que nous somme en train de donner à nos enfants (les ogm)..!

vendredi 2 novembre 2012

Déclaration de la société civile africaine : appel pour une interdiction des OGM


Introduction
Nous soussignées, organisations de la société civile de l’ensemble du continent africain, appelons par la présente à une interdiction immédiate et totale de la culture, de l’importation et de l’exportation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le continent africain.

Nous exhortons les gouvernements d’Afrique à prendre les mesures nécessaires à la protection de la santé de leurs populations, en soutenant le présent appel et en s’engageant à mener à bien, sur le long terme, des études indépendantes et faisant autorité en matière de sécurité alimentaire.

Nous appelons également les gouvernements d’Afrique à bien vouloir prendre note de nos objections supplémentaires concernant les OGM. Celles-ci concernent le brevetage du vivant et la privatisation de l’agriculture, qui a plongé les paysans, les communautés rurales et les peuples autochtones dans la dépendance vis-à-vis du monopole des entreprises semencières privées. Nous sommes par ailleurs extrêmement préoccupés par les impacts négatifs sur la biodiversité et les changements climatiques de l’agriculture industrielle basée sur la technique transgénique.
 Nous ne pouvons ignorer l’épidémie de suicides qui a frappé les paysans indiens, résultat direct de la dépendance de ces derniers vis-à-vis du coton génétiquement modifié et des coûts croissants qui en résultent, sans parler de la dette ingérable qu’ils ont ainsi contractée.

Incertitude scientifique concernant la sécurité alimentaire
En septembre 2012, le Professeur Gilles-Eric Séralini et son équipe de recherche à l’Université de Caen, en France, ont publié les résultats d’une étude toxicologique de deux ans, lors de laquelle des rats nourris avec du maïs transgénique tolérant à l’herbicide de Monsanto, le NK603, et des résidus de glyphosate, ont développé des tumeurs et présenté des signes de lésions du foie et des reins. L’étude, révisée par des pairs, publiée dans une revue scientifique hautement respectée, a été la cible d’attaques violentes et nourries de la part de l’industrie des biotechnologies.
Cependant, un consensus scientifique a surgi de la controverse, selon lequel les méthodes actuelles utilisées par Monsanto et les autres entreprises du secteur pour tester la sécurité des aliments GM sont dangereusement inappropriées et que des études de long terme, indépendantes et publiques, sur la sécurité alimentaire de ces produits, doivent être menées à bien de manière urgente. Nous notons également avec une préoccupation certaine l’absence de protocole internationalement reconnu en ce qui concerne les tests d’OGM à long terme. 

Le principe de précaution
Notre appel à une interdiction s’appuie sur le principe de précaution, qui stipule que face à une menace de préjudices sérieux ou irréversibles, l’absence de certitudes scientifiques totales ne peut justifier l’ajournement des mesures pour éviter ces préjudices. Ce principe est la pierre angulaire du Protocole de Carthagène sur la Biosécurité des Nations Unies, le seul accord à portée internationale sur les OGM. Même l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (accord SPS) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) soutient un tel moratoire dans ces circonstances d’incertitude scientifique.[1] <#_ftn1> 

Le maïs est un aliment de base en Afrique
Nous insistons sur le fait que le continent africain est particulièrement vulnérable aux risques liés à la sécurité alimentaire, si l’on tient compte du fait que le maïs constitue l’un de nos aliments de base importants. Des millions d’Africaines et d’Africains consomment du maïs quotidiennement, sous forme semi transformée. Bien que l’Afrique du Sud soit le seul pays du continent à cultiver du maïs transgénique à l’échelle commerciale, des milliers de tonnes de maïs transgénique sont exportées vers divers pays africains depuis l’Afrique du Sud, tandis que les rayons des supermarchés du continent tout entier regorgent de produits à base d’OGM. De plus, des tonnes d’aliments transgéniques provenant des Etats-Unis et d’autres pays producteurs d’OGM sont distribuées aux Africains sous forme d’aide alimentaire. 

Interdisons les OGM en Afrique
Reconnaissant que des millions d’Africaines et d’Africains ont consommé et consomment du maïs transgénique et d’autres produits GM à leur insu ou sans leur consentement ;  
Et considérant le nouveau consensus concernant la nécessité de mener de manière urgente des études indépendantes, sur le long terme, portant sur la sécurité alimentaire de ces produits ;
Nous encourageons fortement les gouvernements d’Afrique du Sud (en sa qualité de producteur unique d’aliments GM sur le continent), ainsi que tous les autres gouvernements africains important des OGM ou des produits GM, à répondre de manière urgente à notre appel en faveur d’une interdiction.
Nous encourageons les décideurs politiques à suivre les recommandations de l’IAASTD (Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles pour le développement, de l’anglais International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development). L’IAASTD recommande que les décideurs politiques abandonnent l’agriculture industrielle et les OGM, et se tournent vers les systèmes de production alimentaire appropriés aux millions de paysans et petits producteurs de par le monde, qui sont à l’origine de la plupart des aliments produits pour la population mondiale.
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1]  « Art 5.7—Dans les cas où les preuves scientifiques seront insuffisantes, un Membre pourra provisoirement adopter des mesures sanitaires ou phytosanitaires sur la base des renseignements pertinents disponibles, y compris ceux émanant des organisations internationales compétentes ainsi que ceux qui découlent des mesures sanitaires ou phytosanitaires appliquées par d’autres Membres. Dans de telles circonstances, les Membres s’efforceront d’obtenir les renseignements additionnels nécessaires pour procéder à une évaluation plus objective du risque et examineront en conséquence la mesure sanitaire ou phytosanitaire, dans un délai raisonnable. »
-(Please distribute and sign at www.acbio.org.za/activist)--

jeudi 25 octobre 2012

La commission européenne a autorisé l'importation et la mis

La commission européenne a autorisé l'importation et la mise sur le marché européen d'un nouveau maïs OGM.
Je dénonce cette autorisation d'importation. J'ai interpellé la Commission européenne sur ce sujet par une question écrite. Je dénonce également l'attitude du gouvernement français qui s'est rendu complice de cette décision en s'abstenant lors de la procédure d'autorisation.

Il y a urgence à décréter un moratoire sur l'importation et la culture des OGM en Europe. Le gouvernement PS-EELV conduit par Ayrault doit radicalement changer de position. Il doit agir en Europe pour l'interdiction des 41 OGM autorisés à l'importation et des 2 OGM autorisés à la culture.
Sans attendre, il doit désobéir à l'autorisation de la Commission européenne et fermer ses frontières aux OGM.

C'est une exigence écologique et sanitaire. C'est aussi une condition indispensable à la construction d'une agriculture libérée du productivisme.

lundi 4 octobre 2010

Europe : le lobby OGM infiltré à la tête de la sécurité alimentaire

Diána Bánáti, la présidente de l’agence qui délivre les autorisations d’importation, a maquillé son CV pour minorer son passé dans l’agrobusiness.
Par JULIE MAJERCZAK et JEAN QUATREMER Correspondants à Bruxelles, 29/9/2010
 La Commission européenne a toujours été l’amie des OGM, comme en témoignent les 125 autorisations d’importation accordées depuis 1998. Mis à part les six dossiers retirés par les industriels eux-mêmes, on ne compte absolument aucun refus en douze ans ! Les instances communautaires écartent systématiquement les objections avancées tant par les scientifiques que les autorités sanitaires nationales ou les associations de défense de l’environnement. La création, en 2002, de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA), au lendemain du scandale de la vache folle, n’a strictement rien changé à ce biais favorable aux champions des biotechnologies. Et pour cause : la Commission a peuplé l’AESA de personnalités acquises à la cause des OGM quand elles ne sont pas directement issues de l’industrie elle-même. 
José Bové, eurodéputé vert et vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, vient ainsi de lever un beau lièvre : la présidente du conseil d’administration de l’AESA, la Hongroise Diána Bánáti, a dissimulé qu’elle avait été membre du comité des directeurs de la branche européenne de l’International Life Science Institute (Ilsi), le «lobby de l’agrobusiness», comme le qualifie Bové.
Dangers. 
Cet organisme prétend donner des conseils scientifiques indépendants dans tous les domaines agro-alimentaires, alors qu’il ne fait que reprendre à son compte les données fournies par ses membres, au rang desquels on compte tous les grands des OGM que sont Monsanto, Syngenta, Bayer, BASF, etc. L’Ilsi s’est par exemple illustré aux Etats-Unis en fournissant des études «scientifiques» sous-estimant les dangers du tabac, ce qui a conduit la justice américaine à s’intéresser à son fonctionnement. A la suite de cette affaire, l’Organisation mondiale de la santé l’a retiré de sa liste d’organisations «partenaires». On retrouve aussi l’Ilsi dans l’affaire du Teflon créé par le groupe DuPont : son étude prouvant l’innocuité de cette matière ne reposait sur aucune base sérieuse…
Nommée membre du conseil d’administration en 2006, sur proposition de la Commission et décision du Conseil des ministres, Diána Bánáti a été élue présidente de l’Agence européenne de sécurité alimentaire en 2008, puis réélue en juillet cette année. C’est en épluchant sa «déclaration d’intérêt» que José Bové a découvert le pot aux roses. Elle avait simplement mentionné qu’elle avait été «membre du comité scientifique de l’Ilsi» et juré aux députés européens «[qu’]elle n’a jamais été approchée par des lobbyistes».
«Un conflit d’intérêts scandaleux», s’emporte José Bové, qui exige sa «démission immédiate». «J’ai averti la Commission le 14 juillet, j’attends toujours une réponse.» L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, elle aussi députée européenne, est sur la même longueur d’ondes : «Il est choquant qu’aucun contrôle des déclarations d’intérêts ne soit effectué par la Commission européenne. Si des gens représentent l’industrie, qu’ils se présentent en tant que tel.» Joints au téléphone, ni la Commission ni l’AESA n’ont souhaité faire de commentaire sur cette affaire.
Depuis l’origine, les écologistes dénoncent le mode de fonctionnement de l’AESA : elle ne mène aucune étude elle-même, mais s’appuie sur les dossiers transmis par les industriels à qui il appartient de démontrer l’innocuité de leurs produits. Autre lacune de taille : aucune évaluation des risques à long terme n’est exigée. Alors que pour les pesticides, les industriels doivent tester leurs substances sur des rats durant deux ans, pour les OGM, trois mois suffisent.
Positifs.
Harry Kuiper La composition de l’AESA explique sans aucun doute cette coupable inclination. Car Diána Bánáti n’est pas un cas isolé. En avril, l’ancienne directrice du département OGM de l’AESA, Suzy Renckens, a été embauchée par l’agrochimiste Syngenta… L’actuel président du comité scientifique OGM de l’agence, le professeur Harry Kuiper, est, par ailleurs, le coordinateur d’Entransfood, un projet soutenu par l’UE visant à «favoriser l’introduction des OGM sur le marché européen et rendre l’industrie européenne compétitive». On comprend mieux pourquoi les avis de l’agence sont toujours positifs. Quelles que soient les objections, elle ne change pas d’avis. Ainsi, dans le cas du maïs MON 810 de Monsanto, la Commission lui a demandé à trois reprises son avis, des études récentes, notamment de l’Institut Pasteur, ayant mis en avant les incertitudes existantes sur les effets à long terme de cet OGM. L’AESA n’a pas revu sa copie. Or, les avis de l’agence sont cruciaux, la Commission s’y rangeant dans tous les cas. Le Conseil des ministres, sur proposition de la France, a demandé à la Commission de revoir le fonctionnement de l’AESA. C’était en 2008. On attend encore.

samedi 28 août 2010

La France devient le premier pays européen à autoriser la culture de cet OGM !

Greenpeace, 28/8/2010

En agissant de la sorte, au cœur de l’été, le Gouvernement a sournoisement ouvert la porte aux OGM.
Si une société décide de planter cet OGM demain, elle en a le droit, alors même qu’aucune réglementation de coexistence (entre cultures OGM et non OGM) n’est en place aujourd’hui.

Cette décision, prise dans l’incertitude la plus totale pourrait donc engendrer des catastrophes pour les agriculteurs, comme pour les consommateurs. Face à ce risque, Greenpeace demande le retrait immédiat du maïs OGM T25 du catalogue ainsi que l’adoption par la France d’une clause de sauvegarde sur cet OGM.
Une culture dangereuse en France : un enjeu de santé publique
Ce maïs OGM a pour seule caractéristique d’être tolérant à un herbicide très toxique, le glufosinate. Ce dernier est d’ailleurs interdit d’utilisation sur les cultures de maïs dans l’UE.
La culture du T25 n’est donc à l’heure actuelle d’aucune utilité : le glufosinate étant interdit, une culture de maïs y resistant est totalement superflue ! De plus, la culture du T25 peut s’avérer très dangereuse : la tolérance du T25 à un herbicide aussi toxique que le glufosinate représente un vrai risque de santé publique. Les preuves de sa nocivité sont si évidentes qu’il figure parmi les 22 produits agrochimiques qui vont bientôt être retirés du marché en Europe !
Le glufosinate représente un risque considérable pour les agriculteurs, il est nuisible pour les insectes des zones environnantes et est potentiellement dangereux pour les consommateurs qui ingèrent des aliments contenant des résidus de cet herbicide…
Le MON810 en embuscade
Le 20 juillet la France ne s’est pas arrêtée au T25 : elle a également inscrit au catalogue des plantes autorisées plus de 30 variétés de maïs MON810 de Monsanto.
La France ayant une clause de sauvegarde sur cet OGM (le 9 février 2008, alors que se déroulait le Grenelle de l’environnement, la France avait notifié à Bruxelles une ordonnance de suspension valant sur la culture des semences provenant de la variété de maïs génétiquement modifié MON810), cette inscription va permettre aux industriels français du maïs de cultiver le MON810 et de vendre à l’étranger.
Le gouvernement français cède à la pression des industriels avec ces inscriptions au catalogue. Aujourd’hui l’État a une attitude inconcevable : d’un côté il reconnaît que le MON810 représente un danger et applique une clause de sauvegarde sur son territoire et d »e l’autre il permet la culture de ce dernier à l’étranger ! Cela voudrait donc dire que pour le Gouvernement, ce qui est dangereux en France ne l’est pas dans les autres pays ?
Cette attitude est scandaleuse vis à vis de nos voisins européens et si le gouvernement français admet que les OGM sont dangereux, il doit assumer son choix jusqu’au bout et retirer immédiatement du catalogue ces variétés de MON810.
Rappelons que les OGM T25 et MON810 sont autorisés en Europe depuis 1998 et que leur processus de ré-autorisation est en cours (une autorisation étant valable pendant 10 ans). Mais les processus sont extrêmement lents et en attendant la décision de l’Union européenne, les cultures restent permises et légales jusqu’au renouvellement des autorisations …
Le principe de précaution ne s’applique donc pas dans ce cas et des cultures OGM qui ont plus de douze ans sont toujours cultivées !
En savoir plus :
La fiche thématique Qu’est-ce qu’un OGM ?
La fiche thématique Menaces et dangers des OGM