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jeudi 9 décembre 2010

Un Marocain doit épargner près de 70 ans en moyenne pour acquérir un logement décent.

Une vie pour un toit : un record mondial.
Par Ali Amar, Voxmaroc, 8/12/2010
Selon une étude du cabinet international Evans, spécialisé dans l’immobilier, le Maroc détient la triste palme en matière de pénurie de logements dans le monde. Un article du Telegraph (journal biélorusse) qui reprend le classement nous apprend qu’un Marocain doit en moyenne épargner durant 67,5 ans (!) pour acquérir un logement. Le coût moyen d’une propriété au Maroc est de 144 800 euros, alors que le revenu moyen annuel des ménages n’est que de 2145 euros.

En juin dernier, le royaume chérifien avait annoncé en grande pompe un énième plan de construction de logements sociaux, pour permettre à un million et demi de personnes ayant des revenus faibles de vivre dans des habitations décentes. Pour cela, il a mis en place des facilités fiscales au profit des sociétés immobilières et des ménages à faibles revenus et projette de construire 300 000 logements sociaux au cours des dix prochaines années. Le Maroc doit répondre à une demande annuelle de 123.000 nouveaux ménages, dont 70.000 pour le logement social.
Le constat terrible d’Evans a une résonance bien amère dans l’actualité : le démantèlement du camp de Gdeim Izik à Laâyoune. Le nettoyage de la hiérarchie sécuritaire au Sahara et la guerre médiatique que se sont livrés les médias marocains, algériens, polisariens et espagnols ont quelque peu fait passer au second plan le jeu de chaises musicales au sein de la holding publique Al Omrane. Le remplacement de son patron Mohamed Najib Laraichi par Badr Kanouni le 20 novembre dernier résulte de la situation à Laâyoune(capitale occupée du Sahara Occidental, ndds) Al Omrane y était chargé de distribuer des terrains à des familles sahraouies vivant dans des habitats insalubres. Mais en 2009, elle n’aurait distribué qu’une part réduite de ces lots. A l’origine des heurts, les protestataires de Gdeim Izik réclamaient justement des logements et dénonçaient leur distribution clientéliste pour des raisons bassement électorales. Des critiques qui ont rejailli sur Taoufiq Hjira, le ministre de l’Habitat et sur Hamdi Ould Rachid, le maire istiqlalien de Laâyoune, tous deux aujourd’hui sur la sellette.

Un tiers des jeunes algériens souhaitent partir vivre à l’étranger

60 % des jeunes scolarisés ont des perspectives floues

Les jeunes algériens sont plus que jamais tentés par l’immigration. Selon une étude réalisée par la DGSN ainsi que les résultats d’une enquête confiée au Centre national d’études et d’analyses pour la population et le développement (CENEAP), cités par la Commission Nationale Consultative pour la Promotion et la Protection des Droits de l'Homme dans son rapport 2009 sur les droits de l’homme remis au président de la République, « 33 % de jeunes Algériens rêvent de s’installer à l’étranger ». En outre,« pas moins de 60 % de jeunes scolarisés ont des perspectives floues, 73 % sans aucun cadre de vie, 58 % sans aucune activité sportive et 90% n’adhérent à aucune association », relève le rapport.
Ce rapport dont un chapitre est consacré au phénomène des harragas relève également que les gardes-côtes algériens ont intercepté durant l’année 2009, 991 candidats à l’immigration clandestine dont 980 hommes et 11 femmes. La tranche d’âge des personnes interceptées varie de moins de 20 ans à 70 ans. Concernant les passagers clandestins à bord de bateaux, ils sont 78 à avoir été arrêtés. Selon le rapport, les immigrants illégaux interceptés à bord d’embarcations diverses par les autorités étrangères et signalés au service national des gardes côtes, sont au nombre de 325, repartis sur deux pays, l’Espagne et l’Italie.
Citant l’agence européenne pour la gestion de la coopération internationale aux frontières extérieures des Etats membres de l’UE (frontex), la CNCPPDH note que 65 % des immigrants clandestins interceptés en 2009 en Espagne provenaient de l’Algérie. Si la CNCPPDH plaide pour la décriminalisation de l’acte de « harga », elle suggère toutefois que des peines plus dures soient prononcées contre les membres des réseaux de passeurs. En vertu d’une disposition d’une loi de février 2009, tout immigrant clandestin est passible d’une peine d’emprisonnement allant de deux à six mois et d’une amende de 20.000 à 60.000 Da. « La question est de savoir comment lutter efficacement contre ce fléau, puisque même les mesures prises par la justice ne semblent pas les avoir découragés », note la CNCPPDH

Maroc : Pour un Pacte national de la culture

Mes cher-es ami-es, n'oublions pas le combat culturel, à l'occasion de la journée mondiale des Droits de l'Homme. Allez sur www.culturetoute.net pour signer, enrichir et débattre sur un projet culturel salvateur pour notre pays...
 Mohamed Belmaïzi, 9/12/2010
Pour un pacte national de la culture, par Abdellatif Laâbi
La scène culturelle a connu récemment une véritable crispation. Au-delà de ses manifestations conjoncturelles (la levée de boucliers dans le milieu intellectuel contre certaines décisions intempestives prises par le nouveau ministre de la Culture), cette crise a eu pour effet positif de ranimer le débat sur la situation et les enjeux réels de la culture dans notre pays.
Je m’en réjouis personnellement, car je n’ai cessé, au cours des dernières années, d’attirer l’attention de l’opinion publique et des responsables politiques sur le paradoxe qui consiste à parler d’option démocratique, de modernité, de développement humain, voire de nouveau projet de société, tout en faisant l’impasse sur la place de la culture dans ce processus et le rôle déterminant qu’elle pourrait y jouer. Partant de là, j’ai plaidé en faveur d’un renversement de perspective permettant d’appréhender la culture comme une priorité, une cause méritant d’être placée au centre du débat national.
Le peu d’écho que mes appels ont suscité m’a conduit à une conclusion dont je mesure la gravité : le déni persistant de l’enjeu de la culture met en danger les quelques acquis à forte portée symbolique de la dernière décennie et peut conduire, à terme, à la panne du projet démocratique dans son ensemble. Mais, contrairement à ceux qu’une dérive de la sorte conforte dans leurs prévisions les plus pessimistes ou arrange dans leurs intérêts les plus sordides, je continue à croire que les jeux ne sont pas faits. J’ose croire qu’une autre feuille de route est possible si le besoin et la conviction s’imposent d’un changement de cap, d’une refondation de la Maison marocaine sur des bases humanistes, porteuses de progrès social, matériel et moral, d’une gouvernance au service du bien public, d’un choix sans ambiguïté de la modernité et de l’ouverture sans complexes sur le monde.
Une telle perspective n’est pas une vue de l’esprit car, malgré l’impasse politique qui est en train de se dessiner, le Maroc a profondément changé. Dorénavant, qu’on le veuille ou non, il fait partie intégrante du village planétaire. Les besoins vitaux et intellectuels d’un nombre toujours croissant de Marocains, à l’intérieur du pays comme dans la diaspora, ont tendance à s’aligner sur ceux des citoyens des pays avancés. L’archaïsme persistant dans les mentalités, la forte pression exercée sur les mœurs et les comportements par les mouvements passéistes, sont contrebalancés par l’attrait aussi fort d’autres modèles où la conquête des libertés et des droits, l’accès à la modernité et la jouissance de la prospérité ont été préparés par une révolution des connaissances, des techniques, et de grandes avancées dans le domaine des idées.
Sur le plan de la culture proprement dite, la situation a bougé elle aussi. Bien que ce chantier soit en grande partie déserté par les pouvoirs publics et les élus locaux, les initiatives émanant de la société civile et des créateurs au premier chef sont en train de secouer la léthargie dominante. Alors que son lectorat de proximité se rétrécit, la production littéraire se renouvelle dans ses formes, se diversifie quant à ses langues d’expression, et les femmes y font une percée remarquable. Nombre de revues sur papier ou consultables sur le Net ont vu le jour récemment et entreprennent une véritable valorisation de la création contemporaine. Dans le milieu associatif littéraire et culturel, un changement s’opère visant à mettre fin à l’instrumentalisation partisane qui était en vigueur dans le passé. Ici ou là, dans les universités, souffrant pourtant d’un manque chronique de moyens, la recherche s’active et des filières innovantes se créent. L’offre en matière de galeries s’est accrue considérablement, et la bulle spéculative entourant depuis peu le marché de l’art ne saurait, malgré ses effets pervers, occulter la grande vitalité du mouvement des arts plastiques. Des jeunes ont réussi, en comptant d’abord sur eux-mêmes, à créer de nouvelles musiques, à se faire entendre et apprécier d’un large public.
Dans cette liste, le cinéma représente un exemple à part, hautement significatif. Son décollage incontestable est dû, il faut en convenir, à l’aide massive de l’État. Mais, au-delà des intentions qui ont présidé à ce choix de la part des pouvoirs publics, ce que je retiens de cette heureuse avancée, c’est par-dessus tout la marque du talent et de la créativité dont sont capables nos artistes quand on leur donne les moyens d’exercer normalement leur métier et d’honorer leur fonction. Dans le même ordre d’idée, il serait malhonnête de passer sous silence une réalisation exemplaire, mais orpheline, celle de la nouvelle Bibliothèque nationale à Rabat, un joyau dans sa conception, la haute technicité de ses moyens et l’esprit civique de son fonctionnement. L’exception, en quelque sorte, qui confirme malheureusement la règle et nous renvoie à l’état d’abandon où se trouve la quasi-totalité des domaines de la création, de la recherche, de la pensée, sans oublier celui, majeur, de l’éducation, où la réforme de fond, sans cesse promise, se fait toujours attendre. Les petits pas en avant que nous y avons observés et loués ne sauraient donc à eux seuls changer la donne. Ils s’apparentent à un bricolage en temps de pénurie. Même dans les sociétés avancées, où l’initiative privée et le mécénat prennent leur part dans le développement culturel, l’État ne peut pas dégager sa responsabilité. Son investissement s’avère indispensable dans la mise en place des infrastructures et des institutions adéquates, dans la conduite de la politique visant l’accès de tous aux connaissances, la promotion de la culture du pays et son rayonnement à l’échelle mondiale.
Je pense que le moment est venu pour tous les protagonistes de la scène nationale (décideurs politiques, partis, syndicats, élus, entrepreneurs, acteurs associatifs, et bien sûr intellectuels et créateurs) de se prononcer clairement sur l’état alarmant de notre réalité culturelle et sur le train de mesures à prendre pour y remédier. Outre qu’il est improductif, l’immobilisme conduit logiquement à la régression, qui à son tour fait le lit de tous les obscurantismes. Je plaide ici en faveur du mouvement et de la voie des lumières. D’un projet où nous déciderons de mettre au centre de nos préoccupations la dignité et l’épanouissement de l’élément humain, préparant ainsi l’avènement d’une société plus juste et fraternelle, donc plus pacifiée et ouverte, moins exposée aux démons de la fermeture identitaire et de l’extrémisme.
Je suis conscient qu’il s’agit là d’une œuvre de longue haleine. Mais, au vu des urgences, je prends aujourd’hui la responsabilité d’en poser les préalables dans cet appel pour un Pacte national de la culture que je soumets au libre débat et, pourquoi pas dès maintenant, à l’approbation de celles et ceux qui y reconnaîtraient peu ou prou leurs propres analyses et attentes.
Appel
Le Maroc se trouve de nouveau à la croisée des chemins.
Après l’éclaircie du début de la précédente décennie et les espoirs qu’elle a soulevés, l’heure est aux interrogations, voire au doute. La cause en est le flou qui affecte le projet démocratique et la conception même de la démocratie. Celle-ci ne saurait se limiter à l’instauration d’un type déterminé de pouvoir politique, de rapports sociaux, de production et de redistribution des biens matériels. Elle est tout aussi bien un choix civilisationnel qui consiste à miser sur l’élément humain. L’éducation, la recherche scientifique et la culture sont au centre de ce choix, le moteur sans lequel aucun développement d’envergure et durable n’est possible. Aussi la prise en compte d’un tel enjeu devrait-elle relever pour nous de l’urgence nationale. Le chantier de la culture, dans son acception la plus large, nécessite de grands travaux dont la réalisation dépend à la fois de la volonté politique des gouvernants et de la mobilisation citoyenne. Pour me limiter aux besoins pressants et à des mesures-phares, je proposerai ce qui suit :
1. L’impulsion d’un plan d’urgence pour éradiquer définitivement la plaie de l’analphabétisme, avec obligation de résultats dans un délai ne dépassant pas les cinq ans. Ce plan fournirait à l’occasion une solution au drame des milliers de diplômés chômeurs qui, tout en étant salariés et mobilisés pour une noble cause, se verraient offrir des formations appropriées en vue de leur réinsertion ultérieure dans le marché du travail.
2. La constitution d’un Haut Comité scientifique interdisciplinaire auquel sera confiée la mission, d’une part, d’établir l’état des lieux et des besoins dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la recherche scientifique, d’autre part d’étudier pour s’en inspirer les différents modèles et expériences ayant cours dans les autres pays du monde et qui ont acquis un statut d’exemplarité. Ce Comité aurait enfin la vocation d’une instance de proposition dont l’avis devrait imprimer la politique gouvernementale.
3. Le lancement d’un plan visant à doter le pays (des grandes villes aux petites en passant par le milieu rural) des infrastructures culturelles qui manquent cruellement : bibliothèques publiques, maisons de la culture, salles de cinéma, théâtres, conservatoires de musique, écoles de formation des gestionnaires et des animateurs des structures précitées. Si l’État doit en être le maître d’œuvre, ce plan nécessite un partenariat avec les acteurs de la société civile présents sur le terrain, ainsi que l’encouragement, par des mesures fiscales et autres, de l’initiative privée et des mécènes qui voudraient s’y investir. Enfin, les assemblées élues et l’exécutif en leur sein devraient impérativement assumer leur part dans la réalisation de ces infrastructures, et obligation leur serait faite d’inscrire cet engagement dans leur cahier des charges.

4. L’institution d’un Centre national des arts et des lettres qui aura pour mission de tisser les liens avec les créateurs, d’être à leur écoute, de leur faciliter le contact avec leur public potentiel et d’œuvrer à la bonne circulation de leurs œuvres. Cela pourra se traduire par :
- l’octroi de bourses d’aide à la création et à la traduction pour une durée déterminée allant jusqu’à l’année sabbatique ;
- la mise à leur disposition de résidences saisonnières tant au Maroc qu’à l’étranger ;
- la création en son sein d’un Bureau du livre chargé de l’aide à l’édition, de la surveillance du marché du livre (notamment pour en réguler le prix), de l’incitation au partenariat indispensable en vue de mettre fin à l’anarchie et l’inefficacité qui règnent dans le domaine de la distribution ;
- l’organisation dans tous les établissements scolaires (du public et du privé), dans les grandes écoles, les centres de formation, les hôpitaux, les prisons, les entreprises, etc. d’interventions d’écrivains, d’artistes, de chercheurs et de grands témoins de l’histoire immédiate, permettant ainsi aux publics les plus divers d’acquérir de nouvelles connaissances, de s’initier à la création artistique, de s’ouvrir à la réflexion et de découvrir simplement leur propre culture.

5. La création d’une Agence pour la promotion de la culture marocaine à l’étranger tant en direction du public international que des communautés marocaines. Elle aurait pour charge de créer les conditions d’une meilleure diffusion de nos productions intellectuelles et artistiques et de leur assurer une vraie représentativité dans les manifestations d’envergure. En synergie avec les départements ministériels concernés, elle jouerait un rôle créatif dans une politique de coopération culturelle fondée sur les principes d’équité et de réciprocité.
6. La mise en chantier d’un plan de sauvetage de la mémoire culturelle marocaine comprenant au moins deux volets :
- celui de la mémoire contemporaine, aujourd’hui en péril suite à la disparition récente d’un grand nombre de nos écrivains, artistes et intellectuels majeurs, ceux-là mêmes qui ont forgé depuis l’indépendance la pensée et la création modernes, et porté au-delà de nos frontières le message de l’imaginaire et de l’humanisme proprement marocains. Le patrimoine qu’ils nous ont légué et les traces de leur activité (manuscrits, correspondance, archives diverses) devraient, pendant qu’il en est encore temps, être répertoriés, rassemblés, traités et préservés par un Institut créé à cet effet, dont le rôle serait de les vivifier en les mettant à la disposition de tous et en organisant autour d’eux diverses activités afin d’assurer la pérennité de leur message. De la même manière, l’Institut accueillerait et traiterait les archives que les intellectuels et créateurs vivants voudraient bien lui confier ;


- celui de la mémoire du passé. Ce chantier, autrement plus vaste, concerne des domaines variés : archives nationales (écrites, sonores et filmées), monuments historiques, patrimoine architectural urbain, lieux chargés de mémoire, fouilles archéologiques, musées, patrimoine oral… Sans parler de la tâche énorme qui incombe aux historiens, à condition de leur donner les moyens de l’accomplir, la formation d’experts dans de multiples disciplines techniques et scientifiques s’avère indispensable si nous voulons mener à terme l’entreprise de sauvegarde, de reconstruction et de revitalisation de notre mémoire culturelle, puis sa transmission aux générations futures.
Est-il besoin de souligner que la traduction en actes des six propositions précédentes pourrait révéler que le domaine de la culture, estimé par préjugé coûteux et de peu de rapport, est au contraire, grâce aux métiers innombrables qu’il suscite, une mine considérable d’emplois, qui n’a rien à envier à d’autres secteurs dont la rentabilité est reconnue.
7. La redynamisation de la réforme de l’enseignement, car il est certain que le train de mesures précédemment développées dépend d’une locomotive pour être tiré et de rails pour être acheminé vers la destination souhaitée. Aussi la refonte de notre système éducatif devra-t-elle être la pierre de touche de ce Pacte national pour la culture. Le temps est venu d’en finir avec la valse-hésitation et les changements brutaux qui ont été opérés depuis l’indépendance. La question épineuse de la ou des langues d’enseignement devra trouver une solution à la fois pragmatique, pédagogiquement performante, et tenant compte des différentes composantes de notre identité nationale et de notre choix déterminé de la modernité. Il est temps de réhabiliter ce premier service public, de le rendre attractif et réellement productif. Il est temps aussi qu’il offre à ses bénéficiaires l’occasion de découvrir la pensée et la culture vivantes de leur pays et à ces dernières les bases de leur rayonnement.
La crédibilité du choix démocratique, si tel est notre choix, dépend de la façon dont nous préparerons nos enfants et nos jeunes à devenir des citoyens à part entière et à la personnalité affirmée, instruits des réalités de leur pays et de celles du monde, imprégnés des idées de justice, d’égalité et de tolérance, conscients des nouveaux défis que l’humanité entière doit relever pour préserver l’environnement et assurer la survie de l’espèce. En retour, notre pays y gagnera les artisans de sa renaissance intellectuelle, de sa prospérité matérielle et morale, de la reconquête de sa pleine dignité au sein des nations.
Abdellatif Laâbi
Mars-avril 2010

mercredi 8 décembre 2010

Solutions marocaines, les impasses successives…

Par APSO, 8/12/2010
Le royaume est malmené par les Sahraouis depuis l'invasion barbare du territoire en 1975 et avant même ... Après la Nième démonstration de cela pendant tout le mois d'octobre, l'épisode violent et sanglant du 8 novembre n'a rien résolu.
Sans honte, le Maroc affirme le bilan du 8 novembre et des jours suivants. 11 morts militaires, et 2 civils sahraouis. Les civils sahraouis que l'on a attaqués avec l’armée, la gendarmerie, la police, les forces auxiliaires, les civils, les pompiers, du renfort et encore du renfort.... auraient été les plus forts, avec leurs pierres et leurs couteaux de cuisine.
Le bilan est suspect mais affirmé sans complexe, comme pour mieux passer sous silence la raison de la mort des civils – que l’on ne peut nier-, l’un sous la torture, l’autre écrasé délibérément et plusieurs fois par une voiture de police après avoir été éjecté du car de son entreprise, l'OCP.
Le roi doit agir… Et le roi agit, à grand renfort de phrases mécaniques de son agence de propagande, la MAP.
Il utilise la vieille méthode, la vieille croyance, pourtant inopérante. Pour contenter les Sahraouis, là-bas loin dans le désert, il faut mettre des leurs aux postes de dirigeant. À condition bien sûr que ceux-ci aient adopté les valeurs royales et perdu les leurs.
Il avait nommé Ahmadou Ould Souelm,un de ces Sahraoui « rallié », comme ambassadeur du Maroc en Espagne, et l’avait coincé dans un placard. Ce vieil atout va enfin entrer en fonction. Ahmadou Ould Souelm a choisi le Maroc il y a 20 ans, en 1991.
Le roi change aussi en grande pompe le gouverneur de El Aaiun. L’autre Sahraoui « Maraoui » qu’il nomme, Khalil Dkhil, n’a que peu goûté la saveur de la lutte pour la liberté puisqu’il a opté pour le Maroc en 1976. http://www.marocjournal.net/actualites-maroc/18567.html et http://www.marocjournal.net/actualites-maroc/18559.html
Autre technique, autre tactique. Les Sahraouis veulent-ils du travail, 1300 postes sont promis à ceux qui ont des diplômes de haut niveau. Pour tous : des postes de fonctionnaires dans les administrations des villes du Maroc. Ministère de l’intérieur et d’autres. Disperser l’élite, l’éloigner, l’intégrer... D’autres postes sortiront d’un chapeau au détriment des Marocains, pour employer fictivement les moins diplômés, et tenter ainsi de les disperser et museler. Tentative de l’efficacité d’un coup d’épée dans l’eau, promesses probablement pas tenues, mais suite logique de la négation du problème de l’autodétermination.
Cependant, l’édifice se craquelle inexorablement.
Le roi gesticule, trépigne et insulte ceux qui ne clonent pas sa version. L’Espagne, l’Europe, l’Algérie… à qui le tour ?
Le royaume méprise les Sahraouis, il lit le fonctionnement de leur société à la lumière des archaïsmes de son fonctionnement, selon des clichés du 17ème siècle.
Pour la tactique diviser pour mieux régner, il s’accroche au mirage d'un fonctionnement tribal. Tribus de sauvages probablement, menés par le bout du nez par les chefs, et non groupe muni d'un fonctionnement démocratique, qui ne peut contourner l'importance de la place des femmes sans qui rien ne se décide, et qui a su s'adapter à l'évolution du monde, protégé par la force de la lutte pour l’indépendance.
Si pour les besoins de la propagande les services royaux plagient les termes des résistants et de leur République Sahraouie, ils n'ont pas mesuré le formidable apprentissage que 35 ans d'exil avaient imposé aux Sahraouis, ni les retombées sur leurs familles vivant en territoires occupés.
Les uns sont aux ordres du roi, les autres aux ordres de leur liberté.
Dans l'armée marocaine, où se trouvent des recrus d'origine sahraouie, ceux-ci se rebellent et protestent. Dans les unités du sud du Maroc, Gulmim, Tantan, les Sahraouis dénoncent les attaques violentes contre le campements de Gdem Izik, contre leurs familles.
La réponse dictatoriale c’est d’éloigner tous les soldats d'origine sahraouie à plus de 50 km du mur qu'ils gardent. Et pourtant, des journalistes affirment que des militaires de l’armée du Maroc ont récemment déserté, pour passer le mur et la frontière et rejoindre le Polisario.
Les Sahraouis arrêtés ont été torturés, HRW rapporte le récit de ceux qui osent parler. Et à El Aaiun, chacun sait l’interdiction de montrer ses blessures par balle sous peine d’autres violences et tortures.
Les meurtrissures enfouies des années de terreur, quand chaque Sahraoui pouvait disparaître enlevé par la police et ne réapparaître pour certain que des années après où jamais, sont à fleur de peaux. Reviennent des photos que l’on avait cru disparues de corps blessés sans les visages, de peur…
Le roi doit agir…
En règne dictatorial, où les libertés ne sont que surveillées, résoudre un problème ne passe pas par la rhétorique. Quand éliminer le problème par la violence ne fonctionne pas, on tente de changer les paramètres, mais le problème reste. Et en l'occurrence la réalité qu’une brutale invasion, l'appropriation par la force de la terre des voisins n’est pas admissible, malgré toutes les colères et caprices pour convaincre du contraire.
Et le problème finalement c’est que ces voisins colonisés, les Sahraouis, entendent récupérer toute leur terre pour décider de son avenir, comme c'est justice.

Sahara Occidental: la Gauche Européenne appelle à l’autodétermination du peuple sahraoui

Par La Rédaction le 6 /12/2010
Le 3ème Congrès de la Gauche européenne a réitéré sa solidarité agissante avec le peuple Sahraoui pour le parachèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental et appelé à l’application, dans « les plus brefs délais », des résolutions de l’ONU pour un référendum d’autodétermination.
Dans sa résolution sur le Sahara occidental, adoptée au terme de ses travaux, le congrès réitère en outre, son « soutien à la lutte légitime du Front Polisario » pour l’application de ce droit.
« Le Sahara Occidental, souligne encore le congrès de la Gauche Européenne, est un territoire non-autonome, placé sous les auspices de l’Onu ». Il ajoute que ce territoire est « militairement occupé par le Maroc » et que « les autorités marocaines y installent délibérément des colons pour porter atteinte à l’intégrité culturelle du peuple sahraoui et favoriser le pillage de ses ressources naturelles ».
Le congrès appelle d’autre part, à l’élargissement des prérogatives de la Minurso pour assurer le respect des droits de l’homme au Sahara Occidental et exige la libération de tous les prisonniers politiques Sahraouis.

 3e congrès de la gauche européenne du 3 au 5 décembre 2010.
Les participants aux travaux du congrès dénoncent aussi, « le silence du gouvernement Espagnol et de l’Union européenne face à la violence exercée par les forces d’occupation marocaine dans le territoire occupé du Sahara Occidental ».
Lire aussi :
Sahara occidental: la résolution européenne, un revers pour la politique marocaine
Sahara Occidental: le rapport de Ban Ki-moon, « injuste » à l’égard du peuple sahraoui
Des eurodéputés (gauche) réaffirment le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui
http://www.donnetonavis.fr/actu/news/sahara-occidental-gauche-europeenne-autodetermination-peuple-sahraoui_2975.html/

-Sit-in pour la défense de la liberté et les droits usurpés des détenus islamistes-

 Par Abderrahim Mouhtad, Ennassir, 7/12/2010
بسم الله الرحمن الرحيم
 بــــلاغ.
SIT-IN
كما أننا نهيب بكل الغيورين على حقوق الإنسان الوقوف بجانب المطالب المشروعة لهؤلاء المعتقلين والدفاع عن كرامتهم والمطالبة بحريتهم. تحت شعار - من أجل الدفاع عن الحرية المسلوبة والحقوق المهضومة للمعتقلين الإسلاميين بالسجون المغربية - تنظم جمعية النصير لمساندة المعتقلين الإسلاميين وقفة سلمية أمام المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان بالرباط يوم الجمعة 10 دجنبر على الساعة 11 صباحا، وذلك تخليدا للذكرى 62 للإعلان العالمي لحقوق الإنسان التي تتزامن هذه السنة والإضراب المفتوح عن الطعام الذي يخوضه عدد من المعتقلين الإسلاميين بالسجون المغربية منذ 06 دجنبر 2010 احتجاجا على أوضاعهم المأساوية.
L' association Ennassir organise un sit-in devant le CCDH à Rabat à l'occasion du journée internationale du droit de l' Homme sous le thème:
- Pour la défense de la liberté et les droits usurpés des détenus islamistes-
Et ce le vendredi 10 décembre 2010 a 11h.
عن المكتب المسير للنصير
الدار البيضاء:
الثلاثاء 7 دجنبر 2010

Maroc : Beni Tadjit : l'intolérable situation des femmes surexploitées

Par Ali Fkir,7/12/2010
- Elles sont veuves avec des orphelin-es à charge
- Elles sont pauvres, et pour raisons de santé, le mari ne peut plus assurer le minimum nécessaire pour survivre
- Elles sont jeunes mais obligées d'abandonner l'école pour assurer un revenu, (de misère) à la famille
                         
- Pour ce genre de travail (très minutieux), les patrons préfèrent le travail de la femme, surtout si elle jeune (la maximisation de la productivité étant assurée)
- L'Etat est complice, sinon il est à l'origine de cette surexploitation à la moyenâgeuse:
* Pour les officiels, Beni Tadjit fait parmi du "Maroc inutile"
* La fonction publique ne recrute plus. Les rares postes budgétaires sont plus au moins réservés (la corruption, le clientilisme, les liens familiaux restent les critères déterminants dans l'opération de "sélection/concours").
* Les services concernés n'interviennent en aucun cas pour faire appliquer la législation de travail
- Elles marchent à pieds du village à la montagne et de la montagne à au village, plus de 10 km par jour (en été la température arrive à 45 degrés, en hiver à moins 7 degrés)
- Elles triment plus de 10h par jour
- Elles touchent un "salaire" journalier moyen de 30 dh (moins de 3 euros par jour), "salaire" moyen mensuel de 780 dh (moins de 71 euros par mois)
- Elles vivent généralement de thé vert et du pain sec
Beni Tadjit, merveilleuse oasis (grâce à la nature et aux qualités exceptionnelles des habitant-es de la région, constitué-es essentiellement de paysans pauvres, de mineurs, et de nomades pauvres). Beni Tadjit est situé dans une région prés-désertique, fait partie de la province de Figuig, pas loin de Bouarfa, pas loin d'Errachidia, pas loin de Missour à 125 km de sinistre bagne de Tazmamrt.
Ses habitants avaient contribué:
- à la résistance contre le colonialisme (se rappeler de la bataille de Boudnib au début du 20ème siècle)
- à la lutte pour l'indépendance ( ne pas oublier les martyrs, tel Ali ou Abbou du ksar Taghannamit, tombé dans le champs de bataille sous les bombes de l'aviation française. Il a laissé derrière lui 7 enfants. Sa veuve, la tante Hadhoum (la chère Bou), proche de 80 ans, vit humblement dans la ville).
Je me rappelle mon enfance, lorsqu'on vivait dans des gourbis au pied de la montagne. 60 ans après rien n'a changé. Les Fassi Fihri, les Ahardane, les Radi, les Elhamma, les Ansear, les Alaouis...ont pris la place des Jacques, des Carlos...pour assurer la pérennité d'un régime mahkzenien moyenâgeux et des rapports de production pré-capitalistes
Mes félicitations ,et surtout mes encouragements à la toute jeune section de l'AMDH qui fai tout son possible pour faire connaître cette amère réalité.
Le dimanche 12 décembre (à l'occasion de la journée mondiale des droits de l'Homme) la section locale de l'AMDH organise un sit in, occasion pour dénoncer cette situation de non-droits de citoyenneté.
Ali Fkir (Ali ou Hmad Ou Mouh)

mardi 7 décembre 2010

Maroc : Qu’est devenu « le peuple d’amour et de paix » ?

Par  APSO et Solidmar, 5/12/2010
Le 17 mai 2003, au lendemain des attentats de Casablanca, quatre des plus anciens prisonniers politiques marocains -18 à 28 années de prison- condamnaient « ces actes gratuits et criminels ayant pris pour cible un peuple d’amour et de paix ». Au fond de leur prison d’Oukacha, ils croyaient vraiment que la page des années de plomb était tournée et ils attendaient leur libération avec l’espoir de lendemains qui chantent…
Novembre 2010 un militant nous écrit « Au Maroc personne ne peut exprimer librement ses opinions sur ce qui se passe au Sahara. Le ministre de la communication vient de déclarer que "nous sommes en état de guerre" et tout le monde doit défendre la position officielle. Une atmosphère de terreur règne au Maroc. »
Décembre 2010, des Marocains habitant des bidonvilles  inondés jusqu’au toit, ont manifesté leur indignation face à l’incurie des pouvoirs. Six habitants ont été arrêtés  pour constitution de "bande criminelle, destruction de biens publics..."
La liste d’exemples de la politique de la terreur est infiniment longue.
Comment en est-on arrivé là ?
Le peuple sahraoui, qui est réellement un peuple d’amour et de paix, respecte le cessez-le-feu depuis 1991. Face à l’apartheid, au mépris, aux violentes répressions, aux mensonges, aux tortures cruelles il résiste par des actes pacifiques. Son langage n’est pas guerrier. Il préfère parler d’amitié et de respect des droits.
Attaqué, ce peuple se défend et il attaque le symbole de l’occupation.
Le langage quotidien commun du gouvernement, et d’une grande partie du peuple marocain, est celui de la guerre. Il y a des ennemis, des traîtres, des idiots… Les commentaires reçus sur les blogs en témoignent.
Les Sahraouis ont inventé une nouvelle forme de protestation pacifique, et planté leurs tentes hors des villes du Sahara occupé. A Gdeim Izik, à une vingtaine de km d’El Ayoun, 7000 tentes et entre 20 000 et 25 000 hommes, femmes, enfants, bébés se sont installés pour un séjour de longue durée… Même encerclés par la police dès les premiers jours, ils goûtaient à la liberté.
Un ami marocain  écrit le 31 octobre « C’est la première fois qu’une population s’organise pour fuir la prétention de ce Maroc qui n’a cessé de tromper l’opinion sur ses méfaits dans cette région qu’il annexe contre toute légitimité. Il s’expose à la risée de l’ensemble des chancelleries, même celles qui le soutiennent jusqu’à présent. Il ne cesse de s’embourber dans ses paradoxes et ses incohérences qui vont lui coûter très cher et c’est tant mieux. Et ceci même si les médias (français) semblent ignorer cet exode inédit…
Je pense que ce mouvement n’en est qu’à ses débuts et il va s’amplifier et capitaliser aux Sahraouis une solidarité sans précédent. Le Maroc aura des comptes à rendre. Je suis pour l'autodétermination du peuple sahraoui. C'est une culture qu'il faut préserver: Le Maroc opprime son peuple et va en opprimer d'autres.
La violence dictatoriale du Maroc balaye sans finesse cette protestation démocratique. Un jeune de 14 ans est tué alors qu’il apportait de l’approvisionnement aux camps, et ceux-ci sont attaqués et violemment détruits par les forces sécuritaires marocaines le 8 novembre avant le lever du soleil. Les observateurs, les journalistes sont expulsés. La parole, les faits sont confisqués par les oppresseurs. Pays fermé, violence à huis clos…
Néanmoins, le courage surmonte la peur, la technologie détourne l’opacité, les photos, les vidéos sortent du Sahara, des témoins racontent.
Une jeune Sahraouie se livre : « J'étais dans le campement de Gdeim Izik quand les Marocains nous ont attaqués.
Il y avait vraiment beaucoup de Marocains, et toutes les forces de sécurités possibles. L'armée, la police, la gendarmerie royale, les forces auxiliaires, les sapeurs pompiers et d'autres que je n'ai pas reconnus nous ont attaqués.
Toutes les sirènes des ambulances sonnaient sans arrêt, et l'hélicoptère tournait pour nous effrayer. Les enfants pleuraient et hurlaient de peur. Ils s'étouffaient à cause des gaz lacrymogènes. On avait l'impression que les Marocains voulaient nous encercler pour tous nous tuer. C'était terrible, vraiment horrible (…) Même quand ils sont allés saccager les maisons (d’El Aaiun) ils avaient les fusils. J'ai ramassé des cartouches par terre. Elles sont en plastique. Maintenant je suis toujours cachée. Je sais que la police me cherche.»
La chasse à l’homme et la terreur sur El Aaiun sont décrits par la députée marocaine Gajmoula Abbi, Sahraouie acquise à la thèse marocaine : « A aucun moment je n’ai pensé que le démantèlement du campement sahraoui serait fait de cette manière, de manière violente, où il y a eu des pertes humaines, beaucoup de blessés et beaucoup de gens – beaucoup de femmes et d'enfants - qui ont traversé ce désert pendant 18 km dans des conditions très très très difficiles, en marchant et avec beaucoup de peur. La vérité est que ça a été très impressionnant de voir des citoyens marocains, avec la police, menaçant les Sahraouis et détruisant les maisons et pillant les biens des Sahraouis (…)"
Elle explique aussi le pillage des maisons sahraouies par les civils marocains et l’arrestation par la police des jeunes garçons à partir de 12 ans, les disparitions... Elle avait annoncé vouloir protester, mais on n’entend plus parler d’elle…
Après quatre jours de terreur et de répression à huis clos l’ONG américaine Human Rights Watch réussit à obtenir l’autorisation de se rendre sur les lieux. Son rapport accablant contredit les déclarations officielles marocaines. Deux journalistes espagnols ont également pu se rendre sur place. Ana Romero, la journaliste de El Mundo, est traitée de menteuse par le Maroc et menacée de mort lors de son expulsion. L’accès au Sahara Occidental est de nouveau interdit à tout étranger : un journaliste danois, deux médecins belges envoyées en mission humanitaires, des députés européens sont renvoyés du Maroc. Pas de témoins quand on cogne, pas de témoins quand on nettoie.
A Smara et El Aaiun, le 29 novembre, des dizaines de lycéens Sahraouis, attaqués par leurs collègues sous les yeux de la police marocaine impassible doivent être évacués dans les hôpitaux d’El Aaiun.
En juin 2008 la population de Sidi Ifni, petite ville côtière marocaine à moins de 500 km d’El Ayoun a connu les mêmes humiliations, la même haine envers les militants des droits de l’homme, la même répression sauvage, la mise à sac des maisons, les arrestations, les pillages, les menaces de viol (et probablement les viols)…
C’est le même pouvoir arrogant qui agit.
Comment comprendre qu’une partie du peuple marocain, qui subit les mêmes agressions du même potentat voue de la haine au peuple sahraoui, haine étalée sans vergogne dans sa presse, sur Internet et dans son coupable comportement ?
Les résistants, les hommes et les femmes libres de part et d’autre, ne seraient-ils pas prêts à se comprendre si la liberté d’opinion marocaine n’était pas muselée ? Peut-être est-ce ce que craint le pouvoir ?
Le Maroc cherche la guerre, sans égard pour son peuple ni son/ses voisins.
Dans une correspondance urgente envoyée à la Maison Blanche à propos du dossier ayant trait à l'axe Maroc-Algérie-Espagne, la CIA a prévenu que le Maroc a mis en état d'alerte ses forces armées au sud du Maroc qui sont prêtes à mener une attaque militaire sur le Front Polisario à tout moment, au cas où ce dernier tenterait de mener une quelconque action contre le Maroc. (Algeria ISP) Le Maroc qui est l’agresseur, se place encore en victime…
La solution non violente ne peut être autre que le référendum par lequel les Sahraouis sous l’égide de l’ONU, auto-détermineront s’ils veulent être Sahraouis indépendants ou Marocains. Nous devons soutenir le processus légal international.
Voilà bientôt 20 ans que la mission de l’ONU ne remplit pas son contrat. Et 35 ans que le Maroc tente d’imposer par la force sa présence, qu’il vole et pille les ressources naturelles du Sahara sur lesquelles il n’a aucune souveraineté.
Le Maroc et ses complices volent au Sahara le produit de la pêche, les tomates, les concombres et les melons, la spiruline, les phosphates et bientôt le pétrole.
Le Maroc et ses complices détruisent l’écosystème, et déciment les espèces végétales et animales rares, oiseaux, gazelles, ou arbre endémique, le talha…
Le peuple marocain d'amour et de paix est devenu un peuple belliqueux et aigri…
Ou peut être est-il un peuple en très grande souffrance qui subit - sans plus pourvoir réagir - les manipulations et la répression d'un gouvernement qui n'est plus que haine et abus de pouvoir.

Parlement Européen Sahara occidental : il faut veiller aux droits de l'homme,

Par Natalia DASILVA, 2/12/2010 
Communiqué de presse
Sahara occidental : il faut veiller aux droits de l'homme, estiment les députés
La surveillance des droits de l'homme et du respect du droit international s'impose au Sahara occidental, ont déclaré les députés de la commission des affaires étrangères lors de réunions avec les dirigeants du Front Polisario et avec le gouvernement marocain, ce mercredi. Les députés ont également appelé à des missions d'enquête dans la région.
Le représentant du Front Polisario, Mohamed Salem Ould Salek, et le ministre marocain des affaires étrangères et de la coopération, Taïb Fassi-Fihri, ont rencontré les membres de la commission des affaires étrangères pour discuter des récents incidents dans la ville du Sahara occidental de Laâyoune.
Le démantèlement du camp de protestation Gdaim Izik
Mohamed Ould Salek
Le démantèlement du camp de protestation Gdaim Izik par les forces marocaines, le 8 novembre, a constitué "un point de non retour, tout doit changer maintenant", a déclaré M. Ould Salek, qui a déploré les restrictions "imposées par les forces marocaines à la circulation des diplomates, des ambassades étrangères, des membres du Parlement européen, des représentants d'ONG et des journalistes".
"Selon les rapports des renseignements européens, entre 500 et 600 personnes ont disparu" lors du démantèlement du camp, a déclaré Ana Gomes (S&D, PT).
M. Fassi-Fihri a nié: "le camp a été démantelé de manière parfaitement pacifique, sans la mort d'un seul civil", a-t-il souligné, ajoutant que même si "les gens parlent d'un camp d'internement style Auschwitz", et si nous avons été accusés d'assassiner des gens, personne n'est mort".
Quant aux allégations selon lesquelles les journalistes, ONG et politiciens n'auraient pas eu un libre-accès au camp, la vérité a été déformée, les gens ont pu entrer et sortir du camp’’ a-t-il conclu.
Taïb.Fassi-Fihri
Pour clarifier les choses, José Ignacio Salafranca (PPE, ES) a suggéré que le mandat de l'ONU au Sahara occidental soit élargi afin d'y inclure la surveillance des droits de l'homme. Ioannis Kasoulides (PPE, CY) a exhorté M. Fassi-Fihri à envisager de faire appel à un comité indépendant d'une tierce partie pour surveiller la situation des droits humains au Sahara occidental.
La voie de l'auto-détermination
Ould Salek du Polisario a affirmé que le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique et a insisté sur "la nécessité d’un processus d'auto-détermination pour le Sahara occidental avec un référendum respectant le droit international", similaire à celui du Timor oriental ou de la Namibie.
Le ministre marocain des affaires étrangères Fassi-Fihri a fait observer qu'"un référendum n'est pas la panacée", ajoutant que "l'autodétermination doit être trouvée par la voie d'une négociation politique’’, et que "le Maroc doit faire partie de toute solution à cette question".
Willy Meyer (GUE/NGL, ES) a qualifié le Maroc de "force d'occupation" dans le Sahara occidental et a exhorté Rabat à respecter le droit international et à "libérer tous les prisonniers détenus politiques illégaux". M. Fassi-Fihri s'est opposé à l'utilisation du mot ‘’occupation’’, en disant ‘’vous ne trouverez pas ce mot dans une résolution de l'ONU depuis 1980", ajoutant qu'aucune résolution du Conseil de sécurité des Nations unies n'a appelé à un "référendum" au Sahara occidental depuis 2004.
A qui appartiennent les ressources naturelles?
M. Ould Salek s'est déclaré préoccupé du fait que les eaux du Sahara Occidental soient incluses dans l'accord de pêche UE-Maroc qui doit être renouvelé en février 2011 et requiert le consentement du Parlement. "Le Maroc n'a aucune base juridique pour l'exploitation de ces eaux", a-t-il dit, appelant les députés "à agir en tant que conscience de l'UE’’ et à saisir l'occasion pour faire pression afin d’exclure les eaux du Sahara occidental de l'accord.
M. Fassi-Fihri a fait observer que le Sahara occidental "est un territoire pauvre" et qu'il ne fournit qu'1% des ressources nationales (du Maroc). Il a ajouté que la pêche "ne peut prospérer que grâce à l'investissement public et privé" et a demandé "voulez-vous que la population locale soit davantage punie?".
Le député Raül Romeva (Verts/ALE, ES) a convenu que le Maroc n'a pas le droit d'exploiter les eaux du Sahara occidental et a demandé instamment qu'il soit exclu les futurs accords de pêche de l'UE avec le Maroc.
La délégation du PE au Sahara occidental
Le président de la délégation du PE pour les relations avec les pays du Maghreb et l'Union du Maghreb arabe, Pier Antonio Panzeri (S&D, IT), a proposé l'envoi d'une délégation du Parlement européen à Laâyoune. "Nous voulons un dialogue ouvert avec le Maroc car ce pays est un partenaire important pour l'UE", a-t-il déclaré.
La résolution du Parlement européen
M. Fassi-Fihri a déclaré que la résolution du Parlement européen du 25 novembre sur la situation au Sahara occidental "ne tient pas compte d'un certain nombre de faits, comme la présence d’ONG crédibles et de journalistes sur le terrain", ainsi que des cocktails Molotov et des machettes utilisées contre les forces marocaines. Jugeant la résolution "injuste et déséquilibrée", il a déclaré que ‘’le peuple marocains se sent blessé".
M. Ould Salek a estimé que la résolution "a montré une fois que le Parlement européen a un rôle clair de conscience démocratique de l'UE".
Plusieurs députés ont rappelé que la résolution a été appuyée par tous les groupes politiques. ’’Il s'agit d'un texte officiel", a déclaré Annemie Neyts-Uyttebroeck (ADLE, BE), ajoutant :"vous avez le droit d'avoir votre opinion, mais la légitimité de ce texte est au-dessus de vos doutes".
Rachida Dati (PPE, FR) a souligné qu'il y avait eu ‘’aucune place pour un débat avant le vote de cette résolution".
1.12.2010
Sous la présidence de : Gabriele ALBERTINI (EPP, IT)
REF. : 20101129IPR02808
Contact
Natalia DASILVA http://www.europarl.europa.eu/fr/pressroom/content/20101129IPR02808

dimanche 5 décembre 2010

Le Maroc propose l'autonomie pour les Sahraouis, le Front Polisario brandit le droit à l'autodétermination.

Par Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde, 5/12/2010
Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d'années, n'est pas près de trouver une solution. Les positions sont trop éloignées, les rivalités trop profondes, les procès d'intention trop nombreux entre les deux principaux protagonistes: le Maroc, qui occupe le Sahara occidental en dehors de toute légalité internationale, et l'Algérie sans l'appui de laquelle le Front Polisario, favorable à un référendum pour fixer l'avenir de l'ancienne colonie espagnole (indépendance ou rattachement au Maroc), aurait le plus grand mal à exister.
La position algérienne est clairement exprimée dans le compte-rendu d'une audience (d'une durée de 3 heures 30) accordée en mai 2007 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Frances Fragos Townsend, la conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité, obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde.
"Si je pouvais résoudre le problème je le ferais, affirme le président algérien. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis ." Ce qu'il faut c'est que "le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l'aide des Américains".
Les Français, confiera-t-il à une autre occasion, "du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit". D'ailleurs, ajoute-t-il, "la France n'a jamais vraiment accepté l'indépendance algérienne". Pour lui, elle tente de régler ses comptes avec l'Algérie "en appuyant le Maroc".
LE JUGEMENT DE M. BOUTEFLIKA SUR LE ROI DU MAROC
Un an plus tard, en février 2008, recevant un diplomate américain, changement de registre. Le président algérien dénonce "le plan d'autonomie" voulu par Rabat à la place du referendum d'autodétermination. Celui-ci n'offre qu'un semblant d'autonomie. Les provinces algériennes en ont d'avantage vis-à-vis d'Alger, soutient M.Bouteflika.
Puis, au fil de l'entretien, le président algérien se laisse aller: il comprend que les Marocains se sentent menacés par la perspective d'un Sahara occidental indépendant mais, dit-il, ils sont les premiers responsables de la situation. Au lieu de faire preuve d'une approche "élégante" en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu'ils auraient pu "contrôler" ou "superviser", ils veulent "un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït". S'ils n'avaient pas été aussi maladroits, les Marocains "auraient pu obtenir ce qu'ils voulaient", assure le président algérien à son hôte.
L'année suivante, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l'Afrique (Africom), le général William Ward, le chef de l'Etat algérien revient à la charge. Selon lui, le projet d'autonomie est à rejeter. "Vous ne pouvez pas défendre l'application d'un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental", fait valoir le président algérien.
Le jugement négatif de M. Bouteflika sur le roi du Maroc n'est pas fait pour arranger les choses. Autant le président algérien apprécie Moulay Rachid, le frère du roi ("On a plaisanté et discuté agréablement" à l'occasion d'une rencontre à Séville, en Espagne) autant le courant ne passe pas avec Mohammed VI. "Il n'est pas ouvert, et manque d'expérience", se plaint-il. Pour M. Bouteflika, aucun dialogue n'est possible entre lui et le roi du Maroc.
LES APPRÉCIATIONS SÉVÈRES DES MAROCAINS 
Côté marocain, la suspicion n'est pas moindre. Non pas que Mohammed VI se confie un tant soit peu aux très rares interlocuteurs américains qu'il reçoit. Mais ses proches le font pour lui. Or, ils sont sévères dans leur jugement. Selon leur lecture, la clé du dossier du Sahara occidental se trouve non pas à Tindouf, où siège les indépendantistes du Polisario, mais à Alger. Là-bas, expliquent-ils en juin 2009 au représentant personnel du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, le pouvoir est toujours entre les mains de généraux dogmatiques, incapables de bouger et "pétrifiés" à l'idée du plan d'autonomie présenté par Rabat. 
Faut-il miser sur le temps et attendre qu'une nouvelle génération soit aux commandes en Algérie pour résoudre le conflit au Sahara occidental ? Certains conseiller du roi en sont convaincus, mais pas le chef des services de renseignements extérieurs, Mohamed Yassine Mansouri. Dans un "mémo" du printemps 2008, il se dit convaincu qu'un changement de génération "pourrait compliquer la situation". "L'ancienne génération qui a créé le problème est la mieux placée pour le résoudre", dit-il à son interlocuteur américain.
Dans un télégramme de juin 2009, le même Mansouri confie que Rabat a demandé au président français Nicolas Sarkozy de faire en sorte "de n'être pas perçu, comme par le passé comme aussi pro-marocain sur le Sahara occidental".
C'était aussi le cas de l'administration Bush, "qui apparaissait trop favorable au Maroc". A l'équipe diplomatique du président Obama, le patron des services d'espionnage fait observer qu'"il ne serait pas très judicieux d'abandonner ses vrais amis au profit du pétrole".

Sahara occidental : stop au massacre ! Autodétermination !

Numéro 29 – Novembre 2010
Lundi 8 novembre, le jour même de l'ouverture du 5ème round des négociations à Washington entre le Front Polisario et le Maroc sous l'égide des Nations unies, les autorités marocaines ont lancé leurs policiers, leurs militaires et leurs colons armés contre la population sahraouie. Le « campement de l'indépendance » de Gdeim Izik, installé dans le désert près d'El Aaiun par plus de 20.000 Sahraouis protestant contre la répression et la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, a été encerclé puis incendié et détruit, les sahraouis tabassés et pourchassés.
Dans le même temps, les manifestations pacifiques de solidarité dans les villes sahraouies ont été réprimées avec une extrême violence: matraquages et tirs à balles réelles ont fait 11 morts, des centaines de blessés et des dizaines de disparus. Ce bilan n'est malheureusement que provisoire. Des centaines de Sahraouis ont été arrêtés. Des journalistes et parlementaires étrangers ont été interdits de pénétrer au Sahara occidental et refoulés.
La communauté internationale doit réagir à cette nouvelle provocation du Maroc qui célèbre à sa façon le 35ème anniversaire de la « Marche Verte » qui avait entraîné l'exode de dizaines de milliers de Sahraouis vers les camps de réfugiés de Tindouf et conduit à l'occupation puis à la colonisation du Sahara occidental.
Nous dénonçons la violente intervention des forces policières et militaires marocaines contre la population sahraouie et exigeons :
l'arrêt des massacres de la population sahraouie des territoires occupés,
la libération des prisonniers sahraouis,
l'organisation rapide du référendum d'autodétermination qui est le seul moyen de trouver une solution juste et définitive au conflit du Sahara occidental dans le respect du droit international.

SCANDALE ET DÉSOLATION ... suite

Par Ali Fkir, 4/12/2010
Les victimes des intempéries et des politiques de l'Etat vivent toujours dans des conditions lamentables:
- Les baraques toujours inondées
- L'Etat est quasiment absent au niveau de l'assistance
- L'Etat est partout présent en dépêchant sur les lieux les différentes "forces de l'ordre"
- Les représentants des habitant-es de douar Brahma toujours incarcéré à la prison de Oukacha à Casablanca et poursuivis devant la cours d'appel (la chambre criminelle)
- Les "élus" ont préféré ne pas se montrer devant les sinistré-es. Ces créatures enfantées par des mascarades électorales, ne peuvent en aucun cas faire ou dire que ce que leur dictent l'administration et les services de "sécurité".
- Les militant-es de l'AMDH étaient allés voir de nouveau les sinistré-es de Brahma (le samedi 4 décembre 2010). La situation de ces victimes est intolérable.
- Les familles des victimes et autres sinistré-es font quotidiennement des km pour se rendre au local de l'AMDH
Mobilisons nous pour:
- Imposer la libération des 6 représentants des sinistrés du Douar Brahma Charkaoua injustement incarcérés
- Faire étaler devant l'opinion publique cette situation inhumaine
- Condamner la démission de l'Etat au niveau des secours Dénoncer le comportement honteux des "élus"
- Exprimer par des faits la solidarité avec les sinistrés
Matraquée par les forces de l'"ordre"
EXIGEONS LA LIBERATION DES INNOCENTS:
- Khadim Mohammed, marié et père d'un enfant
- Amzouri Rachid, marié
- Essahil Ahmed, marié et père de 3 enfants
- Ould El Kharrat, marié
- Khabbari Youssef, célibataire
- Drihim Mohammed, célibataire
 Nous demandons: la libération des prisonniers incarcérés injustement, et notre droit à un logement pour Brahma-gouffre
Photos prises le samedi 4 décembre 2010: toujours la désolation


A la mosquée du coin: dans la salle   minuscule réservée normalement aux dépouilles des morts, les jeunes s'entassent en poussant au coin le "porteur" qui sert à transporter les dépouilles au cimetière
 noyés, réprimés, emprisonnés. Quoi? C'est honteux, honteux, honteux!
 Nous demandons: la libération des prisonniers incarcérés injustement, et notre droit à un logement pour Brahma-gouffre
Elles se sont réfugiées dans un minuscule box de cheval...
 Familles des prisonniers avec Les camarades: Moussa, vice-président ,
Naïma trésorière el Lakbir, membres de la section de l'AMDH -Mohammedia
 Salle de l'école de la campagne, non située dans le gouffre
Dans la salle de classe
 Pas de camion pour dégager les ordures. Les bidonvilloi-ses cohabitent avec
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 Immeubles neufs de "l'OUMRANE" inoccupés depuis des années.
 Les sinistrés les ont occupés  avant qu'ils ne soient évacués par la matraque