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mardi 11 janvier 2011

Prison de Kenitra : vers la fin de la grève de la faim ?



Communiqué de l' association ENNASSIR.
Par Abderrahim Mouhtad, Ennassir, 11/1/2011
Suite à notre rencontre avec la délégation générale des prisons à Rabat le 4/1/2011, celle-ci nous a promis d' aller rencontrer les 26 détenus en grève de la faim à la prison centrale de Kenitra et de satisfaire leurs demandes.
Ils nous ont alors promis d' étudier les demandes présentes et de trouver des solutions aux mauvaises conditions de détentions des détenus islamistes.
A ce jour même la grève de la faim des 26 à Kenitra , commencée le 6 novembre 2010, est maintenue, l' état de santé de ces derniers est alarmante, malgré le déplacement d' une commission de la délégation à Kenitra.
(Résume en français.)
بــــلاغ
اجتمع المكتب المسير للنصير يوم السبت 8 يناير بعد الزوال وبعد التداول في النقط المطروحة للنقاش خلص إلى إبلاغ الرأي العام بما يلي:
- أن استقبال المندوبية يوم الثلاثاء الماضي لمندوبي مكتب النصير- بمقر المندوبية- قد تم في ظروف عادية وتم التطرق إلى كل القضايا العالقة لدى المعتقلين الإسلاميين وخصوصا استمرار الإضراب عن الطعام ببعض السجون، وطلبات الترحيل ومشاكل التغذية والإقامة السجنية وظروف تفتيش الزوار، وأعطت المندوبية وعودا بالعمل على إيجاد حلول لكل هذه الملفات.
- انشغاله بما وصلت إليه الأحوال الصحية للمعتقلين الإسلاميين الذين ما يزالون مضربين عن الطعام منذ 6 نوفمبر بالسجن المركزي بالقنيطرة، ويحمل المندوبية العامة للسجون المسؤولية كاملة في عدم فتح حوار معهم والسعي إلى إنقاذ حياتهم.
- الإعداد للقيام بوقفة احتجاجية بالرباط تأكيدا على مظلومية المعتقلين الإسلاميين وللمطالبة بإطلاق سراحهم.
عن المكتب المسير للنصير
الاثنين 10يناير 2011

mercredi 8 décembre 2010

-Sit-in pour la défense de la liberté et les droits usurpés des détenus islamistes-

 Par Abderrahim Mouhtad, Ennassir, 7/12/2010
بسم الله الرحمن الرحيم
 بــــلاغ.
SIT-IN
كما أننا نهيب بكل الغيورين على حقوق الإنسان الوقوف بجانب المطالب المشروعة لهؤلاء المعتقلين والدفاع عن كرامتهم والمطالبة بحريتهم. تحت شعار - من أجل الدفاع عن الحرية المسلوبة والحقوق المهضومة للمعتقلين الإسلاميين بالسجون المغربية - تنظم جمعية النصير لمساندة المعتقلين الإسلاميين وقفة سلمية أمام المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان بالرباط يوم الجمعة 10 دجنبر على الساعة 11 صباحا، وذلك تخليدا للذكرى 62 للإعلان العالمي لحقوق الإنسان التي تتزامن هذه السنة والإضراب المفتوح عن الطعام الذي يخوضه عدد من المعتقلين الإسلاميين بالسجون المغربية منذ 06 دجنبر 2010 احتجاجا على أوضاعهم المأساوية.
L' association Ennassir organise un sit-in devant le CCDH à Rabat à l'occasion du journée internationale du droit de l' Homme sous le thème:
- Pour la défense de la liberté et les droits usurpés des détenus islamistes-
Et ce le vendredi 10 décembre 2010 a 11h.
عن المكتب المسير للنصير
الدار البيضاء:
الثلاثاء 7 دجنبر 2010

samedi 4 décembre 2010

Maroc : Familles en détresse

Par NOURA MOUNI, 3/12/2010
Trois ans après l’arrestation du père, la famille Al Moatassim continue à clamer l’innocence de ce «papa», bien que la justice ait déjà dit son dernier mot. Soumaya, cadette des quatre enfants Moatassim (Abdeslam, Zineb et Mohamed), décide de se faire le porte-fanion de la défense de son père, sa mère, professeur de lycée, ayant désormais la charge du foyer. Du jour au lendemain, à 19 ans, elle se retrouve dans un tourbillon politico-médiatique auquel rien ne la prédestinait. Rencontre
Soumaya Al Moatassim: « La place de mon père est auprès de nous»
Soumaya, 22 ans, milite depuis trois ans pour la libération de son père, condamné à 25 ans de prison dans l’affaire du réseau terroriste Belliraj, ramenés à 10 ans en seconde instance. Pour cette future lauréate de l’Ecole nationale des sciences appliquées de Tanger, pas question de baisser les bras, tant la cause de son géniteur lui semble juste. Coupable avéré pour les uns, complice indirect pour les autres, Mustafa Al Moatassim demeure aux yeux de sa fille un père «engagé, responsable et pur», «loin de l’image qu’on tente de lui coller à tout prix». Au bout de quelques mois de campagne médiatique, Soumaya est parvenue à attirer l’attention de l’opinion publique et d’organisations de droits de l’homme sur le cas de son père.
Retour au 18 février 2008, jour de l’arrestation de Mustafa Al Moatassim. Installée à Tanger, Soumaya apprend la nouvelle de l’arrestation de son père. Sous le choc, elle reçoit l’appel de son frère qui tente de la calmer. «Il sera interrogé et libéré dans 48 heures», la rassure-t-il. Le même jour, les autorités perquisitionnent l’appartement familial, sis à Hay Riad, Rabat. La famille Al Moatassim est dans l’appréhension. Aucune nouvelle depuis l’arrestation. Ce n’est qu’après la conférence de presse accordée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Chakib Benmoussa, autour du réseau Belliraj, que la famille se rend compte de ce qui se passe réellement. Le destin des Moatassim bascule en quelques heures.
Une semaine après l’arrestation, un appel de la police apprend à la famille Al Moatassim que leur père est à Casablanca pour des interrogatoires. «On est allé le voir, ma mère, mon frère et moi, pour lui apporter des vêtements neufs, du matériel d’hygiène et de la nourriture. Mais les policiers ne nous ont pas permis de le voir», se remémore Soumaya, la voix tremblante d’émotion. Près de 4 ans après les faits, la jeune fille peine toujours à l’idée de savoir son géniteur derrière les barreaux pour atteinte à la sûreté intérieure de son pays. La famille subit une double peine : celle de l’incarcération du père par la justice, condamnation à laquelle vient s’ajouter l’opprobre d’une société marocaine encore meurtrie par le souvenir des sanglants attentats du 16 mai 2003.
Trois semaines après l’arrestation, Mustafa Moatassim est transféré à la prison civile de Salé où sa famille est finalement autorisée à le voir. Amaigri, le visage pâle et le regard éteint, le père leur est méconnaissable.
Le coup est dur pour l’épouse et les quatre enfants. Lorsque les médias annoncent la nouvelle de l’arrestation des « Six politiques » (voir encadré), l’appartement des Al Moatassim, d’habitude calme, ne désemplit plus, entre proches, voisins et amis venus s’enquérir du sort du chef de famille.
Mais si les proches offrent leur soutien à la famille privée de son pilier moral et financier, la société et l’entourage sont loin d’être aussi compréhensifs. Les regards inquisiteurs se font de plus en plus insistants, et les qu'en-dira-t-on étouffent les Al Moatassim qui essaient tant bien que mal de garder la tête hors de l’eau : «Certains de mes camarades d’école ne voulaient plus m’aborder de peur d’une mauvaise réaction de ma part», explique Soumaya.
Au fil des jours, l’absence du père pèse sur la maison. A l’instar de ses proches, Soumaya subit silencieusement les débuts de l’affaire. Un mois après l’arrestation de son père, la jeune fille sombre dans une dépression nerveuse qui la conduira à deux hospitalisations successives. Gravé dans sa mémoire, le contrôle policier lors de sa première visite de son père à Casablanca, qu’elle a vécu comme un «épisode humiliant» sera l’élément déclencheur de «l’éveil de conscience» de la jeune fille, qui commence son activité militante par la création d’une page sur Facebook consacrée à son père. Elle rassemble ainsi 3000 adhérents à sa cause. Soumaya s’adresse ensuite aux médias conventionnels et donne une série d’interviews dans les journaux nationaux, avant d’intégrer l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH).
Elle participe aux sit-in, prend part à des conférences et se fait connaître dans le monde associatif. La réduction de peine fait poindre une lueur d’espoir pour la famille Moatassim. Entre son grand frère récemment marié, le benjamin de la famille, étudiant en première année du bac, sa mère partagée entre son travail et ses trois visites hebdomadaires à la prison de Salé, Soumaya attaque sa cinquième et dernière année d’études sans pour autant abandonner son combat. Ramener son père à la maison, c’est le défi de sa vie…

Sakina Kada : «Mon Abdelhafid reviendra…»
«Le 19 février 2008, on est venu arrêter mon mari chez nous, on a fouillé notre maison et confisqué des objets. J’ai versé toutes les larmes de mon corps…Ce n’était pas à cause de l’appartement chamboulé, cela n’avait pas d’importance. Je m’inquiétais pour mon fils de trois ans, effrayé à la vue de ces inconnus, qui avaient fait irruption dans son petit monde et refusé que je le conduise à la crèche pour lui éviter cette triste scène», se rappelle Sakina Kada, épouse de Abdelhafid Sriti, correspondant à la chaîne de télévision libanaise Al Manar, organe médiatique du parti chiite Hezbollah.
Face au choc de l’arrestation, la mère de famille perd ses moyens, avant de retrouver ses esprits quelques temps plus tard. Elle s’improvise coordinatrice des familles des «six politiques» de l’affaire Belliraj. Une cause à laquelle elle consacre la majeure partie de son temps, sans oublier ses enfants pour autant. Elle a peur pour l’équilibre et l’avenir de ses petits : Yassir, 5 ans, et Chaimaâ, 16 ans. Elle les rassure, les réconforte, tentant de préserver l’image d’un père « intègre et pacifiste», insiste-t-elle. Mais les mots ne suffisent pas à conserver la sérénité du foyer. Sakina doit également prendre la relève financière du chef de famille, au quotidien, en attendant son retour. Elle ne veut pas que ses enfants soient victimes de privations, elle se doit de les accompagner dans cette épreuve difficile. C’est que l’affaire des «six politiques» de l’affaire Belliraj a fait le tour du pays, avant de se répandre comme une traînée de poudre dans les médias du monde entier.
Dès le transfert d’Abdelhafid Sriti à la prison de Salé, la famille s’organise pour les visites, tous les lundi matins. «C’est un vrai cauchemar pour nous tous. On doit à chaque fois faire la queue, passer des heures à attendre et se plier aux fouilles embarrassantes des gardiens. C’est une épreuve pénible pour mes enfants, surtout pour Yassir, qui n’a aujourd’hui que 5 ans et demi», déplore-t-elle. Dans sa bataille pour la libération de son mari, Sakina sillonne le Maroc et l’étranger afin de sensibiliser les organisations des droits de l’homme. Elle organise également des sit-in, des rencontres et des conférences auxquels elle participe, en compagnie des autres familles, avec le comité national de solidarité avec les «six politiques».
Sakina vit toujours mal en revanche les questions incessantes de son benjamin sur la raison de l’absence de son père: «Il n’est toujours pas au courant qu’il est en prison. Lorsqu’on lui rend visite, il croit que c’est son lieu de travail», raconte la mère de famille. «Chaima est en âge de tout comprendre, elle est très attachée à son père. Elle s’intéresse à toute l’actualité qui le concerne… mais j’essaie de la tenir à l’écart de cette affaire, j’ai peur qu’elle ne souffre de l’incompréhension de son entourage», ajoute Sakina. Une épouse qui réclame le retour d’un homme avec qui elle a partagé vingt années de sa vie. Une maman qui se bat pour revoir ses enfants dans les bras de leur père.
«Je vous laisse imaginer ce que représente pour un foyer la détention de son chef de famille, seul et unique pourvoyeur de revenus.»
Questions à Abderrahim Mouhtad, président d'Ennassir
L’Observateur du Maroc A combien estimez-vous le nombre de détenus islamistes et comment sont-ils répartis dans les différentes prisons du Maroc ?
Abderrahim Mouhtad. Il n’existe pas de chiffre officiel, par conséquent on se réfère généralement aux déclarations de l’année dernière d’un responsable du ministère de la Justice, qui avait fourni l’effectif de 700 à 800 détenus islamistes. Dans son recensement, Ennassir, pour sa part, se fie uniquement aux courriers manuscrits qui lui sont envoyés par les détenus et aux familles de ces derniers qui viennent régulièrement à l’association, ce qui fait un total de 427 prisonniers. Mais, étant donné le nombre de transfèrements des détenus islamistes d’une prison à l’autre, et leur présence dans plusieurs prisons, il est difficile d’établir une cartographie exacte de leur répartition dans les différents pénitenciers du Royaume. Ceci dit, à titre indicatif, la prison locale de Salé à elle seule compte environ 360 détenus islamistes.
Combien de familles soutient votre association ? Et quel genre d’aide leur apportez-vous ?
Environ 427 familles- proches, parents et enfants de détenus islamistes-avec lesquelles nous maintenons un contact permanent au siège de l’association. Nous essayons, en fonction de la situation de chacun et de nos moyens limités, d’apporter un soutien à différents niveaux, notamment en faisant connaître les revendications des familles des détenus islamistes, et ce que celles-ci subissent comme épreuves du fait de l’incarcération de leurs proches. Nous concentrons l’essentiel de nos efforts sur cet aspect-là, car nous le considérons comme la solution collective et efficace à tous les problèmes des familles concernées. Dans ce sens, nous encadrons les sit-in et les manifestations de ces dernières, de même que nous nous occupons de la communication avec les associations des droits de l’Homme et les médias. Nous leur rendons en outre d’autres services spécifiques, comme la rédaction, l’impression et la distribution de leurs doléances. Il faut souligner qu’Ennassir est elle-même soutenue par des partenaires, qui nous fournissent notamment conseils juridiques et assistance administrative.
Quelles sont les conséquences psychologiques, matérielles et sociales sur ces familles de la détention de leurs proches?
Quoique je puisse vous dire à ce sujet, les mots ne suffiraient pas à décrire leur situation, mais je vous laisse imaginer ce que représente pour un foyer la détention de son chef de famille, souvent le seul et unique pourvoyeur de revenus pour toute la maisonnée. La plupart des prisonniers islamistes sont en effet mariés et pères d’enfants en bas âge. Et ce sont ces petits qui paient aujourd’hui le plus lourd tribut de l’emprisonnement de leurs pères. Les épreuves qu’ils endurent vont au-delà de l’imaginable, ils sont victimes entre autres d’abandon scolaire et souffrent de l’indifférence totale de l’Etat, mais également de la société civile, à leur égard. En 2010, certains parmi ces enfants de détenus islamistes, âgés de 14 ou 15 ans à peine, ont ainsi été arrêtés pour des délits de vol ou de consommation de stupéfiants. Qu’en sera-t-il de leur avenir avec une enfance aussi ardue ?
Quelles sont les revendications de ces familles aujourd’hui?
Leurs revendications sont les mêmes que celles d’hier, à savoir la libération de tous leurs proches (arrêtés durant la campagne menée par les autorités au lendemain du 16 mai 2003), dont les procès se sont déroulés dans des conditions particulières, en outre sous le choc consécutif aux attentats de Casablanca. Nous considérons que les condamnations à l’encontre de ces personnes ont été trop sévères, eu égard aux faits qui leur sont reprochés, sans oublier que les détenus islamistes ont été privés de toute possibilité de contestation de leur jugement, et ne bénéficient ni de mesures de grâce ni de libération.
Avez-vous jamais pensé à faire rencontrer les familles des condamnés islamistes du 16 mai 2003 avec celles des victimes de ces attentats? Si oui, comment se sont déroulées ces rencontres?
Au niveau de l’Association Ennassir, nous n’avons jamais organisé de rencontre de ce genre. Ceci étant, il est arrivé qu’en marge de meetings ou de réunions entre associations de défense des droits de l’homme, des proches des victimes du tragique 16 mai 2003 se retrouvent sous le même toit que des familles de détenus islamistes. Leur rencontre leur a permis d’aboutir à la conclusion que ces tristes évènements ont engendré des victimes de tous les côtés. Ceux qui ont été touchés directement et douloureusement par ces attentats ont vu leur vie se transformer en une épreuve et des souffrances quotidiennes. Et ceux qui ont été arrêtés et emprisonnés suite à ces attentats, alors qu’ils n’avaient aucun lien direct ou indirect avec ces derniers, subissent un sort affligeant à leur tour.
Votre association est perçue par certains comme « l’avocat du diable». Comment pouvez-vous justifier devant tous ces Marocains votre défense d’individus condamnés par la société et par la justice ?
Ennassir est une association jeune, qui a défini le cadre exact de son activité dès sa naissance en 2004. La plupart des membres de son bureau et de ses adhérents sont des parents ou des proches de détenus islamistes. Ennassir a commencé à travailler sur le dossier sensible de ces prisonniers particuliers au moment où nombre de concernés ont préféré s’en détourner, par crainte, si l’on peut dire, de « jouer avec le feu ». Mais aujourd’hui, grâce à Dieu, beaucoup d’organisations non gouvernementales, aussi bien marocaines qu’internationales, ont décidé de se joindre à leur tour à la défense de ces détenus islamistes, ce qui fait que nous ne sommes plus seuls au front. Cette nouvelle donne nous pousse à réfléchir ensemble à d’autres voies d’aide et de soutien aux enfants et aux proches de ces prisonniers, dans l’attente de leur délivrance. Il faut souligner à ce niveau que nous demandons la libération uniquement des détenus islamistes qui ne sont aucunement impliqués dans des actes sanguinaires, et qui condamnent l’idéologie de la violence dans son ensemble. Enfin, nous appelons au respect de la dignité et des droits de l’ensemble des détenus à l’intérieur de tous les établissements pénitentiaires du pays.

lundi 24 mai 2010

Maroc : Situation inhumainedes détenus salafistes transférés à Tiflet

 Par Abderrahim Mouhtad, ENNASSIR, 23/5/2010
Communiqué d' ENNASSIR  qui fait le point sur les conditions de détention des  détenus salafistes  transférés en mars dernier  dans une prison  dans la ville de  Tiflet. Ces détenus vivent  privés  de tous les droits et soufrent  d' un isolement total.
بسم الله الرحمن الرحيم
بيـــان
تعرف أوضاع المعتقلين الإسلاميين المتواجدين بالسجن المحلي بمدينة تيفلت صعوبات وتضييقات، ابتدأت منذ أن تم ترحيلهم إلى هذا السجن ( الأسبوع الثاني من شهر مارس 2010) والسجن ما يزال قيد التشييد، وما تزال مستمرة إلى يومنا هذا، وحسب إفادات العائلات التي قامت بالزيارة، فان ذويهم يعانون نقصا في كل شيء بعدما قامت الإدارة عقب ترحيلهم إلى هذا السجن من تجريدهم من كل ما كانوا يتمتعون به بالسجن المركزي بالقنيطرة، زد على ذلك معاناة الأسر مع ظروف الزيارة التي أصبحت (مشبكة) ولا تتجاوز 15 دقيقة فيما قد يطول انتظارهم لها أكثر من أربع ساعات.ويمكن الإشارة إلى :
- أن المعتقلين الذين اتهمو بمحاولة الفرار الفاشلة يوم 9 مارس الماضي قد فرضت عليهم عزلة انفرادية (مصفدي الأيدي ليلا ونهارا) ومحرومين من الفسحة، ولم تتمكن عائلاتهم من زيارتهم إلا مؤخرا / حالة المعتقل حسن بنحفو، وعبد المالك بوزكران.....
- الظروف الصحية متدهورة / حالة المعتقل لحسن البوقفاوي الذي يعاني أمراضا جلدية.
- انعدام وسائل الاتصال ( الهاتف الثابث) الذي هو مرخص به في باقي السجون. وكذلك وسائل الإعلام ( تلفزة وراديو جرائد....)
- ظروف الزيارة قاسية ( مشبكة ) وقصيرة المدة(15 دقيقة) وتحت حراسة مشددة من طرف موظفات -نساء- يعمدن إلى تفتيش كل شيء تفتيشا دقيقا ويحلن بين المعتقلين وبين استفادتهم من عدد من المواد الغذائية التي تأتي بها العائلة دون مبرر سوى تطبيق الأوامر.
- يشتكي المعتقلون من عدم تمكنهم من زيارة أبنائهم الصغار كما هو الحال مع المعتقل :محمد دمير، واجرف اليزيد ...
وبناء على ما سبق ذكره فإننا في جمعية النصير لمساندة المعتقلين الإسلاميين نهيب بكل الفاعلين الحقوقيين والسياسيين والجمعويين التدخل العاجل من اجل رفع هذا الحيف والظلم الحاصل في حق هؤلاء المعتقلين الذين أصبحوا يعتقدون أن ترحيلهم إلى هذا السجن ( تيفلت) هو محض انتقام وتجاوز لكل القوانين المعمول بها في باقي السجون المغربية. وحتى لا تتكرر مأساة سجن –اوطيطة- سابقا.
ملاحظة: عدد المعتقلين الإسلاميين بسجن تيفلت يتجاوز الأربعين فردا.
عن المكتب المسير للنصير
السبت 22 ماي 2010.

lundi 29 mars 2010

Punitions collectives pour les islamistes



Par Abderrahim Mouhtad, Ennassir, 29/3/2010

Voici un communiqué qui fait le point sur les conditions de détention des détenus islamistes dans les prisons après l'échec de l'évasion du 9 mars 2010, suite à laquelle la délégation générale des prisons est entrain de punir tout le monde sous prétexte que les autres détenus sont complices et pour faire entendre aux autres que penser à s'évader signifie la punition collective sans exception.
Prière d' intervenir afin de stopper cette attitude répressive.

بسم الله الرحمن الرحيم
بــــلاغ

اجتمع عدد من أهالي واسر المعتقلين الإسلاميين المتواجدين بالسجون المغربية يوم السبت 27 مارس 2010 بمقر جمعية النصير لمساندة المعتقلين الإسلاميين وقرروا إبلاغ الرأي العام الوطني والدولي وكل المهتمين بحقوق الإنسان بما يلي:
إن ظروف ذويهم المعتقلين وخصوصا المرحلين أخيرا إلى سجن ( تيفلت ) أو الذين ما يزالون بالسجن المركزي سيئة للغاية. وحسب شهادات الذين قاموا بالزيارة هذا الأسبوع.
أن الزيارة تتم من وراء الشبابيك وفي ظروف لا إنسانية.
التفتيش الدقيق الذي يمس حتى الجوانب الحساسة.
منع إدخال عدد من المواد الغذائية ومن دون مبرر.
فرض اقتناء بعض المواد الغدائية من متجر السجن.
التأخير والمماطلة في الدخول إلى الزيارة ( أكثر من ساعتين من الانتظار دون توفير الظروف الملائمة).
قصر مدة الزيارة 20 دقيقة.
المراقبة اللصيقة من طرف الموظفين.
عدم تمكين المرحلين إلى سجن ( تيفلت ) من ملابسهم الخاصة وأغراضهم منذ أن حلوا به في التاسع من هذا الشهر.
قامت الإدارة بتفريق المعتقلين إلى مجموعتين وكل واحدة تعيش بمعزل عن الأخرى مع توفير بطاقات الزيارة بلونين مختلفين ( الأصفر والأزرق ). ولكل لون من الألوان نوع خاص من المعاملة.
أكدت بعض العائلات تعرض ذويهم إلى سوء المعاملة ( كالضرب والسب والشتم والتجريد من الثياب .....).
تدهور الحالة الصحية لكل من المعتقل ـ سعيد بوليفة وعبد العالي المجاهدي ـ بعد تجاوزها ل 40 يوما من الإضراب عن الطعام بالسجن المحلي بمدينة مكناس.
فيما يبقى مصير الذين اتهموا بمحاولة الفرار مجهولا إلى يومنا هذا بعدما تعبت أهاليهم في البحث عنهم و التنقل ما بين سجن سلا والسجن المركزي والسجن الجديد بمدينة ( تيفلت ).

وبناء على ما سبق ذكره، وحسب شهادة الأسر والعائلات التي قامت بالزيارة هذا الأسبوع، فإننا في جمعية النصير لمساندة المعتقلين الإسلاميين ندعو كل الفاعلين الحقوقيين والجمعويين ووسائل الإعلام وكل الضمائر الحية من اجل التدخل والتنديد بكل هذه الممارسات التي تتنافى وابسط الحقوق، والمطالبة بوقف سياسة العقاب الجماعي التي طالت كل المعتقلين الإسلاميين بل تعدت ذلك لتشمل أسرهم وعائلاتهم، كما نؤكد على مطلب تقريب المعتقلين من ذويهم، عوض سياسة الإقصاء والإبعاد والتضييق المعتمدة حاليا.
وللإشارة فان السجن الجديد بتيفلت ما يزال في طور البناء ولا يتوفر على ما يضمن الحياة الكريمة لنزلائه.


عن المكتب المسير للنصير
الدار البيضاء: 27 مارس 2010.


mardi 23 mars 2010

«Les punitions envers les prisonniers salafistes sont extrêmes»

Le Soir Echos : 22 /3/ 2010

Abderrahim Mouhtad, Président de l'Association Annassir des familles des islamistes détenus
Une délégation américaine s'est déplacée dernièrement au siège de votre Association à Sidi Bernoussi. Quel a été le motif de cette visite ?
La visite de cette délégation s'est effectuée le jeudi 11 mars. Lorsque ces Américains se sont déplacés pour nous voir, nous ne nous sommes pas mis d'accord sur la manière de communiquer autour de cette rencontre qui émane de leur propre initiative. Je préfère que ce soit l'ambassade des Etats-Unis qui s'exprime sur les raisons de cette visite.
Après la dernière tentative d'évasion de 10 prisonniers salafistes, la tension monte d'un cran dans les prisons. Comment se présente la situation actuellement ?
Actuellement, il y a une tension extrême dans les prisons. Il y a eu un tour de vis de la part des responsables dans les centres de détention. Ceci depuis l'échec de la dernière tentative d'évasion le 9 mars. Il y a des sanctions extrêmes. Une cinquantaine de prisonniers ont été transférés à Tiflet. Ces mesures risquent de donner naissance à des grèves de la faim.
Face à cette tension dans les prisons, que compte faire l'Association Annassir ?
Tout d'abord, nous avons tenté d'avoir des informations sur le sort des prisonniers qui ont tenté de s'évader. L'administration pénitentiaire ne veut rien nous dire. Tout ce que l'ont sait c'est qu'ils sont entre les mains des services de sécurité. Lors de la réunion avec les familles des détenus le samedi 20 mars, nous avons décidé d'organiser un sit in ce mardi 23 mars devant le siège du ministère de la Justice à Rabat pour protester contre cette situation et pour réclamer la fin des punitions collectives.


La manifestation s' est bien passée.
La chaine  al Jazerra  - en arabe- va passer un reportage ce soir a 21h Maroc. et la presse écrite était présente et va publier demain.
AM

dimanche 25 octobre 2009

Grève de la faim des détenus islamistes à Salé et Kenitra

Par ASSOCIATED PRESS, 21/10/2009

RABAT - Les détenus islamistes de la prison de Salé, ville mitoyenne de la capitale marocaine Rabat, observeront ce jeudi une grève de la faim de 24 h en solidarité avec un des leurs qui aurait été tabassé par des gardiens de la prison et des détenus de droit commun.
Dans un communiqué rendu public par l'association Annassir qui défend les droits des détenus islamistes au Maroc, les détenus de la mouvance Salafiya Jihadiya à la prison de Sale protestent contre "les conditions inhumaines dans lesquelles ils sont détenus depuis de nombreuses années" et dénoncent l'attaque contre un codétenu. Selon eux, il a "payé le prix pour son courage après avoir fait parvenir à la presse une photo d'un détenu à la prison de Fès qui avait été torturé jusqu'à la mort alors qu'il avait les mains menottées".
Par ailleurs, les détenus islamistes de la prison de Kenitra (45 km au nord de Rabat) organisent un sit in ce jeudi pour réclamer d'être incarcérés dans des prisons proches du lieu de résidence de leurs familles.

Les prisons marocaines comptent plus d'un millier de détenus islamistes condamnés à des peines de prisons diverses depuis les attentats de Casablanca de mai 2003 qui avaient fait 45 morts, dont treize kamikazes.

lundi 27 juillet 2009

Que fera l’Etat de ses prisonniers salafistes ?


Par Houda Filali-Ansary, 27/07/2009


Selon les ONG en charge de leur défense, ils seraient un millier à être emprisonnés dont certains injustement inculpés.Quelque 500 demandes de grâce déposées, mais aucune n’a été accordée depuis 2 ans.Le dialogue avec les autorités : une rumeur sans fondement ?
Célébrée le 30 juillet, la 10e fête du Trône sera-t-elle enfin l’occasion pour les prisonniers salafistes de bénéficier des traditionnelles grâces royales ? Au fur et à mesure que l’événement approche, la rumeur enfle, y compris derrière les barreaux. Cette année, toutefois, elle ne suscite pas beaucoup d’espoir. «A chaque occasion, des rumeurs circulent dans la presse, chez les familles ou les ONG. Nous appelons cela les piqûres : c’est comme si on nous administrait des calmants ; mais à chaque fois, on annonce l’arrestation d’une nouvelle filière. Quand les autorités parlent de risque terroriste, de démantèlement de nouvelles cellules, on sait que personne ne va sortir», confie, amer, ce prisonnier.
Quartier Sidi Bernoussi, à deux pas de la mosquée Al Jazaïr. Assis entre deux ordinateurs dans un salon beldi qui fait office de QG d’Annassir, Abderrahim Mouhtad, président de l’association Annassir, spécialisée dans la défense des prisonniers qu’il regroupe sous le terme «islamistes», avance que plus de 500 demandes de grâce ont été déposées par des détenus depuis 2006. Cependant, lui aussi se montre pessimiste : «En 2005 et en 2006, des indices concrets avaient précédé les grâces, cette année il n’y a rien eu», indique-t-il. Pourtant, des grâces, il y en a bien eu, jusqu’en 2006. En 2005, dans un entretien accordé au quotidien espagnol El Pais, le Souverain avait confirmé que des abus avaient bien été commis lors des arrestations massives qui ont suivi les attentats du 16 Mai à Casablanca. Dans la foulée, et jusqu’en 2006, 315 grâces et un peu moins d’une centaine de remises de peines ont été attribuées à des prisonniers «islamistes», à l’occasion de différentes fêtes nationales ou religieuses. Toutefois, cette année-là, ces mesures se sont arrêtées net avec le démantèlement de la filière de Jamaât Ansar Al Mahdi. Son dirigeant, Hassan El Khattab, condamné en 2003, venait tout juste de purger une peine de deux ans de prison. Un an plus tard, Abdelfettah Raydi, également emprisonné en 2003, et bénéficiaire d’une grâce royale en 2005, actionnait sa ceinture explosive dans un cyber café de Sidi Moumen. Peu après, Abdellatif Amerine, un handicapé condamné en 2003 à 30 ans de prison mais gracié en 2005, était arrêté pour ses liens avec Raydi. Plus récemment, en juin dernier, le démantèlement d’une cellule de la Salafia jihadia a mené à l’arrestation de Abou Yassine, qui, condamné en 2006 pour appartenance au groupe Ansar El Mehdi, venait tout juste de purger deux ans de prison. Pas étonnant face à ces récidives multiples que les autorités soient peu pressées d’assouplir les peines des détenus. Pourtant, les risques d’une mauvaise réinsertion de ces anciens détenus dans la société sont-ils écartés pour autant ?
Le traitement de faveur arrêté en 2008
Six ans après les arrestations massives qui ont suivi les attentats du 16 Mai, combien de salafistes jihadistes, takfiristes, sympathisants d’Al Qaïda ou autres partisans de doctrines extrêmes croupissent dans les prisons marocaines ? Selon des estimations concordantes de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) et d’Annassir, ils seraient près d’un millier, dont plusieurs ont été condamnés à plus de dix ans de prison. Certains d’entre eux sont toujours dans l’attente d’un jugement, à l’instar des mis en cause de l’affaire Belliraj. Appartenant à différents courants idéologiques, ils sont éparpillés dans les différents centres pénitenciers : ils seraient environ 460 à Salé, 200 à Kénitra, une centaine à Oukacha. L’on en trouve aussi dans les prisons d’El Jadida, de Tanger, Agadir, Fès, Oujda, Nador, Settat et même de petites villes comme Benhmed, Benslimane, Berrechid ou Sidi Kacem, indique M. Mouhtad. Une série de sit-in et de grèves de la faim leur avaient permis d’obtenir des conditions de vie privilégiées par rapport aux prisonniers de droit commun. Mais plus maintenant. La publication d’un article du New York Times à ce sujet, l’évasion des 9 prisonniers de Kénitra en 2008 et la fermeture de la prison de Aïn Bordja ont mis un terme à ce traitement de faveur.
Depuis la nomination de Hafid Benhachem à la tête de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion désormais placée directement sous l’autorité du Premier ministre, ils se retrouvent à vivre dans les mêmes conditions que le reste des 60 000 prisonniers que compte le pays. Toutefois, le véritable problème est ailleurs : le mélange de simples sympathisants avec des radicaux, les mauvais traitements voire des cas de torture, associés au sentiment qu’ils ont été condamnés à tort impliquent un risque important de radicalisation.
Un risque de radicalisation important
Les difficultés de réinsertion qui attendent nombre de prisonniers à leur sortie de prison ne sont pas non plus pour limiter les dégâts, d’autant plus que plusieurs familles ont été touchées par l’incarcération de l’un de leurs membres, notamment sur le plan financier. Selon M. Mouhtad, plusieurs enfants d’individus incarcérés ont dû ainsi abandonner l’école, faute de moyens ou parce qu’ils s’en sont trouvés marginalisés à cause des accusations contre leurs parents. Certains ont même eu, à leur tour, des démêlés avec la justice, en relation avec des vols ou des actes de délinquance, comme dans le cas de ce détenu, arrêté en 2003, qui s’apprête à quitter la prison en y laissant son fils de 16 ans, incarcéré dans un centre de détention pour mineurs. Ici aussi, le risque de radicalisation est très présent, à l’instar des frères Raydi : l’un d’eux a actionné sa charge explosive quelques jours après son aîné, un autre a été condamné à 10 ans de prison toujours en relation avec les attentats de Hay El Farah...Quelle est la stratégie des autorités face au risque de radicalisation de ces prisonniers? Une chose est sûre, certaines expériences étrangères prêtent à réfléchir. Ainsi, dans certains pays, des rencontres entre des religieux modérés, dépêchés par les autorités, et des prisonniers, associées, dans certains cas, à des aides aux familles, ont contribué à en sortir un certain nombre de la spirale. Contactée par La Vie éco, entre autres sur les mesures prévues, sur les plans idéologique et social, pour permettre leur réinsertion dans la société marocaine une fois purgé leur peine, l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion a refusé de répondre à nos questions. Du côté du ministère des Habous en revanche, l’on indique que le département n’a pas été saisi de la question, tout comme les ministères de l’intérieur et de la justice. Ailleurs, en Egypte notamment, les autorités sont allées jusqu’à dialoguer avec les prisonniers, ce qui a permis aux autorités et à la Jamaâ islamia d’aboutir à une forme de normalisation de leurs rapports. «La Jamaâ a effectué une révision profonde, radicale de ses thèses. Elle renonce à la violence et reconnaît le régime en place et ses institutions», explique le politologue Mohamed Darif.
Dialogue : une question de rapport de force
Au Maroc, si la question du dialogue entre les autorités et les extrémistes fait l’objet de rumeurs récurrentes, rien de concret n’a émergé jusqu’à présent, pour différentes raisons, à commencer par la multiplicité des tendances religieuses extrémistes dans les prisons marocaines mais aussi l’absence de structures à même de pouvoir discuter ou de prendre des décisions au nom de l’ensemble, conjuguées à une perte de l’influence des «chioukhs» incarcérés. Enfin, plusieurs voix déplorent tout simplement l’absence d’un médiateur entre les deux parties. Certains prisonniers accusent les autorités de manque de volonté réelle de discuter, estimant qu’une concrétisation du dialogue reviendrait pour l’Etat à reconnaître que des prisonniers ont été incarcérés pour des raisons politiques ou qu’ils ont écopé de peines trop lourdes. «Il n’existe pas de dialogue au sens propre du terme. Parler de dialogue implique la présence de deux parties, mais aussi une volonté exprimée de trouver des solutions au problème. J’ajouterai une troisième condition : les deux parties doivent parler le même langage. Aujourd’hui, les salafistes prisonniers demandent aux autorités de corriger les erreurs commises à leur égard. Ils se croient innocents, estiment qu’ils n’ont rien à voir avec la violence et pensent que leur arrestation avait pour but de servir des calculs politiques. Les autorités, au contraire, présentent les prisonniers comme des terroristes, des radicaux qui prônent la violence», indique M. Darif. Et de poursuivre : «A ces conditions s’ajoute aussi ce qu’on appelle le rapport de force. En Egypte, les membres de la Jamaâ islamia qui prônent la violence se comptent par milliers. Pour l’autorité égyptienne, il est préférable d’entamer un dialogue avec les radicaux pour préserver la stabilité. Chez nous, le rapport des forces est en faveur des autorités marocaines, qui, du coup, ne sont pas pressées d’entamer le dialogue». Mais si demain l’Etat créait les conditions d’une radicalisation pour ne pas avoir ouvert la voie du dialogue…