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mercredi 12 janvier 2011

Exemple de mutation de classe au Maroc : la chute, les bidonvilles.

Par Ali Fkir11/1/2011
De paysan pauvre on devient paysan sans terre, de paysan sans terre on devient ouvrier agricole (sans aucune couverture sociale, sans respect du salaire minimum, sans limitation de temps de travail, et si c'est une femme, surtout belle et jeune, c'est une autre affaire);
Une fois "usé" et donc moins rentable pour le patron, on vous chasse du coin et l'administration a toujours "la bonté" de vous trouver légalement une place dans un bidonville (véritable enfer terrestre), et si vous n'êtes pas mort avant, l'administration vous délogera ; motif : occupation illégale de la terre d'autrui, car un spéculateur vient "d'acquérir" le terrain, le plan de ré-aménagement de la ville prévoit sur ce terrain "vague" des immeubles, ou villas. Une fois délogé, l'ancien paysan pauvre devient un "sans domicile fixe" , il finira ses jours aux "camps de concentration de Tit Mlil, de Laounk..."
L'enrichissement des uns ne peut se faire que par l'appauvrissement des autres
La montée au ciel des uns s'accompagne de la descente aux enfers des autres
C'est la logique de la société divisée en classes sociales
Il nous incombe de lutter pour un autre Maroc. Un Maroc sans classes sociales.
Vidéo :  Le calvaire d'une mère, ancienne ouvrière agricole.

http://www.youtube.com/watch?v=BwhO_Y-xTV4
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A quatre km de Mohammedia (ville dont les ressources financières sont énormes), à une quinzaine de km de Casablanca, la capitale économique du Maroc, à une cinquantaine de km de Rabat, la capitale administrative , se trouve le douar Brahma Charkoua II ( à un km de Brahma Charkaoua Lhafra), où des centaines d'habitant-es survivent de la décharge publique de Mohammedia et respirent tout ce que dégage comme odeurs nauséabondes cette décharge
C'est scandaleux !

Vidéo du 4 janvier 2011
http://www.youtube.com/watch?v=MulNwPo1rsc

vendredi 7 janvier 2011

Maroc, scandale des bidonvilles : Des Marocain-nes « mangent et respirent » la décharge publique de toute une ville...

Par Ali Fkir, 6/1/2011 

SCANDALE !



Ceci dépasse l'imagination. A quatre km de la ville de Mohammedia, des centaines de personnes vivent légalement dans et de la décharge publique de la ville. 

A l’origine, il y a des paysans pauvres devenus avec le temps paysans sans terre (on sait comment au Maroc les paysans perdent leurs lopin de terre), des ouvriers agricoles ( des personnes âgées sans pension. Elles n’ont jamais été déclarées à la CNSS), des travailleurs à maigres revenus qui se trouvent dans l’impossibilité d’avoir un chez soi…
Certains se déplacent quotidiennement à Mohammedia pour « décrocher » quelques centimes, d’autres livrent quotidiennement bataille aux oiseaux dans la montagne des détritus, pour assurer la maigre pitance de la famille.
Toutes et tous ces marocain-es sans droits de citoyenneté n’ont d’autres objectifs, que de survivre au jour le jour. La joie, le bonheur, les vacances, la montagne, la plage …ce sont de pures chimères qu’ils et qu’elles ne se permettent même pas.
En hiver on se noie, on grelotte. En été, on se « rôtit » dans la fournaise des taudis en zinc rouillé. Toute l’année, on ne respire que les odeurs nauséabondes de la montagne des ordures qui a bien voulu nous accepter.
Ce bidonville, Brahma Cherkaoua II (à un km de Brahma Lhafra) est tout ce qu'il y a  de plus légal : les cartes nationales, les cartes d’électeurs…portent les adresses de ce « douar ».
Des dizaines de familles ont perdu une partie de leurs maigres biens au cours des dernières intempéries. Les autorités, les « élus », les partis politiques…ont préféré ignorer cette désolation. Surtout qu’on n’est pas en période « électorale » et qu’il n’y a pas de danger « terroriste ».
A la question « avez-vous reçu déjà des visites ? », une dame nous répond « vous êtes les premières personnes étrangères au douar à venir nous voir ».
Mais je suis sûr que cette fois-ci, le caïd de Benyakhlef fera le déplacement pour dénigrer l’AMDH, et mettre en garde ces sinistré-es contre le « danger » que représente l’AMDH sur leur « quiétude », leur « bonheur », leur « sécurité »…
Il faut reconnaître que la section de l’AMDH a perturbé ces derniers temps la tranquillité de ce caïd : on a dénoncé le harcèlement des paysans des « terres rouges » par ce caïd, par les gendarmes…on a dénoncé la dépossession des 6 familles paysannes à 5 km de Benyakhlef, on s’est mobilisé avec les sinistré-es de Brahma lhafra, et maintenant on « s’intéresse aux sinistrés» de Brahma II…
Le caïd est pratiquement mobilisé jour et nuit pour « contrecarrer l’offensive » de l’AMDH.
C’est incroyable, au lieu de dialoguer avec les victimes des intempéries et de l’exclusion, au lieu d’informer ses supérieurs sur la situation dramatique où se débattent des milliers de citoyen-nes (sans droit de citoyenneté), au lieu de donner à l’AMDH ses points de vue, ses approches, il préfère les intimidations, les calomnies, les menaces, la sourde-oreille…
Nous sommes convaincus de notre côté que la lutte pour le changement nécessite beaucoup d’énergie, beaucoup de patience, de l’organisation, de l’écoute, de la simplicité, de la clarté des objectifs à court, à moyen et à long terme, de l’abnégation…
Signalons qu’une délégation de la section de l’AMDH a été au bidonville Brahma II et ce, le 4 janvier 2011.






Des êtres humains affamés envahissent le territoire des oiseaux

Nous ne sommes pas en Inde... mais près de Mohammedia, une ville du royaume d'un des plus riches monarques du monde .... (ndlr)

dimanche 5 décembre 2010

SCANDALE ET DÉSOLATION ... suite

Par Ali Fkir, 4/12/2010
Les victimes des intempéries et des politiques de l'Etat vivent toujours dans des conditions lamentables:
- Les baraques toujours inondées
- L'Etat est quasiment absent au niveau de l'assistance
- L'Etat est partout présent en dépêchant sur les lieux les différentes "forces de l'ordre"
- Les représentants des habitant-es de douar Brahma toujours incarcéré à la prison de Oukacha à Casablanca et poursuivis devant la cours d'appel (la chambre criminelle)
- Les "élus" ont préféré ne pas se montrer devant les sinistré-es. Ces créatures enfantées par des mascarades électorales, ne peuvent en aucun cas faire ou dire que ce que leur dictent l'administration et les services de "sécurité".
- Les militant-es de l'AMDH étaient allés voir de nouveau les sinistré-es de Brahma (le samedi 4 décembre 2010). La situation de ces victimes est intolérable.
- Les familles des victimes et autres sinistré-es font quotidiennement des km pour se rendre au local de l'AMDH
Mobilisons nous pour:
- Imposer la libération des 6 représentants des sinistrés du Douar Brahma Charkaoua injustement incarcérés
- Faire étaler devant l'opinion publique cette situation inhumaine
- Condamner la démission de l'Etat au niveau des secours Dénoncer le comportement honteux des "élus"
- Exprimer par des faits la solidarité avec les sinistrés
Matraquée par les forces de l'"ordre"
EXIGEONS LA LIBERATION DES INNOCENTS:
- Khadim Mohammed, marié et père d'un enfant
- Amzouri Rachid, marié
- Essahil Ahmed, marié et père de 3 enfants
- Ould El Kharrat, marié
- Khabbari Youssef, célibataire
- Drihim Mohammed, célibataire
 Nous demandons: la libération des prisonniers incarcérés injustement, et notre droit à un logement pour Brahma-gouffre
Photos prises le samedi 4 décembre 2010: toujours la désolation


A la mosquée du coin: dans la salle   minuscule réservée normalement aux dépouilles des morts, les jeunes s'entassent en poussant au coin le "porteur" qui sert à transporter les dépouilles au cimetière
 noyés, réprimés, emprisonnés. Quoi? C'est honteux, honteux, honteux!
 Nous demandons: la libération des prisonniers incarcérés injustement, et notre droit à un logement pour Brahma-gouffre
Elles se sont réfugiées dans un minuscule box de cheval...
 Familles des prisonniers avec Les camarades: Moussa, vice-président ,
Naïma trésorière el Lakbir, membres de la section de l'AMDH -Mohammedia
 Salle de l'école de la campagne, non située dans le gouffre
Dans la salle de classe
 Pas de camion pour dégager les ordures. Les bidonvilloi-ses cohabitent avec
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 Immeubles neufs de "l'OUMRANE" inoccupés depuis des années.
 Les sinistrés les ont occupés  avant qu'ils ne soient évacués par la matraque