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jeudi 17 avril 2014

Beni Tadjit : grève générale réussie !

Par Ali Fkir, 16/4/2014

Beni Tadjit (28 km de Talsint, province de Figuig, mais plus proche d'Errachidia), a observé le mardi 15 avril 2014 une grève générale historique. Je dis bien UNE GRÈVE GÉNÉRALE. Ni boutique, ni boulangerie, ni café et autres petits métiers. Tout a été fermé. Ce fut comme un deuil général. Pourquoi?

- La population de Beni Tadjit tenait à exprimer sa solidarité avec la population de Talsint en lutte depuis une quinzaine de jours, d'autant plus que les revendications sont les mêmes: contre la marginalisation, pour un hôpital, pour l'électrification des ksours qui vivent encore dans le noir...
- L'unanimité est faite contre les politiques anti-sociales de l'Etat makhzenien. La région est en détresse.
 
La grève générale est réussie pour deux raisons:
* le mécontentement général
* L'action mobilisatrice de la jeunesse progressiste. (voir les deux photos).

Remarque: l’unanimité/la mobilisation est faite autour des vrais problèmes. Selon mes contacts dont des militants d'ANNAHJ ADDIMOCRATI surplace, le mouvement contestataire qui secoue la région est en dehors de toute influence politique (organisationnellement parlant). 
 Un mouvement laïc (pas de slogans à connotation religieuse. Absence totale des forces islamistes. D'ailleurs elles n'ont jamais pu s'implanter dans la région). Absence totale des signes du makhzen: pas de drapeaux makhzeniens, pas de photos des officielles. RIEN. RIEN. Pas de surenchère politique infantile. 


La région de Talsint et Beni Tadjit est en ébullition.
Loin de Beni Tadjit et de Talsint, à Khouribga,
 les mineurs de phosphate, les victimes de l'intérim, ont entamé aujourd'hui leur grève de 48 heures 
et de sit in.
LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE
Photos de sensibilisation à la veille de la grève générale de Beni Tadjit.





samedi 23 novembre 2013

Les habitants de Beni Tadjit annoncent une grève générale demain 22/11

Depuis une quinzaine de jours, les habitants de Beni Tadjit manifestent quotidiennement. Hier, mardi 19 novembre 2013, le village minier a connu sa plus grande manifestation avec blocage de route...
Beni Tadjit connait depuis quelques années une descente aux enfers. Pourquoi?
- Beni Tadjit (mon village natal), fait partie de la province de Figuig. Il se trouve à mi-distance entre Bouarfa et  Errachidia. 
- Beni Tadjit est un centre minier. Les livres de l'histoire parlent de Beni Tadjit comme centre minier déjà au 17 siècle
- Beni Tadjit vivait essentiellement de l'exploitation du plomb, du zinc...un peu d'agriculture (petites oasis), et un peu d'élevage rudimentaire.
- Beni Tadjit était un fief de la résistance contre le colonialisme. Il suffit de se rappeler de Ali Ou Houssa, Lahcen Ou Saïd, Lahcen adrghal, Ahmed Ou Mouh, Ouali, Ali Ou fqir, Ali Ou Hmad, Ali Ouhizoune, Jaïda, Assou ou trent, Lahcen Ou Houssa, Moha Ou ali Ounana...et surtout du martyr Idir Ali Ou Abbou (mon oncle maternel) tué au cours d'une bataille contre les légionnaires français. Sans parler de la résistance du début du 20ème siècle dont la bataille de Mnabha .
- Beni Tadjit était un fief du syndicalisme des mineurs.
- Aujourd'hui beni Tadjit est victime :
1- des éléments naturels telle la sécheresse qui a affecté l'élevage et l'agriculture.L'Etat n'a rien fait pour pour secourir les victimes. Pas de barrage sur la grande rivière des Aït Issa, pas de puits dans la région pour le breuvage des animaux...pas d'aliments pour sauver le cheptel. L'exclusion, la marginalisation restent le lot des milliers de citoyens sans droits de citoyenneté.
2- des élément "humains" et donc politique, économiques et sociaux.
- L'ONA s'est accaparé depuis quelques années le monopôle de la commercialisation des minerais. 
- Le géant ONA ne respecte aucunement ses engagements pris avec les exploitants locaux.
- Les "projets" dont ont parlé les chaînes de télévision, les radios officielles et autres relais médiatiques (surtout après la visite du monarque ) n'ont pas connu de suite.
- Les autorités locales, les "élus", les "entrepreneurs" se comportent en véritables mafiosis. Tous les moyens sont bons pour se faire de l'argent aux dépens des citoyens, citoyens sans droits de citoyenneté.
- Les habitants manquent d'éléments de subsistance de première nécessité. L’approvisionnement se fait à partir de Meknès... (400 km).
- Aucune subvention n'est accordée à cette région qui devrait normalement être déclarée région sinistrée. Où est la SOLIDARITÉ NATIONALE?
- Les "élus" brillent par leur implication directe et indirecte dans la détérioration de la situation. C'est le caïd qui décide. Eux ils signent !
- Les jeunes, qui ont bossé dur et réussi leurs études, les jeunes dont les familles ont sacrifié ce qu'elles avaient de cher pour que leurs enfantrs réussissent leurs études, ces jeunes se retrouvent aujourd'hui dans le labyrinthe du chômage, dans l'étoile d’araignée du chômage, dans les sables mouvants de la misère économique, de la misère sociale. Au Maroc d'aujourd'hui, les portes du travail ne s’ouvrent qu'aux enfants des riches et autres potentats. 
 Beni Tadjit, mon cher village natal, jadis splendide et rayonnant, se trouve aujourd'hui victime des charognards.
          MA SOLIDARITÉ AVEC MES CHERS ET CHÈRES "COVILLAGEOIS-ES"
                                Ali Fkir (Ali Ou Hmad Ou Moh), le 20 novembre 2013
Solidarité avec le combat pour la dignité!

Depuis une quinzaine de jours, les habitants de Beni Tadjit manifestent quotidiennement. Hier, mardi 19 novembre 2013, le village minier a connu sa plus grande manifestation avec blocage de route... Beni Tadjit connait depuis quelques années une descente aux enfers. Pourquoi? 
- Beni Tadjit (mon village natal), fait partie de la province de Figuig. Il se trouve à mi-distance entre Bouarfa et Errachidia.
 - Beni Tadjit est un centre minier. Les livres de l'histoire parlent de Beni Tadjit comme centre minier déjà au 17 siècle
 - Beni Tadjit vivait essentiellement de l'exploitation du plomb, du zinc...un peu d'agriculture (petites oasis), et un peu d'élevage rudimentaire.
 - Beni Tadjit était un fief de la résistance contre le colonialisme. Il suffit de se rappeler de Ali Ou Houssa, Lahcen Ou Saïd, Lahcen adrghal, Ahmed Ou Mouh, Ouali, Ali Ou fqir, Ali Ou Hmad, Ali Ouhizoune, Jaïda, Assou ou trent, Lahcen Ou Houssa, Moha Ou ali Ounana...et surtout du martyr Idir Ali Ou Abbou (mon oncle maternel) tué au cours d'une bataille contre les légionnaires français. Sans parler de la résistance du début du 20ème siècle dont la bataille de Mnabha . 
- Beni Tadjit était un fief du syndicalisme des mineurs.
 - Aujourd'hui beni Tadjit est victime : 
1- des éléments naturels telle la sécheresse qui a affecté l'élevage et l'agriculture.L'Etat n'a rien fait pour pour secourir les victimes. Pas de barrage sur la grande rivière des Aït Issa, pas de puits dans la région pour le breuvage des animaux...pas d'aliments pour sauver le cheptel. L'exclusion, la marginalisation restent le lot des milliers de citoyens sans droits de citoyenneté. 
2- des élément "humains" et donc politique, économiques et sociaux. 
- L'ONA s'est accaparé depuis quelques années le monopôle de la commercialisation des minerais.- Le géant ONA ne respecte aucunement ses engagements pris avec les exploitants locaux. 
- Les "projets" dont ont parlé les chaînes de télévision, les radios officielles et autres relais médiatiques (surtout après la visite du monarque ) n'ont pas connu de suite. - Les autorités locales, les "élus", les "entrepreneurs" se comportent en véritables mafiosis. Tous les moyens sont bons pour se faire de l'argent aux dépens des citoyens, citoyens sans droits de citoyenneté. 
- Les habitants manquent d'éléments de subsistance de première nécessité. L’approvisionnement se fait à partir de Meknès... (400 km). 
- Aucune subvention n'est accordée à cette région qui devrait normalement être déclarée région sinistrée. Où est la SOLIDARITÉ NATIONALE ?
 - Les "élus" brillent par leur implication directe et indirecte dans la détérioration de la situation. C'est le caïd qui décide. Eux ils signent ! 
- Les jeunes, qui ont bossé dur et réussi leurs études, les jeunes dont les familles ont sacrifié ce qu'elles avaient de cher pour que leurs enfants réussissent leurs études, ces jeunes se retrouvent aujourd'hui dans le labyrinthe du chômage, dans la toile d’araignée du chômage, dans les sables mouvants de la misère économique, de la misère sociale. 
Au Maroc d'aujourd'hui, les portes du travail ne s’ouvrent qu'aux enfants des riches et autres potentats. Beni Tadjit, mon cher village natal, jadis splendide et rayonnant, se trouve aujourd'hui victime des charognards. MA SOLIDARITÉ AVEC MES CHERS ET CHÈRES "COVILLAGEOIS-ES" 

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  Beni Tadjit suite : grève générale

En plus de ce que j'ai écrit le 20 novembre 2013, il faut signaler les éléments qui sont à la base de la mobilisation actuelle : la cherté des factures de l'électricité, l'absence de l'eau potable malgré la découverte de nappe intéressante suite au forage effectué par l'ONEP. L'eau potable existe en grande quantité mais les services concernés pour l'acheminer sont "absents". La plupart des maisons sont équipées en tuyaux, robinets, compteurs...
Selon le recensement de 2004:
- Village de Beni Tadjit: autour de 6 000 personnes
- Commune de Beni Tadjit: entre 14 000 et 15 000


              Demain vendredi 22 novembre 2013: 
                            GREVE GÉNÉRALE 
des habitants ouvriers, commerçants,  enseignement, santé, agriculture...

Ali Fkir, le 21 novembre 2013

mercredi 8 décembre 2010

Maroc : Beni Tadjit : l'intolérable situation des femmes surexploitées

Par Ali Fkir,7/12/2010
- Elles sont veuves avec des orphelin-es à charge
- Elles sont pauvres, et pour raisons de santé, le mari ne peut plus assurer le minimum nécessaire pour survivre
- Elles sont jeunes mais obligées d'abandonner l'école pour assurer un revenu, (de misère) à la famille
                         
- Pour ce genre de travail (très minutieux), les patrons préfèrent le travail de la femme, surtout si elle jeune (la maximisation de la productivité étant assurée)
- L'Etat est complice, sinon il est à l'origine de cette surexploitation à la moyenâgeuse:
* Pour les officiels, Beni Tadjit fait parmi du "Maroc inutile"
* La fonction publique ne recrute plus. Les rares postes budgétaires sont plus au moins réservés (la corruption, le clientilisme, les liens familiaux restent les critères déterminants dans l'opération de "sélection/concours").
* Les services concernés n'interviennent en aucun cas pour faire appliquer la législation de travail
- Elles marchent à pieds du village à la montagne et de la montagne à au village, plus de 10 km par jour (en été la température arrive à 45 degrés, en hiver à moins 7 degrés)
- Elles triment plus de 10h par jour
- Elles touchent un "salaire" journalier moyen de 30 dh (moins de 3 euros par jour), "salaire" moyen mensuel de 780 dh (moins de 71 euros par mois)
- Elles vivent généralement de thé vert et du pain sec
Beni Tadjit, merveilleuse oasis (grâce à la nature et aux qualités exceptionnelles des habitant-es de la région, constitué-es essentiellement de paysans pauvres, de mineurs, et de nomades pauvres). Beni Tadjit est situé dans une région prés-désertique, fait partie de la province de Figuig, pas loin de Bouarfa, pas loin d'Errachidia, pas loin de Missour à 125 km de sinistre bagne de Tazmamrt.
Ses habitants avaient contribué:
- à la résistance contre le colonialisme (se rappeler de la bataille de Boudnib au début du 20ème siècle)
- à la lutte pour l'indépendance ( ne pas oublier les martyrs, tel Ali ou Abbou du ksar Taghannamit, tombé dans le champs de bataille sous les bombes de l'aviation française. Il a laissé derrière lui 7 enfants. Sa veuve, la tante Hadhoum (la chère Bou), proche de 80 ans, vit humblement dans la ville).
Je me rappelle mon enfance, lorsqu'on vivait dans des gourbis au pied de la montagne. 60 ans après rien n'a changé. Les Fassi Fihri, les Ahardane, les Radi, les Elhamma, les Ansear, les Alaouis...ont pris la place des Jacques, des Carlos...pour assurer la pérennité d'un régime mahkzenien moyenâgeux et des rapports de production pré-capitalistes
Mes félicitations ,et surtout mes encouragements à la toute jeune section de l'AMDH qui fai tout son possible pour faire connaître cette amère réalité.
Le dimanche 12 décembre (à l'occasion de la journée mondiale des droits de l'Homme) la section locale de l'AMDH organise un sit in, occasion pour dénoncer cette situation de non-droits de citoyenneté.
Ali Fkir (Ali ou Hmad Ou Mouh)