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lundi 18 juillet 2016

La santé des prisonniers politiques prise en otage

 
Amnesty International Belgique Francophone

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18 juillet 2016

Iran

La santé des prisonniers politiques prise en otage

Bonjour,
En Iran, la santé des prisonniers politiques ou d’opinion est prise en otage via d’odieux procédés. Des preuves accablantes indiquent que les instances judiciaires et/ou pénitentiaires refusent délibérément d’accorder des soins médicaux nécessaires aux prisonniers à titre de sanction, et parfois même pour obtenir des aveux.

Les détenus soumis à un tel traitement risquent des dommages irréparables, des incapacités permanentes, voire même la mort. Conformément aux standards internationaux en la matière, les prisonniers ayant besoin d’un traitement spécialisé doivent être transférés vers des institutions spécialisées ou des hôpitaux extérieurs lorsqu’un tel traitement n’est pas disponible en prison, et ce, gratuitement.

vendredi 21 août 2015

Sahara : Un média iranien traite le Maroc de « pays colonisateur », l’ambassade tente de corriger "l’erreur "


Visiblement des éléments au pouvoir en Iran sont contre la normalisation des relations avec le Maroc. Forts de leurs multiples bras médiatiques, ils essaient de créer des tensions avec Rabat. Fin juillet c’était sur les relations entre le royaume et Israël et maintenant sur la question du Sahara.
De nouveau, le gouvernement iranien est intervenu pour corriger une erreur commise par un de ses médias à l’égard du Maroc sur la question du Sahara occidental. Hier après-midi, l’ambassade de Téhéran à Rabat, dans le rôle de sapeur-pompier, a tenté d’éteindre le feu allumé par la chaîne anglophone (Press TV), un des bras médiatiques des Gardiens de la révolution. Celle-ci a diffusé un documentaire sur le Sahara marocain dans lequel la parole était donnée uniquement aux partisans du Polisario.
Reprenant à son compte les thèses du Front, Press TV a estimé que le territoire disputé est la « dernière colonie en Afrique » et traité le royaume de « pays colonisateur ». Bien entendu la presse du Polisario s'est jetée sur une telle opportunité pour relayer l’information. Un support s’est même chargé de traduire le commentaire d’un journaliste de la chaîne iranienne du film.

L’ambassade rassure la partie marocaine
Souhaitant prendre ses distances avec Press TV, l’ambassade iranienne a rappelé « les positions claires et transparentes de la république islamique à l’égard de la question du Sahara », réitérant le soutien de son pays « aux résolutions des Nations Unies et du Conseil de sécurité sur le sujet », a-telle indiqué dans un communiqué relayé par la MAP.
La chancellerie assure que « les faits inexacts fournis dans ledit reportage ne traduisent pas les opinions et les positions de la république islamique ». En revanche, elle a insisté sur la volonté de son gouvernement de consolider « les liens d’amitié et d’affection » entre les deux Etats, se disant satisfaite de l’évolution de « la coopération » et confiante en « l’avenir des relations » entre Rabat et Téhéran.
Mais ce communiqué sera-t-il suffisant pour contenter la partie marocaine ? Pour rappel, fin juillet Mbarka Bouaida, la n°2 de la diplomatie, avait convoqué le Chargé d’affaire de l’ambassade iranienne pour lui transmettre  « les vives protestations » du royaume suite à la publication par l’agence Fares, proche également des Gardiens de la révolution, d’un article accusant le Maroc d’être un exécutant de la politique israélienne dans le monde musulman.
Ce matin le lien renvoyant au documentaire sur le Sahara de Press TV a été enlevé du site de la chaîne.

samedi 15 février 2014

Le jeune poète Hashem Shaabani a été pendu après que sa sentence ait été aprouvée par le "modéré" président iranien Hassan Rouhani


Hashem Shaabani, poète et Hadi Rachedi, enseignant, ont été pendus le 26 janvier 2014. Ils étaient tous les deux issus de la minorité arabe des Ahvazis (d'Ahvaz) qui vit dans la province du Khouzistan.
Hashem Shaabani avait été arrêté en 2011, puis reconnu coupable en 2013 par le tribunal de la révolution islamique, d'avoir notamment voulu mener une guerre contre dieu et le régime chiite. Il a été condamné à mort avec les 14 autres détenus, jugés en même temps que lui pour délits d'opinion. Le président iranien Rouhani, en visite à Ahvaz, capitale du Khouzistan, le mois dernier a ordonné leur exécution.
Selon Amir Taheri qui a rapporté les pendaisons dans le quotidien Asharq al-Awsat, Shaabani, qui fut arrêté en 2011, a été torturé et des membres de sa famille ont été arrêtés pour qu’il « avoue » ses crimes.
Depuis sa prison, Shaabani écrit à sa famille qu’il ne peut plus ignorer les “crimes haineux contre les Ahvazis perpétrés par les autorités iraniennes, ainsi que les exécutions arbitraires et injustes.”
Dans une de ces dernières lettres à sa famille il avait écrit :
"J'ai essayé de défendre le droit légitime que tous les gens dans ce monde devrait avoir qui est le droit de vivre librement protégé par les droits civiques. Avec toutes les tragédies dont j'ai été témoin, je n'ai jamais utilisé une arme pour lutter contre ces crimes atroces, ma seule arme a été ma plume". 
Depuis l'élection du président Rouhani, plus de 300 personnes auraient été exécutées dans le pays, selon les chiffres publiés par Iran Human Rights Documentation Centre (IHRDC). 
Le poète Hashem Shaabani était notamment le fondateur du Dialogue Institute, un organe de promotion de la culture et la littérature arabes en Iran. 
Ci-dessous en anglais, le poème Seven Reasons Why I Should Die par Hashem Shaabani :
 
For seven days they shouted at me:
You are waging war on Allah!
Saturday, because you are an Arab!
Sunday, well, you are from Ahvaz
Monday, remember you are Iranian
Tuesday: You mock the sacred Revolution
Wednesday, didn't you raise your voice for others?
Thursday, you are a poet and a bard
Friday: You're a man, isn't that enough to die? 

 Durant sept jours, ils m'ont crié :
Tu a déclenché une guerre contre Allah !
Samedi, parce que tu es un Arabe !
Dimanche, et bien c'est parce que tu es de Ahvaz
Lundi, pour que tu te souviennes que tu es Iranien
Mardi, parce que tu te moques de la Révolution sacrée
Mercredi, n'as-tu pas élevé ta voix pour d'autres ?
Jeudi, tu es un poète et un barde
Vendredi : tu es un homme, n'est-ce pas suffisant pour mourir ?
     
Cinq Iraniens condamnés à mort pour trafic de drogue ont été pendus lundi matin à la prison de Shahroud (nord), a rapporté l'agence officielle Irna, sans fournir plus de précisions.Les organisations iraniennes des droits de l'homme expliquent que le système de pendaison en Iran est particulièrement barbare, visant à infliger le plus de souffrance possible au condamné, en effet le bourreau actionne une poulie à la force de ses bras, ce qui soulève le condamné, comme l'atteste cette photo. L'agonie est particulièrement douloureuse et longue... excusez-moi pour ces détails qui m'ont horrifiée et que j'ai jugé bon de porter à votre connaissance. Pendant ce temps tout va pour le mieux pour le "modéré" président Rouhani...
 
credit : Le Point
 
  http://danilette.over-blog.com/article-iran-la-revolution-islamique-en-etat-d-echec-

mardi 10 septembre 2013

François Hollande plus va-t’en-guerre que Barack Obama

  le 11/9/ 2013
Barack Obama et François Hollande lors du sommet du G8 à Lough Erne, près d'Enniskillen en Irlande du Nord, le 18 juin dernier.

Analyse. Alors que l’opinion publique internationale et singulièrement française se réjouit des nouveaux développements diplomatiques concernant la crise syrienne permettant d’éviter une intervention militaire, les dernières déclarations du gouvernement français ne manquent pas d’alarmer.
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour déjouer un isolement de la France, a dû prendre acte des propositions formulées par la Russie, aptes à créer un apaisement sans lequel aucune solution en phase avec les aspirations réelles du peuple syrien ne saurait être possible. Malheureusement – et contrairement à ses déclarations –, Paris ne semble pas vouloir trouver une issue politique, restant le doigt cramponné à la gâchette. Fabius a ainsi annoncé que la France déposerait une résolution devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Celle-ci évoquerait un système de contrôle et d’éradication de l’arme chimique syrienne. Très bien ! Mais pourquoi alors vouloir continuer à accuser le régime syrien du massacre du 21 août alors qu’aucune commission d’enquête digne de ce nom n’a encore rendu un rapport, une telle mention ne pouvant que provoquer un blocage au Conseil de sécurité et remettre en question la voie diplomatique ?
Il n’existe qu’une explication : la France reste arc-boutée sur une politique mise en place sous Sarkozy, et poursuivie par Hollande, qui vise à faire tomber le régime, coûte que coûte. Une politique aventureuse qui, dès le départ, ne s’est pas appuyée sur les éléments démocratiques et laïcs de l’opposition syrienne mais sur les Frères musulmans, à l’ombre desquels grandissaient les djihadistes. Sarkozy avait réactivé la cellule de l’Élysée, mise en place par Chirac après l’assassinat de Rafic Hariri au Liban, visant à organiser et à financer certains opposants. Hollande s’y tient. La politique moyen-orientale – et même internationale – de la France n’a pas changé. Le président français a fait sienne, semble-t-il, la devise de son prédécesseur, d’être aux côtés des États-Unis dans toute politique guerrière. N’est-il pas étonnant de voir un François Hollande plus va-t-en-guerre qu’un Barack Obama ?
« Tout doit être entrepris, sous l’égide de l’ONU, pour que se tienne, dans les plus brefs délais, la conférence de Genève 2 afin d’aboutir à un accord politique entre toutes les parties, de stopper les violences et d’ouvrir un processus de transition démocratique en Syrie », souligne le PCF. Dans l’Humanité, Aram Karabet, qui a passé treize ans dans les geôles syriennes, expliquait que « la révolution syrienne a échappé aux Syriens ». La France se grandirait à permettre que se tienne cette conférence, sans préalable, en y incluant tous les acteurs régionaux de la crise, y compris l’Iran. Et qu’enfin le peuple syrien reprenne les rênes de sa révolution. Et pendant qu’on y est, supprimons, partout dans le monde, les armes de destruction massive, y compris nucléaires. Faut-il que François Hollande soit peu sûr de sa politique pour qu’il n’ait même pas daigné la soumettre à l’approbation des élus du peuple ?

jeudi 16 juin 2011

Paris : commémoration du deuxième anniversaire du Mouvement du peuple iranien pour la démocratie

Appel à une grande manifestation
Pour la commémoration du deuxième anniversaire du Mouvement Vert en Iran
Samedi, 18 juin 2011, de 19h à 21h
Parvis des Libertés et des Droits de l'Homme
L'Esplanade du Trocadéro - 75007 Paris - Métro : Trocadéro

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Appel commun des organisations démocratiques et de défense des droits humains de la diaspora iranienne

Pour la commémoration du deuxième anniversaire du

Mouvement du peuple iranien pour la démocratie
« Le Mouvement Vert »


Le mouvement du peuple iranien pour la démocratie, « le mouvement vert », a débuté après les élections présidentielles  volées du juin 2009 par une question : « Où est passée ma voix ?» Cette réclamation pour des élections libres s’est vite étendue aux autres droits civiques, à l’ouverture politique, et aux  revendications économiques. Après ce coup d’état électoral, les Iraniens se sont soulevés pour demander des mesures concrètes afin d’assurer leurs droits essentiels, comme la liberté  d’opinion, d’expression et d’association. Ils demandaient l’égalité des droits pour les femmes, les groupes ethniques et religieux. Ils réclamaient l’élimination de la censure de la presse, la libération des prisonniers politiques, l’abolition de la peine de mort et la justice sociale. Des millions d’Iraniens ont affiché leur refus de la dictature militaro-religieuse par des manifestations pacifiques et par la résistance civile.

Le grand mouvement civique et pacifique du peuple iranien pour la justice et la liberté marque le niveau élevé de développement et la maturité politique de la société iranienne. Il a aussi été une source d’inspiration pour les soulèvements populaires actuels contre les dictatures dans toute la région.

Le régime de la république islamique, fidèle à sa pratique habituelle et en s’appuyant sur toutes ses ressources,  n’a épargné aucun moyen, durant ces deux dernières années, pour réprimer violemment le mouvement pacifique du peuple iranien. Les Iraniens en revanche ont tout fait pour persévérer dans leurs protestations de manière non violente.

De jeunes patriotes  mettent leur vie en jeu et poursuivent la lutte et la résistance dans toutes les arènes, la rue et la prison. Ils incarnent les Néda, les Sohrab, les Farzad, les Shirin, les Taraneh ; les phénix  de la démocratie et de la liberté. C’est leur lutte qui démasque de plus en plus la nature sombre et corrompue des oppresseurs aux yeux du monde entier.

La république islamique, par l’incompétence, la corruption, la mauvaise gestion et l’absence d’intérêt pour le bien public, a détruit les richesses de la nation, pillées par ses agents. La dilapidation de 442 milliards de dollars des revenus pétroliers (rien que ces six dernières années), la faillite du système bancaire, le redoublement de la liquidité monétaire, l’inflation croissante, les faillites d’entreprises, l’augmentation du chômage, la mainmise des gardiens de la révolution sur les principaux centres économiques y compris les télécommunications, sont les conséquences de cette politique désastreuse du régime. Cet état de fait a conduit à une fracture qui s’accentue entre le peuple et ses dirigeants. Ce qui précipite le régime clérico-militaire vers l’abîme.

Ces jours-ci les Iraniens se préparent à commémorer l’anniversaire du glorieux mouvement vert de juin 2009.  Le régime, issu du coup d’Etat électoral, qui s’installa par la force brute avec la bénédiction du Guide suprême, est maintenant,  sous l’effet combiné de la crise interne, de l’isolation internationale et du mécontentement populaire, en mauvaise posture. La lutte entre factions rivales, les sanctions internationales et l’effondrement d’autres régimes dictatoriaux de la région ne manqueront  pas de le soumettre à des épreuves  encore plus graves.

Le deuxième anniversaire du mouvement vert s’annonce avec de nouveaux espoirs. La lutte pour les libertés démocratiques peut se fixer le but, à court terme : faire reculer la république islamique en demandant la libération immédiate des prisonniers politiques.

En tant qu’institutions démocratiques de la diaspora iranienne, et aux côtés de notre peuple, nous demandons la fin de l’Etat théocratique et des lois moyenâgeuses, et l’établissement d’un régime démocratique  et laïc. Un régime qui garantisse l’intégrité territoriale du pays et les droits sociaux, politiques, économiques et culturels de tous les citoyens par une constitution basée sur la déclaration universelle des droits humains et respectant les autres conventions internationales.

Nous demandons à tous les démocrates, d’œuvrer par tous les moyens, pour commémorer l’anniversaire du « mouvement vert » et faire entendre, à travers le monde, la voix des millions d’Iraniens qui demandent de vivre en liberté. Nous essayerons de participer à notre tour à cette grande campagne nationale, qui durera du 12 au 20 juin, par des réunions, des manifestations, des conférences, des expositions de photos etc.

Premiers signataires :
73 Associations et organisations démocratiques et des comités de défense des Droits de l’Homme à travers le monde,
Dont Comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens - Paris

jeudi 16 septembre 2010

Sakineh Mohammadi Ashtiani : manifestation de soutien, Bruxelles ce samedi 18 septembre

Par Amnesty International,action septembre 2010

Merci aux milliers d’entre vous qui ont déjà soutenu et défendu Sakineh Mohammadi Ashtiani, jeune femme iranienne condamnée à la lapidation.  La mobilisation internationale a en effet permis d’infléchir les autorités iraniennes qui ont suspendu l’exécution.  
  Sakineh étant toujours menacée, Amnesty International participera à une manifestation de soutien, ce samedi 18 septembre à Bruxelles.
10h30 : rassemblement à la Place du Luxembourg. (Situer sur une carte)
11h : marche vers les bâtiments de la Comission européenne (devant la place du Luxembourg)
12h : prises de parole
Vous pouvez être à Bruxelles ce week-end ou vous connaissez des personnes qui y seront ? Alors rejoignez-nous et aidez-nous à promouvoir la manifestation : téléchargez et imprimez l’affiche, placez-la à votre fenêtre, dans votre voiture, transférez-la par mail, publiez-la sur facebook, sur Twitter...
Pour Sakineh mais aussi pour les sept autres femmes et pour les deux hommes qui sont condamnés à cette même sentence actuellement en Iran, une grande mobilisation populaire s'impose. La lapidation et les graves violations des droits humains commises en Iran requièrent une réaction d'urgence de la communauté internationale.

lundi 7 juin 2010

Gaza: le croissant rouge iranien va envoyer deux bateaux d'aide

Par AFP, 7/6/2010
 Le croissant rouge iranien a annoncé lundi son intention d'envoyer deux bateaux d'aide humanitaire à Gaza "à la fin de la semaine", alors qu'Israël a averti qu'il empêcherait tout navire de briser le blocus imposé à l'enclave palestinienne.
La décision iranienne a été annoncée une semaine après l'arraisonnement d'une flottille d'aide humanitaire par l'armée israélienne dans les eaux internationales au large de l'enclave palestinienne de Gaza. Neuf passagers turcs ont été tués dans le raid condamné par la communauté internationale.
"L'un des bateaux transportera les dons de la population (iranienne), pour l'essentiel des médicaments et de la nourriture, et l'autre des volontaires humanitaires du croissant rouge", a déclaré le directeur international du croissant rouge iranien, Abdolrauf Adibzadeh, à l'agence officielle IRNA.
"Les deux bateaux partiront à la fin de la semaine", a ajouté M. Adibzadeh sans donner de date précise.
"Les volontaires qui veulent aller à Gaza et aider le peuple opprimé de Palestine occupée peuvent s'enregistrer sur le site du croissant rouge", a-t-il dit, soulignant que cette décision avait été prise après des réunions avec les Affaires étrangères et le secrétaire du "comité iranien de défense du peuple palestinien".
"Il avait initialement été décidé d'envoyer les bateaux (débarquer l'aide) dans un pays intermédiaire, mais le croissant rouge a finalement décidé de les envoyer directement vers Gaza", a-t-il ajouté sans préciser les motifs de ce changement.
L'Iran a sévèrement critiqué l'assaut israélien du 31 mai contre la flottille internationale qui voulait briser le blocus imposé à la bande de Gaza contrôlée par les islamistes palestiniens du Hamas soutenus par Téhéran.
Samedi, les forces israéliennes ont encore arraisonné, sans violence, un cargo humanitaire pour Gaza, le Rachel Corrie, et ses occupants ont été expulsion par Israël.
En janvier 2009, l'Iran avait déjà tenté d'envoyer un bateau d'aide humanitaire à Gaza. Le navire, affrété par le croissant rouge et chargé de 2.000 tonnes de nourriture et de médicaments, avait été empêché par la marine israélienne d'accoster à Gaza et avait dû aller débarquer son chargement dans le port égyptien d'El-Arich.
L'Iran ne reconnaît par l'Etat d'Israël, son ennemi juré.
Les Gardiens de la révolution (Pasdaran), l'armée idéologique du régime iranien, ont fait savoir dimanche par la voix d'un proche du guide de la République islamique Ali Khamenei qu'il étaient prêts à escorter des flottilles d'aide destinée à Gaza.
Si les forces navales des Pasdaran en reçoivent l'ordre," elles prendront des mesures pratiques pour escorter des flottilles vers Gaza, en faisant usage de leurs capacités et équipements", a dit Ali Shirazi, représentant le guide au sein des Pasdaran.

lundi 21 septembre 2009

Iran, Israël: Les enjeux sous-jacents de la confrontation

par René Naba, 10-19/9/2009
I. L’Iran, un cas d’école
II. Barack Obama, otage du lobby juif ?
III. Dispositifs et cibles des protagonistes
1• Le dispositif israélien
2• La défense balistique iranienne

à lire ici

jeudi 6 août 2009

"Exporter le modèle marocain"???

Au Maroc, une alternative à l'Iran
Par Anne Applebaum, 30/6//2009



Traduction de Micha Cziffra pour slate.fr (qui ignore que Western Sahara, en français, se dit Sahara occidental et non pas "ouest saharien"...), révisée par SOLIDMAR


SOLIDMAR a publié une série d’articles commentant le bilan de dix années de règne sans partage de Mohammed VI. Mises à part les louanges obséquieuses d'un Driss El Yazami, le bilan est jugé globalement désastreux sur le plan social et celui du respect des droits humains.
Par souci d’équilibre nous publions l’article élogieux d’Anne Applebaum, journaliste américaine du Washington Post, grande admiratrice et amie du roi du Maroc, paru le 30 juin sous le titre
In Morocco, an Alternative to Iran (Au Maroc, une alternative à l'Iran). Article qui, nous le souhaitons, suscitera ici comme cela a été le cas sur d’autres sites, de nombreux commentaires

Si vous voulez un antidote aux photos de policiers tabassant des manifestants et de filles agonisant dans les rues de Téhéran, faites un tour dans les rues de la capitale marocaine. Vous croiserez peut-être des manifestants. Mais ici, ils ne sont pas en danger. Le jour où j’ai visité la ville, un groupe se tenait devant le parlement et brandissait poliment des pancartes. Il y a aussi des filles, mais elles ne sont pas la cible de tireurs. Et elles ne ressemblent pas aux filles iraniennes. Même si à Rabat la mode est clairement aux longs foulards flottants et aux blue-jeans, de nombreuses marocaines se fondraient sans problème dans le paysage urbain de New York ou de Paris.
Bienvenue au Royaume du Maroc, un pays qui, à la lumière des événements qui se sont déroulés ces deux dernières semaines en Iran, mérite quelques minutes d’attention. A l’opposé de la Turquie, le Maroc n’est pas un pays laïque: le roi revendique sa descendance directe du prophète Mahomet. Par ailleurs, le Maroc n’aspire pas à devenir européen. Bien que le français soit encore la langue utilisée en affaires et dans l’enseignement supérieur, le pays fait bel et bien partie du monde arabe sur les plans linguistique et culturel.
Le Maroc n'est pas un paradis démocratique mais...
Contrairement à la plupart de ses voisins arabes, au cours des dix dernières années, le Maroc a subi un processus de mutation lente mais profonde et est passé de la monarchie traditionnelle à la monarchie constitutionnelle. De véritables partis politiques sont nés, et le pays jouit aujourd’hui d’une presse relativement libre. De nouveaux leaders son entrés sur la scène politique (Marrakech a pour maire une jeune femme de 33 ans). En outre, une série de nouvelles dispositions en matière de droit de la famille visent à concilier la loi de la charia et le respect des conventions internationales sur les droits de l’homme.
On ne peut tout de même pas dire que le résultat soit un paradis démocratique. Un militant des droits humains m’a dépeint un portrait de la corruption électorale qui semble d’une complexité byzantine. En résumé, on fait appel à des «médiateurs» qui s’arrangent pour qu’on vote pour tel ou tel candidat. D’autres m’expliquent que si les manifestants que j’ai vus devant le parlement avaient été des islamistes radicaux ou des chefs de guérilla du Sahara occidental et non pas des membres de syndicats, la police n’aurait sans doute pas été si blasée. Par ailleurs, s’il est vrai que les femmes ont des droits, les contraintes culturelles subsistent. Une infime partie de la population lit les journaux et seule une petite minorité de Marocains dispose d’un accès Internet. Entre 40 et 50 % de la population est illettrée. Ce qui explique que le taux de participation aux élections soit si faible. Du reste, les affiches politiques comportent des symboles, pas des mots.
Mais il y a bien un point sur lequel le Maroc fait véritablement figure d’exception. Il est le seul pays d’Afrique dont le gouvernement a reconnu avoir commis des crimes par le passé et a mis en place une «Commission de la vérité et de la réconciliation» sur le modèle de celle établie en Afrique du Sud et dans des pays d’Amérique latine. Depuis 2004, cette commission a enquêté sur des crimes, organisé des audiences télévisées et dédommagé quelque 23.000 victimes ainsi que leur famille. Les crimes concernés – des arrestations arbitraires, des «disparitions», des actes de torture, des exécutions – ont été perpétrés sous le règne du roi Hassan II, décédé en 1999. C’est à son fils, le roi Mohammed VI, que l’on doit la création de cette commission de la vérité. Et c’est le changement de génération qui a rendu possible cette confession au sujet des graves méfaits du passé. Néanmoins, elle n’a pas été accompagnée d’un changement de régime. Il n’y a pas eu de révolution, pas de violence. Le roi est encore en place et il possède toujours ses voitures de collection.
Cette commission de la vérité a le mérite d’avoir instauré une forme de paix sociale. Tout le monde n’est pas favorable à la monarchie, mais même ses détracteurs s’accordent à dire que la rupture avec le passé est bien réelle. En effet, les citoyens marocains ont le sentiment qu’ils peuvent parler ouvertement, former des groupes de défense des droits civils, critiquer le processus électoral et même se plaindre du roi sans risquer quoi que ce soit. Saadia Belmir – une juge marocaine qui est également la première femme musulmane à siéger au Comité de l’ONU contre la torture – m’a confié que, malgré certains obstacles, «[les Marocains] peuvent désormais construire [leur] avenir sur la base d’une bonne connaissance du passé». Les responsables ont été autorisés à disparaître dans le décor, et c’est évidemment sujet à controverse. Mais les contre-courants teintés de colère et de désirs de vengeance qui auraient pu entacher le règne du jeune roi se font de plus en plus rares.
Est-ce un modèle pour les autres pays? Les Marocains en sont persuadés. Ils ont d’ailleurs discrètement «partagé leurs expériences» avec des pays africains et moyen-orientaux. Saadia Belmir m’a appris qu’un groupe informel tentait de mettre sur pied une commission de la vérité au Togo. D’autres ont évoqué la Jordanie (bien sûr, rien n’est officiel). Tous s’empressent de souligner que leur formule – une mutation lente sous l’égide d’un roi populaire (jusqu’ici) – ne peut guère s’appliquer partout. On pense avec nostalgie au shah d’Iran en se demandant comment la situation de ce pays aurait pu évoluer.
Et pourtant, quand on voit l’arc-en-ciel de vêtements et de visages qui animent les rues du Maroc, une idée vient irrésistiblement à l’esprit: le passage de l’autoritarisme à la démocratie est possible. Même dans un Etat ouvertement islamique, même au sein d’une population métissée, et malgré la présence d’une frange djihadiste. Qui plus est, ici, il est possible de reconnaître les violations des droits humains et d’en parler, comme dans les autres démocraties. Dans une grande partie du monde arabe, la volonté politique est insuffisante pour arriver à un tel changement. Mais le cas du Maroc est bien la preuve que le changement n’est pas purement et simplement impossible.



Premier commentaire
par MJF, SOLIDMAR
J’ai cru d’abord que c’était de l’humour….

Mais bien sûr que la police matraque les manifestants au Maroc !! Il y a même eu des morts , comme le syndicaliste Laarej à Tiflet, l’ étudiant El Gadiri à Marrakech… Bien sûr qu’on trouve des photos de jeunes, de militants aux cheveux blanc, de militantes jetés au sol, traînés par terre et roués de coups de matraque. J’ai même la photo d’un commissaire de police jetant à terre et battant une femme portant un bébé sur son dos, simplement parce qu’elle voulait rendre visite à son mari emprisonné arbitrairement à la prison d’Oukacha ! La police ne frappe pas tous les manifestants, bien sûr, puisque l’arbitraire est la règle. Mais toutes les catégories de citoyens qui osent crier leur colère contre les atteintes aux droits de l’Homme ont droit à la répression : les diplômés chômeurs, même handicapés, même aveugles, qui ne savent pas où courir pour échapper aux coups, les ouvriers, les syndicalistes, les paysans, les très jeunes, les très vieux…Un vieillard de 93 ans , handicapé physique et mental, a été incarcéré pour avoir critiqué le roi. Il est mort deux ans plus tard en prison, loin des siens… Les étudiants de Marrakech torturés, humiliés, obligés de recourir aux grèves de la faim illimitées jusqu’à l’extrême limite de leur survie. Parmi eux l’étudiante Zahra Boudkour en est devenue la figure emblématique : torturée, laissée nue au milieu de ses camarades pendant plusieurs jours, gravement malade à la suite d’un viol à la matraque mais interdite de soin d’un gynécologue, condamnée à deux ans de prison avec ses camarades, pour avoir protesté contre les mauvaises conditions de vie et d’études. Quelles seront les pouvoirs de la nouvelle maire de cette ville pour les sortir de là ?

La torture chère à Hassan II n’a pas disparu. On meurt encore dans les centres secrets au Maroc, même si c’est moins fréquent…L’arbitraire fait partie de la vie du peuple marocain : des membres de la famille royale se croient permis impunément de voler, maltraiter, torturer, terroriser toute une région. (en l’occurrence la région de Khénifra) …Un neveu du roi a tiré sur un policier qui a osé lui demander ses papiers parce qu’il avait grillé un feu rouge… Mais là, la police ne bouge pas !

L’IER (Instance Équité et Réconciliation) aurait pu apporter un changement si les résolutions en étaient appliquées…La vitrine est belle, la réalité l’est moins…Les tortionnaires des années de plomb « fondus dans le décor » ? Mais non, profitant de l’impunité totale, certains d’entre eux sont toujours en bonne place : Laânigri à la tête des compagnies mobiles d’intervention, Ben Slimane à celle de la gendarmerie…

Le mot démocratie n’a malheureusement pas encore sa place au Maroc. Le peuple ne fait plus confiance au régime, et s’il ne vote pas, ce n’est pas par analphabétisme, mais parce qu’il a compris que ça ne sert à rien, puisque tous les pouvoirs sont entre les mains d’une seule personne. Drôle de démocratie…

Alors : exporter le modèle marocain…Il faudrait trouver mieux…

Ces photos n'ont pas été prises en Iran, mais au Maroc. C'était le 27 mai 2008, devant la prison Oukacha à Casablanca , lors d'un sit- in organisé par l'association Ennassir. Un commissaire de police et son adjoint en action contre la dangereuse Fatiha Haddad et son non moins dangereux bébé Bilal. Leur tort : être l'épouse et l'enfant du très dangereux détenus islamiste Saïd Farres, condamné à 20 ans de prison. Qu'en dites-vous, Madame Appelbaum?

mercredi 17 juin 2009

Président ou dictateur ? Quels sont les résultats réels de la 10ème élection présidentielle en Iran?

par Hamid BEHESCHTI حميد بهشتي
17/06/2009. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Deutsch: Präsident oder Diktator?Wie ist das tatsächliche Ergebnis der 10. Präsidentschaftswahlen im Iran?
Farsi: رئيس جمهور يا ديکتاتور؟ نتيجه حقيقي دهمين انتخابات رياست جمهوري ايران چيست؟
Hamid Beheschti, né en 1946 à Téhéran, est titulaire d’un master de l’Université libre de Berlin, obtenu avec un mémoire sur la couverture partisane par les médias allemands de la guerre Iran-Irak. Il est membre de Tlaxcala.
La dixième élection présidentielle iranienne a été marquée par des manquements graves et une forte ingérence des miliciens. La direction des Gardiens de la Révolution avait été claire : on allait tout faire pour empêcher une « révolution verte », allusion à la « révolution orange » en Ukraine en 2004.

Les bureaux de vote ont été fermés plus tôt que prévu. Dans beaucoup d’entre eux, il n’y avait pas assez de bulletins de vote, ce qui a provoqué de longues queues et la fermeture anticipée. Beaucoup d’électeurs n’ont donc pu voter.
Avant même la fin du décompte des voix, le président sortant Ahmadinejad s’est déclaré vainqueur, alors que selon divers calculs, il était en troisième position.

Lors de la précédente élection, Ahmadinejad avait aussi distancé soudainement et de manière surprenante son concurrent Karroubi.

Ce qui a marché une fois peut marcher de nouveau, c’était là la tactique d’Ahmadinejad. À l’époque, Karroubi, qui menait loin devant Ahmadinejad, avait soudain remarqué après une demi-heure qu’il était passé en troisième position.

Ahmadinejad a aussi bien les Gardiens de la Révolution que les miliciens Bassidji bien en main. Et en Iran, c’est la violence pure qui décide de tout. Pas de lois, pas de règles, pas d’accords qui vaillent. Qui tient le manche, gagne. Et dans une telle situation, où le Guide suprême de la Révolution fait lire à la radio une déclaration où il dit que tous doivent accepter le résultat annoncé de l’élection, lui-même doit bien sûr l’accepter. Et là, les résultats réels ne jouent aucun rôle.

Tandis que les résultats proclamés du côté d’Ahmadinejad le donnent gagnant avec 39.165.191 voix devant son concurrent Moussavi avec 24.527.516 voix et Karroubi avec 333.635 voix http://tabnak.ir/fa/pages/?cid=51716,


Il en va autrement du côté de Moussavi, sur la base de données communiquées par le ministère de l‘Intérieur. Là, Ahmadinejad figure en troisième position derrière Moussavi et Karroubi.


Aussi à l’étranger, les Iraniens ont voté dans leur grande majorité pour Moussavi. Un exemple : les résultats des élections en Allemagne, sur la base des chiffres fournis par les observateurs locaux
Aussi bien Karroubi que Moussavi affirment non sans raison qu’on fait face à une fraude électorale. Une des plus connues organisations du clergé, „Rouhanioone Mobarez“ et le parti islamique numériquement le plus important du pays „Hezbe Mosharekate Eslami“ considèrent qu’il ya eu manipulation du vote. Ils ont tous exigé une nouvelle élection. Mais rien n’est si sûr. Car le Guide de la Révolution va tout faire pour éviter que sa déclaration, selon laquelle tout le monde doit accepter le résultat de l’élection, soit considérée comme nulle et non avenue. En outre Ahmadinejad et ceux qui le soutiennent savent très bien qu’en cas de remake de l’élection, leur sort sera scellé. On peut déjà imaginer quel serait leur destin. Les Gardiens de la Révolution et les miliciens se retrouveraient aussi sous pression.

Les victimes de la manipulation électorale, qui représentent la majorité absolue de la population, vont devoir se préparer à une longue nuit de la politique intérieure iranienne. Ceux qui voudront résister devront faire preuve d’une sacrée intelligence. Car l’appareil de répression dont dispose Ahmadinejad ne date pas d’hier. C’est pourquoi la résistance est momentanément d’autant plus véhémente. Ce qui restera de la République islamique et de l’image de la foi islamique parmi les Iraniens, n’est pas difficile à deviner.

Réforme par une révolution : un nouveau chapitre s’ouvre dans l'histoire de l'Iran

par Mohssen MASSARRAT محسن مسرت , Tlaxcala, 16/6/2009. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Reform durch Revolution - Beginn eines neuen Abschnitts in der Geschichte Irans

"Quand ceux d’en bas ne veulent plus et ceux d’en haut ne peuvent plus, alors naît une situation révolutionnaire." Cette description par Lénine d’une situation révolutionnaire, s’applique en ce moment (lundi 15 juin, 22 heures) à la République islamique d'Iran.

Le soulèvement en cours, jusqu'à présent, heureusement non-violent, ne peut plus être arrêté. Les opposants à la dictature n'ont pas peur des équipes de cogneurs des milices basidji, les défenseurs paramilitaires du système. Au contraire, ces derniers sont mis en fuite. Ceux qui ont vu leurs voix volées et ont été humiliés se libèrent de leur léthargie.

Descendus par centaines de milliers dans les rues de Téhéran, ils se sentent comme une force concentrée, qui est assez forte pour se défendre des insultes d’un dirigeant populiste qui sentait sûr de lui grâce à un pouvoir acheté à coups de cadeaux et légitimé par un chef spirituel de l’État peu perspicace. Le putsch à froid par l’évidente falsification des résultats des élections semble avoir échoué, et c’est un coup d’État à chaud que l’Ayatollah Khamenei devrait craindre.


L'alliance entre le chef spirituel de l’État et le président Ahmadinejad, obsédé par le pouvoir et se considérant investi d’une mission, s’est profondément fissurée. Aujourd'hui, l'Iran est dans la même situation qu'il y a 30 ans, en février 1979. À cette époque, il s'agissait de mettre fin à la monarchie et de renverser le système, aujourd'hui il s’agit de réformer le système de l’État théocratique, par une révolution pacifique et de lever les obstacles à une véritable démocratisation.



Mir-Hossein Moussavi a été le premier dans l'histoire de la République islamique à oser s’opposer au vote du chef spirituel de l’État. Il a tout simplement ignoré sa décision d'accepter le résultat des élections et de soutenir le président élu. L’argument classique - "il ne faut pas faire le jeu de l’ennemi et rester unis" – n’a cette fois-ci pas marché.

Apparemment, l'ayatollah Khamenei n’avait pas compté avec le courage de Moussavi et n’avait pas imaginé que celui-ci serait prêt à prendre des risques. Par sa détermination à ne pas accepter la fraude électorale et à lutter pour imposer la volonté du peuple, Moussavi a encouragé ses électeurs à se soulever.

De même, les électeurs, en s'opposant fermement et sans craindre le pouvoir à l'interdiction de manifester, ont encouragé Moussavi à ne pas céder. Cette énergie sociale se renforçant mutuellement a débouché en deux jours sur une sorte de situation révolutionnaire.



Ahmadinejad peut désormais essayer de rallier le Chef de l'État pour la prochaine et peut-être ultime étape, à savoir le coup d'État à chaud. Mais l'ayatollah Khamenei, selon toute probabilité, ne prendrait pas ce risque. Ahmadinejad a été jusqu’à présent soucieux de garder sn pouvoir et celui de ses clients, achetés avec les milliards du pétrole volés au peuple. Mis le dos au mur, il serait prêt à jouer sa dernière carte.

Khamenei en revanche est soucieux de préserver le système et se trouve face à une alternative : ou bien suivre Ahmadinejad et mettre ainsi en jeu son propre pouvoir et la légitimité de l'ensemble du système ou bien sacrifier Ahmadinejad pour sauver le système. En effet, à la différence du président, qui est aveuglé, le chef spirituel de l’État doit prendre en compte qu’une partie des forces armées n’acceptera pas de coup d’État à chaud contre la population et que la facture sera lourde pour Ahmadinejad.

Un nouvel échec après la fraude électorale, cette fois-ci après un feu vert donné à l’utilisation de la violence d’État contre l’opposition, sonnerait le glas pour la République islamique.



C'est pourquoi, avec l'écrasante majorité des Iraniens, nous allons être témoins - espérons-le - dans les heures et les jours qui viennent, d'une réforme révolutionnaire, qui en fin de compte, abolira les traits dictatoriaux du système d'État théocratique par une révolution pacifique, et ouvrira la voie à un nouveau chapitre, bien meilleur, dans l'histoire de l'Iran. L’Ayatollah Khamenei est le seul à pouvoir faire le choix de suggérer au Conseil des Gardiens, de décider non pas dans dix jours, mais immédiatement de nouvelles élections. Ces messieurs du Conseil des Gardiens ne devraient avoir aucune difficulté à trouver des justifications théologiques et politiques pour sauver la face de Khamenei.

Quoi qu'il en soit, la République islamique d'Iran ne sera plus jamais ce qu’elle a été avant la fraude électorale. Mais la fin de l'État théocratique serait loin d’impliquer la fin de la République islamique. En effet, le mouvement réformateur, dans ses composantes majeures (Moussavi lui-même, Khatami, Karroubi et de nombreuses autres personnalités dirigeantes disposant d’une base sociale) continue de s'identifier avec une République d'Iran à visage islamique.

La République islamique a divisé dès le début la société en deux parties, ceux qui soutiennent le système et ceux qui le critiquent. Grâce à l’engagement actif de la partie critique le réformateur Mohammad Khatami a gagné, en 1997 et 2001, l'élection présidentielle à une écrasante majorité. Mais devant le manque de courage de Khatami, qui n’a pas osé prendre de risques, pour utiliser la force morale du peuple pour d’authentiques réformes politiques et sociales, l’aile critique de la société s’est retirée résignée. C’est cela qui a permis au populiste Ahmadinejad de gagner l’élection en 2005.




En juin 2009, l’aile critique a découvert vers la fin de la campagne électorale qu’elle avait de nouveau une chance et a décidé de ne pas répéter l'erreur de 2005. Tous les groupes d'opposition qui avaient appelé au boycott des élections, avec l'argument de "ne pas vouloir légitimer le système de l'État théocratique", ont reçu une leçon de la volonté populaire spontanée. Les partisans du boycott avaient négligé l’aspect duel de la société iranienne et donc la possibilité que l’État théocratique puisse être délégitimé aussi par les élections.

Les bases d'une abrogation de l’État théocratique mise en branle par des réformes révolutionnaires se trouvent dans la Constitution même de cet État, qui divise la société en deux parties, l’une favorable au système et l’autre exclue - tout comme autrefois l’État de l'apartheid sud-africain, qui a connu une fin abrupte.





L'auteur
Allemand d'origine iranienne, Mohssen Massarrat, né en 1942 à Téhéran, vit depuis 1961 en République fédérale d’Allemagne. De 1962 à 1967, il a fait des études d’ingénieur des mines à Clausthal-Zellerfeld et à l’Université technique de Berlin, où il a obtenu un diplôme d’ingénieur. De 1967 à 1974, il a étudié les sciences politiques à l’Université libre de Berlin où il a présenté sa thèse de doctorat. En 1978, il a obtenu le titre de docteur en sciences économiques à l’Université d’Osnabrück où il enseigne les sciences politiques depuis 1982. . Membre actif du mouvement pacifiste, il a été l’un des fondateurs de la Coalition pour la vie et la paix. Il fait en outre partie du conseil scientifique du mouvement anti- mondialisation ATTAC.En avril et mai 2004, il a fait un séjour de recherches en Iran. Ses domaines de recherches sont l’économie politique, la théorie de la démocratie, la mondialisation, la paix et les conflits ainsi que le Proche et le Moyen-Orient. Il a publié sur ces sujets plus de 400 livres et articles de journaux et de revues, entre autres : L’Ordre américain, Hégémonie et guerres du pétrole, ainsi que Capitalisme - Puissance inégale- Développement durable : Perspectives de transformations révolutionnaires.
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