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vendredi 30 août 2013

Maroc : l’affaire DanielGate, symptôme de réformes inachevées

Par Libreafrique, 22/8/2013

Au-delà de l’indignation qu’a suscitée la grâce royale touchant le pédophile de nationalité espagnole et d’origine irakienne, Daniel Galvan, violeur de 11 mineurs marocains ; et en dépit de la publication tardive d’un communiqué royal et l’annulation de la décision de grâce, cette affaire soulève plusieurs doutes sur le bon fonctionnement de la monarchie marocaine, qui ne cadrent pas avec la récente réforme constitutionnelle.
Tout d’abord, il est dit dans le premier communiqué que « Le Roi n'a jamais été informé de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné». Le fait que le Roi Mohammed VI a lui-même signé la grâce ne le rendrait donc apparemment pas responsable. Il paraît toutefois difficile de détenir un pouvoir, en l’occurrence de grâce, si l’on n’en assume pas les responsabilités.
L’argument de candide est en outre peu convaincant : le Roi aurait pu annuler la grâce plus tôt, avant qu’il ne soit acculé sous la pression de la rue. Par ailleurs, Wikileaks avait annoncé en 2010 que le Roi avait déjà gracié un pédophile français en 2006. Enfin, s’ajoute à la liste les révélations de Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation français, sur le scandale de déviances sexuelles d’un autre ministre français pris à Marrakech dans une partie fine avec des mineurs, et libéré en toute discrétion, l’affaire ayant été classée sans suite.
Ensuite, le déni de responsabilité est palpable à travers le deuxième point du même communiqué : « le Souverain n'aurait consenti à ce que Daniel Galvan puisse arrêter de purger sa peine, au regard de l'atrocité des crimes monstrueux dont il a été reconnu coupable ». La conclusion logique est que le Roi signerait sans vérifier. Si le Roi a fait mauvais usage du droit que lui confère l’article 58 de la constitution, lors de cette affaire, c’est qu’il faut en réguler son usage. En l’occurrence, il faut noter que le dahir (n °1-57-387) réglementant la grâce royale date de 1958, et ne détermine pas les délits et crimes exclus du droit de grâce.
Ce problème de gouvernance de la monarchie exécutive renvoie à un autre celui du non respect de l’État de droit. En effet, selon la loi (article 12 du dahir n °1-57-387) c’est le ministère de justice qui doit chapeauter tout le processus avant que le cabinet royal ne statue sur les dossiers. Or, d’après les déclarations du Ministre de la justice, son ministère n’a pas contribué à l’élaboration de la liste des prisonniers espagnols. Le Ministre a déclaré avoir même prévenu le cabinet royal, avouant implicitement le rôle de simple exécutant des instructions du cabinet royal. Ce dernier s’est placé au dessus de la loi en ne respectant pas le dahir et en imposant sa décision.
Enfin, les Marocains sauront-ils la vérité sur les coulisses de cette histoire ? Pas sûr. Puisque  dans son troisième communiqué, après celui de l’annulation de grâce, le cabinet n’a fait que présenter un bouc émissaire en révoquant M. Benhachem, le délégué général de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion, présenté comme étant le principal responsable. Pourtant, la liste des bénéficiaires avait été préparée par l'ambassade d'Espagne à Rabat, l'administration pénitentiaire marocaine n’était nullement impliquée.
L’esprit de justice commande que l’on remonte plus haut dans la chaîne de décisions, jusqu’aux conseillers du Roi devant assumer leurs responsabilités, notamment Omar Aziman, conseiller responsable des relations maroco-espagnoles et du dossier juridique au Palais et surtout de Fouad Al Himma, l’ami et conseiller politique du Roi. Ce dernier a été désigné  directement et explicitement par le quotidien espagnol “El Pais”, comme étant le principal responsable.
Le monarque peut aujourd’hui difficilement, d’un côté, prétendre réformer et œuvrer pour la démocratisation et la modernisation du pays, et d’un autre protéger des conseillers, non élus, fonctionnant comme un gouvernement de l’ombre et qui détiennent les vrais pouvoirs, mais sans reddition de comptes (sauf envers la monarchie). Cet état de fait consolide la culture d’allégeance exclusive au Roi, que cela soit de la part des conseillers ou des membres du gouvernement.

La monarchie est en réalité à la croisée des chemins. 
Soit elle continue dans son crédo exécutif décidant de tout et de rien et elle doit alors assumer les conséquences de ses choix politiques et économiques. Soit, elle change réellement de cap pour rester au-dessus de la mêlée, fédératrice du peuple et garante de l’unité et de la sécurité du pays, auquel cas elle soit mettre en place de véritable institutions d’état de droit et de représentation démocratique avec reddition des comptes.

 http://www.libreafrique.org/HEM_Galvan_Maroc_220813

Maroc : la grâce a redonné souffle aux militants

 Par Ilhem Rachidi, Mediapart, 21/8/2013

La page du Danielgate semble aujourd'hui tournée au Maroc. Mais la contestation de la grâce royale accordée au pédophile espagnol, née sur les réseaux sociaux, a rassemblé bien plus que les traditionnels militants. Et redonné vigueur au Mouvement du 20 Février. 
 Correspondance du Maroc
Le mouvement d’indignation né sur les réseaux sociaux contre la grâce accordée par le roi Mohamed VI au pédophile Daniel Galvan, condamné à 30 ans de prison pour le viol de onze mineurs, a réalisé ce dont aucune force politique n’avait été capable : amener le roi Mohamed VI à justifier et revenir sur une décision sous la pression de l’opinion publique.

Rida Benotmane, ancien détenu politique, aujourd’hui contributeur au journal Lakome et professeur de droit, a manifesté et subi la répression lors de la première manifestation à Rabat le 2 août dernier. « La mobilisation a réussi parce que le sujet dépassait la sphère militante et touchait tous les pères et toutes les mères de ce pays », souligne-t-il. « Comme tous les Marocains, j'étais indigné de voir un pédophile bénéficier de la grâce alors que les prisons marocaines sont remplies de jeunes militants pro-démocratie qui auraient dû être graciés en priorité. Dénoncer la grâce était pour moi un acte de patriotisme. »

Si, depuis le 7 août, le Danielgate ne fait plus descendre personne dans la rue, ce mouvement a redonné un souffle à la contestation initiée par le Mouvement 20 Février, il y a deux ans. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes – Agadir, Marrakech, Safi, El Jadida,Ouarzazate, Inezgane – où le mouvement s’était essoufflé.
« C'est la première fois du règne de Mohammed VI que la monarchie se trouve face à une contestation populaire directe et frontale », explique le journaliste et chercheur Abdelah Tourabi. Le roi Mohamed VI a dû répondre aux manifestants dans un communiqué du palais royal, puis annuler la grâce. Daniel Galvan est aujourd’hui en détention préventive en Espagne. Comment quelques milliers de manifestants, sans aucun discours politique pour bon nombre d'entre eux, ont-ils fait faire marche arrière au pouvoir marocain ?


Dans la manifestation du 7 août à RabatDans la manifestation du 7 août à Rabat
Après tout, ce n’est pas la première fois qu’un pédophile bénéficie d’une grâce. Déjà, en 2006, le Français Hervé Le Gloannec, condamné à 4 ans de prison, avait été libéré, après avoir passé moins de deux ans en prison, dans l’indifférence générale.
 
« La force de ce combat, c’est que le peuple est sorti, pas seulement les militants », affirme Yassin Bezzaz, membre du Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste (PADS) et du Mouvement 20 Février. Ce mouvement, né le 20 février 2011, dans la foulée des révolutions arabes, exigeait des réformes constitutionnelles. Depuis, des manifestations ont eu lieu régulièrement, jusque dans les villes les plus reculées, pour réclamer davantage de démocratie, une réelle séparation des pouvoirs, la lutte contre la corruption, mais aussi l’indépendance de la justice, l’un des mots d’ordre des manifestations du Danielgate.
Sami Nezar Bella, un cyber-activiste de 19 ans n’est pas « un grand habitué des manifestations ». Mais pour lui, ces manifestations contre la grâce sont « une continuité logique et évidente de la vague du 20 Février ». Même si, nuance-t-il, « sans le Mouvement, cette affaire douloureuse qui a touché le peuple aurait pu provoquer une vague d'indignation au sein de la société ».
 
« Nous avons gagné deux choses : la réponse du roi, historique, et le fait que les militants se sont retrouvés », souligne Hakim Sikouk, professeur de philosophie à Safi et membre fondateur du mouvement, lui aussi blessé par les forces de l’ordre lors de la manifestation du 2 août à Rabat. À Safi justement, les arrestations et les condamnations d’une trentaine d’activistes du Mouvement du 20 Février, la mort de Kamal Al Amari, tué en marge des manifestations en juin 2011, et de Mohammed Boudouroua, en octobre 2011, avaient progressivement eu raison de l’une des coordinations les plus actives. Avec le Danielgate, la contestation a repris.

Le mur de la peur
Ces derniers temps, beaucoup disaient le Mouvement 20 Février mort. Ses manifestations attiraient au mieux quelques centaines de manifestants. « Le mouvement n’est pas mort, il est congelé », affirmait, bien avant le Danielgate, Adil Yousfi, membre actif de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). « Ses principes ne mourront jamais. »
Car il a permis aux langues de se délier, réconcilié une partie de la jeunesse avec la politique et surtout, il a fait reculer le mur de la peur.
Même si la critique du roi est toujours dangereuse au Maroc – Abdessamad Haydour est détenu depuis 18 mois pour avoir « insulté le roi » lors d’une manifestation ; Driss Bouterrada, un vendeur ambulant arrêté après avoir « imité » le roi lors d’un sit-in devant le parlement, purge une peine d'un an de prison officiellement pour trafic de drogue… –, sur les réseaux sociaux, les internautes n’ont pas épargné le roi, jugé unique responsable de cette grâce. Comme si les Marocains, longtemps sujets, devenaient progressivement de réels citoyens.

« À long terme, je rêve de la fin du système makhzen actuel fondé sur le clientélisme et la corruption. Il n y a que par une vraie monarchie parlementaire que nous pourrons accéder à la séparation des pouvoirs tout en préservant l'héritage politique de notre pays en évitant de diviser la société marocaine sur la question de la monarchie », analyse Rida Benotmane.

En 2011, le pouvoir marocain avait très habilement tué dans l'œuf la contestation grâce au discours du roi, le 9 mars, promettant de s'atteler à une « réforme constitutionnelle globale ». Les militants du Mouvement du 20 février ont retenu la leçon : à Rabat, lors de la dernière manifestation contre la grâce royale, des activistes disaient vouloir clore le dossier, l’objectif ayant été atteint. « Le palais royal a publié les communiqués, le roi a reçu les familles », explique Yassin Bezzaz. « Si nous entamons un bras de fer avec le système, nous allons perdre parce qu’il dispose de moyens que nous n’avons pas : les medias, l’argent, la propagande. »
 

A Casablanca, le 6 août 2013, manifestation contre la libération du pédophile Daniel GalvanA Casablanca, le 6 août 2013, manifestation contre la libération du pédophile Daniel Galvan© Reuters

Pour l’instant, le Danielgate n’a vraiment eu de conséquence politique. S'il a permis, une fois de plus, d’attirer l’attention sur l’absence d’une réelle séparation des pouvoirs et sur les pouvoirs exorbitants du cabinet royal (véritable gouvernement de l’ombre), les responsabilités n’ont toujours pas été établies. L’enquête promise n’a pour l’instant pointé du doigt que Hafid Benhachem, le délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion proche de la retraite, déjà critiqué pour sa gestion des prisons. Le conseiller et proche du roi Fouad Ali El Himma, mis en cause dans les journaux Lakome et El País (il aurait contacté l’ambassade d’Espagne par téléphone, ce que l'ambassade a démenti) et dont certains manifestants réclamaient la démission, ne s’est toujours pas exprimé. Silence aussi du côté du chef de gouvernement Abdelilah Benkirane.
Et le Parti islamiste Justice et Développement (PJD), muet lors de l’affaire et surtout lors de la répression de la première manifestation, semble davantage occupé à dénoncer le coup d’État égyptien. C'est toujours plus confortable de regarder ailleurs.

dimanche 18 août 2013

DanielGate : Pourquoi les deux listes ?

Par Abdelilah Gueznaya, demainonline, 12/8/2013

Danielgate : En voulant saboter Benkirane, Fouad Ali El Himma a saboté « Sidna »

M6 El Himma
« Celui qui creuse un trou finit par tomber dedans », dit le proverbe marocain. A force de vouloir grignoter les maigres pouvoirs du chef du gouvernement, l’islamiste Abdelilah Benkirane, Fouad Ali El Himma, conseiller royal et patron du gouvernement de l’ombre qui régente le Maroc à partir du cabinet royal, a fini par trébucher.

L’affaire des graciés espagnols aurait pu n’être qu’un épisode de plus dans la sourde et inégale lutte entre le Palais et le gouvernement Benkirane, si El Himma, éminence noire de « Sidna », n’avait pas, encore une fois, mis sa main dans la pâte pour signifier à Benkirane et à ses comparses qui commande au Maroc.
Le quotidien espagnol El Pais a reconstitué, selon les confidences de l’ambassade d’Espagne à Rabat, cette rocambolesque affaire qui met à mal les manigances du conseiller préféré du roi.
Après la visite de quatre jours du roi Juan Carlos au Maroc, le 18 juillet, l’ambassade espagnole s’est approché de Benkirane pour lui demander le transfert en Espagne d’un détenu espagnol malade. Mis au courant par cette requête, Fouad Ali El Himma appela personnellement l’ambassadeur espagnol, Alberto Navarro.
El Himma était fâché. « Pourquoi Juan Carlos a demandé à Benkirane le transfert de ce détenu », lança-t-il à Navarro. « Parce que le transfert de détenus font partie des prérogatives du chef du gouvernement », répondit poliment le diplomate. « Sa Majesté peut résoudre ces affaires », répliqua El Himma, histoire de dire : le roi peut faire mieux que ces barbus qui n’ont que le pouvoir que Sa Majesté a bien voulu leur octroyer.
L’ambassade élabora alors une liste d’une trentaine de criminels transférables en Espagne, ainsi qu’une autre liste, de 18 personnes celle-là, toutes condamnées définitivement par la justice marocaine
30 + 18, une belle brochette de crapules, dont le fameux Daniel Galvan Viña, de son vrai nom Salah-Eddine.
Et c’est là où tout dérapa. Au lieu d’un beau geste, l’affaire se transforma en une crise institutionnelle monarchique, doublée d’une crise diplomatique avec l’Espagne. Quelqu’un, dit-on, au Palais royal fusionna les deux listes, et « Sidna » dans sa grande magnanimité gracia tout ce menu fretin, histoire de plaire à l’Espagnol, dont le gouvernement de droite impressionne un peu le souverain. Depuis l’accession de Mariano Rajoy au gouvernement, il n’y a plus de blocage de la frontière maroco-espagnole et on n’entend plus parler des « patriotes » du nord qui faisaient la vie dure aux policiers espagnols à Sebta et Melilla (Où est passé le bouillonnant Saïd Chramti, depuis que Rabat l’a rappelé à l’ordre?).
En conclusion, il fallait trouver un coupable, qui soit, physiquement,  le plus éloigné du Palais pour garder intacte la vertu chérifienne. Et c’est sur cette pauvre cloche d’Abdelhafid Benhachem, le délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, qui a été choisi pour jouer au jouer au bouc émissaire.
Afin de préserver Fouad Ali El Himma : l’homme qui a saboté « Sidna » en voulant saboter Benkirane.
Abdelilah Gueznaya
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27148

samedi 20 avril 2013

Sahara : Le Maroc se mobilise

  Le Maroc se mobilise diplomatiquement contre les USA


Par Adam Sfali - Lemag - 17/4/2013

Lemag : C’est un déploiement diplomatique de haut niveau qu’opère Rabat depuis hier Mardi 16 avril, vers les plus grandes capitales mondiales, pour contrer le projet américain de s’aligner sur la position du régime algérien concernant la question du Sahara.





Sahara : Le Maroc se mobilise diplomatiquement contre les USA Le Maroc est en mobilisation générale politique, civile et diplomatique, depuis l’annonce lundi dernier à New York, d’un projet de résolution présentée par l’administration Obama, acquise désormais aux thèses polisariennes et avides des deniers algériens, laquelle résolution visant à élargir le Mandat de la MINURSO de manière à réduire la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.
Selon le quotidien Londonien Al Quds Al Arabi, le Roi Mohammed VI et le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane ont convenu de déployer dans le monde un dispositif diplomatique composé de ministres, de conseillers royaux et de leaders de certains partis politiques de gauche.

Ainsi vers Washington, pour y rencontrer, ce qui reste de responsables encore respectables à l’administration américaine, s’est envolé le conseiller du Roi chargé des questions sécuritaires Fouad Ali El Himma.

En Chine, s’est rendu le ministre délégué aux affaires étrangères, l’istiqlalien Youssef Amrani.

En Angleterre se retrouve aujourd’hui le numéro 1 de la diplomatie marocaine, le ministre des affaires étrangères l’islamiste Saad Dine El Otmani, il y sera rejoint par l’autre conseiller du Roi, Taïb Fassi Fihri après avoir visiter Madrid.

Enfin vers Moscou s’est rendu Ismail Alaoui l’un des leaders politiques du parti du progrès et du socialisme (PPS ), pour des contacts express avec le pouvoir russe.

A noter que le gouvernement d’Abdelilah Benkirane a dit mardi 16 avril, son rejet le plus catégorique de ce projet américain.

L'administration Obama a laissé voir son alignement intéressé, sur la position de l'Algérie, la grande promotrice du chaos et de l'insécurité en Afrique du nord
 http://www.lemag.ma/Sahara-Le-Maroc-se-mobilise-diplomatiquement-contre-les-USA_a69924.html
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La mobilisation s’intensifie

Les chioukhs et les élus des provinces du Sud, les ONG nationales, comme les acteurs politiques, expriment tous leur rejet de toute proposition visant à dénaturer la mission de la Minurso au Sahara marocain.
Pour les ONG, l’élargissement du mandat de la Minurso pour inclure la surveillance de la situation des droit de l’Homme pourrait nuire à l’indépendance de l’action pour la défense des droits humains.
Pour les ONG, l’élargissement du mandat de la Minurso pour inclure la surveillance de la situation des droit de l’Homme pourrait nuire à l’indépendance de l’action pour la défense des droits humains.

Les élus des provinces du Sud et chioukhs des tribus sahraouies ont exprimé leur rejet de toute proposition dénaturant le mandat de la Minurso dans le Sahara marocain, réitérant leur attachement à l’initiative d’autonomie comme seule solution au conflit artificiel autour du Sahara. Dans une déclaration à la MAP, Hamdi Ould Rchid, président du Conseil de la ville de Laâyoune et l’un des chioukhs des tribus sahraouies, a affirmé que les élus et représentants de la population locale refusent la proposition visant à élargir les compétences de la Minurso dans le Sahara marocain. Cette proposition, qui émane des ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume, vise à nuire au processus de développement politique, économique et social engagé par le Maroc, notamment en matière de renforcement des droits de l’Homme, des libertés et de la démocratie, un processus exemplaire sur le plan régional, a-t-il indiqué. Les manœuvres des ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc n’ébranleront pas l’attachement des habitants des provinces du Sud à l’initiative d’autonomie comme solution réaliste qui a reçu un écho favorable auprès de la communauté internationale, a-t-il noté, soulignant que la proposition marocaine garantit la dignité, la liberté et les droits des habitants de cette région, contrairement au quotidien des Marocains séquestrés dans les camps de Tindouf, victimes des formes les plus graves de maltraitance et d’oppression.

Les notables reviennent sur les vérités de l’Histoire
De son côté, Abdellah Salhi, l’un des chioukhs des tribus saharaouies, a relevé que les parties à l’origine de la proposition voulant dénaturer la mission de la Minurso auraient mieux fait de mettre fin aux atteintes aux droits de l’Homme perpétrées dans les camps de Tindouf sur le territoire algérien. Le Maroc s’est engagé depuis des années en faveur d’une solution politique définitive à ce problème et a entamé une dynamique positive et constructive à travers l’initiative d’autonomie dans les provinces du Sud dans le cadre de la souveraineté du Royaume et de l’intégrité de son territoire, a-t-il mis en exergue, ajoutant que cette initiative est porteuse d’un avenir meilleur pour les habitants du Sahara marocain et permettra en plus de mettre fin aux souffrances des séquestrés dans les camps de Tindouf.
Pour sa part, Brahim El Ghzal, acteur associatif et membre du Conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), a mis l’accent sur le rejet catégorique exprimé par les habitants du Sahara marocain à la proposition d’élargissement des compétences de la Minurso. 
Au moment où la communauté internationale salue les réformes politiques, économiques et sociales du Maroc et exprime son soutien à la proposition marocaine d’autonomie dans les provinces du Sud, en tant que solution la plus crédible à ce conflit artificiel, les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume continuent d’instrumentaliser la question des droits de l’Homme pour dissimuler les graves violations de ces droits dans les camps de Tindouf, a-t-il ajouté. Mohamed Saleh Ould Sidi El Alem Idrissi, l’un des chioukhs de la province de Smara a, quant à lui, exprimé son refus de toute proposition portant atteinte à la souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara. Idrissi a noté que cette proposition ne fera que compliquer davantage la situation, au moment où l’on attendait une pression sur les autres parties pour parvenir à une solution à ce conflit artificiel . Il a aussi rappelé que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Minurso, Wolfgang Weisbrod-Weber, avait souligné, lors d’une rencontre de communication avec les acteurs locaux à Smara tenue au début de ce mois, que la mission de la Minurso est définie par les Nations unies et se limite à l’observation du cessez-le feu.

Des voix unanimes
Mardi, lors de l’émission «Qadaya Wa araâ» diffusée sur la première chaîne nationale, les intervenants au débat avaient unanimement déclaré que la proposition d’élargir le mandat de la Minurso pour la surveillance des droits de l’Homme dans les provinces du Sud du Maroc constitue une «flagrante provocation» qui appelle une «forte» mobilisation diplomatique pour empêcher son adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU. Parmi les intervenants, le secrétaire général du Parti travailliste, Abdelkrim Benatiq, qui s’est dit surpris de la proposition d’élargir le mandat de la Minurso, laquelle proposition représente en réalité une «aventure» de la part de ses défenseurs dans une région sur laquelle pèsent plusieurs menaces. « Le Maroc, qui a démontré à travers l’histoire de ce conflit artificiel sa capacité à résister dans le cadre d’un front intérieur «fort et soudé», peut aussi surmonter cet examen grâce à une «forte» mobilisation de toutes les composantes de la société », a-t-il dit. De son côté, la député du Parti de la justice et du développement Amina Maâ alaynine, a relevé que cette proposition, émanant des détracteurs des succès du Maroc en matière de démocratie et de droits de l’homme, est une nouvelle occasion pour la réaffirmation de l’unanimité du peuple marocain contre toute atteinte à son unité territoriale. Elle a mis l’accent sur la nécessité de la mobilisation de l’appareil diplomatique marocain et du renforcement des contacts avec les pays influents à l’ONU pour empêcher l’adoption de cette proposition, ainsi que l’importance d’aller de l’avant dans le processus de consolidation des choix démocratiques en tant que rempart contre toute velléité d’immixtion étrangère dans les affaires intérieures du Maroc. Après avoir salué le processus de développement des provinces du sud, la député du PJD a appelé à l’accélération des chantiers de modernisation de ces provinces et du projet de régionalisation avancée. Même constat chez Hassan Boukantar, membre de la commission administrative de l’USFP qui a exprimé son «étonnement» au sujet de cette «étrange» proposition, précisant que le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara a simplement insisté sur la consolidation des mécanismes de protection des droits de l’Homme, sans appeler à la mise en place d’un mécanisme extérieur. Il a ajouté que le Conseil de sécurité considère toujours la proposition d’autonomie présentée par le Maroc comme étant «sérieuse et crédible» pour la recherche d’une solution à ce conflit. Selon lui, la responsabilité principale incombe à la diplomatie marocaine qui doit sonder les positions des pays membres du Conseil de sécurité pour empêcher l’adoption de cette proposition. Pour sa part, Mohamed Maâzouz, membre du bureau politique du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) a appelé à la consolidation du front intérieur et à l’encouragement de la diplomatie parallèle pour contribuer à la défense de l’intégrité territoriale du royaume. Il a également appelé au renforcement des contacts avec la Fondation Kennedy au sujet des droits de l’homme pour expliquer à cette ONG les progrès enregistrés par le Maroc dans ce domaine. La proposition d’élargir le mandat de la Minurso a été également rejetée par M’barka Bouaida, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI) en s’interrogeant sur le timing de cette initiative «qui sert les intérêts des autres parties, rompues aux provocations, surtout depuis la présentation par le Maroc de la solution d’autonomie». Elle a souligné l’importance d’une action diplomatique «forte et élargie» pour empêcher l’adoption de cette proposition par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Les ONG adressent une lettre à Ban Ki-moon
Plusieurs ONG droits-de-l’Hommistes ont adressé une lettre au Secrétaire général des Nations unies, dans laquelle elles attirent l’attention du responsable onusien sur plusieurs points relatifs à la situation des droits de l’Homme au Sahara. Affirmant avoir pris note notamment du Rapport 5/2013/220 que Ban Ki-Moon avait soumis au Conseil de sécurité, le 8 avril 2013, dans la perspective de la tenue d’une réunion du Conseil pour discuter la situation au Sahara et adopter une résolution sur la question, et prenant acte des visites effectuées dernièrement par son envoyé spécial dans la région, Christopher Ross, ces organisations soulignent que la situation des droits de l’Homme au Sahara «a toujours été au centre de leur attention, en tant qu’acteurs de la société civile», à travers «le travail quotidien effectué par les secteurs de nos organisations sur le terrain, de même qu’à travers le suivi de toutes les questions relatives aux droits de l’Homme dans la région qui nécessitent notre intervention en vue de protéger et de défendre les droits de l’Homme dans toutes leurs dimensions».
Partant de ces considérations, font-elles remarquer, «nous croyons que la priorité dans le domaine de la protection et de la promotion des droits de l’Homme dans la région devrait être accordée au renforcement de l’action des organisations non gouvernementales sérieuses et crédibles actives sur le terrain, et que toute autre orientation, y compris l’élargissement du mandat de la Minurso pour inclure la surveillance de la situation des droit de l’Homme, ne peut servir les objectifs de l’agenda des ONGs des droits de l’Homme, et pourrait même nuire à l’indépendance de l’action pour la défense des droits humains».
Cette lettre a été signée par l’Organisation Marocaine des Droits Humains(OMDH), l’Association Adala, l’Instance Marocaine des Droits Humains, le Médiateur pour la Démocratie et Droits de l’homme, l’Observatoire Marocain pour la liberté publique, la Ligue Marocaine pour la Citoyenneté et les Droits de l’Homme, le Centre Marocain pour les Droits de l’homme, le Centre des Droits des Gens et la Commission de la défense des Droits de l’Homme.(MAP). BW—EXP. RM.
 http://www.lesoir-echos.com/la-mobilisation-sintensifie/actualites-2/presse-maroc/71412/

mardi 18 décembre 2012

Après la tour Eiffel de Fès, c'est la fontaine de la Grande mosquée de Tétouan qui disparait...

Qui a volé la fontaine de la Grande mosquée de Tétouan ?


La fontaine volée
La fontaine volée (Photo DR)
C’est un mystère qui en réalité n’en est pas un. La fontaine du patio de la Grande Mosquée de la médina de Tétouan (Jamaâ El Kebir), dans l’ancienne médina a disparu durant la réhabilitation des lieux il y a quelques mois.
Quand le roi Mohamed VI, en personne, est venu il y a quelques semaines inaugurer la réouverture de la mosquée après des mois de fermeture pour cause de travaux, la vieille fontaine avait disparu.
Les fidèles et le connaisseurs de cette vieille mosquée construite par le sultan « Moulay Slimane » en 1808 se sont bien rendus compte de sa disparition, mais ils ont préféré se taire. Pourquoi ? Parce que la personne qui a volé cette très lourde fontaine qui fait quatre mètres de diamètre ne l’a pas fait tout seul. Et il ne l’a pas fait sans que les autorités locales ne l’aient détecté. Impossible de transporter dans les ruelles de la médina ce très lourd et encombrant joyaux architectural sans que personne ne le sache.
Le mokadem de cette partie de la médina, ainsi que son caïd, le chef de la circonscription, le pacha et même le wali sont au courant de cette disparition, mais ils se taisent.
Même chose pour la police qui vient pourtant d’ouvrir un commissariat flambant neuf à ….. une vingtaine de mètres seulement de la mosquée.
Et que dire des Renseignements généraux (RG) de la préfecture de police de Tétouan, toujours prêts à mettre la main dans les poubelles d’autrui et à renifler les senteurs dissidentes mais qui sont restés aveugles devant le vol de cette pièce.
Un universitaire, autoproclamé « historien de la ville », est certes indigné par ce vol, mais il s’indigne en privé, et il n’ose pas le dénoncer publiquement. Les gens de Tétouan sont des gens sages et mesurés qui veulent restés éloignés des machakils, même quand on pille leur patrimoine historique. Et à la mairie de Tétouan, dirigée par un barbu du PJD, certains « experts » avancent que la fontaine n’avait pas une valeur historique puisqu’elle aurait été conçue et fabriquée entre la fin des années cinquante et le début des années soixante du précédent siècle.
Or, cette assertion doit être balayée d’un revers de la main. A cette époque là, justement, il y avait encore à Tétouan les grands « maâlems » de la construction traditionnelle marocaine qui ont construit des chefs d’oeuvre qu’on peut encore voir de nos jours. Des « maâlems » qui, malheureusement, ont disparu après l’indépendance du Maroc à cause des nouvelles techniques de construction, plus faciles mais aussi moins perennes, mais aussi à cause de l’irruption de la contrebande dans l’économie locale. Contrebandier est un « métier » autrement plus rentable que celui d’aide-maâlem traditionnel pour beaucoup de jeunes de la région.
Alors, qui a volé la grande fontaine, remplacée depuis par une horreur en toc ? Le wali de Tétouan, Mohamed El Yaâkoubi, le sait parfaitement, mais il se tait.
Pourtant, il est entreprenant ce wali. L’été dernier, quand le conseiller royal Fouad Ali El Himma a perdu son téléphone portable après une soirée arrosée au Royal Golf de Cabo Negro, à quelques kilomètres de Tétouan, la police de la région a été mise à contribution pour retrouver le précieux gadget.
C’est ainsi que plusieurs journalistes ont observé, amusés, comment le wali, le digne représentant de l’Etat dans la région, s’était mis à quatre pattes sur le gazon du Golf pour essayer de récupérer le portable de son patron.

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=23378
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Drôles de collectionneurs, vraiment !

dimanche 20 mai 2012

Un poète du M20F condamné à deux ans de prison à Casablanca.

 Par Thami Afailal, demainonline, 18/5/2012

 Le Makhzen montre les dents et se venge sur le Mouvement du 20 février. Younes Belkhdim, un
 activiste du M20F surnommé « le poète du peuple », a été condamné aujourd’hui, vendredi, par le tribunal de première instance de Aïn Sebaâ de Casablanca à une peine deux ans de prison ferme. 

Arrêté le 30 mars alors qu’il participait à un sit-in de soutien à Mouad Belghouat, Lhaqed, il végétait depuis en prison après avoir vu sa demande de liberté provisoire rejetée par le tribunal. Alors que quelques semaines plus tard, un autre magistrat marocain accordait la liberté provisoire à un juge de Tanger, arrêté en flagrant délit de corruption (Affaire du juge de Tanger).

 Voilà comment le « poète du peuple » était décrit par notre collaborateur Salah Elayoubi dans un article d’opinion paru dans Demain : « Physique de baroudeur, voix de tribun, moustache noire, cheveux gominés et textes déclamés dans un arabe littéraire châtié, donnaient à ce joueur de rugby, héros du petit peuple, un air d’Omar Sharif et au rassemblement du vingt février, des allures de production hollywoodienne, narrant l’An Un d’une quelconque épopée révolutionnaire ».

 Cette condamnation après, selon des observateurs, un procès bâclé et arrangé, marque le retour de Fouad Ali El Himma, le conseiller royal chargé de la répression auprès du souverain et grand ordonnateur de la grande chasse contre les jeunes activistes du M20F dans ce pays. 

Quand un État embastille un journaliste (Rachid Niny), puis un chanteur (Lhaqed), avant de s’en prendre à un poète, c’est qu’il a perdu la boussole. Qu’il continue donc à chercher aveuglément son chemin, mais attention au précipice !
 

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Deux ans de prison et 5000 dirhams d'amendements, sans oublier les frais de justice, d'avocat, de paniers à provision, de cigarettes et tout le reste. C'est la peine infligée à Younes Belkhdim, cet autre héros du mouvement du 20 février, "poète du peuple" et militant irréductible !
Deux ans de prison ! Une éternité ! Très cher payé, pour n'avoir dit que la vérité, ses quatre vérités à "Predator", à sa mafia, ses voyous, et complices.
Le combat continue