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vendredi 6 septembre 2013

Maroc : application au Maroc de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Reportage BBC.



Rapport alternatif sur l’application au Maroc de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille


Ce rapport été élaboré sous la coordination du GADEM par un collectif d’organisations actives dans le domaine des migrations et dans la défense des droits humains : l’Association lumière sur l’émigration clandestine au Maghreb (ALECMA), l’Association des ressortissants sénégalais au Maroc – 28 ( ARESMA-28), Caminando Fronteras, Chabaka - Le réseau des associations du nord du Maroc pour le développement et la solidarité, le Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM), le Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM), le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), l’Organisation démocratique du travail – Travailleurs immigrés (ODT-IT) et Pateras de la vida.
Télécharger le rapport en français
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Un reportage de la BBC sur la situation des migrants au Maroc fait réagir le ministre Youssef Amrani  

 

Le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération, Youssef Amrani, a laissé entendre sur la BBC que le Maroc est « victime » de la pression migratoire subsaharienne. Une  déclaration qui sonne comme une réponse directe au reportage de la chaîne britannique sur les migrants au Maroc. Le ministre délégué juge de nombreuses allégations « infondées » et martèle que le Royaume porte seul « le fardeau de la gestion de la question migratoire ». Détails. 
Mercredi dernier, la BBC diffusait un reportage de Paul Mason, rédacteur de la rubrique économique de BBC Newsnight, sur la gestion de la question migratoire par le Maroc. Le mini documentaire contient une pile de témoignages de migrants clandestins subsahariens se disant victimes de mauvais traitements de la police et incriminant, ainsi, les autorités marocaines de violations des droits de l’homme.
Ces accusations allaient inévitablement faire réagir le ministre délégué aux Affaires étrangères qui considère de nombreuses allégations dans ce reportage « infondées ». Selon Youssef Amrani, le Maroc, est une « victime » de la pression migratoire subsaharienne. Et le pays « gère de manière transparente » cette question, « conformément aux principes de l’Etat de droit et dans le strict respect de sa législation nationale », comme il l’a expliqué.
Pour Youssef Amrani, le Maroc est devenu « un pays de destination par défaut » des migrants, en raison des mesures strictes prises dans le domaine du contrôle des frontières européennes. Le Royaume est « résolument engagé à gérer ses frontières et ses procédures de réadmission, dans le plein respect des multiples dimensions de la migration à savoir le développement et le respect des droits humains », a-t-il précisé.

Pas de tabou sur les droits de l’homme ?
D’ailleurs sur l’épineuse question des droits de l’homme, Youssef Amrani n’a pas été avare en paroles. Selon lui, le Maroc qui a ratifié les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, s’est doté d’une « feuille de route » couvrant entre autres tous les aspects de la question, notamment la migration légale et la lutte contre l'immigration clandestine. Youssef Amrani a souligné que « le Maroc ne souffre d’aucun tabou sur la question des droits de l'homme et répond à toutes les exigences internationales en la matière », tandis que les témoignages maintiennent bel et bien l’existence de violations.
Sans pour autant nier entièrement ces abus sur les migrants, Amrani a rappelé que le Royaume dispose d’une approche démocratique, ouverte, participative et transparente en matière de gestion migratoire, soulignant l’apport de la société civile sur cette question. Sur les forces de sécurité qui sont pointées du doigt par les migrants pour « leurs agissements violents », il a affirmé que leur action est strictement encadrée par la loi et les textes réglementaires.

891 statuts de réfugiés déposés au Maroc
A en croire Amrani, la question migratoire est un fardeau que le Maroc porte à lui seul. Le Royaume déploie d’importants efforts dans la gestion de la « sensible et complexe » question migratoire pour la relation entre l’Europe et l’Afrique. D’ailleurs, il a participé au financement du retour de 14 000 migrants irréguliers, en collaboration avec l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), comme le souligne le ministre délégué.
Mieux, Youssef Amrani a rappelé que le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) a délivré 891 statuts de réfugiés au Maroc qui sont strictement protégés sur la base de la loi marocaine. Au regard de ces statistiques, toujours selon le ministre délégué, il est important de savoir « pourquoi ces demandes d'asile sont déposées au Maroc alors que le pays ne partage aucune frontière avec un pays en conflit ? ».
Selon les estimations des ONG locales, près de 20 000 clandestins sont sur le sol marocain. Le Maroc est de plus en plus considéré comme un pays d'accueil, et non uniquement de transit. L’Union Européenne qui lutte contre l’immigration clandestine protège ses frontières en déployant beaucoup d’efforts  notamment pour les pays avec qui elle collabore. Sauf que la question du respect des droits de l’homme est souvent remise sur la table car fortement liée à l’immigration. 
Reportage de la BBC sur les migrants subsahariens au Maroc.


samedi 20 avril 2013

Sahara : Le Maroc se mobilise

  Le Maroc se mobilise diplomatiquement contre les USA


Par Adam Sfali - Lemag - 17/4/2013

Lemag : C’est un déploiement diplomatique de haut niveau qu’opère Rabat depuis hier Mardi 16 avril, vers les plus grandes capitales mondiales, pour contrer le projet américain de s’aligner sur la position du régime algérien concernant la question du Sahara.





Sahara : Le Maroc se mobilise diplomatiquement contre les USA Le Maroc est en mobilisation générale politique, civile et diplomatique, depuis l’annonce lundi dernier à New York, d’un projet de résolution présentée par l’administration Obama, acquise désormais aux thèses polisariennes et avides des deniers algériens, laquelle résolution visant à élargir le Mandat de la MINURSO de manière à réduire la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.
Selon le quotidien Londonien Al Quds Al Arabi, le Roi Mohammed VI et le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane ont convenu de déployer dans le monde un dispositif diplomatique composé de ministres, de conseillers royaux et de leaders de certains partis politiques de gauche.

Ainsi vers Washington, pour y rencontrer, ce qui reste de responsables encore respectables à l’administration américaine, s’est envolé le conseiller du Roi chargé des questions sécuritaires Fouad Ali El Himma.

En Chine, s’est rendu le ministre délégué aux affaires étrangères, l’istiqlalien Youssef Amrani.

En Angleterre se retrouve aujourd’hui le numéro 1 de la diplomatie marocaine, le ministre des affaires étrangères l’islamiste Saad Dine El Otmani, il y sera rejoint par l’autre conseiller du Roi, Taïb Fassi Fihri après avoir visiter Madrid.

Enfin vers Moscou s’est rendu Ismail Alaoui l’un des leaders politiques du parti du progrès et du socialisme (PPS ), pour des contacts express avec le pouvoir russe.

A noter que le gouvernement d’Abdelilah Benkirane a dit mardi 16 avril, son rejet le plus catégorique de ce projet américain.

L'administration Obama a laissé voir son alignement intéressé, sur la position de l'Algérie, la grande promotrice du chaos et de l'insécurité en Afrique du nord. 
 http://www.lemag.ma/Sahara-Le-Maroc-se-mobilise-diplomatiquement-contre-les-USA_a69924.html
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La mobilisation s’intensifie

Les chioukhs et les élus des provinces du Sud, les ONG nationales, comme les acteurs politiques, expriment tous leur rejet de toute proposition visant à dénaturer la mission de la Minurso au Sahara marocain.
Pour les ONG, l’élargissement du mandat de la Minurso pour inclure la surveillance de la situation des droit de l’Homme pourrait nuire à l’indépendance de l’action pour la défense des droits humains.
Pour les ONG, l’élargissement du mandat de la Minurso pour inclure la surveillance de la situation des droit de l’Homme pourrait nuire à l’indépendance de l’action pour la défense des droits humains.

Les élus des provinces du Sud et chioukhs des tribus sahraouies ont exprimé leur rejet de toute proposition dénaturant le mandat de la Minurso dans le Sahara marocain, réitérant leur attachement à l’initiative d’autonomie comme seule solution au conflit artificiel autour du Sahara. Dans une déclaration à la MAP, Hamdi Ould Rchid, président du Conseil de la ville de Laâyoune et l’un des chioukhs des tribus sahraouies, a affirmé que les élus et représentants de la population locale refusent la proposition visant à élargir les compétences de la Minurso dans le Sahara marocain. Cette proposition, qui émane des ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume, vise à nuire au processus de développement politique, économique et social engagé par le Maroc, notamment en matière de renforcement des droits de l’Homme, des libertés et de la démocratie, un processus exemplaire sur le plan régional, a-t-il indiqué. Les manœuvres des ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc n’ébranleront pas l’attachement des habitants des provinces du Sud à l’initiative d’autonomie comme solution réaliste qui a reçu un écho favorable auprès de la communauté internationale, a-t-il noté, soulignant que la proposition marocaine garantit la dignité, la liberté et les droits des habitants de cette région, contrairement au quotidien des Marocains séquestrés dans les camps de Tindouf, victimes des formes les plus graves de maltraitance et d’oppression.

Les notables reviennent sur les vérités de l’Histoire
De son côté, Abdellah Salhi, l’un des chioukhs des tribus saharaouies, a relevé que les parties à l’origine de la proposition voulant dénaturer la mission de la Minurso auraient mieux fait de mettre fin aux atteintes aux droits de l’Homme perpétrées dans les camps de Tindouf sur le territoire algérien. Le Maroc s’est engagé depuis des années en faveur d’une solution politique définitive à ce problème et a entamé une dynamique positive et constructive à travers l’initiative d’autonomie dans les provinces du Sud dans le cadre de la souveraineté du Royaume et de l’intégrité de son territoire, a-t-il mis en exergue, ajoutant que cette initiative est porteuse d’un avenir meilleur pour les habitants du Sahara marocain et permettra en plus de mettre fin aux souffrances des séquestrés dans les camps de Tindouf.
Pour sa part, Brahim El Ghzal, acteur associatif et membre du Conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), a mis l’accent sur le rejet catégorique exprimé par les habitants du Sahara marocain à la proposition d’élargissement des compétences de la Minurso. 
Au moment où la communauté internationale salue les réformes politiques, économiques et sociales du Maroc et exprime son soutien à la proposition marocaine d’autonomie dans les provinces du Sud, en tant que solution la plus crédible à ce conflit artificiel, les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume continuent d’instrumentaliser la question des droits de l’Homme pour dissimuler les graves violations de ces droits dans les camps de Tindouf, a-t-il ajouté. Mohamed Saleh Ould Sidi El Alem Idrissi, l’un des chioukhs de la province de Smara a, quant à lui, exprimé son refus de toute proposition portant atteinte à la souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara. Idrissi a noté que cette proposition ne fera que compliquer davantage la situation, au moment où l’on attendait une pression sur les autres parties pour parvenir à une solution à ce conflit artificiel . Il a aussi rappelé que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Minurso, Wolfgang Weisbrod-Weber, avait souligné, lors d’une rencontre de communication avec les acteurs locaux à Smara tenue au début de ce mois, que la mission de la Minurso est définie par les Nations unies et se limite à l’observation du cessez-le feu.

Des voix unanimes
Mardi, lors de l’émission «Qadaya Wa araâ» diffusée sur la première chaîne nationale, les intervenants au débat avaient unanimement déclaré que la proposition d’élargir le mandat de la Minurso pour la surveillance des droits de l’Homme dans les provinces du Sud du Maroc constitue une «flagrante provocation» qui appelle une «forte» mobilisation diplomatique pour empêcher son adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU. Parmi les intervenants, le secrétaire général du Parti travailliste, Abdelkrim Benatiq, qui s’est dit surpris de la proposition d’élargir le mandat de la Minurso, laquelle proposition représente en réalité une «aventure» de la part de ses défenseurs dans une région sur laquelle pèsent plusieurs menaces. « Le Maroc, qui a démontré à travers l’histoire de ce conflit artificiel sa capacité à résister dans le cadre d’un front intérieur «fort et soudé», peut aussi surmonter cet examen grâce à une «forte» mobilisation de toutes les composantes de la société », a-t-il dit. De son côté, la député du Parti de la justice et du développement Amina Maâ alaynine, a relevé que cette proposition, émanant des détracteurs des succès du Maroc en matière de démocratie et de droits de l’homme, est une nouvelle occasion pour la réaffirmation de l’unanimité du peuple marocain contre toute atteinte à son unité territoriale. Elle a mis l’accent sur la nécessité de la mobilisation de l’appareil diplomatique marocain et du renforcement des contacts avec les pays influents à l’ONU pour empêcher l’adoption de cette proposition, ainsi que l’importance d’aller de l’avant dans le processus de consolidation des choix démocratiques en tant que rempart contre toute velléité d’immixtion étrangère dans les affaires intérieures du Maroc. Après avoir salué le processus de développement des provinces du sud, la député du PJD a appelé à l’accélération des chantiers de modernisation de ces provinces et du projet de régionalisation avancée. Même constat chez Hassan Boukantar, membre de la commission administrative de l’USFP qui a exprimé son «étonnement» au sujet de cette «étrange» proposition, précisant que le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara a simplement insisté sur la consolidation des mécanismes de protection des droits de l’Homme, sans appeler à la mise en place d’un mécanisme extérieur. Il a ajouté que le Conseil de sécurité considère toujours la proposition d’autonomie présentée par le Maroc comme étant «sérieuse et crédible» pour la recherche d’une solution à ce conflit. Selon lui, la responsabilité principale incombe à la diplomatie marocaine qui doit sonder les positions des pays membres du Conseil de sécurité pour empêcher l’adoption de cette proposition. Pour sa part, Mohamed Maâzouz, membre du bureau politique du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) a appelé à la consolidation du front intérieur et à l’encouragement de la diplomatie parallèle pour contribuer à la défense de l’intégrité territoriale du royaume. Il a également appelé au renforcement des contacts avec la Fondation Kennedy au sujet des droits de l’homme pour expliquer à cette ONG les progrès enregistrés par le Maroc dans ce domaine. La proposition d’élargir le mandat de la Minurso a été également rejetée par M’barka Bouaida, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI) en s’interrogeant sur le timing de cette initiative «qui sert les intérêts des autres parties, rompues aux provocations, surtout depuis la présentation par le Maroc de la solution d’autonomie». Elle a souligné l’importance d’une action diplomatique «forte et élargie» pour empêcher l’adoption de cette proposition par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Les ONG adressent une lettre à Ban Ki-moon
Plusieurs ONG droits-de-l’Hommistes ont adressé une lettre au Secrétaire général des Nations unies, dans laquelle elles attirent l’attention du responsable onusien sur plusieurs points relatifs à la situation des droits de l’Homme au Sahara. Affirmant avoir pris note notamment du Rapport 5/2013/220 que Ban Ki-Moon avait soumis au Conseil de sécurité, le 8 avril 2013, dans la perspective de la tenue d’une réunion du Conseil pour discuter la situation au Sahara et adopter une résolution sur la question, et prenant acte des visites effectuées dernièrement par son envoyé spécial dans la région, Christopher Ross, ces organisations soulignent que la situation des droits de l’Homme au Sahara «a toujours été au centre de leur attention, en tant qu’acteurs de la société civile», à travers «le travail quotidien effectué par les secteurs de nos organisations sur le terrain, de même qu’à travers le suivi de toutes les questions relatives aux droits de l’Homme dans la région qui nécessitent notre intervention en vue de protéger et de défendre les droits de l’Homme dans toutes leurs dimensions».
Partant de ces considérations, font-elles remarquer, «nous croyons que la priorité dans le domaine de la protection et de la promotion des droits de l’Homme dans la région devrait être accordée au renforcement de l’action des organisations non gouvernementales sérieuses et crédibles actives sur le terrain, et que toute autre orientation, y compris l’élargissement du mandat de la Minurso pour inclure la surveillance de la situation des droit de l’Homme, ne peut servir les objectifs de l’agenda des ONGs des droits de l’Homme, et pourrait même nuire à l’indépendance de l’action pour la défense des droits humains».
Cette lettre a été signée par l’Organisation Marocaine des Droits Humains(OMDH), l’Association Adala, l’Instance Marocaine des Droits Humains, le Médiateur pour la Démocratie et Droits de l’homme, l’Observatoire Marocain pour la liberté publique, la Ligue Marocaine pour la Citoyenneté et les Droits de l’Homme, le Centre Marocain pour les Droits de l’homme, le Centre des Droits des Gens et la Commission de la défense des Droits de l’Homme.(MAP). BW—EXP. RM.
 http://www.lesoir-echos.com/la-mobilisation-sintensifie/actualites-2/presse-maroc/71412/

samedi 13 avril 2013

Le Maroc perd son sang-froid. Le mandat de la MINURSO prorogé 12 mois

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Par Zine Cherfaoui, 11/04/2013

Rabat cherche visiblement à torpiller coûte que coûte les efforts déployés par l’ONU pour régler le conflit du Sahara occidental.

Sinon, comment expliquer son entêtement à vouloir impliquer à tout prix l’Algérie dans ce dossier, sachant que la question sahraouie est du ressort du Conseil de sécurité de l’ONU et que le territoire du Sahara occidental figure depuis déjà belle lurette sur la liste onusienne des 16 territoires non autonomes qui sont considérés par l’ONU comme des territoires n’ayant pas encore achevé leur processus de décolonisation.
Dans le but évident de «bilatéraliser» le conflit, le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Youssef Amrani, n’a pas trouvé mieux que d’appeler, à partir de l’Argentine, l’Algérie à… changer de position. Pour le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères (MAE), Amar Belani, qui était invité hier à réagir à la déclaration du responsable marocain, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : «(…) Certains veulent profiter de la situation d’instabilité qui prévaut dans la région du Sahel pour tenter les amalgames les plus hardis et les plus impudents en espérant parvenir, ainsi par ce tour de passe-passe, à faire tordre le cou à la légalité internationale.»
Faisant bien entendu allusion au Maroc, M. Belani souligne que «si le contexte régional devait faciliter la recherche d’une solution politique acceptable qui soit en conformité avec l’esprit et la lettre des résolutions du Conseil de sécurité, ce serait plutôt en incitant la partie qui pose des conditions préalables à se départir de sa position intransigeante et irréaliste qui consiste à préempter le choix d’un peuple dont le territoire est occupé en le sommant d’accepter l’option de l’autonomie comme s’il s’agissait, en somme, de simples sujets marocains concernés par la réorganisation de la gouvernance territoriale». En un mot, cela veut dire que c’est plutôt au Maroc de changer de position.
Revenant justement sur l’attitude du Maroc qui consiste à vouloir imposer aux Sahraouis «sa solution (le plan d’autonomie, ndlr)», le responsable algérien souligne que celle-ci «sera immanquablement vouée à l'échec (…)». Pour ce qui est également du souhait de Rabat de voir l’Algérie changer de position sur le dossier du Sahara occidental, Amar Belani aura cette réponse : «(…) L’on a beau formuler, à l’envi à partir de capitales latino-américaines, tous les vœux que l'on veut pour que l'Algérie renie sa position de principe en ce qui concerne la primauté du droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination, ces vœux resteront à l’état de vœux pieux car, en dernier ressort et par-delà les gesticulations diplomatiques, il appartient au peuple sahraoui et à lui seul de se prononcer librement et sans contraintes sur son avenir.»
Le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères qualifie par ailleurs de «contre-vérité historique insoutenable» l’idée, soutenue par le Maroc, selon laquelle le conflit du Sahara occidental est un «conflit artificiel imposé au Maroc par l’Algérie». A ce propos, Amar Belani indique que «pour s’en convaincre, il suffit de relire toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU ainsi que les rapports et les décisions du comité spécial de l’ONU chargé d'étudier la situation en ce qui concerne l'application de la Déclaration sur l’octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, qui date du 14 décembre 1960».

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Point de vue du Maroc p
bankimoon

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exhorté à un “règlement urgent” de la question du Sahara en raison de “la montée de l’instabilité et l’insécurité” dans la région du Sahel et appelé à l’ouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie dans l’intérêt de la région et de la communauté internationale.
“La montée de l’instabilité et de l’insécurité dans et autour de la région du Sahel requiert un règlement urgent de ce conflit de longue durée”, a affirmé le Secrétaire général dans son dernier rapport sur le Sahara rendu public lundi après-midi à New York.
Dans ce rapport, le Secrétaire général a fait part de “sa grande préoccupation” concernant la sécurité du personnel de la MINURSO, soulignant que les “opérations, en cours au nord du Mali, peuvent menacer sur le long terme” la région.
Il a, dans ce contexte, expliqué la “poursuite de la suspension de patrouilles de nuit de la MINURSO”, car exposées à de grands risques en raison notamment des “possibles infiltrations d’éléments armés et de lacunes en matière de coordination au niveau de la sécurité régionale”.
Le Chef de l’ONU a rappelé l’enlèvement dans les camps de Tindouf de trois humanitaires européens en octobre 2011 et le rappel en 2012 de 17 humanitaires qui opéraient dans les camps.
“Tous les gouvernements consultés” lors de la visite de son Envoyé personnel, Christopher Ross, dans la région ont émis de “sérieuses préoccupations quant au risque posé par les combats en cours au Mali sur la région et leur contribution à la radicalisation des populations des camps” de Tindouf, a-t-il dit.
“Le temps est venu pour les parties d’aller de l’avant vers une solution soutenue et encouragée par la communauté internationale”, a plaidé Ban Ki-moon, appelant les “parties à s’engager dans de véritables négociations” pour mettre fin à ce conflit qui n’a que trop duré.
Cependant, a-t-il déploré, durant la période examinée, des difficultés ont continué d’entraver les progrès vers une solution politique durable juste et mutuellement acceptable, regrettant l’absence “d’avancée sur le cœur de la question”, chaque partie campant sur “sa position respective”.
“La persistance de ce conflit est une entrave à une intégration des pays du Maghreb, qui est aujourd’hui plus que jamais nécessaire pour faire face aux défis communs de l’instabilité et de l’insécurité dans la région”, a-t-il ajouté.
Il a de même souligné que son Envoyé personnel continuera à encourager le “développement des relations entre le Maroc et l’Algérie”, exhortant les deux parties (Maroc et Algérie) “à redoubler d’efforts pour tirer avantage de meilleurs relations et de l’ouverture des frontières dans l’intérêt de la région et de la communauté internationale dans son ensemble”.
Christopher Ross va redoubler d’efforts “pour encourager l’Algérie et le Maroc à développer davantage leurs relations bilatérales, sur la base des visites ministérielles et des secteurs prioritaires préalablement identifiés par SM le Roi Mohammed VI et le Président Bouteflika”.
Et d’insister sur “l’importance critique” de traiter la question du Sahara dans le cadre d’une stratégie plus large pour le Sahel, estimant que ce conflit est “en premier lieu un conflit nord-africain”.
Dès lors, pour M. Ban Ki-moon, une “intégration régionale”, à travers le renforcement de l’UMA, est un “élément clé” pour “surmonter l’instabilité actuelle et récolter les fruits” aux plans économique, commercial et social.
Il s’est dit “confiant que les avancées dans ce domaine aideront à améliorer la confiance entre les parties et à réunir les conditions propices” à une solution à la question du Sahara.
S’agissant du recensement, il a souligné qu’en “vertu des recommandations contenues dans mon rapport du 5 avril dernier et de la dernière résolution du CS de l’ONU 2044 demandant à l’UNHCR de maintenir l’examen de l’enregistrement des réfugiés dans les camps, en droite ligne avec son mandat et principes, le Haut Commissariat poursuit toujours son dialogue avec le pays hôte”, en l’occurrence l’Algérie, comme stipulée dans la résolution 2044 (2012).
Abordant la question des droits de l’Homme, il a évoqué le discours royal du 6 novembre 2012 dans lequel SM le Roi Mohammed VI a appelé à “une forte implication de la communauté internationale pour mettre fin au drame enduré par nos enfants à Tindouf, à l’intérieur du territoire algérien, où sévissent, dans toute leur cruauté, la répression, la coercition, le désespoir et les privations, en violation flagrante des droits humains les plus élémentaires”.
Ban Ki-moon a relevé, dans ce sens, la “coopération du Maroc avec les procédures spéciales” du Conseil des Droits de l’Homme (CDH) et s’est dit “encouragé” par les récentes recommandations du Conseil National des Droits de l’Homme “endossées” par le Royaume.
A cet égard, Ban Ki-moon a qualifié de “développement positif” la création du CNDH et de ses antennes régionales et souligné que les autorités marocaines ont “facilité l’accès” aux procédures spéciales des Nations Unies.
Dans la même veine, Ban Ki-moon a reconnu les “efforts du Maroc visant à améliorer les conditions sociales” dans la région du Sahara et pris note “de la nouvelle stratégie de développement régional” entreprise par le Royaume dans les provinces du sud.
Le modèle de développement régional du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a pour “objectif de permettre à la population locale de jouir pleinement des droits de l’Homme dans leurs dimensions économique, sociale et culturelle et de préparer les conditions pour le succès de l’initiative d’autonomie marocaine, une fois négociée au sein de l’ONU”.
Evoquant les mesures de confiance, il a salué l’extension du programme d’échanges de visite qui a permis de multiplier par 3 le nombre de bénéficiaires. Il a, de même, salué la tenue de séminaires sur la culture.
Sur un autre registre, il a relevé les progrès continus en matière de déminage.
En conclusion, le Secrétaire général a recommandé au Conseil de sécurité de proroger de 12 mois le mandat de la MINURSO.