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vendredi 30 août 2013

Maroc : la grâce a redonné souffle aux militants

 Par Ilhem Rachidi, Mediapart, 21/8/2013

La page du Danielgate semble aujourd'hui tournée au Maroc. Mais la contestation de la grâce royale accordée au pédophile espagnol, née sur les réseaux sociaux, a rassemblé bien plus que les traditionnels militants. Et redonné vigueur au Mouvement du 20 Février. 
 Correspondance du Maroc
Le mouvement d’indignation né sur les réseaux sociaux contre la grâce accordée par le roi Mohamed VI au pédophile Daniel Galvan, condamné à 30 ans de prison pour le viol de onze mineurs, a réalisé ce dont aucune force politique n’avait été capable : amener le roi Mohamed VI à justifier et revenir sur une décision sous la pression de l’opinion publique.

Rida Benotmane, ancien détenu politique, aujourd’hui contributeur au journal Lakome et professeur de droit, a manifesté et subi la répression lors de la première manifestation à Rabat le 2 août dernier. « La mobilisation a réussi parce que le sujet dépassait la sphère militante et touchait tous les pères et toutes les mères de ce pays », souligne-t-il. « Comme tous les Marocains, j'étais indigné de voir un pédophile bénéficier de la grâce alors que les prisons marocaines sont remplies de jeunes militants pro-démocratie qui auraient dû être graciés en priorité. Dénoncer la grâce était pour moi un acte de patriotisme. »

Si, depuis le 7 août, le Danielgate ne fait plus descendre personne dans la rue, ce mouvement a redonné un souffle à la contestation initiée par le Mouvement 20 Février, il y a deux ans. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes – Agadir, Marrakech, Safi, El Jadida,Ouarzazate, Inezgane – où le mouvement s’était essoufflé.
« C'est la première fois du règne de Mohammed VI que la monarchie se trouve face à une contestation populaire directe et frontale », explique le journaliste et chercheur Abdelah Tourabi. Le roi Mohamed VI a dû répondre aux manifestants dans un communiqué du palais royal, puis annuler la grâce. Daniel Galvan est aujourd’hui en détention préventive en Espagne. Comment quelques milliers de manifestants, sans aucun discours politique pour bon nombre d'entre eux, ont-ils fait faire marche arrière au pouvoir marocain ?


Dans la manifestation du 7 août à RabatDans la manifestation du 7 août à Rabat
Après tout, ce n’est pas la première fois qu’un pédophile bénéficie d’une grâce. Déjà, en 2006, le Français Hervé Le Gloannec, condamné à 4 ans de prison, avait été libéré, après avoir passé moins de deux ans en prison, dans l’indifférence générale.
 
« La force de ce combat, c’est que le peuple est sorti, pas seulement les militants », affirme Yassin Bezzaz, membre du Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste (PADS) et du Mouvement 20 Février. Ce mouvement, né le 20 février 2011, dans la foulée des révolutions arabes, exigeait des réformes constitutionnelles. Depuis, des manifestations ont eu lieu régulièrement, jusque dans les villes les plus reculées, pour réclamer davantage de démocratie, une réelle séparation des pouvoirs, la lutte contre la corruption, mais aussi l’indépendance de la justice, l’un des mots d’ordre des manifestations du Danielgate.
Sami Nezar Bella, un cyber-activiste de 19 ans n’est pas « un grand habitué des manifestations ». Mais pour lui, ces manifestations contre la grâce sont « une continuité logique et évidente de la vague du 20 Février ». Même si, nuance-t-il, « sans le Mouvement, cette affaire douloureuse qui a touché le peuple aurait pu provoquer une vague d'indignation au sein de la société ».
 
« Nous avons gagné deux choses : la réponse du roi, historique, et le fait que les militants se sont retrouvés », souligne Hakim Sikouk, professeur de philosophie à Safi et membre fondateur du mouvement, lui aussi blessé par les forces de l’ordre lors de la manifestation du 2 août à Rabat. À Safi justement, les arrestations et les condamnations d’une trentaine d’activistes du Mouvement du 20 Février, la mort de Kamal Al Amari, tué en marge des manifestations en juin 2011, et de Mohammed Boudouroua, en octobre 2011, avaient progressivement eu raison de l’une des coordinations les plus actives. Avec le Danielgate, la contestation a repris.

Le mur de la peur
Ces derniers temps, beaucoup disaient le Mouvement 20 Février mort. Ses manifestations attiraient au mieux quelques centaines de manifestants. « Le mouvement n’est pas mort, il est congelé », affirmait, bien avant le Danielgate, Adil Yousfi, membre actif de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). « Ses principes ne mourront jamais. »
Car il a permis aux langues de se délier, réconcilié une partie de la jeunesse avec la politique et surtout, il a fait reculer le mur de la peur.
Même si la critique du roi est toujours dangereuse au Maroc – Abdessamad Haydour est détenu depuis 18 mois pour avoir « insulté le roi » lors d’une manifestation ; Driss Bouterrada, un vendeur ambulant arrêté après avoir « imité » le roi lors d’un sit-in devant le parlement, purge une peine d'un an de prison officiellement pour trafic de drogue… –, sur les réseaux sociaux, les internautes n’ont pas épargné le roi, jugé unique responsable de cette grâce. Comme si les Marocains, longtemps sujets, devenaient progressivement de réels citoyens.

« À long terme, je rêve de la fin du système makhzen actuel fondé sur le clientélisme et la corruption. Il n y a que par une vraie monarchie parlementaire que nous pourrons accéder à la séparation des pouvoirs tout en préservant l'héritage politique de notre pays en évitant de diviser la société marocaine sur la question de la monarchie », analyse Rida Benotmane.

En 2011, le pouvoir marocain avait très habilement tué dans l'œuf la contestation grâce au discours du roi, le 9 mars, promettant de s'atteler à une « réforme constitutionnelle globale ». Les militants du Mouvement du 20 février ont retenu la leçon : à Rabat, lors de la dernière manifestation contre la grâce royale, des activistes disaient vouloir clore le dossier, l’objectif ayant été atteint. « Le palais royal a publié les communiqués, le roi a reçu les familles », explique Yassin Bezzaz. « Si nous entamons un bras de fer avec le système, nous allons perdre parce qu’il dispose de moyens que nous n’avons pas : les medias, l’argent, la propagande. »
 

A Casablanca, le 6 août 2013, manifestation contre la libération du pédophile Daniel GalvanA Casablanca, le 6 août 2013, manifestation contre la libération du pédophile Daniel Galvan© Reuters

Pour l’instant, le Danielgate n’a vraiment eu de conséquence politique. S'il a permis, une fois de plus, d’attirer l’attention sur l’absence d’une réelle séparation des pouvoirs et sur les pouvoirs exorbitants du cabinet royal (véritable gouvernement de l’ombre), les responsabilités n’ont toujours pas été établies. L’enquête promise n’a pour l’instant pointé du doigt que Hafid Benhachem, le délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion proche de la retraite, déjà critiqué pour sa gestion des prisons. Le conseiller et proche du roi Fouad Ali El Himma, mis en cause dans les journaux Lakome et El País (il aurait contacté l’ambassade d’Espagne par téléphone, ce que l'ambassade a démenti) et dont certains manifestants réclamaient la démission, ne s’est toujours pas exprimé. Silence aussi du côté du chef de gouvernement Abdelilah Benkirane.
Et le Parti islamiste Justice et Développement (PJD), muet lors de l’affaire et surtout lors de la répression de la première manifestation, semble davantage occupé à dénoncer le coup d’État égyptien. C'est toujours plus confortable de regarder ailleurs.

jeudi 16 juin 2011

LORSQUE TOMBE LE MUR DE LA PEUR
Par KHALID JAMAI, 8/6/2011
Pendant des jours et des jours, ils ont voulu terroriser les jeunes du mouvement du 20 février, leurs parents leurs proches
Pour cela, ils n’ont reculé devant aucun moyen : mobilisation des Moqadem, des chioukh, des « baltagia »et autres sbires. Puis ce furent les répressions sauvages frôlant la barbarie des 15, 22 et 29 mai qui se sont soldées par des dizaines de blessés et autres traumatismes comme ceux dont devait succomber Kamal Amari.
Ainsi, et selon une enquête de l’ONG belge l’Alliance for Freedom and Dignity (AFD) menée à Safi, le militant du mouvement du 20 février serait mort des suites d’une agression mortelle perpétrée par une nouvelle unité de la police appelée les « Aigles » dont la spécialité est de repérer des manifestants durant les marches pacifiques, puis de les suivre après la manifestation, les arrêter et les tabasser « gratuitement ». Ces "Aigles" interpellent aussi les manifestants avant l’heure des rassemblements ou pendant, les jettent dans des camionnettes banalisées afin de les conduire en dehors de la ville (Minimum 15 km). Lors du trajet, ils sont frappés, insultés, menacés puis délestés de leur carte d’identité, de leur téléphone portable, de leur argent, de leurs chaussures puis laissés dans l'obscurité, loin de tout.
Par ces méthodes, ces pratiques dignes des républiques bananières, le régime croyait pouvoir venir à bout de ce mouvement qui lui semblait relever d’un épiphénomène, voire d’un phénomène de mode.
Un mouvement animé par quelques « ba3aliques », par quelques « brahech » qualifiés par les défenseurs du régime de « pédés », « d’efféminés » de « bouffeurs de ramadan » et par quelques « barhouchates » taxées de « putes », de « males baisées ». Les uns et les autres formant une « cinquième colonne » au service du Polisario et « Chevaux de Troie » aux ordres des ennemies du pays.
Le régime ne s’est pas contenté de ces pratiques barbares, de ce langage ordurier qu’un Khalid Naciri qualifie de « civilisés », mais a tenu à officialiser, par écrit, ses menaces, son terrorisme physique et psychologique et ce en envoyant des lettres officielles aux dirigeants de ce mouvement et des ONG et partis politiques qui soutiennent ces jeunes. Des lettres indiquant que toute manifestation, ou rassemblement étaient interdits sans autorisation préalable, précisant que toute infraction à ces dispositions, mettrait les contrevenants hors la loi. Ceux-ci devant assumer les conséquences de ces manquements à la loi.
Bien entendu le régime n’entendait délivrer aucune autorisation.
Ce n’était là, pour lui que simple stratagème, simple subterfuge pour « légitimer » sa teneur et les violations des droits humains, des citoyens et citoyennes.
Malgré cette stratégie de teneur qu’ont avalisé par leur silence la quasi-totalité des partis politiques, ils et elles sont descendus dans les rues de plus de 80 villes et villages. Des dizaines de milliers relevant le défi, passant outre l’interdiction, dépassant la peur, et la peur de leur peur du makhzen, de ses gros bras, et ses sbires qui n’ont rien à envier aux plus dévoyés et aux plus endurcis des « chmakrias ».
Ils et elles sont descendus dans les rues conscients des risques et des dangers qu’ils couraient, mais déterminés à faire face aux coups, aux insultes, aux humiliations auxquelles ne manqueront pas de recourir les forces dit de l’ordre.
Ils et elles avaient décidé de payer de leur vie s’il le fallait comme le fit Kamal Amari.
Ils, elles savaient que lorsqu’on accepte de tout perdre, on devient invincible.
Ils et elles sont descendus pour réclamer leurs droit, pour exiger que soient respectées leur dignité, leur liberté, leur choix de société, que soient satisfaites leurs revendications.
Ils et elles ont voulu rendre la honte plus honteuse, de servir de miroir brisé pour le régime. Miroir qui reflétera le vrai visage de la nouvelle ère. Visage odieux, innommable, qui se cachait derrière un masque policé.
Et le monde découvrit, à travers les dizaines de vidéo, relayées par des dizaines de chaines de télévision, la mort en direct de Kamal Amari au visage tuméfié, battu sauvagement qu’il fut par plusieurs policiers le 29 mai à Safi, le passage à tabac d’une citoyenne avec son gamin et de ce jeunes de 15 ans victime d’une horde de flics hystériques, sans oublier la tête ensanglantée de Oussama Khalifi.. .
En un mot les « moyens civilisés » utilisés par les forces de l’ordre et portées au pinacle par un Khalid Naciri.
Le dimanche 5 juin, les meutes sont tenues en laisse. Point de curée ni de haro sur les militants du Mouvement du 20 février.
Le makhzen a fait marche arrière, non parce qu’il avait été touché par une quelque grâce démocratique, mais parce que forcé et contraint.
Forcé et contraint par des dizaines de milliers de citoyens et citoyennes décidés à mourir pour leur liberté, leur dignité, leurs droits.
Forcé et contraint parce qu’il se savait, désormais, mis à nu, démystifié par ces dizaines de vidéos qui ont fait le tour du monde.
Forcé et contraint par ce que l’UE et les USA ne veulent pas d’un dérapage à la yéménite ou à la libyenne au Maroc, parce que dénoncé par les organisations des droits humain telle Amnesty International
Forcé et contraint parce qu’il n’avait plus de choix, car ne lui restait que le recours aux balles réelles et au massacre à la mitrailleuse. Ce que jamais l’occident ne tolérera.
Cela ne veut pas dire, pour autant, qu’il a renoncé.
Mais tel que le cumin le makhzen n’entend raison que lorsqu’on l’affronte, que lorsque tombe le mur de la peur qu’il inspire.

vendredi 10 juin 2011

Bruxelles : Rassemblement de soutien au peuple marocain, le 12 juin

Par demainonline, 10/6/2011

Sous le slogan « Nous sommes tous des martyrs », la Coordination Belgique de Soutien au Mouvement 20 Février, organise un rassemblement ce dimanche 12 juin de 16h à 18h devant la Bourse, Boulevard Anspach à Bruxelles.

« Nous n’oublierons JAMAIS Kamal Ammari et tous les autres martyrs décédés suite aux répressions makhzéniennes sauvages de manifestations pacifiques pour un vrai État de Droit au Maroc, garantissant la Dignité, Liberté et Justice à tous les citoyens Marocains.
Venez nombreux pour soutenir le peuple marocain et le mouvement de 20 février au Maroc. »
http://www.demainonline.com/?p=5340

jeudi 9 juin 2011

Les Marocains pleurent un manifestant tué. Le rapport d'autopsie reconnaît la cause du décès.



La mort d'un jeune manifestant au Maroc a encore renforcé les appels au changement. 
Par Mawassi Lahcen pour Magharebia à Casablanca – 07/6/11

A l'occasion de la dernière vague de manifestations en faveur des réformes organisées dans l'ensemble du Maroc, les manifestants se sont rassemblés le dimanche 5 juin en l'honneur de Kamal Amari, un membre du Mouvement du 20 février.
"Nous sommes tous des Kamal Amari"

Les participants marchant en tête de la manifestation portaient de grands portraits d'Amari, mort à Safi jeudi 2 juin, apparemment des suites d'une intervention policière. Les manifestants ont demandé que le policier responsable de ce décès soit puni. Contrairement aux deux semaines précédentes, les forces de sécurité ne sont pas intervenues.

Après la mort d'Amari, Safi a connu d'importantes manifestations dimanche, les participants demandant des réformes politiques, la fin de la corruption, une constitution démocratique et des élections crédibles. A Rabat, des milliers de personnes ont défilé malgré l'interdiction de la manifestation. Casablanca, Fez, Tanger, Marrakech et d'autres villes ont également connu des rassemblement similaires.


Les manifestants ont brandi des drapeaux noirs et des banderoles en signe de deuil. Certains portaient également des cercueils pour symboliser les funérailles d'Amari. D'autres scandaient des slogans demandant le procès des assassins présumés, tout en condamnant les autorités pour cet usage de la violence contre des manifestants pacifiques.


Mais les autorités locales de Safi ont toutefois démenti qu'Amari soit mort après avoir été attaqué par les forces de sécurité, affirmant que sa mort est due à une maladie des poumons, qui aurait entraîné un étouffement et un arrêt cardiaque.


Cette version officielle contredit les déclarations faites par des témoins oculaires et par des membres de la famille d'Amari, qui insistent sur le fait que le jeune homme est mort après avoir été battu par les forces de sécurité lors des manifestations pour la réforme du 29 mai à Safi.


"Sept membres des forces de sécurité ont arrêté mon frère à la fin de la manifestation et l'ont gravement frappé sur tout le corps, occasionnant plusieurs blessures, dont la plus sérieuse à la nuque", a expliqué le frère de Kamal, Abdul Nabi Amari, à Magharebia. "Par peur d'être arrêté et torturé une nouvelle fois, Kamal ne s'est pas rendu à l'hôpital Mohammed V et a préféré se faire soigner dans une clinique privée."


"Mais son état s'est détérioré et il a finalement été transféré à l'hôpital Mohammed V, où il succombé dans de grandes souffrances. La famille conserve des photos et des vidéos montrant les blessures et les traces de coups constatés sur le corps de Kamal, qui ont entraîné sa mort", a ajouté son frère.


Le Conseil national des droits de l'Homme, nommé par le Roi Mohammed VI en avril dernier, a annoncé la mise en place d'une commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les causes du décès d'Amari.

De plus, le procureur général de Safi a désigné des experts médicaux pour pratiquer une autopsie sur le corps d'Amari pour déterminer la cause de sa mort. Selon un communiqué de presse du procureur, leur rapport a conclu que la cause du décès était "une grave pneumopathie empêchant le cerveau de recevoir de l'oxygène".Ce communiqué ajoute que la maladie des poumons "a exacerbé l'effet de coups non complexes portés à la poitrine et entraîné la mort en l'absence de traitement rapide et approprié". Après la publication de ce rapport d'autopsie, le procureur a demandé à la police judiciaire de mener une enquête.

"Le rapport d'autopsie comporte une reconnaissance explicite du fait que la cause du décès a été une attaque contre Kamal Amari, bien qu'il tente de contourner les faits en affirmant que l'insuffisance pulmunaire a exarcerbé l'incidence des coups portés à la poitrine d'Amari", a commenté Hassan Benajeh, porte-parole de l'association Justice et Charité, dont Amari était membre.

"Nous, le Mouvement du 20 février, nous avons suffisamment de preuves, de photos, de vidéos et de certificats que nous mettons à la disposition d'associations indépendantes œuvrant dans les droits de l'Homme, et qui montrent clairement l'agression contre Kamal, qui a entraîné son décès", explique Benajeh.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
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Par Ali Fkir, 8/6/2011
Le peuple marocain, ses organisations militantes, ses valeureuses et valeureux combattant-es n'oublient jamais. JAMAIS, ceux et celles qui tombent dans le champ d'honneur.
    Écoutons l'infatigable Abdelhamid Amine qui parle au nom de l'AMDH au cours des funérailles du martyr Kamal Al Amari  et ce, le samedi 4 juin 2011 à Safi
                                     

jeudi 2 juin 2011

Maroc : Kamal Amari, nouveau martyr du mouvement 20 février.

Par Ali Fkir, 2/6/2011
Nom: Amari (c'est comme que ça s'écrit selon sa CNI)
Prénom: Kamal
Né en 1981 à Safi (région)
Célibataire
Travailleur au port de Safi (gardinage)
Militant du mouvement de 20 février
Activité: sans appartenance politique (son frère militant connu d'Al Adl)
Date de décès: le jeudi 2 juin aux environs de 14h20
Cause du décès: il a été tabassé sauvagement par 7 individus des forces de répression le dimanche 29 mai au cours de la marche populaire organisée par le mouvement du 20 février à Safi. Décédé suite aux blessures graves causées par cette lâche agression.
En ce moment (jeudi 2 juin 2011 à 18h51, heure locale):
- La ville de Safi est complètement encerclée
- Les habitants sont groupés en masse devant la morgue (son corps peut se "volatiliser"...)
Kamal repose en paix!
LE COMBAT POUR UN NOUVEAU MAROC CONTINUERA
Nous ne serons jamais des ingrats envers les martyrs du peuple marocain: de Ben Barka, jusqu'à toi, en passant par Cheikh Al Araba, Dahkoune, Zeroual, Saïda, Jbiha, Grina, Tahani, Douraïdi, Belhouari, Chbada, Chaïb (20 février, Sefrou)... 
L'insoutenable agonie de Kamal :
 http://www.youtube.com/watch?v=iTix-az0KRI&feature=player_embedded

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Par Abdelhaq Sedrati s.Au Fait Maroc, 02/6/2011

Kamal Omari est mort
Kamal Omari, militant d’Al adl wal ihsane, et membre du “Mouvement du 20 février”, est mort ce jeudi. Les autorités affirment qu'il serait mort de crise cardiaque et déjà certains médias signalent qu'il aurait aussi une insuffisance rénale. Un proche de la famille de Kamal dit que cela est faux et qu'une plainte sera déposée auprès du tribunal de Safi.La vérité ne tardera pas à être connue. Nous sommes tous attristés par cette disparition et nous présentons nos sincères condoléances à la famille et aux proches de Kamal Omari.

Malgré les démentis des autorités, il n'en reste pas moins que Kamal Omari a fait l'objet d'un passage à tabac en bonne et due forme . C’est le drame que nous redoutions tous. Les témoins sont précis: plusieurs policiers se sont acharnés sur Kamal Omari pendant plusieurs minutes.  Cela s’apparente à un lynchage méthodique exécuté par des policiers qui pendant plusieurs mois n’avaient pas le droit de cogner. Cela les démangeaient. D’après les témoignages que nous avons recueillis, les policiers ont continué tard dans la nuit leur besogne de répression avec sévérité. Environ 18  manifestants ont été arrêtés , transportés loin de Safi et abandonnés à leur sort après avoir été malmenés.

À Casablanca par contre, la police s’était montrée plus civilisée: les manifestants ont été dispersés sans acharnement. Le préfet de police a même essayé d’expliquer à la population la nécessité de son intervention et a communiqué avec tous les badauds présents.

Autant au Maroc certaines autorités, tels que les services scientifiques sont efficaces et bien organisés, autant les services de répression basiques sont restés sous développés pour la plupart.

À l’aube de la livraison de la réforme de la Constitution, ce drame va permettre de tester comment par exemple le CNDH, institution créée pour préserver les droits de l’Homme en toute indépendance, va réagir. Si aucune action n’est entreprise, il ne faudra donc pas s’attendre non plus à ce qu’une quelconque disposition de la prochaine Constitution soit un jour réellement respectée. RIEN ne peut justifier le lynchage de Kamal Omari.

Nous sommes nombreux à avoir écrit que certains manifestants cherchaient l’affrontement. Le sachant, les autorités auraient dû redoubler de précaution. Une enquête doit être menée et des sanctions doivent être prises contre les responsables de cette répression.

D’autre part, vouloir interdire toutes les manifestations est vécu comme une provocation par les diverses tendances du “Mouvement du 20 février”. Aux autorités de négocier avec eux des modèles de manifestations pacifiques afin qu’ils puissent exercer leurs droits sans désordre public, comme cela a été possible durant plusieurs semaines. Sans oublier que dans tous les cas, le maintien de l’ordre doit être assuré par des professionnels qui respectent la vie humaine.

Quelles que soient les raisons des uns et des autres, et si cela se confirme,  personne n’a le droit de tuer.

Abdelhaq Sedrati s.
http://www.aufaitmaroc.com/opinion/chroniques/2011/6/2/kamal-omari-est-mort