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vendredi 19 juin 2015

SO : Cela "ne peut perdurer davantage"

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«Ce n'est que par la mobilisation de nos efforts que nous serons en mesure de faire accélérer le processus de décolonisation du Sahara occidental.»
Ça suffit! Plus de quarante années ont passé sans que la dernière colonie d'Afrique n'ait été libérée. Il est temps de mettre le paquet pour bouter le Maroc hors du Sahara occidental. Pour que la justice et la légalité internationale puissent triompher. Pour que le peuple sahraoui arrête de subir les «affres d'un colonialisme d'un autre âge», selon la formule consacrée par Abdelmalek Sellal.  
«Je voudrais enfin, évoquer le dernier cas de décolonisation en Afrique, à savoir le territoire du Sahara occidental, qui continue de subir les affres d'un colonialisme d'un autre âge. En dépit des efforts déployés par notre organisation, la décolonisation de l'Afrique demeure inachevée», a noté lors de son allocution le représentant du président de la République Abdelaziz Bouteflika.
L'Union africaine doit redoubler d'efforts et maintenir la pression pour que le peuple sahraoui puisse exercer son droit à l'indépendance. «Ce n'est que par la mobilisation de nos efforts que nous serons en mesure de faire accélérer le processus de décolonisation du Sahara occidental», a indiqué le Premier ministre lors de l'ouverture de la 25e session ordinaire du sommet de l'UA. Cette situation, «qui ne peut perdurer davantage, a conduit le Conseil de paix et de sécurité de l'UA à tenir, le 27 mars 2015, un débat 'historique, premier du genre'', sur le Sahara occidental» a rappelé M. Sellal. Qu'a-t-il décidé?
Il «a réitéré à l'unanimité la position de principe de l'UA sur le nécessaire exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit à l'autodétermination et en exhortant l'ONU à tout mettre en oeuvre pour hâter le processus de décolonisation» a souligné le Premier ministre qui a salué le Conseil de paix et de sécurité pour avoir réactivé le Comité ad hoc des chefs d'Etat et de gouvernement sur le conflit du Sahara occidental. «Nos encouragements vont aussi à la présidente de la Commission de l'UA, Dr Dlamini-Zuma, qui a insisté dans sa lettre adressée en mars 2015, au secrétaire général de l'ONU, sur la nécessité d'élargir le mandat de la Minurso à la question des droits de l'homme», a ajouté le représentant du chef de l'Etat. Il faut rappeler que l'ex-chef de la diplomatie sud-africaine (1999 à 2009) avait fait une vibrante et émouvante déclaration, au sujet de la cause sahraouie, lors de la cérémonie de la célébration du 52ème anniversaire de la fondation de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). «Il reste une tâche à accomplir, parce que la mission émancipatrice de l'OUA (rebaptisée UA, Ndlr) a été accomplie à l'exception de la région du Sahara occidental», avait déploré Nkosazana Dlamini-Zuma. «C'est le dernier avant-poste de l'occupation coloniale en Afrique, qui doit être démantelé dans l'accomplissement de la vision des pères fondateurs, à lutter pour une Afrique pleinement indépendante et souveraine», avait ajouté à cette occasion Robert Mugabe, président du Zimbabwe et président en exercice de l'Union africaine.


Torture : la CIA accusée d'expérimentations médicales sur des humains





L'Agence centrale du renseignement américain a chargé son directeur «d'approuver, modifier ou désapprouver toutes les propositions concernant la recherche sur des sujets humains», selon un document consulté par The Guardian. Des directives qui seraient encore valides.

De nouvelles révélations secouent la CIA. L'agence centrale du renseignement Américain (CIA) aurait mis en place des directives explicites concernant des expérimentations médicales sur des humains, des traitements qui auraient eu lieu avant, pendant et après le 11 septembre 2001, indique The Guardian.
Le quotidien britannique tient ces informations d'un document exclusif de l'Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU), une association à but non lucratif américaine basée à New York. Ces révélations ont été obtenues grâce à la loi Freedom of Information Act, une loi américaine qui oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents. Le document a été créé en 1987 mais il a été mis à jour au fil des années et il reste valide aujourd'hui, indique le quotidien britannique.
Des révélations similaires avaient déjà fait trembler la CIA en 2014, lors de la publication par le Comité de renseignement du Sénat des Etats-Unis d'un rapport dévoilant des abus de la CIA sous la présidence de George W. Bush. Mais la nouveauté, dans ce document consulté par le Guardian, c'est qu'il est clairement mentionné que le directeur de la CIA a le pouvoir «d'approuver, modifier ou désapprouver toutes les propositions concernant la recherche sur des sujets humains».
Le directeur aurait ainsi le pouvoir de fixer les limites médicales des traitements infligés aux détenus alors même qu'aucun directeur de la CIA n'a jamais eu aucune compétence médicale. Les experts interrogés par le Guardian soulignent en outre que ces limites ont déjà été franchies par l'agence fédérale lors d'interrogatoires musclés ou pendant la détention de prisonniers après le 11 septembre 2001.

Des tortures sous contrôle médical

La présence de personnel médical lors de ces interrogatoires n'est pas de nature à rassurer les experts, comme en atteste celui d'Abu Zubaydah. Ce dernier est connu pour avoir subi des «techniques d'interrogatoires abusives, comme par exemple des simulations de noyade. Des sévices qui ont pris fin lorsque ce dernier est devenu inconscient avec des bulles qui sortaient de sa bouche grande ouverte, il a alors été ranimé par le personnel médical de la CIA, ce qui a plus tard été qualifié de torture», indique le quotidien. Ces «tortures» ont ainsi été conduites avec l'assentiment du personnel médical. Un médecin a même admis que Zubaydah «paraissait très résistant à la simulation de noyade. Il a vomi plusieurs fois durant la séance, des grains de riz et des haricots. Il n'avait pourtant pas mangé 10 heures avant, ce qui est surprenant et même perturbant. Nous envisageons de le nourrir maintenant. Nous vous rendrons compte de la prochaine session de simulation de noyade», note le docteur. Un autre médecin avait indiqué en objet d'un mail: «des températures basses acceptables». Tout le monde a admis que pour mener de telles expérimentations médicales, la CIA aurait dû avoir le consentement des détenus, ce qu'elle n'avait pas. «Il y avait un fossé entre les règles et les interrogatoires réellement menés», explique un membre de la CIA au journal. 

Un rapport retentissant rendu public en décembre 2014, avait déjà révélé que l‘agence d'espionnage a torturé des détenus après les attentats du 11 septembre 2001 plus brutalement qu'elle ne l'avait reconnu. Mais les conclusions de ce rapport, transférées au ministère de la Justice, n'ont jamais été suivies d'effet.

Mounir Majidi perd son procès contre Ahmed Réda Benchemsi


benchemsi
      
 Le directeur du cabinet particulier du roi, Mohamed Mounir Majidi, a perdu aujourd’hui le procès en diffamation qu’il avait intentédevant la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris contre Ahmed Réda Benchemsi, l’ancien directeur du magazine Tel Quel.
Majidi avait porté plainte contre le journaliste après la publication d’un article publié dans les pages débats du quotidien français Le Monde intitulé : « La grande corruption règne en maître au Maroc ». 
Cet épilogue n’est pas une surprise. A chaque fois que le régime marocain poursuit un journaliste à l’étranger, il perd son procès.
La justice des pays européens ne peut aucunement se comparer avec la justice de Ramid. A Paris, Londres ou Madrid, les magistrats dignes de ce nom ne se laissent pas dicter leurs « sentences ».
Ali Lmrabet a été relaxé par la Audiencia Provincial de Madrid du procès que lui avait intenté l’ancien directeur du bureau de l’agence officielle MAP, Saïd Ida Hassan. Et il a gagné le procès qu’il a intenté contre le même Ida Hassan et la MAP et les a fait condamner solidairement à 12 000 euros de dommages et intérêts. Une première dans l’histoire de la MAP.
En dépit des moyens financiers faramineux mis en place par le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, la justice espagnole a refusé à trois reprises de poursuivre le journaliste Ignacio Cembrero pour « apologie du terrorisme ».
Après s’être fait tirer les oreilles, Benkirane va essayer une quatrième fois de faire poursuivre Cembrero devant une juridiction espagnole.
Bonne chance !
Demain
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jeudi 18 juin 2015

Les autorités évacuent Bouya Omar, certaines familles s’insurgent



L’évacuation de Bouya Omar qui a commencé le jeudi 11 juin devrait durer quatre semaines. Mais elle ne se fait pas sans heurt.

El Houcine El Ouardi passe à l’acte. Après avoir promis de mettre fin au tristement célèbre site d’internement de Bouya Omar, le ministre de la santé a lancé, jeudi 11 juin, l’ « opération de la dignité », censée mettre un terme à l’internement de centaines de malades mentaux autour du mausolée situé à quelques 80 kilomètres de Marrakech.
L’évacuation du site devrait toutefois durer quatre semaines. Sur place, un impressionnant convoi d’ambulances stationne à proximité du mausolée, prêt à transporter, au compte goute, les malades. Une dizaine de camions de pompiers, des gendarmes et des forces auxiliaires étaient également fortement présentes sur les lieux pour prévenir tout débordement. Les proches d’une soixantaine d’internés  étaient également sur place.
 Une partie d’entre eux n’a pas hésité à exprimer leur désapprobation de l’opération lancée par le département d’El Ouardi. « Où est-ce que je vais mettre mon fils maintenant. A Bouya Omar au moins il se portait bien et avait même arrêté de fumer du Hashish », s’est emportée une femme, dont le fils devait être évacué vers un hôpital de Safi. Une autre femme, dont le frère devrait être transféré à Kenitra, s’est insurgé contre cette décision : « à Kenitra, il n’y a même pas de département psychiatrique digne de ce nom. Pourquoi ne l’envoient-ils pas à l’hôpital Rhazi de Rabat, mieux équipé et plus réputé?».
Le  délégué provincial du ministère de la santé de la province de Kelaat Sraghna, le Dr Oudghiri et le directeur régional du ministère dans la région de Marrakech, le Dr Azenjar ont eu la lourde charge de superviser une opération qui, dans la seule journée du jeudi, a vu le transfert de quelques soixante malades.
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En savoir plus :


Publié le 11/4/2014 

Au Maroc, des malades mentaux attendent d'être libérés de leurs «démons»

La difficulté à fermer Bouya Omar renvoie au... (PHOTO FADEL SENNA, AFP)
La difficulté à fermer Bouya Omar renvoie au profond ancrage de certaines croyances dans la société marocaine, comme celle des génies («djinn»), bons ou mauvais, cités dans le Coran, quand bien même le texte sacré recommande de ne s'en remettre qu'à Dieu.
PHOTO FADEL SENNA, AFP
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SIMON MARTELLI
Agence France-Presse
BOUYA OMAR
Des cris déchirent de temps à autre le silence pesant du mystérieux mausolée de Bouya Omar, au Maroc. Derrière les hauts murs, des âmes troublées de malades mentaux attendent d'être délivrées des «démons» qui les possèdent.

La Cour de Justice Européenne va évaluer l'agro-accord UE-Maroc

14/6/2015
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La Cour de justice européenne évaluera l'accord agricole UE-Maroc sur le Sahara Occidental mardi 16 juin 2015, à 9h30.

Le dit accord agricole UE-Maroc, conclu le 8 mars 2012, n'exclut pas le Sahara Occidental de son champ d'application territorial. En conséquence, les produits agricoles du Sahara Occidental, comme les tomates et les melons, finissent sur les marchés européens grâce à un accord avec le Maroc. Par cela, l'accord apporte une reconnaissance implicite à la présence intenable et illégale du Maroc dans les trois quarts du Sahara Occidental qu'il occupe depuis 1975 - mais pas un seul État membre de l'UE, ou de tout autre Etat dans le monde, ne reconnaît la souveraineté auto-proclamée du Maroc sur le le territoire.

Le Front Polisario, le représentant politique du peuple sahraoui - les seuls habitants du Sahara Occidental avant l'invasion du Maroc - a présenté son recours contre l'accord le 19 novembre 2012. L'action, affaire T -180/14, est dirigée vers le Conseil de l'Union Européenne en tant que signataire de l'accord, et dans une deuxième phase également contre la Commission Européenne qui a choisi d'intervenir dans la procédure.

Mhamed Khaddad, haut responsable du Front Polisario, affirme que "en présentant cette action devant la Cour européenne, le Front Polisario, sujet du droit international et seul représentant du peuple sahraoui, défend le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui et, par conséquent, la protection des ressources naturelles dont l'exploitation ne peut être réalisée que dans l'intérêt de ce peuple et sous son contrôle".

Il a poursuivi en disant que "l'UE peut signer tous les accords qu'elle veut avec le Maroc, mais ces accords ne peuvent en aucun cas s'appliquer au territoire du Sahara Occidental. Cependant, l'analyse en profondeur du dossier a montré que l'UE est directement présente dans le territoire du Sahara Occidental, tandis que la territorialité de l'accord UE-Maroc ne permet en aucune manière cette présence européenne dans le territoire du Sahara Occidental, qui n'est pas sous souveraineté marocaine".

Le Sahara Occidental est une ancienne colonie espagnole. Après le retrait de l'Espagne du territoire, le Maroc l'a envahi militairement de force. On estime que 160.000 Sahraouis survivent aujourd'hui dans des conditions difficiles dans les camps de réfugiés d'Algérie, où ils ont trouvé refuge après l'assaut du Maroc. Beaucoup de Sahraouis vivent encore dans leur patrie sous occupation, subissant quotidiennement des violations flagrantes des droits de l'homme. Les deux parties du peuple sahraoui vivent séparés par un mur militaire fortifié de 2000 km de long que le Maroc a érigé sur l'ensemble du territoire, entouré de champs de mines des plus denses du monde.

Les Nations Unies considèrent le Sahara Occidental comme un territoire non-autonome (une colonie) conformément à l'article 73 de la Charte des Nations Unies - un statut juridique qui a été confirmé par la Cour Internationale de Justice dans son avis du 16 octobre 1975 et que a été confirmée systématiquement par tous les organes de l'ONU. Le Maroc, en tant que puissance occupante, n'a pas le droit d'administrer le territoire. Dans sa décision du 21 novembre 2014, la Haute Cour nationale espagnole a rappelé que l'Espagne "reste la puissance administrante du Sahara Occidental" et doit selon la Charte des Nations Unies achever la décolonisation du territoire du Sahara Occidental.


  
  

PotashCorp attend un 4ème chargement de phosphate sans éthique


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En fin de semaine dernière, un vraquier a quitté le port de El Aaiun pour les États-Unis. Dans ses cales ? Une estimation de 50 000 tonnes de roche de phosphate du Sahara Occidental occupé.
  Mis à jour le: 14/6/ 2015 
Le vraquier de Singapour le Alam Molek (IMO 9717072) est cette année le quatrième navire à faire route à travers l'océan Pacifique vers l'usine de production d'acide phosphorique de PotashCorp à Geismar, en Louisiane, États-Unis, où il devrait arriver le 20 juin.

La roche de phosphate des cales du Alam Molek a été extraite illégalement au Sahara Occidental - un territoire non autonome largement occupé par le Maroc depuis 1975. Les gisements de phosphate du Sahara Occidental sont contrôlés par compagnie marocaine nationale de phosphate, l'OCP, qui les vend à des producteurs de phosphate à travers le monde. L'OCP a fait les manchettes aux États-Unis pour avoir financé la campagne présidentielle de Hillary Clinton avec l'"argent du sang du phosphate".

Le ministre de l’Intérieur interpellé suite aux expulsions de La Chapelle

Coordination française pour le droit d’asile (CFDA)

Des associations membres de la CFDA interpellent le ministre de l’Intérieur suite aux expulsions de La Chapelle


Lettre ouverte à Monsieur le ministre de l’Intérieur.

Copies à :
Monsieur le ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Directeur général de l’OFII,
Monsieur le Directeur général de l’OFPRA,
Madame la Maire de Paris.
Après avoir transité par Calais ou les rivages de la Méditerranée, au péril de leur vie, des personnes migrantes demandent la protection de la France. A la rue, cachées dans un jardin du 18e arrondissement ou sur le quai d’Austerlitz, aux abords de la cité de la mode, elles sont nombreuses à dormir dehors depuis plusieurs semaines à Paris. Elles viennent dans leur grande majorité de la Corne de l’Afrique, notamment du Soudan et d’Érythrée.
Nos associations peuvent témoigner de la détresse de ces nouveaux arrivants. En même temps que nous les informons de leurs droits, nous sommes bien obligés, à notre grande honte, de les avertir que ces droits ont de grandes chances d’être bafoués.
Leur présence dans la rue fait apparaître au grand jour la défaillance systémique des pouvoirs publics, incapables de fournir un accueil décent aux demandeurs d’asile comme aux personnes précaires en général et qui choisissent de recourir à la répression face à une situation humanitaire qu’ils ont laissée dégénérer.
La priorité, aujourd’hui, est que ces personnes puissent accéder à un hébergement stable. Toutes sont confrontées au manque de place en centre d’accueil pour demandeurs d’asile, à la saturation du dispositif d’hébergement de droit commun. Certaines n’auraient, nous dit-on, pas le droit d’être hébergées ? Faux : le droit à l’hébergement est un principe inconditionnel.
Ces personnes doivent avoir un lieu pour se laver, se nourrir, mais aussi se retrouver, être accompagnées et prendre le temps de réfléchir à leur avenir et aux démarches qu’elles souhaitent entreprendre en France.
A cet égard, celles qui souhaitent demander l’asile doivent pouvoir le faire rapidement et dans des conditions conformes à la loi. En Ile-de-France comme ailleurs, déposer une demande de protection est un véritable parcours du combattant. Les organismes de domiciliation sont saturés et la préfecture de police fait courir des délais de plusieurs mois avant de permettre le dépôt d’une demande d’asile. Les traitements éclairs exceptionnels par l’OFPRA de quelques demandes d’asile, qui ont ces derniers jours fait la une des médias, ne font que mettre en lumière, par contraste, l’arbitraire qui règne en la matière et l’absence de volonté politique d’accorder l’asile à toutes celles et ceux qui y ont droit.
Il faut enfin et surtout, que cessent les violences policières. Les évacuations pour quelques heures, avec destruction des effets personnels, comme nous en avons été les témoins ces derniers jours, sont inadmissibles car à la fois inhumaines et purement gratuites. Ce type de politique ne fait qu’aggraver la misère et attiser la défiance envers les pouvoirs publics. Le placement en rétention est évidemment intolérable quand il vise à expulser des personnes vers des pays où les violations des droits de l’homme sont généralisées ; mais il est tout aussi inacceptable lorsqu’on sait par avance que ces personnes ne pourront pas être expulsées et que l’enfermement est une mesure purement vexatoire.
Les personnes concernées et les associations qui les soutiennent ne demandent qu’une chose : qu’on applique le droit ! Le contexte de violences internationales nécessite la mise en place de dispositifs d’accueil et de protection pérennes. Ces solutions doivent répondre aux urgences d’aujourd’hui et aux préoccupations futures.
Ainsi nous demandons :
  • La cessation immédiate des violences et du harcèlement policiers (violences, intimidations, menaces, destruction des biens matériels) à l’encontre des personnes étrangères sans hébergement.
  • L’arrêt des interpellations et du recours à la rétention, la libération des personnes enfermées et l’abrogation des décisions d’éloignement.
  • Une réponse immédiate, humaine et conséquente des pouvoirs publics, par la mise en place d’un dispositif pérenne, pour assurer durablement la dignité et la sécurité de toutes ces personnes, et la garantie effective, transparente et égale de leurs droits :
    • à l’hébergement et à la santé,
    • à décider librement de leur sort,
    • à accéder à la demande d’asile.
Le 12 juin 2015
SignatairesACAT France, ATMF, Centre Primo Levi, La Cimade, Comede, Dom’Asile, Elena, Fasti, GAS, GISTI, JRS, LdH, MRAP, Secours Catholique

Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site cfda.rezo.net

MarocLeaks : L’ambassadeur Omar Hilale sera entendu par des enquêteurs de l’ONU

Demain 16/6/2015

Selon un article paru dans le Foreign Policy des enquêteurs des Nations Unies ont rouvert une enquête interne afin de déterminer si un haut responsable de l’ONU a facilité des informations confidentielles à Omar Hilale, l’ex-chef de la mission diplomatique marocaine auprès des Nations-Unies à Genève et qui occupe actuellement le même poste à New York.
Selon cette publication américaine, considérée comme proche du Département d’Etat, les Nations Unies cherchent à établir si un haut cadre de l’administration de l’ONU chargé des droits de l’homme, le Suédois Anders Kompass, a divulgué des informations sensibles à des gouvernements étrangers sur le fonctionnement interne du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.
Les informations confidentielles concernent le Sahara occidental, et il s’agit du gouvernement marocain.
Kompass fait déjà l’objet d’une autre enquête lancée par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) sur les allégations d’abus sexuels commis sur des enfants par des soldats français en République centrafricaine. C’est lui qui avait révélé cette affaire dans une note confidentielle qu’il a fait amplement circuler cette affaire en donnant les noms des victimes et surtout ceux des militaires français .
Suspendu un moment avant d’être rétabli dans ses fonctions par un juge du tribunal administratif de l’ONU, Kompass n’est pourtant pas sorti d’affaire.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme, dirigé actuellement par le prince jordanien Zeid Ra’ad Al-Hussein, a exhumé l’affaire des relations spéciales qui liaient le Suédois à l’ambassadeur Hilale. Cette affaire fut révélé par un mystérieux hacker, le fameux « Chris Coleman », qui avait publié sur son compte Twitter, plusieurs fois suspendu, plusieurs correspondances et emails de l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU à Genève à son ministre des Affaires étrangères à Rabat.
Ces documents montraient que Hilale se vantait auprès de son ministre d’avoir mis dans sa poche un certain nombre de personnes, y compris Kompass et l’ex-Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay.
Le prince Zeid avait alors demandé au Bureau des services de contrôle interne d’examiner les allégations contre Kompass. Surtout celles concernant ses supposées tentatives pour empêcher l’aboutissement des enquêtes sur la question des droits de l’homme au Sahara occidental.
Les enquêteurs des Nations Unies, basés à Vienne, ont interrogé Kompass, qui a toujours nié les accusations, et examiné ses courriels officiels, ses conversations téléphoniques et le disque dur de son ordinateur sans trouver trace de preuves pouvant l’incriminer.
Mais comme le ministère marocain des affaires étrangères n’a jamais démenti la véracité des documents divulgués par Chris Coleman, le doute subsistait et l’enquête ne fut pas close. Le BSCI décidant de laisser la porte ouverte à la réouverture de l’enquête au cas où de nouvelles preuves apparaitraient.
Apparemment, selon Foreign Policy, de nouvelles preuves seraient apparues sans qu’on sache lesquelles.
C’est pour cette raison que l’ambassadeur Omar Hilale a été convoqué par le bureau des enquêtes de l’ONU en tant que témoin de cette affaire.
Omar Hilale a refusé de faire un commentaire à Foreign Policy.
Demain, 16/06/2015
 

L'ambassadeur du Maroc Omar Hilale dans le collimateur de l'ONU


Dans un article intitulé "L'ONU resserre l'étau sur le fonctionnaire qui a dénoncé les abus", Forein Policy rapporte que l'ONU a rédigé un rapport dans lequel elle annonce la clôture du dossier de l'enquête sur les fuites effectuées en faveur du Maroc par Anders Kompass, directeur des opérations dans le Haut- Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme. Mais la canadienne Carman Lapointe, Vice-Secrétaire générale de l'Office des Affaires Internes "a refusé de signer le rapport sur la base que les témoins cruciaux, y compris l'ambassadeur du Maroc, n'ont jamais été interrogés dans le cadre de l'enquête. Du point de vue de Lapointe, le dossier n'a jamais été clos".

Selon Forein Policy, "il n'est pas clair si les enquêteurs de l'ONU ont obtenu de nouvelles informations. Mais les chercheurs comptent contacter Hilale, qui sert actuellement en tant que représentant du Maroc au siège de l'ONU à New York", ajoutant que " Hilale n'a pas répondu à une demande de commenter" la question.

"Alors que Malcorra l'informait que l'enquête sur le Maroc a pris fin sans preuve de l'existence d'un délit, le Prince Zeid a découvert que Kompass avait également partagé le rapport interne de l'ONU sur les violations dans la République Centrafricaine. A ce moment-là, le Prince Zeid a donné des instructions à Pansieri pour demander à Kompass de démissionner de son poste", a précisé la même source.

Anders Kompass est l'objet d'une enquête menée par le Bureau d'Auditorie Interne (OIOS). Il a été manipulé par le Maroc pour éviter une enquête sur la situation des droits de l'homme au Sahara occidental. Une information révélée par le cyber-activiste qui agit sous le pseudonyme Chris_Coleman24.

Chris_coleman24 a également donné les noms des sénégalais Bacre Waly Ndiaye, Directeur de la Section des Organes des Traités du HCDH et de Athar Sultan Khan, Directeur du Cabinet d'Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Les deux faisaient partie de l'équipe de taupes d'Omar Hilale dans les bureaux de l'ONU à Genève. SPS

12081959/TRA

France : A quoi joue la police nationale ?

Par Taoufiq Tahani Président de l’AFPS
Pas un, mais deux. Aujourd’hui, Jean-Claude Lefort, député honoraire et président honoraire de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS). Sur accusation diffamatoire, la brigade anti criminalité intervient dans la nuit à son domicile. Hier Pierre Stambul, co-président de l’Union juive française pour la paix (UJFP) : avec l’intervention brutale des agents du Raid dans la nuit du 8 au 9 juin selon les procédures de l’anti-terrorisme, il passait 7 heures en garde à vue. 
Mais à quoi joue la police nationale ?
Faut-il y voir les premières dérives annoncées des projets prétendument sécuritaires du gouvernement français ?
L’affaire, en tout cas, est très grave. Et le gouvernement doit s’expliquer.
Ne faut-il pas y voir une volonté d’intimidation de ceux qui, depuis le sol français ou non, soutiennent aveuglément la politique du gouvernement d’extrême droite israélien et s’inquiètent du développement sans précédent du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien en France, en Europe et dans le monde ?
Nous ne cèderons pas à ces provocations. Au contraire, elles renforcent notre détermination à défendre le droit.
Nous continuerons de défendre le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, dont les gouvernements israéliens successifs s’acharnent à empêcher la mise en œuvre, par l’occupation, la colonisation, le détournement des ressources, le siège de Gaza, les bombardements, l’entrave au retour des réfugiés, la violation permanente du droit international et des droits humains élémentaires. Avec nos camarades palestiniens et israéliens engagés pour le droit et pour une paix juste, nous poursuivrons la campagne de Boycott-Désinvestissement-Sanctions contre la politique israélienne tant que cet État violera le droit international dans l’impunité permise par la passivité de nos gouvernements. Oui, la France doit sanctionner la politique israélienne et elle doit reconnaître l’État de Palestine. Dans l’intérêt de tous. Nous défendrons aussi le droit lorsqu’il est malmené en France. Non, la solidarité n’est pas un délit, ni une importation du conflit en France. La solidarité est un devoir. C’est le mépris du droit et les lectures prétendument identitaires de ce conflit colonial, au détriment du socle citoyen au fondement de la République, qui risquent, au contraire, de susciter dans nos sociétés les pires dérives.
Une seule réponse à ces provocations : l’élargissement de la solidarité avec le peuple palestinien.

Taoufiq Tahani Président de l’AFPS
--http://www.france-palestine.org/A-quoi-joue-la-police-nationale

Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Fax. : 09 56 03 15 79

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Nul en droit, l'accord judiciaire franco-marocain, la dernière forfaiture du pouvoir.


Les droits sociaux sont des droits de l'Homme protégés par des traités contraignants et d'effet direct, ratifiés par la France. Avec l'ANI, la réforme des retraites, la loi Macron, la majorité fait de la régression sociale. C'est prohibé, le droit international des droits de l'Homme. 

Par la loi Urvoas, ce même pouvoir se surpasse, en violant les droits de l'Homme civils et politiques, en méprisant pareillement les engagements internationaux de la France.
Voilà qu'il se compromet à se rendre complice d'actes de torture en privant les victimes d'un recours efficace en cas de torture au Maroc.

Le Maroc. Allez-y, vous n'en reviendrez pas.

La politique française se sent pousser des ailes pour mépriser les droits de l'Homme.
La torture est un crime international à propos duquel il existe une prohibition absolue . Ce crime est imprescriptible et la compétence universelle garantit l'efficacité de cette prohibition absolue.
L'accord Franco-Marocain viole les engagements de la France à ce propos. Le pouvoir se comporte donc de mauvaise foi, comme un voyou, au mépris du droit à la sureté, qui est un droit de l'Homme, et que l’État doit garantir aux personnes qui se trouvent sous sa protection.
Hollande, Valls, Macron et Urvoas font que la France déserte en matière de droits de l'Homme. Mais avec cet accord judiciaire franco marocain, le pouvoir se surpasse.
Hollande, Valls, Macron et Urvoas n'ont pas fini de surprendre et la casse du droit n'est pas encore finie.
Le droit n'est pas des chiffres et la finance est inopérante pour faire échec au droit ou le modifier, si tant est qu'on soit un juriste sérieux. Ce qui semble manquer à l'Assemblée nationale. Prendre en compte l'avis d'un financier pour réformer la loi c'est comme demander son avis à un vampire pour un don du sang.
Il n'y a pas de Realpolitik ni de raison d'Etat qui tiennent.
La Réalpolitik c'est l'assassinat de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht ou les accords de Munich. On a vu le résultat. Daladiérisme, nous revoilà!
Les droits sociaux sont rognés et la liberté de manifester, comme celle de se mettre en grève sont remises en cause (L'Assemblée limite le droit de grève dans le transport aérien, Des députés veulent limiter la liberté de manifester). A quand le retour du Carnet B  ? Ou du livret ouvrier ? Fermer les usines comme à Carmaux ou tirer sur les ouvriers comme à Fourmies ?


La violation des engagements internationaux de la France permet d'invoquer une exception d'inconventionnalité au tribunal, permettant au juge d'écarter l'application de la loi ou du règlement (exemple) violant le traité protecteur des droits de l'Homme. Ne pas hésiter non plus de réclamer réparation des dommages. Le Conseil d'État consacre la responsabilité de l'État du fait des lois contraires aux engagements internationaux.
L'accord bilatéral franco-marocain est nul en droit, puisqu'il fait échec à des engagements internationaux antérieurs de la France sur la prohibition absolue de la torture, que le pouvoir a l'obligation de respecter.
S'il y a des avocats ou des plaideurs pour le faire, aux juges d'accueillir l'exception d'inconventionnalité et s'en saisir afin de rétablir l’État de droit dans un pays qui rappelle bien plus le régime de Vichy que le programme du Conseil national de la Résistance.
Valls, Hollande, Urvoas, Macron n'ont pas l'excuse d'une occupation militaire pour expliquer un tel mépris des droits de l'Homme qui se traduit concrètement dans les textes qu'ils proposent et font adopter. Ils ne manquent pas d'air à panthéoniser tout en méprisant les sacrifices et les acquis de ceux qu'ils prétendent honorer. Le fascisme n'est pas une fatalité. C'est une lâcheté.
Le quarteron à la manœuvre  n'est pas en mesure de rassurer l'opinion en observant l'entreprise de démolition du Droit qu'ils conduisent.
Il ne sert à rien d'invoquer une normalité quand celle-ci est inutile.
La France n'a pas besoin d'un président qui, à défaut de s'intéresser au droit et à la démocratie, sait faire du scooter, et un premier ministre qui, à défaut d'être capable de s'élever au niveau des valeurs fondamentales de la République et respecter l'article deux de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, ne sait prendre de l'altitude que pour égayer ses week-ends.
Le débat politique d'aujourd'hui est bien loin de l'appel du 18 juin, pour la commémoration duquel, en considération de la production législative, il paraît difficile de trouver un élu crédible pour faire un discours. Au regard des trente dernières années, le 18 juin s'affirme de plus en plus comme un rappel de la défaite de Waterloo. L'époque est plus aux fossoyeurs de la République.
Avec un tel gouvernement, Sertorius prendrait l'exil en disant que la France, si on l'aime, on la quitte : " Rome n'est plus dans Rome ; elle est toute où je suis. "

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L’indifférence du sable

Par Jean-François Debargue, publié par  APSO, 15/6/2015


Le 27 mai 2015, Germaine Tillion, Geneviève De Gaulle Antonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette, figures de la résistance de la 2ème guerre mondiale sont entrés au Panthéon. Volonté des familles, dans le cercueil des deux femmes, du sable.

L’indifférence du sable
Devant des cercueils emplis de sable, un homme exhorte à « résister face à l’indifférence ».
En mal de reconnaissance et de postérité, ce n’est pas la première fois, ni la dernière que des hommes d’État prennent en otages et s’identifient par procuration à ces hommes et ces femmes héroïques s’étant dressés contre l’ordre établi et les majorités silencieuses, principaux leviers de gouvernance de ces mêmes hommes d’État.
Reconnaître implicitement un courage qui leur fait défaut, est-ce un aveu d’impuissance ou le salvateur sursaut d’un vouloir mieux faire ?
Honorer ceux qui ont témoigné et se sont engagés en résistance, pour la liberté au risque de leur sécurité, et à contre courant pour les « oubliés, les exploités, les déportés », est-ce associer leur histoire à l’Histoire d’une république digne qui en retiendrait et en appliquerait  les leçons ? Ou est-ce la « javellisation » d’une poursuite de collaboration pragmatique avec des dictatures traditionnelles ou plus modernes comme celles des multinationales ou de la finance ?
Le sable devant lequel un homme s’incline, c’est aujourd’hui celui des plages ou des fonds marins que rejoindront des exilés tous autant entassés sur des bateaux de fortune que ceux qui l’étaient dans des wagons plombés.
Le sable devant lequel un homme s’incline, c’est aujourd’hui celui des bas-côtés où s’enlisent les laissés pour compte de toutes les sociétés.
Le sable devant lequel cet homme s’incline, c’est celui de ce sablier géant Saharien où survivent depuis 40 ans les réfugiés Sahraouis auxquels, entre autres, le pays de cet homme refuse l’accès à la décolonisation.  Ce sable, c’est celui des fosses communes, des portés disparus, des cimetières à ciel ouvert, de déserts traversés dans l’espoir d’accéder à ce pays où l’on porte en les honorant au Panthéon des cercueils qu’il contribue à remplir. 
Comment le sable des réfugiés, des naufragés, des exclus, finit-il de lester cette tombe de notre histoire collective ?
Je veux croire que l’exemple héroïque et la mémoire de ces hommes et de ces femmes de l’ombre supplantera demain le retour lâche et amnésique de la raison d’État. Comme je veux croire que des milliers d’hommes et de femmes de l’ombre ne continueront pas de disparaître dans l’indifférence des sables.
Jean-François Debargue
28 mai 2015
Publié par APSO avec l'autorisation de l'auteur