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mercredi 2 février 2011

A-t-on aujourd’hui, le droit de s’indigner en France ???

INDIGNEZ-VOUS !
Par Josette Rétif (professeur retraitée),28/1/2011

A-t-on aujourd’hui, le droit de s’indigner en France ???
Voilà l’expérience que je viens de vivre et qui me permets d’en douter.
Le 20 janvier, je prenais l’avion à Roissy pour rentrer à Bamako, au Mali où je vis actuellement.
L’avion était prévu à 16 h 05... Il est parti à 20 h 45 !!

Que s’est-il passé pendant ce temps ?
D’abord nous n’avons pu embarquer qu’après une attente de ¾ d’heure… c’est tellement habituel qu’on n’y a même pas prêté attention. On s’installe dans l’avion normalement (250 passagers) et tout à coup un homme avec un brassard de la police arrive et distribue à certains passagers un tract en leur demandant de le faire circuler aux autres. Imaginez l’interrogation des passagers non francophones.

Voilà quelques passages du texte :
« Vous avez peut-être été sollicité… pour vous opposer à l’embarquement d’une personne expulsée de France… qui embarquera sur ce vol…. La décision de reconduite est un acte légitime de l’Etat Français….. Le délit (empêcher l’expulsion) sera puni d’une peine de 5 ans d’emprisonnement et 18000 euros d’amende. » etc etc…. (texte intégral en pièce jointe)
De plus le policier nous a précisé que l’expulsé allait manifester son opposition en criant, en hurlant, en se débattant et de s’excuser pour le désagrément… que cela ne durerait que 5 mn et qu’après le départ de l’avion tout serait terminé !!
L’ expulsé est arrivé, encadré par la police et a commencé a hurler « lâchez moi, je veux pas partir… »

Aussitôt, certains passagers se sont levés, indignés par la scène imposée. Le personnel d’Air France ainsi que les policiers présents leur ont intimé l’ordre de s’asseoir sans quoi l’avion ne partirait pas et que tous les passagers seraient débarqués. Il faut préciser que jamais on n’a su les raisons de son expulsion.
 Devant la détermination des passagers révoltés, le commandant de bord a pris la décision de reconduire l’avion au parking et appel a été fait à la police.
On a vu tout à coup surgir une vingtaine de CRS casqués, matraque et bouclier à la main (!!!) défilant en file indienne dans les travées de l’avion et se tenant, chacun à l’épaule du précédent. Jusque là tout le monde avait été très digne mais là le débarquement de la force publique dans l’étroit espace devenait des plus comiques et pourtant on avait pas envie de rire.
Les passagers qui s’opposaient à l’embarquement de l’expulsé ont été virés à terre. Précision importante le premier policier qui est intervenu photographiait tout le monde en interdisant à qui que ce soit de filmer où photographier. Un passager a d’ailleurs été expulsé pour cette seule raison. Je n’ai pas pu photographier mais rien ne m’interdit d’écrire.
J’ajoute qu’un CRS a filmé TOUTE la scène d’expulsion des passagers. Une famille de maliens, les parents et
3 très jeunes enfants sont descendus de l’avion pour avoir manifesté verbalement leur opposition. Les 3 bébés n’avaient pas mangé et n’avaient pas dormi pendant toute l’intervention. Le père était choqué par le déploiement des forces militaires devant de si jeunes enfants.

Et sur ordre du premier policier, les CRS se sont saisi de passagers assis qui avaient simplement manifesté leur indignation verbalement.On nous a demandé qui avait encore quelques chose à dire… si vous n’êtes pas d’accord, descendez !!

Il faut bien avouer que devant une scène aussi immonde, devant un tel déploiement de la force on (JE) manque terriblement de courage. On se dégonfle et on a honte. Et on se sent extraordinairement impuissant devant « le savoir faire français en matière de maintien de l’ordre » prôné par MAM.

J’ai pensé aux gens qui, pendant la dernière guerre, étaient témoins des actions de la police de Vichy, que faire, que dire devant un flingue ou une matraque, ou les aboiements des cerbères de l‘ordre….
Quoiqu’ait fait cet homme, on n’avait pas à prendre 250 passagers en otages, sans leur donner les raisons de cette décision.

Pourquoi ne pas nous avoir averti avant l’embarquement ??? Nous aurions pu prendre notre décision en toute liberté. On cautionne, on embarque. On ne cautionne pas, on prend un autre avion.
Pendant ce temps, des familles, des amis… nous attendaient à Bamako. Heureusement le téléphone fonctionnait. Mais que disait Air France sur son site : « En raison de problèmes techniques l’avion a dû faire demi tour » !!!… (Cf. copie d’écran en pièce jointe). Devra-t-on déposer plainte contre Air France comme certains l’ont fait pour les actions de la SNCF ???
Les passagers contestataires débarqués, l’expulsé a continué à protester… Puis finalement a été reconduit à terre.
Mais les passagers contestataires ont refusé de donner leur identité ; donc on a dû faire l’inventaire de ceux qui restaient dans l’avion et ensuite décharger tous les bagages pour en extraire ceux des débarqués.
Tout ça pour ça !!
Combien a coûté cette scène immonde, en argent, en stress, en mobilisation policière inutile. Car ces gens qui ont été virés ne sont pas des bandits, ni des rebelles encore moins des terroristes mais simplement des gens qui s’indignent...
Inévitablement des slogans radicaux ont surgis : les blancs dans leurs pays, les noirs en Afrique…
De tels évènements ne peuvent qu’exacerber les extrémismes. Alors ne nous étonnons pas des prises d’otages. A mépriser des peuples, à les sous- payer, on ne peut qu’obtenir des révoltes aveugles et incontrôlées.
Cet évènement auquel j’ai assisté ne m’inspire pour le moment qu’une seule réflexion : « J’ai HONTE et j’ai la rage »
jo.retif@orange.fr

France-Une décision clairement discriminatoire : Interdits d’apprentissage parce qu'ils sont étrangers ?

Communiqué LDH 
 
Par LDH Paris, le 27 /1/2011
Un certain nombre de jeunes étrangers scolarisés en France viennent de découvrir que l’inscription en IUT, pour une formation en apprentissage, leur était interdite sous prétexte d'une réserve de cette formation aux élèves de nationalité française. Le motif invoqué par le ministère, qui assume complètement la situation, serait dû à une volonté de lutter contre le travail des sans-papiers.
La LDH dénonce avec vigueur une décision clairement discriminatoire. Ce gouvernement qui n’arrête pas d’invoquer «l’égalité des chances » pour remédier aux inégalités sociales et scolaires fait ici la démonstration de sa capacité à traiter les jeunes différemment en fonction de leurs origines, alors même que l’apprentissage est, pour certains étudiants, la seule possibilité de poursuivre leurs études et donc d’acquérir une qualification. La LDH demande que le ministère de l'Education nationale prenne toutes les mesures pour que soit immédiatement mis fin à ces pratiques discriminantes et à une procédure parfaitement illégale.
Par ailleurs, il semble bien que la procédure informatisée pour s’inscrire dans le post-bac (APB) reconnaisse automatiquement la nationalité du candidat à l’inscription. Cela signifie donc que les fichiers de données personnelles sont interconnectés. Une telle pratique est illégale, au regard de la réglementation qui interdit un usage de fichiers autre que celui qui a présidé à sa construction. Mais de plus, elle est inacceptable au sens où dans le contexte de chasse que le gouvernement exerce contre les sans-papiers, elle transforme les services de l'Education nationale en forces supplétives de la police. Faut-il rappeler que de nombreux jeunes majeurs encore scolarisés se sont vus menacés d’expulsion et parfois expulsés dans les jours mêmes qui ont suivi leur majorité ?
Face à la généralisation des fichiers de l’Education nationale et à leur gestion par un identifiant national, la LDH rappelle son hostilité à l’interconnexion de tous les fichiers contenant des données sensibles et sa demande que l’ensemble des données collectées soient anonymisées avant toute exploitation en dehors du cadre scolaire local, afin de respecter les droits fondamentaux des personnes.

Egypte: heurts au Caire, la contestation continue malgré l'appel de l'armée

Par La Croix, 02/02/2011 15:28
Des heurts ont opposé pro et anti Hosni Moubarak au Caire mercredi alors que l'opposition a maintenu un appel à une mobilisation massive vendredi pour exiger le départ du chef de l'Etat égyptien malgré l'ordre donné par l'armée aux manifestants de rentrer chez eux. Evènement

En début d'après-midi, des heurts violents, ayant fait plusieurs blessés selon des journalistes de l'AFP, ont éclaté entre partisans et opposants au président place Tahrir (Libération) dans le centre du Caire.
Les manifestants se battaient à coups de bâtons et de jets de pierres autour des chars de l'armée gardant les entrées de la place, sans que les militaires ne s'interposent. Ils en étaient venus aux mains après une matinée très tendue.
Plusieurs centaines de manifestants pro-Moubarak avaient marché sur Tahrir où des milliers de manifestants avaient passé une nouvelle nuit pour réclamer le départ du chef de l'Etat.
L'armée avait auparavant exhorté les manifestants à rentrer chez eux pour que "la sécurité et la stabilité" soient rétablies. "Votre message est arrivé, vos revendications ont été entendues", a déclaré un porte-parole de l'armée à la télévision publique.
M. Moubarak, qui fait face depuis neuf jours à une révolte des Egyptiens réclamant qu'il lâche le pouvoir qu'il détient depuis 29 ans, a annoncé mardi soir qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat lors de la présidentielle de septembre. Mais cette annonce n'a pas apaisé ses opposants.
Des milliers de manifestants anti-gouvernementaux ont à nouveau passé la nuit sur la place et repris dès leur réveil les slogans réclamant le départ immédiat du président.
"Allez, Hosni dehors", ont scandé les protestataires, deux grandes banderoles étant toujours déployées sur la place, l'une en anglais disant "le peuple veut la chute du régime" et l'autre en arabe, adressée à Hosni Moubarak: "dégage!".
Malgré les concessions du président Moubarak, le mouvement de contestation a annoncé le maintien d'une manifestation massive prévue vendredi et au cours de laquelle elle veut réunir plus d'un million de personnes comme mardi, lors de la journée "du million" de personnes.
La mobilisation de vendredi a été baptisée "vendredi du départ", ont indiqué à l'AFP plusieurs organisateurs.
"Nous descendons dans les rues aujourd'hui, nous descendrons demain, mais vendredi sera la journée de la mobilisation la plus massive", a affirmé une militante du mouvement du 6 avril, Racha Badaoui.
Mardi soir, M. Moubarak, 82 ans, s'est engagé à abandonner son fauteuil de président en septembre et à préparer lors des huit mois de mandat qui lui restent une transition pacifique, notamment en modifiant la Constitution afin de faciliter les candidatures pour la présidentielle.
Berlin s'est félicité qu'Hosni Moubarak "veuille ouvrir la voie à un renouveau politique", alors que le président français Nicolas Sarkozy a souhaité qu'un "processus de transition concret s'engage sans tarder" et "sans violence", selon l'Elysée. Madrid s'est prononcé pour de "vraies réformes, avec des changements en profondeur".
La Commission européenne s'est dite prête mercredi "à renforcer son assistance" à l'Egypte pour aider ce pays à effectuer une transition politique
Le Premier ministre britannique David Cameron a estimé mercredi devant le Parlement que "la transition devait être rapide, crédible, et démarrer maintenant".
Le président américain Barack Obama a indiqué avoir dit à son homologue égyptien qu'une transition politique pacifique devait débuter "maintenant" en Egypte.
"Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel", a déclaré M. Moubarak. "Ce pays, j'y ai vécu, j'ai fait la guerre pour lui, et l'histoire me jugera", a déclaré M. Moubarak lors de son intervention télévisée. L'Egypte est "la nation que j'ai défendue et dans laquelle je vais mourir".
M. Moubarak a appelé le Parlement à "débattre d'un amendement" à la Constitution "pour changer les conditions de la candidature à la présidentielle et limiter les mandats".
Mais, selon l'agence officielle Mena, le Parlement a suspendu ses séances jusqu'à la révision des résultats des dernières législatives, marquées par des accusations de fraude et de violences.
De son côté, l'ambassadrice des Etats-Unis Margaret Scobey s'est entretenue au téléphone avec Mohamed ElBaradei, la figure la plus en vue de l'opposition, qui a appelé M. Moubarak à partir "au plus tard vendredi".
Depuis le 25 janvier, les manifestants se rassemblent quotidiennement pour réclamer le départ de M. Moubarak qu'ils accusent d'être responsable des maux du pays -pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique.
L'accès à internet était au moins en partie rétabli mercredi au Caire, après plus de cinq jours de coupure, alors que le président Hosni Moubarak était confronté à une contestation sans précédent, ont constaté des internautes et des journalistes de l'AFP
LE CAIRE (AFP) -

********************
COUP DE GUEULE

VOILA LE GENRE DE GOUVERNEURS
QUE NOUS A IMPOSÉ L'IMPÉRIALISME
QUE PROTÈGE L'IMPÉRIALISME
UN DESPOTE
UN NÉRON
UN /JE NE SAIS QUOI
QUI MÉPRISE TOUT UN PEUPLE
QUI DÉFIE TOUT UN PEUPLE
30 ANS
QU'IL SPOLIE
30 ANS
QU,IL EXPLOITE
30 ANS
MAIS BIEN SUR
DANS LA REGION
POUR EUX
ON N'EST PAS DES HUMAINS A PART ENTIÈRE
POUR EUX
LA SEULE CHOSE QUI COMPTE
C'EST L INTÉRÊT
DE LEUR CHOUCHOU
L,ENTITÉ SIONISTE
C'EST LEURS INTÉRÊTS
C'EST LE SUEZ
C'EST LE PÉTROLE DE LA RÉGION
80 MILLIONS DE PERSONNES
NE COMPTENT PAS....
DES MOTS COMME LE DROIT A L AUTODÉTERMINATION
ÇA S UTILISE
QUAND UN PEUPLE OSE DIRE NON
OSE PENSER UN PEU A LUI
OSE DIRE
"JE SUIS LIBRE DANS MES CHOIX"

et bien sûr
le prétexte est tout prêt
nous sommes des extrémistes
nous sommes des fondamentalistes
nous sommes contre le progrès
nous sommes contre la modernité
Bref
nous sommes des sauvages...
des millions de personnes
sortent manifester
pacifiquement
pour leurs droits
on en tue 300
en moins de 2 jours..
et ça n offusque pas
non
même en "condamnant" du bout des lèvres
on impose
on exige
d' un peuple longtemps asservi
qui ose enfin lever la tête
de ne point toucher leurs intérêts
eux,les" grands"
que le chômage
la pauvreté
la marginalisation
l'oppression
mine tout un peuple
que dis-je?
tous les peuples
de la région
du continent
de tout ce qu'ils appellent
tiers monde
est le dernier de leurs soucis..
non quand même
ils en parlent
quand des gens de chez nous
las de vivre comme des bêtes
osent aller chez eux
ils arment,alors,davantage,
ce genre de gouverneur
pour combattre
l'immigration clandestine
le"terrorisme"
j'en ris
pour ne pas en pleurer
y a-t-il plus grand terrorisme
que de mutiler
tout un monde
pour le profit de quelques uns??

 http://samira-mehdi.blogspot.com/2011/02/coup-de-gueule.html

Maroc : Tentative d'immolation collective de 40 professeurs, à Rabat

Le Canard Libéré

Selon le journal digital espagnol ABC de mardi, deux professeurs ont été blessés suite à une immolation par le feu face au Ministère de l'Enseignement à Rabat pour protester contre leurs conditions de travail. "Deux hommes ont été transportés à l'Hôpital Ibn Sina, dans la capitale marocaine et l'un d'eux présente de blessures graves", a dit Hafid Libi, responsable de la Coordination Nationale des Professeurs Volontaires Non-Intégrés, entité qui a organisé la manifestation.
Libi ajoute qu'à peu près 40 manifestants appartenant à cette organisation ont arrosé leurs corps avec de l'essence et au moment où deux personnes ont commencé à brûler, la police est intervenue pour empêcher les autres de le faire", avortant ainsi la tentative d'immolation collective.
"Ces professeurs volontaires ont été renvoyés en 2008, l'État les avait engagés provisoirement en 2005 dans des postes du Ministère de l'Enseignement", souligna Libi, qui a participé à la manifestation. Il ajoute qu'"ils n'ont reçu aucune aide le long de ces trois années de travail, et l'État n'a pas honoré ses promesses de leur faciliter un travail permanent".
ABC ajoute qu'au mois de janvier dernier, deux Marocains ont essayé de se mettre le feu au Maroc, et un troisième cas a été enregistré dans la ville de Smara, au Sahara Occidental. Ce dernier a été enlevé par la police pour éviter la médiatisation de son cas. Il est marié, il a deux enfants et jusqu'à présent sa famille n'a pas de nouvelles de lui. Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc depuis le retrait espagnol en 1975.

mardi 1 février 2011

Le vent du Sud


MAROC, SAHARA OCCIDENTAL, EGYPTE
Par Le Carrefour d'Algérie, 01/2/2011
C’est un vent qui souffle trop fort. Avec intermittence. Indétectable par les services de la météo locale. Prévisible seulement par les services de sécurité et par les analystes politiques qui peuvent prévoir son déclenchement mais jamais son horaire ou la densité de son souffle. Le vent du Sud ne « visite » que les pays du Sud de la planète Terre. Là où l’Homme vit mal, manque de perspectives ou n’a pas d’avenir. Là où les plaintes sociales sont aussi criardes et aussi touchantes qu’un gémissement émanant d’une douleur profonde. Là où un pourcentage infime vit aux dépens d’une société entière.
Le vent du Sud est un souffle chaud qui entraîne, sur son passage, tout ce qu’il rencontre de malséant, de léger et d’injuste. Le vent du Sud est un régulateur social qui re-compose les données, remet les pendules à l’heure et rétablit l’ordre social. Conçu anarchiquement, spontanément formé, le vent du sud est, en même temps, un désordre orienté vers un ordre exigé. Il est un mal qui génère un bien social. Un mal qui ronge tous les gouvernants du Sud qui n’ont pas su ou pu atténuer les maux de leur peuple et qui ont, par négligence ou calcul, par ignorance ou manipulation, mis leur peuple dans de mauvaises situations sociales et face à des périls innommables. Soufflant graduellement, il alterne le chaud et le froid. Le chaud pour des gouvernements qui se font alpaguer comme des lapins par un peuple qui regarde, par la fenêtre, des richesses qui se distribuent à l’œil.
Le froid pour une population qui, de famine en misère, pleure en silence un destin qui n’est pas le leur mais dessiné par leurs responsables. Le vent du sud est la nouvelle arme des peuples opprimés. Il est le canal à travers lequel ils s’expriment à haute voix, sans retenue et sans tabous. Le vent du sud, de par sa force et son souffle, arrache la peur des cœurs blessés et des volontés brimées. Au gré de son humeur et de ses voies, le vent du sud fait des vagues là où il passe, au prix fort et sans commune mesure. Son souffle se ressent même ailleurs ; là où tous les sièges capitonnés et les trônes éternisant s’arrachent les « cheveux » pour se faire oublier. Mais…. Avec le vent du sud, personne ne sait de quoi sera fait…demain. N’est-ce pas???
medhayas@yahoo.fr

Algérie : «Le 12 février, nous marcherons»

Par Madjid Makedhi, 1/2/2011


Le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (Laddh), Mostefa Bouchachi affirme que la marche du 12 février prochain est maintenue quelle que soit la décision de la wilaya d’Alger et du ministère de l’Intérieur. Il dénonce, dans ce sens, l’interdiction des manifestations à Alger qui, selon lui, ne repose sur aucun texte réglementaire. 

- Le ministre de l’Intérieur vient de réaffirmer l’interdiction des marches dans la capitale. Il anticipe déjà sur la marche à laquelle a appelé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Qu’en pensez-vous ?
Il n’y a aucun texte de loi qui interdise une marche dans n’importe quelle wilaya, qu’elle soit Djelfa ou Alger. Toutes les wilayas du pays sont des wilayas d’Algérie. De ce fait, le système politique, représenté par un groupe de ministres, ne peut pas demander à des jeunes, nés et grandis sous état d’urgence, de présenter leurs revendications de manière pacifique. Et quand des partis politiques, des syndicats et des associations demandent une autorisation d’une marche pacifique, on leur dit que c’est interdit. Le ministre de l’Intérieur, et à travers lui le régime, continue d’interdire aux Algériens d’exprimer pacifiquement leurs revendications économiques, sociales et politiques. De plus, je crois que l’état d’urgence, instauré peut-être pour lutter contre la violence politique et le terrorisme durant les années 1990, est exploité, aujourd’hui, contre le peuple algérien pour l’empêcher d’exprimer son point de vue par rapport au régime.

- Le ministre de l’Intérieur affirme une nouvelle fois que «l’état d’urgence n’influe pas sur l’activité des partis politiques et des associations». Concrètement, comment le maintien de l’état d’urgence empêche-t-il l’opposition et les organisations autonomes de faire leur travail ?
Le régime algérien est autoritaire. Il s’appuie sur l’état d’urgence pour empêcher le peuple algérien d’exprimer son point de vue. Parallèlement, ce régime agit hors la loi et le maintien de l’état d’urgence illustre parfaitement cette situation. Je voudrais rappeler à monsieur le ministre de l’Intérieur que durant ces dix dernières années, on a interdit la création d’associations et de partis, on a interdit les marches et tous les rassemblements, même dans des salles. L’état d’urgence et toutes les lois ont été mis en place pour neutraliser le peuple algérien et permettre, ainsi, au régime de gérer le pays en méprisant les aspirations de la population à plus de liberté, de démocratie et de justice sociale.

- On a l’impression que le pouvoir a réussi, à travers la répression et l’état d’urgence, à décourager même les militants politiques les plus téméraires…
Il n’y a pas de doute que le régime politique algérien a exploité la violence des années 1990 pour faire peur aux Algériens. De plus, il a utilisé tous les moyens pour porter atteinte à la crédibilité des partis politiques et à celle des organisations de la société civile. Conséquence : quand les jeunes nés sous l’état d’urgence se sont révoltés à Bab El Oued, ils n’ont trouvé aucune société civile pour les encadrer et cela a engendré des dépassements. Cette situation devra être assumée par le régime, dont l’action n’était pas de construire une société et un Etat, mais de neutraliser le peuple et de l’isoler. Et cela, en utilisant les mêmes procédés. Aidé par les recettes pétrolières et gazières, le régime achète au prix fort son maintien. Le plus important, pour lui, est d’assurer sa survie au détriment du peuple. Ce qui s’est passé au début du mois de janvier dernier est très minime, comparé à ce qui s’est passé dans le pays, durant les quatre dernières années. Les manifestations et les protestations éclatent dans toutes les wilayas, mais elles n’ont pas le même écho que les dernières émeutes. Le peuple algérien exprime également son sentiment d’injustice à travers la harga (émigration clandestine), l’immolation par le feu. Ce sont des messages adressés aux autorités. L’immolation par le feu n’a pas commencé en Tunisie. En 2003, un jeune Algérien s’est immolé par le feu à l’intérieur de la Maison de la presse, à Alger, pour dénoncer l’injustice dont il était victime. Donc, les Algériens ne se révoltent pas uniquement pour des problèmes économiques et sociaux. Ils le font aussi pour exiger plus de liberté et de justice. 

- Le régime refuse de comprendre tous ces messages ou essaye de leur donner une autre interprétation qui l’arrange mieux. Comment expliquer cette attitude ?
Le régime sait qu’il est dictatorial. Les aspirations de la population sont le dernier de ses soucis. Il croit qu’avec le recours à la répression, en renforçant ses mécanismes tels que la bureaucratie, l’instrumentalisation de la justice et les services de sécurité, il finira par contrôler la situation. Il dépense beaucoup d’argent pour acheter le silence du peuple. Aujourd’hui, cette politique s’est avérée vaine. Le régime a compris qu’il n’a aucune légitimité populaire et qu’aucune institution ne représente réellement le peuple. Il est conscient de tout cela, mais il s’obstine à diriger le pays selon la même logique adoptée depuis l’indépendance. Je pense qu’il a reçu tous les messages qui lui sont adressés et je souhaite qu’il accepte de réviser sa stratégie. Il faut qu’il accepte le passage à une transition démocratique, dont les mécanismes doivent être minutieusement étudiés et débattus.
Il y a deux choix : soit attendre une révolution comme celles de la Tunisie et de l’Egypte pour faire tomber le régime ; soit opter pour la sagesse et faire preuve de beaucoup de nationalisme dans la démarche pour le changement du système. C’est ce que proposent actuellement les organisateurs de la marche du 12 février prochain.
- Le ministre de l’Intérieur vient de rappeler que les marches sont interdites à Alger en anticipant sur l’action de la Coordination pour le changement et la démocratie…
La majorité des membres de la Coordination qui ont pris part à la dernière réunion ont décidé de formuler une demande d’autorisation de cette marche pour respecter les procédures légales. Mais nous allons marcher avec ou sans autorisation. Telle est la décision de la Coordination. Nous ne pouvons pas accepter des lois arbitraires décidées par les autorités qui ne cessent de trier les textes législatifs à appliquer et de passer sous silence le reste. Je rappelle qu’il n’y a pas de loi interdisant les marches et que l’état d’urgence est anticonstitutionnel. Un régime qui ne respecte pas ses propres lois est un régime déficitaire.

- Pensez-vous que la démarche de la Coordination aboutira à des résultats concrets, alors que certains de ses membres n’arrivent pas à dépasser leurs querelles partisanes ?
Il faut rappeler que l’idée de la création de cette coordination a germé suite aux dernières émeutes. A la Laddh, nous nous sommes réunis et nous avons dit qu’il fallait encadrer la manifestation de la jeunesse pour éviter les dépassements qui légitimeraient la violence du pouvoir. Nous avons décidé d’assumer nos responsabilités pour protéger les biens publics et privés et donner une image civilisée de la protestation en Algérie.
Des syndicats se sont joints à nous et nous avons signé un communiqué commun. Suite à cela, nous avons organisé une réunion à laquelle nous avons convié tous les partis de l’opposition. Nous avons appelé, à l’issue de cette réunion, à une marche pacifique pour demander la levée de l’état d’urgence et le changement du système. Nous ne voulons pas un remaniement du gouvernement qui serait synonyme d’un changement à l’intérieur du système. Ce n’est pas le gouvernement qui prend les décisions. Notre appel n’était pas destiné uniquement à l’opposition, mais également au régime. L’Algérie n’est pas prête à vivre d’autres violences politiques. La violence produira un système politique similaire à celui que nous dénonçons aujourd’hui.

- Le FFS et l’association RAJ se sont retirés de la Coordination. Ne pensez-vous pas que cette division de l’opposition sert beaucoup plus le régime ?
Le FFS est l’un des rares partis à avoir milité pour la démocratie depuis 1962. Il est l’un des rares à avoir inscrit dans son programme la lutte pour la levée de l’état d’urgence et le changement du système. Je respecte la position des amis du FFS, qui ont d’autres moyens de lutte. Mais toutes les formes de protestation ont un seul but : briser le statu quo. Chaque parti a le droit de choisir ses moyens de lutte et ses stratégies.

- La Tunisie, l’Egypte et d’autres pays moyen-orientaux connaissent actuellement des révoltes populaires. Comment expliquer ce réveil des peuples de la région ?
En Tunisie, le système était fermé. Le peuple tunisien s’est levé contre la dictature et les problèmes sociaux, tels que la corruption, le chômage… La révolution en Tunisie est celle du peuple. Contrairement à ce que pensent certains analystes, les puissances étrangères n’ont pas été les instigatrices de cette révolution. Au contraire, ces dernières préfèrent les dictateurs qu’elles gèrent à leur guise. C’est le cas aussi en Egypte. Ces révolutions sont celles des peuples et elles dépassent les partis et les sociétés civiles. La révolution en Tunisie peut influer sur toute la région. Mais il faut être prudent. Il faut encadrer ses révolutions pour produire des systèmes démocratiques.

- Les mêmes conditions qu’en Egypte et en Tunisie existent en Algérie. Selon vous, la révolution à la tunisienne peut-elle se reproduire en Algérie ?
Il est vrai que la corruption a touché toutes les institutions jusqu’au sommet de l’Etat. Les libertés sont inexistantes et la rue a déclaré son divorce avec le système. Donc on a les mêmes données. Mais pour parler de révolution, je pense qu’il faut prendre en considération la particularité du système algérien, qui est compliqué.
Le gouvernement n’est pas la source de décision. Le président n’est pas également le seul à prendre les décisions. Il y a des centres de décision invisibles qui décident ou qui participent à la prise de décision. Et quand le vrai pouvoir est invisible, la réussite de la révolution devient difficile. En outre, le régime algérien a adopté la politique de «diviser pour régner» ; il a divisé le peuple algérien. C’est pour cela que nous devons rester prudents. Nous avons la responsabilité de mener une révolution pacifique pour protéger l’Algérie en tant qu’Etat. Le régime, l’opposition et le peuple algérien doivent s’entendre sur une période de transition qui sera gérée par des gens crédibles. Je pense que c’est la voie à suivre pour en finir avec ce système qui dure depuis 1962.

Une soif de justice réveille le monde arabe

Par Agnès Rotivel, la Crois, 31/1/2011

Au fil des années, les dirigeants du monde arabe se sont coupés de leur population en privilégiant leurs intérêts personnels et en limitant l’exercice des droits de l’homme

Un manifestant égyptien hissé sur un réverbère, place Tahir, au Caire, dimanche 30 janvier (photo Hamra/AP).
Tunisie, Égypte, qui sera le prochain pays du monde arabe à exploser ? En Tunisie, le fruit était mûr. Il est tombé, tant la corruption avait gangrené le régime. Un diplomate en poste à Tunis note que les télégrammes de WikiLeaks, qui circulaient sur Internet traduits en arabe et en français, ont joué le rôle de révélateur.
« Les Tunisiens ont été confortés par l’analyse des diplomates américains. Ils se sont dits : “Si les Américains disent eux aussi que le régime est corrompu, c’est qu’on a raison” », explique-t-il. Aujourd’hui, les Tunisiens, tout ébahis de leur audace, parlent de « dignité retrouvée ».
Par son arrogance, son arrivisme et sa cupidité, le régime Ben Ali a « humilié » son peuple qui réclame aujourd’hui son dû : travail et liberté de parole. « Ici, c’est 1789 », soulignait un Tunisien la semaine dernière.
"C’est le réveil des sociétés civiles"

Après la Tunisie, l’Égypte à son tour est dans la rue. Pas seulement les jeunes diplômés au chômage parce qu’ils n’ont pas le piston nécessaire pour décrocher un emploi, mais des femmes qui réclament un avenir pour leurs enfants, des hommes qui ne peuvent plus subvenir aux besoins élémentaires de leur famille. Des Égyptiens révoltés par des parodies d’élections où toute opposition est muselée, comme cela a encore été le cas pour les législatives en novembre dernier.
On dit les dirigeants des pays arabes inquiets, ils ont des raisons de l’être. Leurs discours accusant les ennemis de l’extérieur – États-Unis, Israël, l’Occident – de fomenter la révolte n’ont plus cours. La révolte en Tunisie et en Égypte n’a rien d’idéologique.
De ce point de vue, le discours du président Hosni Moubarak, à la télévision vendredi soir, était surréaliste : il parlait de « souveraineté nationale », « sécurité des frontières », lorsque les Égyptiens réclamaient la liberté d’expression, la fin de la corruption et le partage des richesses.
« C’est le réveil des sociétés civiles et des classes moyennes mondialisées, analyse Yves Aubin de la Messusière, ancien diplomate, spécialiste du Proche-Orient. Ces sociétés aspirent à plus de liberté, à participer à un espace public confisqué par des régimes qui connaissent des crises de légitimité. Et dirigés, comme en Tunisie, en Égypte, au Yémen, en Arabie saoudite, par des leaders vieillissants. »
"C’est un programme démocratique et non idéologique"
Ces révoltes, dont les causes sont le plus souvent sociales, ne sont pas structurées, c’est là leur faiblesse. En Tunisie, en Égypte, il n’y a pas de leader de la contestation. Celle-ci est multiple. Même si, en Égypte, l’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Mohamed El Baradei, tente de s’imposer comme tel.
Les oppositions traditionnelles ont été absentes du mouvement. Soit parce que, en Tunisie, l’opposition islamiste a été écrasée par le pouvoir, soit que, comme en Égypte, l’opposition des Frères musulmans n’a pas vu venir la contestation et a pris le train en marche, après s’en être désolidarisée dans un premier temps.
Quand les manifestants descendent dans la rue pour réclamer la liberté et une vie digne, ce ne sont pas des slogans initiés par des partis politiques. « Ce qui est remarquable, c’est que les slogans qui ont poussé des milliers de gens à agir sont les droits de l’homme et du citoyen, la démocratie sociale et la justice économique. C’est un programme démocratique et non idéologique », souligne Paul Salem, directeur du centre Carnegie au Moyen-Orient, basé à Beyrouth. C’est là aussi leur faiblesse, sans leader capable de prendre la relève.
Tour d’ivoire
Les manifestants dans la rue sont connectés au monde. Quotidiennement, ils regardent les chaînes de télévision satellitaires. Des heures durant, rivés à leurs ordinateurs, Tunisiens, Égyptiens, Syriens, Palestiniens dialoguent sur Internet, bravent les censures, s’expriment sur des blogs. Dans les manifestations, ils se regroupent par SMS, Twitter. Ils sont ouverts sur le monde mais cadenassés dans leur vie de tous les jours.
Leurs leaders, eux, sont enfermés dans leur tour d’ivoire, entourés d’une cour qui leur renvoie l’image du pays qu’ils veulent voir. Des régimes le plus souvent corrompus, qui ont failli à développer un minimum de bien-être pour leur population, mais envoient leur famille et leurs enfants étudier à l’étranger, dans les meilleures universités, et mènent grande vie.
Pour Ghassan Salamé, professeur de sciences politiques à Paris, si le monde arabe est familiarisé avec la tyrannie depuis la décolonisation, il y a eu depuis trente ans une évolution calamiteuse. « Bourguiba et Boumediene (1) menaient une vie austère et ne considéraient pas l’État comme leur propriété », assure-t-il.
Pour cet expert du monde arabe, « c’est à partir des années 1970 que ces régimes ont commencé à se jeter dans le néolibéralisme pour le détourner à leur profit et établir une gouvernance corrompue en s’emparant de pans entiers de l’économie. » À qui le tour ?
(1) Le père de l’indépendance tunisienne, Habib Bourguiba, a gouverné durant trente ans à partir de 1957, et Houari Boumediene a dirigé l’Algérie de 1965 à 1978.

Maroc urgent : Appels du Capitaine ADIB

Par Mustapha ADIB, 1/2/2011

Bonjour,

Je m’appelle Mustapha Adib. J’ai été Capitaine dans l’armée de l’air au Maroc quand, en 1998, j’avais dénoncé la corruption qui sévit dans l’armée du Maroc par courrier au prince héritier de l’époque, Mohamed VI, et qui est actuellement le roi du Maroc.
Le mekhzen avait alors diligenté une enquête qui avait abouti à l’arrestation de 4 personnes dont 2 militaires et deux civils.
Juste après, j’ai fait l’objet de nombreuses brimades, punitions, mutations arbitraires, et prison militaire, comme vengeance des supérieurs de l’armée qui n’avaient pas apprécié que je dénonce des pratiques qu’ils ne cessent eux même de commettre pour s’enrichir frauduleusement, comme leur avait demandé Hassan II juste après le coup d’état raté de Skhirat en 1972.
J’avais tout fait pour faire cesser cette vengeance, y compris la réécriture à Mohamed VI qui était devenu roi entre temps. J’avais même fini par demander ma libération de l’armée. En vain.
Le responsable du cabinet du roi à l’époque, Fouad Ali Elhimma, se contentait juste de me dire de patienter… ce que j’avais fait pendant des semaines et des semaines.
Ne voyant rien venir pour me secourir de ce calvaire que je subissais suite à l’accomplissement de mon strict devoir d’officier, j’ai fini par rendre public le fait que l’armée au Maroc était corrompue et ce, sur les colonnes du journal Français Le Monde.
Avant même que l’article ne soit publié, j’ai été arrêté et séquestré sans jugement ou notification, dans une caserne militaire à 100m du bureau de Mohamed VI. En Janvier 2000, j’ai été présenté au Tribunal Permanent des Forces Armées Royales de Rabat pour des motifs imaginaires, à savoir « violation des consignes militaires » et « outrage à l’armée ». Après plusieurs audiences, ou tous mes droits ainsi que ceux de ma défense ont été systématiquement bafoués, j’ai été condamné à deux ans et demi de prison ferme.

Pendant, et après ce procès, j’ai fait l’objet de soutien d’un grand nombre d’associations internationales comme :
- Amnesty international m’avait adopté comme détenu d’opinion ;
- Transparency International m’a décerné le Prix International de l’Intégrité 2000 ;
- Le Groupe de Travail sur le Détention Arbitraire qui relève de l’ONU avait même conclu que ma détention était arbitraire et avait demandé au Maroc de me libérer immédiatement et sans condition, mais le Maroc ne l’a pas fait et a préféré que je demande la grâce au roi, chose que je n’ai pas faite ;
- La FIDH, l’OMCT, ASF, et autres
En quittant la prison après avoir purgé la totalité de ma peine, je n’ai pas pu trouver un travail au Maroc, malgré mon diplôme d’Ingénieur en Télécommunication et mon expérience dans les réseaux de télécommunication militaires.
Aujourd’hui, ma conscience m’interpelle concernant ce qui se passe au Maroc comme injustices et dérives. Et je crains que ce régime autocrate de Mohamed VI ne sache pas comment se comporter avec les Marocains s’ils étaient amenés à manifester comme c’est le cas dans les pays voisins. C’est pourquoi j’ai émis deux appels : le premier au roi, le deuxièmes à mes camarades de l’armée, et où j’explique de la façon la plus transparente, la plus directe et sans aucune hypocrisie la situation au Maroc telle que je la sens. J’y demande aussi au roi et à mes camarades d’armes de prendre chacun ses responsabilités.
Ces appels sont ci-joints, et je vous serai reconnaissant si vous voulez bien les publier ou les diffuser à la plus grande échelle possible.
Je vous remercie par avance.
Cordialement.
Mustapha Adib
Tél. +33 6 42 37 42 45 (en France)
Tél. +212 6 62 10 95 22 (au Maroc)
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Appel adressé à Mohamed VI, roi du Maroc
de la part de Mustapha ADIB Ex-Capitaine de l’armée marocaine :
Soyez intelligent et pro réactif pour l’intérêt effectif de tous.
Mohamed VI,
Comme vous le savez et comme le sait maintenant la majorité du peuple marocain, le bilan de la dynastie alaouite, dont vous êtes le représentant, est très négatif. Durant les règnes successifs des monarques alaouites, jamais les Marocains n’ont été respectés par leurs dirigeants. Ces derniers les ont toujours considérés comme un peuple inférieur, de second rang. Certains monarques en étaient tellement convaincus qu’ils avaient même livré le Maroc à l’étranger – le Protectorat – avec pour seul souci de rembourser leurs dettes personnelles contractées auprès de pays étrangers. Ces monarques pensent, pour des raisons mystérieuses, que le Maroc est leur propriété, et que les marocains sont leurs esclaves.
Le pire est que, même à notre époque, aucun monarque n’a eu le courage de reconnaitre les nombreux torts de cette dynastie qui s’est distinguée par de multiples faits de corruption, de dérives et de crimes. Aucun monarque n’a pu ou su réconcilier cette dynastie avec le peuple marocain, comme si celui-ci n’avait pas d’autre alternative que de passer sa vie à se soumettre à ses desiderata et à ses caprices et à vivre dans l’humiliation et l’indignité.
Ainsi, durant le règne de Hassan II, le peuple marocain en a vu de toutes les couleurs : dahirs à profusion, constitution taillée sur mesure, pouvoir absolu du roi, répression féroce du peuple, disparitions forcées des opposants, corruption généralisée, dilapidation de l’argent public par le palais et ses affidés, clientélisme omniprésent, etc. Quand le peuple voulait exercer son droit légitime de manifester, Hassan II n’hésitait pas à donner l’ordre à l’armée de l’époque, gendarmerie comprise, de tirer à balles réelles sur des manifestants désarmés. Des centaines de personnes sont mortes ainsi, des milliers d’autres blessées, sans compter les disparus.
Avant même que vous ne montiez sur le trône, le makhzen a tenté de donner de vous l’image d’un futur roi différent des autres : roi des pauvres, roi anti-corruption, roi anti-favoritisme et clientélisme, roi ouvert d’esprit, et j’en passe. Bref, le souverain qui allait réconcilier le peuple avec la dynastie alaouite.
Aujourd’hui, les Marocains n’ont plus de doute : tout cela n’était qu’une mascarade du makhzen destinée à vous assurer une transition maitrisée. Force est de constater que rien n’a fondamentalement changé pour eux et pour leur vie quotidienne.
Mohamed VI,
En tant que citoyen très attaché à mon pays, je ne souhaite pas voir des Marocains manifester comme en ce moment dans d’autres pays arabes et mourir par centaines. Je ne souhaite pas non plus revenir aux jours sombres du règne de Hassan II. Enfin, je ne voudrais pas que vous vous retrouviez dépassé par de graves événements. C’est pourquoi, sans préavis, j’ai décidé de lancer un double appel, à vous-même et à l’armée marocaine, en espérant que vous prendrez personnellement les décisions adéquates, loin des « conseils » de ceux qui tirent déjà profit de la situation actuelle. Loin également des conseils des partisans de méthodes sécuritaires archaïques.
Si ma démarche devait conduire à mon arrestation ou pire encore, sachez que j’en serais honoré. Car comme des dizaines de millions de mes compatriotes, je ne supporte plus les nombreuses injustices causées par votre régime et ses vautours.
Mohamed VI,
Je vous invite à prendre sans tarder les mesures attendues par l’immense majorité des Marocains, en vous priant instamment de ne pas tergiverser ou recourir à toutes sortes de prétextes ou d’excuses destinées à gagner du temps. Je vous demande ainsi d’annoncer sans délais :
1- Le début de consultations pour une nouvelle Constitution, ou, au moins, une réforme profonde de l’actuelle Constitution, en prenant en compte les aspirations légitimes du peuple marocain et notamment, la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Il faudra y reconnaitre la suprématie de la Constitution nationale ainsi que celle des Conventions Internationales sur le droit interne en cas de conflit.
2- Le début de consultations pour une réforme radicale de notre système judiciaire qui ne répond ni aux attentes des Marocains, ni à celles de nos partenaires étrangers. C’est toute la crédibilité du Maroc qui est également en jeu.
3- L’arrestation immédiate des personnes impliquées dans les affaires de corruption et de violation des Droits de l’Homme au Maroc, et le gel de tous leurs avoirs au Maroc et à l’étranger, en vue de les présenter à la justice. Ces arrestations ne doivent épargner aucune personne, quelle que soit son degré de proximité ou de collaboration avec la famille royale.
Mohamed VI,
Des décisions en ce sens, même si elles doivent être suivie d’autres, notamment celles relatives au social et à l’économie, contribueraient à calmer les esprits et à rétablir la confiance. Il est temps que vous choisissiez clairement et courageusement votre camp : celui du peuple. Vous devez bien le comprendre, Mohamed VI : choisir son camp après la révolte sera certainement trop tard. Un bon chef d’état est celui qui, en voyant la révolution se préparer, la provoque lui-même. Et il n’ya pas de honte en cela.

Vive un Maroc libre !
Vive un Maroc juste !
Vive un Maroc fraternel !
Vive le Maroc !
Mustapha Adib
Le 01/02/2011
- Ex-Capitaine de l’armée de l’air au Maroc ;
- Ancien détenu d’opinion suite à la dénonciation de la corruption au sein de l’armée ;
- Lauréat du Prix de l’Intégrité 2000 décerné par Transparency International ;
- Adopté par Amnesty International ;
- Soutenu par Avocats Sans Frontières, la FIDH, l’OMCT et HRW ;
- Objet d’une décision du Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire (ONU) demandant au gouvernement du roi du Maroc de libérer le Capitaine Adib immédiatement et sans condition, et que ledit gouvernement n’a pas daigné libérer avant l’exécution de la totalité de la peine de deux ans et demi ;
- Ingénieur en Télécommunication.
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Appel adressé de la part de Mustapha ADIB Ex-Capitaine
à ses camarades dans l’armée marocaine
Nous faisons partie du glorieux peuple marocain, et nous pouvons le montrer à tout moment, et à quiconque.

Chers camardes de l’armée marocaine :
Comme vous le savez, la majorité d’entre nous avait choisi l’armée par conviction, et essentiellement pour servir la patrie.
Malheureusement, une fois engagés, nous avons tous été confrontés à des pratiques qui non seulement n’avaient pas pour but de servir la patrie, mais au contraire, la desservaient et n’avaient plus rien à voir avec nos ambitions et nos valeurs. Personnellement, en dénonçant la corruption qui sévit dans l’armée pour que, entre autre, mes subalternes puissent bien manger et puissent accéder à tous leurs droits sans chantage, j’ai été condamné à la prison au lieu d’être promu. Cette prison a été un honneur pour moi, car mes subalternes m’apprécient pour ça à vie.
Aujourd’hui, après 12 ans de règne de Mohamed VI, et en toute franchise et responsabilité, qu’est ce qui a changé au Maroc ? On peut constater que la pauvreté a augmenté, tout comme la corruption, le favoritisme et le clientélisme, aussi bien au sein de l’armée que chez nos concitoyens civils. La fierté d’appartenir à l’armée se dissipe petit à petit à cause de la mauvaise gestion de Mohamed VI et de son entourage. Ne soyons pas dupes ou peureux, le roi a tous les pouvoirs pour remédier à cette situation. S’il n’a rien fait durant ces 12 ans, ce n’est pas seulement parce qu’il est mal entouré, c’est parce qu’il y trouve son compte aussi. Ne donnons pas l’impression que nous sommes lâches, car nous ne le sommes pas. Nos ancêtres ont déjà fait preuve de bravoure et de loyauté, comme lorsqu’ils avait arrêté les armées ottomanes à la frontière algérienne sans la présence d’un roi à leur côté, ou lorsqu’ils ont conquis l’Espagne alors que Tarik Ibn Ziad, qui les accompagnait, avait brulé tous les navires, sauf un seul qu’il avait gardé pour lui-même en cas d’échec.
Chers camarades,
Un roi qui se respecte, qu’il soit au Maroc ou ailleurs, est un roi qui d’abord respecte son peuple.
Un roi qui laisse pourrir ses officiers, sous-officiers et hommes de troupe, qui les condamne par des jugements abusifs et arbitraires en son nom dans un tribunal d’exception, qui de surcroit fait d’une telle armée corrompue le pilier de son régime absolutiste, qu’il soit au Maroc ou ailleurs, est un roi qui ne mérite aucun respect.
Des généraux qui fuient les champs de bataille, qui, dans leurs luxueux bureaux, passent leurs journées à voler les biens du peuple, ou sèment la terreur et la déception parmi les militaires et même nos concitoyens civils, sont des généraux qui ne méritent ni respect ni obéissance.
Chers Camarades,
Notre armée compte un grand nombre d’officiers, de sous-officiers et d’hommes de Troupe dignes et intègres. Ceux-ci sont régulièrement chassés et maltraités par ces hauts gradés corrompus. Faites confiance au peuple marocain et ne marchez pas au diapason de ces hauts gradés qui se remplissent les poches avec les biens du peuple marocain.
C’est pourquoi, le jour où il y aura une révolte au Maroc, si le roi ou ses généraux vous sollicitent, je vous implore, chers camarades, de ne pas ouvrir le feu sur nos concitoyens. Déployez-vous comme on vous le demandera, mais ne titrez pas sur vos familles. Je vous implore de protéger les femmes manifestantes qui sont nos mères, nos sœurs, nos filles et nos épouses. Je vous implore de ne pas ouvrir le feu sur nos jeunes, qui sont nos frères, nos fils et peut être les époux de certaines d’entre nous. Ces jeunes sont notre avenir, et s’ils se révoltent, c’est parce que ce régime, dirigé par Mohamed VI, n’a rien fait pour eux.
Je vous implore de ne pas obéir à tout ordre contraire à nos valeurs de défense du peuple marocain d’abord. N’ayez pas peur des pitoyables menaces de mise aux arrêts, de destitution ou de traduction devant une cour martiale, car leurs ordres ne seront pas justifiés. Ce sont eux qui, devant la volonté et la détermination du peuple marocain, finiront devant ces cours martiales. Ces ripoux, dont beaucoup dirigent notre armée, ont depuis longtemps sali notre image de militaires loyaux que nous sommes, et, par voie de conséquence, l’image du peuple marocain tout entier.
Il est d’ores et déjà temps pour le roi de choisir son camp : soit il veut être au côté du peuple et donc il doit entamer les réformes que celui-ci exige, soit il s’oppose au peuple, et dans ce cas là il ne doit pas compter sur l’armée qui est issue du peuple.
Mais s’il attend que la situation explose, il sera certainement trop tard.
Chers camarades,
Vive un Maroc libre !
Vive un Maroc juste !
Vive un Maroc fraternel !
Vive le Maroc !

Premières manifestations de solidarité avec les Tunisiens et les Egyptiens au Maroc

 Par Ignacio Cembrero El Pais, 31/1/2011

Des centaines de personnes dans la rue à Tanger et Fès pour se solidariser avec les Égyptiens et Tunisiens et protester contre la cherté de la vie
Les protestations qui parcourent le monde arabe sont arrivées ce week-end au Maroc, mais l'ont fait avec modération. Des centaines de personnes se sont jetées à la rue la nuit du dimanche à Tanger et Fès pour exprimer leur solidarité les Égyptiens et les Tunisiens, mais ils ont profité aussi pour protester contre la cherté de la vie. Les deux manifestations ont été dissoutes par les forces de l'ordre.
Convoqués par l'Association pour la Taxation des Transactions et de l'Aide au Citoyen (ATTAC), un groupe entre 100 et 150 personnes se sont concentrés dans la place centrale des Nations . : "Moubarak, Moubarak, l'Arabie Saoudite t'attend!", c'était l'un des slogans les plus répétés par les manifestants. Le roi Abdala d'Arabie Saoudite a accueilli, le 14 janvier, le président déchu de Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali, et si le chef d'État égyptien se voit obligé à quiter le pays il est probable qu'il finisse dans le même endroit.

À la même heure des centaines d'étudiants se sont jetées à la rue à Fès dont l'université est l'une des plus combatives du Maroc. Ils protestaient, entre beaucoup d'autres choses, pour le l'augmentation des salaires que le Gouvernement marocain a octroyé aux policiers.
Cet après-midi une troisième manifestation a été convoquée de plus devant l'ambassade de l'Égypte à Rabat. Avant que le président tunisien Ben Ali ne tombe, le Ministère de l'Intérieur marocain a interdit les concentrations de solidarité avec le peuple tunisien.
Un Mouvement Liberté pour la Démocratie inconnu a convoqué, finalement, dans le réseau social de Facebook des manifestations dans les principales villes marocaines pour le 20 février.
Dans une interview accordée à El Pais, le prince Moulay Hicham, le cousin germain du roi de Mohamed VI, affirme que "le Maroc ne sera probablement pas une exception". "Presque tous systèmes autoritaires seront affectés par la grande vague de protestations", ajoute-t-il.
La ministre espagnol des Affaires Etrangères, Trinidad Jiménez, a exposé hier à Bruxelles la thèse opposée. "Je crois sincèrement que la situation en Tunisie et en Égypte est clairement différente de la situation au Maroc", assura-t-elle. "(...) il ne faut pas oublier que le Maroc est un pays qui a déjà entamé, il y a quelques années, un processus d'ouverture démocratique".
"La dynamique de la libéralisation politique initiée à la fin des années 1980 [durant le règne de Hassan II] est presque épuisée", soutenait, par contre, Moulay Hicham dans l'interview.
Photos du sit in organisé avec succès par des démocrates marocains devant l'ambassade de l'Egypte à Rabat. Les organisateurs ont tenu à exprimer leur solidarité avec la révolution du peuple égyptienne contre la dictature.
Khadija Ryadi, la présidente de l'AMDH, et Samira Kinani membre du bureau central de l'AMDH, toujours au rendez-vous
 L'infatigable, Abdelhamid Amine.