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mercredi 11 décembre 2013

Israël : scandale après le refus d’accepter un don de sang d’une députée noire


Site du Mouvement démocratique arabe
"Résister à l'occupation, c'est vivre libre"

الثورة
 


 

mercredi 11 décembre 2013, par La Rédaction, Avec les agences de presse)
 
Le refus du Magen David Adom, l’équivalent de la Croix Rouge israélienne, d’accepter le don de sang de la députée noire d’origine éthiopienne Pnina Tamano-Shata a provoqué mercredi en Israël un scandale relayé par les médias.
La députée a voulu offrir son sang à l’occasion d’une opération de don organisée par le Magen David Adom dans l’enceinte du Parlement à Jérusalem. Mais une responsable de cet organisme, filmée et enregistrée par une caméra vidéo, lui a expliqué que "selon les directives du ministère de la Santé, il n’est pas possible d’accepter le sang spécial d’origine juive éthiopienne".
Selon les médias, le ministère de la Santé estime que le sang des juifs d’origine éthiopienne qui ne sont pas nés en Israël est susceptible de propager des maladies notamment le sida.
La députée s’est insurgée lors d’une interview sur la chaîne de télévision privée "10", contre "cet affront fait à toute une communauté en raison de la couleur de sa peau". "J’ai 32 ans, je suis arrivée à l’âge de trois ans en Israël, j’ai effectué mon service militaire et j’ai deux enfants, il n’y aucune raison de me traiter de la sorte", s’est-elle indignée.
Elle a rappelé qu’il y a 16 ans une grande manifestation de la communauté des juifs éthiopiens avait eu lieu à Jérusalem lorsque les médias avaient révélé que les autorités sanitaires se débarrassaient sans l’utiliser du sang donné par les membres de cette communauté.
"Depuis cette époque où j’ai moi même manifesté, rien n’a changé", a-t-elle déploré.
Après des consultations, les responsables du Magen David Adom ont indiqué qu’ils étaient prêts à accepter le sang de la députée, mais que celui-ci serait congelé et ne serait pas utilisé, a précisé le site internet Ynet.
Alerté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé la parlementaire membre de Yesh Atid, un parti centriste membre de la coalition, pour lui exprimer son "admiration" et indiqué qu’il allait faire examiner les directives à l’origine de cette affaire.
En tout, plus de 100.000 juifs d’Ethiopie ont immigré en Israël au cours des trente dernières années, notamment lors des opérations "Moïse" et "Salomon", en 1984 et en 1991.
Actuellement, plus de 120.000 Juifs éthiopiens, dont 80.000 nés en Afrique, vivent en Israël, où ils sont victimes de discriminations.
(11-12-2013 - Avec les agences de presse)


Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
http://www.Assawra.Info/spip.php?article10

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faites la demande à l’adresse : Assawra1-subscribe@yahoogroupes.fr

Quand Mandela était un «terroriste» pour l’Occident

Le passé rattrape les hommages d’aujourd’hui

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le 08.12.13 
 

Nelson Mandela, symbole et mythe de son vivat, est honoré de par le monde depuis l’annonce de sa mort.

Des hommages fusent de tous les coins de la planète ; chefs d’Etat, personnalités et opinions publiques sont unanimes à reconnaître les qualités de l’homme et la valeur du leader. 
Certains hommages sonnent toutefois mal aujourd’hui et confirment cette hypocrite attitude de ne reconnaître l’effort qu’après que le verdict de l’histoire ait prouvé qu’il est encore plus grand que les basses manœuvres politiciennes et les intérêts mercantilistes de quelques puissants. Où se trouvaient ces puissants lorsque Mandela luttait contre l’apartheid ? Où était l’Occident lorsque Madiba et ses compagnons se battaient contre un régime raciste et répressif ? Le soutien de l’Occident aurait été d’un grand secours pour éviter à Mandela 27 longues années de détention. Il aurait été le bienvenu pour mettre fin le plus tôt à la condition de sous-citoyens dans laquelle vivaient les Noirs sous le pire des régimes. Ce même Occident, héritier d’une longue histoire colonialiste, se trouvait du côté de ce régime. Il s’émeut aujourd’hui et verse des larmes de tristesse après la mort de celui qui a donné au monde entier une leçon de justice et de grandeur d’âme. Un homme qui, faut-il encore le rappeler, était considéré, avec ses compagnons du Congrès national africain (ANC), comme un terroriste.
Il n’y a pas si longtemps, Mandela, leader charismatique de la lutte contre l’apartheid, prix Nobel de la paix, héros de la réconciliation entre les Noirs et les Blancs, premier président de l’Afrique du Sud après la fin de l’apartheid, figurait encore sur la liste noire du terrorisme établie par les Etats-Unis. L’ancien président américain, Ronald Reagan, avait, dans les années 1980, introduit une législation classant l’ANC et tous ses membres dans la case «terroristes». Le pire est que le leader sud-africain a continué à figurer sur cette liste jusqu’en 2008, c’est-à-dire 18 ans après sa libération et 14 ans après son élection à la présidence de l’Afrique du Sud.  Simple oubli ou sceau de la compromission avec les vieux démons de l’apartheid ? Ce maintien de la mention de l’ANC comme groupe terroriste par les Etats-Unis renseigne sur la notion très approximative et opportuniste du mot «terroriste». Comment le combat juste de l’ANC pour la liberté et l’égalité peut-il être considéré comme du terrorisme ? La Grande-Bretagne considérait aussi l’ANC comme un mouvement terroriste et s’opposait fortement aux sanctions contre le régime de l’apartheid.
Le terrorisme devenant une accusation dont on affuble ceux qui sont dans le camp ennemi. Si la France n’a pas usé de ce qualificatif, elle a toutefois adopté une position ambiguë en soutenant l’embargo contre l’apartheid et en le dotant d’un autre côté de la puissance nucléaire, comme le souligne Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques cité par le journal Le Point. Jean-Luc Mélenchon, président du Front de gauche en France, s’est élevé contre des hommages hypocrites. «Des milliers de bonnes paroles vont se déverser sur la mémoire de Nelson Mandela par ceux qui, le reste du temps, n’hésitent pas à pourchasser les enfants Roms. Ils trouvent magnifique le combat qui a été mené autrefois, il y a très loin», dit-il pour dénoncer la montée du racisme en France. Et d’ajouter : «Dans un pays où des enfants mal élevés jettent des bananes à un ministre qui n’a pas la bonne couleur, il y a quelque chose de surprenant à voir cette unanimité se construire.»  Après sa libération, l’aura et la reconnaissance planétaire dont il a fait l’objet ne l’ont pas fait dévier de la défense de la justice et les droits de l’homme partout dans le monde. Il a autant dénoncé les attaques du 11 Septembre, que l’invasion de l’Irak et la guerre en Afghanistan. Il eut cette parole cinglante sur les Etats-Unis : «S’il y a bien un pays qui a commis les atrocités les plus innommables dans le monde, ce sont les Etats-Unis. Et ils ne s’en soucient guère.»
N. B.
 http://plan-paix-onu.blogspot.fr/2013/12/lelysee-defend-la-france-afrique-said.htmlhttp://www.elwatan.com//international/quand-mandela-etait-un-terroriste-pour-l-occident-08-12-2013-237743_112.php

Mandela / La Question musulmane...



Aux premiers moments de son investiture, Mandela appelle Farid Esack, un savant musulman Sud-Africain qui a combattu l'Apartheid, (il était mal vu par les Musulmans racistes qui soutenaient l'Apartheid et qui l'ont à plusieurs reprises menacé et inquiété...)

Mandela voulait être conseillé par Farid Esack, en ce qui concerne la communauté musulmane et ses revendications théologiques: "tribunaux musulmans", "commodités spécifiques"... Faut-il que les musulmans aient un espace spécifique dans la société nouvelle après l'Apartheid?
Non. La réponse du savant musulman Farid Esack était on ne peut plus claire: Les musulmans en Afrique du Sud jouissent de tous les droits et de la nouvelles citoyenneté. La religion (y compris l'islam) ne peut être un prétexte pour fonder une identité spécifique. Ni commodités, ni spécificités! La liberté du culte et de la pensée!
Voilà un savant musulman qu'on peut aisément qualifier de "Théologien de Libération"...

http://www.youtube.com/watch?v=eLa89XpbuSg

mardi 10 décembre 2013

Christiane Taubira sera notre invitée en direct sur Mediapart le mercredi 18 décembre

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Mediapart Live spécial TAUBIRA


              "En direct de Mediapart" exceptionnel 

                      avec Christiane Taubira


Mediapart vous propose de terminer l'année avec une soirée exceptionnelle, diffusée en direct de notre rédaction, mercredi 18 décembre, de 18 heures à 23 heures.
Pour cette occasion, notre journal sera totalement en accès libre de midi à minuit.
Trois débats seront consacrés au bilan de 2013, dont le principal autour de Christiane Taubira, ministre de la justice.


- Le premier débat, de 18 h à 18 h 50, sera donc consacré aux alternatives à gauche, autour des forces qui s'en revendiquent : le Front de gauche, représenté par deux de ses composantes, le Parti communiste et Ensemble ! (Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire), et le tout dernier nouveau venu, le parti Nouvelle donne, issu de Roosevelt 2012.

- Le deuxième débat, de 19 h à 20 h 30, sera consacré à la révolte bretonne des «bonnets rouges», autour de plusieurs de ses protagonistes, ouvriers, agriculteurs et petits patrons, avant de poursuivre par une discussion avec leur initiateur et leader, Christian Troadec, maire de Carhaix.

- Enfin, le grand débat final, de 21 h à 23 h, sera entièrement consacré à Christiane Taubira, ministre de la justice depuis le retour de la gauche au pouvoir, députée de Guyane de 1993 à 2012, ancienne candidate à la présidentielle en 2002 sous les couleurs des Radicaux de gauche. Face à la rédaction de Mediapart, elle s'expliquera sur son itinéraire, sa place au gouvernement, sa vision de la justice, le poids des discriminations et la persistance du racisme, sa conception de la politique, le chemin de ses engagements depuis l'outre-mer, la place qu'y occupe un imaginaire de la relation et du déplacement rétif aux uniformités et aux conformismes.


Rendez-vous sur ce billet de blog pour plus de précisions sur notre soirée live et ses invités.

Cinquante ans de fiasco de la « Françafrique »




Par LE MONDE, 4/12/3013
Jacob Zuma, président sud-africain, sera absent du sommet parisien convoqué par François Hollande à Paris les 6 et 7 décembre. Cela montre bien qu'il s'agit d'une de ces manifestations dont la Françafrique a le secret depuis cinquante ans : allégeance et préparation d'intervention militaire. Il en est d'autres : manipulation des opinions dans l'urgence, instrumentalisation des institutions internationales obéissent à des rituels réglés dont ni les observateurs extérieurs, ni les citoyens africains ne sont dupes !
Que n'a-t-on entendu encore récemment à propos de la Centrafrique, de la « somalisation » du pays à un début de « génocide » jusqu'à la « guerre contre le terrorisme » à venir à Bangui. Le Quai d'Orsay doit-il vraiment employer un vocabulaire aussi approximatif qu'irresponsable pour soutenir une politique d'interventions militaires ?

MANIPULATIONS DES SERVICES

A chaque fois, l'instrumentalisation des rébellions, les campagnes médiatiques, les manipulations des services précèdent le corps expéditionnaire. Un curieux unanimisme idéologique apparaît : éditorialistes va-t-en-guerre, « chercheurs » instrumentalisés, politiques suivant aveuglément la dernière aventure coloniale.

Une des étranges coutumes de ces guerres africaines semble venir d'un déni public qui relèverait de la psychanalyse collective : non, « ce n'est pas une aventure coloniale » ; oui, la « Françafrique est finie depuis longtemps » ; non, « cette fois c'est autre chose ». Unanimisme troublant qui, relu rétrospectivement, renvoie à l'étonnement sur ceux qui, à chaque fois, profèrent les mêmes billevesées. L'essentiel est là : 50 interventions militaires françaises en Afrique subsaharienne en cinquante ans !
Et ce, dans une grande continuité sarko-hollandiste, dans la lignée du « mollétisme » en Algérie, avec des innovations qui sont autant de régressions idéologiques. Certes la permanence d'hommes du « complexe militaro-colonial » aux postes-clés de l'armée et de l'Etat explique nombre de ces recommencements. Mais ces interventions entraînent la France dans une sorte de recolonisation accélérée, qui, par ses formes et sa dynamique, singularise notre pays par rapport aux autres puissances en Afrique.
Ce qui se passe au Mali n'est que la conséquence de la catastrophique intervention libyenne, aussi mal pensée qu'agie. Que dire de celle en Côte d'Ivoire, bombardant présidence et résidence, envoyant les forces spéciales arrêter Laurent Gbagbo, si ce n'est que depuis l'Algérie et le Cameroun, on n'a vu pareille opération, aux conséquences géopolitiques encore à venir ?
Car, selon l'expression du politologue Bertrand Badie, le risque à terme, devant la faillite d'Etats qu'on soutient militairement en obérant leur peu de légitimité péniblement acquise, est bien qu'ils cherchent dans un transfert violent vers le religieux une alternative au modèle en échec, et qu'ils se transforment en « sociétés guerrières ».
METTRE FIN À L'INADMISSIBLE
Ce qui paraît évident aux observateurs extérieurs, et qui, par autisme « françafricain », semble ignoré par les élites françaises… Croit-on que c'est par lâcheté ou ignorance que pas un seul grand pays européen n'a accompagné nos armées en Côte d'Ivoire, au Mali ou en Centrafrique ? De telles interventions sont impensables par exemple pour la Grande-Bretagne au Zimbabwe ou au Kenya.
 Jusqu'à quand abusera-t-on des expéditions militaires en terre africaine ? Quand retirera-t-on les bases françaises en Afrique que nous sommes les seuls parmi les Etats occidentaux à maintenir ?
Sans doute quand les princes qui nous gouvernent y seront obligés sous les pressions diplomatiques extérieures et les opinions panafricaines déterminées à mettre fin à l'inadmissible : cent cinquante ans de domination militaire et d'exploitation violente sous des formes diverses mais avec des résultats similaires – maintien de dictatures ou de « démocratures » savamment instaurées, entretenues, louangées. Demain, à l'Elysée, seront encore une fois reçus les autocrates, parfois héréditaires, des néocolonies africaines.recolon
François Hollande a le choix : s'inscrire dans cette continuité anachronique ou aider les peuples africains à se libérer ! Et si le départ des bases françaises doit se faire, un encouragement public aux démocrates africains, aux diasporas militantes et aux panafricanistes peut contribuer à faire tomber les honteuses tyrannies africaines d'influence française. Un changement maintenant est là aussi possible.
Michel Galy (Politologue, professeur de géopolitique à l'Institut des relations internationales (Ileri, Paris)) 
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/12/12/nelson-mandela-est-mort-mais-l-apartheid-est-

Hollande l’Africain, comme au bon vieux temps des colonies


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Par Noël Mamère, Député de Gironde,  10/12/2013
Trois évènements concomitants mais de nature différente, la disparition de Nelson Mandela, le sommet de l’Elysée, l’intervention des forces françaises en Centrafrique, ont permis de braquer les projecteurs sur le continent de toutes les ambigüités.
Le bal des hypocrites autour de la dépouille du militant intraitable, fondateur de l’ANC, qui fut emprisonné 27 ans durant dans les geôles de l’apartheid a atteint des sommets à Paris.
L’hommage de François Hollande, le nouveau parrain des guerres préventives contre le « terrorisme », rendu à Madiba au milieu d’une brochette de dictateurs africains, frisait l’indécence. Il y avait en effet de quoi être mal à l’aise à entendre le Président exalter un « tous ensemble » qui cachait mal la défense des intérêts stratégiques de la France dans cette partie du monde.

Nos amis les dictateurs

Nos amis les dictateurs torturent, emprisonnent et assassinent leurs opposants avec notre approbation, volent leurs peuples avec notre consentement muet, tandis que nous leur déployons le tapis rouge. Nous leur tissons des couronnes de lauriers pendant qu’ils vont se pavaner dans leurs « biens mal acquis », ces hôtels particuliers où, eux et leurs familles planifient leurs mauvais coups dans le dos de leurs peuples.
Il ne manquait plus que Jacques Foccart et Jean Christophe Mitterrand pour nous rappeler que la Françafrique continue de plus belle, contrairement à ce que veut faire croire la propagande du Quai d’Orsay. Loin de l’avoir reléguée aux oubliettes de notre histoire coloniale, François Hollande l’Africain lui a donné un nouveau souffle en ripolinant l’armée française et en requinquant les dictateurs.
Nous ne serions donc plus là pour soutenir les régimes corrompus, mais pour « sauver » les populations en détresse.

Cannibalisme

Mais qui continue à piller les ressources, qui exploite les mines d’uranium, qui rachète les terres, qui contrôle les ports et le transit des marchandises ? Qui a des bases militaires pour intervenir sur tout le continent ? Les patrons de Bolloré, Bouygues, Total, Areva et autres se frottent les mains. Sommes-nous obligés de défendre des entreprises comme Areva qui paient au Niger, un des pays les plus pauvres du monde, 70 millions d’euros par an de redevance alors que l’essentiel de l’uranium importé par la France provient de son sol ? Grâce à la Françafrique, nos parts de marchés peuvent être sauvegardées face aux Chinois ou aux Américains. Business as usual.
Le cas de la Centrafrique est de ce point de vue emblématique. Valery Giscard d’Estaing chassait avec Bokassa 1er, qui le récompensait en diamants. Comme le cannibalisme de ce dernier était trop voyant, on envoya quelques régiments s’en défaire en transportant dans un Transall, David Dacko, le gérant choisi par la France. Il fut renversé et, après quelques péripéties, François Bozizé, le nouvel élu de l’Elysée, prit sa place.

Montrer ses muscles

Celui ci ne fut pas le moins corrompu et répressif, mais il se heurta bien vite à Idriss Deby, notre ami tchadien, qui l’avait installé avec notre bénédiction. Incapable de réprimer les rebellions et les dissidents tchadiens arrivés sur son sol, Bozizé se heurta à Deby, qui arma des milices du Nord du pays regroupées sous l’étiquette politique de la Seleka.
Comme François Hollande préparait à cette époque l’envoi de troupes au Mali, il laissa Deby, dont il avait besoin pour repousser les groupes djihadistes, renverser l’autocrate centrafricain par Seleka interposée. Le chaos s’installa, milices du Nord et défenseurs de Bozizé s’affrontant dans une guerre de basse intensité où les massacres ethniques succédaient aux pogroms…
Une nouvelle fois, nous allons « libérer » la Centrafrique et dégager son Président, comme François Hollande l’a déclaré au sommet de l’Elysée.
Comment gèrerons nous un Etat en déliquescence totale, alors que pas un de nos partenaires européens ne veut nous suivre dans cette galère ? Quel pays est prêt à payer la reconstruction d’Etats que nous avons contribué à affaiblir par notre politique de prédateur depuis le temps des indépendances ? Quels sont les adversaires ? Quels sont les buts de guerre ? Une fois de plus, la France s’engage en Afrique, comme si elle était devenue un terrain de manœuvres militaires où l’on montre ses muscles sans définir les objectifs.

Comme au bon vieux temps des colonies

Nous ne faisons que perpétuer un mécanisme propre à l’Afrique de l’Ouest, avec le maintien du franc CFA, l’entretien des bases militaires permanentes et des réseaux d’obligés et de barbouzes. On pratique comme au bon vieux temps des colonies :
  • le lundi on vote les subventions de la PAC aux gros agriculteurs, qui revendent leurs stocks sur les marchés africains ;
  • le mardi les prix des produits alimentaires flambent, tandis que le bas coût des produits manufacturés, textiles ou autres, détruit la production locale ;
  • le mercredi, on met en place un mécanisme de la dette qui entraîne le paiement à l’infini de ses intérêts ;
  • le jeudi, on fait pression sur les États sous perfusion pour qu’ils privatisent les services publics afin de rembourser les intérêts de cette dette ;
  • le vendredi, le démantèlement de ces États, la baisse du pouvoir d’achat des paysans et des fonctionnaires mis au chômage par la hausse du prix des denrées alimentaires, provoque crises alimentaires et famines ;
  • le samedi, des émeutes éclatent, aussitôt suivies par des crises identitaires que renforce l’affrontement entre les partisans d’un islam financé par nos « amis » du Qatar et de l’Arabie Saoudite et les catholiques ou les évangélistes protestants contrôlés par les églises américaines ;
  • le dimanche, l’armée française, appelée à l’aide par des dirigeants aux abois, intervient pour remettre de l’ordre et repousser les milices un peu plus loin, étendant la crise qu’elle prétendait juguler.

Fallait-il intervenir dans ces conditions ?

Sarkozy avait créé un précédent avec la Libye : les groupes mercenaires touaregs ont essaimé au Mali. Chassés du Mali, ils se répandent dans tout le Sahel et, au-delà, dans l’Afrique centrale, du Cameroun au Nigeria. En Centrafrique les mêmes causes produiront les mêmes effets.
Fallait-il intervenir dans ces conditions ? Il peut paraître cynique de répondre non devant le consensus suscité par l’émotion que chacun a pu ressentir devant les images de la souffrance du peuple centrafricain.
Il faudra quand même un jour sortir de cette logique où l’on considère que notre devoir d’assistance et nos intérêts bien compris l’emportent toujours sur la souveraineté des peuples africains. Sommes-nous condamnés à jouer le rôle de pompier pyromane et de gendarme en Afrique ? Ce continent et ses peuples valent mieux que notre hypocrisie post-coloniale.
 http://blogs.rue89.com/chez-noel-mamere/2013/12/10/hollande-lafricain-comme-au-bon-vieux-temps-des-colonies-231892

"L’Élysée défend la France-Afrique" mais pas le peuple africain...

Par Hassane ZERROUKY, l'Humanité, 8/12/2013

Sur le Sahara occidental, Paris est contre le droit à l’autodétermination des Sahraouis parce qu’en cas de vote défavorable au régime marocain, ce dernier, qui a bâti toute sa légitimité sur cette question, s’effondrera. Voilà pourquoi il soutient le projet d’autonomie du Sahara occidental.

Pour Said Soughti, dirigeant de la Voie démocratique, le chef de l’État français se rend au Maroc pour défendre des intérêts mercantiles et non les droits de l’homme.
Est-ce que le Maroc « va dans le bon sens », comme l’affirme la France ?
Said Soughti : Pas pour le peuple marocain en tout cas. Le chômage a augmenté, les prix flambent, les retraites sont menacées. Le gouvernement envisage de supprimer la caisse de compensation qui permet de subventionner les produits de première nécessité. Sur le logement, c’est la catastrophe. En fait, le gouvernement applique à la lettre les directives du FMI, dont une délégation était en visite au Maroc.
Qu’en est-il de ces menaces sur le droit de grève et la répression en cours ?
Said Soughti : Si le dialogue social est inexistant, par contre, il existe un projet de remise en cause du droit de grève, afin de museler la contestation sociale, et faire passer aussi son projet de flexibilité du travail et de remise en cause de la retraite. Et ce en plus de la répression qui frappe les syndicalistes.
François Hollande compte justement aborder avec le roi Mohammed VI la question des droits de l’homme...
Said Soughti : Il ne faut pas être dupe : Hollande ne va pas au Maroc défendre les valeurs universelles de démocratie et de liberté, mais celles de la France-Afrique. Qu’il tienne ses engagements sur le droit de vote des étrangers en France, la lutte contre le racisme, qu’il facilite l’octroi des visas au plus grand nombre et qu’il prenne fermement position contre la répression et exige la libération de tous les prisonniers politiques au Maroc !
Il sera également question de la Syrie et du Mali ?
Said Soughti : Sur la Syrie, c’est aux Syriens de forger sans ingérence leur propre démocratie. Ce n’est pas à la France, ni au Qatar, ni à l’Arabie saoudite, deux pays antidémocratiques, à dicter ce qui est bon pour les Syriens. 

Quant au Maroc, c’est connu : c’est un serviteur loyal de l’Occident capitaliste. L’armée marocaine est une armée aux ordres qui a eu à intervenir en Afrique chaque fois que la France le lui a demandé. Sur le Sahara occidental, Paris est contre le droit à l’autodétermination des Sahraouis parce qu’en cas de vote défavorable au régime marocain, ce dernier, qui a bâti toute sa légitimité sur cette question, s’effondrera. Voilà pourquoi il soutient le projet d’autonomie du Sahara occidental.
Entretien réalisé par Hassane Zerrouky


Conférence des "premières dames" sur les violences sexuelles: une occasion ratée


Par Tirthankar Chanda,/RFI, Sommet de l'Elysée - 7/12/2013 



Les premières dames des chefs d'Etat présents au Sommet de l'Elysée, ont tenu une conférence au Musée d'Orsay, le 6 décembre 2013.
Les premières dames des chefs d'Etat présents au Sommet de l'Elysée, ont tenu une conférence au Musée d'Orsay, le 6 décembre 2013.
Ariane Poissonnier/RFI

A l’appel de la Première dame française, Valérie Trierweiller, les épouses de chefs d’Etats africains participant au sommet de l’Elysée se sont réunies au musée d’Orsay pour évoquer les brutalités commises contre les femmes dans les régions en conflits en Afrique et dans le monde.

  Malgré ses moments forts, cette conférence n’a pas réussi à produire un plan d’action concret pour mettre fin aux atrocités, la déclaration finale restant très décevante.

En marge de l’important rendez-vous convoqué par la France pour la paix et la sécurité en Afrique, s’est tenu dans l’après-midi du 6 décembre, au musée d’Orsay, à Paris, la conférence des Premières dames d’une quarantaine de pays. Elle portait sur la question douloureuse des violences sexuelles faites aux femmes dans les pays en guerre.

Les femmes ont été pendant longtemps les victimes ignorées des conflits en Afrique. Elles ont fait l’objet de viols systématiques et d’autres violences sexuelles pendant le génocide rwandais (entre 300 000 et 500 000 femmes violées), mais aussi en Sierra Leone, en Guinée et plus particulièrement dans la République démocratique du Congo (RDC) où des groupes armés très violents contrôlent l’est du pays depuis une vingtaine d’années. Le viol est utilisé comme une « arme de guerre » par ces groupes, a souligné Zainab Hawa Bangura, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit.

Un court-métrage pour sensibiliser
Prenant la parole, la Première dame de la France a rappelé sa prise de conscience de l’ampleur de ce problème lors de sa visite en juillet dernier de l’hôpital du Docteur Mukwege, à Panzi, dans la République démocratique du Congo, où sont soignées chaque année 3500 victimes. « On est dans la 20e année d’atrocités commises contre les femmes dans l’est de la RDC », a expliqué pour sa part Osvalde Lewat, co-réalisatrice d’un court-métrage sur les violences sexuelles en RDC. Projeté pendant la conférence, son documentaire d’une dizaine de minutes -qui donne la parole aux victimes-, a suscité beaucoup d’émotions et a marqué les esprits avec beaucoup plus de force que l’ensemble des discours prononcés devant ce parterre prestigieux composé de quelques-unes des femmes les plus influentes de la planète.
Malheureusement, malgré le poids des mots et le choc des photos, la réaction des premières dames n’a pas été tout à fait à la hauteur des enjeux, comme en témoigne l’appel lancé par les participantes au terme de l’évènement. La déclaration finale est décevante car elle se contente de dénoncer « la persistance intolérable des violences sexuelles » et d’émettre des vœux pieux appelant les Etats et les organisations internationales à prendre leurs responsabilités.

A. S. Nguesso: «Après un conflit, il faut réinsérer les femmes comme on réinsère les jeunes !»
 http://youtu.be/iPtq_a43sXoPubliée le 6 déc. 2013

Titres des articles parus sur http://blogspot.com du 1er au 7/12/2013.

Décès de Nelson Madiba Mandela. Son rayonnement inspire de magnifiques textes.
Le Maroc continue à gouverner à coup de déclarations mensongères. Un beau projet de régularisation des migrants et une répression féroce des Subsahariens qui le contredit. Au sommet France-Afrique  Hollande réunit les dictateurs et prétend régler avec eux le sort du continent. Le nouvel accord de pêche Maroc-EU est une grave régression.