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mardi 31 mai 2011

L'AMDH demande l'ouverture d'une commission d'enquête sur la répression à Bouarfa


الجمعـية الـمغربية لحــقـوق الإنــــسان ــ المكتب المركزي
Association Marocaine des Droits Humains – Bureau Central
العنوان: شارع الحسن الثاني، زنقة أكنسوس، العمارة 6، رقم 1،-الرباط -  الهاتف: 0537730961tel :  – الفاكس:0537738851 fax :
البريد الإلكتروني: amdh1@mtds.com email:  - الموقع الإلكتروني: www.amdh.org.ma SITE-WEB :
جـمعــيـة غير حكومية، تأسست في 24 يونيه 1979،،  معترف لها بصفة الـمـنـفـعــة العـامــة (مرسوم رقم 2.00.405 24 أبريل 2000)
ONG constituée le 24 juin1979, reconnue d'utilité publique (Décret n° 2.00.405 du 24 Avril 2000)



إلى السادة
الوزير الأول، وزير العدل ووزير الداخلية


الموضوع:
طلب فتح تحقيق في قمع متظاهرين بمدينة بوعرفة

تحية طيبة وبعد،

إثر الرد القمعي العنيف المقرون بالسب والشتم والكلام الساقط، على المشاركات والمشاركين في وقفات احتجاجية سلمية من تنظيم عدة جمعيات ونقابات، أمام مقر عمالة إقليم فكيك يوم 18/05/2011 بمدينة بوعرفة؛ لإثارة الانتباه إلى مطالبها، ولحث عامل الإقليم على الاستجابة للوعود التي قدمها في لقاءات سابقة معها، أقدم ثلاثة أعضاء من الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين على صب البنزين على أجسادهم وإضرام النار بها، نتج عنه إصابة عضوين هما: رشيد زياني ومحمد مكطوف، بحروق بليغة ، حملا على إثرها إلى المستشفى. وهو الحدث المروع الذي دفع ساكنة مدينة بوعرفة إلى الخروج في مسيرات احتجاجية تضامنية معهم، انطلاقا من الأحياء الشعبية، لتتعرض هي الأخرى لقمع شديد من قبل الأجهزة الأمنية، الأمر الذي خلف إصابات بليغة في صفوف المحتجين (أزيد من 40 حالة)، ولم يتم استثناء المارة من نساء وشيوخ وأطفال، بل وحتى تلاميذ إعدادية الفتح بحيث وقع الاعتداء عليهم داخل المؤسسة دون احترام حرمتها! كما تم تهديد المناضل الصديق كبوري عضو الجمعية المغربية لحقوق الإنسان من طرف رئيس الشرطة القضائية ببوعرفة داخل المستشفى أثناء تلقيه العلاج بعد إصابته في أنحاء عدة من جسمه!

إن الجمعية المغربية لحقوق الإنسان، وهي تتابع بقلق شديد واستياء كبير أطوار القمع الممنهج من طرف مختلف أنواع القوات العمومية للمواطنين ببوعرفة (نساء، شيوخا، تلامذة، معطلين، نقابيين، مدافعين عن حقوق الإنسان...) وهم يمارسون حقهم في الاحتجاج السلمي، تطالبكم بفتح تحقيق نزيه وشفاف في الانتهاكات التي مورست أثناء هذه الأحداث المأساوية من طرف المسؤولين الأمنيين، وتفعيل مبدإ عدم الإفلات من العقاب في حق كل من ثبتت مسؤوليته في قمع المواطنين؛ والالتزام باحترام المواثيق الدولية المصادق عليها من طرف بلادنا، ومن ضمنها العهد الدولي الخاص بالحقوق المدنية والسياسية المصادق عليه من طرف المغرب منذ 03/05/1979 والذي يقول في مادته 21 : "يكون الحق في التجمع السلمي معترفا به..."
وفي انتظار التفاعل الإيجابي مع هذه المطالب المشروعة، تقبلوا مشاعرنا الصادقة.

عن المكتب المركزي
الرئيسة، خديجة رياضي

Le mouvement 20 février, est –il récupéré ? Point de vue

Par Abdelmajid BAROUDI, 30/5/2011
(extraits)

Le prétexte qu’avance le pouvoir pour stopper la marche du mouvement 20 février et réprimer son élan ne doit pas passer inaperçu.
Le fait d’accuser ce mouvement d’être récupéré par des islamistes ou par la gauche radicale n’est à mon avis qu’une manière de légaliser le recours à la force contre non seulement le mouvement en marche mais aussi contre toute action sociale et citoyenne. S’agit t-il d’un réveil tardif de la part du pouvoir ?
En vérité la réaction violente des forces de l’ordre n’est que la traduction d’un manque de volonté d’apporter des réponses susceptibles de contribuer au vrai changement.

Dès le début des actions que le mouvement 20 février avait menées, tout le monde a compris qu’il s’agit d’une réinvention du politique. Ce mouvement s’est  distingué par rapport aux partis et organisations politiques. Son autonomie s’est caractérisée par le fait qu’il aspire à un État où les individus se sentiraient citoyens et donc responsables. Seul un régime politique démocratique est capable de mettre en œuvre cette aspiration. (...)

 En dehors de l’incapacité du pouvoir à récupérer le mouvement et sa misérable prise de conscience pour justifier l’injustifiable à savoir le recours à la violence, il lui faut donc alimenter l’amalgame (...) en vue de l’essoufflement de la contestation. On voit bien qu'il  ne fait pas exception en adoptant dans son discours les mêmes propos que d’autres régimes sud méditerranéens ont essayés. Finalement, la force du changement a montré que tout simplement, les gens désirent vivre décemment. (...)

L’identification au projet du 20 février qui a davantage besoin du soutien des forces démocratiques n’empêche pas de se questionner sur son devenir et se soucier de son autonomie.

lundi 30 mai 2011

La Commission Européenne informée sur les atteintes graves aux droits humains au Maroc


Par Saadia Elouallous, dans  "1 démocratie de plus dans le monde ", 30 /5/2011

Communiqué

Mouvement 20 Février, Coordination Paris/île de France
Communiqué à la presse 
et à l'opinion nationale et internationale

Étape 1: La commission Européenne informée de la répression au Maroc
Vendredi 27 mai à 19h00, malgré l’interdiction de la préfecture de Police de Paris, le mouvement marocain du 20 février la coordination Paris/IDF s'est rassemblée devant le Parlement Européen pour exprimer sa condamnation de la répression sanglante du régime Marocain des marches pacifiques du peuple Marocain en émancipation démocratique et pacifique.
Une délégation de jeunes du mouvement a été reçue, à sa demande, par Monsieur Renaud SOUFFLOT DE MAGNY ,responsable du service politique France de la commission européenne. Lors de cette rencontre,la délégation du mouvement a exposé les diverses formes de répression dont est victime notre peuple au Maroc assoiffé de dignité, de liberté et de démocratie. Aussi ont-ils rappelé les revendications légitimes du mouvement 20 février au Maroc.

La délégation de la coordination a remis une lettre ouverte à la Commission Européenne transmise aux groupes politiques du Parlement Européen, condamnant cette répression et demandant la prise en considération des exactions et des atteintes graves aux droits humains au Maroc pour le présent et l'avenir de l'accord d'association Maroc-UE .

Suite à cette rencontre et comme convenu, un dossier plus détaillé sur la répression sanglante des manifestations au Maroc est constitué et remis aux acteurs politiques de la commission européenne. Un dossier complet sera prochainement remis à toutes les organisations des droits humains et institutions démocratiquement élues en Europe lors d'une conférence de presse à venir.

Contact Presse:
Mouvement 20 février: coordination île de France:
contact@20fevrier.com


Casablanca, 29 mai 2011, spectacle révoltant au cours d'une marche populaire


UNE MÈRE, SON ENFANT ET UNE ARMADA RÉPRESSIVE

De : Ali Fkir , 30/5/2011
voir la suite sur :
http://lakome.com/politics/78-news-politics/5218-2011-05-30-12-40-35.html


PETITION POUR LA LIBERATION DES MILITANTS KABBOURI SADDIK ET MAHJOUB CHENOU

De Mhamed Khouya, 30/5/2011

Nous signataires, militants-tes démocrates au Maroc et à l’étranger, nous demandons la libération immédiate des militants démocrates KABBOURI Saddik et MAHJOUB Chenou de Bouarfa et exprimons notre solidarité totale et inconditionnelle avec les deux militants.

KABBOURI SADDIK
- Militant de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
- Coordinateur de Tansikia de Bouarfa : Coordination contre la cherté de la vie et la dégradation des services publics .
- Secrétaire général de l'union locale de la Confédération Démocratique du Travail CDT

MAHJOUB CHENOU
- Président du Syndicat des employés de la Promotion nationale
- Activiste au sein de la Coordination contre la cherté de la vie et la dégradation des Services publics

A DIFFUSER A GRANDE ÉCHELLE

 ENVOYER VOS SIGNATURE AUX ADRESSES SUIVANTES :

 Merci
Liste des signataires mise à jour :

Rappel : signez la pétition pour la libération de Zakaria Moumni !


URGENT : Pétition pour demander la libération du champion du monde Zakaria Moumni
Par Ayad Ahram, "Comité Libérez Zakaria Moumni"14/5/2011

Texte lu lors du rassemblement du 13/5/2011

Zakaria Moumni a décroché le titre de champion du monde en 1999 à Malte. A ce titre et comme le prévoit le décret du 9 mars 1967, il avait droit à un poste de conseiller sportif au sein de la Fédération marocaine. Lui, il n’en a pas bénéficié et quand il a osé réclamer ce droit, il s’est vu condamner à 3 ans de prison ferme, le 4 octobre 2010, dans un procès monté de toutes pièces. Il a été enlevé le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat à sa descente de l’avion en provenance de Paris où il vit depuis plusieurs années avec sa femme Taline Moumni. Il a été conduit discrètement, les yeux bandés, au centre de torture de Témara où il a subi les pires sévices. Sous la torture et les yeux toujours bandés, Zakaria a signé des documents qui vont le faire condamner dans un procès expéditif, tenu le jeudi 30 septembre 2010 sans avocat, ni témoins, dans une salle quasi vide. Son épouse, Madame Taline Moumni, n’avait aucune nouvelle de lui jusqu’à ce que Maître Abderrahim Jamai ait pris en charge le dossier. Elle a enfin découvert que Zakaria a été condamné pour « escroquerie » suite à une soi-disant plainte déposée par deux personnes de nationalité marocaine à qui il aurait promis un contrat de travail en Europe. Personne n’a vu ces « plaignants » qui ne se sont jamais présentés aux différentes audiences du procès. Les recherches effectuées par Maître Jamai et les demandes formulées pour une confrontation avec ces « plaignants » sont restées infructueuses.
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La défense de Zakaria Moumni se renforce
De Ayad Ahram, pour le comité, le 23/5/2011

Le comité « Libérez Zakaria Moumni »*, qui a été rejoint par l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH-Maroc), vous informe que désormais la défense de Zakaria Moumni est assurée par deux avocats de renom. Il s’agit de Me Abderrahim Jamaï au Maroc et de Me William Bourdon en France.
Humain Rights Watch (HRW) nous a fait part de la réponse des autorités marocaines  à la demande que l’ONG avait adressée à l’ambassadeur du Maroc à Washington concernant l’incarcération du jeune Champion Zakaria Moumni. Dans cette lettre-réponse, les autorités marocaines réaffirment la thèse officielle selon laquelle, Zakaria Moumni, a été condamné à 3 ans de prison ferme pour « avoir escroqué » deux citoyens marocains qui auraient déposé plainte contre lui et qui l’auraient reconnu parmi d’autres personnes qui leur auraient été présentées. Elles affirment
également que la procédure judiciaire a été respectée et que la famille de Zakaria a été mise au courant dès son arrestation.
Nous rappelons à ce sujet que la famille Moumni est restée sans nouvelles de Zakaria du 27 septembre 2010, date où il a été enlevé à l’aéroport de Rabat, au 1er octobre 2010, quand Me Abderrahim Jamaï, chargé entre temps par la famille, a découvert qu’il a été condamné le 30 septembre 2010 sans avocat,
ni témoins et en l’absence des soi-disant plaignants.
Faut-il rappeler également que Me Abderrahim Jamaï n’a toujours pas réussi à connaitre les deux « plaignants » ?
Nous vous rappelons que le comité a mis en place un site Internet www.liberez-zakaria-moumni.org dédié à cette affaire et où vous pouvez trouver toutes les informations relatives au procès inéquitable intenté à Zakaria Moumni ainsi qu’une pétition que vous pouvez signer en solidarité avec lui.

* Le comité de soutien est composé de :
La famille Moumni, représentée par Mme Taline Moumni
L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)
L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
Les Amis de l’AMDH-Paris
Le Forum Marocain Vérité et Justice-Section de France (FMVJ-France)
L’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
L’Association des Marocains en France (AMF)
La Voie Démocratique (VD)
Le Parti de l’Avant-garde Démocratique et Socialiste (PADS-Fédération d’Europe)
Le Forum pour la Solidarité et la Citoyenneté des Marocains à l’Etranger (FSCME)
Le Parti Socialiste Unifié (PSU)

L’antinomie de la monarchie marocaine et de la démocratie

par Aziz Enhaili, Chroniqueur de Tolerance.ca, 26/5/2011

À l'heure où le vent de liberté souffle très fort sur le Maroc se pose plus que jamais la question du rapport de la monarchie marocaine à la démocratie. Les royalistes n'hésiteront pas à prétendre qu'elles sont toutes les deux compatibles. Mais est-ce vraiment le cas?

En 1956, le Maroc est devenu indépendant. Cinq années plus tard, Hassan II (1929-1999) succède à son père, Mohamed V (1909-1961). En 1999, il cédera à son tour le pouvoir à son fils aîné, Mohamed VI (1963-). À entendre Hassan II et son digne héritier, on pourrait croire que leur régime royal est une démocratie. Mais en fait non seulement ce régime ne l’est pas, mais de plus il en est antinomique (au sens kantien). Antinomie à trois niveaux. D’abord, au niveau des principes philosophiques fondateurs des deux types de régime politique. Ensuite, au niveau de leurs modes respectifs de fonctionnement. Enfin, au niveau de leurs retombées sur la gouvernance dans son ensemble.

Imperium populi adversus regis voluntati
Le sens commun veut que la démocratie soit le «gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple». Autrement dit, dans ce type de gouvernement, la souveraineté appartient en définitive au peuple. En plus d’être l’ultime arbitre entre une pluralité d’élites politiques, munies notamment de machines politiques et engagées en compétition, à intervalles assez réguliers, pour accéder ou conserver le pouvoir (dans un contexte polyarchique), c’est lui la source du pouvoir et l’unique garant de la légitimité de son exercice. Donc, en dehors du peuple et de sa libre volonté, aucun exercice du pouvoir ne peut prétendre à une quelconque légitimité. Cette conception moderne du faire de la politique est une rupture avec la Grande Tradition qui prévalait notamment en Europe et qui prétendait que Dieu serait la source du pouvoir et de sa légitimité.
Le régime politique marocain trouve quant à lui la source de sa légitimité non dans cette conquête moderne qu’est la souveraineté du peuple, mais dans une tradition remontant à plusieurs siècles et sans cesse «manipulée» (au sens de la sociologie des acteurs). Selon l’idéologie d’État, le roi marocain est avant toute chose l’arrière-petit-fils du Prophète de l’islam, Mohamed. Cet élément généalogique chérifien est crucial dans le contexte d’une société marocaine à la fois profondément islamisée et encore assez segmentarisée. La mémoire collective garde frais le récit sans cesse «travaillé» de l’épopée d’Idriss ben Abdallah (futur Idriss I, fondateur du royaume Idrisside), ce fugitif fuyant alors le puissant calife abbasside et se réfugiant dans une tribu amazighe, les Aouraba, où il a pris femme, Kenza, et levé des partisans qui vont l’aider à fonder officiellement le premier royaume musulman au Maroc. Cette aventure peu banale, et dont certains aspects ont été à coup sûr romancés pour les besoins de la propagande de tout État chérifien au Maroc, est ressassée dans différents manuels scolaires d’État, entre autres, dans le but de montrer que c’est grâce à un descendant de la lignée chérifienne que ce pays a pu pour la première fois de son histoire islamique disposer d’un pouvoir qui lui a garanti l’indépendance politique vis-à-vis de Bagdad, siège de l’empire abbasside. Ce récit d’État mêle subtilement idéologie chérifienne et fierté nationale.
À cette source de légitimité traditionnelle du pouvoir monarchique, à savoir la généalogie chérifienne, s’ajoute un autre élément, tout aussi crucial.
Au moment de la succession dynastique, l’ensemble des notables du pays ou qui en tiennent lieu (princes, ministres, hauts fonctionnaires, hauts gradés de l’armée et des services de sécurité, chefs de partis politiques, députés, leaders de syndicats, oulémas, etc.) font le serment d’allégeance (bey’a) et d’obéissance au nouveau souverain chérifien. Ce faisant, ils s’engagent à obéir à toutes ses décisions.
Ce serment de fidélité est répété une fois par année et selon un rituel immuable. À chaque année à la télévision d’État, on peut voir des membres de la gotha de la nation ainsi que des notables de moindre envergure, des centaines de personnes en fait portant des djellabas blanches et s’inclinant comme un seul homme devant le passage d’un souverain alaouite juché sur un étalon et seul à être protégé du soleil par son parasol, pendant que des employés du Palais royal entonnent le cri que tout Marocain a entendu au moins une fois dans sa vie: «Allah ibarek f’âmar Sidi» («Que Dieu bénisse la vie de mon Seigneur»). Signe de sa toute-puissance face à des notables à la servitude volontaire affichée. Cette scénarisation de la soumission du gotha marocain peut être ressentie par les uns comme une humiliation et par les autres comme une marque de déférence à l'égard du souverain.
Ce cérémonial voudrait faire croire à la similitude entre le geste makhzénien (nom donné au pouvoir au Maroc) d’aujourd’hui et le moment fondateur qui avait vu les compagnons du Prophète lui faire allégeance. Mais il n’en est rien. À l’époque fondatrice, il s’agissait, non comme aujourd’hui de la scénarisation d’un rapport inégalitaire de soumission, mais tout au plus de sceller une alliance entre clans et groupes ayant besoin les uns des autres, dans la fidélité aux traditions tribales ancestrales.

Partage ou monopole du pouvoir politique
Dans tout régime démocratique, le pouvoir est considéré comme une ressource politique destinée à circuler de manière régulière, lors d’élections libres et crédibles, entre différents groupes d’élites politiques. Au peuple électeur de trancher entre les différentes offres politiques faites par une multitude et une diversité d’acteurs. Quitte à rectifier son «erreur» au moment du scrutin suivant.
Le partage du pouvoir et la séparation des pouvoirs constitués (exécutif, législatif et judiciaire) permettent d’atteindre une situation d’équilibre fort appréciable pour l’ensemble de la communauté politique nationale. D’ailleurs, en se dotant d’une presse libre et réellement indépendante, celle-ci se donne plus de moyens pour contrer tout éventuel excès de pouvoir et toute dérive corruptrice de la part des puissants du moment.
L’avantage de cette méthode démocratique est également de permettre la circulation pacifique et donc le partage du pouvoir à intervalles réguliers entre différents groupes sociaux. Évitant à la société des bouleversements politiques éprouvants pour l’ordre sociopolitique en place et lui permettant, au passage, une stabilité nécessaire à tout projet de développement économique de longue haleine.
Dans le contexte marocain, on a un régime de monarchie absolue de droit divin avec une Constitution. Le roi monopolise tous les pouvoirs. Il désigne le Premier ministre, exerce un droit de veto sur toute liste ministérielle et contrôle l’agenda gouvernemental. Le Parlement est une Chambre d’enregistrement de la volonté du souverain. La justice dépend de lui. Elle est chargée, entre autres, du contrôle de la constitutionnalité de toute loi votée par le Parlement. Rien ou presque ne peut se faire sans ou contre la volonté royale.
Étant considéré comme une personne sacrée, le souverain n’est redevable devant personne, alors que tous le sont devant lui. Il n’est donc nullement justiciable. Tout ce qu’il peut dire ou faire est frappé du sceau de l’immunité totale. En revanche, tout Marocain s’aventurant dans la critique ou la caricature du roi se heurte aussitôt aux courroux de la justice royale. En l’absence de la liberté de la presse, tout titre ou journaliste s’avisant de toucher aux «lignes rouges» (la monarchie, l’islam et la question du Sahara occidental) sont ipso facto passibles d'harcèlement, d’intimidation, de représailles, d’asphyxie financière, sinon de lourdes peines d'emprisonnement de la part d’une justice aux ordres. Même les députés ne sont pas à l’abri de la levée de leur immunité en cas de propos susceptibles d’être jugés irrespectueux à l’égard de ces tabous du régime royal.
Les élections législatives sont au Maroc l’occasion, non d’une sélection populaire des nouveaux dirigeants du pays, mais plutôt le moment de cooptation de membres dociles d’une élite politique abonnée au consensus du régime autoritaire. À cette occasion, le ministère de l’Intérieur, grand architecte de l’ingénierie électorale, négocie des quotas avec les chefs des différents partis électoraux en vue de partager entre eux les sièges de l’Assemblée, tout en gardant la majorité absolue des maroquins entre les mains de forces traditionnellement loyalistes.
Le souverain peut, en toute liberté, désigner (et démettre) le Premier ministre de son choix. Quelle que soit l’affiliation partisane de celui-ci, il ne peut nullement appliquer le programme que son parti a défendu au cours de la campagne électorale. Son rôle consiste uniquement à mettre en œuvre le programme royal. Ne contrôlant pas les attributs de la force publique, sa marge de manœuvre est strictement réduite. Dans ces conditions, les affiliations partisanes perdent de leur force symbolique.
Dans un contexte d’absence d’alternance au pouvoir, puisque celui-ci se confond avec le corps (et la personne) royal(e), et de marge de manœuvre limitée du Premier ministre et des autres membres de «son» gouvernement, on a pris conscience au Maroc du fait que peu importe la personnalité et les qualités du Premier ministre désigné, cela ne changera rien aux politiques royales en vigueur, aussi contestables soient-elles. D’où une participation électorale de plus en plus décroissante.
Dans un tel contexte, il ne faudrait pas s'étonner de voir répandue une culture de laisser-aller et d’irresponsabilité à tous les niveaux. Ni de constater la généralisation de la corruption à tous les niveaux de l'État. D'ailleurs, un des télégrammes de WikiLeaks a révélé que même l'entourage royal n'y échappe point.
**
À l'heure du «Printemps arabe», les yeux sont tournés vers le Maroc. Dans ce pays, a fleuri un mouvement réformiste plaidant de bonne foi en faveur d'une monarchie parlementaire. Mais la couronne acceptera-t-elle de démocratiser son régime autoritaire? Ou au contraire choisira-t-elle l'escalade?

Une autre manière de dire la même chose...et la suite

Le Seigneur des Animaux : Le Retour du Baston 
Par aboulahab, C.D.J.M., 30/5/2011

Un Tyran pour les gouverner tous,

Un Tyran pour les trouver.

Un Tyran pour les amener tous,

Et dans les ténèbres les lier,

Au Pays du Zen-Môkh-Äl où l'ignoble est Roi.

Dans une contrée lointaine, au-delà des rivières et derrière les montagnes, vivaient les Grand Hommes du Sud sous le joug d'un tyran terrible et rusé. Ses ancêtres avaient bâti leur Empire grâce à la magie maléfique du Zen-Môkh-Äl qui procurait à l'Empereur le pouvoir de maîtriser et de Commander tous les animaux du pays. Ceux-ci se nourrissaient à sa main, qu'ils ne manquaient pas de lécher en signe de soumission. En contrepartie, ils protégeaient le tyran contre les Grands Hommes du Sud : les chiens mordaient, les renards planifiaient et les meutes de loups pillaient en prétendant lever l'impôt. Une fois par an, les animaux renouvelaient leur soumission dans des cérémonies solennelles et médiévales, où la verticalité est un crime de lèse-majesté : La bénédiction qu'ils reçoivent est proportionnelle à l’élasticité de leur colonne vertébrale.

A l'origine, ces animaux furent nés humains, mais ils ont fait le choix spontané de se mettre une laisse autour du cou, se défaire de leur dignité, contre un soupçon de pouvoir et une poignée d'argent. D'autres sont tombés encore plus bas, en défendant l'Empereur et ses animaux sans aucune forme de rémunération.

Cette lignée de dictateurs, mi-[o]dieux mi-tyrans, avait réussi à transformer, patiemment, méthodiquement, ce magnifique pays en un (putain de) bordel à ciel ouvert. Leurs seules ambitions étaient la survie de leur couronne et l'expansion de leur fortune. Pendant ce temps, dans les montagnes, les Hommes du Sud mourraient de froid, la misère habitait la rue, et les chiens enragés mordaient ceux qui osaient se lever contre l'injustice impériale.

Un de ces jours mélancoliques d'hiver, un murmure de soulèvement, surgissant de partout et de nulle part, assourdissait le Zen-Môkh-Äl et menaçait sa survie. Le murmure était tel que, si l'on faisait taire une bouche, des dizaines d'autres s'ouvraient, criant désormais leur mécontentement. Surpris, pris de panique, le Makhzen est tombé de déni, prétendant que la Main Invisible de l'Ennemi (une espèce de créature mythologique, ubique, vivant derrière le désert ou après les mers) les guide et les oriente. Il ne pouvait pas faire appel aux gorilles armés pour abattre les Hommes, comme il a toujours fait. Ses jours étaient désormais comptés, Une lueur d'espoir brillait au fond du tunnel.

Mais les renards, les têtes pensantes de cet empire, ne tardèrent pas à trouver un plan diabolique pour mettre fin à cette rébellion. Ils prétendirent vouloir changer, sincèrement, tout en demandant un délai, une grâce, le temps de s'organiser et de se réformer. Un pacte implicite aurait été établi, selon lequel les Hommes voudraient bien garder à leur tête le Seigneur des Animaux, si celui-ci promettait de repartager ses pouvoirs illimités. Ils lui offraient ainsi une issue honorable et la sauvegarde de ses titres et sa fortune.

Certains des grands Hommes du Sud, un peu bêtes et peut-être naïfs, accordèrent au Tyran la présomption de bonne foi. Il en est ainsi de ceux qui refusent de lire l'Histoire : ne savaient-ils pas que Zen-Môkh-Äl avait déjà trahi leurs ancêtres, qu'il avait même vendu le pays aux étrangers ?

Soudain, probablement rameutés par leur Seigneur, les animaux retrouvèrent leurs instincts primaires, et organisèrent une battue policière pour se venger de ceux-là même qui voulaient racheter leur liberté avec leur propre sang. Ils furent terribles et sanguinaires, mus par une rage et une haine profondes contre les Hommes demeurés libres et dignes. Certains hommes, mi-soumis, mi-cons, et entièrement ridicules, ont soutenu et chanté à la gloire de ces fauves dans un spectacle abject et navrant.

Un jour, le Seigneur comprendra qu’il est impossible, par définition, de gouverner des Hommes sans leur consentement. Il sera peut-être trop tard pour lui.

http://wp.me/pYt3l-9I

UMT : Sit in de protestation à Larache


الاتحاد المغربي للشغل
الجامعة الوطنية لعمال وموظفي
الجماعات المحلية
فرع بلدية العرائش


Union Marocaine du Travail 

Fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales

Section municipalité Larache

بــــــــلاغ
انسجاما و قرار الجامعة الوطنية لعمال و موظفي الجماعات المحلية، و تضامنا مع موظفات بلدية العرائش المعتصمات مند 11 ماي 2011 من أجل إنصافهن و حل مشكلتهن.
وفي ظل هده الوضعية الشاذة للموظفات المعتصمات: سعاد نور، ليلى ويداد، أسماء النشو، رحمة الغشاوي و منى السفياني، جراء الحيف الذي طالهن، و الاستهتار و التماطل في تسوية وضعيتهن الإدارية و المالية.
خاضة الشغيلة الجماعية إضرابا أيام 25، 26 و 27 ماي 2011،مع تنظيم وقفة احتجاجية ناجحة من طرف فروع الجامعة بجهة طنجة تطوان يوم الأربعاء 25/05/2011 أمام مقر عمالة العرائش.


Photos de sit-in de solidarité et protestation le 25 mai 2011.



Maroc : Malgré la répression, la résistance ne faiblit pas

Par Ali Fkir, 28/5/2011
A Mohammedia : sit in du 28 mai

Les bidonvillois-es n'ont voulu en aucun cas annuler leurs sit in du 28 mai 2011
Tous, surtout les jeunes et les femmes, ils commencent à prendre conscience de leur force. Ils le disent: si les forces de répression osent s'attaquer aux bidonvilles, ce sera l'embrasement général.
Vivre dans un bidonville ou en prison? kif kif ! pas de différence!
Vers 18 h du 28 mai, les habitant-es des 2 grands bidonvilles de Mohammedia, Al Bradaâ et Al massira sont sortis simultanément dans leurs douars manifester leur colère, revendiquer leurs droits les plus élémentaires et en premier lieu le droit à un logement décent.
Les deux bidonvilles étaient quadrillés par des forces de répression. Il fallait les empêcher d'aller plus loin.
Malgré l'armada répressive, les Casablancais-es n'ont pas reculé le 28 mai 2011
LA RÉSISTANCE, RIEN QUE LA RÉSISTANCE. LA LUTTE SUR LE TERRAIN.
LE RESTE C'EST DU BLA BLA

A Salé, le 29/5/2011
Les habitants du quartier populaire El Oued ont contribué énormément au succès de la marche décidée par les jeunes du 20 février de la ville, et cela malgré le quadrillage, la répression, les arrestations.
A signaler des blessés et quelques arrestations.
Les jeunes de 20 février se sont retrouvés au local de la CDT (à Salé) pour évaluer la situation et exiger la libération des détenus. Les forces de répression ont  encerclé le local

Photos sit in d'Al Massira

Photo sit in Al Bradaâ

Sahara Occidental : L’ONU, complice par la faute de la France

par Wikipedia,  22/5/2011

Selon Wikipedia, l'Organisation des Nations Unies (ONU) est la plus grande organisation internationale existante. Elle est définie comme une association de gouvernance mondiale qui facilite la coopération sur des questions comme le droit international, la paix et la sécurité internationales, développement économique et social, affaires humanitaires et droits de l'homme.

Mais les faits ont montré que l'ONU est devenue un jouet entre les mains des puissances mondiales.

Quand le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance, l'ONU, à travers son porte-parole, a soutenu l'indépendance à condition que le Kosovo reste sous la supervision de l'OTAN, une autre entité contrôlée par les superpuissances occidentales.

Dans l'éternel conflit entre Israël et la Palestine, dans lequel les États-Unis soutient Israël, il y avait une fuite dans laquelle un fonctionnaire de l'ONU avait affirmé que, dans ce conflit, cette organisation est devenue impartiale parce que l'ONU même était en train de mettre des obstacles face à la création d'un Etat palestinien.

Au Sahara Occidental, un autre conflit s’éternise à cause de la complicité d’une puissance européenne, la France, avec le Maroc, pays qui, à cause de ses velléités expansionnistes, menace la paix et la stabilité dans la région depuis plus de 35 ans.

La France met à disposition du gouvernement marocain son droit au veto pour lui permettre de poursuivre sa politique de répression, assassinats et violations des droits de l’homme dans toute impunité. Situation favorisée par le black-out imposé par Rabat sur les territoires occupés du Sahara Occidental.

Mercredi dernier, le logement de la famille Dambar a été saccagé, sa famille brutalement agressée ainsi qu’un groupe de citoyens sahraouis venus manifester leur solidarité avec la famille du jeune Said Dambar, mort d’une balle dans la tête tirée par un policier marocain.

Après le massacre de Gdeym Izik perpétré au mois de novembre dernier, le Maroc attaque de nouveau à peine un mois après que le Conseil de Sécurité ait demandé aux parties de « continuer de faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin d’engager plus résolument des négociations de fond » dans sa résolution 1979(2011) adoptée à l’unanimité le 27 avril 2011.

De nouveau, l'ONU, représentée par le son Secrétaire Général, Ban Ki-moon, ne réagit pas. Va-t-il demander au Conseil des NU pour les Droits de l’Homme d’envoyer une mission d’enquête comme l’a demandé le président sahraouis, Mohamed Abdelaziz dans sa lettre.

Où est l'organisation qui lutte pour les droits de l'homme et l'instauration de la paix? Pourquoi laisser des milliers de Sahraouis à la dérive et laisser le Maroc porter atteinte aux droits des citoyens sahraouis mais aussi aux droits des citoyens et des journalistes du monde entier en imposant la loi du silence et en mettant en marche sa machine de désinformation pour cacher la vérité de ce qui se passe dans ce territoire ?

La réponse, il faudra la chercher à l’Elysée.

dimanche 29 mai 2011

L'État marocain pris en flagrant délit d'illégalité : Omar Radi, victime de la terreur

Les méthodes policières marocaines en deux actes

par Omar Radi, journaliste, jeune du 20 février, 29/5/2011
C’est la troisième semaine que le Mouvement du 20 février au Maroc subit de plein fouet les foudres du régime politique marocain, à travers ses appareils répressifs et idéologiques, qui ne servent qu’à liquider toute aspiration des forces vives du pays, particulièrement sa jeune génération, à l’émancipation, à la liberté, et à une démocratie réelle.
A Rabat, ayant enregistré plus d’une centaine de blessés lors des manifestations brutalement réprimées des 15 et 22 mai derniers, le mouvement, ainsi que les organisations qui le soutiennent, ont décidé d’organiser, ce samedi 28 mai, un sit-in devant le parlement pour condamner la répression policière à l’encontre de ses militants. 
Après avoir interdit le sit-in pacifique, les forces de police, toutes catégories confondues sont intervenues pour disperser de force les manifestants. En 2 minutes, la place devant le parlement s’est vidée. S’en est suivi des courses-poursuites qui ont duré près d’une heure. Tous les cafés et boutiques du quartier entourant le parlement ont été fouillés par la police, qui a commencé une chasse aux sorcières dans toutes les rues à la recherche des jeunes du 20 février.

Acte I :
Dispersion faite et réussie, les militants se sont séparés, chacun est parti vaquer à ses occupations. A 16h, personne n’avait plus l’intention de re-manifester. Dans une rue derrière l’hôtel Balima, Nizar Bennamate, un jeune du 20 février et moi, croyions la course-poursuite finie. On est alors surpris par une quarantaine d’agents BLIR (Brigades légères d’intervention rapide) surgir des deux bouts de la rue. On essaie de se cacher dans une épicerie. Mais on a été rattrapés par une dizaine de ces agents, venus nous sortir manu militari de l’épicerie. Dans la rue, un photographe de la police s’approche de nous, et nous prend en photo de différents angles. Par la suite on est passés à la matraque, aux coups de brodequins, et coups de poing avant de nous relâcher, non sans les formules habituelles d’humiliation et de provocation.
Cette scène est très courante au Maroc, les mouvements sociaux à Rabat s’y sont habitués. En revanche, ce qui suit sort de la banalité, et renvoie aux méthodes employées par la police politique lors des années de plomb, que la génération actuelle ne connaissait que dans les romans de la littérature carcérale.

Acte II :
A 20h, il n’y avait plus les forces d’intervention dans la place, tout semblait calme. J’attendais ma copine dans un café, pour rentrer à la maison, où on organisait une petite fête entre amis. Sur le chemin de la maison, deux policiers en uniforme (des CMI munis de gilets pare-balles) nous suivent depuis le café. Ils m’interpellent, me demandent ma pièce d’identité. Je demande avec insistance la raison de mon arrestation, « tu sauras dans quelques minutes » m’avaient-ils expliqué. Ils nous emmènent, ma copine et moi, dans une rue vide de monde. Après dix minutes d’attente, leur chef arrive. Il me trouve en train de parler au téléphone à une membre du Bureau central de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Il m’ordonne, coup de poing dans mon thorax à l’appui, de raccrocher. Le « chef », comme les deux CMI l’appelaient, était vêtu d’un uniforme marron, et était mieux musclé que la plupart des autres policiers. Les personnes à qui j’ai demandé des renseignements sur ce corps de la police, en uniforme marron, n’en savent rien. Ma copine terrorisée par cette violence physique et verbale, j’ai essayé de garder mon calme et ne pas réagir à leur provocation. « Nous t’avons vu dans la manifestation de tout à l’heure, et nous t’avons pris en photo » me dit-il. Il ajoute, en m’étranglant : «La prochaine fois que je te vois avec les jeunes du 20 février, dans un café ou dans la rue, la prochaine fois que tu participes à leurs réunions, la prochaine fois que tu manifesteras, je vais te briser le dos, je m’occuperai moi-même de te tuer et de t’enterrer. Rappelle-toi bien de moi ».Je me demande comment je pourrai l’oublier…

Après les coups de matraque, l’humiliation, la provocation, la police marocaine semble passer à une vitesse supérieure dans l’usage de la violence à l’encontre des militants. Le 22 mai dernier, elle a eu recours aux rafles nocturnes à Casablanca. Le 15 mai, en poursuivant les militants du 20 février, les chefs de police ordonnaient aux agents d’intervention rapide : « Cassez lui le bras, cassez lui la jambe », en ciblant méthodiquement les militants les plus actifs. Les méthodes d’intimidation se multiplient dans les quartiers et dans la rue, où la police s’attaque à tout citoyen qui aurait manifesté un jour, et qui ait eu le malheur d’avoir été pris en photo par leurs photographes.

En tant que citoyen marocain, je considère que les forces de police agissent en toute illégalité, et que, par leurs actes que je dénonce, elles plongeront mon pays dans la terreur des années de plomb. Face à des mouvements qui prônent la protestation pacifique, le seul acteur qui emploie la violence actuellement, c’est l’Etat marocain.
Tout en revendiquant mon droit à l’expression et à la protestation pacifique, je réclame mon droit à une enquête sur cet agent de la police qui m’a explicitement menacé de mort, menaces que je prends très au sérieux, et je tiens, par conséquent, le ministre de l’Intérieur, Taieb Cherkaoui, pour unique responsable de ce qui pourrait m’arriver dans le futur, de la part des différentes catégories de la police.

Un Sahraoui au championnat de France interclub 2011

Par APSO, le 24 mai 2011

Salah Eddine Amaidan, sportif sahraoui de haut niveau réfugié politique en France a participé aux championnats de France interclub, avec Martigues Sport Athlétisme, club en National A.

Le 8 mai 2011, à Martigues (13), au premier tour des championnats, Salah Eddine a disputé le 1500 m, pour lequel il a fini 2ème en 3 minutes 54 secondes, derrière Hamid Oualich, finaliste cette année du championnat du monde sur 800m.

Photo SEA APSO
Le 22 mai pour le deuxième tour à Bron Parilly (69), Salah Eddine a terminé 2ème sur l’épreuve des 5000 m, derrière Hocine Jary du même club, le duo rapportant ainsi le maximum de points à l’équipe.

Les bons résultats sur le demi-fond n’ont cependant pas permis au club, rejoint cette année par Salah Eddine, de passer en catégorie Elite, à quelques points prés.

RESF - Pétition : CE SOIR DES FAMILLES VONT DORMIR DEHORS




Par RESF05, 23/5/2011

CE SOIR DES FAMILLES VONT DORMIR DEHORS

Le Code français de l’Action Sociale et des Familles ainsi que la loi DALO prévoient la mise en place d’un dispositif de veille sociale par chaque département : 
Article L.345-2.Dans chaque département est mis en place, sous l’autorité du représentant De l’Etat, un dispositif de veille sociale chargé d’accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, physique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu’appelle leur état.
Ce dispositif fonctionne sans interruption et peut-être saisi par toute personne, organisme ou collectivité…
Article L.345-2-2. – Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ;
Cet hébergement d’urgence doit lui permettre, dans des conditions d’accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l’hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale, réalisée au sein de la structure d’hébergement ou, par convention, par des professionnels ou des organismes extérieurs et d’être orientée vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l’aide justifiée par son état, notamment un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, un hébergement de stabilisation, une pension de famille, un logement-foyer, un établissement pour personnes âgées dépendants, un lit halte-soin santé ou un service hospitalier.

Aujourd’hui, dans les Hautes Alpes aucun dispositif pérenne n’est prévu pour l’accueil des familles sans abri. Durant la période hivernale, la DDCSPP 05 finance une prise en charge à l’hôtel pour les familles sans domicile. Cela entraîne une dépense importante pour une situation insatisfaisante, les conditions d’hébergement étant le plus souvent déplorables (impossibilité de cuisiner et même de chauffer du lait pour les enfants). Sont principalement concernées les familles étrangères, avec ou sans titre de séjour, voire même ressortissantes européennes. 

Dès le 31 mars, comme chaque année à l'issue de la « trêve hivernale », cette prise en charge a pris fin sans autre alternative d’hébergement. Le dispositif d’urgence a moins de financement, les dispositifs intermédiaires (CHRS, ALT, …) sont saturés et parfois inaccessibles (conditions restrictives liées au titre de séjour).
Tout ceci a pour conséquence qu’aujourd’hui, dans les Hautes-Alpes, des familles, avec des enfants âgés de 2 mois à 18 ans, scolarisés, en démarches de soins, accédant à l’emploi, sont mises dehors et n’ont pas de solutions d’hébergement décentes.

Ce soir, des familles dorment dehors.
Nous ne pouvons pas rester sans rien dire et sans rien faire

Associations 1ers signataires : Réseau Education Sans Frontière 05; Collectif anarchiste Calucha; Union départementale CGT 05; Solidarité Maroc 05; Union syndicale Solidaire 05; CGT Education 05; GEL-05 de la Fédération anarchiste; Sud Collectivités Territoriales 05; Europe Ecologie Les Verts 05
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