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vendredi 18 avril 2014

115 organisations appellent à l'élargissement du mandat de la Minurso

 (SPSRASD) Bruxelle 16/4/2014

115 organisations, dont des associations sahraouies et des ONG internationales de 21 pays à travers le monde, ont appelé à l'élargissement du mandat de la Minurso (Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental) à la surveillance des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés.

Dans une lettre commune adressée au Conseil de sécurité à la veille de la présentation du rapport du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur le dossier sahraoui, ces organisations ont exhorté l'organe onusien à accepter d'élargir le mandat de la Minurso à la surveillance et la protection des droits de l'Homme au Sahara occidental.

Elles ont dans le même contexte condamné les violations des droits de l'Homme commises par les autorités marocaines à l'encontre des Sahraouis, précisant que ces violations sont régulièrement mentionnées dans les différents rapports des organisations internationales.

"La seule façon d'établir avec précision la situation réelle des droits de l'homme (au Sahara occidental) passe par des enquêtes indépendantes et des rapports de la Minurso", ont affirmé les organisations, ajoutant qu'il s'agit là d'un élément "fondamental" dans le processus du règlement de la question sahraouie.

Elles ont aussi exhorté le Conseil de sécurité et les Etats membres de l'ONU à redoubler d'efforts pour permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination.

Par ailleurs, ces organisations ont dénoncé l'exploitation illégale des ressources naturelles du peuple sahraoui par le Maroc et ses partenaires internationaux.

Parmi les organisations signataires de la lettre adressée au Conseil de sécurité figurent notamment les organisations Adala (Grande-Bretagne),  Afrika Kontakt (Denmark), Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui (France), Amis du Monde Diplomatique (Belgique), Amis du Peuple du Sahara Occidental (France), Freie Westsahara (Allemagne) et Sahara-Japan Journalists Association (Japon), (SPS).
97/90/700     161555   AVRIL 2014

jeudi 19 septembre 2013

A.I. Maroc : de nouvelles révélations sur des disparitions de Sahraouis

 

  Par A.I./Algérie, 14/09/2013  

Des révélations publiées cette semaine par une équipe espagnole d'experts médicolégaux confirment la mort de huit Sahraouis, dont deux enfants, qui avaient disparu en 1976, et établissent des preuves inédites de leur exécution extrajudiciaire par les forces armées marocaines.
Le conflit qui oppose le Polisario au Maroc est jalonné de violations de droits de l'homme. Ici Aminatou Haider, militante sahraouie.
Le conflit qui oppose le Polisario au Maroc est jalonné de violations de droits de l'homme. Ici Aminatou Haider, militante sahraouie. Ces révélations soulignent combien il reste nécessaire de faire toute la lumière sur les centaines de cas de disparitions forcées survenues ces dernières décennies et de rendre justice aux victimes et à leurs familles.
L'équipe de spécialistes de l'université du Pays basque et de la Société de sciences Aranzadi a exhumé les corps des huit Sahraouis pour procéder à des examens médicolégaux, dont des tests ADN. Parallèlement, elle a enquêté sur les circonstances de leur mort et interrogé leurs proches et des témoins des faits survenus en 1976. Ces spécialistes avaient été contactés en avril 2013 par des familles sahraouies de victimes de disparitions forcées après la découverte par un berger de restes humains dans la zone de Fadret Leguiaa, près d'Amgala, au Sahara occidental. Cette zone se situe dans la partie de ce territoire contesté qui est sous contrôle du Front populaire pour la libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), qui dirige un gouvernement en exil, autoproclamé, depuis les camps de Tindouf, en Algérie, à 400 kilomètres de là.
L'équipe a publié ses conclusions le 10 septembre 2013, indiquant que les huit Sahraouis (six adultes – Salma Daf Sidi Salec, Sidahmed Segri Yumani, Salama Mohamed Ali Sidahmed Elkarcha, Salma Mohamed Sidahmed, Mohamed Abdalahe Ramdan et Mohamed Mulud Mohamed Lamin – et deux enfants – Bachir Salma Daf et Sidi Salec Salma) avaient été arrêtés en février 1976 par une patrouille militaire marocaine et exécutés sur place par arme à feu, avant d'être enterrés dans deux tombes de faible profondeur creusées à même le sable et les cailloux.
L'Instance équité et réconciliation (IER), créée en 2004 par les autorités marocaines pour enquêter sur les disparitions forcées, entre autres violations, n'avait révélé aucune information sur ce qu'il était advenu de ces huit personnes. Cependant, quatre d'entre elles avaient fait l'objet de recherches menées par le Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH), organisme national de protection et de promotion des droits humains, dans le cadre de ses travaux de suivi des conclusions de l’IER. Celui-ci avait conclu que ces quatre personnes avaient été arrêtées par les forces armées marocaines près d'Amgala en 1976 (en février, juin et juillet) et emmenées à la caserne militaire de Smara – autre ville du Sahara occidental – où elles étaient ensuite décédées. Les quatre autres ne figuraient ni sur les listes de personnes disparues de l'IER, ni sur celles du CCDH.
La divergence entre les conclusions du CCDH et celles de l'équipe espagnole sur la mort de quatre des huit Sahraouis disparus sème le doute sur la fiabilité des conclusions publiées par le CCDH à propos d'autres cas de disparitions forcées, en particulier lorsque ni l'IER, ni le CCDH n'ont pu recueillir de témoignages des familles de disparus, réfugiées dans les camps de Tindouf.
Amnesty International demande que les éléments de preuve laissés par l'équipe de spécialistes espagnols soient préservés, qu'une enquête indépendante, impartiale et minutieuse soit menée sur la mort de ces huit Sahraouis, et que les responsables présumés soient traduits en justice. Compte tenu du lieu où se trouvent les ossements et de la défiance entre les autorités marocaines et celles du Polisario, l'organisation appelle les Nations unies à faire le nécessaire pour que ce soit le cas.
Il est probable que d'autres corps restent à découvrir dans cette zone et dans d'autres parties du Sahara occidental. Ceux-ci doivent être recherchés, exhumés, identifiés et rendus à leurs familles. Les autorités marocaines doivent veiller à ce qu'une enquête soit rouverte dès lors que de nouveaux éléments émergent dans des affaires de disparitions forcées, du fait de l'exhumation d'ossements ou de témoignages de proches de victimes qui n'avaient pas été interrogés par l'IER ou le CCDH, notamment ceux qui vivent dans les camps de Tindouf.
Il faut demander des comptes aux responsables afin de mettre réellement un terme à l'impunité pour les violations commises dans le cadre du conflit armé entre le Maroc et le Front Polisario. La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui est la force de maintien de la paix présente dans la région, pourrait jouer un rôle en apportant une aide internationale et des compétences pour faciliter le processus, de même que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l'ONU.
La justice de transition : un processus inachevé
Les nouvelles informations révélées par l'équipe d'experts médicolégaux montrent les limites du travail mené par l'IER et le CCDH pour établir la vérité sur les centaines de disparitions forcées survenues au Maroc et au Sahara occidental sous le règne de l'ancien roi Hassan II, ainsi que la nécessité de mener de nouvelles enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies.
De nombreuses familles attendent toujours de connaître toute la vérité sur le sort de leurs proches disparus et d'obtenir justice pour les crimes dont ils ont été victimes. Les disparitions forcées restent une atteinte aux droits humains tant que les familles n'ont pas obtenu le droit à la vérité et au deuil, ainsi qu'à la justice et à des réparations.
Il faudrait utiliser les mécanismes existants des Nations unies pour aider à résoudre ces affaires de disparitions forcées. Le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires pourrait jouer un rôle précieux dans la résolution des problèmes de vérité et de justice au Maroc et au Sahara occidental. Amnesty International a salué la récente ratification par le Maroc de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, mais elle a appelé les autorités marocaine à renforcer cet engagement en reconnaissant la compétence du Comité des disparitions forcées pour recevoir et examiner des communications présentées par des victimes ou pour le compte de victimes et par d’autres États parties, ainsi qu'en transposant les dispositions de cette Convention dans le droit national, dans les plus brefs délais.
Le roi Mohammed VI a mis en place l'IER il y a près de 10 ans pour enquêter sur les atteintes aux droits humains commises par les services de sécurité marocains entre 1956 et 1999. Deux ans plus tard, à l'issue des travaux de cette Instance, il a chargé le CCDH, organisme national de protection et de promotion des droits humains, d’assurer le suivi des travaux et des recommandations de l’IER, ce que celui-ci a fait jusqu'en 2010. C'était la première expérience de ce type dans le domaine de la justice de transition dans cette région, et elle a suscité beaucoup d'espoirs en termes de vérité, de justice et de réparations.
Dans son rapport de 2010 intitulé "Des promesses non tenues" l'Instance équité et réconciliation et le suivi de ses travaux, Amnesty International a reconnu les progrès réalisés dans le cadre de ce processus sans précédent de justice de transition. L'IER a mis en avant la responsabilité de l'État dans les violations des droits humains, et des indemnisations financières ont été accordées. Un plus petit nombre de victimes a aussi bénéficié d'autres formes de réparations, comme une assurance maladie ou le rétablissement dans un emploi.
Cependant, Amnesty International a aussi dénoncé les lacunes du processus, dont certaines étaient liées au mandat de l'IER. Par exemple, le travail de cette Instance a été gêné par le fait qu'elle ne pouvait pas obliger à témoigner les membres des autorités ou des forces de sécurité susceptibles d’avoir connaissance du sort de personnes disparues. Par ailleurs, trop peu de cadavres de personnes exécutées ou décédées en détention ont été exhumés, identifiés et rendus aux familles, privant ces dernières de la possibilité de faire réellement leur deuil.
De plus, l'IER a accru le sentiment de marginalisation des Sahraouis en ne tenant pas compte de l'ampleur particulière des violations dont ils avaient été victimes. Ainsi, aucune audience publique permettant aux victimes d’évoquer leurs souffrances n’a été organisée au Sahara occidental, contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres régions, où de telles audiences ont été retransmises à la télévision. Le rapport final de l’IER fournissait très peu d’informations sur les disparitions forcées et les autres atteintes aux droits humains subies par des Sahraouis. Il ne reconnaissait même pas que le Sahara occidental avait souffert de manière disproportionnée, comme le montre son exclusion du programme de réparations collectives destiné aux zones particulièrement touchées par les violations pendant les « années de plomb ». L’IER n’a pas non plus réussi à améliorer la communication avec les victimes, leurs familles et les organisations de la société civile au Sahara occidental, ni à rétablir leur confiance – ce manque de confiance étant lui-même une conséquence des violations subies dans cette région aux mains des autorités marocaines.
En outre, le mandat de l'IER ne prévoyait pas l'identification des auteurs de graves violations des droits humains ni l'engagement de poursuites à leur encontre, laissant aux victimes le soin de saisir elles-mêmes la justice à titre individuel. À ce jour, l’écrasante majorité des responsables marocains soupçonnés d’avoir commis des violations flagrantes des droits humains pendant la période couverte par le mandat de l’IER n’ont pas été traduits en justice, et rien ne laisse supposer que les autorités aient l’intention d’y remédier à l'avenir. Au contraire, le discours officiel encourage une justice de « réconciliation », et non une justice « accusatoire », ce qui se traduit par l’impunité pour de graves atteintes aux droits humains.
Plusieurs des recommandations juridiques et institutionnelles formulées par l'IER ont été intégrées à la nouvelle Constitution, comme la reconnaissance des droits humains, et d'autres ont conduit au lancement de réformes visant à renforcer l'indépendance de la justice. Cependant, il reste à traduire ces avancées dans les faits, en faisant évoluer les pratiques. Par ailleurs, la réforme de l'appareil de sécurité également recommandée par l'IER, indispensable pour garantir la transparence et l'obligation de rendre des comptes, n'a toujours pas été mise en œuvre.
Un mandat de protection des droits humains pour la MINURSO
L'emplacement où se trouvent les ossements, dans une zone où la MINURSO fait appliquer un cessez-le-feu le long de la ligne qui sépare la partie est du Sahara occidental, contrôlée par le Front Polisario, de la partie ouest, administrée par le Maroc, souligne aussi combien il serait important de disposer d'un dispositif officiel indépendant de surveillance de la situation des droits humains dans cette région.
Amnesty International a déjà demandé à maintes reprises et continue de demander que le mandat de la MINURSO soit étendu à la protection des droits humains, non seulement pour promouvoir la vérité et la justice dans les cas non résolus d'atteintes commises par le passé par les autorités marocaines et le Front Polisario, mais aussi pour s'occuper des nouvelles violations, qui restent une source de préoccupation dans la région.
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samedi 15 juin 2013

CEDH genève : Le Maroc mis à mal par des ONG internationales



Par : Malainin Lakhal (*)10/6/2013
Le royaume du Maroc est mis à mal par des ONG internationales participantes à la 23 ème session du Conseil onusien des droits de l’homme à Genève entre le 27 mai et le 14 juin. Plusieurs ONG y compris des françaises comme France Libertés et le MRAP et des ONG internationales tels la Fédération internationale de la jeunesse démocrate (WFDY) et le Mouvement internationale des étudiants pour l’ONU (Ismun), n’ont pas hésité à dénoncer les violations systématiques commises par le Maroc contre les citoyens sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental. 

 Plusieurs ONG ont donc tenu à prendre la parole dans les sessions plénières du Conseil pour dénoncer les violations perpétrées par les autorités marocaines, surtout en ce qui concerne le droit à la libertés d’expression, de rassemblement pacifique, d’association, mais aussi pour condamner vigoureusement les “violations barbares” commises quotidiennement, selon le WFDY, contre les femmes sahraouies qui sont, toujours selon le WFDY les premières cibles de violence policières marocaine. 

Les quatre ONG mentionnées ont aussi organisé un panel au palais des Nations unis à Genève sous le titre : “Droits de l’homme au Sahara occidental : perspectives féminines”, le 3 juin avec la participation d’imminente d’activistes sahraouies, comme Mme Aminatou Haïdar, et en présence de représentants de plusieurs pays et d’ONG opérants au conseil. Dans leurs interventions des deux premières semaines du conseil, les ONG ont surtout rappelé aux pays membres de l’ONU que le Maroc ne mérite aucunement d’être membre du Conseil des droits de l’homme tant qu’il ne respecte pas le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à indépendance, et tant qu’il refuse d’accepter l’élargissement du mandat de la mission onusienne au Sahara occidental, Minurso, pour qu’il inclue l’observation et la protection des droits de l’homme. Le Maroc a tout fait jusqu’à maintenant pour gagner un siège de membre dans le Conseil des droits de l’homme pour l’année 2014. Il sera opposé au candidat de l’Union africaine, qui n’est pas moins que l’Algérie, se tiendront en novembre 2013 au niveau de l'Assemblée générale à New York. 
Le Maroc, qui est actuellement membre du Conseil de sécurité, s’est opposé, avec le soutien honteux de la France et de l’Espagne, à une proposition de résolution présenter par les USA qui proposaient un monitoring onusien des droits de l’homme dans cette dernière colonie en Afrique. Néanmoins, il reste à souligner que la mission du Maroc à Genève a eu recours à de grands moyens financiers pour ramener des personnes, qui n’ont rien à voir avec la défense des droits de l’homme, encadrés apparemment par des agents de l’ambassade et des services marocains, pour semer la confusion en diffusant de fausse informations sur la lutte du peuple sahraoui, ce qui ne leur réussit pas toujours, puisque des ONG respectables comme celles mentionnées en haut et plein d’autres restent alertes et n’hésitent pas à démasquer la propagande du Makhzen.

M. L.
* Secrétaire général de l’Union  générale des  journalistes sahraouis

 

Commentaire 

#1 Boumediene Vaillant 10-06-2013 13:13
Nul ne peut briser la volonté des peuples pour la liberté et la démocratie. La vague arrivera sûrement pour les sahraouis un jour, et gagneront contre l'hypocrisie d'un envahisseur sans scrupule pour obliger un peuple à se soumettre à son protectorat. Lui-même n'en voulait pas ... et a négocié sa liberté et la gouvernance monarchique non pas de notre temps mais du temps des moyens âges ( l'inclinaison et le bèse main voire bèse pieds ) à croire que le musulman craint un Dieu sur terre. Paradoxal pour ces croyants...

jeudi 28 février 2013

Gdeim Izik : déclaration de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples

Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples


Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Banjul, Gambie, le 23 février 2013

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples est profondément préoccupée par le procès et la condamnation de vingt-cinq (25) civils sahraouis par un tribunal militaire à Rabat, au Maroc, qui a eu lieu du 8 au 16 février 2013.

La Commission est particulièrement préoccupée par le fait que le procès a été jugé instruit par  un tribunal militaire, sans la garantie d’une procédure d’appel : un élément fondamental des normes de procès équitable acceptées au niveau international.
 La Commission réaffirme son engagement, conformément à son mandat de promotion et de protection des droits de l’homme sur le continent africain, de veiller à ce que les droits de tous les Sahraouis, où qu’ils se trouvent, soient respectés.
 La Commission invite le Conseil de Sécurité des Nations Unies à étendre le mandat de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO) tout en intégrant l’observation ou la surveillance des droits de l’homme.
Dans la même optique, la Commission rappelle sa Résolution ACHPR/Res.45 (XXVII) 00 sur le Sahara Occidental du 11 mai 2000 et invite la communauté internationale à résoudre le plutôt possible la question du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

http://www.wshrw.org/fr/statement-by-the-african-commission-on-human-and-peoples-rights-on-the-trial-and-sentencing-of-twenty-five-sahrawi-civilians-by-a-military-court-in-moroc

mardi 5 février 2013

La cause sahraouie fait irruption au Sénat français


malgré les pressions subies par les organisateurs

France- De notre correspondant Samir Ghezlaoui, 4/2/2013

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Les amis du Front Polisario et des dizaines de militants des droits de l’homme ont réitéré «le droit du peuple sahraoui à son autodétermination» à l’occasion de la conférence internationale qui s’est tenue avant-hier au siège du Sénat français.

Initiée par Leila Aïchi, sénatrice de Paris, sous le thème «La mise en place d’un processus de protection de la population civile et le respect des droits de l’homme au Sahara occidental», cette journée de solidarité avec le peuple sahraoui «n’a pas plu à certains». «Le fait que ce colloque soit organisé au sein de ce palais de Luxembourg, en plein Sénat français, est tout un symbole. Nous avons subi des pressions terribles pour ne pas l’organiser. Moi je suis une femme libre, dans un pays de démocratie. J’organise le colloque que je veux», a lancé l’élue d’Europe-Ecologie les Verts avec assurance.
L’ouverture officielle des travaux a été une occasion pour Régine Villemont, présidente de l’Association des amis de la RASD/France, de «dénoncer le calvaire que vivent les détenus politiques sahraouis dans les geôles marocaines». «Nous appelons les autorités marocaines à libérer les 24 détenus de Gdeim Izik dont le procès a été ouvert le 1er février devant un tribunal militaire de Rabat. C’est une atteinte flagrante aux droits de l’homme.»

La position française critiquée
«Ce sont des civils. Ils ont le droit à un procès équitable au lieu de les passer devant la cour martiale», a-t-elle martelé. Un peu plus tard sur la tribune, les observateurs européens, qui se sont déplacés au Maroc et ont assisté à l’ouverture du procès, ont apporté leur témoignage : «Aussitôt ouvert, le procès a été reporté d’une semaine. L’environnement général était plutôt apaisé, mais les avocats de la défense ont dénoncé plusieurs lacunes ainsi que le peu de temps et de moyens qu’on leur a attribués afin de mener à bien leur mission. Nous avons remarqué aussi une présence exagérée de militaires et des dizaines d’éléments de sécurité en civil.»
Quant à Pierre Galand, président de la Coordination européenne de soutien au peuple sahraoui, il a pris comme cible, en usant de critiques piquantes, la position officielle de la France dans le conflit au Sahara occidental. «Nous lançons un message au gouvernement français. La France doit changer sa voie dans le sens de soutenir l’autodétermination du peuple sahraoui, au lieu de défendre le projet d’annexion comme l’a fait Chirac. Un petit pays comme le Maroc ne peut pas occuper un autre pays sans la complicité des grandes puissances occidentales, y compris la France», a déclaré le sénateur belge.

L’appel de Sidati et la pique de Galand
Dans ce sens, le ministre délégué de la RASD pour l’Europe, Mohamed Sidati, a recommandé à la France de «tenir une position plus respectable». «Nous espérons que la France prône au moins la neutralité. Nous demandons aux Français d’arrêter d’opposer leur veto pour que la Minurso puisse accomplir convenablement son travail et superviser la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés», a-t-il souligné. Et de conclure : «Actuellement, la France est complice du Maroc dans tout ce qui se passe contre le peuple sahraoui, car si sa position est plus respectable, le conflit serait réglé depuis longtemps.»
A son tour, la présidente de l’intergroupe parlementaire Algérie-RASD, Saïda Bounab, a rappelé «la position historique de l’Algérie en faveur du soutien à la lutte du peuple sahraoui pour la décolonisation et son autodétermination». La députée du FLN a ensuite critiqué les positions du Maroc et de la France par rapport à la situation des droits de l’homme au Sahara occidental. «La légalité internationale est bafouée par le Maroc au Sahara occidental. Les observateurs internationaux ont enregistré des violations répétées des droits de l’homme : arrestations arbitraires, disparitions, forcées, agressions physiques, les viols, la torture et la spoliation des biens et des richesses naturelles du peuple sahraoui. La France, pourtant membre permanent du Conseil de sécurité, cautionne toutes ces atteintes à cause de sa position et son silence qui encourage l’impunité», a-t-elle lancé sans ménagement.

La Suède, premier soutien européen de la RASD
Parmi les soutiens européens les plus courageux de l’autodétermination au Sahara occidental, on trouve le Parlement suédois, premier et seul en Europe à avoir reconnu officiellement la RASD. «Je suis fier de parler au nom de mon pays qui a reconnu la RASD et le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui qui souffre de l’occupation marocaine. Certes, nous sommes un petit pays, mais nous œuvrons pour que d’autres pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne et la France nous suivent dans cette démarche», a indiqué le député suédois Jens Holm.
Par ailleurs, la fin du colloque a été couronnée par la lecture d’une déclaration commune des participants demandant «à la communauté internationale de soutenir davantage l’autodétermination du peuple sahraoui et l’arrêt immédiat de toutes les atteintes aux droits de l’homme commises par le Maroc contre des civils dans les territoires sahraouis occupés». Dans le même sillage, les sénatrices Leila Aïchi et Marie-Christine Blandin ont rendu public un communiqué réaffirmant «l’impérieux besoin d’une position impartiale de la France dans l’optique d’une sortie de crise durable» et affirmant que «la France, porte-étendard de la défense des droits de l’homme dans le monde, s’honorerait à favoriser une solution démocratique et éthique dans le respect du droit des peuples à l’autodétermination, comme le préconise la Minurso».
 

vendredi 7 décembre 2012

Cinq représentants du peuple sahraoui en France pendant la SSI


Par l'Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris

Pendant la semaine de la solidarité internationale, solidarité avec les citoyens sahraouis des territoires occupés par le Maroc et des campements de réfugiés

Du 15 au 27 novembre 2012, nombreux parmi les acteurs français de la solidarité avec le peuple sahraoui, ont été heureux d'accueillir cinq représentants du peuple sahraoui qui venaient à la fois de leur pays occupé par le Maroc et des campements de réfugiés. 

Des témoignages exemplaires transmis à la fois aux associations des droits de l'homme, aux ONG, aux élus, à de nombreux journalistes de la presse nationale, ont permis à chacun de prendre la mesure à la fois de la dureté des conditions de vie dans les campements et de la cruauté de l'occupation marocaine qui bafoue leur dignité humaine. Invités par le Conseil général du Val de Marne et par la municipalité d'Ivry, ils ont multipliés les rencontres tant à Paris qu'en province. 

Avec le film El Problema, projeté à Ivry, au Havre et au Mans, les cinq représentants sahraouis, ont appelé à ce qu'en France leur situation soit enfin reconnue et que tous les citoyens de bonne volonté se mobilisent pour que le référendum d'autodétermination soit appliqué et que dès maintenant la mission de paix de l'ONU, la MINURSO, soit en capacité de surveiller les droits de l'homme au Sahara occidental occupé. Mobilisation indispensable pour faire bouger le Conseil de sécurité et tout particulièrement la France et que soit appliqué le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination. Nhabouha Lakhlifi, Mettou Dembar, Mustapha Abdeddaïm, Fatimetou Mustapha Saleh, Sidati Zeinedin Bachir, remercient tous ceux et celles qui les ont accueillis et si bien écoutés et formulent l'espoir que leur message de paix soit vraiment entendu et compris en cette veille de Noël.
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

mercredi 25 avril 2012

Sahara occidental: l'ONU veut du Maroc plus de respect des droits de l'homme Sahara occidental:

©AFP / 24/4/2012

Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé mardi pour un an le mandat de sa Mission au Sahara occidental (MINURSO), dans une résolution qui demande au Maroc d'améliorer la situation des droits de l'homme dans ce territoire qu'il contrôle. La résolution, adoptée à l'unanimité, souligne qu'il est important d'améliorer la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie). Elle met en avant la nécessité de mettre en place des mesures indépendantes et crédibles pour surveiller le respect de ces droits.
  Le texte demande à toutes les parties de coopérer pleinement aux opérations de la MINURSO, notamment en ce qui concerne sa liberté d'interaction avec tous ses interlocuteurs et de prendre les mesures voulues pour garantir (sa) sécurité ainsi qu'une totale liberté de circulation. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devra informer le Conseil au moins une fois par an des difficultés rencontrées par la Mission. 

Ban Ki-moon
Cette résolution fait suite à un rapport de l'ONU critique envers le Maroc, accusé d'interférer avec le travail de la MINURSO. L'ambassadeur marocain Mohammed Loulichki a fait valoir que la résolution soulignait les efforts faits par le Maroc depuis 2006 et s'est félicité qu'elle n'élargisse pas le mandat de la MINURSO. Il a assuré aux journalistes que la MINURSO est libre de ses mouvements, a réaffirmé la souveraineté marocaine sur le territoire et a estimé qu'un référendum conduirait à des tensions. 

 L'ambassadeur sud-africain Baso Sangqu a déploré que le Conseil n'ait pas doté la MINURSO d'un mécanisme permanent de surveillance des droits de l'homme. Il s'agit, a-t-il dit, d'une anomalie qui donne l'impression que l'ONU ne défend pas avec le même zèle et le même engagement les droits du peuple sahraoui et ceux des pays du Printemps arabe. 

 Dans un communiqué, le représentant du Front Polisario Ahmed Boukhari a lui aussi déploré que l'ONU n'ait pas chargé la MINURSO de faire respecter les droits de l'homme et a réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination via un référendum. Il a une nouvelle fois accusé la France d'avoir intrigué pour soutenir le Maroc, une accusation rejetée par Paris. Rabat propose une large autonomie du Sahara occidental avec un gouvernement et un parlement locaux, sous sa souveraineté. 

Dans un rapport au Conseil, M. Ban Ki-moon avait déploré que l'évolution des contraintes au fil des années empêche de plus en plus la MINURSO de s'acquitter de son mandat de manière crédible. Le rapport soulignait que la confidentialité des communications entre le quartier général de la MINURSO et New York avait été compromise au moins une fois. Ce QG est un ancien hôtel de Laayoune, dans une zone sous contrôle marocain. M. Ban regrettait aussi des contraintes imposées par le Maroc à la Mission, notamment la présence dissuasive de la police marocaine à l'extérieur du complexe abritant la MINURSO. Selon des diplomates, ce rapport est un des plus critiques des dernières années.

 Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole annexée en 1975 par le Maroc. A la suite d'une guérilla menée par le Front Polisario un cessez-le-feu est intervenu en 1991, que la MINURSO est chargée de surveiller. Depuis, les deux camps se rencontrent régulièrement sous l'égide de l'ONU mais ces pourparlers n'ont fait aucun progrès sur le fond.

jeudi 17 novembre 2011

Les prisonniers sahraouis en péril

Par Mohammed Zerrouki, Le Jeune Indépendant, 17/11/2011

Mohammed Abdelaziz a mis en garde, dans un message urgent cité par l’Agence de presse sahraouie (SPS) adressé au secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, contre «la détérioration» de l’état de santé de ces détenus en grève de la faim depuis le 31 octobre dernier, imputant «la responsabilité totale» au gouvernement marocain.

«Il est injuste que la communauté internationale reste indifférente face aux pratiques du gouvernement marocain d’arrestations de civils sahraouis sans défense dans une zone internationale sous l’égide des Nations unies et de les présenter à des tribunaux militaires pour avoir milité pour les valeurs et les droits légitimes prévus par la charte et les résolutions de l’ONU», a indiqué le président de la RASD. Ces pratiques, a ajouté Mohammed Abdelaziz, dénotent d’un «mépris flagrant (de la part des autorités marocaines) du droit international et du droit international humanitaire», d’où la «nécessité» d’imposer des sanctions et des pressions pour libérer tous les détenus politiques sahraouis, faire la lumière sur le sort de plus de 651 disparus sahraouis, arrêter la spoliation massive des ressources naturelles et détruire le mur militaire qui divise le Sahara occidental par des millions de mines anti-personnel.

Dans le même sillage, le président sahraoui a appelé le secrétaire général des Nations unies à amener le gouvernement marocain à mettre fin à cette situation «illégale et immorale et à cesser la politique d’indifférence et d’insouciance», rappelant que ces 21prisonniers sont dans un état «critique», face au mépris des autorités marocaines vis-à-vis de leurs revendications légitimes et justes. Il a, en outre, rappelé que ces prisonniers avaient déjà observé, à cinq reprises, des mouvements de grève de la faim de différentes durées allant jusqu’à 30 jours.

Le président sahraoui a également condamné les conditions de détention dans les prisons marocaines qui se dégradent de plus en plus et les pratiques des autorités de l’occupation marocaine contre les civils et les militants des droits de l’homme, allant jusqu’à leur présentation devant des tribunaux militaires pour leur action pacifiste. Il a rappelé, dans son message, les événements de Gdeim Izik il y a un an, de Dakhla en février et septembre derniers et les «répressions brutales» commises au quotidien par les autorités d‘occupation marocaines contre les civils sahraouis à El-Ayoun, Smara, Boujdour et autres villes dans les territoires sahraouis occupés et dans le sud du Maroc.

Le président de la RASD a également réitéré son appel pour élargir les pouvoirs de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) à la protection et la surveillance de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.

D’autre part, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a exprimé, hier, sa préoccupation face à la détérioration de l’état de santé des prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim dans la prison de Salé depuis plus de deux semaines, indique un communiqué de l’AMDH, repris par SPS.

«La réunion a examiné la situation des prisonniers politiques sahraouis à la prison marocaine de Salé depuis plus d’un an, en l’attente d’un procès militaire, appelant à leur libération où à un procès équitable», a souligné le communiqué. L’Association marocaine des droits humains a également déclaré que «les prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim dans la prison de Salé depuis plus de deux semaines vivent dans la prison dans des conditions difficiles et la plupart d’entre eux ont été victimes d’actes de violences».

vendredi 5 août 2011

Droits de l'Homme au Sahara Occidental : Mohamed Abdelaziz tire la sonnette d'alarme

Par SaharAction, 4/7/2011
Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaziz, a interpellé hier le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, sur "l’escalade dangereuse" des violations des Droits de l’Homme au Sahara occidental par le Maroc. Le président sahraoui a adressé une lettre à Ban Ki-moon, lettre relayée par l'agence de presse sahraouie, où il expose ses craintes.

Vendredi dernier, six jeunes Sahraouis auraient été enlevés à Tan-Tan dans le sud du Maroc. Ils réclamaient pacifiquement le droit de leur peuple à l’autodétermination et à l’indépendance. Pour le président sahraoui, il faut “intervenir en toute urgence” afin de sauver la vie des citoyens sahraouis innocents dans les territoires occupés et au sud du Maroc. Le président demande concrètement un renforcement des mécanismes de la MINURSO, la mission de l’ONU pour le référendum au Sahara Occidental et ce, "pour garantir la protection des civils sahraouis de la répression sauvage des forces d'occupation marocaines".
Mohamed Abdelaziz ajoute dans sa lettre que des organisations internationales des droits de l’homme, dont le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU, avaient affirmé que les droits de l’homme sont violés dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Il attire l’attention du secrétaire général de l’ONU et de l’opinion internationale sur la situation qui intervient à quelques jours de la tenue du quatrième round de négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc.
Les autorités sahraouies et le Polisario demandent aux instances internationales d'exercer des pressions sur le Maroc afin de Protéger les droits de l'Homme dans la région et la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis qui se trouvent dans les prisons marocaines, le président sahraoui a appelé à la libération particulière de Yahia Mohamed Elhafed Izaa. On dénombrait plus de 151 prisonniers et 651 disparus. La destruction du mur de séparation et la cessation immédiate de la spoliation des richesses du Sahara occidental sont également demandé.
Enfin le Polisario en tant que représentant de la République arabe sahraouie démocratique réclame la publication du Rapport de la délégation du Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme de septembre 2006. Et, la mise en œuvre de ses recommandations, l’élargissement du mandat de la MINURSO, pour surveiller la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc en attente d’un référendum juste, libre et transparent pour permettre au peuple du Sahara Occidental l’exercice de son droit légitime à l’autodétermination.
La société civile ne peut rester en marge de ces pratiques, selon M. Abdelaziz, soulignant la nécessité d’accélérer l’ouverture des territoires aux observateurs et médias internationaux indépendants. Pour terminer, la lettre est revenue sur "l’intervention violente de la police et forces auxiliaires, le 31 juillet à El-Ayoun, contre une manifestation pacifique organisée par des citoyens et citoyennes sahraouis en signe de protestation contre l’enlèvement du jeune Ghali Bouhella par les forces de sécurité marocaines le 30 juillet".