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dimanche 26 février 2017

Titres sur https://solidmar.blogspot.com du 19 au 26/2/2017

La torture, même pour les enfants...

jeudi 3 décembre 2015

Francen pays des droits de l'homme ?

  • Le 20 novembre, migrants et refugiés de la "jungle" à Calais, portant le drapeau tricolore, ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats.
    Le 20 novembre, migrants et refugiés de la "jungle" à Calais, portant le drapeau tricolore, ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats. | AFP

Ils sont là, à nos frontières, dans le froid et le dénuement. Les réfugiés fuient les crimes et la terreur dont ils souffrent depuis plus de quatre années en Syrie, en Irak...

Mais l'humanité désarmée des réfugiés se heurte aux barricades de la peur. Et la France, pays des droits de l'homme, se ferme. Alors qu'elle devrait être la première à étendre son manteau protecteur sur les épaules transies de ceux qui cherchent asile et protection.
Entendre même un Premier ministre dire que l'Europe ne peut plus recevoir de réfugiés, car les peuples ne le supporteraient pas, est un scandale : sur les 4 millions de Syriens fuyant la barbarie, environ 700 000 cherchent refuge en Europe (1), un continent d'environ 500 millions d'habitants !
Les pays européens sont-ils donc incapables d'accueillir ces personnes dont le nombre équivaut à la population d'une grande ville ? Cela, alors même que le Liban reçoit plus de 1,5 million de réfugiés syriens, l'équivalent de plus d'un quart de sa population.
La France est d'autant plus mal placée pour donner des leçons qu'elle accueille très peu de réfugiés syriens. En 2014, elle n'accordait protection qu'à 2015 Syriens tandis que l'Allemagne en protégeait... 25 000 (2) ! La France laisse quasiment tout le poids de ces réfugiés aux autres pays. On le découvre en Suède, où les 9,5 millions de Suédois sont, en proportion, ceux qui accueillent le plus de réfugiés.

Réfugiés, un devoir d'humanité

Mais la Suède arrive à saturation sur le plan pratique : logement, éducation... Elle a donc demandé l'aide des autres pays européens : seule l'Allemagne a répondu. À cause de l'absence de solidarité des pays européens et de l'arrivée de 80 000 réfugiés en deux mois, l'inquiétude a gagné la population et les politiques. Résultat, la Suède vient de durcir l'accueil des réfugiés. Ce pays, modèle en Europe, commence à construire des camps. L'attitude et la démission de la France ont aussi donné un signal de repli et de refus aux pays européens situés aux frontières de l'Europe, encore plus seuls face au flot grandissant des migrants.
Comment s'étonner alors que les propagandes contre les réfugiés prennent le dessus ? Dans ces jours d'hommages aux victimes du 13 novembre, il faut regarder les choses en face : ceux qui ont commis ces attentats étaient des enfants de France, de Belgique et non des réfugiés !
Balayons donc devant notre porte au lieu d'accuser les étrangers « N'inversons pas les choses. On accuse les réfugiés d'être des terroristes alors qu'ils sont les victimes des terroristes. Ils ont vécu des choses abominables. Beaucoup d'enfants et d'adolescents arrivent seuls, sans famille. Ne pas répondre à leurs besoins humains, c'est manquer d'humanité », explique George Joseph, responsable de Caritas en Suède.
La France est-elle encore le pays des droits de l'homme ? Son refus de prendre sa part dans la crise des réfugiés en fait douter. L'ignominie de Calais, où on laisse des gens « vivre » dans la boue et le froid, est une honte pour la République !
C'est un effondrement humain et moral que vit notre pays. Il est contraire aux aspirations des Français manifestées après les attentats du 13 novembre. Agiter le drapeau français, c'est bien. Vivre les valeurs universelles de la France, en accueillant ceux qui demandent asile et protection, c'est mieux. C'est surtout être fidèle à notre humanité.
(1) Sources HCR
(2) Sources Eurostat, 12/05/2015

jeudi 9 juillet 2015

Ta vie en l’air. Ça commence par la jupe


En ce moment, tes préoccupations relèvent plus de la gestion du grand bal des invitations pour le ftour que de l’analyse des enjeux géopolitiques. C’est vrai que dans ton quotidien, tu n’as pas vraiment de conscience politique. Ou alors elle est à peine plus épaisse qu’un paréo en mousseline de chez Eres. Ta zone de confort est tellement confortable justement que tu préfères ne pas trop regarder plus loin que le bout de ton nez sur lequel trônent tes Ray-Ban. Mais là, tu sens qu’il se passe quelque chose de grave. Quelque chose de triste surtout. Depuis quelques semaines des histoires s’accumulent. Des histoires qui s’enchaînent et qui se ressemblent par leur obscurité. Ce n’est même pas de liberté d’expression qu’il s’agit. La liberté d’expression, toi, tu y tiens, tu y crois pour tous et pour tout. Visiblement, de ton côté de la Méditerranée, la liberté d’expression est soumise à conditions. Tu trouves ça un peu flou et conceptuel. Mais là, c’est beaucoup plus simple. Et moins discutable : il s’agit juste du droit d’exister.
C’est simple non, le droit d’exister ? Mais là encore, de ce côté de la Méditerranée, la réalité a montré que ça pouvait être assez compliqué. A priori, ta jupe et toi, ton frère et son short, ta tante et sa jellaba, ton père et sa cravate, vous avez tous le droit d’exister. A priori. La loi ne vous l’interdit pas. Mais une frange de la population s’est octroyé un droit encore plus fort : celui d’exiger la disparition de ce qui ne lui convient pas. C’est arrivé à deux jeunes filles dans un souk d’une ville où tu n’iras peut-être jamais. Aujourd’hui, ce sont elles. Et ce n’est pas si loin de chez toi. Demain ça risque d’être toi. Parce que ça commence par la jupe. Ce n’est pas juste un fait divers sordide de plus. C’est un fait grave. Le début d’un truc assez obscur. Ce n’est pas anodin. C’est un détail certes, mais le diable se cache dans les détails. Si tes potes et toi décidiez de lyncher toute personne qui vous déplaît, alors tu te ruerais sur les mecs un peu trop bedonnants, sur les filles qui portent des robes à pois, sur les fausses blondes, sur les types en polo orange. Juste parce que ça ne te plaît pas. C’est absurde. Ce serait totalement ridicule. C’est pourtant ce qu’il s’est passé à Inezgane. C’est absurde mais ce n’est pas ridicule. C’est grave. Très grave parce que les flics se sont mis du côté de la foule en délire. C’est encore plus grave parce que l’étendard de la religion a été brandi. Et cet étendard a tendance à être brandi de plus en plus souvent. Pour tout et souvent pour n’importe quoi. Tu as appris qu’un code pénal allait voir le jour avec un article qui évoque « la répression du mépris de la religion ». Tu te dis que si on la respectait vraiment, cette religion, on devrait foutre en taule tout ceux qui se prennent pour des néo-prophètes incapables de définir le mot miséricorde mais prétendent l’implorer cinq fois par jour.  Il s’est passé quoi pour en arriver là ? Pour en arriver à revendiquer que porter une robe n’est pas un crime. Evidemment que ce n’est pas un crime. Il y a dû y avoir un bug dans la matrice.
Et qu’on ne vienne surtout pas te dire que c’est un recul. Une marche arrière ce serait faire comme avant. Or avant, c’est ta grand-mère, sa jellaba et sa tolérance. Ta grand-mère était conservatrice. Ta grand-mère était pratiquante. Ta grand-mère était tout ce qu’il y a de plus tradi. Mais ta grand-mère n’était pas liberticide. Tu n’as pas à t’expliquer. Tu n’as pas à t’excuser. Tu ne devrais même pas avoir à manifester. Tu n’as rien fait de mal. Tu n’as rien fait de bien non plus. Tu te contentes d’être. Et tu te retrouves à devoir manifester pour ne pas qu’on te prive de ce droit. A bien y regarder, c’est assez triste. Mais tu ne peux pas ne rien faire. Qui ne dit mot consent. Alors bien sûr que tu ne participeras sans doute jamais à de grandes choses. Tu ne changeras pas la face du monde. Tu n’inventeras rien qui révolutionnera la science. Tu ne régleras aucun conflit au Proche-Orient. Tu n’éradiqueras pas la misère. Mais tu continueras d’être ce que tu es. Et que ceux à qui ça ne plaît pas baissent les yeux. Parce que toi, tu ne les baisseras pas.

samedi 8 novembre 2014

« TERRES COLLECTIVES, FEMMES SOULALIYATES ET POLITIQUES REGIONALES AU MAROC »

« TERRES COLLECTIVES, FEMMES SOULALIYATES ET POLITIQUES REGIONALES AU MAROC »

Objectifs :

L’une des plus grandes problématiques auxquelles les tribus et les communautés amazighes s’affrontent quotidiennement et depuis longtemps, c’est le problème des terres collectives appartenant aux tribus, et aux communautés très larges. Au lieu de créer des conditions à leur développement, des conflits d’intérêts surgissent avec les autorités locales et centrales qui souvent essaient de les exproprier, et par conséquent les obligent à un exode rural dramatique.
       Dernièrement le ministère de l’Intérieur a pris l’initiative de lancer un dialogue national sur ce thème dans le but de réformer le cadre législatif et l’amélioration des procédures de gestion de ces terres collectives par les acteurs sociaux et politiques. Selon le projet de la plate-forme du dialogue, le ministère voudrait élaborer une stratégie en faveur de la promotion et de développement de ce patrimoine collectif au profit des communautés soulaliyates et de ses membres, ainsi que la consolidation du développement humain. L’objectif principal de ce colloque national est d’ouvrir une discussion ouverte pour savoir si les buts seront atteint par la dite stratégie gouvernementale, ou au contraire, compliquerait encore plus  la gestion de ces terres et par conséquent de porter atteinte à la cohésion des communautés soulaliyates, et nuire encore plus les intérêts des ayant-droits.

Ce colloque national, se propose d’être un lieu de réflexions, d’échanges et de débats de comment aborder cette problématique des terres collectives, et qui couvrent une superficie de presque 15 millions d’hectares. Débattre des changements profonds, et de voir comment ces populations en défendant leurs droits à la terre contribuent à la participation de la réussite de la transition démocratique.

Ce colloque s’inscrit aussi dans les processus de la bonne gouvernance et des réformes profondes des institutions de l’état et comment les communautés amazighes pourraient elles contribuer à transformer l’Etat autoritaire jacobin vers un État démocratiques et décentralisé en régions autonomes tant revendiqué par le Mouvement Amazigh.

Axes principales du colloque :

Les activités de ce colloque national permettront de mettre l’accent, notamment, sur :

    La connaissance plus claire et plus ample de la réalité des communautés et des tribus amazighophones et/ou arabophones et à la connaissance de l’état des lieux de la situation sociale et économique des ces communautés soulaliyates et des changements qu’elles ont connu ces dernières années.
     Analyser le rôle des femmes soulaliyates qui se sont mobilisées un peu partout au Maroc et qui ont fini par arracher leurs droits au même titre que les hommes et elles ont réussi à que le ministère de l’intérieur décrète des circulaires à leurs faveurs, comme des ayants droit sur un pied d’égalité avec les hommes ( la Circulaire ministérielle n° 2620 de juillet 2009, reconnaissant les femmes comme des ayants droit aux terres collectives en cas de cession ou de vente de terrains ; Circulaire n° 60 d’ octobre 2010 généralisant l’approche aux terres collectives concernées par les ventes et cessions dans tout le Maroc et n ° 17, du 30 mars 2012, précisant les cas où les femmes ont accès au produit de la terre suivant les modes de répartition des terres). Mais, leurs applications rencontrent encore de nombreux obstacles …
    Comment la reconnaissance des droits linguistico-culturels, le système des autonomies régionales et la démocratie participative pourront contribuer à une intégration plus harmonieuse au jeu politique et leurs implications à s’auto-organiser et à déclencher les processus démocratiques, de bien être social et de paix. Et aussi comment trouver des solutions durables aux populations marginalisées afin de disposer de leurs pleins droits sur leurs terres collectives. Et voir le rôle que pourront jouer dans la nouvelle politique de régionalisation, prévue dans la nouvelle constitution.
Programme provisoire :

Samedi 15 novembre 2014/2964 :


09h  à 10h: Accueil des participants, des journalistes, des cadres associatifs, des représentants des terres collectives, des journalistes et des invités, inscriptions et délivrance des badges

10h : Ouverture officielle du colloque :
-       Allocution de bienvenue et déclaration d’ouverture du colloque.
-       Allocutions des personnalités invitées

10h 20-12h : Première séance : état des lieux et le cadre juridique

12h30 -14H : Deuxième séance : les droits des femmes soulaliyates

15H30- 18H : Troisième séance : discussion et élaborations des recommandations

Dimanche 13 avril 2013


9h30 -12h00: Dernière séance : amendement des recommandations et des solutions
                        proposées et adoption de la déclaration commune.

Rabat, 15 et 16 novembre 2014/2964, à partir de 9H.
Club des Avocats, rue Afghanistan, quartier Océan

NOTA IMPORTANTE : Pour les représentants des terres collectives ou/et des collectivités tribales, des représentants associatifs de différentes régions du Maroc intéressés à y assister et à y participer, veuillez envoyer vos demandes d’invitations à cet e-mail du fait que les places sont limitées: lemondeamazigh@gmail.com

Info en arabe:

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Rachid RAHA
Président et chargé des Affaires Internationales de l'Assemblée Mondiale Amazighe - Bruxelles
Membre fondateur et Ex-Président du Congrès Mondial Amazigh- Paris
Président de la Fondation "Montgomery Hart" des Etudes Amazighs- Granada
Journaliste et éditeur de "Le Monde Amazigh" et "www.amadalpresse.com" - Rabat

Adresse Postale: EDITIONS AMAZIGH
5, Rue Dakar Appt. 7
10.040 Rabat / Morocco
GSM: 00 212 668 292 153
Fax:   00 212 537 727 283

vendredi 3 octobre 2014

Classement africain: le Maroc perd des points à cause des droits de l’Homme

Classement africain: le Maroc perd des points à cause des droits de l’Homme
Mo Ibrahim est un entrepreneur anglo-soudanais à l'origine de l'indice. Crédit : Chatham House.

30/9/2014

Le Maroc est classé seulement 14e en termes de gouvernance, notamment à cause de ses manquements sur les droits de l’Homme.

Le Maroc occupe la 14e place du classement Mo Ibrahim 2014 sur la gouvernance en Afrique (IIAG). L’indice prend en compte 95 indicateurs portant sur quatre domaines :
  • sécurité et État de droit ;
  • développement économique durable ;
  • développement humain ;
  • participation et droits de l’Homme.
Si le Maroc a de bons scores pour les trois premiers, il perd des points en droits de l’Homme.
L’an dernier déjà, le pays se plaçait à la 14e place. Alors qu’il est 10e du continent sur la question du développement humain, 15e en termes de sécurité et État de droit et même 3e en matière de développement économique durable, le Maroc se place à la 39e place quand il s’agit des droits de l’Homme et de la participation.

Scores (sur 100) des pays africains en matière de droits humains :

Scores (sur 100) des pays africains en matière de droits humains.  Crédit : IIAG.
Crédit : IIAG.
Les notes se fondent sur des chiffres provenant de plusieurs organismes internationaux (commissions onusiennes, ONG, etc.).

samedi 26 octobre 2013

Ratonnade marocaine contre des Sahraouis, même envers les enfants, à Laâyoune, dispesion avec substances chimiques


Un baltagi marocain jette une pierre contre l'entrée d'une maison (Photo prise d'écran)
Un baltagi marocain jette une pierre contre l’entrée d’une maison (Photo prise d’écran)
Un groupe de baltagias marocains, apparemment protégés et soutenus par la police, a attaqué tout un quartier de Laâyoune en cassant du Sahraoui et en détruisant leurs biens.
Selon cette vidéo qui circule sur Internet, on voit des civils armés de bâtons et de pierres essayer de casser des portes, imitant ainsi les policiers, dans un apparent climat de complicité…
Les balatagias crient : « Nous n’avons qu’un seul roi, Mohamed VI ».

http://youtu.be/o9DRu9lr-Ik
Que se passe-t-il à Laâyoune ? Sur quelle base légale la police peut faire appel à des civils pour massacrer d’autres civils ? Les autorités marocaines sont-elles débordées à ce point pour s’appuyer sur des baltagias dans une opération de répression ?
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 sahara24 net

Autre témoignage, encore hier à Laayoune

"Je m’appelle El Mamoune Isselmou, cadre retraité du ministère de l'éducation nationale, j'ai œuvré pour l'intégrité territoriale depuis le début...Voilà ce qu'a fait la police hier de ma maison: la police a saccagé la porte, entré dans la maison viré ma famille de la maison, saccagée les biens et volée bijoux, télévision...etc"

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Les forces répressives marocaines utilisent des jets d’eau avec une substance chimique dangereuse contre les manifestants sahraouis

 By , 20/10/2013
 
Hier soir, à l’occasion de la deuxième visite de l’Envoyé Personel du Secrétaire Général de l’ONU, M. Christopher Ross, une manifestation des Sahraouis s’est organisée pour revendiquer l’autodétermination du Sahara Occidental et la vigilance des droits de l’homme par la MINURSO.
Selon les sources sahraouies, les forces d’occupation marocaines ont utilisé une citerne de pulvérisation d’eau qui contient une substance chimique dangereuse pour disperser les manifestants pacifiques dans le quartier Maatala et l’avenue Smara, et malgré cela encore on entendait les voixdes manifestants entonner des slogans nationaux dans un défi sans précédent contre la répression
Source: Equipo Media – WSHRW
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Les enfants sahraouis n’ont pas échappé à l’intervention brutale du Maroc pendant la visite de M. Ross: témoignage

  By El Aaiún, 22 octobre

“Je m’appelle Limam Zdaidat. Les forces d’occupation m’ont arrêté dans le quartier Ma’atala dans la rue Dadach. Les forces d’occupation de tous les services de sécurités avec leurs véhicules sont intervenus contre nous lors de la visite de M. Christopher Ross, à cause de que nous sommes sortis pour protester. Regarde le sang! Les forces d’occupation m’ont frappé la tête avec une pierre, c’est fendu! “

  Source: Equipo Media – WSHRW
 http://www.wshrw.org/fr/las-fuerzas-represivas-marroquies-utilizan-chorros-de-agua-a-presion-con-substancia-quimica-peligrosa-contra-manifestantes-saharauis/

jeudi 19 septembre 2013

A.I. Maroc : de nouvelles révélations sur des disparitions de Sahraouis

 

  Par A.I./Algérie, 14/09/2013  

Des révélations publiées cette semaine par une équipe espagnole d'experts médicolégaux confirment la mort de huit Sahraouis, dont deux enfants, qui avaient disparu en 1976, et établissent des preuves inédites de leur exécution extrajudiciaire par les forces armées marocaines.
Le conflit qui oppose le Polisario au Maroc est jalonné de violations de droits de l'homme. Ici Aminatou Haider, militante sahraouie.
Le conflit qui oppose le Polisario au Maroc est jalonné de violations de droits de l'homme. Ici Aminatou Haider, militante sahraouie. Ces révélations soulignent combien il reste nécessaire de faire toute la lumière sur les centaines de cas de disparitions forcées survenues ces dernières décennies et de rendre justice aux victimes et à leurs familles.
L'équipe de spécialistes de l'université du Pays basque et de la Société de sciences Aranzadi a exhumé les corps des huit Sahraouis pour procéder à des examens médicolégaux, dont des tests ADN. Parallèlement, elle a enquêté sur les circonstances de leur mort et interrogé leurs proches et des témoins des faits survenus en 1976. Ces spécialistes avaient été contactés en avril 2013 par des familles sahraouies de victimes de disparitions forcées après la découverte par un berger de restes humains dans la zone de Fadret Leguiaa, près d'Amgala, au Sahara occidental. Cette zone se situe dans la partie de ce territoire contesté qui est sous contrôle du Front populaire pour la libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), qui dirige un gouvernement en exil, autoproclamé, depuis les camps de Tindouf, en Algérie, à 400 kilomètres de là.
L'équipe a publié ses conclusions le 10 septembre 2013, indiquant que les huit Sahraouis (six adultes – Salma Daf Sidi Salec, Sidahmed Segri Yumani, Salama Mohamed Ali Sidahmed Elkarcha, Salma Mohamed Sidahmed, Mohamed Abdalahe Ramdan et Mohamed Mulud Mohamed Lamin – et deux enfants – Bachir Salma Daf et Sidi Salec Salma) avaient été arrêtés en février 1976 par une patrouille militaire marocaine et exécutés sur place par arme à feu, avant d'être enterrés dans deux tombes de faible profondeur creusées à même le sable et les cailloux.
L'Instance équité et réconciliation (IER), créée en 2004 par les autorités marocaines pour enquêter sur les disparitions forcées, entre autres violations, n'avait révélé aucune information sur ce qu'il était advenu de ces huit personnes. Cependant, quatre d'entre elles avaient fait l'objet de recherches menées par le Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH), organisme national de protection et de promotion des droits humains, dans le cadre de ses travaux de suivi des conclusions de l’IER. Celui-ci avait conclu que ces quatre personnes avaient été arrêtées par les forces armées marocaines près d'Amgala en 1976 (en février, juin et juillet) et emmenées à la caserne militaire de Smara – autre ville du Sahara occidental – où elles étaient ensuite décédées. Les quatre autres ne figuraient ni sur les listes de personnes disparues de l'IER, ni sur celles du CCDH.
La divergence entre les conclusions du CCDH et celles de l'équipe espagnole sur la mort de quatre des huit Sahraouis disparus sème le doute sur la fiabilité des conclusions publiées par le CCDH à propos d'autres cas de disparitions forcées, en particulier lorsque ni l'IER, ni le CCDH n'ont pu recueillir de témoignages des familles de disparus, réfugiées dans les camps de Tindouf.
Amnesty International demande que les éléments de preuve laissés par l'équipe de spécialistes espagnols soient préservés, qu'une enquête indépendante, impartiale et minutieuse soit menée sur la mort de ces huit Sahraouis, et que les responsables présumés soient traduits en justice. Compte tenu du lieu où se trouvent les ossements et de la défiance entre les autorités marocaines et celles du Polisario, l'organisation appelle les Nations unies à faire le nécessaire pour que ce soit le cas.
Il est probable que d'autres corps restent à découvrir dans cette zone et dans d'autres parties du Sahara occidental. Ceux-ci doivent être recherchés, exhumés, identifiés et rendus à leurs familles. Les autorités marocaines doivent veiller à ce qu'une enquête soit rouverte dès lors que de nouveaux éléments émergent dans des affaires de disparitions forcées, du fait de l'exhumation d'ossements ou de témoignages de proches de victimes qui n'avaient pas été interrogés par l'IER ou le CCDH, notamment ceux qui vivent dans les camps de Tindouf.
Il faut demander des comptes aux responsables afin de mettre réellement un terme à l'impunité pour les violations commises dans le cadre du conflit armé entre le Maroc et le Front Polisario. La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui est la force de maintien de la paix présente dans la région, pourrait jouer un rôle en apportant une aide internationale et des compétences pour faciliter le processus, de même que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l'ONU.
La justice de transition : un processus inachevé
Les nouvelles informations révélées par l'équipe d'experts médicolégaux montrent les limites du travail mené par l'IER et le CCDH pour établir la vérité sur les centaines de disparitions forcées survenues au Maroc et au Sahara occidental sous le règne de l'ancien roi Hassan II, ainsi que la nécessité de mener de nouvelles enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies.
De nombreuses familles attendent toujours de connaître toute la vérité sur le sort de leurs proches disparus et d'obtenir justice pour les crimes dont ils ont été victimes. Les disparitions forcées restent une atteinte aux droits humains tant que les familles n'ont pas obtenu le droit à la vérité et au deuil, ainsi qu'à la justice et à des réparations.
Il faudrait utiliser les mécanismes existants des Nations unies pour aider à résoudre ces affaires de disparitions forcées. Le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires pourrait jouer un rôle précieux dans la résolution des problèmes de vérité et de justice au Maroc et au Sahara occidental. Amnesty International a salué la récente ratification par le Maroc de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, mais elle a appelé les autorités marocaine à renforcer cet engagement en reconnaissant la compétence du Comité des disparitions forcées pour recevoir et examiner des communications présentées par des victimes ou pour le compte de victimes et par d’autres États parties, ainsi qu'en transposant les dispositions de cette Convention dans le droit national, dans les plus brefs délais.
Le roi Mohammed VI a mis en place l'IER il y a près de 10 ans pour enquêter sur les atteintes aux droits humains commises par les services de sécurité marocains entre 1956 et 1999. Deux ans plus tard, à l'issue des travaux de cette Instance, il a chargé le CCDH, organisme national de protection et de promotion des droits humains, d’assurer le suivi des travaux et des recommandations de l’IER, ce que celui-ci a fait jusqu'en 2010. C'était la première expérience de ce type dans le domaine de la justice de transition dans cette région, et elle a suscité beaucoup d'espoirs en termes de vérité, de justice et de réparations.
Dans son rapport de 2010 intitulé "Des promesses non tenues" l'Instance équité et réconciliation et le suivi de ses travaux, Amnesty International a reconnu les progrès réalisés dans le cadre de ce processus sans précédent de justice de transition. L'IER a mis en avant la responsabilité de l'État dans les violations des droits humains, et des indemnisations financières ont été accordées. Un plus petit nombre de victimes a aussi bénéficié d'autres formes de réparations, comme une assurance maladie ou le rétablissement dans un emploi.
Cependant, Amnesty International a aussi dénoncé les lacunes du processus, dont certaines étaient liées au mandat de l'IER. Par exemple, le travail de cette Instance a été gêné par le fait qu'elle ne pouvait pas obliger à témoigner les membres des autorités ou des forces de sécurité susceptibles d’avoir connaissance du sort de personnes disparues. Par ailleurs, trop peu de cadavres de personnes exécutées ou décédées en détention ont été exhumés, identifiés et rendus aux familles, privant ces dernières de la possibilité de faire réellement leur deuil.
De plus, l'IER a accru le sentiment de marginalisation des Sahraouis en ne tenant pas compte de l'ampleur particulière des violations dont ils avaient été victimes. Ainsi, aucune audience publique permettant aux victimes d’évoquer leurs souffrances n’a été organisée au Sahara occidental, contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres régions, où de telles audiences ont été retransmises à la télévision. Le rapport final de l’IER fournissait très peu d’informations sur les disparitions forcées et les autres atteintes aux droits humains subies par des Sahraouis. Il ne reconnaissait même pas que le Sahara occidental avait souffert de manière disproportionnée, comme le montre son exclusion du programme de réparations collectives destiné aux zones particulièrement touchées par les violations pendant les « années de plomb ». L’IER n’a pas non plus réussi à améliorer la communication avec les victimes, leurs familles et les organisations de la société civile au Sahara occidental, ni à rétablir leur confiance – ce manque de confiance étant lui-même une conséquence des violations subies dans cette région aux mains des autorités marocaines.
En outre, le mandat de l'IER ne prévoyait pas l'identification des auteurs de graves violations des droits humains ni l'engagement de poursuites à leur encontre, laissant aux victimes le soin de saisir elles-mêmes la justice à titre individuel. À ce jour, l’écrasante majorité des responsables marocains soupçonnés d’avoir commis des violations flagrantes des droits humains pendant la période couverte par le mandat de l’IER n’ont pas été traduits en justice, et rien ne laisse supposer que les autorités aient l’intention d’y remédier à l'avenir. Au contraire, le discours officiel encourage une justice de « réconciliation », et non une justice « accusatoire », ce qui se traduit par l’impunité pour de graves atteintes aux droits humains.
Plusieurs des recommandations juridiques et institutionnelles formulées par l'IER ont été intégrées à la nouvelle Constitution, comme la reconnaissance des droits humains, et d'autres ont conduit au lancement de réformes visant à renforcer l'indépendance de la justice. Cependant, il reste à traduire ces avancées dans les faits, en faisant évoluer les pratiques. Par ailleurs, la réforme de l'appareil de sécurité également recommandée par l'IER, indispensable pour garantir la transparence et l'obligation de rendre des comptes, n'a toujours pas été mise en œuvre.
Un mandat de protection des droits humains pour la MINURSO
L'emplacement où se trouvent les ossements, dans une zone où la MINURSO fait appliquer un cessez-le-feu le long de la ligne qui sépare la partie est du Sahara occidental, contrôlée par le Front Polisario, de la partie ouest, administrée par le Maroc, souligne aussi combien il serait important de disposer d'un dispositif officiel indépendant de surveillance de la situation des droits humains dans cette région.
Amnesty International a déjà demandé à maintes reprises et continue de demander que le mandat de la MINURSO soit étendu à la protection des droits humains, non seulement pour promouvoir la vérité et la justice dans les cas non résolus d'atteintes commises par le passé par les autorités marocaines et le Front Polisario, mais aussi pour s'occuper des nouvelles violations, qui restent une source de préoccupation dans la région.
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