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dimanche 14 juillet 2013

Point hebdomadaire n°31 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc,






Par l'ASDHOM,  11/7/2013


Qu’est-ce qui peut justifier un déploiement massif des forces de l’ordre et un dispositif de sécurité quelque part sur le territoire d’un État de droit ? En dehors d’un fait de terrorisme ou d’une menace sérieuse pour la sécurité des citoyens, rien, justement, ne peut les justifier. Au Maroc, il a suffit qu’une délégation de 14 touristes solidaires se rende à Ifni et sa région pour que la ville soit quadrillée.
Cette délégation composée de Français-es, d’Allemand-e-s et d’Australien-ne-s, conduite par Madame Claude Mangin, épouse du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari du groupe Gdeim Izik, incarcéré depuis novembre 2010 à la prison Salé 1, s’est rendue à Agadir le dimanche 7 juillet pour une tournée qui doit la conduire à Tiznit, Tantan, Dakhla, Laâyoune et Smara dans le cadre de la campagne « Écrire pour les libérer » initiée par des associations de soutien aux prisonniers politiques sahraouis. Ces parrains et marraines comptaient rendre visite en accompagnant les familles et remettre des lettres de solidarité aux 33 prisonniers politiques sahraouis incarcérés aux prisons de Tiznit, Aït Melloul, Laâyoune et Dakhla, mais c’était sans compter avec la réaction des autorités marocaines. Vous trouverez sur le site de l’ASDHOM la liste de ces 33 parrainés.
Lundi 8 juillet, la délégation avait passé deux heures devant chacune des prisons d’Aït Melloul et de Tiznit dans l’espoir d’être reçue par leurs directeurs. En vain. Non seulement les directeurs ont refusé de l’accueillir, mais ils ont également refusé de prendre les lettres que la délégation avait préparées pour expliquer les raisons de ce déplacement. La délégation avait même pris la peine d’informer le président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) de ses intentions. Mais apparemment les autorités marocaines auraient préféré voir ces touristes, d’un genre particulier, à la Mamounia ou à d’autres hôtels de Marrakech se délectant de la chaire fraîche au lieu de venir frapper à leurs prisons.
Nous reviendrons sur cette mission dès qu’on aura plus d’éléments après le retour de la délégation.

D’autres informations, heureusement plus heureuses, nous sont parvenues concernant des prisonniers politiques proposés au parrainage par l’ASDHOM.

Groupe UNEM-Meknès : Les cinq prisonniers politiques de l’UNEM à Meknès (Hassan Koukou, Soufiane Sghéri, Mounir Aït Khafou, Mohamed Eloualki et Hassan Ahmouch) ont arrêté, début juillet, leur grève de la faim qu’ils avaient entamée le 3 mars 2013. Ils ont réussi à arracher de l’administration pénitentiaire plusieurs revendications dont la séparation des prisonniers de droit commun, le suivi médical complet jusqu’à l’amélioration de leur santé, l’amélioration des conditions des visites familiales, l’autorisation de visite ouverte à d’autres personnes en dehors de la famille, la poursuite des études dans de bonnes conditions, l’accès à la bibliothèque, l’accès quotidien aux installations sportives, l’accès aux livres, aux magazines et aux journaux, etc. Mais le plus important pour eux, reste la date de leur procès. Ils vont enfin être traduits devant un tribunal le 22 juillet 2013. Rappelons qu’ils avaient été arrêtés le 17 décembre 2012 sur le campus universitaire de Meknès et ils sont restés, depuis, en détention provisoire dont ils ont vraiment souffert. Dans le cadre de la campagne de parrainage que mène l’ASDHOM, leurs parrains ont interpellé à plusieurs reprises les autorités marocaines sur leurs conditions de détention et notamment au cours de leur grève de la faim qui a duré presque 115 jours.
L’ASDHOM les félicite de cette première victoire et espère qu’ils auront droit à un procès juste et équitable. Nous demandons leur réhabilitation. Seule la relaxe est la mieux indiquée dans ce cas.

Groupe 20-Février Al-Hoceima : Mardi 9 juillet, le jeune militant du mouvement 20-Février, Abdelhalim Taliïa retrouvé sa liberté après avoir purgé une peine d’un an d’emprisonnement. Abdelhalim avait été arrêté le 8 mars 2012 après sa participation aux protestations qu’a connues le village d’Aït Bouayach (près d’Al-Hoceima). Il a été accueilli à sa sortie de prison par ses camardes de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au Maroc (ANDCM) et du mouvement 20-Févier sans oublier les membres de sa famille.

Groupe Sahraouis-Prison de Laâyoune : le 1er juillet 2013, au moment presque où les prisonniers politiques de l’UNEM arrêtent leur grève de la faim à Meknès, quatre des prisonniers politiques sahraouis (Mahmoud Hanoun, Ajouad Farah, Sidi Mohamed Mellah et Aslouh Al-Mils) entament une grève ouverte de la faim à la prison locale de Laâyoune au Sahara pour protester contre leurs conditions de détention et pour réclamer la tenue rapide de leur procès. Les quatre prisonniers ont été arrêtés les 27 et 28 mai 2013 à Smara après avoir participé à des manifestations pacifiques en faveur de l’option de l’autodétermination dans le conflit du Sahara Occidental. Le défenseur sahraoui des droits de l’Homme, Mahjoub Oulad Cheikh, qui écope dans la même prison d’une peine de 3 ans de prison ferme, a été menacé de transfert et empêché de tout mouvement au sein de la prison pour le dissuader de tout contact avec les quatre grévistes de la faim.
Six autres prisonniers politiques sahraouis ont entamé une grève de la faim à partir du 9 juillet pour protester contre la décision du juge d’instruction de la Cour d’appel de Laâyoune qui prolonge leur détention provisoire de deux mois. Il s’agit de Mohamed Ali Saâdi, Yassine Sidati, Mohamed Gharnit, Aziz Hramech, Youssef Bouzid et le mineur Houcine Abah qui étaient arrêtés le 9 mai 2013 après une manifestation organisée le 4 mai à Laâyoune en faveur de l’autodétermination des Sahraouis.

Sur le plan des procès qui portent atteinte à la liberté d’expression et d’opinion, nous déplorons la confirmation de la condamnation par la Cour d’appel de Kalaât Sraghna des trois militants et membres du PADS, de l’AMDH et de l’ANDCM à une amende de 2000 dirhams. Safi Eddine Boudali, Abdel Naji Koumri et Azzedine Louzi ont été condamnés pour avoir distribué un tract appelant au boycott des élections législatives de novembre 2011. Même s’il n’y a pas eu de peine d’emprisonnement, le fait de les avoir condamnés à une amende est en soi condamnable. L’ASDHOM dénonce tout autant la convocation, le 25 juin, du journaliste Ali Anouzla, directeur du site Lakome.com, par la police judiciaire et le procureur du roi de la ville de Fès. Il a été auditionné et accusé de «publication et diffusion, de mauvaise foi, de fausses informations» et «faits inexacts» de nature à troubler l’ordre public. Il risque une condamnation en vertu de l’article 42 du code de la presse marocaine, à une peine allant d’un mois à un an de prison et une amende comprise entre 1000 et 10 000 dirhams. Ali Anouzla estime qu’on tente de lui faire payer sa liberté de ton et son audace. Nous y reviendrons.

Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre
asdhom@asdhom.org    www.asdhom.org Pour le bureau exécutif
Ayad Ahram, Président de l’ASDHOM

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