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mercredi 18 mars 2015

ECHEC DU DIALOGUE ENTRE LES DEUX PARLEMENTS LIBYENS RIVAUX AU MAROC



Une déculottée royale

Decrease fontL'Expression - Le QuotidienPar
Le souverain marocain qui rêvait de briller sous les feux de la rampe avait surtout pour objectif de court-circuiter les négociations de paix inter-libyennes qui se tiennent à Alger comme ce fut le cas pour le Mali.
La fête gâchée de Mohammed VI. 
Les deux Parlements libyens rivaux ont décidé de ne pas s'asseoir autour de la table des négociations. Tout était fin prêt pour faire de Skhirat le lieu qui devait marquer le réveil de la diplomatie marocaine. Cette station balnéaire proche de Rabat, fut en 1971 le théâtre du premier coup d'Etat contre feu Hassan II. Un peu comme pour conjurer le sort, réécrire l'Histoire. Celle du règne sanglant du monarque disparu. Celle des disparitions forcées, de la torture. Celle du tristement célèbre bagne de Tazmamart d'où l'on n'avait aucune chance d'en ressortir vivant, et lorsque c'est par miracle le cas, on en porte les traces pour le restant de ses jours. Les deux Parlements libyens rivaux ont décidé de ne pas s'asseoir autour de la table des négociations. Skhirat continuera à symboliser la chape de plomb qui s'était abattue sur le peuple marocain et la tentative avortée de renverser le trône qui a été réprimée dans le sang. Le souverain marocain qui rêvait de briller sous les feux de la rampe avait surtout pour objectif, de court-circuiter les négociations de paix inter-libyennes qui se tiennent à Alger, comme ce fut le cas pour le Mali. Dans ses tentatives effrénées à vouloir à tout prix essayer de briser la dynamique dans laquelle s'est engagée l'Algérie à promouvoir la paix au Maghreb, au Sahel mais aussi à travers le monde par le biais du dialogue, le pouvoir marocain a fini par se casser les dents au moins à deux reprises (règlement des conflits malien et libyen). Que cachent ces manœuvres royales? Le Maroc qui a fait de la question du Sahara occidental une affaire de vie ou de mort est mis sous pression à un peu plus d'un mois (fin avril) du vote d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité qui prolongerait le mandat de la Minurso (Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental). Les succès de la diplomatie algérienne qui soutient le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui dans le cadre de la loi et de la légalité internationale donnent du plomb dans l'aile à la position marocaine qui ne jure que par son plan d'autonomie, pour trouver une solution définitive au conflit sahraoui. 
Ce n'est aussi que dans la perspective de maintenir le Sahara occidental sous sa coupe, qu'a été organisé à Dakhla le Forum de Crans Montana. Un rendez-vous que l'Algérie a appelé à boycotter et qui a obtenu un large écho. L'Union africaine, l'Union européenne, l'Unesco, toutes les instances de l'Organisation des Nations unies, la Grande-Bretagne, les associations de défense des droits de l'homme et de nombreux autres pays y ont adhéré. C'est cette force de frappe et ce punch retrouvés de la diplomatie algérienne, que craint aujourd'hui le pouvoir marocain qui perd la tête. «La détermination du Royaume du Maroc est inébranlable, face aux gesticulations déplacées, agissements improductifs et joutes verbales infructueuses auxquels l'Algérie nous a habitués», avait déclaré le chef de la diplomatie marocaine, Salah Eddine Mezouar, le 4 août dernier, dans un entretien au journal Aujourd'hui le Maroc. Mais c'est surtout, le soutien et la confiance sans faille que lui apportent les grandes puissances dans sa quête à faire taire les armes, à travers la planète que lui envie et redoute à la fois Mohammed VI. Parmi elles, figurent les États-Unis et la France, alliés traditionnels du Royaume. Lui feront t-ils défaut à l'occasion de la nouvelle résolution que doit voter le Conseil de sécurité pour prolonger la mission de la Minurso au Sahara occidental? Rendez-vous à la fin du mois d'avril...

Rappel : aujourd'hui, 18 mars, rencontre avec le journaliste Omar Brouksy


Invitation : A Paris avec le journaliste Omar Brouksy

« Mohammed VI, derrières les masques ».


L’Association Marocaine des Droits Humains-Paris/IDF vous invite à une rencontre avec le journaliste et universitaire Omar Brouksy.
Brouksy a été rédacteur en chef du Journal hebdomadaire, titre phare de la presse écrite marocaine avant sa fermeture par les autorités en janvier 2010, puis journaliste de l’Agence France Presse (AFP) jusqu’à 2014.
L’auteur du livre « Mohammed VI, derrière les masques », préfacé par Gilles Perrault, nous parlera notamment de la situation politique et sociale quinze ans après l’accession au trône du roi Mohammed VI.
La place de la monarchie, le rôle de la religion dans la légitimation du pouvoir politique, les espérances brisées du « nouveau règne » et de l’après 20 février, ainsi que les violations des libertés individuelles sont les principales thématiques qui seront abordées lors de cette rencontre avec Omar Brouksy. L’actualité donne à cette rencontre un intérêt indéniable.
En janvier, les forces de l’ordre ont forcé la porte de l’AMDH à Rabat pour arrêter deux journalistes qui tournaient un reportage pour France 3. Juste après, les deux journalistes sont expulsés. En conséquence, le jury du Prix Albert Londres a renoncé à l’organiser au Maroc. Le communiqué du Prix précise : « les conditions – précaires – de la liberté de la presse dans le royaume [du Maroc] sont de notoriété publique et le prix Albert-Londres ne comptait certes pas les passer sous silence. Mais cette volonté systématique d'obstruction au travail d'enquête de journalistes courageux et intègres fait preuve d'un irrespect total à l'égard d'un métier et de valeurs que nous défendons »[1]
Des journalistes sont en prison, d’autres sont poursuivis par la justice. Plusieurs sont régulièrement intimidés, tandis qu’une partie des journalistes est forcée à l’exil.
Omar Brouksy a vu juste en février 2013 quand il déclarait : « Actuellement, les thématiques restent les mêmes, malgré la nouvelle constitution, malgré le printemps arabe: l’autoritarisme, la prééminence de la monarchie, la non-indépendance de la justice, les détentions politiques (plus de cent militants du 20 février sont encore en prison), les atteintes à la liberté d’expression, les pressions économiques qui continuent, tout est toujours là. »[2]

La rencontre aura lieu le mercredi 18 mars 2015 à 18h30 à la Librairie Résistances (4, Villa Compoint 75017 Paris (Angle du 40, rue Guy Môquet) Station Métro Guy Môquet)

 Pour tout contact : amdh.paris@gmail.com, (+33) 06.18.66.15.58, www.amdhparis.org.

Salutations militantes,
Pour le bureau de l'AMDH-Paris/IDF

 

mardi 17 mars 2015

7 ans déjà ! Ali Aarrass et la Belgique, une plaie toujours ouverte.

17 /3/2015

Intro

Le 1 avril 2015, cela fera 7 ans qu'Ali Aarrass se trouve derrière les barreaux.
Pour la famille, pour ceux et celles qui se sont mobilisés pendant sept ans autour de cette affaire, pour ces 216.500 signataires de la pétition d'Amnesty International pour sa libération immédiate en 2014, c'est l'incompréhension, la déception, la colère face à une telle injustice.

Il y a plus.
Jusqu'à ce jour, l'assistance consulaire à laquelle la Belgique a été condamnée par deux fois par la justice belge n'a toujours pas pris d'effet.
L’État belge et le Ministre des affaires étrangères, Didier Reynders, avaient été condamnés à assurer une assistance consulaire à Ali Aarass le 3 février de l'année passée, par la décision du tribunal de première instance à Bruxelles. Reynders aurait pu se soumettre à cette décision. Mais il s'y est opposé et a fait appel. Huit mois plus tard, le 11 septembre 2014, la 3e chambre de la cour d’appel de Bruxelles a rejeté son appel. Le premier jugement a été confirmé, cette fois, sous peine d’ astreinte de cent euros par jour de retard dans le mois suivant le prononcé de l’arrêt.
Depuis, les services consulaires belges au Maroc nous disent qu'ils essaient d'obtenir une permission d'aller visiter Ali, mais que les autorités marocaines ne l'accordent pas. Vous voyez, « la Belgique veut bien, mais le Maroc ne veut pas ». Autrement dit, la Belgique échappe aux sanctions prévues si elle n'exécutait pas le jugement. Pour connaître la vérité, il suffit de demander : où sont les preuves des démarches de la Belgique dans cette affaire ? Pourquoi n'avez-vous pas fait entendre, ne fût-ce qu'une seule fois une seule phrase de protestation contre le Maroc à ce sujet ?

On aurait encore pu croire les propos de la Belgique, si on n'avait pas été confronté à son attitude sept années durant.
Depuis sept ans, la famille et les ami(e)s d'Ali Aarrass ont connu l'intimidation, l'arbitraire, le mensonge, le double jeu, le calcul politique de la part des autorités, aussi bien marocaines, espagnoles que belges. En résumé, un cynisme et une inhumanité, qu'on aurait eu du mal à s'imaginer avant de l'avoir vécu personnellement.
L'affaire Ali Aarrass nous a appris que les droits et les protections des citoyens, garantis par les constitutions et les conventions de droits de l'homme, signées par les démocraties libérales européennes (et par le Maroc), sont mis de côté quand il s'agit de « guerre contre le terrorisme.» Là, tout semble permis. Y compris l'utilisation de la (double) nationalité comme arme supplémentaire pour pouvoir abandonner ou extrader illégalement des inculpés. On s'est retrouvé dans une zone de guerre où règnent l'état d'exception, le terrorisme d'état,  appliqués contre une catégorie de personnes, inculpées de terrorisme. Et ce, dans une indifférence de plomb, voire de soutien d'une grande partie de l'opinion publique, à qui on a appris à vivre dans une peur permanente et à justifier tous les moyens, illégaux ou pas, prétendument pour éradiquer le terrorisme.

Dès le premier jour de son arrestation, Ali a clamé son innocence. Il déclare n'appartenir à aucune organisation, ni militaire, ni politique, ni religieuse. Il réfutera toute implication dans un quelconque projet terroriste. Position qu'il maintiendra, sans fléchir, tout au long de son incarcération et qu'il soutiendra par trois grèves de la faim.

Dans la psychose antiterroriste qui sévit dans le monde depuis quinze ans, l’expression « présumé innocent », ou « innocent, until proven guilty », comme disent les Américains, n'existe plus. Pour les inculpés, ces principes sacrés ont été remplacés par « Tu signes, c'est tout. »(1) Et au niveau de l'opinion publique par : « il n'y a pas de fumée sans feu », ou par : « mieux vaut ratisser large, même en sacrifiant des innocents, pour qu'aucun terroriste ne puisse s'échapper. »
Ainsi, comme nous le verrons, l'histoire d'Ali Aarrass est une histoire de « Guantanamo parmi nous ». Son cas ne diffère guère de celui de ces centaines d'innocents, kidnappés ou vendus aux Américains en Afghanistan et au Pakistan après 2001 pour être ensuite enfermés à Guantanamo, uniquement parce qu'ils se trouvaient au mauvais moment, au mauvais endroit.(2)
Son cas ne diffère pas non plus de celui de ces centaines de civils marocains innocents, qui ont été arrêtés et torturés après les attentats de Casablanca en mai 2003.(3)

Dans l'article qui suit, je reprends les événements qui ont marqué le calvaire d'Ali Aarrass. L'arrestation dans le cadre de l'affaire Belliraj; la torture blanche en Espagne ; l'extradition de l'Espagne vers le Maroc, malgré le non-lieu prononcé par la justice espagnole; la torture au Maroc ; l'abandon par la Belgique.
Dans la défense d'Ali Aarrass, je vous propose deux mots d'ordre qui devaient guider notre combat continu pour sa liberté.
Celui de Vittorio Arrigoni : « Stay human !»
Et celui de Stéphane Hessel : « Indignez-vous ! »

Luk Vervaet 17 mars 2015

notes

(1) http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/morocco0613frsumandrecs.pdf

(2) A ce sujet, il suffit de lire quelques témoignages sur Guantanamo, dernièrement parus : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150122.OBS0547/les-carnets-de-guantanamo-journal-intime-d-un-prisonnier.html ou http://supermax.be/survivre-a-guantanamo-lhistoire-de-murat-kurnaz-jeune-turc-ne-en-allemagne-emprisonne-a-guantanamo-cinq-annees-denfer-dont-il-ressort-un-film-a-charge/

(3) Il y a plus dix ans que la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH) écrivait : « Les autorités marocaines ont procédé durant les mois qui ont suivi les attentats de Casablanca à des milliers d’arrestations ; ces campagnes ont concerné l’ensemble du territoire et consisté parfois en de véritables rafles visant certains quartiers déshérités des périphéries des grandes villes, à Fès ou à Casablanca par exemple. Il sort des constatations des missions de la FIDH que les violences, y compris la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants, commises contre les personnes poursuivies, comme les atteintes au droit à un procès équitable, y compris les droits de la défense, qu’elles ont constatées sont flagrantes. » Rapport FIDH février 2004  http://www.fidh.org/IMG/pdf/ma379f-3.pdf .
Selon Amnesty International, après les attentats de Casablanca de 2003, « environ 1500 personnes ont été arrêtées, des centaines d’entre elles ont été sévèrement torturées, mais leurs plaintes n’ont pas été prises au sérieux par les autorités marocaines.. » 
 (Document - España. Temor de devolución/temor de tortura. Ali Aarras, Mohamed el Bay)

Genève — Des centaines de personnes de la communauté sahraouie en Europe ont organisé en marge de la 28ème session du conseil des droits de l'homme de l'ONU, une manifestation à Genève pour demander la protection des droits de l'homme au Sahara occidental, a-t-on appris de source de la représentation du Front Polisario en suisse. Les manifestants ont brandi des banderoles et scandé des slogans demandant le respect des droits de l'homme au Sahara occidental et l'extension du mandat de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l'organisation du référendum au Sahara occidental) à cette mission. La manifestation a compté la présence de Maima Abdelsalam, représentante du Front Polisario en Suisse, Ghalia Djimi, vice-président de l'Association sahraouie des victimes de graves violations des droits de l'homme (ASVDH), Sidi Brahim Kharachi, du bureau de la communauté sahraouie en Europe et des partisans de la cause sahraouie.



Sahara Press Service (El Aaiun), 16/3/2015


 Genève — Des centaines de personnes de la communauté sahraouie en Europe ont organisé en marge de la 28ème session du conseil des droits de l'homme de l'ONU, une manifestation à Genève pour demander la protection des droits de l'homme au Sahara occidental, a-t-on appris de source de la représentation du Front Polisario en suisse.


Les manifestants ont brandi des banderoles et scandé des slogans demandant le respect des droits de l'homme au Sahara occidental et l'extension du mandat de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l'organisation du référendum au Sahara occidental) à cette mission.

La manifestation a compté la présence de Maima Abdelsalam, représentante du Front Polisario en Suisse, Ghalia Djimi, vice-président de l'Association sahraouie des victimes de graves violations des droits de l'homme (ASVDH), Sidi Brahim Kharachi, du bureau de la communauté sahraouie en Europe et des partisans de la cause sahraouie.


 http://fr.allafrica.com/stories/201503161969.html

Crans Montana : Ban Ki-moon recadre le Maroc, il n'a délégué personne pour le représenter


Ban Kimoon a démenti avoir été représenté au Forum de Crans-Montana à Dakhla

Par MT,  liberté Algérie, 17/3/2015

 Dans une note adressée aux correspondants de presse, l'ONU a pris le soin de préciser que son secrétaire général “a été invité à ce forum, mais a informé son président qu'il ne pouvait pas y assister”. La même source a ajouté que Ban Ki-moon “n'a pas délégué M. Philippe Douste-Blazy ou quelqu'un d'autre pour le représenter, lui ou les Nations unies”.

DR
Aussi, l’ONU a mis l’accent sur le fait que Philippe Douste-Blazy, qui occupe le poste de conseiller spécial du secrétaire général sur les financements innovants, participe au forum “exclusivement à titre privé”. La note de presse des Nations unies rappelle également : “Alors que Dakhla est décrite dans les matériaux du forum comme étant une ville du Maroc, le statut définitif du Sahara occidental fait l'objet d'un processus de négociations mené sous les auspices du secrétaire général, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies.” Cette précision de l’ONU prend toute son importance à l’approche de la réunion du Conseil de sécurité, prévue à la fin du mois, pour statuer sur le mandat de la Minurso, quant à son renouvellement et également l’introduction de mécanismes de contrôle des droits de l’homme au Sahara occidental.
Par ailleurs, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a interpellé samedi soir le Conseil de sécurité des Nations unies pour qu’il assume ses responsabilités quant à la nécessité de parachever le processus de décolonisation du Sahara occidental. “Le Conseil de sécurité doit prendre ses responsabilités quant au parachèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental”, a indiqué M. Messahel, qui était l'invité de l'émission “Sur le fil” de la chaîne Canal Algérie de la Télévision nationale. Il a notamment rappelé que l'autodétermination est l'un des “principes fondamentaux et clés” de la charte des Nations unies consacrant le choix des peuples de disposer d'eux-mêmes. Le numéro deux du MAE a précisé que “la responsabilité est sur le Conseil de sécurité, et c'est à ses membres de faire aboutir le processus tel qu'il est défini et décrit par les Nations unies”, ajoutant qu'“il reste à ce dernier lors de sa prochaine réunion à mettre les mécanismes et les moyens pour faire en sorte que ce processus puisse aboutir”. Il a appelé à ce propos le Conseil de sécurité à “faire pression sur les uns et les autres pour faire aboutir le processus qui était engagé, à savoir l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui”.
Dans ses différentes résolutions, l'ONU a toujours appelé les deux parties au conflit (le Maroc et le Front Polisario) à continuer à œuvrer sous son égide, à travers des négociations directes et sans préalable, à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, garantissant le droit du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination

lundi 16 mars 2015

C'est contre ce massacre que l'AMDH manifestera le samedi 21 mars - journée mondiale des forets à Rabat !

Aziz Akkaoui
Aziz Akkaoui 14 mars 17:22
C'est pour cette raison que l'AMDH manifestera le samedi 21 mars - journée mondiale des forêts à Rabat !
Bref reportage réalisé par nos militants AMDH khénifra
le cèdre national en détresse! !


 https://youtu.be/gH3XXB0FYTg

Visite à Naama



Visite à Naama
Rabat-Salé 12-16 Janvier 2015
Quelques impressions de Maryse

Je fais aujourd’hui ma première visite à Naama, prisonnier politique Sahraoui à Rabat-Salé,  dans sa cinquième année de détention  sur les trente ans de condamnation.
Michel et moi arrivons à Rabat vers 12 heures : ce petit aéroport sur fond de végétation méditerranéenne  parle à mon cœur : ce pourrait être un beau voyage. Mais je sais pour qui je viens  et cela m’assombrit .
En taxi nous partons directement pour Salé. Michel, habitué de ces visites, conduit le chauffeur jusqu’à la petite porte  d’entrée après avoir longé trois des murs de la prison,  impressionnante  par   son  immensité ; et je vois qu’on en construit une autre  aussi grande, de l’autre côté de la rue,  « pour les mineurs » me dira Naama  : de quoi s’interroger sur ces sociétés de tous horizons qui enferment pour se protéger… Beaucoup de femmes  et quelques hommes attendent déjà  devant la porte  avec de grands sacs : c’est le ravitaillement de leur prisonnier  pour la semaine. Sont là aussi quelques très jeunes enfants.
Ma crainte grandit : comment sera-t-on accueilli  de l’autre côté de cette porte ? Il est 13 h ; c’est l’heure de la visite. Le personnel est un peu languissant. Une femme prend nos passeports  et les garde. On attend  pendant plus de trois quarts d’heure dans une sorte d’immense couloir à ciel ouvert qui entoure les quartiers,  avec des murs très hauts surmontés de barbelés,  avant d’accéder à une série de pièces d’attente successives   : d’abord un sas pour la fouille des dames  puis  une autre pièce où les nombreux visiteurs attendent,  assis sur de longs  bancs en ciment, qui précède le même type de salle où officie un gardien,  un « caporal » qui hurle des noms  qu’on ne comprend pas : une fournée de visiteurs se lèvent et disparaissent. Notre tour viendra   après que Michel se soit manifesté  auprès du crieur ; il nous fait signe : on traverse deux salles  jusqu’à une grille où on attend. Mon cœur bat : Naama sera-t-il là ?
 On arrive dans une  sorte de  grande « salle  des fêtes »  de béton par  une scène surélevée : c’est le parloir collectif. Une foule occupe la surface en contrebas de la scène ;  les gens  sont assis par famille   autour d’une table de jardin en plastique avec six ou huit fauteuils.
Les prisonniers arrivent  aussi par paquets d’un espace ménagé au fond de la salle. Chacun retrouve sa famille, on s’étreint longuement, on pleure, on s’embrasse.  La joie des retrouvailles se lit sur les visages : qui est prisonnier, qui est libre ?
Sur le côté, dans un angle,  deux hommes se lèvent et viennent jusqu’à nous : ce sont des Sahraouis souriants  qui nous accueillent. Naama n’est pas là,  ils nous apprennent qu’il est encore malade ce matin, avec d’autres de leurs camarades.  Ils nous  installent autour d’une table. Une dame des plus âgées, en visite, me serre  longuement dans ses bras et me tiendra la main de longs moments.
Naama arrive plus tard  dans son grand manteau,  la tête protégée par la capuche. Il est fiévreux mais tout sourire. Tous les Sahraouis (ils sont là 23) viendront  les uns après les autres,  contents de nous voir, comme leur famille, et nous embrassent quatre fois.  On partage les papillotes, les dattes, et un thé venu d’une de leurs cellules !
 Je n’ai pas vu Naama depuis six ans. Mais dès que nous serons seuls avec lui, la conversation s’engagera tout naturellement comme de vieux amis : d’abord Claude, le monde… les attentats (il y a quelques jours seulement), la géopolitique car il lit beaucoup : journaux, livres, il est bien informé ! Nous serons là jusqu’à midi ; personne n’a contrôlé. Naama jouit manifestement d’une bonne audience auprès du nouveau directeur (les années auparavant les visites étaient  strictement  limitées à une heure).  Il en sera ainsi tous les matins  pendant nos cinq jours de présence à Rabat, de 9h-9h30 à 12 h-12 h 30.
Pendant que nous parlons, je regarde autour de moi, cette salle immense déguisée en salle de spectacle, mais qui ne verra jamais un seul artiste : la scène n’est là que pour surveiller, donner des consignes. À chaque fin de visite — toutes les  heures,  la sirène  vibre cruellement, un lot de visiteurs fait place à un autre dans un  bruit assourdissant de tables et de chaises remuées. Les familles se retrouvent à 6 ou 8  avec leurs prisonniers ; il y a là des petits enfants, des grands-parents,   des jeunes et des moins jeunes.  Ce sont tous des prisonniers de droit commun  nettement séparés des 23 Sahraouis  qui eux sont  traités  comme des prisonniers politiques, droit obtenu de haute lutte   par deux longues grèves de la faim. Mais ils sont très loin de leurs familles  et donc les visites sont rares. Toutes ces « visites » se font sans incident ; les gens sont disciplinés  mais tendus et on a du mal à se quitter. Pourtant, je n’ai remarqué aucun regard hostile  vers notre groupe qui bénéficie d’un long temps de visite.
Ce parloir très particulier me fait penser à une de ces « vitrines » que le Maroc aime montrer  à sa population  et aussi au monde extérieur : «  Voyez, nous traitons  bien nos prisonniers ! », mais nous savons, nous,  que la torture existe, que les délais de jugement sont très longs, que les conditions de détention sont horribles  dans certains quartiers surpeuplés, sans couverture, sans hygiène, d’après Naama. C’est exactement comme les affiches publicitaires  du bord de mer cachant l’arrière-pays souvent misérable.
Les Sahraouis savent  gérer leur temps de prison ; certains ont pu travailler intellectuellement  pour préparer le bac  ou faire du droit. Là encore,  l’effet « vitrine » laisse entrer les livres et  quelques enseignants   bénévoles, mais pas le courrier ! Aucune lettre n’a  jamais été transmise à Naama par l’intermédiaire de la Croix Rouge par exemple. 
Naama a réussi à souder son groupe, à obtenir, sans compromission, une certaine liberté  d’action et de mouvement à l’intérieur de la prison. Aucun de ces prisonniers, lourdement condamnés par un tribunal militaire alors qu’ils sont civils,  de 20 ans à la perpétuité pour des assassinats qu’ils n’ont pas commis  et  que ce sont des pacifistes. 
Finalement, toute cette ambiance carcérale infernale apparaît sous un jour assez bon enfant… un comble alors que chaque prisonnier vit le drame de la séparation, de l’enfermement, dont il ne connaît pas l’issue !
On ressort de là étourdi, ému ; on mesure mieux la monstruosité de  ce bâtiment qui cache 4.700 prisonniers et accueille mille visiteurs par jour. Tout un petit peuple vit dans et aux abords de la prison ;  au dehors, la vie est normale : les taxis vont et viennent, les bars et les cafés accueillent les visiteurs, les commerces fonctionnent ; on ne sait plus très bien où est la normalité.
Pour nous aussi la séparation sera difficile et émouvante : quand nous reverrons-nous ;  y aura-t-il une septième visite ? Quand finira ce cauchemar lié au bon vouloir  de quelques-uns ?  Seul Naama  est confiant et nous gratifie de son grand sourire d’espérance. 

dimanche 15 mars 2015

FABIUS AU MAROC : UNE LUTTE A LA FOIS CONTRE LE TERRORISME ET LA JUSTICE

Par SURVIE, 15/3/2015

Après le Tchad et le Cameroun en février, c'est au Maroc que Laurent Fabius se rend pour, au nom de la lutte contre le terrorisme, renforcer les liens avec un régime criminel. Après avoir provoqué un tollé en assurant l'impunité à des tortionnaires marocains présumés, le gouvernement français enfonce le clou, à quelques semaines du vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur la mission déployée au Sahara occidental.
Laurent Fabius se rend à Rabat en visite officielle, ces lundi 9 et mardi 10 mars, pour, selon le porte-parole du Quai d'Orsay, des discussions « sur les ambitions renouvelées du partenariat franco-marocain : lutte contre le dérèglement climatique, lutte contre le terrorisme et prévention de la radicalisation, sécurité et développement en Méditerranée comme en Afrique ». De quoi parle-t-on, et surtout avec qui ?
Le « développement » du Maroc se fait entre autres sur le bradage des ressources naturelles du Sahara occidental, occupé illégalement, tandis que la puissante Société Nationale d'Investissement (SNI), détenue majoritairement par la famille royale, et 700 filiales d'entreprises françaises réalisent dans le pays des bénéfices colossaux dont ne restent que quelques miettes pour la population.
Sans doute pour lutter contre le dérèglement climatique, les autorités marocaines multiplient les permis d'exploration et d'exploitation d'énergies fossiles dans le Sahara occidental, où la répression est systématique pour les organisations qui militent en faveur des droits humains ; des droits dont la surveillance ne fait toujours pas partie du mandat de la mission de l'ONU sur place, la MINURSO. Alors que fin avril aura lieu au Conseil de sécurité de l'ONU le vote de prolongation de cette mission, cette visite de Fabius laisse présager le renouvellement de l'appui indéfectible de la France à la monarchie chérifienne sur ce dossier.
Enfin, comme au Cameroun et au Tchad où Laurent Fabius s'est rendu en février, la « lutte contre le terrorisme » est une fois de plus le prétexte parfait pour assurer un régime anti-démocratique (et même tortionnaire [1]) de « l'amitié » française, bien que celle-ci soit assurément la meilleure garantie de la radicalisation violente que Paris dit redouter en Afrique et au Moyen-Orient.

Contact presse : ophelie.latil@survie.org / 01 44 61 03 25 / www.survie.org
 SURVIE – 107 Bd de Magenta, 75010 Paris
+331 44 610 325  –  survie.org

Obsèques du camarde Raymond Durand

Par Moha Oukziz, 15/3/2015
 
Avec tristesse nous avons appris, dans le Comité de Soutien en France aux Prisonniers Politiques au Maroc, le décès de notre camarade Raymond Durand, le vendredi 13 mars 2015 à l'Hôpital d'Albi. 
Ses obsèques auront lieu, le mardi 17 mars au crématoire d'Albi  à 14H. 
Raymond était de tous les combats, ancien membre du bureau fédéral du PCF81, membre de la section PCF Lavaur, ancien président de la CNL81, ouvrier agricole communiste dans l'âme et dans la pratique. Raymond était de toutes les luttes y compris le soutien et solidarité avec les peuples pour leur émancipation contre le capitalisme.
 Il a soutenu avec force la lutte des prisonniers politiques au Maroc. 
Nous présentons nos condoléances à ses amis, ses camarades et sa famille et nous partageons avec eux la douleur d'adieu à ce grand militant. 
Repose toi en paix Raymond , nous ne t'oublierons jamais. 

Moha Oukziz pour le Comité de Soutien en France aux Prisonniers Politiques au Maroc.

Le calvaire d’un enfant torturé pendant 6 mois révèle les failles de la kafala


Le calvaire d’un enfant torturé pendant 6 mois révèle les failles de la kafala

Un petit garçon a été gravement maltraité par sa tutrice pendant 6 mois à Meknès. Un fait divers qui met en lumière les failles de la procédure de la kafala.

Le 23 février dernier, tard dans la soirée, le procureur du tribunal de la Cour d’appel de Meknès amène un enfant de 5 ans et demi au centre Le Nid de la Fondation Rita Zniber à l’hôpital Mohammed V, qui accueille des enfants et adolescents non adoptés. Le petit Aymane est dans un état grave : son corps porte les traces des sévices qui lui ont été infligés pendant près de six mois. Brûlures, coups, et abus sexuels graves. « Il est extrêmement traumatisé », nous explique une membre de la Fondation Rita Zniber. Elle précise que quelques jours plus tôt, la directrice de la crèche avait remarqué que l’enfant, en arrivant à l’école, avait du mal à marcher.
blessureCette dernière avait alors demandé au petit garçon si elle pouvait regarder ses pieds. Mais Aymane s’y est farouchement opposé, indiquant que sa mère lui avait interdit d’enlever ses chaussures. Il a fallu plusieurs heures à la directrice pour amadouer l’enfant. Et quand elle a finalement enlevé ses chaussures, elle a découvert que les pieds de ce dernier, recouverts de plastique, étaient brûlés au troisième degré. Aymane a alors expliqué que sa mère avait renversé du lait bouillant dessus, avant de craquer et de commencer à raconter les sévices dont il était victime.

Les failles de la kafala

Sauf que ce n’est pas sa mère qui lui a infligé ces tortures, mais sa tutrice. La Fondation Rita Zniber nous confirme qu’il s’agit d’une ancienne employée au tribunal de Meknès et mutée à Ifrane, désormais incarcérée. Elle avait obtenu la kafala (prise en charge) du petit garçon il y a un peu moins de six mois.
Une kafala qui lui a été accordée par la Cour d’appel de Meknès, indique la Fondation Rita Zniber, qui explique que les deux premières demandes de cette femme n’avaient pas abouti. Dans un premier temps,  l’assistante sociale de la Fondation (qui aide les familles désirant prendre un enfant en kafala) a refusé de présenter son dossier et dans un deuxième temps, le tribunal de première instance de Fès a également dû le refuser, puisque le dossier est ensuite passé en appel. Une source proche du dossier précise qu’« il était clair que cette femme avait des problèmes psychologiques. En outre, sa situation familiale n’était pas claire. Elle changeait de version tout le temps : un jour elle était mariée, une autre fois divorcée, puis à nouveau en couple. L’assistante sociale a donc refusé ».
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Aucun contrôle du bien-être de l’enfant

Comment alors la Cour d’appel de Fès a-t-elle donc pu l’autoriser à prendre en charge Aymane ? C’est la question que se pose la Fondation Rita Zniber, pour qui ce drame met en lumière les deux maillons faibles principaux de la procédure de kafala: l’absence d’évaluation psychologique des candidats, et le manque de suivi dans la prise en charge des enfants.
Ainsi, aucune assistante sociale ne s’est déplacée, pendant ces 6 mois, pour s’assurer du bien-être de l’enfant dans son nouveau foyer. Fatim-Zohra Alami, présidente d’Osraty, association marocaine des parents kafil (tuteurs adoptifs), explique que la loi 15-01 sur la kafala des enfants abandonnés, prévoit bien un contrôle, mais qu’en réalité, « il n’est quasiment jamais fait ». Notre source à la Fondation Rita Zniber estime que c’est surtout par manque de moyens : les assistantes sociales, trop peu nombreuses, sont débordées.

Pas d’examen psychologique des futurs tuteurs

Mais cette affaire révèle aussi l’une des autres failles de la procédure, indique Fatim-Zohra Alami. La loi ne prévoit pas d’examen ou d’évaluation psychologique du futur tuteur : « Sont prévus une enquête sociale (menée par l’assistante sociale) et une enquête de police ». Ensuite, c’est au juge « de jouer le rôle de psychologue », explique-t-elle, avant d’ajouter : « Dans cette affaire, un juge a joué son rôle en refusant la demande de kafala de cette femme, mais comment se fait-il que la Cour d’appel le lui ait accordé ? C’est étrange»
Le collectif Kafala (SOS Villages, Fondation Rita Zniber, Dar Atfal de Fès, Osraty…) dont la porte-parole est Fatim-Zohra Alami, réclame une révision de la loi depuis plusieurs années, et a notamment contacté à plusieurs reprises les ministères de la Justice et de la Famille et de la solidarité. « Nous avons de nombreuses revendications mais les premières concernent la protection physique et psychologique des enfants ». Le collectif compte saisir à nouveau le ministère de la Justice, mais aussi le CNDH, « car nous savons que ce cas n’est pas isolé : il y en a d’autres, c’est juste que la plupart des affaires passent  »inaperçues » de la justice ou des médias ». En plus des mauvais traitements, la présidente d’Osraty explique, sans pouvoir donner de chiffres, « qu’il n’est pas rare que des enfants donnés en kafala finissent à la rue ».
« C’est une catégorie très vulnérable en raison du manque de contrôle », confirme Najia Adib, présidente de l’association Touche pas à mes enfants (TPME). Elle se souvient particulièrement de deux affaires impliquant des tuteurs indignes ; « une à Oujda il y a quelques années, et une autre à Marrakech, où un enfant avait été enfermé pendant deux ans sur une terrasse ». Me Mohamed Adib, l’avocat de l’association, qui défend les enfants maltraités ou victimes d’abus sexuels, nous apprend que la première audience du procès est prévue le 18 mars prochain, et que TPME et d’autres associations comptent se porter partie civile.

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