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vendredi 30 mars 2012

Le rappeur marocain préféré Mouad Al-Haqed, arrêté une deuxième fois

 Moad Haqed, ça continue
Par Souad Guennoun, Attac Maroc, 30/3/2012
 Hier matin, jeudi 29 mars, le rappeur Moad HAked a été enlevé devant chez lui . Un sit in a eu lieu dans la journée devant le commissariat de son quartier dit Oukacha. Les jeunes du quartier et le M20F réclamaient sa libération. Le sit in a été dispersé violemment et plusieurs blessés.
Par la suite, on a appris que Moad est en détention au commissariat du Maarif, Casablanca. Un appel à sit in a été appelé devant commissariat. Vers 21h le commissariat est cerné par brigade à moto et casquée en grand nombre. L'avocat a été empêché de voir Haked. Les militants rassemblés ont été repoussés poursuivis par les brigades à moto.
Vers minuit, le frère de Moad Haked annonce que Moad sera  vendredi 30 mars présenté au tribunal 2ème instance, chef d'inculpation: atteinte aux sacralités.
Par Salah Elayoub, facebook,29/3/2012 

Arrestation de Mouad

Selon la rumeur qui commence à bruisser, Mouad et ses trois camarades seraient aux mains des sbires de la Direction des Sévices et de la Torture, vous savez, cette officine qui défend exclusivement les intérêts du Prédateur en chef et ses complices, à coup de tortures, de manigances et de magouilles ! Et avec ça il y en a qui viennent se fendre de discours, pour nous conter la démocratie marocaine qui n'existe que dans leurs salons et dans leur imagination ! (et dans la presse aux ordres...ndlr)

Hier la préfecture de police du Grand Casablanca a informé la famille de Mouad, alias L7a9ed, que le militant était détenu dans ses locaux. La famille est convoquée par les responsables de la préfecture à se présenter immédiatement. Les militants sont en train de se rassembler devant les locaux de la préfecture, Bd Zerktouni.(le 29/3)
Par Aziz Enhaili, et Salah Elayoubifb
Aujourd'hui,  vendredi 30 mars, le rappeur Mou3ad Al-Haked comparaît à 9h du matin devant le Procureur du Roi au Tribunal d'Aïn Sebaâ à Casablanca.
  Il semble que le makhzen veut détourner l'attention de l'affaire Amina Filali...


 Pourquoi cette arrestation ?
 "Les symboles sacrés du royaume", qu'ils appellent ça ! Et quels symboles ! Ceux de la prédation économique, de la rapine, de la magouille et de la confiscation. Autant dire que c'est un honneur de commettre une atteinte à ce genre de symboles. Courage Mouad ! C'est toi qui a raison 

jeudi 29 mars 2012

Liste des prisonniers politiques marocains en grève de la faim illimitée


Les prisonniers politiques marocains 
en grève de la faim illimitée
Situation le 29/3/2012
(liste probablement incomplète)






Prénom Nom prison en grève  depuis
Ezedine EROUISSI Taza 19/12/2011
Mohamed GHELAT  Taza 23/01/2012
Mohamed GHLOUD Fès 23/01/2012
Mohamed  FETAL Fès 23/01/2012
Ibrahim SAÏDI Fès 23/01/2012
Mohamed ZGHDIDI Fès 23/01/2012
Agadil ABDELJADID Safi 20/02/2012
Hicham SALEH Errachidia 22/02/2012
Alioui El Ghali Errachidia 22/02/2012
Abdellatif AL IDRISSI Errachidia 22/02/2012
Youssef AHJIJ Taza 29/02/2012
Tarik LHAMANI Taza 05/03/2012
Abdessamad  EL HIDOUR Taza/Casa 12/03/2012
Boubeker JADA Taza 14/03/2012
Lahcen DRAHOU Taza 14/03/2012
Mohamed BOUKMARA Taza 14/03/2012
Yassir NOUJAJI Sidi Ifni 22/03/2012
Mourad ECHEOUINI Marrakech 27/03/2012
Youssef EL HAMDIA Marrakech 27/03/2012
Mohamed LAÂBID Agadir 28/03/2012
Abdellah Bellah Agadir 28/03/2012









Les arrestations continuent : Attac Maroc dans le collimateur !

Arrestation hier 29 mars à 7 heures du matin, de Mohcin Salhi, secrétaire général du groupe Attac de Safi, actif dans le mouvement du 20Février et dans le comité de soutien. 

Mohcin Salhi
Il a été arrêté à Rabat, devant la porte de l’Hôtel de France, où il s'était rendu pour participer à une coordination de licenciés non titulaires recrutés dans les collectivités locales.
Il devrait être transféré au commissariat de Casa.



Objet: [attacmaroc_membres] عاجــــــــل: اعتقال الرفيق محسن الصلحي كاتب عام المجموعة المحلية لأطاك المغرب بآسفي ونشيط بحركة 20 فبراير آسفي وعضو مجلس دعمها

عاجــــــــل: اعتقال الرفيق محسن الصلحي كاتب عام المجموعة المحلية لأطاك المغرب بآسفي ونشيط بحركة 20 فبراير آسفي وعضو مجلس دعمها

حوالي الساعة السابعة صباحا من يومه الخميس 29 مارس 2012، اقدمت عناصر من البوليس على اعتقال المناضل محسن الصلحي من فندق فرنسا أمام باب الأحد بالرباط  بدعوى وجود مذكرة بحث وطنية في حقه
 . والرفيق محسن الصلحي كاتب عام المجموعة المحلية لأطاك المغرب بآسفي ونشيط بحركة 20 فبراير آسفي وعضو مجلس دعمها، وسفره الى الرباط كان في إطار مهمة نضالية كعضو في التنسيقية الوطنية للمجازين غير المدمجين بقطاع الجماعات المحلية. وقد سبق لشرطة آسفي أن استدعته على خلفية نشاطه في حركة 20 فبراير.
انتقل رفاق الى مفوضية الشرطة بالرباط  التي أخبرتهم بأنه سيحال فورا على الفرقة الوطنية بالبيضاء وبأن المفوضية لا تتوفر على ملفه وعلى أي معلومات أخرى.
 
أزيكي عمر
الكاتب الوطني لأطاك المغرب


La rocambolesque histoire d’un séquestré de la DST

Par Ali Lmrabet, demainonline, 28/3/2012

Mostafa Naïm

Rabat.- On se croirait dans un film de John Le Carré, mais c’est la réalité crue marocaine. Mostafa Naïm, un jeune homme âgé de 28 ans, a été kidnappé par les services secrets marocains. Normal, dirait-on, puisque ce genre d’exploit policier est fréquent au Maroc. Mais voilà, Naïm est également citoyen français et il n’a pas été kidnappé au Maroc. Il l’a été à Algésiras, en territoire espagnol.

C’était le 1er novembre 2010. Alors qu’il venait de débarquer d’un bateau en provenance de Tanger, Naïm se fait accoster par un homme en civil qui lui demande de le suivre « pour des vérifications ».

Le jeune Lyonnais refuse et immédiatement c’est la ruée. Trois hommes surgissent, le menottent aux poignets et le réembarquent sur le ferry où, selon ses dires, il est littéralement « enchaîné à fond de cale. »

Commence alors le « processus » par où est passé le champion du monde de boxe thaïe, Zakaria Moumni, et des milliers d’autres citoyens lambda.

A Tanger, une voiture le récupère au pied du ferry. On lui met un bandeau sur les yeux et on l’expédie à Rabat.

« Installé » au centre de détention secret de la DST à Témara (ce centre a depuis déménagé à Aïn Aouda, dans une autre banlieue de Rabat), il a droit, comme tous ceux qui jouissent de l’hospitalité de la DST, à toutes sortes de supplices.

«Pendant dix jours, j’ai été torturé, accroché les pieds au plafond, frappé à coups de nerf de bœuf sur la plante des pieds, où l’on m’a également branché de l’électricité. C’était le pire », explique Naïm à un journal français.

C’est le « service habituel » réservé aux islamistes par la DST. Car la centrale d’Abdellatif Hammouchi croit que ce Lyonnais est un terroriste ou un trafiquant d’armes. Mais comme il n’y a pas de preuves et que le torturé est prêt à avouer n’importe quoi pour faire cesser la torture, les barbouzes de la DST se rendent compte qu’il y a erreur de personne.

Le problème c’est que Naïm a été arrêté illégalement en Espagne, puis transféré, tout aussi illégalement, à Témara, et torturé. Illégalement aussi, parce qu’officiellement le Maroc est un « Etat de droit » où la torture n’existe plus.

Comme il n’est pas question de le remettre en liberté, ni à lui présenter des excuses, les barbouzes trouvent la bonne parade. Mostafa Naïm est remis le 11 novembre à la PJ de Casablanca qui l’accuse de « trafic de stupéfiants ».

Le 13 novembre, il est incarcéré à la prison d’Okacha de Casablanca, et quelques jours plus tard il est mis en examen par un juge d’instruction, puis condamné fin 2011 à huit ans de prison.

La boucle est bouclée ? Non, puisque ce qui permet aujourd’hui à Mostafa Naïm de crier à l’injustice et au déni de droit c’est le propre PV de la police judiciaire de Casablanca, dont sont avocat français, Me François Heyraud, a obtenu une copie.

Selon ce PV, le Lyonnais aurait été arrêté le 11 novembre 2010 et non le 1er novembre. Et, son arrestation aurait eu lieu à Mohammedia. Or ce scénario, monté par la DST et ses supplétifs de la PJ casablancaise, ne tient pas la route.

Premièrement, parce que sur le passeport de Mostafa Naïm il y a le tampon de sortie du Maroc de la police des frontières qui prouve qu’il a quitté le Maroc le 1er novembre 2010. Et, il n’y a aucun tampon d’entrée ultérieur qui prouverait qu’il est revenu au Maroc.

Deuxièmement, il y a le témoignage de sa femme qui, après son réembarquement de force dans le ferry, l’a recherché à Tanger, où elle croyait qu’il était incarcéré, et non pas dans la lointaine Mohammedia. Sa femme l’accompagnait au moment des faits et elle a raconté à la presse française comment son mari a été kidnappé par trois hommes à Algésiras. Après la disparition de son mari, Mme Naïm a contacté différentes administrations marocaines pour s’enquérir de la situation de son mari, ces dernières ont toutes répondu qu’il n’était plus au Maroc.

Alors comment un homme qui est sorti du Maroc le 1er novembre, l’ordinateur de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et et le tampon de la police des frontières faisant foi, a-t-il pu être arrêté à Mohammedia le 11 novembre ?

Cette méthode de falsification de la date d’arrestation d’un prévenu est connue au Maroc. Elle tend à gommer le temps passé par le séquestré entre les mains de la DST. Une méthode qui a fait ses preuves avec les islamistes qui sont passés par le centre de détention de Témara. Le PV falsifié de la PJ met toujours une date ultérieure à la réelle afin d’occulter le temps passé sous la torture par les détenus à Témara.

Quoi qu’il en soit, en France la machine s’est mise en branle. Le 10 janvier 2012, l’avocat du Lyonnais, a porté plainte contre X pour « enlèvement », « séquestration » et « faux en écriture publique et usage de faux. » Le « X » vise la DST et la police judiciaire de Casablanca.

Me François Heyraud aurait dû songer à déposer plainte contre « J », comme justice. Marocaine s’entend. Cette dernière, est parfaitement au fait de ces pratiques scandaleuses. Elle n’a jamais voulu mettre le holà à ces procédés consentis par le pouvoir politique.

Aux pires moments de la dictature de Ben Ali, il y a toujours eu des juges tunisiens, peu nombreux certes mais il y en a eu, qui se sont élevés contre les abus commis par le régime, au péril de leur carrière, comme ce fut le cas du courageux juge Mokhtar Yahyaoui.

Au Maroc, on ne connaît aucun de cette caractéristique DST.  Comme si une sourde complicité générale empêchait tout le monde de parler.

Ali Lmrabet

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=15583

Répression sanglante à la cité universitaire de Kénitra

Par Omar de Kénitra,  28/3/2012

Cet après-midi du mercredi 28 mars 2012, les forces de répression ont pris d’assaut la cité universitaire de Kénitra (quartier saknia). Ces forces auraient tout détruit sur leur passage : les portes, les tables, chaises, lits…volé des biens appartenant aux étudiant-es

Plusieurs arrestations, des blessés…l’étudiant Abderrzzak Jakkou est transporté d’urgence à l’hôpital dans un état grave. Des rumeurs circulent sur son décès, ce qui n’est pas confirmé pour le moment.

Sidi Ifni : le procès de Yassir Noujaji reporté au 30 mars.

Par Lucile Daumas, 28/3/2012

IFNI, SUITE AU PROCÈS DE YASSIR NOUJAJI, militant du M20F d' IFNI arrêté le jeudi 22 mars, le mouvement de solidarité s'organise pour exiger sa libération.
La ville d'Ifni est cernée par un impressionnant déferlement policier par les forces de répression de tout genre. 
Dimanche 25 mars, dès 6 h le matin , les affrontements se déclenchent entre jeunes d'Ifni et forces de répression, faisant plusieurs blessés. Le mouvement est soutenu par diverses associations des chômeurs,  l'AMDH, Attac

Mardi 27 mars Yassir Noujaji est déféré au tribunal de Tiznit, le tribunal est plein de monde dedans et dehors. Sont venus en soutien : l'AMDH, le M20F, l'ANDCM, Mouvement de lycéens, et citoyens en soutien et famille.
La mise en liberté provisoire de Yassir est rejetée, le procès est reporté au vendredi 30 mars. La colère est grande , sa mère et son père, soutenus par les associations, décident de faire un sit in devant le tribunal à Tiznit, tandis qu'à Ifni sont organisées marches et sit in

Aujourd'hui , mercredi 28 mars, à Ifni, une manifestation se dirige vers le commissariat d'Ifni pour exiger la libération immédiate de Yassir, la levée du blocus de la ville, la libération de tous les détenus, la satisfaction des revendications de la population.
L'ensemble des associations, Attac, AMDH, ANDCM soutiennent la lutte des habitants d'Ifni qui   ne sont pas prêts de lâcher. Les corps de police sont en nombre impressionnant cantonnées dans leurs casernes.

mercredi 28 mars 2012

Secrétaire général du CNDH : Mohamed Sebbar visite la prison de Taza

Par Libération 28/3/2012

Le Secrétaire général du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) s’est rendu lundi à la prison civile de Taza, pour s’enquérir de l’état de santé du jeune détenu Azeddine Rouissi, qui observe, depuis plus de trois mois, une grève de la faim. Revenant d’El Hoceima où il a pu rencontrer un certain nombre d’acteurs civils, syndicaux et politiques, sur la question des exactions commises par les forces de l’ordre récemment à Beni Bouayach et Imzouren, M. Sebbar a tenu à convaincre l’étudiant Azeddine Rouissi de mettre fin à cette grève, conformément au droit à la vie qu’il défendait en tant que militant des droits humains. Et du fait que la période qu’il devait purger n’était pas longue (cinq mois, il sera acquitté le 1er mai prochain), il était inutile de porter atteinte à sa propre vie. Le secrétaire général a assuré le jeune détenu que tous ses droits seront préservés (visite, étude, santé…) et que la bourse de mérite que l’étudiant lui a demandée était également un droit dont il devait jouir une fois sorti de prison. Le secrétaire général a passé en revue les différentes expériences des grèves de la faim, et qui concernaient généralement les détenus ayant des peines très longues et même dans ce cas, «une grande partie d’entre eux tenaient à leur vie et continuaient leur combat à l’intérieur de la prison, en préservant leur état de santé entre autres», confie Mohamed Sebbar à Libé.
Le jeune détenu qui tenait à sa demande «non négociable de libération», a refusé catégoriquement la demande de Mohamed Sebbar, disant qu’il s’agit « d’une position de principe et qu’il continuera sa lutte pour sa libération et celle de tous les détenus politiques» et qu’«il est prêt au martyre». Azeddine Rouissi, d’obédience de la gauche radicale, et étudiant à la Faculté polydisciplinaire de Taza, a été condamné à cinq mois de prison ferme.

Grève de la faim des islamistes incarcérés dans les prisons marocaines

Par Amine Bouderaâ, demainonline, 27/3/2012

Rabat.- Les islamistes incarcérés dans les prisons marocaines, dont la plupart sont des salafistes, ont lancé aujourd’hui, mardi 27 mars, une grève de la faim de 24h afin de dénoncer la non application d’un accord signé entre eux et les autorités administratives et politiques marocaines en 2011.
Le 25 mars 2011, en plein printemps arabe, des représentants de l’Etat marocain (ministère de la justice, administration pénitentiaire et Conseil national des droits de l’homme), ainsi que des représentants de la société civile parlant au nom des islamistes (Forum Karama), avaient trouvé un accord à la prison Salé 2, où sont regroupés les barbus, pour faire libérer petit à petit tous les détenus qui avaient été condamnés injustement.

Après une première fournée d’islamistes et de cheikhs de la salafia libérés, l’Etat ne serait pas allé au bout de sa logique et des promesses qu’il avait faites, selon les salafistes.

C’est pour rappeler l’Etat aux bons souvenirs de leurs barbes que ces derniers se préparent à lancer des grèves à répétition. D’où cette première salve.

Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, les islamistes rappellent aussi que la torture dans les prisons marocaines, qui ne dépendent plus du ministère de la justice et des libertés, mais de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion dirigée par un ancien flic basriste Hafid Benhachem, « est toujours la règle ».

L’année dernière, des affrontements violents entre des détenus islamistes et les matons des prisons, appuyés par des milliers de membres des forces de l’ordre, avaient fait le tour du monde grâce aux vidéos accrochées sur YouTube.
http://www.demainonline.com/?p=15519

L’ex-capitaine Mustapha Adib veut « renoncer à la nationalité marocaine »

Par Thami Afailal, demainonline, 28/3/2012

Casablanca.- En butte à de nombreuses tracasseries administratives et à des pressions de toutes sortes, l’ex-capitaine Mustapha Adib songe « sérieusement à renoncer à la nationalité marocaine ». Et ce en guise de protestation extrême.

Adib, qui a été condamné dans le passé à deux ans de prison ferme pour avoir dénoncé la corruption dans l’armée marocaine, se trouve encore une fois dans l’œil du cyclone.

Après avoir purgé intégralement sa peine à la prison civile de Salé, Adib, qui avait vu comment les portes pour trouver un emploi dans le civil au Maroc se fermaient subitement devant lui, s’était exilé en France ; avant de revenir s’installer chez lui, à Marrakech, quelques années plus tard.

Un retour qui n’a pas été du goût de tout le monde. Un projet qui devait bénéficier de l’aide du ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles Technologies, aurait été, selon Adib, saboté par le ministre de l’époque, l’ittihadi Ahmed Réda Chami.

Depuis, sans travail et faute de ressources, l’ex-jeune officier qui croyait bien faire en dénonçant ses supérieurs corrompus, a demandé, comme tout quidam, un certificat de non emploi et d’indigence. Des documents qui sont délivrés sur simple demande auprès du caïd de quartier.

Pourtant, depuis le 5 mars ces deux documents lui sont refusés par la « caïda » Imane Amrioui, qui avait accepté de le faire dans un premier temps.

Les démarches de Mustapha Adib auprès des supérieurs de la cheftaine de quartier n’ayant pas abouti, l’ex-officier a décidé de lancer un ultimatum au régime. Vue la « volonté de ce régime dictatorial dirigé par Mohamed VI (…) de mettre les gens dans un état de précarité en leur refusant du travail, (…) et même des attestations de ‘non emploi’ et d’‘indigence’, (…) j’annonce par conséquent que si je n’ai pas ces papiers en cinq exemplaires avant le mercredi 28/03/2012, au soir, je procéderai aux démarches de déchéance de ma nationalité marocaine, une nationalité qui m’oblige à être lié administrativement à ces voyous », a expliqué Adib dans un communiqué.

Comme il n’est pas certain que cette administration de « voyous » cède aux menaces d’Adib, il n’est pas impossible que devenu apatride, celui qui a été un jour un promoteur jeune officier, reparte cherche une vie meilleure sous d’autres cieux.

Voilà ce qui arrive au Maroc à ceux qui ne veulent pas se sucrer comme tout le monde.
http://www.demainonline.com/?p=15559

SOS la Frzance- dit (encore?)"pays des droits de l'Homme"- ne doit pas livrer Bachir Ould Hossein à ses tortionnaires!

La situation est urgente !
 
Bachir passe en appel aujourd'hui( le 28 ) à 9heures.
Si l'appel est rejeté c'est l'expulsion. Avec tous les risques que cela comporte au pays d'accueil : le Maroc connu pour son expertise en torture !!!
claude.gueant@interieur.gouv.fr


Monsieur le Ministre,
Monsieur le préfet
Ne livrer pas Bachir à ses tortionnaires!

Je suis un journaliste, défenseur sahraoui des droits de l'homme, et ancien victime de disparitions forcée au Maroc, et je vous écris aujourd’hui au sujet du jeune Sahraoui, Bachir Ould Hossein, détenu depuis hier soir au centre de détention administrative du Mesnil Amelot, après qu’un tribunal français s’est prononcé sur sa « situation illégale » sur le territoire français, ce qui veut dire son expulsion probable au Maroc, où il court un danger réel d’être arrêté et emprisonner à cause de ses convictions politiques au sujet du Sahara Occidental et sa participation dans des manifestations a Tan Tan en 2008 en faveur de l'indépendance de cette dernière colonie en Afrique.

Le Sahara Occidental est encore sous occupation illégale par le Royaume du Maroc, et l’ONU a toujours une mission pour l’organisation d’un referendum qui tarde de se réaliser, mais le plus sérieux est que le Maroc refuse catégoriquement d’accepter toute voix qui s’exprime contre ce que Rabat appel : « La marocanité du Sahara », ce que Bachir et la plus part des Sahraouis n’arrêtent de dire et de manifester quitte à le payer de leur vies comme des centaines l’ont déjà fait.

Maintenant, si le tribunal administratif confirme son premier jugement, la France va rendre ce jeune au Maroc qui va probablement le mettre en prison avec plus de 70 autres prisonniers politiques sahraouis arrêtés pour la majorités après les évènements du camp de Gdeim Izik en novembre 2010, alors que 23 d’entre eux vont passer devant un tribunal militaire selon les déclaration des autorités marocaines. Après les évènements de Laayoune de 2010 des centaines de personnes, dont des mères de familles, des enfants et des gens âgés ont vécus la torture, le mauvais traitements, et l’emprisonnement.

Il est inacceptable que la France, pays des droits de l’homme et de la démocratie, commette cette violation du droit du jeune Bachir à la sureté physique, car tous les prisonniers politiques sahraouis avant lui ont assuré avoir été victimes de tortures, de viols, de privation de toutes les conditions minimum d’emprisonnement, alors que son seul crime est d’avoir eu recours à la justice française en demande d’exil de peur d’être opprimé dans sa propre patrie colonisée.

Je vous écris pour solliciter votre intervention pour faire comprendre aux autorités françaises compétentes que l’extradition de ce jeune au Maroc est tout simplement sa soumission à l’emprisonnement, la torture et la misère dans une prison marocaine. Et je vous appelle à prendre en considération le dernier rapport du Comité contre la torture du Conseil onusien des droits humains de novembre dernier qui a clairement déclaré être: « préoccupé par le fait que les procédures et les pratiques actuelles du Maroc en matière d’extradition et de refoulement peuvent exposer des personnes à la torture.» (Rapport : CAT/C/MAR/CO/4)

Merci de votre attention

Malainin Lakhal


Secretaire general de l'Union des Journalistes et Ecrivains Sahraouis
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Pour mieux comprendre : retour en arrière:
-  MarathonfranTan Tan, février 2008 :

Une manifestation dégénère, provoquant la mort d’un représentant des forces de l’ordre marocaines. Plusieurs Sahraouis sont arrêtés, dont Yaya MOHAMED condamné à 15 ans, non pour avoir été présent à cette manifestation, mais pour y avoir appelé. Parmi eux aussi , Bachir Ould El HOSSEIN , un jeune Sahraoui, d’abord arrêté, mais qui réussit à s’enfuir.

-  Paris, Janvier 2010 :

Bachir, poursuivi et recherché par les autorités marocaines, a fui .Comme tous ceux qui au nom de leur droit à l’autodétermination, osent mettre en cause « l’intégrité territoriale du grand Maroc », il risquait l’arrestation, la prison, la torture , l’enlèvement, peut-être la disparition. Ce n’était pas un choix, mais une nécessité absolue.

-  Centre de rétention administrative de Mesnil Amelot, 26 mars 2012 :

Bachir Ould Hossein est en détention, dans l’attente d’une décision de justice qui peut prononcer son expulsion vers le Maroc.
Il a pourtant déposé une demande d’asile rejetée par l'OFPRA à son arrivée sur le sol français, patrie historique des Droits de l’Homme, puis un recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA).

Sa demande ayant été classée en procédure prioritaire, ce recours n'est pas suspensif, selon la loi française.

Cependant, dans un jugement récent, la CEDH (Cour Européenne des Droits de l'Homme) a sanctionné l’absence de recours suspensif dans la procédure « prioritaire » d’asile qui autorise, en France, le renvoi de demandeurs d’asile dans leurs pays, après le rejet de l'OFPRA et avant la fin de l’examen de leurs craintes d’y être persécutés par la CNDA.

La CEDH la juge incompatible avec les obligations issues de la Convention européenne des droits de l’homme.
« Cette décision de la CEDH vient rappeler que les États ne doivent en aucun cas renvoyer une personne dans son pays tant qu’il n’est pas démontré, de façon complète et définitive, qu’elle n’y encourt aucun risque », ont déclaré l’ACAT France, Amnesty International France et Human Rights Watch.

Or, outre les risques qui pèsent sur toute personne sahraouie qui revendique le droit légitime à l’autodétermination, les risques encourus par Bachir OULD EL HOSSEIN sont particulièrement graves, puisqu’il a déjà été victime d’incarcération, de brutalités et de traitements inhumains de la part du régime marocain.

Dans son dernier rapport du 31 octobre-25 novembre 2011, le Comité contre la torture du Conseil onusien des droits de l’homme écrit « Le Comité est préoccupé par les allégations reçues sur la situation au Sahara occidental, où seraient pratiqués des arrestations et des détentions arbitraires, des détentions au secret et dans des lieux secrets, des tortures, des mauvais traitements, des extorsions d’aveux sous la torture et un usage excessif de la force par les forces de sécurité et par les forces de l’ordre marocaines. »

Et les chiffres sont là :

Il y actuellement 55 prisonniers politiques dans différentes prisons marocaines dont 22 sont incarcérés depuis plus d’une année et demi dans la prison de Salé et poursuivis par un tribunal militaire en dépit du fait qu’ils sont des civils . Certains sont des défenseurs des droits de l’homme.

L’AFAPREDESA (association des familles de prisonniers et disparus sahraouis ) a enregitré depuis le début du conflit plus de 4500 cas de disparitions forcées dont le sort de plus de 537 est toujours inconnu des familles dont 32 enfants.

Sans compter les milliers de cas de tortures …

Si Bachir OULD EL HOSSEIN était reconduit au Maroc, c’est assurément sa vie qui serait menacée.

La France serait alors responsable de mettre en danger la vie d’un être humain qui ne demande qu’à vivre libre dans son pays natal et à décider avec son peuple, de leur avenir commun.

Car, derrière ce Maroc des cartes postales, se cache malheureusement une autre réalité, celle d’un pays qui fort de ces accords économiques avec l’Occident et la France en particulier, bénéficie d’une quasi-immunité, alors que les rapports d’organisations des droits de l’homme mondialement reconnues dressent des constats catastrophiques.

Alors ne nous trompons ni de combat, ni de victime. Ce soit disant cas d’immigration clandestine, de situation irrégulière est la conséquence d’un double-déni de la part des autorités françaises : celui du refus d’accorder en tant que membre permanent des instances onusiennes, l’élargissement du mandat de la Minurso à la protection des droits de l’Homme (ce mandat est le seul qui soit dépourvu de ce volet), et celui de condamner, en le reconduisant au Maroc, un homme dont les droits et la sécurité ne sont pas garantis.

SOS Ne livrez pas Bachir Ould Hossein à ses tortionnaires!

Et posons-nous une seule question :

Bachir serait-il aujourd’hui sur le territoire français si le droit du peuple sahraoui à son autodétermination avait fait l’objet d’une réelle volonté politique des autorités françaises ?

Sommes-nous à ce point sourds, aveugles et amnésiques, pour faire courir un tel risque à un homme qui se bat pour les mêmes principes que ceux dont nous nous disons les garants historiques ?