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mardi 9 février 2010

Les Belgo-Marocains, une communauté sous influence ?

Le royaume du Maroc exerce-t-il toujours sur les citoyens marocains de Belgique une influence sournoise ? Tente-t-il de les contrôler ? Enquête de Baudouin Loos, Le Soir, Belgique, Samedi 6 février 2010
Le « makhzen » – comme on appelle les institutions pyramidales marocaines depuis le roi jusqu’au plus petit fonctionnaire – exerce-t-il encore une influence sournoise et redoutable sur la communauté marocaine de Belgique comme ce fut longtemps la règle ? Plongée dans un monde où le non-dit doit souvent encore être dit. Combien sont-ils ces Marocains de Belgique – dont une majorité possède la double nationalité ? Les chiffres se révèlent peu précis.
Les sources varient entre 200.000 et… 400.000. Ils pèsent un poids considérable, de toute façon. Les grosses vagues d’immigration se situèrent entre 1964 et 1974. La grande majorité des Marocains venaient du nord du pays, du Rif déshérité. Le royaume alors cher à Hassan II va chercher à exercer un certain contrôle sur cette population. Ce fut d’abord le temps des « amicales ». « C’étaient des sortes d’associations à la solde du régime, composées le plus souvent d’ouvriers analphabètes, encadrés par des gens qui écrivaient des rapports. On y dénonçait surtout les gauchistes » : le journaliste sexagénaire Ahmed Oubari, arrivé en Belgique à 20 ans de Casablanca en 1965, se souvient bien de cette époque. « L’ennemi des progressistes comme moi, c’étaient ces amicales, mais aussi les mosquées et les fonctionnaires marocains de la Banque populaire ou de la RAM » (la compagnie aérienne). Mais les amicales ont beaucoup perdu de leur lustre. « Les amicales, c’est fini, estime même l’économiste Mohamed Battiui, 48 ans, arrivé chez nous en 1984 de Nador après avoir été torturé pour activités syndicales à l’université et qui n’est jamais retourné au pays.
Elles en étaient arrivées à même être critiquées par les éléments modernes du makhzen. Il faut dire qu’elles avaient volontiers recouru à la violence pour saboter des colloques, des conférences. » Pour remplacer les « amicalistes » déchus, le régime a notamment inventé à la fin des années 80 la Fondation Hassan II, chargée d’organiser des activités sociales et culturelles pour les communautés marocaines à l’étranger. « Vous comprenez, explique Fouad Mejlaoui, son représentant, le Maroc entrait dans une phase d’ouverture alors que les amicales n’entendaient guère s’adapter. Parmi elles, c’est vrai, certains avaient abusé de la situation, par exemple pour grappiller des passe-droits. » Mais il n’y a pas que la Fondation Hassan II. « Le makhzen s’est tourné vers les élus dans les instances belges qui avaient comme terreau électoral la communauté marocaine, reprend Mohamed Battiui. Il a domestiqué les élites politiques issues de l’immigration marocaine.
Quasi tous les élus sont loyaux au makhzen. C’est dangereux car ils font passer le régime marocain comme fréquentable, or il n’a pas changé. » Une opinion tranchée. Que tout le monde, certes, ne partage pas. L’immigration a produit au plat pays un nombre important d’élus, favorisés par le système électoral proportionnel. Ainsi, à la Région bruxelloise, sur 89 députés, 24 sont d’origine non européenne (et 14 d’origine marocaine). Le PS possède de loin le plus d’élus, mais le MR entretient de bonnes relations avec le Maroc comme en atteste une proposition de résolution, en 2007, qui appuyait la position marocaine sur le Sahara occidental.
L’éventuelle loyauté au makhzen d’élus belges, qui supposerait une double allégeance, voire le primat de l’allégeance marocaine, fait grincer des dents. Tout en étant contestée. « A ma connaissance aucun élu d’origine étrangère n’a jamais crié “België barst !” (Belgique crève !), s’exclamait sur le site wafin.be il y a juste un an Rachid Madrane, ex-député régional PS et échevin à Etterbeek. Les extrémistes séparatistes flamands ont-ils également une double allégeance ? Leur a-t-on d’ailleurs jamais posé cette question ? Tout ceci ne vise qu’à jeter la suspicion et le discrédit sur une minorité d’élus. (…) » La députée bruxelloise SP.A Yamila Idrissi réfute également les accusations de double allégeance.
Dans son cas, certains critiquaient son appartenance depuis 2008 au Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME) créé à Rabat le 7 février cette année-là. « Il n’y a aucune incompatibilité. Au Conseil, je ne fais que donner des simples avis sur des sujets liés à l’identité ou à la culture. Il s’agit d’un mandat de trois ans et je ne perçois aucune rémunération », disait-elle en 2009 sur le blog parlemento.com. Mais là où l’élue ne voyait « aucun conflit d’intérêts », des esprits chagrins pointaient les statuts du CCME, comme l’article 9 qui précise que « les membres du Conseil doivent assumer les fonctions qui leur sont dévolues avec fidélité, impartialité et dévouement pour la défense des intérêts suprêmes de la Nation ». La nation marocaine, s’entend… Un observateur attentif de la scène politique issu de l’immigration saute sur l’exemple : « C’est en raison de ce genre d’ambiguïté qu’il existe en Belgique une méfiance générale vis-à-vis des Marocains et d’ailleurs aussi des Turcs : veulent-ils infiltrer la police ? Qui succombe à la tentation ? Qui est approché ? Qui est retourné ? Ces questions se posent. » Et d’évoquer entre autres des invitations suspectes au Maroc dont les élus d’origine marocaine feraient l’objet. En 2000, en tout cas, un groupe d’élus issus de l’immigration avait accepté un tel voyage au pays.
Dans la presse marocaine d’alors, les choses apparaissaient clairement : « Les membres de la délégation, lisait-on dans l’officiel Matin du Sahara du 9 avril, ont exprimé, de leur côté, leur volonté d’apporter leur soutien s’agissant de la défense des intérêts du Maroc auprès des instances européennes (…).
La délégation comprend sept parlementaires et conseillers communaux belges d’origine marocaine (…). » Un élu qui possède la double nationalité mais qui ne risque pas de se retrouver dans pareille équipée s’appelle Fouad Lahssaini. Pour ce député national Ecolo, « il est dommage que beaucoup d’élus issus de l’immigration n’ont pas envers l’avenir du Maroc une position consistant à promouvoir la démocratie et une économie saine, car le makhzen, relais du conservatisme et du chauvinisme au Maroc, paralyse le développement et la vision des Lumières. Or les Marocains ici ou là-bas n’attendent que cela : la démocratie et la transparence ».
Fatiha Saïdi, députée bruxelloise PS (ex-Ecolo), jouit aussi d’une réputation irréprochable. Ce qui ne l’empêche pas de nuancer : « Sincèrement, il y a clairement un changement depuis dix ans, même si tout le monde ne partage pas mon avis. Je ne ressens aucune pression des autorités marocaines. Et pourtant je m’exprime sur des questions sensibles, j’ai par exemple signé le manifeste pour les libertés individuelles après la répression contre un groupe d’homosexuels. » Mais pour la socialiste, le danger de passer pour une « cinquième colonne » existe : « J’ai toujours tenu le cap, même quand je suis invitée au Maroc, où je préviens que j’y vais comme représentante du peuple belge.
Il faut garder le minaret au milieu du village ! C’est important, car il est facile de tomber de l’autre côté de la barrière si on n’a pas un bon centre de gravité, et alors on risque de devenir plus marocain que le roi ! » A quoi un Belgo-Marocain « qui veut juste assumer ses origines » répond : « A gauche, on accuse vite d’être “agent du makhzen” celui qui ne multiplie pas les critiques contre l’Etat marocain… » Si des tentatives d’influence peuvent émerger à travers les élus, la communauté marocaine de Belgique, ou une partie d’entre elle, semble par ailleurs rester sous la coupe d’une crainte immanente, celle de la « main invisible » du makhzen, qui la menacerait en permanence. « A côté des interventions et de l’influence de l’ambassade et du consulat, la peur reste dans les esprits, atteste ce journaliste tout juste quadragénaire et doctorant à l’ULB : On a presque tous peur d’avoir des ennuis quand on rentre au Maroc, voire d’être harcelés ou même emprisonnés, même s’il n’y a plus de pressions directes. Les peurs sont restées, surtout ici, plus qu’au Maroc où la population sait que les choses ont évolué. » « L’ambiance générale reste un peu crispée, confirme Nordine Saïdi, 32 ans, éducateur et militant pour l’autodétermination des peuples. Il y a des critiques dont il convient toujours de s’abstenir.
Alors que j’assistais à une réunion de famille chez des amis, un groupe d’hommes évoquait avec passion tout ce qui ne tournait pas rond au Maroc ; quand je leur ai demandé pourquoi ils ne liaient pas cela à la mauvaise gouvernance au Maroc, le silence s’est fait, leur regard en disait long : pas agressif mais gêné… » Parmi les éléments qui génèrent les peurs, diffuses mais bien réelles, on ne manquera pas de relever l’activité des services secrets marocains en Belgique.
En cause, surtout, les activités de renseignement qui concernent les islamistes radicaux. Les « services » belges et marocains travaillent le plus souvent en bonne harmonie, mais une grosse crise avait éclaté en 2008 quand trois agents du DGED (service marocain d’espionnage) ont indisposé les Belges pour leur « ingérence » et autres « activités hostiles », selon les dires mêmes du chef de la Sûreté belge, Alain Winants, qui avait exigé le rappel de ces hommes au Maroc. La DGED aurait, depuis lors, fermé sa représentation officielle à Bruxelles (1). Tout cela n’a pas empêché l’ambassadeur marocain à Bruxelles, Samir Addahre (qui a poliment refusé de répondre à nos questions), de choisir en septembre dernier Le Vif/L’Express pour dire que des « poseurs de bombes » étaient venus de Belgique, où « l’intégrisme a pris pied », et pour suggérer tout simplement que, « dans le cadre d’une action concertée, le Maroc encadre la communauté marocaine de Belgique, en conformité avec les valeurs de tolérance et d’ouverture que nos deux pays partagent ».
Le renseignement n’est pas toujours professionnel. De simples citoyens belgo-marocains peuvent à l’occasion jouer aux indicateurs, ce qui entretient du reste la phobie ambiante. « Le régime a toujours ses relais, commente notre confrère Ahmed Oubari.D’ailleurs, beaucoup de Marocains sont volontaires, ils veulent être bien vus pour différentes raisons : par patriotisme, pour les honneurs, des intérêts commerciaux ou même de petits trafics à protéger. Tout n’est pas honteux ou illégal : on peut être pro-Maroc sans être un vrai espion. » Et on peut notamment épouser les grandes causes nationales, comme celle du Sahara occidental (cet immense territoire occupé par le Maroc depuis 1975 et revendiqué par le Front Polisario, un mouvement indépendantiste) : « En 2008, j’ai été invité à une conférence pour parler de la position belge sur le Sahara occidental, témoigne le député Fouad Lahssaini ; 90 % du public était composé de perturbateurs qui chahutaient, qui filmaient les gens pour mettre ça sur internet ; j’ai été traité de traître, plus tard j’ai même reçu des menaces de mort. » Comme au bon vieux temps des amicales qu’on croyait obsolètes…
(1) Le rapport 2008 de la Sûreté belge, évoquant le Maroc à demi-mots, signalait que le travail de lobbying pouvait signifier « pousser une communauté à défendre les intérêts de son pays d’origine, parfois au détriment de ceux de son pays d’accueil, l’idée étant de rappeler qu’une communauté doit avant tout allégeance à son pays ».

« Les services marocains m’ont fait miroiter une vie à l’abri du besoin »

ENTRETIEN
Nous avons rencontré Malika Es-saïdi, 42 ans, journaliste et réalisatrice. Un parcours édifiant qui illustre parfaitement notre propos.
Quel est votre parcours en tant que « Belgo-Marocaine » ?
Ma famille vit en Belgique depuis 1971. Après des études en philologie et histoire orientales à l’ULB, le Commissariat général aux relations internationales de la Communauté française (CGRI) m’a octroyé une bourse pour l’Université de Rabat. Pour découvrir le Maroc, j’y ai écrit dans la presse francophone locale puis pour un hebdo français. De retour en Belgique, après une parenthèse très instructive comme attachée de presse à l’ambassade du Maroc à Bruxelles, j’ai repris la plume comme indépendante (Le Soir, TelQuel, Journal du Mardi), avant de me lancer dans l’audiovisuel (primée au Festival Filmer à tout prix en 2000). J’ai ensuite travaillé pour des magazines de la RTBF comme l’Hebdo ou Actuel à côté de mes projets documentaires.
Avez-vous personnellement eu affaire à des agents marocains ? Vous ont-ils fait des propositions, des menaces ?
Ma première rencontre avec les services de sécurité marocains date de 1996. J’étais correspondante de Jeune Afrique qui reparaissait après une interdiction. A la suite de ma demande d’accréditation, j’ai été convoquée dans un commissariat où j’ai eu droit à des questions du style : « Avez-vous déjà participé à des manifestations contre votre pays en Belgique ? » Bien sûr, le but de cet interrogatoire n’était pas d’obtenir des informations qu’ils possédaient déjà mais de me faire comprendre que comme je m’adresserais à l’étranger, je serais surveillée.
Mais avez-vous été approchée afin de travailler pour les « services » marocains en Belgique ?
Oui. Mais c’était plus tard en 2000 après mon expérience à l’ambassade du Maroc, où j’avais pourtant, non sans difficultés, organisé, par exemple, un voyage pour la presse belge qui a pu rencontrer d’anciens opposants. C’était dans le cadre d’une politique d’ouverture liée à l’accession du parti socialiste marocain, l’USFP, au gouvernement. J’ai dû quand même aller trop loin car on m’a finalement montré la porte. De retour à la presse écrite, j’avais proposé au Soir un papier sur la situation socio-politique au Maroc. Arrivée à Rabat, j’ai rencontré, pour une interview, Nadia Yassine, la fille du leader islamiste d’Al Adl Wal Ihsane assigné à résidence. Sortant d’un taxi dans le quartier populaire où je logeais chez une amie est apparu un homme en costume trois pièces. Il me tendit son GSM en disant que « quelqu’un » voulait me parler. C’était Hamidou Laânigri, patron de la DST (Direction de la surveillance du territoire). Il me convoqua poliment mais fermement en ses bureaux. J’ai pris le parti de l’humour en exigeant un hélicoptère. Je suggérais un rendez-vous dans l’après-midi pour me laisser le temps de prévenir mon amie. Malgré ses inquiétudes, la curiosité chez moi l’a emporté. J’eus droit à une voiture banalisée et à un chauffeur silencieux jusque dans le bureau somptueux du colonel Laânigri. L’accueil chaleureux et le thé à la menthe devaient me faire oublier le « détournement » dont je faisais l’objet. Droit au but, il m’a proposé de travailler comme agent de renseignement et d’infiltrer les milieux islamistes en Belgique.
Vous a-t-il proposé une rémunération ?
Il m’a tout simplement dit que si j’acceptais, je serais à l’abri du besoin. J’ai répondu que je tenais trop à ma liberté pour ça. Il m’a laissé partir en se disant peut-être que je pourrais revenir sur ce refus. Ça n’a évidemment pas été le cas, et ce sans conséquences apparentes. Ce qui prouve que le Maroc commençait à changer à l’époque...

En savoir plus :
Un rapport de la Fondation Roi Baudoin
Belgo-Marocains des deux rives
Étude quantitative et qualitative visant à mieux connaître les communautés marocaines vivant en Belgique (2009), 148 p. ; A4 ; gratuit ; ISBN 978-2-87212-598-2
Une identité multiple en évolution

Contenu
Une étude quantitative et qualitative pour mieux connaître les communautés marocaines vivant en Belgique.
Sur le modèle du rapport 'Belgo-Turcs', publié en 2008, ce rapport se base sur les résultats d'un sondage réalisé auprès de 400 Belgo-Marocains vivant en Belgique, ainsi que sur les résultats de focus-groups et interviews.
Il examine les liens des Belgo-Marocains avec la Belgique et le Maroc :  leur identité et intégration, leur degré de confiance dans les institutions, leur comportement notamment par rapport aux médias, l'évolution de la cellule familiale...
Auteurs
Abdallah Saaf, Bouchra Sidi Hida et Ahmed Aghbal - Centre d'Etudes et de Recherches en Sciences Sociales, Université de Rabat (Maroc)

2ème réunion informelle de préparation du 5è round de négociations Maroc-RASD

Invités par  l'Envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, M. Christopher Ross, le Maroc, la RASD, l'Algérie et la Mauritanie  participeront, du 9 au 11 février 2010, à Armonk, près de New York, à la 2ème réunion informelle de préparation du 5è round de négociations, visant à trouver une solution politique et définitive au différend sur le Sahara occidental.
Cette réunion s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des résolutions 1813 (2008) et 1871 (2009) du Conseil de sécurité, qui appellent les parties à entrer dans une phase de négociations intenses et substantielles.

3 questions à M’hamed Kheddad
El Moudjahid

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A la veille de la tenue d’une seconde réunion informelle dans la banlieue de New York, entre le Maroc et le Front Polisario, sur l’avenir du Sahara occidental, destinée à préparer un 5e round de négociations directes, le coordonnateur avec la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), M. M’hamed Kheddad, a fait part dans cet entretien des attentes des autorités sahraouies.

Les négociations directes butent depuis le 4e round de mars 2008, même si elles ont repris avec la réunion informelle d’août dernier, en Autriche. Quelles sont les attentes des Sahraouis des pourparlers informels de mercredi et jeudi ?
« Nos attentes sont celles de la communauté internationale, c’est-à-dire, la parachèvement de la décolonisation du Sahara occidental, par la voie de la démocratie, à travers la tenue d’un référendum d’autodétermination permettant au peuple sahraoui de décider librement de son devenir. Nous allons à cette réunion avec la meilleure disposition pour aller de l’avant et faciliter le travail des Nations unies pour le succès de cette rencontre. Il faut espérer que la partie marocaine, qui continue dans son intransigeance et son entêtement à compliquer la tâche de l’Envoyé personnel du SG des Nations unies au Sahara occidental, revienne à de meilleures intentions. Pour notre part, nous nous présenterons à ce rendez-vous pour contribuer à l’instauration d’un climat de confiance et de sérénité malgré les complications orchestrées par l’autre partie. Nous pensons à la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés, à travers notamment, le cas de 7 militants sahraouis des droits de l’homme incarcérés et celui de Mme Aminatou Haider ».

Justement, la question des droits de l’homme sera-t-elle évoquée lors de cette seconde réunion informelle ?

« Absolument. La question des droits de l’homme ne doit pas être mise de côté lors des pourparlers, sans quoi on ne peut avancer dans les discussions. M. Ross a été clair là-dessus. Il a déclaré récemment que ce volet sera au centre des débats. La délégation sahraouie va saisir cette opportunité pour appeler à la libération des militants sahraouis incarcérés au Maroc. Par ailleurs, nous allons encore demander l’inclusion d’un mécanisme au sein de la Minurso, qui prenne en charge la question des droits de l’homme. C’est du reste, une demande réaffirmée, maintes fois, par la majorité des membres du Conseil de sécurité, les nombreuses associations internationales de soutien au peuple sahraoui, mais aussi par des parlements et partis politiques à l’échelle internationale. Nous souhaitons seulement que le Maroc, qui s’oppose à cette demande, revienne à de meilleurs sentiments et accepte que la Minurso supervise aussi la question des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés. »

Pensez-vous que, cette fois-ci, M. Ross parvienne à débloquer la situation dans le respect de la résolution 1871 du Conseil de sécurité ?
« M. Ross fournit de grands efforts dans ce sens. Nous lui réaffirmons notre disposition à coopérer avec lui pour que ce conflit connaisse des avancées notables. Après cette rencontre, le Front Polisario ira avec les mêmes bonnes intentions à un 5e round de négociations directes et demande à la communauté internationale de tout faire pour que le Maroc s’engage sérieusement dans le processus de négociations qui puisse aboutir à une solution du conflit qui garantisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Parce que toute autre action, basée sur la diversion et les tergiversations, ne fait que compliquer le règlement de la question sahraouie. »

L'ONU, va-t-elle encore tourner le dos aux Sahraouis?
par Diáspora saharaui, 8 février 2010

Les forces d’occupation marocaines mènent une politique de répression contre la population sahraouie qui ne dispose pas de la liberté d’expression, d’association et de manifestation ; les violations des droits de l’homme sont liées au refus des autorités marocaines de reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Même la revendication de ce droit par des déclarations ou des manifestations est interdite, réprimée et punie de la prison !

Ce déni du droit international compte sur l’appui tacite du président Sarkozy et de l'Europe, qui espèrent faire de Rabat un partenaire privilégié en raison des ressources qu’offre le territoire disputé (sable, minerais, phosphate, et pêche). Malheureusement, pour les gouvernements européens, la sécurité du régime dictatorial du Maroc passe par le droit à violer les normes impératives du droit international et du droit humanitaire international, favorisant ainsi le droit à l’impunité. L'Europe, et le gouvernement français en particulier, en agissant ainsi, ne favorisent pas le droit à la paix et à la sécurité pour l’ensemble des peuples, petits ou grands, avec ou sans Etat. 

Face à cette situation, de plus en plus préoccupante, de nombreuses associations des droits de l’homme sahraouies et internationales ont demandé un élargissement du mandat de la mission des Nations Unies pour le Sahara occidental (MINURSO) à la surveillance du respect des droits de l’homme. En effet, les Casques bleus de l’ONU présents sur place n’ont pas le droit d’intervenir même quand les Sahraouis sont tabassés sous leurs yeux ! 

La MINURSO demeure à ce stade la seule opération des Nations Unies qui ne comporte pas de composante "droits de l’homme" en dépit de besoins criants sur le terrain.

« L’introduction d’un volet droits humains dans le mandat de la MINURSO, qui doit être renouvelé en avril 2010, permettrait de faire progresser de manière significative les initiatives visant à faire cesser les violations des droits fondamentaux au Sahara occidental », a déclaré Malcolm Smart au nom d'Amnesty International.

C'est un pas indispensable pour trouver une solution acceptable par les parties. Pas l'unique, mais il est le pas le plus urgent à entreprendre par la communauté internationale pour trouver une solution acceptable par les parties. 

Des graves violations surviennent au moment où le Conseil de Sécurité est sur le point d'examiner, au mois d'avril prochain, le rapport du Secrétaire général et d'apporter son soutien à la demande de l'Envoyé Spécial, Christopher Ross, d'élargir les compétences de la MINURSO en faveur du respect des droits de l'homme dans la région. L'attitude passive de l'ONU vis-à-vis de telles violations est interprétée par les Sahraouis comme un encouragement à poursuivre ces actes et ils appellent les Nations Unies à assumer leurs responsabilités et à prendre les mesures qui s'imposent pour arrêter la situation dramatique dans laquelle vit la population dans les territoires occupés par le Maroc.

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Conseil de Sécurité doivent prendre conscience qu'il est temps que les Sahraouis aient le droit de vivre dignement et le droit de choisir comment et où ils veulent vivre. Cela ne peut être atteint que si on les laisse choisir librement leur destin. Ce sont 35 ans de vie au milieu de rien, sans aucune identité reconnue, ils vivent de l'espoir de pouvoir un jour dire leur mot et rentrer chez eux.

Semaine culturelle à Bruxelles dédiée aux premières femmes maghrébines issues de l'immigration

Bruxelles, 08/02/10- Une semaine culturelle sera consacrée aux premières femmes issues de l'immigration maghrébine en Belgique à partir du 10 février courant à Bruxelles.
Organisée par l'Espace culturel maghrébin "Magh", cette manifestation intitulée "Mémoire des mères et des grands-mères" a pour objectif de rendre hommage à "cette partie silencieuse de l'immigration" qui a contribué à l'éducation et à la formation des nouvelles générations.
Cette semaine évènementielle comprend un programme culturel et artistique riche en projections de films et représentations théâtrales, ainsi qu'en expositions de photographies et débats thématiques.
L'ambition étant de faire un éclairage sur le parcours courageux et le combat mené par ces femmes dans l'adaptation à une autre culture et une autre société.
La rencontre sera articulée notamment autour d'un débat littéraire avec Camille Lacoste-Dujardin, ethnologue et directrice de recherche au CNRS et un panel de femmes d'origine maghrébine, universitaires, élues et représentantes de la société civile, pour dégager des pistes de réflexions quant à la condition des femmes et des jeunes filles en immigration ou issues de l'immigration.
L'exposition "ma mère et moi" trace le portrait de la Mère par trois artistes, Daniel Simon (écrivain), Michel Rorive (musicien) et David Amey (photographe).
Depuis septembre dernier, les trois artistes ont rencontré des femmes, des hommes et des enfants. Chacun à sa manière a abordé la mémoire des migrations, en particulier le rapport à la mère, le résultat est une réalisation artistique plurielle où se mêle la photo, la musique et le récit.
L'espace Magh est un lieu culturel et artistique créé récemment à Bruxelles par le tissu associatif issu de l'immigration.
Inauguré en 2009, cet espace se définit comme un axe de création et de diffusion d'actions culturelles et artistiques tournées vers le public, ouvrant ses portes aux artistes du Nord et du Sud, du Maghreb et de la Méditerranée.
Financé par le ministère de la Culture de la Communauté française de Bruxelles en vertu d'un programme étalé sur cinq ans, l'espace Magh (Espace maghrébin) milite à sa manière pour faire revivre la culture des pays d'origine.
L'espace organise deux fois par mois, jusqu'en juin prochain, la lecture intégrale des "Mille et Une nuits".
Du 2 au 6 mars prochain, l'espace accueillera le poète marocain Abdellatif Laabi, Prix Goncourt de la Poésie en 2009 .
Source : MAP
En savoir plus :
Espace Magh
Rue du Poinçon 17
1000 Bruxelles
02 274 05 10
Itinéraire

Ils sont entrain de crever !!

par Samira, 3/2/2010
Il fait si froid
Il pleut des averses
Ils sont en grève de faim
une grève qui dure depuis 25 jours
ils: membres de l'andcm/taroudant
pourquoi?
20 postes promis, envolés
octroyés à ceux et celles
qui ont la chance d'être proches
de ceux qui tiennent tout..
ils en sont à leur 2ème grève de la faim
la première
qui avait duré 23 jours
il y a juste un mois et demi
et qu'ils ont arrêtée
suite aux promesses des responsables
d'entamer un dialogue sérieux..
en vain..
voilà qu'ils reprennent
et de plus belle
des jeunes qui n'ont rien
que leurs vies..
réprimés en cas de manifs
la seule arme qui leur rester
de crier: baraka
c'est leurs corps amaigris par la souffrance
la marginalisation
la répression..
25 jours déjà
doit-on attendre
qu'il y ait mort
pour qu'on bouge???



الجمعية المغربية لحقوق الإنسان
المكتب الجهوي – جهة أكادير في : 03 فبراير 2010
بلاغ
بلغ إلى علم المكتب الجهوي للجمعية المغربية لحقوق الإنسان – جهة أكادير – أن فرع تارودانت للجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب يخوض إضرابا مفتوحا عن الطعام بلغ إلى اليوم الأربعاء 03 فبراير 2010
25 يوما دون أن تفتح معهم عمالة تارودانت حوارا جديا ومسئولا حول مطلبهم العادل في الشغل وأن هذا الوضع المأزوم قد يؤدي إلى كارثة حقيقية قد تم الحق في الحياة مما يتطلب مما يتطلب من كافة القوى الديمقراطية التقدمية ، سياسية ونقابية وحقوقية وجمعوية وكذلك المنابر الإعلامية الجادة المؤازرة المادية والمعنوية
كما يطالب المكتب الجهوي للجمعية المغربية لحقوق الإنسان عمالة إقليم تارودانت بفتح حوار جدي ومسئول مع فرع تارودانت الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب
كما نحملها مسؤولية كافة المسؤولية لما ستؤول إليه أوضاع المضربين عن الطعام .

إمضاء : رئيس المكتب الجهوي
عبد الله بيردح

Le prix Unesco-Obiang : Le Truand, la Brute et le Bon


par Agustín VELLOSO, 23/1/2010.
Traduit par  Philippe Cazal, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala

Original : El Premio UNESCO–Obiang: el Malo, el Feo y el Bueno

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo Photo João Henriques/
AP Photo
Le Truand
Teodoro Obiang Nguema, le récalcitrant président de Guinée Equatoriale, est un homme très riche. Il a accumulé tellement d’argent et il a acquis tellement de biens que la seule solution qu’il aurait pour se débarrasser de ses billets de banque serait d’y mettre le feu.
Il ne peut pas utiliser cet argent pour parvenir au pouvoir puisqu’il jouit du pouvoir absolu depuis plus de trente ans. Son fils aîné n’a rien à lui envier question richesse et les autres membres de la famille nagent dans l’abondance. L’organisation Global Witness a publié à ce sujet en novembre 2009 un rapport intitulé « La vie cachée d’un accro du shopping, ou comment le play-boy de fils d’un dictateur africain est arrivé à dépenser des millions de dollars aux États-Unis. »

Teodorín, le fils du dictateur. Photo Javier Espinosa/El Mundo
Teodoro Obiang n’a pas non plus besoin de cet argent pour se faire une place parmi les puissants de ce monde. Ceux-ci le traitent bien et même, à certaines occasions, affectueusement. Lorsque l’ex-Secrétaire d’Etat US, Rice, l’a reçu à Washington en 2006, elle lui a dit : « vous êtes un bon ami et vous êtes le bienvenu dans ce pays ». http://www.state.gov/ 
Il a été reçu à six reprises à Pékin par Hu Jintao, qui lui a dit : « nos relations bilatérales se sont développées avec bonheur ». http://www.embajadachina.org.mx/esp/xw/t217927.htm
Obiang est en bons termes avec la gauche et avec la droite espagnoles. Moratinos, le ministre des Affaires Etrangères (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol), affirmait en 2006 que l’objectif de l’Espagne était d’ « accompagner, d’encourager, de motiver la Guinée à avancer dans le processus de démocratisation et de défense des Droits de l’Homme ». http://www.diariodeleon.es/noticias/noticia.asp?pkid=291461

Obiang et Moratinos
C’est exactement ce que pensait Aznar (Parti Populaire) qui, en 2001, alors qu’il était  Président  du Gouvernement, « le pria d’avancer dans la démocratisation de la Guinée équatoriale  ». http://www.maec.es/es/MenuPpal/Paises/ArbolPaises/Guinea%20Ecuatorial/Monografia/Documents/Guinea%20Ecuatorial.pdf
Une délégation parlementaire des deux partis cités et de Convergència i Unió, en visite en Guinée équatoriale  en 2007, apprécia « les avancées dans le processus de démocratisation ». http://www.asodegue.org/junio1607.htm
Récemment a été mis en exergue l’un des mérites les plus reconnus d’Obiang : le porte-parole du Parti Populaire à la Commission des Affaires Etrangères du Congrès des Députés d’Espagne, Arístegui, a déclaré, en janvier 2010, qu’il était « profondément hispaniste ». http://www.europapress.es/internacional/noticia-guinea-ec-aristegui-entrevista-obiang-visita-privada-guinea-ecuatorial-20100112142347.html
Malgré tout cela, l’opinion qu’ont de lui les citoyens équato-guinéens, les agences de l’Onu - et d’autres agences internationales - sur les Droits de l’Homme et le développement, ainsi que les organisations des Droits de l’Homme et le commun des mortels est soit négative soit exécrable. http://www.amnesty.org/fr/region/equatorial-guinea/report-2009
La Brute
Obiang n’ignore pas l’opinion que l’on a couramment de lui et il croit que l’argent peut l’aider à l’améliorer. C’est là qu’entrent en action les groupes de pression (les lobbies), les agences de relation publique et les cabinets d’avocats. Depuis quelques années, des pages électroniques sur internet, des éditoriaux dans la presse et des rapports sur l’évolution du pays et sur ses réussites ont commencé à s’accumuler et à rendre compte des bontés du méchant homme.
L’influence de ces cabinets de lobbying sur les centres de pouvoir est bien connue et on l’apprécie à leur nombre et à leurs gains. On a évalué à 17 000 le nombre de personnes qui travaillent dans ces groupes à Washington et à environ 15 000 à Bruxelles. http://archive.corporateeurope.org/docs/lobbycracy/lobbyplanet.pdf
Le cabinet choisi par Obiang aux USA, Cassidy & Associates, a gagné, par ses activités, plus de 23 millions de dollars en 2008. Depuis 2004, le dossier  Obiang a rapporté à la firme pas moins de 120 000 dollars par mois, selon des informations du ministère de la Justice de ce pays. http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Cassidy_%26_Associates#Contact_information
L’un des succès de Cassidy est cette déclaration de bienvenue de Rice. La photographie d’Obiang à ses côtés a tellement de valeur qu’aujourd’hui encore, plusieurs années après, elle figure en tête de la page électronique officielle du gouvernement de Guinée équatoriale, à côté des photos des paysages les plus typiques du pays. http://www.republicofequatorialguinea.net/   
La force de ces groupes de pression est mise en évidence par la déclaration de Frank Ruddy, ex-ambassadeur des USA en Guinée équatoriale  : « Il y a quelques années, les fonctionnaires ne parlaient pas des relations avec ce pays ou faisaient allusion à ses problèmes et aux terribles violations des Droits de l’Homme. Aujourd’hui, tout le monde peut croire que c’est le frère de Mère Térésa qui gouverne le pays. » http://motherjones.com/politics/2007/05/putting-lipstick-dictator
Bien sûr, la publicité positive que lui font ces groupes de pression n’est pas l’unique soutien ni le plus important sur lequel peut compter Obiang. C’est un élément de poids qui s’ajoute à l’appui que lui offrent les gouvernants de pays puissants, de sorte que les deux se complètent.
Le plus important réside dans les actions que ces gouvernants mènent, sous une forme moins visible, au sein des principales institutions internationales et nationales et dans celles à caractère bilatéral avec la Guinée équatoriale. Obiang leur renvoie aussi l’ascenseur, d’une autre façon, principalement au travers d’accords commerciaux, militaires et d’autres types avec les nations qu’ils représentent.
Il y a, aux USA et en Europe, des enquêtes officielles sur l’énorme corruption d’Obiang. Par exemple, un sous-comité du Sénat US a signalé qu’il détenait dans ce pays quelque 700 millions de dollars sur un compte de la Banque Riggs, aujourd’hui disparue (Le rapport, intitulé « Blanchiment d’argent et corruption à l’étranger », est disponible, en espagnol, sur http://www.asodegue.org/dfebrero0305.htm)
En France et en Espagne il y a des juges qui essaient d’éclaircir, manifestement sans succès grâce à la protection des amis d’Obiang, ce dont a entendu parler même le citoyen le plus insouciant : que le compte de la Banque de Santander, avec plus de 26 millions de dollars, comme les propriétés immobilières dans les Asturies, à Madrid et aux Canaries, ainsi que des biens semblables d’une valeur immense en France appartiennent aux Équato-Guinéens.
Toutefois, tout a été accaparé par Obiang à travers le contrôle de l’exploitation pétrolière aux mains de multinationales, us principalement (Voir, au sujet de la France, la tribune d’Eulàlia Solé, parue le 6 novembre 2009 dans La Vanguardia ( Vergüenza para Francia) et sur l’Espagne le commentaire publié en mai de la même année sur http://espacioseuropeos.com/?p=6764)
Pour une raison qui est probablement liée au mépris que l’ardent hispaniste ressent pour l’Espagne, la responsabilité de la publicité en sa faveur incombe, dans ce pays, à une personne incroyablement fruste.
En 2009 elle a déclaré : « Jusqu’à il y a quelques mois je ne savais pas qu’en Guinée équatoriale  on parle espagnol ». Malgré un curriculum aussi peu prometteur, elle peut dire aujourd’hui : « Je dirige avec une grande fierté, bien sûr, le Bureau d’information de la Guinée équatoriale  en Espagne et dans d’autres pays ».
Même si l’on apporte du crédit à ce qu’elle dit, on comprend d’autant moins pourquoi elle utilise, pour ses communications de directrice de ce bureau, une adresse de courrier électronique associée à Centauro, une entreprise spécialisée dans les affaires en relation avec les numéros 803 et 806, c’est-à-dire les lignes érotiques, plutôt qu’une adresse associée à l’ambassade ou à tout autre organisme officiel de la Guinée équatoriale.
Elle se présente, de manière ampoulée et maladroite, sur un forum internet sur la Guinée équatoriale  : « Salut, je suis N.B. Je suis journaliste, je travaille pour plusieurs supports et j’ai eu la chance de faire la connaissance d’Armando, qui m’a fait découvrir ce forum et un grand nombre de vos histoires. »
Comme elle ne réussit pas à atteindre la notoriété qui doit selon elle être associée à sa « fonction », elle passe ses journées à essayer d’encourager la fréquentation, bien qu’il se peut aussi qu’elle soit payée à la tâche. Dans un autre message sur le forum elle se réfère à un reportage sur la Guinée équatoriale  qui, disait-elle, allait paraître dans la revue Hola en août 2008 : « C’est moi qui ai souligné l’intérêt de réaliser ce reportage, placé exclusivement sous une approche émotionnelle, comme il convient concrètement à cette revue. »
Le Bon
L’un des conseillers en image d’Obiang lui a présenté une idée géniale : prendre l’initiative d’une action de propagande spectaculaire que tout le monde louerait pour ses mérites intrinsèques et qui soit mise en œuvre en association avec une institution prestigieuse pour l’opinion publique internationale.
Enthousiasmé par cette idée, Obiang se rendit à la Conférence générale de l’Unesco d’octobre 2007, où il annonça sa proposition de créer le « Prix de l’Unesco-Obiang Nguema Mbasogo pour la Conservation de la Vie », qui serait financé par le gouvernement de la République de Guinée équatoriale.
Compte tenu du traitement qu’Obiang réserve à la vie de ses compatriotes, le nom du prix s’avérait trop sanglant, même pour l’Unesco, qui pourtant traîne une histoire peu édifiante de relations avec des trafiquants d’armes et des dictateurs. http://www.globalwitness.org/
Sur une nouvelle idée d’un conseiller, le gouvernement de la Guinée équatoriale  présenta devant l’Unesco, le 29 septembre 2008, le document intitulé « Création du prix international Unesco-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en Sciences de la Vie » (Voir le document sur http://unesdoc.unesco.org/images/0016/001629/162938f.pdf).
Le corrupteur et la corrompue n’avaient pas prévu les effets collatéraux de cette proposition mal venue. Ce qui les en a empêchés, c’est l’omnipotence de celui qui est habitué à acheter tout ce qu’il désire avec de l’argent et l’alignement de l’Onu et de quelques unes de ses agences sur la politique néolibérale, qui les amène à saisir toute opportunité de mener une opération de propagande pour justifier leur triste existence par-delà tout autre considération, y compris leurs obligations statutaires. (Voir Prolongation de l’appel à candidatures du Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie 2009. Initialement fixée au 25 septembre 2009, la soumission des dossiers est prolongée jusqu'au 30 décembre 2009.)
Quand cette proposition fut connue quelques gouvernements qui prévoyaient le fiasco se mirent à émettre une série de critiques et des organisations non-gouvernementales qui avaient Obiang dans le viseur exprimèrent leur dénonciation. Et en janvier 2010 on annonça publiquement que l’Unesco suspendait provisoirement le prix. L’Unesco invoqua une « révision des procédures » qui affectait aussi d’autres prix, ce qui apparut comme une tentative minable de donner un air de normalité à ces manigances avortées. http://scidev.net/es/news/unesco-aplaza-premio-de-guinea-ecuatorial-por-protestas.html
La mobilisation de ces ONG influentes et de quelques individus solidaires a réussi à contrecarrer un scandale qui, bien que peu reluisant pour les Équato-Guinéens, a au moins mis en évidence une fois de plus quelques points importants :
1.   La vénalité des organismes internationaux et leur incapacité à atteindre leurs objectifs et ceux de la Charte des Nations Unies.
2.   Les tentatives et les combines d’Obiang et de ses soutiens politiques et économiques pour obtenir ce que tout l’argent du monde ne peut pas lui permettre d’obtenir : avoir l’appui de son peuple et être respecté par le reste de l’humanité.
3.   L’importance de l’action de groupes et de personnes opposés aux abus et à la corruption des puissants.



Il ne reste plus rien à voler
Chroniques de Guinée équatoriale

Agustín Velloso
2008


204 pp., 12 € + frais d'envoi.
ISBN 978-84-612-6762-0
Distribution et vente directe : Virus


lundi 8 février 2010

Inondations dans le Gharb

Maroc: Les inondations plongent la plaine du Gharb dans le désarroi - kewego
Depuis1963, il n'a jamais autant plu sur la plaine fertile du Gharb, dans le Nord-Ouest du Maroc. Conséquences : les inondations ont noyé des terres agricoles, détruit les infrastructures et plongé de nombreuses familles dans la détresse.

Région du Gharb : Les populations sinistrées par les inondations accueillies dans des bivouacs équipés
Par MAP, 19-01-2010
Les populations sinistrées par les inondations dans la commune rurale de Magrane (25 km environ au nord de Kénitra) ont été accueillies dans des bivouacs équipés. La montée des eaux de l’Oued Beht a obligé les habitants de plusieurs douars de la commune à déménager de nuit pour se réfugier dans des bivouacs établis dans un stade de football à Sidi Allal Tazi et un autre au poste forestier d’El Manzeh, dans la banlieue de Kénitra. Entre 320 et 350 personnes du douar Taâouniat El Khir ont été installées, dans le stade de Sidi Allal Tazi, dans des tentes dressées par la protection civile. Les habitants du douar ont été surpris par les eaux tard dans la nuit de vendredi et amenés dans ce campement, a indiqué M. Berkiya Mustapha, président de la commune rurale de Sidi Allal Tazi. «Le bivouac est équipé en sanitaires et une unité du ministère de la Santé, composée d’un médecin et d’infirmiers, est mobilisée en permanence dans le campement», a-t-il déclaré aux journalistes venus visiter le campement. Des matelas, des couvertures et des produits alimentaires et de l’orge pour le bétail ont été distribués aux populations, a ajouté M. Berkiya. Des éléments de la Gendarmerie royale, des forces auxiliaires et de la protection civile y sont aussi présents pour assurer la sécurité. Les eaux d’oued Beht ont continué de monter samedi obligeant les habitants de plusieurs autres douars à déménager. Une noria d’estafettes, de tracteurs et charrettes transportant biens et personnes se pressaient, dans la matinée, sur la piste qui relie douar Oulad Amer à la nationale Kénitra-Tanger avant que l’eau n’isolait complètement le douar. D’autres habitants ont entassé leur affaires au bord de la piste dans l’attente d’un moyen de transport pour aller se réfugier chez un parent, une connaissance ou dans le bivouac. Des éléments de la Gendarmerie royale étaient sur les lieux pour superviser le départ des populations. Vers l’après-midi, le président de la commune rurale de Magrane, Lakhdar Khanati appelle au téléphone la protection civile pour leur demander d’apporter leurs zodiacs pour évacuer les populations d’un autre douar, celui de Mhajba, situé un peu plus loin, atteint lui aussi par les eaux. Les eaux continueront de monter et risquent d’isoler d’autres douars, a ajouté M. Khanati. Vendredi soir, le wali de la région du Gharb-Chrarda- Beni-Hssen, Abdellatif Benchrifa avait tenu une réunion pour informer les élus de la région sur la situation délicate dans certains endroits de la région après les fortes pluies qui se sont abattues ces derniers jours et ont provoqué une forte pression sur les barrages. Vendredi, les retenues du barrage Al Wahda avaient atteint 104 %. La wali avait assuré les députés que la situation est sous contrôle et que tous les moyens sont disponibles pour faire face à toute éventualité.

Belle performance de Salah Eddine Amaidan à la course du Tour des Remparts

Par APSO, 7/2/2010

Aujourd’hui dimanche 7 février 2010, le sportif sahraoui de haut niveau Salah Eddine Amaidan a terminé deuxième de la course du Tour des remparts, à Avignon, département du Vaucluse, dans le sud de la France.
1090 participants ont pris le départ de ces 11 km très réputés, malgré le vent et le froid très vif.
Le podium d’arrivé est le suivant :
1er Mounir Yamouni, France, en 32 minutes 55 secondes
2ème Salah Hmatou Amaidan, Sahara Occidental, en 33 minutes et 34 secondes
3ème Abdalkadar Yakoubi, Maroc, en 34 minutes et 57 secondes
Lors de la remise des médailles, Salah Eddine Amaidan, réfugié politique en France, a annoncé sa prochaine participation le 22 février prochain au Sahara Marathon, évènement international qui accueillera plus de 400 participants étrangers de 30 nationalités différentes dans les campements de réfugiés sahraouis, dans le sud-ouest Algérien.

Grève nationale générale de l'université marocaine le 17 février

Par Ali Fkir, 7/2/2010

Le bureau national du syndicat national de l'enseignement supérieur (SNESUP) a pris (au cours de sa réunion du samedi 6 février 2010) la décision d'observer une grève nationale générale à l'échelle de toutes les universités et des institutions de formation des cadres pour protester contre les tergiversations du ministre de l'enseignement quant au respect de ses engagements.
La grève générale sera observée le mercredi 17 février 2010.
La commission administrative tiendra une réunion extraordinaire le 6 mars 2010 pour élaborer un plan de lutte au cas où le ministère ne réagit pas positivement aux attentes des enseignants.

dimanche 7 février 2010

Répression d'une marche pacifique à Taroudant

La répression d'une marche légitime
Par Ali Fkir, 7/2/2010
La ville de Taroudant a connu le dimanche 7 février 2010 la répression d'une marche populaire pacifique, organisée en solidarité avec les militants de l'ANDCM en grève de la faim depuis 29 jours. Ces victimes des choix politiques de l'État ont recours à l'arme de la grève de la faim pour faire entendre leurs voix. Ils sont prêts à mourir pour leurs droits de citoyenneté les plus élémentaires.
Une trentaine d'arrestations sont à signaler. Il s'agit des militant-es de l'AMDH, de l'ANDCM, d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie démocratique), du PADS, du PSU, de l'UMT, du PPS...Plusieurs blessé-es sont à signaler.

--- En date de : Dim 7.2.10, said dchich a écrit :
خبر عاجل
علم منذ قليل أن مسيرة الهيئة التضامنية مع معطلي الجمعية الوطنية فرع تارودانت المضربين عن الطعام والتي كانت بصدد الاتجاه نحو مقر عمالة تارودانت للمطالابة بتلبية مطالب المضربين لانقاذ حياتهم، قد تعرضت للقمع والاعتقالات الجماعية حيث اعتقل لحد الآن حوالي ثلاثين مشاركة ومشارك من بينهم أعضاء من الجمعية المغربية لحقوق الانسان والاتحاد المغربي للشغل والنهج الديموقراطي واليسار الاشتراكي الموحد وحزب الطليعة وحزب التقدم والاشتراكية وعدد من المعطلات والمعطلين ...
بالا ضافة الى التدخل العنيف لكا فة الا جهزة القمعية التى خلفت اء صابات ورضوض فى صفوق المشاركين

Sauvez Kaddour Terhzaz


English version Save Kaddour Terhzaz 
Sign the petition

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Mercredi 10 Février, une rencontre-débat parrainée par Amnesty International est organisée à Toulouse à 20H00, salle du Sénéchal,17 rue de Rémusat.

29-01-2010: Communiqué d'Amnesty International Londres : "Amnesty International est convaincue que le “Colonel Major” Kaddour Terhzaz est victime d’une détention arbitraire comme convenu par le Groupe de Travail des Détentions Arbitraires des Nations-Unies et appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement Kaddour Terhzaz. En même temps, Amnesty demande avec force aux autorités de le traiter humainement durant sa détention en accord avec l’Article 10 du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations-Unies et l’Article 16 de la Convention contre la Torture".


     
26/01/2010: Ayad Ahram , secrétaire général de l'ASDHOM :
« Cela fait maintenant 57 jours que Kaddour Terhzaz est confiné dans une cellule d'isolement de la prison marocaine où il est emprisonné depuis 15 mois ».
C’est le cri d’alarme que lance la famille du franco-marocain, Kaddour Terhzaz, arbitrairement détenu à la prison de Salé après un procès expéditif devant un tribunal militaire qui l’a condamné à 12 ans d’emprisonnement.
La famille a créé un site web dédié à son combat pour dénoncer cet arbitraire et réclamer la libération du retraité de l’armée marocaine, le colonel major Kaddour Terhzaz.
Je vous invite à visiter ce site www.sauver-kaddour-terhzaz.org pour prendre connaissance du dossier et soutenir la famille Terhzaz dans sa quête de justice.
Interpellée par la famille Terhzaz, l’ASDHOM apporte le soutien nécessaire et réclame la libération immédiate de M. Kaddour Terhzaz car elle considère qu’il est victime d’une détention arbitraire telle qu’elle est définie par le Groupe de Travail des Détentions Arbitraires des Nations Unies.
L’ASDHOM se joint à la famille Terhzaz et à Amnesty international qui la soutient pour vous appeler au rassemblement organisé  (le 31 janvier)devant le musée de la légion d'honneur."

26/12/2009 - Communiqué de l'AMDH ( Association Marocaine des Droits Humains) 
"
La situation du Colonel Terhzaz, dont la famille a contacté l'Association à l'issue de son jugement définitif dans un procès partial et sa détention dans une cellule isolée ainsi que son exposition à un comportement à l'intérieur de la prison, a été dictée par la vengeance, en infraction avec ses droits en tant que prisonnier, droits prévus par les législations  marocaines et internationales. Le bureau central demande sa libération et l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de son inculpation , de son jugement  dans un procès à caractère politique et  de sa condamnation à 12 ans de réclusion ferme"

"Amnesty International est convaincue que le “Colonel Major” Kaddour Terhzaz est victime d’une détention arbitraire comme convenue par le Groupe de Travail des Détentions Arbitraires des Nations-Unies et appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement Kaddour Terhzaz. En même temps, Amnesty demande avec force aux autorités de le traiter humainement durant sa détention en accord avec l’Article 10 du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies et l’Article 16 de la Convention contre la Torture".
Rabat - A l'occasion de la commémoration de la présentation du Manifeste de l'Indépendance (11 janvier), SM le Roi Mohammed VI a bien voulu accorder sa grâce à 450 personnes mais pas à Kaddour
 Il est toujours en isolement forcé. Il vit dans un semi-couloir traversé par des courants d’air, une température de nuit de 5 degrés ; une banquette en ciment faisant office de lit ; privé de douches, de repas chauds. Il est cardiaque et il a 72 ans!
« Vivre sa faute est relativement facile ; être victime de son innocence est insupportable ». Kaddour Terhzaz
 Kaddour Terhzaz, son épouse Annie et leurs quatre enfants
Alors qu'on s'interroge sur l'identité nationale, un Franco-Marocain, prisonnier d'opinion au Maroc
12 ans de prison pour une lettre adressée à Sa Majesté Le Roi Mohammed VI
Le Colonel Major Kaddour Terhzaz, à la retraite depuis 1995, a été brutalement arrêté le 09 novembre 2008 alors qu'il sortait de son domicile de Rabat et incarcéré. Il a fait l’objet d’une procédure extrêmement expéditive de la justice militaire marocaine, pour "atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat", et a été condamné à une peine criminelle de douze ans de réclusion pour  une lettre écrite à Sa Majesté Le Roi du Maroc en 2005, en faveur des officiers marocains prisonniers du Polisario, libérés après 25 ans de détention en Algérie.
 Accusé de "divulgations d'informations militaires" et "atteinte à la sûreté extérieure de l'État"
Il a, dans cette lettre, écrite en 2005 à Sa Majesté Le Roi, dont la seule photocopie a été retrouvée, et qu’il a remise à d’autres officiers marocains pour l’appuyer dans sa démarche, relaté des faits datant d’une trentaine d’années, bien connus des militaires marocains. Kaddour Terhzaz était à l’époque Commandant en Second de l’Armée de l’Air Marocaine. Cette lettre décrivait la situation d'anciens militaires marocains  prisonniers du Polisario durant des années et libérés sans aucun dédommagement ni reconstitution de carrière. Elle était conséquente à la libération des prisonniers de Tindouf. Elle avait pour objet les préjudices de carrière pour ces pilotes: capturés avec un grade, libérés 25 ans après avec le même grade.
Ce chef d'accusation est basé sur une simple lettre, écrite en 2006 à Sa Majesté Le Roi, Chef Suprême et Chef d'État Major Général des Forces Armées Royales. La lettre avait été envoyée à Sa Majesté Le Roi du Maroc  et Kaddour avait remis, la copie de cette lettre au Capitaine Ali Najab, un de ces pilotes placé naguère sous ses ordres qui avait été capturé par le Polisario le 10 septembre 1978 alors qu'il effectuait un vol de reconnaissance à vue à bord d'un avion F5.  A sa libération,  Capitaine Ali Najab a voulu constituer une association des anciens prisonniers de guerre et, mon père, en écrivant cette lettre, a voulu appuyer sa requête.
  C'est la copie de cette lettre  qui est arrivée, on ne sait par quel biais, entre les mains de personnes qui se sont saisies de ce prétexte pour faire emprisonner Kaddour. En fait, il n'y a aucune divulgation de renseignements d'ordre militaire puisque d'une part, Kaddour avait remis la copie de la lettre au Capitaine  Ali Najab, qui était directement concerné par  son contenu, et d'autre part, il s'adressait au Roi lui même, Chef Suprême des Armées.
Il était tout à son honneur, en sa qualité de chef hiérarchique, d'essayer d'aider et de défendre ses anciens officiers, prisonniers du Polisario pendant 25 ans et rentrés au Maroc sans ajustement de carrière ni distinction particulière, puisque tel était le but de cette lettre.
Une parodie de procès
Nous avons assisté à ce procès inique, en date du 28 novembre 2008, dont la durée n’a pas excédé deux heures, qui s’est déroulé à Huis Clos, sans possibilité pour le prévenu d’avoir des témoins. En un mot, ce procès a été monté de toutes pièces. Les droits de la défense ont été bafoués. Le juge a prononcé un peine de 12 ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté extérieure de l'État en invoquant l'article 192 du code pénal qui condamne l'acte en temps de guerre.
Dès le jugement rendu, Kaddour Terhzaz a aussitôt formé un pourvoi en cassation, seule procédure possible, le Tribunal Permanent des Forces Armées Royales statuant en premier et dernier ressort, puis un recours en grâce auprès de Sa Majesté. Le 13 mai 2009 la cour de cassation s’est prononcée mais a rejeté le pourvoi.
Un an, déjà, qu’il a été arrêté à son domicile ; un an, déjà, que nous nous battons pour sa libération ; un an, déjà, que nous ne comprenons pas cet acharnement à garder en prison un homme innocent ; un an que nous clamons la vérité !
Le combat pour sa libération
Dans un premier temps, jusqu’à cet été passé, nous étions tous persuadés que la vérité allait éclater au grand jour, et que cette arrestation était simplement une mesure d’intimidation. Nous pensions que Sa Majesté Le Roi Mohammed VI allait le gracier. Il a donc patiemment attendu, devant le caractère invraisemblable de son arrestation, que son dossier fasse partie des différentes grâces officielles rendues par le Roi depuis Noël dernier. En vain. En effet, sa droiture est bien connue au Maroc, ainsi que son sens du devoir vis-à-vis de son pays. De faux bruits sur une libération imminente ont couru à plusieurs reprises sans doute pour calmer Kad et sa famille, pour le tourmenter aussi, par ces espoirs sans cesse évanouis.
Dans un second temps, prenant acte du caractère irréversible de la situation au plan juridique, la famille a entrepris de multiples démarches afin d'attirer l'attention des autorités marocaines et françaises, puis des organisations non gouvernementale sur la situation de Kaddour.
Des interventions, au plus haut niveau, jusqu'à l'Élysée ont été faîtes.
Sa femme, Annie Terhzaz a formulé officiellement des demandes d’audiences auprès de Sa Majesté Roi Mohammed VI.
Madame Terhzaz, sa fille Sonia, son fils Selim accompagné de son épouse et de son petit garçon de six mois se sont présentés le trois août devant le palais royal de Tétouan dans le fol espoir d’être reçus par Le Roi. En Vain.
Sa grande « faute » jusque là, a été de trop aimer son pays, et son Roi ; Sa grande « faute » réside dans une grande naïveté d’homme, dans un idéalisme d’homme profondément humain.
Que fait la France?
Kaddour a 72 ans, il est à la retraite depuis 14 ans.  Cette peine de 12 ans d'emprisonnement équivaut à une peine de mort. La France peut-elle laisser un homme de cette qualité, français de longue date, se mourir en prison? Homme de grande valeur, il a été décoré de la Légion d’Honneur pour services rendus à la France.  La voix diplomatique semble obérée par le souci de l'État français de conserver des relations privilégiées avec le Maroc. S'agissant d'un citoyen français, le minimum que l'on pouvait attendre était que le Consulat Général obtienne un droit de visite du détenu. La France se doit d'entreprendre des démarches plus efficaces concernant un de ses ressortissants, même s'il est binational. Il n'est pas admissible que notre diplomatie n'ait aucun moyen pour faire changer la situation de Kaddour Terhzaz, compte tenu du caractère inique, non motivé de sa très lourde condamnation.
Sa mise en détention
Kaddour Terhzaz  subit désormais un régime de détention d'une rigueur absolue: isolement sans restriction, privation de nourriture et de couchage, interdiction de communiquer. La situation s'aggrave considérablement. Compte tenu de son âge, de ses problèmes cardiaques, nous avons peur qu'il ne survive pas à cette terrible épreuve.
 Aidez-nous à le sauver !!
Visitez le site http://www.sauver-kaddour-terhzaz.org

Les victimes de la précarité ne peuvent compter que sur elles-mêmes et sur la solidarité des militants

Le mouvement des sans droits s'intensifie
Par Ali Fkir, 7/2/2010
Le local d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie démocratique) ne pouvait pas accueillir tout ce monde. Le comité de suivi du mouvement des sans (ou presque sans) logements, a décidé d'organiser ce rassemblement populaire au local de la CDT, syndicat militant qui n'hésite pas à ouvrir ses portes aux divers contestataires de la politique antipopulaire de l'Etat.
Le lundi, 1er février 2010, les victimes de la précarité ont organisé simultanément 3 sit-in : au centre de Casablanca (devant la préfecture), devant la préfecture de Aïn Sebaâ-Elhay Mohammadi, et à Bernoussi.
Les sit-in ont connu un grand succès grâce à la participation des centaines de citoyens et surtout de citoyennes. Malheureusement, et pour des raisons techniques, nous n'avons pas pu assurer la couverture adéquate.
Donc le samedi 6 février, ces victimes se sont retrouvées au local de la CDT, syndicat militant, dans la grande salle des meetings qui, ainsi que les couloirs étaient archi combles.
Le programme:
- Allocution de l'AMDH, section de Casablanca
- Exposé du camarade Mustapha Brahma centré essentiellement sur les données officielles relatives à la question de l'habitat dans le grand Casablanca (statistiques, projets, besoins...)
- Témoignages des victimes : il fallait être là pour écouter Zineb, Fatima et autres citoyennes étaler devant le public la situation précaire où vivent des centaines de milliers de familles, stigmatiser la politique de l'État dans le domaine de l'habitat. Elles ont posé la question : que vaut la citoyenneté pour quelqu'un qui n'a même pas un mètre carré où se loger ? "il est temps de se débarrasser de la peur et de lutter pour nos légitimes droits" martèlent ces braves citoyennes. Elles sont dans le vrai, ces oratrices. Bravo mesdames!!
Abdelouahab, père de Saâd, le petit qui a perdu sa jambe, a fait couler des larmes à plus d'un en racontant sa descente aux enfers suite à l'amputation de la jambe du petit : Le "logement " s'était écroulé. Pas d'ambulance en vue, Abdelouahab amène, dans des conditions difficiles, le petit Saâd à l'hôpital. Aujourd'hui il a laissé tomber son boulot pour s'occuper de son petit.
- Des questions ont été adressées au camarade Brahma, il a répondu en tant qu'expert dans le domaine de l'habitat.
A la fin, les représentant-es des différents quartiers populaires se sont fixés le rendez-vous prochains au local d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (LA VOIE DEMOCRATIQUE), le mercredi 10 février 2010.
Le dernier N° du journal "ANNAHJ ADDIMOCRATI", qui a réservé une grande place au mouvement des sans droits au logement a été lui aussi présent à ce grand rendez-vous
LA SOLIDARITÉ AVEC LES VICTIMES DES INTEMPÉRIES, AVEC LES VICTIMES DE LA POLITIQUE DE L'ÉTAT, AVEC LES VICTIMES DE LA PRÉCARITÉ, AVEC LES SANS-DROITS AUCUNS...NOUS INTERPELLE.

samedi 6 février 2010

« Les Étoiles de Sidi Moumen » un roman chaleureux et glaçant qu’on ne lâche pas… et qui ne vous lâche pas …


Par Marie-Jo Fressard, SOLIDMAR, 6/2/2010
L’écrivain marocain Mahi Binebine s’est imprégné pendant cinq ans de cet environnement fait de violence, de laideur, de boue, de poussière, d’ordures nauséabondes, mais aussi de chaleur humaine, de fraternité et de moments de franche rigolade, qui cohabitent dans l’un des plus misérables bidonvilles du Maroc : Sidi Moumen, pudiquement dissimulé aux yeux des étrangers derrière un mur de pisé, comme le sont tous les bidonvilles du prestigieux royaume.
En 2003 les photos de ce bidonville s’étalaient dans la presse, même –exceptionnellement -dans la presse française : voilà le terreau où s’ épanouissent les kamikazes, auteurs des attentats meurtriers dans les hôtels de luxe marocains.
Mahi Binebine en a fait un roman passionnant et terrifiant qui permet de comprendre pourquoi et comment une bande de « durs » a pu être insidieusement endoctrinée pour être amenée à docilement commettre l’irréparable : tirer sur le fil du gilet pour se faire exploser…
Les Étoiles de Sidi Moumen, c’est le nom de l’équipe de foot la plus redoutable et la plus gagnante des bidonvilles qui ceinturent Casablanca. L’histoire de cette équipe est racontée par Moh qui veut être appelé Yachine, comme son idole, au point de devenir Yachine, vivant et mort, sans regret d’avoir eu une courte vie « content d’être loin des tôles ondulées, du froid, des égouts éventrés et de tous les miasmes qui ont habité mon enfance »
Il nous parle de Yemma, sa mère, sévère et tendre, crainte et adorée par ses nombreux fils (elle a mis au monde 14 garçons en 14 ans, un record !), de son frère protecteur Hamid, capable de tuer pour le venger. Les morts « accidentels » sont enterrés dans la décharge. Personne ne s’en inquiète : tant de personnes quittent le bidonville sans prévenir…
Nous découvrons un à un les copains et leur vie de misère : le beau Nabil, fils de Tamou la prostituée,qui aura honte de sa mère « je suis un fils de pute ! », Fouad le seul qui est allé à l’école, Ali qui n’est noir que parce qu’il travaille dans le charbon, Khalil qui avait une vie plus facile « avant », et d’autres encore. Délinquance de survie : bagarres, vols, viols, drogue, sniffe, pédophilie… « Au commencement il y a eu la décharge et la colonie de garnements qui germait dessus. La religion du foot, les bagarres incessantes, les vols à l’étalage et les courses effrénées, les avatars de la débrouille, le haschich, la colle blanche et les errances qu’ils entraînent, la contrebande et les petits métiers, les coups à répétition qui pleuvent, les fugues et leurs rançons de viols et de maltraitance… Au milieu de tout ce chaos étincelait un joyau tombé du paradis : Ghislane, ma tendre et belle amie. On ne sait pas comment elle avait atterri à Sidi Moumen, mais elle détonnait dans notre décor. Une fausse note à l’envers.» Yachine en tomba éperdument amoureux.
Le feu mis un jour au commissariat de police les libéra du commissaire appelé « doberman » qui, heureusement pour lui n’était pas présent ce jour. « Le commissariat de police ne fut pas reconstruit, et nul n’en souffrit outre mesure. Les différends entre les gens se réglaient alors soit par la médiation des vieux, soit à coups de poing à la décharge. Mais la vie à Sidi Moumen reprit peinardement son petit bonhomme de chemin. »
Puis ce fut un jour la rencontre de Hamid avec Abou Zoubeïr, et le début de l’endoctrinement programmé qui petit à petit a gagné toute l’équipe. Et tout changea. Yemma se félicita d’abord du changement : Hamid, l’enfant terrible ne se droguait plus, il a trouvé du travail, il est devenu sérieux. « Mais il n’était plus là. (…)il ne rentrait qu’à l’heure du dîner. Morte aussi l’ambiance joyeuse qu’il avait l’habitude de répandre à table, les histoires rocambolesques qui faisaient tant rire Yemma. »
Fini le foot, finies les bagarres et les rigolades. Toute l’équipe est prise en main par Abou Zouheïr et ses amis à qui ils veulent ressembler. Ils se laissent pousser la barbe, font leurs cinq prières, parlent de la grandeur de Dieu autour d’eux …. Zouheïr et ses amis leur organisent des vacances dans le Moyen Atlas, à eux qui n’ont jamais dépassé le mur du bidonville. En pleine nature, près du beau lac Dayet Aoua, dans une ambiance tantôt joyeuse, tantôt pieuse, leur préparation au "départ" se peaufine, et bientôt, lorsqu’ils comprendront quelle sera leur " mission ", ils l’accepteront tout naturellement... 
Les Etoiles de Sidi Moumen, roman de Mahi Binebine, Flammarion, janvier 2010. 17, 10 €
Biographie de Mahi Binebine
Mahi Binebine, romancier, peintre et sculpteur marocain, est né en 1959 à Marrakech.
En 1980, il s' installe à Paris et fait des études de mathématiques qu'il enseigne durant huit ans.
Il est passionné de peinture et d'écriture.
Il passe 6 ans à New York, ses peintures et sculptures sont réunies au musée Solomon R. Guggenheim.
On peut voir se œuvres en différents lieux à travers le monde   : Biennale de Venise, Galerie Ott, Düsseldorf, Museum of Contemporary Art, Washington D.C (1998), Tinglado4 Mll de Costa, Tragone, Palais des Congrès, Grasse (2001), Société Générale Marocaine des Banques, Musée de Marrakech (2002)...
 Espace Bellville , Paris; Mohssem Culturel D'Asilah (2000), Musée de Marrakech (2003), Puerto de las Artes , Huelva; Borj Al Arabe Dubaï (2001)...
Mahi Binebine a publié plusieurs romans notamment : Le sommeil de l'esclave(1992) qui a reçu le prix Méditerranée , Cannibales (1999), L'écriture au tournant, Les Funérailles de lait (1994), L'Ombre du poète (1997), Pollens (2001) qui a obtenu le prix de l'Amitié Franco-Arabe ...
Il vit à Marrakech depuis 2002.
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