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lundi 19 avril 2010

Les sans-droits de Casablanca bravent les obstacles

Par Ali Fkir, 19/4/2010

Au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VD)
 Malgré l'interdiction du meeting (pour des "raisons de sécurité: le derby Raja-Widad, la présence du Roi à Casa"...), malgré les pressions exercées par les agents de l'administration sur les sans-droits au logement salubre, malgré les manoeuvres honteuses des dénigreurs de tous poils, et les tentatives de semer le doute par des forces occultes et autres individus louches dont le but commun reste la démobilisation du mouvement légitime des victimes des politiques de l'état, malgré tout cela, des centaines des sans-droits de citoyenneté étaient au rendez-vous et ce, le dimanche 18 avril 2010: toutes les pièces du siège d'Annahj Addimocrati (la Voie Démocratique étaient pleines à craquer, les escaliers de l'immeuble, la rue où se trouve le siège étaient occupés.
Le cordon d'ordre est composé à 100% des victimes de l'arbitraire.Tous les quartiers populaires de Casablanca étaient représentés. Les femmes ont constitué de loin la majorité des présent-es.
Les sans-droits au logement salubre ont marqué leur présence. Au moment où je quittais le lieu le nombre des signataires avait atteint le 781...
Les victimes ont décidé d'organiser leur meeting au stade déjà indiqué et ce, le dimanche 25 avril 2010 à partir de 16h
Notons que l'accès au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI a été interdit vers 15h mais après des protestations, les militant-es des droits humains et les sans-droits de citoyenneté ont pu entrer au siège.
Bravo les masses populaires en lutte pour leurs droits légitimes!
Bravo Le "Comité de suivi du dossier de l'habitat" composé essentiellement des représentant-es des quartiers populaires!
Bravo Le comité de dialogue composé de 17 personnes dont 15 représentant-es des sans-droits au logement de dignité (8 femmes et 7 hommes)!
Bravo la Femme casablancaise!
Bravo les militant-es de l'AMDH!
La solidarité active nous interpelle

 A l'intérieur du local



 Les escaliers de l'immeuble
 Les représentantes des sans-droits en œuvre

 Le camarade Halli en discussion avec les sans-droits

jeudi 15 avril 2010

Les victimes des politiques sociales de l'Etat, préparent consciencieusement leur meeting de dimanche 18 avril 2010.

NE PERDONS PAS NOTRE NATURE DE GAUCHE
 Par Ali Fkir, 15/4/2010
Divers services de l'État, des forces occultes, des individus sortis de l'ombre, des suspects et autres dénigreurs se sont mis (chacun à sa façon) à, l'œuvre pour saboter le meeting, pour faire peur aux sans logements salubres, pour "casser" le mouvement des sans-droits de citoyenneté. Ce mouvement fait peur à plus d'un: c'est un mouvement populaire, un mouvement des victimes des politiques sociales de l'État, c'est un mouvement qui dure (depuis décembre 2009), c'est un mouvement qui se radicalise, c'est un mouvement où les femmes sont les plus nombreuses (le comité de dialogue du vendredi 9 avril 2010 était composé de 17 personnes dont 15 représentant-es des quartiers populaires: 8 femmes et 7 hommes)...Les représentant-es, les vrai-es ont imposé le dialogue. L'État doit discuter avec les représentant-es des quartiers populaires, et non avec des créatures enfantées par des mascarades électorales.
C'est un mouvement né légitimement des entrailles des masses populaires, c'est un mouvement des déshérités. Les militant-es de l'AMDH qui se sont joint-es au mouvement des sans-droits au logement salubre ne font que leur devoir de militant-es des droits humains. Ils ont répondu au SOS lancé par les victimes des intempéries et des politiques de l'État dans le domaine de l'habitat. Ces militant-es ont refusé tout dialogue avec les représentants de l'État en l'absence des représentant-es des quartiers populaires, les premiers concernés. Cela dérange plus d'un, car dans la "tradition marocaine", ce sont des représentants officiels ("élus", politicien-nes, syndicalistes, makhzanien-nes de tous poils...) qui négocient à la place des victimes de l'arbitraire qui sont les premières concernées.
Je ne peux que saluer vivement Zineb, Fatima, Rachida et toutes, tous les autres représentant-es des quartiers populaires,, de même je tiens à saluer Khadija Abnaou, Saïd Chihab , Abdellatif Dchiche et surtout Mohammed Abounasr contre qui une opération de dénigrement est orchestrée par des forces occultes, par des individus douteux, par des suspects et autres commis de makhzen.
Pour prendre position dans tels cas, il suffit ( à mon humble avis) de répondre aux questions suivantes:
1 - est-ce que les protestataires vivent dans des conditions humaines, dans des conditions qui assurent la dignité de la personne, des conditions qui garantissent leurs droits de citoyenneté?
2 - Si ces conditions de vie ne sont pas réalisées, les victimes ont-elles droit de protester, réclamer revendiquer, lutter?
3 - Si oui, est-il du devoir des militant-es des droits humaines, des militant-es de gauche d'exprimer leur solidarité avec les victimes de l'arbitraire, et même de se joindre au mouvement de protestation?
Dans ces situations, ceux et celles qui hésitent perdent de leurs valeurs de militant-es des droits humains, perdent leur nature de gauche.
Essayer de démobiliser un mouvement de contestation sociale au nom des calculs politiciens, en se cachant derrière" à quoi ça va aboutir ?", c'est se ranger objectivement du côté de l'Etat des nantis contre le mouvement légitime des déshérité-es.
LA SOLIDARITE NOUS INTERPELLE

--- En date de : Jeu 15.4.10, khadija abenaou a écrit :
لجنة متابعة ملف السكن بالدارالبيضاء ، محطة جديدة في برنامجها النضالي
تجمع شعبي كبير لساكنة الأحياء الشعبية و دور الصفيح بالدارالبيضاء
يوم الأحد 18 أبريل 2010
على الساعة 4 بعد الزوال
بالملعب الرياضي لكرة القدم التابع لجماعة أنفا بالدارالبيضاء
بعد سلسلة من المعارك النضالية و الوقفات الاحتجاجية و الاعتصامات التي خاضها سكان العديد من الأحياء الشعبية و دور الصفيح و ضحايا الأحكام التعسفية بالإفراغ ، في إطار لجنة المتابعة ، وضمنها فرع الدارالبيضاء للجمعية المغربية لحقوق الإنسان، و التي توجت بقرار المسيرة الشعبية الكبرى ليوم 21 مارس 2010 و التي تعرضت للمنع بشكل عنيف
و بفضل المقاومة البطولية للمواطنين/ات ، و صمودهم/ات الرائع أمام التدخل الهمجي لقوات القمع في أكثر من وقفة احتجاجية ، والدور الرياد الذي لعبته الجماهير النسائية خلال كل تلك المحطات
و أمام إصرارالسكان المتضررين ،و الاستعداد الذي برهنوا عليه لمواصلة النضال , مهما كلف الأمر من تضحيات
تم أخيرا دعوة لجنة المتابعة لجلسة حوارمع ممثلي مجلس المدينة ، يوم الجمعة 9 أبريل 2010، بحضور و فد عن السكان المعنيين . ونذكر في هذا السياق أنه ، خلال إحدى الوقفات الاحتجاجية أمام الولاية تمت دعوة كل من منسق لجنة المتابعة ، الرفيق محمد أبو نصر ورئيس فرع الدارالبيضاء للجمعية المغربية لحقوق الإنسان ،الرفيق عبد اللطيف دشيش للحوار مع السلطات المحلية إلا أن الرفيقين رفضا أي حوارفي غياب الساكنة المعنية
وكما كان مقررا ، انعقد ، صباح يوم الجمعة 9 أبريل 2010 ، بمقر مجلس مدينة الدارالبيضاء ، اجتماع بين نائب رئيس مجلس المدينة ،السيد أحمد بريجة ، و وفد عن لجنة المتابعة مكون من 15 (8 نساء و 7 رجال) من ممثلي/ات السكان تم انتذابهم/ن ديمقراطيا خلال الجمع العام ليوم 4 أبريل 2010 ، بالإضافة إلى منسق لجنة المتابعة ، الرفيق محمد أبو نصر و رئيس فرع الدارالبيضاء للجمعية المغربية لحقوق الإنسان ، الرفيق عبد اللطيف دشيش
وبعد طرح المشاكل التي تعاني منها الساكنة ، والتي كانت موضوع العديد من الوقفات الاحتجاجية تم تقديم ملف مطلبي سبق أن تمت صياغته بشراكة مع السكان المعنيين أنفسهم و يتعلق بالأحياء المهمشة و المنازل المنهارة و الآلية للسقوط و ملفات أحكام الإفراغ و هدم المنازل و الترحيل القسري
:وفي نهاية أشغال هذا اللقاء تم إصدار بلاغ مشترك بين الجانبين ، بأهم الخلاصات التي أفضت إليها جلسة الحوار وهي كالتالي
التعجيل بوقف أحكام الإفراغ و حل القضايا المستعجلة
عقد اجتماع بين لجنة متابعة ملف السكن و مجلس المدينة و السلطات المحلية على مستوى العمالات و على مستوى الولاية ، و مندوبيات السكنى و الإحصاء و التخطيط ، و مكتب الدراسات ، لمعالجة المشاكل التي يعاني منها السكان، وذلك قبل متم شهر أبريل الجاري

و يحمل البلاغ المشترك توقيع كل من السيد أحمد بريجة عن مجلس المدينة والرفيق محمد أبر نصر عن لجنة متابعة ملف السكن والرفيق عبداللطيف دشيش عن فرع الدارالبيضاء للجمعية المغربية لحقوق الإنسان
خلال الجمع العام الأخيرللجنة المتابعة المنعقد بمقر النهج الديمقراطي يوم الإثنين 12 أبريل 2010، تم التداول في مختلف المستجدات ذات الصلة بالملف ، و تقييم الخطوات النضالية المنجزة ، وفي هذا السياق اعتبر الجمع العام أن الخلاصات الواردة في البلاغ المشترك الصادر عن لقاء 9 أبريل ما هي إلا خطوات أولية كمدخل لفتح حوار حقيقي و جدي مع الجهات المسؤولة و المعنية بملف السكن ، حوار يفضي إلى حلول عملية بما ينصف الساكنة المتضررة و بما يضمن لها الحق في السكن اللائق ، . و بموازاة آلية التفاوض مع/ و الترافع لدى الجهات المعنية
. تم التأكيد على ضرورة الحفاظ على وثيرة التعبئة و اليقظة و التضامن ، لمواصلة النضال حتى تحقيق المطالب


samedi 10 avril 2010

A Figuig, les sans-droits sont toujours en route vers l’Algérie

Par Ali Fkir, 9 et 10/4/2010
Les sans-droits au travail de la province de Figuig ont quitté cet après-midi (vendredi 9 avril 2010) la ville de Bouarfa en direction des frontières algériennes et cela pour protester contre les tergiversations des diverses administrations locales et nationales concernant l'embauche.
Rappelons que des dizaines de milliers des jeunes diplômés issus des familles pauvres se trouvent victimes des politiques antipopulaires de l'Etat marocain. Sans fonds en banque, sans piston, sans corruption...le jeune marocain est condamné au chômage. C'est un marocain sans droits de citoyenneté.
Rappelons aussi que des régions comme celle de Figuig sont dépourvues de toute ressource naturelle, d'infrastructures, d'industrie, d'agriculture...La solidarité nationale entre les régions n'a aucun sens au Maroc.
A 17h30 du vendredi 9 avril 2010, les sans-droits sont toujours en marche vers l'Algérie.
La solidarité nous interpelle.
En date de : Jeu 8.4.10, mohamed jamai a écrit :

خبر عاجل غدا تدخل المعركة الاقليمية التي تخوضها فروع التنسيق الاقليمي لفجيج منعطفا تاريخا مهما على مستوى تنويع الاشكال النضالية اد امام تنصل العامل الاقليمي من الوعود التي قدمها في شخص كاتبه العام للسكريتارية الاقليمية والتي تنص على الغاء المباراة المعلن عنها ببني تدجيت وجرد المناصب الشاغرة محليا واقليميا والاتفاق على استفادة كل الفروع من حصة من هذه المناصب الشاغرة بالاضافة الى تحديد جدولة زمنية لتفريغ الوعود لكن مع توالي الايام اتضح ان العامل وجريا على عادة اسلافه كان يريد ربح مزيد من الوقت الاضافي لا غير والاكتر من ذلك عسكرة المؤسسات العمومية وحرمان المعطلين من التصديق علىوثائقهم وامام هذا الوضع المخزي الذي بلغه المسؤولون الاقليمييون خلصت فروع التنسيق الى الرد على التحدي بالتحدي فتقرر خوض اضراب عن الطعام ابتداء من الجمعة 9ابريل2010 هدا بالاضافة الى الانطلاق في مسيرة للنزوح الى الجزائر وتم تحميل المسؤولية فى ذلك الى النظام القائم في المغرب عبر ممثله الاقليمي وانها لمعركة حتى النصر وليخسأ الخاسؤون

Des dizaines de militant-es de l'ANDCM de la province de Figuig sont toujours en marche vers l'Algérie.
Malgré la nuit, la faim, la soif, les obstacles géographiques les menaces des forces de répression les sans-droits de citoyenneté, les enfants diplômés des familles pauvres victimes de l'exclusion, bravent toutes ces difficulté et avancent dans le désert.
. Il est 22h10mn du vendredi 9 avril2010
La solidarité nous interpelle

lundi 29 mars 2010

Les sans-droits : succès du sit in du 28 mars 2010

Par Ali Fkir, 29/3/2010
Par centaines, les sans logements salubres ont répondu présent-es à l’appel du « Comité de Suivi du Dossier de l’Habitat à Casablanca » composé essentiellement des représentant-es des quartiers populaires de Casablanca.
De 16h à 18h du dimanche 28 mars 2010, les centaines des sans-droits de citoyenneté et des militant-es des droits humaines…ont tantôt scandé des slogans relatifs à leurs légitimes revendications, des slogans critiquant les politiques antipopulaires de l’Etat et l’attitude honteuse des « élus », tantôt en gardant un silence de mort, et cela face au siège de la wilaya de Casablanca.
Les sans-droits ont réussi comme toujours leur sit in dans une discipline impeccable : contenu des banderoles, slogans scandés, moments de silence…les femmes ont constitué le pivot du sit in/meeting et donc la pièce maitresse du succès de ce grand événement populaire.
L’AMDH était présente sur « le terrain » (section de Casablanca, section de Bernoussi, militants de Mohammedia…) et dans les slogans scandés par les citoyen-nes.
A la fin le sit in s’était mu en meeting où le camarade Abelletif Adchich a exprimé essentiellement la solidarité inconditionnelle de l’AMDH au mouvement des sans-toits à casablanca. Le camarade Mohammed Abounasr, coordinateur du Comité de Suivi, a étalé devant la foule les raisons de ce mouvement, les revendications des déshérité-es, le caractère de masses organisées, disciplinées, le caractère pacifique de ce mouvement, critiquant l’attitude des autorités concernées par ce dossier, le mutisme des « élus », et soulignant la détermination du COMITÉ DES SUIVI à continuer le combat pour le droit au logement salubre.
Abounasr a parlé aussi du 30 mars , journée de la terre palestinienne, de la justesse de la lutte du peuple palestinien, et appelé les présent-es à assister au sit in de protestation qui sera organisé devant le consulat américain à Casa par le Comité de soutien aux peuples palestinien et irakien
Bravo le COMITÉ DE SUIVI !
BRAVO LES MILITANT-ES DE L’AMDH !
PLEINS SUCCÈS AU MOUVEMENT DES SANS LOGEMENT !
 
 
  
 
  
  
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

jeudi 25 mars 2010

Casablanca : Printemps de la résistance



Dimanche 21 mars 2010 : Faits et enseignements
Par Ali Fkir, 25/3/2010
Dimanche 21 mars 2010, n’est pas un « dimanche noir » comme pourraient le qualifier certains myopes. Le dimanche 21 mars 2010, jour qui coïncide normalement avec le premier jour du printemps, est un jour prometteur, un jour révélateur, un jour annonciateur d’un autre printemps, le printemps des masses populaires, le printemps des humbles, des travailleurs, des femmes, des combattant-es, bref l’annonciateur du printemps de la résistance, de l’émancipation et de la libération.
Je ne vais pas parler des luttes populaires que connaissent Tata, Guercif, Missour, Bouarfa, Taounate, Elhouceima, Rabat, Beni-Mellal, Khénifra…Les militant-es de ces régions doivent en parler, les militant-es qu’y sont impliqué-es directement doivent assurer la couverture médiatique de ces divers combats pour la dignité, pour un autre Maroc, le Maroc des travailleurs, le Maroc des producteurs, le Maroc du peuple.
Je vais me limiter au dimanche 21 mars 2010 de Casablanca, un dimanche riche en événements et surtout riche en enseignements. A 8h du matin, des militants et surtout des victimes de la marginalisation makhzanienne étaient déjà au local d’ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie Démocratique :VD)n et cela dans l’attente de rejoindre la point de départ de la marche populaire, marche de protestation contre l’indifférence de l’Etat devant la situation catastrophique des sans-droits au logement salubre, face aux conditions inhumaines où se trouvent les sans-toits…Vers 8h45, tout le quartier fut bouclé : des fourgonnettes, des camions, des bus, des voitures de police débarquent une armada. La place du rassemblement fut occupée par de diverses forces de répression, la rue où se trouvent le siège d’ANNAHJ fut interdite à la circulation, aux passants. La porte de l’immeuble qui abrite le siège d’ANNAHJ fut fermée. L’accès au local fut interdit même aux dirigeants d’ANNAHJ. Le wali (le patron de Casablanca)en personne dirigeait les opérations. Des centaines de victimes de l’arbitraire (hommes et surtout femmes) forcèrent certains barrages des « sécuritaires », des militant-es associatifs(ves) arrivent : on scandait des slogans, on criait au scandale : « c’est honteux, c’est honteux, ANNAHJ est encerclé ! » tonnent les voix des victimes des politiques de l’Etat. L’état major de la répression ne pouvait en supporter plus,les premiers coups de matraque commencèrent à pleuvoir sur les têtes des protestataires, ce qui a provoqué une réaction énergique des victimes, les premières blessées tombèrent par terre. Les « sécuritaires », désagréablement surpris par la réaction énergique de la masse, essaient d’obtenir des ordres clairs et nets de ceux de Rabat : faut-ils faire la répétition de 23 mars 1965 ? On était le 21 mars 2010, dans 2 jours ce sera la commémoration de l’intifada 23 mars, il y a de cela 55 ans. Le « Comité de suivi du Dossier de l’Habitat », par la voix de son coordinateur , le camarade Md Abounasr, demanda à la foule en ébullition de rejoindre la CDT (à Derb Omar), pour continuer la manifestation. A Derb Omar, devant le local de la CDT, une estrade fut improvisée, et les représentants ( majorité femmes) des quartiers se sont succédé-es pour dénoncer l’interdiction de la marche, pour rendre hommage à l’AMDH, section de Casablanca qui n’a pas ménagé ses efforts pour les soutenir dans leurs légitime combat pour un logement de dignité. Le camarade Abounasr a assuré avec succès la direction/la modération de ces deux meetings.
REMARQUES :
- Contrairement à ce qu’on constatait auparavant ( les militant-es « intellectuel-les » constituaient plus de 95%), dans les meetings de dimanches 21 mars, le pourcentage de ce type de militant-es n’a pas pu dépasser 5 %.
- Des jeunes militant-es de diverses sensibilités marxistes étaient présent-es, et avaient contribué au succès de cette journée de résistance en gardant leur sang froid, en scandant les slogans fixés par les organisateurs, en évitant la surenchère politicienne. Bravo militant-es ! ; 
– Si les habitant-es des bidonvilles, avaient constitué indiscutablement la majorité des protestataires, d’autres couches sociales victimes de l’arbitraire étaient présentes : les habitants du quartier de l’aéroport … et surtout les veuve des policiers , et les policiers retraités. Ils étaient là avec nombreuses banderoles. On sait qu’au Maroc les officiers, même retraités occupent toujours des logements de fonction. Les corrompus s’achetaient des maisons, sinon de somptueuses villas. Les simples soldats, les simples policiers, les simples mokhaznis sont jetés à la rue une fois que l’Etat n’a plus besoin de leurs services. Leur représentant s’adressa ainsi à ceux qui sont toujours en service et qu’on a fait venir pour mater les protestataires : l’intérieur nous jette comme des vauriens après des années de service. Vous serez victimes du même traitement. 
– Les femmes populaires ont constitué plus de 2/3 de la foule
– Les protestataires ont évité de mêler le religion à leur légitime mouvement. Les victimes de l’exclusion luttent depuis des mois pour leurs droits sans jamais scandé un slogan à connotation religieuse. Ils sont victimes des politiques de l’Etat , victimes des pratiques des représentant de l’Etat, ils sont victimes des agissements des « élus » corrompus, victimes des discours démagogiques des partis parlementaires (makhzaniens, islamistes, « socialistes »). Les victimes ont compris que la voie de la lutte ferme des masses populaire, conscientes et organisées est la seule voie du salut. Tout le reste est du pur verbiage. 
La morale de tout cela :
- La « démocratie » de l’Etat makhzanien a fait de nouveau preuve de son caractère de façade . Elle est restée telle qu’on l’a héritée de Hassan II. N’en déplaise à « nos » ex-opposants. Sinon comment expliquer l’interdiction d’une marche pacifique décidée et organisée par des victimes de l’exclusion. Rappelons que le Comité de Suivi a effectué toutes les démarches administratives nécessaires. Comment expliquer l’encerclement du local d’une organisation politique légale ? Comment expliquer la répression physique des mères de foyer qui ne font que réclamer leur dû ?
– La force de la femme n’est pas dans ce qu’elle dit dans les palaces, mais dans ce qu’elle fait sur le terrain de la lutte concrète
– Les Philistins petits bourgeois préfèrent leur grasse matinée de dimanche à la « tumultueuse» solidarité concrète avec les sans-droits.
– « l’enracinement dans les masses populaires » ne peut se faire en dehors de celles-ci, ne peut se faire en dehors de la tourmente des luttes de classe. Les miltant-es se forgent dans le feu de la lutte de classe. Les Khadija Abnaou, Mohammed Abounasr, Saïd Chihab, Abdellatif Adchich…à Casablanca, les Aziz Akkaoui… à Khénifra, les Brahim Ahensal… à Beni Mella, les Fatima Lmmah à Tanger …les centaines d’autres à travers le Maroc, l’ont bien compris. Ils sont le produit et acteurs de cette lutte. Le parti de la classe ouvrière et de l’ensemble des travailleurs ne sera « bâti que sous les feux de l’ennemi », ne sera forgé que dans les braises de la lutte ferme des masses populaires conscientes et organisées. Bravo miltant-es !
Le SOS des sans-logements salubres Casablanca nous interpelle !
Le SOS des ouvriers de Khouribga nous interpelle !
Le cri des militant-es de l’ANDCM nous interpelle de tous les coins du pays !
le SOS des victimes de l’arbitraires nous interpelle de toutes les régions du Maroc !
LA RESISTANCE DES DESHERITE-ES NOUS INTERPELLE !
DECONGELONS NOTRE CONSCIENCE DE PETITS BOURGEOIS !
DONNEURS DE LECONS ET AUTRES DENIGREURS DE DROITE ET DE « GAUCHE », OSEZ PROPOSER D’AUTRES ALTERNATIVES PLUS « FIABLES ».
   Devant le siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI: on ne passe pas
 Devant le siège d'ANNAHJ
 Devant le siège d'ANNAHJ
 Les camardes Mjid Radi (membre du secrétariat national d'ANNAHJ), Saïd Chihab (membre du COMITE DE SUIVI...), Abdellatif adchich (président de la section de l'AMDH et membre du COMITE DE SUIVI)protestent contre l'interdiction de la marche et contre l'encerclement du siège d'annahj
 Victime de la matraque(devant le siège d'ANNAHJ)
 Autre victime de la matraque
  Le petit qui a perdu sa jambe sous les décombres de la "maison " familiale. Le secours public était absent.
 Il est devant le siège d'ANNAHJ, bravant avec son père l'armada makhzanienne.
 Devant le siège d'ANNAHJ
 Devant le siège
 Devant la CDT
 Devant la CDT
 Devant la CDT
 Devant la CDT

mercredi 10 mars 2010

Nezha toujours à l'hôpital

par Ali Fkir, 8/3/2010
Au cours du sit-in organisé le jeudi 4 mars 2010 par les sans-droits de citoyenneté, madame NEZHA (enceinte de 7 mois) a succombé aux conditions de pression exercées par les "forces de l'ordre"sur les victimes des politiques de l'État en protestation. Elle est toujours hospitalisée et les médecins craignent pour le fœtus.

Nezha n'a pas pu participer ainsi aux activités organisées par ses camarades au sein du local d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VD) et au sit-in du 7 mars 2010 devant la Wilaya de Casablanca
   Nezha est du Douar Maallam Ali, hay Essalem.
    Souhaitons prompt rétablissement à NEZHA
    La solidarité nous interpelle
                                          
 
 
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 7 février 2010

Les victimes de la précarité ne peuvent compter que sur elles-mêmes et sur la solidarité des militants

Le mouvement des sans droits s'intensifie
Par Ali Fkir, 7/2/2010
Le local d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie démocratique) ne pouvait pas accueillir tout ce monde. Le comité de suivi du mouvement des sans (ou presque sans) logements, a décidé d'organiser ce rassemblement populaire au local de la CDT, syndicat militant qui n'hésite pas à ouvrir ses portes aux divers contestataires de la politique antipopulaire de l'Etat.
Le lundi, 1er février 2010, les victimes de la précarité ont organisé simultanément 3 sit-in : au centre de Casablanca (devant la préfecture), devant la préfecture de Aïn Sebaâ-Elhay Mohammadi, et à Bernoussi.
Les sit-in ont connu un grand succès grâce à la participation des centaines de citoyens et surtout de citoyennes. Malheureusement, et pour des raisons techniques, nous n'avons pas pu assurer la couverture adéquate.
Donc le samedi 6 février, ces victimes se sont retrouvées au local de la CDT, syndicat militant, dans la grande salle des meetings qui, ainsi que les couloirs étaient archi combles.
Le programme:
- Allocution de l'AMDH, section de Casablanca
- Exposé du camarade Mustapha Brahma centré essentiellement sur les données officielles relatives à la question de l'habitat dans le grand Casablanca (statistiques, projets, besoins...)
- Témoignages des victimes : il fallait être là pour écouter Zineb, Fatima et autres citoyennes étaler devant le public la situation précaire où vivent des centaines de milliers de familles, stigmatiser la politique de l'État dans le domaine de l'habitat. Elles ont posé la question : que vaut la citoyenneté pour quelqu'un qui n'a même pas un mètre carré où se loger ? "il est temps de se débarrasser de la peur et de lutter pour nos légitimes droits" martèlent ces braves citoyennes. Elles sont dans le vrai, ces oratrices. Bravo mesdames!!
Abdelouahab, père de Saâd, le petit qui a perdu sa jambe, a fait couler des larmes à plus d'un en racontant sa descente aux enfers suite à l'amputation de la jambe du petit : Le "logement " s'était écroulé. Pas d'ambulance en vue, Abdelouahab amène, dans des conditions difficiles, le petit Saâd à l'hôpital. Aujourd'hui il a laissé tomber son boulot pour s'occuper de son petit.
- Des questions ont été adressées au camarade Brahma, il a répondu en tant qu'expert dans le domaine de l'habitat.
A la fin, les représentant-es des différents quartiers populaires se sont fixés le rendez-vous prochains au local d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (LA VOIE DEMOCRATIQUE), le mercredi 10 février 2010.
Le dernier N° du journal "ANNAHJ ADDIMOCRATI", qui a réservé une grande place au mouvement des sans droits au logement a été lui aussi présent à ce grand rendez-vous
LA SOLIDARITÉ AVEC LES VICTIMES DES INTEMPÉRIES, AVEC LES VICTIMES DE LA POLITIQUE DE L'ÉTAT, AVEC LES VICTIMES DE LA PRÉCARITÉ, AVEC LES SANS-DROITS AUCUNS...NOUS INTERPELLE.