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lundi 6 juillet 2015

Un livre émouvant d'une immigrée : Salée est L'Eau de L'Amer

Un livre à lire :

Marie-Jo Fressard écrit à Souad Fila sur son livre "Salée est l'eau de l'amer", édition Antidote, Bruxelles, 10€

"Lettre à Souad,

En lisant ton texte magnifique parce que simple et vrai, mais effrayant et salé comme « l’eau de l’amer », un sentiment d’indignation m’oppresse. Pourquoi cette monstrueuse inégalité de chances que la vie nous donne à notre naissance ? Pourquoi toi, Souad, et pas moi ?

Le début de ton histoire et celle de ta famille, que tu racontes avec courage et pudeur, ressemble à celle de toutes les familles d’immigrés : l’arrachement du père marocain qui se rend en Europe pour trouver du travail et fait venir sa famille. Déracinement.

Même très jeune, tu es toujours prête à rendre service. Tu as à peine plus de 10 ans quand tu es prise dans le redoutable engrenage du secret pour aider ton frère qui « se pique », et que tu ne veux pas trahir. « Il a fait de moi sa complice ». Petite fille tu as les gestes d’une maman qui se culpabilise d’aider son enfant qui souffre. Et ta propre enfance est devenue souffrance. Par la fenêtre tu verras ce frère aimé partir, menotté, entre deux gendarmes, avec un dernier regard vers toi.
Tu vas connaitre une à une les prisons de Belgique, pour lui rendre visite et l’assurer de ton soutien affectueux. Tu vas vivre l’angoisse des perquisitions. Et tu comprendras très tôt que la prison n’est pas un remède pour la toxicomanie, elle ne la soigne pas, elle l’aggrave. « Le système carcéral ne cherche plus de solutions, les maillons faibles sont relégués au dernier plan, et le plan, c’est la prison. »

Autre blessure profonde qui, écris-tu, « paralyse tout mon contexte sentimental et affectif », l’échec de ton mariage. Tu as mal en apprenant la double vie de celui qui t’a fait croire au bonheur. Heureusement, il te reste la joie d’avoir tes trois enfants. « Mes enfants sont joyeux, je garde le cap, je leur montre une autre partie de moi : une femme libre, libre de choisir de partir, libre de s’asseoir où elle le désire. »
Les épreuves continuent : une simple intervention au cœur qui devait te permettre un retour rapide parmi les tiens, s’avère être un échec. « Voilà, le diagnostic est tombé : opération à cœur ouvert, la chirurgie devenant le seul et unique recours. » Tu racontes courageusement cette nouvelle galère, ces terribles souffrances, physiques, cette-fois.

Tes dernières pages nous apprennent tes états d’âme, tes avis sur le temps, sur la société, sur la vie, sur ta foi. Le dernier chapitre s’intitule « Espoir » … »

Je me sépare de toi souffrance,
Je te laisse derrière
Je te promets que je clôture chaque petite histoire,
ses grandes blessures.
Je te promets ce jour (…)
que tout deviendra différent
car je suis la principale concernée,
car je suis le sujet de mon verbe
Car j’aime mes enfants, et encore quelques personnes….

Un beau livre écrit en poésie de la vérité."

Marie-Jo Fressard, Solidarité Maroc 05, http://solidmar.blogspot.fr

 

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