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vendredi 15 janvier 2016

LDH 25 janvier :« État d’urgence / Urgence des droits : Au nom de la sécurité, menaces sur les libertés et l’égalité ».


   
Ali Dabaj, 13/1/2016

Les sections parisiennes de la Ligue des droits de l’Homme organisent une réunion publique intitulée : « État d’urgence / Urgence des droits : Au nom de la sécurité, menaces sur les libertés et l’égalité ».

Après les attentats de 2015, faut-il sacrifier des libertés fondamentales, mettre la démocratie en danger ? Faut-il inscrire l’état d’urgence dans la Constitution ? Instaurer la déchéance de nationalité pour les binationaux et renier un des principes de la République ? Faut-il aggraver encore le dispositif juridique en vigueur, au lieu de traiter les urgences sociales, économiques et environnementales ? 


Avec :
Laurence BLISSON, Secrétaire générale du Syndicat de la magistrature ;
Henri LECLERC, Président d'honneur de la Ligue des droits de l’Homme ;
Françoise DUMONT, Présidente de la Ligue des droits de l’Homme ;
Alain RENON, journaliste, animera le débat.

Lundi 25 janvier à 19h30
 au Théâtre La Reine Blanche,
 2bis passage Ruelle 
Paris 75018.
Par la rue Max Dormoy entre M° La Chapelle et Max Dormoy.

Posez vos questions aux invités avec le hashtag #25janvierstopetatdurgence

Les voeux du Centre Primo Levi




Vous avez été à nos côtés en 2015.
Nous avons besoin de vous en 2016 !
 


Centre Primo Levi
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107 avenue Parmentier
75011 PARIS
T 01 43 14 88 50
www.primolevi.org
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EM : Interdiction de visite, violence et humiliation pour la famille de Salek Laasiri.

APSO, 15 /1/ 2016


Mardi 12 janvier 2016,  la mère, un frère et une sœur du prisonnier politique sahraoui Salek Laasiri se sont présentés à la prison Locale ait Melloul à Agadir, à 400km de chez eux, pour une visite à leur parent.
A l’interdiction de rencontrer Salek se sont ajoutées brutalité, fouille au corps humiliante et insultes raciales par les gardiens de la prison.

Selon Salka Laasiri, qui a accepté de se confier à notre équipe, pendant une heure, trois gardiennes ont obligé sans ménagement sa mère et elle-même à se mettre totalement nues, pour des fouilles allant jusqu’à l’exploration vaginale manuelle, sans question ni explication, mais insultes à caractère racial et crachats.
Cette fouille s’est déroulée devant des gardiens hommes qui ont pris des photos, et des visiteurs.

Après la fouille dégradante, les gardiens ont informé de l’interdiction de la visite.
La mère, Jmaaia, 66 ans, qui n’a pas vu son fils depuis 2 ans, la sœur depuis 3 ans et le frère ainé depuis 17 ans, ont insisté et attendu toute la journée.
Le frère Ali, malgré les insultes et crachats qui lui étaient adressés, a expliqué aux gardiens que sa santé très précaire après plusieurs opérations chirurgicales subies au poumon et foie lui faisait craindre que se soit la dernière fois qu’il puisse visiter son frère, sans que ceux-ci ne lui accordent plus d’attention.
Après la journée d’attente, la famille est repartie chez elle à Tan Tan, au sud du Maroc.
Salka a ajouté qu’elle avait été harcelée et agressée plusieurs fois par les gardiens de la prison de Kénitra alors qu’elle venait rendre visite à son frère lorsqu’il y était.

Le lendemain, mercredi 13 janvier, Jmaaia et Salka ont déposé une plainte devant le procureur du roi du Maroc auprès la cour de Tan Tan, en accusant les gardiennes de viols et harcèlements  sexuels, et les gardiens (les hommes qui ont regardé) d’avoir pris des photos, de les avoir frappées, couvertes de crachats, et expulsées.

Salek Laasiri a 33 ans, il a été arrêté le 13/10/2004 et condamné le 6/12/2005 par la cour martiale à la réclusion à perpétuité, selon le chef d'accusation meurtre d’un officier marocain. Il est maintenant incarcéré à Ait Melloul au Maroc et son numéro d’écrou est le 7533.

Plusieurs tentatives de l’Equipe Média de joindre par téléphone les autorités de prison locale d’Ait Melloul et la Haute Délégation des prisons pour avoir des commentaires sur les faits  sont restées sans interlocuteurs.

Quant à elle, la ligue pour la protection des prisonniers sahraouis a dénoncé fortement le harcèlement subi par la famille Laasiri, le considérant comme un acte raciste contraire à toutes les affirmations officielles marocaines.

Equipe Média, El Aaiun occupée, Sahara Occidental
Le 15 janvier 2016


Rappel : Urgent ! Une pétition internationale a été lancée et sera transmise à l’ONU “Référendum maintenant au Sahara occidental !”


Une pétition, initiée par les comités suisses de soutien au peuple sahraoui, a été lancée le 1er janvier à l’échelle européenne, voire mondiale, demandant au Conseil de sécurité des Nations unies d’organiser le référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui “avant la fin 2017”. 
Dans un appel intitulé “Sahara occidental – Référendum maintenant !”, les promoteurs suisses appellent “toutes les personnes éprises de justice à travers le monde” à signer la pétition et à la faire connaître le plus largement possible, en précisant que la récolte de signatures se fera du 1er janvier au 15 août prochain. Coïncidant avec le 40e anniversaire de la République sahraouie (RASD), cette pétition avec toutes les signatures récoltées sur internet (consulter le site www.westernsahara-referendum.org) sera remise à l’instance onusienne en septembre 2016, “avant la session de la Commission de décolonisation”.
Dans leur lettre aux “amis du peuple sahraoui”, ils estiment “qu’il est grand temps pour l’ONU de passer aux actes”. “Depuis 1965 et jusqu’à ce jour, l’ONU affirme le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, sans que ces déclarations ne soient transformées en actions concrètes”, écrivent-ils, notant que la décolonisation du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, doit enfin être réalisée “sans tarder, selon les règles que l’ONU elle-même a fixées”. Dans un autre document explicitant les “raisons” du lancement de la pétition, il est souligné que depuis 1963, le Sahara occidental figure sur “la liste onusienne des territoires non autonomes”.
Il est également rappelé l’avis juridique de la Cour internationale de La Haye (octobre 1975), constatant “qu’il existe une population autochtone au Sahara occidental et qu’il n’existe aucun lien juridique de souveraineté territoriale du royaume du Maroc sur le Sahara occidental”. Par ailleurs, il est fait mention de l’occupation “illégale” du territoire sahraoui et du dérapage de l’Espagne qui a négligé “son devoir de décolonisation”.
L’entêtement du Maroc s’est poursuivi, même après son acceptation du Plan de paix de 1991. Et alors que les Sahraouis sont maintenus dans les situations de privations et de violations des droits humains, le royaume du Maroc, “en violation de la 1re Convention de Genève”, a procédé au peuplement du territoire et “exploite les richesses naturelles à son propre profit, avec la complicité d’entreprises multinationales”.
H. Ameyar

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Sahara Occidental : comment négocier l’« inacceptable » ?

Par Santiago Fischer, Commission Justice et Paix Belgique francophone , 13/1/2016

 Au Sahara Occidental, le peuple lutte depuis plus de 40 ans pour obtenir son indépendance. Au terme de 16 années de guerre, un accord de cessez-le-feu avait pourtant été signé en 1991 entre les deux parties, en vue de mettre en place un référendum d’autodétermination. Mais le Maroc bloque encore sa mise en place ce qui explique que le peuple sahraoui continue toujours de lutter pour son indépendance, sous occupation et dans l’exil.
Récemment, de nombreux rapports d’organisations des Droits de l’Homme tels qu’Amnesty International et Human Right Watch ont alerté les médias et les décideurs politiques sur une intensification des violations des droits de l’Homme au Maroc ainsi que dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Ce sont des centaines de cas de torture, de discrimination et d’arrestations arbitraires qui sont répertoriés. Il est important de signaler que la MINURSO est la seule mission des Nations Unies qui n’a pas, dans son mandat, la protection des droits de l’Homme. En effet, la mission avait été déployée pour surveiller le cessez-le-feu et mettre en place le référendum d’autodétermination.
La situation s’est pourtant prolongée et les violations des droits de l’Homme à l’encontre des sahraouis sont quotidiennes et multiples. Depuis plusieurs années, des réseaux de solidarité se mobilisent en vue d’obtenir du Conseil de Sécurité des Nations Unies l’extension du mandat. Cependant, le Maroc compte sur le soutien des pays présents au sein même du Conseil afin d’empêcher l’extension de celui-ci.

Pour les enfants marocains en situation précaire, un beau projet : les 4L Solidaires de l'IGR

Trophées campus 2015-2016

Les 4L Solidaires de l'IGR participe aux Trophées Campus organisés par le site Jactiv, en partenariat avec la Caisse d'Epargne Bretagne - Pays de Loire.

Qui ?

Les 4L Solidaires de l’IGR (Institut de gestion de Rennes) est une association étudiante (20 membres) existant depuis 11 ans.

Quoi ?

La participation au 4L Trophy et « Ensemble Pour le Maroc » : fondée sur des valeurs humaines telles que l’entraide, le partage et la solidarité, ces-derniers consistent à soutenir des populations dans le besoin. Tout au long de l’année universitaire, leur mission consiste à effectuer un certain nombre de démarches et d’actions qui financeront ces deux projets représentant l’aboutissement de nos ambitions. De plus, les évènements et actions menés par l’association permettent de faire vivre la vie associative au sein de l’IGR, un des IAE de France les plus actifs dans ce domaine. Durant cet échange d’environ une semaine, l'objectif est d’apporter aux enfants de la structure des ressources matérielles ainsi que des ressources humaines. Le second projet est la participation au 4L Trophy : un raid en 4L visant à apporter des fournitures scolaires à des enfants vivant dans les régions les plus reculées du Maroc.

Objectifs ?

L'association se compose de deux projets: Le premier projet intitulé « Ensemble pour le Maroc » vise à soutenir une association marocaine venant en aide aux populations en difficulté. Pour la troisième année consécutive, l'équipe souhaite être auprès de l’association marocaine AMESIP (Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire) venant en aide aux enfants des rues, âgés de 5 à 18 ans et ayant des liens distendus voire inexistants avec leur famille. Une dizaine de centres d’accueil à travers tout le territoire marocain permettent aux enfants de grandir dans un milieu stable et éducatif, en suivant des cours d’arabe et de français notamment. L'objectif pour cette année est de porter les couleurs de l’IGR et du réseau IAE pour participer à la 18ème édition du raid, mais également de collecter un maximum de fournitures scolaires grâce à notre recherche auprès de particuliers et de sponsors afin de venir en aide à ces écoliers.

Où, quand ?

L’aboutissement principal de ce partenariat avec AMESIP se traduit par le déplacement de 11 membres de l’association fin avril 2015 à Rabat au Maroc dans l’un des centres, celui-ci restant encore à déterminer.

Public visé ?

Le projet vise principalement les enfants marocains des rues âgés de 15 à 18 ans et ayant des liens distendus voire inexistants avec leur famille.

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  A lire aussi

Les binationaux à la lumière d’Ali Aarrass, 30 janvier 14h, Vaartkapoen BXL




Latuff-Ali-Aarrass
 Le Comité Free Ali organise cet événément afin d’eclairer toutes les personnes intréressées sur la thématique « les binationaux ».
A travers l’affaire Ali Aarrass, la lumière est faite sur des inégalités touchant ces derniers et il nous a paru très important d’informer nos réseaux à bien connaitre le sujet.

Programme :
Intervention de :

* Zakia Khattabi, co-présidente du parti Ecolo, qui en tant que députée a géré l’instruction d’un dossier sur les binationaux.

* Luk Vervaet, ex-enseignant dans les prisons et auteur de livres dont « Guantanamo chez nous ? », nous parlera de la déchéance de nationalité dans le cadre de la lutte antiterroriste.

* Farida Aarrass, sœur du binational Ali Aarrass, nous donnera des nouvelles de ce dernier et nous fera un compte rendu de sa situation qui se veut toujours aussi inquiétante.

* Leïla Lahssaini, avocat, membre du PROGRESS Lawyers Network, auteur de l’article : « Quelle protection pour les double-nationaux en Belgique ? Réflexions sur l’affaire Ali Aarrass », (Revue belge de droit international 2012/2). 

****************************************
– Présence d’artistes engagés, militant pour les droits de l’homme.
– Diffusion – Débat – Des surprises
PAF : 5 euros
Possibilité de se restaurer sur place à des prix très abordables. Toutes des préparations culinaires faites maison ! Les bénéfices permettront de s’acquitter des frais de justice et autres frais de Campagne pour la libération d’Ali Aarrass.

 http://www.freeali.euhttp://www.freeali.eu/videos-des-artistes-a-laffiche-de-levenement-les-binationaux-a-la-lumiere-dali-aarrass-30-janvier-14h-vaartkapoen-bxl//videos-des-artistes-a-laffiche-de-levenement-les-binationaux-a-la-lumiere-dali-aarrass-30-janvier-14h-vaartkapoen-bxl/
BD Ali Aarrass Lors de cet événement on y mettra en vente 50 bandes dessinées de Manu Scordia. Pensez à vous la procurer pour la modique somme de 5 euros. Il s’agit de la première partie qui s’intitule « Ma vie d’avant ».
lettre à ali aarrass Livre d’or pour Ali Aarrass : tout le monde qui le souhaite écrit un petit mot pour Ali Aarrass, qui lui sera envoyé par la suite.
Où ?  De Vaartkapoen Rue de l’Ecole 76, 1080 Molenbeek, Bruxelles, 
Quand ? Samedi 30 janvier à 14 heures
Facebook event

jeudi 14 janvier 2016

Il est temps d’apprendre de son histoire

Le 23 octobre, la Hongrie se soulevait contre l’occupant soviétiques. Très vite, plus de 200 000 Hongrois ont dû fuir leur pays. Aujourd’hui, ce pays ferme ses frontières aux réfugiés. Il est temps d’apprendre de son histoire et de gérer 

Abdellatif Laâbi : La poésie en réponse à la barbarie

La Grande table (1ère partie)

Syndiquer le contenu par Caroline Broué Le site de l'émission
du lundi au vendredi de 12h à 12h30 Durée moyenne : 27 minutes
28 minutes
Emission La Grande Table (1ère partie)Ecoutez l'émission

6/1/2016

Près d’un an après la publication du poème J'atteste : contre la barbarie écrit en  réponse aux tueries de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, le grand poète marocain Abdellatif Laâbi nous présente une nouvelle version illustrée et commentée, ainsi qu'un second ouvrage couvrant plus de vingt ans de création poétique engagée : L'Arbre à poèmes.


Abdellatif Laâbi Victor Lerena © Maxppp

« Aujourd’hui je n’ai pas encore les mots à mettre sur ma propre blessure, ma propre douleur d’avoir vécu cela de mon vivant » - Abdellatif Laâbi

Grande figure de l'engagement et du renouveau culturel marocain dans les années 1960-70, le poète et romancier marocain Abdellatif Laâbi, fondateur de la revue Souffles , nous présente deux livres lumineux, empreints de valeurs humanistes pour faire face à la violence et aux intégrismes. D'une part un album de quarante pages publié chez Rue du Monde, J'atteste : contre la barbarie, qui joint au poème initial des illustrations de Zaü ainsi qu'un dossier pédagogique rédigé par Alain Serres. De l'autre, un recueil sorti dans la collection poésie chez Gallimard proposant une vue d'ensemble de l'œuvre tardive de l’artiste, L'arbre à poèmes (1992-2012).


« Essayons de voir qu’aujourd’hui les tragédies que nous sommes en train de vivre nous sont communes et donc les réponses aussi peuvent être communes » - Abdellatif Laâbi

Sons diffusés :


- Archive INA France Inter 06 10 07 – Mahmoud Darwich
- Interview de Souleïman Bencheikh par Clémence Mary
- Driss El Maloumi et Nazia Meftah – « L’automne promet » (extrait du CD « l’œil du cœur »)



Cliquez ici pour accéder au site officiel d'Abdellatif Laâbi, et ici pour suivre sa page facebook.

Retrouvez ici la seconde partie de l’émission pour un entretien avec le cinéaste roumain Alexander Nanău à l'occasion de la sortie de son documentaire Toto et ses sœurs.



Le gouvernement menace de décréter une année blanche, les enseignants stagiaires risquent de tout perdre

Le gouvernement menace de décréter une année blanche, les enseignants stagiaires risquent de tout perdre
Le gouvernement menace de décréter une année blanche, les enseignants stagiaires risquent de tout perdre
 (Photo AIC press)
 
Le gouvernement va annoncer "incessamment" une date butoir, au-delà de laquelle il décrètera une année blanche pour les enseignants-stagiaires, s’il n’y a pas de reprise des cours.
Médias 24 apprend de source autorisée que le gouvernement s’apprête à faire deux annonces simultanées et importantes concernant le dossier des enseignants stagiaires:

1-annoncer une date-limite assez proche, au-delà de laquelle une année blanche sera décrétée officiellement. Le gouvernement considère que si cette date est dépassée sans reprise des cours, la formation ne pourra jamais être complète.
Si c’est le cas, il va sans dire que les étudiants concernés perdront tout bénéfice du concours, ainsi que tout espoir de recrutement.
2-annoncer que les 3.000 enseignants stagiaires qui ne seront pas recrutés à l’issue de leur formation pourront se représenter au concours l’année prochaine. Le gouvernement est prêt à fournir un certain nombre d’assurances pour aider les 3.000 et à titre exceptionnel, à trouver des débouchés.
Une fois la date butoir annoncée, il va sans dire que le gouvernement aura atteint dans ce bras-de-fer, le point de non-retour. Il ne pourra plus revenir en arrière.
Chacun des deux protagonistes semble camper sur ses positions. D'un côté, les stagiaires réclament le retrait des deux décrets qui séparent la formation du recrutement et qui réduisent le montant de la bourse accordée, de l'autre, le chef de l'Exécutif jure de les maintenir.
Depuis plusieurs semaines, quelque 10.000 enseignants stagiaires, soutenus par les syndicats, manifestent pour réclamer l'accès direct à la fonction publique, sans formalité de concours. Et pour cause, le décret 2-15-588 prévoit que seuls les plus méritants pourront accéder à la fonction publique, au terme d'un ultime concours.
Concrètement, l’État prévoit de n'engager que 70% des candidats. Les personnes qui n'auront pas été retenues devront donc naturellement se diriger vers le secteur privé.
Bien qu'ils aient été informés du changement de conditions d'accès à la fonction publique, les enseignants stagiaires ont passé le concours d'accès aux centres de formation les 12 et 13 septembre. A cette date, les décrets n'étaient pas encore publiés dans le Bulletin officiel. En d'autres termes, c'est le décret de février 2012 qui, selon les concernés, devrait être appliqué, leur permettant l'accès direct à la fonction publique dès la sortie des centres de formation qualifiants.
Par ailleurs, le montant et la nature de la mensualité attribuée aux enseignants en formation est ramené de 2.450 dirhams (salaire minimum) à 1.200 DH. Cette somme est considérée par le nouveau décret comme bourse, et non plus comme salaire.
Face à cette situation, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, se montre ferme. "Cette situation ne ressemble pas à celle des étudiants en médecine. C'était un simple projet. Là, ce sont des décrets signés. Nous ne reculerons pas, sous aucun prétexte", a déclaré Abdelilah Benkirane, joint par Médias 24.
Et d'ajouter: "S'ils persistent dans la grève, une année blanche va être officiellement déclarée et ils perdront une chance d'être intégrés dans la fonction publique", tout en regrettant de constater, selon ses propos, que les enseignants stagiaires sont manipulés et leur dossier instrumentalisé. 
"Nous allons persister dans le même système, nous n'allons pas nous contenter de former 10.000 mais bien davantage, jusqu'à 20.000 ou 25.000. Et nous ne recruterons que les plus méritants, les autres auront gagné une formation", promet le chef de l’Exécutif.

Attac CADTM Maroc : Élargissons la solidarité avec la lutte des enseignant.es stagiaires jusqu’à la victoire !


Attac CADTM Maroc : Élargissons la solidarité avec la lutte des enseignant.es stagiaires jusqu’à la victoire !

Attac CADTM Maroc : Élargissons la solidarité avec la lutte des enseignant.es stagiaires jusqu’à la victoire !

Après plus de deux mois de lutte, et diverses formes de mobilisations : grèves, sit-in, marches, manifestations locales, régionales et nationales, les enseignant.es stagiaires des centres régionaux d’Education et de Formation, le bras de fer se poursuit contre  les réformes décrétées et pour la défense de l’enseignement publique .

Le mardi 5 janvier 2016 a marqué une étape importante avec l’appel des fonctionnaires, enseignants et agents de la fonction publique à soutenir la lutte des enseignant.es stagiaires et répondu massivement en portant un brassard rouge … La réponse de l’état n’ était que l’arrestation de Abderahmane Karoumi, militant de la coordination de Beni Mellal…qui a été libéré après .
Alors que les enseignant.es stagiaires répondaient à l’appel du mouvement à des manifestations nationales ce jeudi 7 janvier 2016, ils ont été réprimés, violemment tabassés à Inezgane, Casablanca, Marrakech, Tanger , faisant plusieurs blessés graves, parmi lesquels plusieurs miltant.es d’Attac Maroc
C’est ainsi que nos libéraux, fidèles aux programmes des Institutions Financières Internationales, en sacrifiant la lutte des enseignants stagiaires, montrent leur vrai visage : une démocratie de façade servant à nous engloutir dans la spirale infernale de l’endettement qui exige plus de démantèlement de secteurs publics, et en finir avec nos acquis sociaux arrachés de haute lutte, telles nos retraites.

Attac Maroc condamne la répression menée par l’Etat marocain pour stopper les luttes menées par le mouvement de la coordination nationale des enseignants stagiaires.

Pour cela, nous affirmons :
-notre solidarité avec les enseignants stagiaires dans leur lutte et saluons leur détermination
nous condamnons toute répression contre toute forme de lutte menée par les enseignants stagiaires dans toutes les villes et centres
-nous appelons à élargir et développer la solidarité nationale et internationale avec cette lutte importante.

Victoire pour les professeurs stagiaires !

Attac Maroc, Secrétariat national

7 janvier 2016

mardi 12 janvier 2016

Zakaria Moumni : un boxeur face au roi du Maroc


Zakaria Moumni : un boxeur face au roi du Maroc

Zakaria et Taline Moumni © Ed. Calmann-Levy
Zakaria et Taline Moumni © Ed. Calmann-Levy
Dans « L’homme qui voulait parler au roi », publié aux éditions Calmann-Lévy en septembre 2015, le boxeur Zakaria Moumni raconte sa descente aux enfers face au pouvoir marocain, sous le règne du roi Mohamed VI. Un récit choc et sans tabou, écrit à quatre mains avec sa femme Taline.

Tout commence comme un conte de fées, comme la beauté du sport le permet parfois. En 1999, Zakaria Moumni représente le Maroc aux championnats du monde de kickboxing de Malte. Pour ce jeune issu d’un quartier populaire de Rabat, seul africain et seul arabe à remporter cette victoire cette année-là, c’est une immense fierté de porter le drapeau de son pays. Mais le sportif déchante lorsqu’il demande l’application d’un décret royal qui lui donne droit- en principe- à un poste de conseiller sportif. De la corrompue Fédération marocaine de kickboxing jusqu’à l’antichambre du roi du Maroc, le jeune homme se heurte à une série d’obstacles… Jusqu’à son enlèvement en 2010 par les services secrets marocains. Des faits qu’il raconte sans fards avec sa femme Taline dans « L’homme qui voulait parler au roi ». Un véritable pavé dans la mare de la dynastie alaouite.

L’envers du décor



L'homme qui voulait parler au roi © Ed. Calmann-LevyL’affaire Zakaria Moumni révèle une facette du Maroc très éloignée des clichés de cartes postales d’Agadir ou d’Essaouira. « Mon image du Maroc c’étaient les palmiers, les vacances à trois heures d’avion de Paris », explique Taline Moumni. Depuis la France, La jeune femme s’est brûlée les ailes en menant le combat pour faire libérer son mari des geôles marocaines. Mis à part certains médias qu’elle a pu mobiliser pour relayer sa cause, les associations de droits de l’Homme comme Human right watch, Amnesty International ou la Fédération internationale des droits de l’Homme ont vite abandonné le dossier. « A aucun moment je n’ai imaginé qu’il puisse encore y avoir en 2010, sous le règne de Mohamed VI, des pratiques de torture, des emprisonnements arbitraires, des procès montés de toute pièce », insiste t-elle.  « Je suis tombée des nues !»

« Tu mourras pauvre ! »

Les ennuis de Zakaria arrivent très tôt. Rapidement écarté de la fédération marocaine de kickboxing qui ne le trouve pas assez « lèche babouche », il parvient, en janvier 2006, à présenter une lettre de doléances au roi. Le lendemain, il rencontre son secrétaire Mounir Majidi au Palais royal de Rabat Touarga. Ce personnage haut placé lui fait une réponse pour le moins surprenante: « Est-ce que tu connais le premier Marocain qui a remporté une médaille d’argent aux JO de 1960 ? Il a vécu toute sa vie pauvre. Il est mort pauvre ». Zakaria est estomaqué: « J’ai répondu: « Je ne suis pas pauvre. Je ne mourrai pas pauvre. Et j’ai juste demandé au roi l’application d’un droit légitime ». Si Mounir Majidi se veut conciliant, le ton change après les relances de Zakaria. « On m’a répondu que Mounir Majidi ne m’a jamais rencontré et qu’il m’interdisait de rappeler sinon j’aurais de sérieux problèmes ! » Quatre ans plus tard, Zakaria rencontre par hasard le roi à Paris. « Il m’a dit que sa porte était ouverte ». Sans réponse, il manifeste seul, le 25 janvier 2010, devant le château de Betz dans l’Oise, la résidence du roi marocain en France. « Les gardes du corps sont venus me voir, énervés. Le plus grave c’est que Majidi m’a menacé de mort: « Tu as de la chance d’être en France. Au Maroc on t’aurait déjà fait la peau ! » Zakaria ne prend pas au sérieux ces menaces. Pour lui, les années de plomb se sont terminées avec le règne d’Hassan II. Et pourtant…

L’enlèvement

Au mois de février, Zakaria qui a déjà été mis en cause une première fois pour « atteinte à la sacralité du roi », retourne au Maroc pour demander l’autorisation de participer aux championnats du monde d’Édimbourg. Et là c’est le drame ! « On m’a conduit à une salle de l’aéroport de Casablanca avec quatre agents du contre espionnage marocain. Ma famille attendait dehors. On m’a confisqué mon téléphone, menotté, bandé les yeux et emmené dans un 4×4 sur le tarmac ». Zakaria se retrouve ligoté, nu, et torturé au centre de Temara, à deux kilomètres seulement de la résidence de Mohamed VI à Rabat : « Ils me répétaient que c’était l’abattoir de sa majesté, qu’on allait me découper, que je ne sortirais que dans des boîtes de conserve. » Lorsqu’il parvient à retirer son bandeau, Zakaria Moumni reconnaît parmi ses bourreaux le directeur du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi. Un personnage que Bernard Cazeneuve avait envisagé de décorer de la légion d’honneur en 2015, avant de se rétracter devant le tollé provoqué par cette affaire.

Des tiques dans la peau

Après une parodie de procès devant un « juge en civil », Zakaria échoue à la prison de Sales Zaki, dans une cellule de 20m2. « J’ai appris plus tard que j’ai été condamné à trois ans de prison ferme pour escroquerie sur deux personnes qui n’ont jamais existé. Mon avocat Abderrahmin Jamai a mandaté un huissier de justice pour rechercher ces soi-disant deux plaignants. Faux noms, fausses adresses. Aucun juge marocain n’a ouvert une enquête sur la torture. C’est pourtant une obligation depuis que le Maroc a signé la Convention des Nations-Unies. »
Pendant ce temps, la mobilisation de Taline fait du bruit grâce à un article paru dans le journal Le Monde. Zakaria est alors transféré pendant huit mois à la prison agricole de Romanni. Un enfer sur terre : « Il y avait soixante détenus dans 40m2 et des milliers de cafards. Les détenus avaient des tiques et des poux dans la peau. Ils avaient perdu toute humanité. C’étaient des morts-vivants. On m’a rasé la tête pour m’humilier. Toutes les peines étaient mélangées: des fous qui auraient dû être dans des hôpitaux psychiatriques, des peines de perpétuité, de six mois, de quinze ans. Des agressions, du viol, des rackets… »

La grâce

Au dehors, la pression internationale finit par payer. « Un émissaire est allée voir Zakaria en prison en se présentant comme l’ami du roi », raconte Taline. « Il voulait que je lève le pied sur les ONG et les médias. Cet homme est venu à Paris pour me faire cesser la mobilisation. Chose que je n’ai pas faite ! »
Finalement, le 4 février 2012, le jour de son anniversaire, Zakaria Moumni est « gracié ». Mais il n’en a pas pour autant fini avec les autorités marocaines. En mars 2013, le couple est invité au Maroc par l’ex-ministre de l’Intérieur Mohand Laenser. Il propose au sportif une « réparation matérielle » pour acheter son silence : un club de boxe à Paris. Du tac au tac Zakaria propose d’appeler le club Mohamed VI ! Devant son absence de « bonne volonté », les méthodes changent: « L’état marocain a fait un sordide chantage avec des photomontages pornographiques pris à notre insu à l’hôtel où on nous avait installés au Maroc. Ce sont des méthodes de voyou qui ne sont pas dignes d’un pays dans lequel le souverain est commandeur des croyants ! »

Notre ami le roi

D’abord confiant vis-à-vis du souverain, Zakaria Moumni l’accuse aujourd’hui d’avoir -à minima- gardé le silence sur son affaire: « A un moment donné, il est difficile de concevoir que le roi, avec la mobilisation, les lettres, les publications, ne puisse pas avoir été au courant », estime Taline.
« Au début je donnais toutes les excuses au roi », poursuit Zakaria. « J’ai eu la confirmation de son directeur du protocole, qui est H24 avec lui, qu’il a bien reçu mes lettres. S’il reste silencieux ça veut dire qu’il cautionne. Hammouchi a même eu une promotion. Il est devenu directeur de la police nationale ! »

Suites judiciaires

Depuis, le couple essaie de se reconstruire tant bien que mal: « A aucun moment on n’a réussi à sortir de cette affaire. Elle est dans notre vie au quotidien », avoue Taline. « On est la cible d’un acharnement judiciaire. Le Royaume du Maroc a porté plainte six fois pour diffamation contre nous. Il n’y a aucun contre-argument de leur part sur la torture et l’emprisonnement arbitraire de Zakaria. Ce sont des procès sur des propos qu’on a tenus à la télévision dans le cadre de la promotion du livre. C’est complètement kafkaien ! Il y a aussi le harcèlement moral, les menaces physiques…. »
Le 28 mars 2015, suite à une plainte déposée contre Abdellatif Hammouchi pour torture au pôle spécialisé crimes de guerre, crimes contre l’humanité du Tribunal de grande instance de Paris, le Parquet a conclu que la justice marocaine devait faire son travail. Dans le cas contraire, la justice française doit prendre le relais: « Si Hammouchi était jugé, ça changerait peut-être beaucoup de choses», insiste Zakaria Moumni. Comme les subalternes voient que leur chef est protégé, ils se sentent intouchables. »
Zakaria Moumni ©TV5
Zakaria Moumni ©TV5

Passeport déchiré

En octobre 2015, lors d’une émission à TV5 Monde, Zakaria Moumni déchire son passeport marocain en direct. Un geste qui fait scandale. Zakaria assure ne pas l’avoir fait contre son peuple mais contre un système qu’il dénonce: « Je ne veux pas être lié à un pays qui continue à torturer ses citoyens ! »martèle t-il. « Je suis solidaire des autres victimes de torture qui ne peuvent pas saisir la justice. Dans le livre, je cite le cas de deux jeunes qui ont été enlevés. La justice marocaine les a poursuivis parce qu’ils ont osé parler de leur enlèvement et de leur torture. Il y a quelques mois, un jeune Marocain est mort sous la torture dans un commissariat de Casablanca. Un autre a été torturé et humilié avec un bâton à Fès par trois policiers». En attendant, malgré les alertes internationales, le gouvernement continue de nier l’existence de Temara. « A l’époque de Tazmamart, ils ont dû attendre la mort d’Hassan II », rappelle Zakaria. « Pour Temara, ils vont attendre la mort de Mohamed VI. Faudra t-il attendre le règne d’Hassan III ou d’un autre pour que la torture cesse ? ». Aujourd’hui, Zakaria Moumni a la nationalité française. Symboliquement, il a demandé la déchéance de sa nationalité marocaine. Problème: Seul le roi peut l’accorder. A ce jour, Zakaria Moumni n’a pas obtenu de réponse.

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Julien Le GrosJulien Le Gros est un journaliste indépendant, spécialisé sur les cultures d'Afrique. Il a notamment écrit pour Jazzman - Jazz magazine, Afriscope, Mondomix... mais aussi sur Internet avec Africultures, Mondafrique, Tribune 2 l'artiste, International Hip Hop. Il a fait des reportages au Kenya, Cameroun, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Sénégal et récemment en Guinée Conakry sur le virus Ebola.