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lundi 22 août 2016

Torture : le Centre Primo-Levi répare les survivants

«Quand une personne a perdu un bras, on le voit. Quelqu’un de torturé a l’air d’aller bien.»
«Je préfère qu’on me tire une balle dans la tête plutôt qu’on me dise de ne pas parler. Il y a des médicaments pour les maladies. Quand on est torturé, RACONTER CE QUI S'EST PASSÉ EST LE SEUL MÉDICAMENT»
Zakaria Moumni
Unique en France, cette association parisienne aide les exilés victimes de torture à reconstruire leur vie. Une tâche d’autant plus ardue que les conditions de vie matérielles des migrants se dégradent.
liberation.fr

vendredi 15 janvier 2016

Les voeux du Centre Primo Levi




Vous avez été à nos côtés en 2015.
Nous avons besoin de vous en 2016 !
 


Centre Primo Levi
Association loi 1901 reconnue d’intérêt général habilitée à recevoir des dons.
107 avenue Parmentier
75011 PARIS
T 01 43 14 88 50
www.primolevi.org
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vendredi 27 février 2015

L’ACAT poursuivie par le Maroc

Par : Centre Primo Levi, 27/2/2015

Poursuivie par la justice marocaine pour avoir déposé des plaintes concernant des cas de torture dans ce pays, l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la torture (ACAT) explique sa position dans ce communiqué du 27 février 2015. Le Centre Primo Levi, dont l'ACAT est membre fondateur, exprime son soutien et son indignation face à cette situation.

Sur quels motifs ACAT est-elle convoquée par la justice marocaine ? Qui a déposé plainte ? Les victimes de torture soutenues par l’ACAT font elles aussi l’objet de plaintes ?

Le représentant légal de l’ACAT est convoqué le 26 février au tribunal de grande instance de Rabat dans le cadre de l’instruction d’une plainte déposée par le ministre de l’Intérieur pour diffamation, dénonciation calomnieuse, outrage envers les corps constitués, utilisation de la manœuvre et de la fraude pour inciter à faire de faux témoignages, complicité et injure publique. Adil Lamtalsi et Naâma Asfari, deux victimes qui ont porté plainte pour torture, sont aussi visés par la plainte du ministre de l’Intérieur marocain et poursuivis en justice pour des délits similaires. L’ACAT, en tant que personne morale, peut être condamnée à une amende et à verser des dommages et intérêts. Adil Lamtalsi et Naâma Asfari, eux, encourent en plus des peines pécuniaires, des peines pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison ferme. Des peines pour avoir osé porter plainte pour torture.

L’ACAT s’est-elle présentée à la justice marocaine ?

Nous avons décidé de ne pas envoyer le représentant légal de l’ACAT au Maroc, pour deux raisons. D'une part nous considérons que cette procédure est inique en ce qu'elle vise à dissuader les victimes de porter plainte et à punir les associations qui les soutiennent; d'autre part, malgré les dispositions impératives du code pénal marocain qui empêchent le placement en détention provisoire du représentant d’une personne morale, pour les faits reprochés à cette dernière, l’évidente partialité de la justice marocaine dans cette affaire ne permet pas d’exclure un placement en détention du représentant légal de l'ACAT.

L’ACAT a toutefois choisi de se faire représenter, au-delà de son conseil habituel, par un avocat marocain dans le cadre de cette plainte afin de pouvoir défendre au mieux les victimes de tortures, qui sont elles aussi poursuivies.

http://www.primolevi.org/actualites/lacat-poursuivie-par-le-maroc.html

http://www.acatfrance.fr/communique-de-presse/plaintes-pour-torture-et-convocation-de-lacat-par-la-justice-marocaine
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 Le 20 heures : Le Maroc ose critiquer le rapport d'Amnesty sur la torture au Maroc !
  Le rapport d’Amnesty ne reflète pas la réalité 

"Ce rapport est injuste. Il ne reflète pas la réalité car il ne reconnaît pas le processus de consolidation des libertés engagé par le Maroc. Nous sommes dans une tendance générale au progrès", a déclaré le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi. En effet, le rapport d'Amnesty affirme que la torture est toujours pratiquée au Maroc. Or El Khalfi prend soin de rappeler que le Maroc a ratifié le protocole facultatif relatif à la convention internationale de lutte contre la torture et qu’il a également mis en place un mécanisme permettant d'ouvrir des enquêtes sur les allégations de torture.Selon le ministre, il existe encore des défis à relever, mais il faut reconnaitre que le Maroc avance d'un pas sûr.

samedi 15 mars 2014

Vivre après la TORTURE : Centre Primo Levi : la Course des Héros :


Plus que 4 mois
avant la Course des Héros :
n'attendez plus pour rejoindre l'équipe ! 
Chers amis,

La Course des Héros approche, or n'oubliez pas qu'il faut collecter 250€ auprès de son entourage pour valider son inscription : ne tardez donc pas à vous lancer !

L'année dernière, l'un de nos coureurs a collecté 1 430 € à lui tout seul. Vous aussi, vous pouvez le faire : rejoignez Sophie, Antoine, Laetitia, Brad, Eric, Catherine et les autres qui se sont déjà inscrits !

Pas besoin d'entraînement intensif pour participer : c'est un petit parcours de 6 km entre les arbres du Parc de Saint Cloud, que vous pouvez faire à votre rythme et avec le moyen de transport de votre choix (pieds, vélo, trotinette...).

Je vous rappelle que les dons sont tous déductibles fiscalement (un don de 20€ coûte en fait seulement 5€ à la personne qui donne). 

Et surtout, si vous avez la moindre question, n’oubliez pas : contactez-moi, je vous accompagnerai pas à pas. 
Joséphine Vuillard
Responsable fonds privés- Centre Primo Levi
 jvuillard@primolevi.org / 01 43 14 88 52


vendredi 7 mars 2014

Centre Primo Levi : Les femmes premières victimes de la violence politique

  Célébrée le 8 mars  (officiellement depuis 1982 en France), la Journée internationale de la femme trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis : elles réclamaient alors de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Un siècle plus tard, les femmes continuent à travers le monde de revendiquer leurs droits les plus élémentaires : respect de leur intégrité physique, sécurité, reconnaissance par la justice des violences qu’elles subissent.

Premières victimes de la violence politique, les femmes sont visées en tant que femmes et la nature des actes perpétrés contre elles présente certaines particularités. Ainsi par exemple, les atteindre, dans leur rôle de mères, de piliers du tissu social, c’est menacer l’existence même d’une communauté. C’est pourquoi les femmes sont davantage concernées par les violences sexuelles. Le contrôle de leur capacité à enfanter est même devenue une arme de guerre, comme ce fut le cas en ex-Yougoslavie ou durant le génocide rwandais hier, et comme c’est le cas en Syrie aujourd’hui.
Les conséquences de ces pratiques inhumaines pour les femmes sont à la fois physiques, psychologiques et sociales : grossesses non désirées (pouvant provoquer des avortements non médicalisés, voire des suicides), exclusion de leur communauté, contamination notamment par le virus VIH, qui s’ajoutent aux traumatismes générés par un contexte de guerre ou de persécution politique. Des répercussions d’autant plus graves que les femmes ont tendance à ne pas parler de ce qu’elles ont subi, de peur d’être rejetées ou de ne pas être entendues par une justice qui laisse souvent ces crimes impunis.
Par ailleurs, lorsque ces femmes, acculées à tout quitter pour protéger leur vie ou celle de leurs enfants, entreprennent la quête d’une terre d’accueil, on constate que leur parcours d’exil, une expérience en soi douloureuse, est semé de difficultés supplémentaires. Du fait d’être femmes et isolées, elles sont davantage exposées à la violence des hommes qui profitent de leur vulnérabilité. C'est dans ce  contexte que le Centre Primo Levi accueille un nombre croissant de femmes victimes de violences. Depuis 2012, la courbe s’est même inversée : 53% des nouveaux patients adultes reçus au centre étaient des femmes, contre 50% en 2013.

 http://www.primolevi.org/les-femmes-premieres-victimes-de-la-violence-politique

mardi 11 février 2014

Journée Internationale des enfants soldats : La prise en charge des enfants soldats au Centre Primo Levi


Garçon sérieuxNous y revenons ici à travers l’interview d’Eric Sandlarz, psychanalyste psychologue clinicien au Centre Primo Levi

De quels pays sont originaires les enfants soldats qui ont été suivis au Centre Primo Levi et quel a été leur vécu ?
Les enfants que j’ai suivis étaient originaires de pays en guerre comme la Sierra Leone, l’Angola, le Liberia, avec souvent un aspect de guerre civile. Ainsi, les enfants soldats sont contraints à attaquer leurs voisins, les personnes de leur entourage proche, leur famille. Le cœur de ce qui fonde leurs liens sociaux est détruit. Instrumentalisés, ils sont réduits à des « objets tueurs ». Leur parcours pour arriver jusqu’à nous est semé d’embûches qui les entretiennent dans les séquelles traumatiques de ce qu’ils ont subi.
Dans leur très grande majorité, ces enfants ont été victimes de violences. Pour les envoyer au combat, on leur donne aussi toutes sortes de drogues et de l’alcool. Ils sont anesthésiés. Entretenus dans des croyances animistes, aussi. Beaucoup d’entre eux ont un grigri sensé les rendre immortels. Certains sont également  amenés à abandonner leur nom et sont renommés par un surnom au sein de leur groupe de combattants. Ce qui scelle leur nouvelle appartenance, les coupant de leurs origines, de toute référence au passé.

Qu’est-ce qui vous a frappé lors de la première rencontre ?
C’est avant tout leur regard qui m’a saisi : un regard de pierre, sans fond, qu’il est difficile d’atteindre. Parfois, leur corps semble épuisé. Très souvent ces enfants souffrent d’insomnies. Ils ont été profondément perturbés dans tous leurs rythmes pendant des déplacements incessants et les périodes de combat. Leur croissance s’en trouve bouleversée. On note souvent une difficulté à s’installer dans la rencontre.

Comment se pense la prise en charge ?
Le Centre Primo Levi a pour mandat d’accueillir et de soigner les personnes victimes de la torture et de la violence politique. Jamais les bourreaux.
En ce qui concerne les enfants soldats, la communauté internationale, l’ensemble des ONG et nous-mêmes, au Centre Primo Levi, répondons sans équivoque en plaçant les enfants soldats du côté des victimes. L’expression même « enfants soldats » constitue un oxymore, c'est-à-dire une figure de style qui vise à rapprocher deux termes que leurs sens devraient éloigner, dans une formule en apparence contradictoire. Elle traduit bien en fait la zone grise, la zone d’ambiguïté dans laquelle ces enfants se trouvent au-delà de leur appellation : ni soldats, car il n’y a pas de réaffiliation à des valeurs qui seraient celles de l’armée, conçues pour et par les adultes ; ni enfants, car il va sans dire que leur enfance leur a été volée.

« Ni soldats, car il n’y a pas de réaffiliation à des valeurs qui seraient celles de l’armée, conçues pour et par les adultes ; ni enfants, car il va sans dire que leur enfance leur a été volée. »

Les violences qu’ils ont vécues sont de l’ordre de pratiques dés- identificatoires ou dés- affiliantes qui leur font perdre tous les repères symboliques qui fondent une société. Il s’agit pour nous, au Centre Primo Levi, de renouer avec les repères enfouis. Après un temps de reconnaissance nécessaire de leur situation de victimes, nous nous efforçons de retrouver le sujet, au-delà des horreurs vécues et commises. Nous tentons de leur faire retrouver le chemin de la parole.
Un enfant soldat est en permanence dans le clivage. Une partie de son être est dans la guerre. L’autre partie est présente ici. Quand le clivage cède, il se retrouve comme un bébé abandonné, confronté à la terreur, installé dans l’archaïque. Je me souviens du récit d’un jeune patient qui m’avait raconté qu’un jour, alors qu’il était descendu du bus, arrivé sur le trottoir, il avait vu tout d'un coup des fantômes blancs, des morts vivants enveloppés dans leur linceul. La pensée lui vient alors qu’il doit les accompagner, submergé par une angoisse de dépersonnalisation.
Il s’agit là d’une hallucination qui se produit quand le clivage ne tient plus. Quand il ne fait plus limite entre la réalité subjective et l’environnement, car l’espace interne du patient est tout entier colonisé par des reviviscences traumatiques.  En psychanalyse, nous allons chercher à diminuer ce clivage. Par rapport à ces patients, c’est extrêmement périlleux. Il risque de basculer dans la confusion, de ne plus se sentir localisé psychiquement.
A l’opposé de ce temps princeps du développement de l’enfant constitué par la première identification qui est à un lieu, un lieu psychique. L’illimité triomphe sous le règne d’une jouissance sans frein, le plus souvent autodestructrice.

Concrètement, comment se passe l’orientation et le suivi ?
Certains des enfants soldats suivis au centre étaient adultes au moment de leur prise en charge alors que d’autres étaient mineurs, arrivés la plupart du temps sans famille ni soutien en France. En effet, ces enfants considérés comme des tueurs ont été, dans leur pays,  totalement rejetés par leur entourage. Ils ont ainsi perdu toute inscription sociale, toute référence. Ces jeunes nous sont alors souvent adressés par les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ou des structures d’accueil pour mineurs isolés avec lesquelles nous travaillons.
Dans le cas des enfants soldats, le travail pluridisciplinaire du centre de soins Primo Levi est particulièrement requis. La prise en charge et le suivi se partagent souvent entre psychologue, médecin, assistant social et juriste.
http://www.primolevi.org/la-pratique-pluridisciplinaire/la-prise-en-charge-des-enfants-soldats