Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

mercredi 6 mai 2015

Le Comité de Solidarité Internationaliste - Hérault (CSI - 34 ) apporte son soutien à la première Soirée Internationaliste organisée par le SCALP – No Pasaran 34, lundi 11 mai 2015 à 18h, salle Jean Moulin (Maison des Étudiants, Université Paul Valéry Montpellier) consacrée au Sahara Occidental. Au programme, projection-débat autour du documentaire « Territoire Perdu », de Pierre-Yves Vandeweerd.

Toutes les infos ici : https://scalp34.wordpress.com/2015/04/29/11052015-soiree-internationaliste-1-territoire-perdu-sur-le-sahara-occidental/

Invitation à la Commémoration des massacres de Sétif du 8 Mai 1945 place Gabriel Périà Lyon 3 ème

Chemsy Boumediene a partagé son évènement, 6/5/2015.
Invitation à la Commémoration des massacres du 8 Mai 1945 ou 45000 Algériens ( des hommes ,des femmes et des Enfants ) ont été massacrés sur les villes de Sétif ,de Guelma et de Kherrata ..
Nous devons nous mobiliser pour que cette page sombre de l'histoire soit reconnue,pour que le devoir de Mémoire puisse se faire..
Vendredi 8 mai à 18h 
sur la place Gabriel Péri 
devant la station de métro Guillotière 
à Lyon 3ème..
I

Sahara Occidental: La communauté internationale doit accorder une attention particulière à la situation inacceptable dans les territoires occupés



« La communauté internationale doit accorder une attention particulière à la situation dans les territoires occupés du Sahara occidental", a déclaré l'avocate espagnole Inés Miranda Navarro.
"Nous constatons que la politique et l'action que le Maroc entretient, quotidiennement, avec la population sahraouie du territoire est la violence", a déclaré Mme Miranda, membre de l'Association internationale de Juristes, qui défend les Sahraouis contre la violation systématique des droits de l'homme par le gouvernement du Maroc, dans un interview accordée à l'agence argentine de presse ACTA.
«L'agression est quotidienne: ils s'introduisent dans les écoles, séparent les enfants sahraouis des Marocains, ils frappent les enfants en leur rappelant qu'ils doivent garder une politique de marocanisation pour ne pas être battus. Ils pénètrent dans les maisons, frappent et massacrent, ils enlèvent les jeunes et les femmes, ils les dénudent pour les humilier, dans les maisons et dans les rues ", a-t-elle dit.
Miranda a rappelé que la plainte pour génocide contre le Maroc est maintenue depuis 2007 et à présent, maintenant que de nouvelles fosses communes ont été découvertes et que le processus d'identification des 60 dépouilles qui ont été trouvées est en cours.
«C'est l'Espagne qui doit assumer devant la communauté internationale la défense des droits de l'homme du peuple sahraoui", rappelant que "c'est l'Espagne qui, en tant que responsable directe, devrait agir, qui devrait être la première à condamner la vulnération, la situation à laquelle a été soumis le Sahara Occidental en 1975, avec la signature des accords tripartites de Madrid". SPS



Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.
L'Algérie et Cuba réaffirment le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination L'Algérie et Cuba ont réaffirmé, mardi, leur soutien aux efforts de l'ONU visant à parvenir … Voir

mardi 5 mai 2015

C'est simplement scandaleux!

Par Ali Fkir, 5/5/2015

Ce mardi, 5 avril 2015, elles/ils étaient des dizaines à être là, à être devant la préfecture de Mohammedia. Il suffit d'aller voir les baraques où elles/ils habitent. Il suffit de les voir de près, de les écouter attentivement, pour se rendre compte de leur descente aux enfers terrestres, pour se rendre compte de la profondeur des "bas-fonds" sans issue de la société où elles/ils ont trouvé "refuge". 

A qui la faute?
- Au système politico-économique établi
- Au poids écrasant des valeurs culturelles et sociales dominantes, valeurs qui font de la femme un simple accessoire de l'homme.
- Aux dirigeants de ce pays qui font régner le pouvoir sans partage de la corruption, du clientélisme, de l'intimidation, de la répression....
Tout cela se matérialise dans:
*L'habitat insalubre (l'entassement dans des baraques).
*Absence d'écoles, de dispensaire...
*Chômage structurel
*Objet de pratiques quotidiennes dégradantes de la part des représentants de "la loi" (la loi????!!!hhhh)
....
Aujourd'hui l’État prétend vouloir éradiquer les bidonvilles. Le gouvernement prétend vouloir aider les veuves... blablabla.
LA RÉALITÉ?
-Les veuves, les divorcées n'ont pas le droit de "bénéficier" du logement tant souhaité par les victimes de la précarité, et tant promis par les potentats de l'Etat et leurs appendices locaux
-les jeunes mariés ces dernières années n'ont pas le droit de "bénéficier" du logement tant souhaité et tant promis par les potentats
 Les victimes accusent les autorités locales (caïd, moukadem...)  d'enfoncer le clou pour accentuer (cyniquement) la douleur des victimes. Selon les victimes de l'arbitraire:
* Un caïd aurai dit à une dame âgée qui habite une baraque depuis des décennies (la carte nationale porte l'adresse): nous allons détruire ta baraque et tu n'auras qu'aller chercher asile à la "maison des vieillards" (dar al ajaza). Un intrus va certainement bénéficier du "n°" de la victime. Sa baraque étant recensée.
* Une veuve, très jeune, se voit dire par un caïd, on va mettre tes enfants à l'orphelinat et débrouille toi pour le reste.
* Ceux qui on pu "bénéficier" d'un demi lot se retrouve dans l'obligation de payer pour l'installation d'eau, d'électricité, de payer les "arriérés"(???!!!), l'enregistrement....UNE VÉRITABLE FORTUNE POUR DES SANS-REVENUS. C'est du pur chantage!
* Les distributeurs de lots réservent les "coins"(très appréciés) à des "fantômes", business oblige!, de même qu'il y a des lots non attribués. Les gens se connaissent bien, des intrus se retrouvent parmi les "bénéficiaires".
   Les victimes demandent une commission impartiale pour enquêter sur les pratiques nauséabondes!
L'AMDH, section de Mohammedia est scandalisée par ces pratiques. Elle   écoute les victimes. Elle rend visite aux victimes. Elle ne peut que dénoncer les abus et exprimer sa solidarité avec ces victimes.

                  Ali Fkir, le 5 avril 2015


Fichage des enfants supposés musulmans à Béziers (ce soir sur l'antenne BFM dans l'émission Grand Angle, à 22H).

Procureur de la République de Béziers Yvon Calvet

La justice doit sanctionner cet acte illégal

Hier soir, Robert Ménard, Maire de Béziers, a révélé l’existence d’un fichier recensant les enfants supposés musulmans scolarisés dans sa ville, fichier qu’il a fait réaliser par son équipe.
"Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit, mais on le fait." a-t-il déclaré sur France 2.
Ce que fait Robert Ménard est non seulement une rupture avec les valeurs de la République, mais en plus, c’est illégal.
En France, les statistiques ethniques sont interdites par la loi du 6 janvier 1978*.
Je suis outrée, sidérée et choquée en tant que citoyenne française qui voit que notre droit est piétiné par des élus de la République, qui osent s’en vanter sur des plateaux de télévision.

Mais où-va-t-on ?
Ficher les gens en fonction de leur religion, cela ne vous rappelle rien ? Que compte faire la mairie de ce fichier ? On est en droit de se demander quelle sera la prochaine étape dans ce comptage organisé des enfants musulmans de Béziers. A quand les croissants sur les cartes d’identité des petits Biterrois ? Cela prouve une fois de plus que quand les élus qui défendent les valeurs de l’extrême droite prennent des mairies, ils rompent le pacte républicain.
Qui fait ces comptages ? Les professeurs ? L’Etat civil de la Mairie ?

Ce fichage doit cesser immédiatement et ses responsables doivent être sanctionnés par la loi.
Le procureur de Béziers vient d'ouvrir une enquête préliminaire sur ce fichage. Je lui demande de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé et de faire respecter les lois de notre République en sanctionnant cet acte illégal.
* -« il est interdit de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les options philosophiques, politiques ou religieuses, ou l'appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci ». 
Adressée à
Procureur de la République de Béziers Yvon Calvet
Hier soir, Robert Ménard, Maire de Béziers, a révélé l’existence d’un fichier recensant les enfants supposés musulmans scolarisés dans sa ville, fichier



-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

LICRA : Affaire Robert Ménard 

Alain Jakubowicz sera  interrogé sur l'affaire du fichage des écoliers de Béziers ce soir sur l'antenne BFM dans l'émission Grand Angle, à 22H. 

Le Maire de Béziers, Robert Ménard, vient de s’illustrer par une révélation tout aussi honteuse que révoltante. Selon ses propres déclarations, il existerait dans sa commune un fichier recensant les enfants supposés musulmans de sa ville établi sur la base des prénoms ! 
Cette pratique rappelle incontestablement la politique menée sous le régime de Vichy. La République ne saurait tolérer de tels actes. 
La LICRA rappelle que le fichage ethnique est un délit puni de 5 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. Elle va donc déposer plainte auprès du procureur de la République de Béziers afin qu’il requiert l’application de la loi.

Un président d’un Etat « démocratique » en voyage d'affaire dans le pays des coupeurs de têtes


ob_f436ac_hollande-en-arabie
Un président d’un Etat « démocratique » lors d’un voyage dans le pays des coupeurs de têtes (Photo DR)
Le roi d’Arabie saoudite s’offre 5 têtes sur un plateau
Deux Yéménites, un Tchadien, un Erythréen et un Soudanais, condamnés à mort pour meurtre et vol lors d’un cambriolage, ont été décapités aujourd’hui à Jeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, a annoncé le ministère saoudien de l’Intérieur.
Les Yéménites, Khaled Fetini et Ibrahim Nasser, le Tchadien Hassan Omar, l’Erythréen Salem Idriss et le Soudanais Abdel Wahhab Abdel Maïn, ont été condamnés pour avoir attaqué un commerce, tué un gardien indien, avant de forcer le coffre et de dérober une somme d’argent.
Le Yéménite Ibrahim Nasser a d’autre part participé à un autre vol pendant lequel un gardien a été molesté, a ajouté le ministère.
Ces décapitations portent à 78 le nombre d’exécutions en un peu plus de quatre mois en Arabie saoudite, alors qu’il y en avait eu 87 sur l’ensemble de l’année dernière. L’Arabie saoudite est l’un des pays au monde ayant le plus recours à la peine de mort.
Pour ces cinq desperados, musulmans pour la plupart, personne n’a monté un tintamarre comme celui de l’Indonésie.
Demain avec AFP
Partagez nos articles sur les réseaux !

Un beau sourire, un courage exemplaire !

Cette belle jeune femme Amazigh originaire d'Essaouira .. s'appelle Dalal Rachid ... brillante étudiante à l'université Al Akhwayn à Ifrane ... elle est atteinte de Cancer ... alors, au lieu de se laisser mourir doucement chez elle ... elle a choisi , courageusement, d'ouvrir une page facebook qu'elle a appelé " Smile to fight" ... et déjà 22 000 likes ... elle y raconte avec beaucoup de dignité, son combat contre le cancer ... les péripéties administratives intolérables qu'elle avait vécu ... mais aussi des petits moments de joie ... quand la douleur s'estompes... un exemple de courage et de dignité ...

Je suis ému par son formidable courage ... et je suis sûr qu'elle va finir par vaincre le mal qui ronge son corps ... et que son sourire lumineux aidera beaucoup de femmes qui souffrent, en silence, de cette maladie, à retrouver le gout de la vie !
Merci Dalal pour cette belle leçon de vie...!
voici sa page FB: https://www.facebook.com/pages/Smile-to-fight/735599173224608?sk=timeline

Mohamed VI réaffirme son soutien à la guerre au Yémen


(Photo DR)
(Photo DR)
Après ses vacances aux Seychelles, le roi Mohamed VI a réaffirmé « l’appui » du Maroc à la coalition arabe qui mène la guerre au Yémen, un conflit dans lequel participe le royaume chérifien.
C’était au cours d’une visite en Arabie saoudite dimanche, a indiqué lundi son cabinet.
Lors d’entretiens avec le roi Salmane à Riyad, Mohamed VI a « réaffirmé la solidarité » du Maroc et son « appui aux initiatives » en « faveur de la légitimité au Yémen et pour éviter à la région les répercussions des ingérences étrangères », selon un communiqué du Cabinet royal relayé par l’agence MAP.
Le roi du Maroc a aussi réitéré « la solidarité entière » avec Riyad pour faire face « à toute tentative de nature à menacer la paix et la sécurité dans la région toute entière ».
Rabat participe depuis la fin mars aux opérations militaires de la coalition menée par le royaume sunnite d’Arabie saoudite contre des rebelles chiites au Yémen, soutenus par l’Iran. Ce soutien comprend « la mise à disposition de la coalition des Forces Royales Air stationnées aux Emirats », avaient indiqué les autorités. La presse avait évoqué la participation de six F-16 marocains.
Le Maroc entretient des rapports étroits avec l’Arabie saoudite et plus largement avec les six monarchies arabes de la péninsule membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Le CCG avait proposé en 2011 à Rabat, ainsi qu’à Amman, de rejoindre ce club, resté fermé depuis sa création en 1981. Si cette offre n’a pas abouti, l’organisation a ensuite créé un fonds de cinq milliards de dollars en faveur des deux pays.
Ce qui est assez bizarre dans cette histoire, c’est que quand le général Al-Sissi a déposé le président démocratiquement élu de l’Egypte, Mohamed Morsi, et a massacré une partie de ses suiveurs, quasiment tous des civils, aucun Etat arabe n’a monté une armada en « faveur de la légitimité » politique de ce pays.
Personne non plus n’est venu en aide aux Palestiniens de Gaza quand ils se sont faits massacrer l’année dernière pendant un mois par Israël.
Demain avec AFP

Partagez nos articles sur les réseaux !
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=39

Le “oui mais…” du Conseil de sécurité

Par Larbi Amine , Le Mag, 22/4/2015

Paris : Patrick Ramaël est le juge d’instruction français qui était en charge de l’instruction de la tristement célèbre affaire Ben Barka. Il vient de publier un livre dans lequel il révèle des faits inédits qu’il dit avoir vécu au Maroc, durant sa prise en charge de cette affaire.


    Patrick Ramaël - PH France 3
    Patrick Ramaël - PH France 3


    En effet, le juge Patrick Ramaël sort son livre ‘Hors procédure’, aux éditions Calmann-Lévy, dans lequel il revient sur les dossiers les plus brûlants, dont il était en charge, et dont le plus fameux demeure l’affaire Ben Barka.    

    Dans son récit, dont les contenus sont rapportés par le site du magazine français, Le Point, le juge Ramaël raconte comment il a dû batailler contre le pouvoir français, pour obtenir des renseignements qui l’auraient aidé à clarifier les vraies responsabilités en France et au Maroc dans cet événement demeurant mystérieux, un demi-siècle après son déroulement.

    Patrick Ramaël raconte comment sa quête pour déclassifier des documents militaires français supposés relatifs à cette affaire, avait toujours buté sur des entraves bureaucratiques  et politiques interminables. Il se souvient comment la France de Nicolas Sarkozy avait réussi à mettre au frigo, sa tentative en 2007, de convoquer en justice, des hauts gradés des FAR et de la Gendarmerie Royale, dont des mandats d'arrêt à leur encontre, avaient été émis par lui, en plein visite d’Etat de Sarkozy au Maroc.



    PH lepoint
     
    Mais le fait le plus inédit, est celui que le juge dit avoir été témoin en 2010. Ainsi raconte-il, il sut, cette année, qu’un ‘‘ancien membre du grand banditisme français réputé proche des quatre truands qui ont enlevé Mehdi Ben Barka, habitait à Casablanca".

    PH lepointVoulant écouter son témoignage, et n’ayant plus confiance dans les circuits diplomatiques et judiciaires officiels, il décidait d’entrer en contact direct avec l’individu en question, en sollicitant l’aide d’officiers français au Maroc.

    Ramaël raconte qu’il téléphona à un premier officier français au Maroc, bizarrement celui-ci ne le recontacta plus et sa ligne n’était plus attribuée quelques heures après son appel. Il appelait alors un deuxième agent, celui-ci, fit de même en lui raccrochant au nez après lui avoir signifié qu'il ne souhaitait pas lui parler.

    Le deuxième agent, ajoute Ramaël, finit par le rappeler plus tard pour lui dire qu’il était désolé : ‘‘J'avais interdiction de vous expliquer. Mon collègue, à la suite de votre appel, a été déclaré persona non grata au Maroc et a eu 48 heures pour quitter le royaume. Son téléphone était sur écoutes."

    Patrick Ramaël raconte :
    ‘‘J'apprends en dix secondes que les policiers français travaillant au Maroc sont placés sous surveillance policière comme les trafiquants de stupéfiants (...) J'apprends aussi, au passage, que le ministère de l'Intérieur français, face à un renvoi dans ces conditions, ne proteste pas et enjoint à ses fonctionnaires de se taire’’.   

    Patrick Ramaël a quitté ses fonctions en 2013 sans avoir pu avancer d’un iota dans l’affaire Ben Barka et qui reste à ce jour affaire non résolue.


    Juge Patrick Ramaël: Quand Les officiers français au Maroc étaient "sur écoutes" Larbi Amine - publié le Mercredi 22 Avril 2015 à 23:25 Paris : Patrick Ramaël est le juge d’instruction français qui était en charge de l’instruction de la tristement célèbre affaire Ben Barka. Il vient de publier un livre dans lequel il révèle des faits inédits qu’il dit avoir vécu au Maroc, durant sa prise en charge de cette affaire. A proximité Terrorisme: Sarkozy appelle au renforcement des liens sécuritaires avec le Maroc et la Turquie Laurent Delahousse interviouwe Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy mis en examen: ce qu'il risque judiciairement - 02/07 Sarkozy mis en examen: "Il est discrédité", estime Marine Le Pen - 02/07 Triple mise en examen de Nicolas Sarkozy Patrick Ramaël - PH France 3 Patrick Ramaël - PH France 3 En effet, le juge Patrick Ramaël sort son livre ‘Hors procédure’, aux éditions Calmann-Lévy, dans lequel il revient sur les dossiers les plus brûlants, dont il était en charge, et dont le plus fameux demeure l’affaire Ben Barka. Dans son récit, dont les contenus sont rapportés par le site du magazine français, Le Point, le juge Ramaël raconte comment il a dû batailler contre le pouvoir français, pour obtenir des renseignements qu’il l’aurait aidé à clarifier les vraies responsabilités en France et au Maroc dans cet événement demeurant mystérieux, un demi-siècle après son déroulement. Patrick Ramaël raconte comment sa quête pour déclassifier des documents militaires français supposés relatifs à cette affaire, avait toujours buté sur des entraves bureaucratiques et politiques interminables. Il se souvient comment la France de Nicolas Sarkozy avait réussi à mettre au frigo, sa tentative en 2007, de convoquer en justice, des hauts gradés des FAR et de la Gendarmerie Royale, dont des mandats d'arrêt à leur encontre, avaient été émis par lui, en plein visite d’Etat de Sarkozy au Maroc. PH lepoint PH lepoint Mais le fait le plus inédit, est celui que le juge dit avoir été témoin en 2010. Ainsi raconte-il, il sut, cette année, qu’un ‘‘ancien membre du grand banditisme français réputé proche des quatre truands qui ont enlevé Mehdi Ben Barka, habitait à Casablanca". Voulant écouter son témoignage, et n’ayant plus confiance dans les circuits diplomatiques et judiciaires officiels, il décidait d’entrer en contact direct avec l’individu en question, en sollicitant l’aide d’officiers français au Maroc. Ramaël raconte qu’il téléphona à un premier officier français au Maroc, bizarrement celui-ci ne le recontacta plus et sa ligne n’était plus attribuée quelques heures après son appel. Il appelait alors un deuxième agent, celui-ci, fit de même en lui raccrochant au nez après lui avoir signifié qu'il ne souhaitait pas lui parler. Le deuxième agent, ajoute Ramaël, finit par le rappeler plus tard pour lui dire qu’il était désolé : ‘‘J'avais interdiction de vous expliquer. Mon collègue, à la suite de votre appel, a été déclaré persona non grata au Maroc et a eu 48 heures pour quitter le royaume. Son téléphone était sur écoutes." Patrick Ramaël raconte : ‘‘J'apprends en dix secondes que les policiers français travaillant au Maroc sont placés sous surveillance policière comme les trafiquants de stupéfiants (...) J'apprends aussi, au passage, que le ministère de l'Intérieur français, face à un renvoi dans ces conditions, ne proteste pas et enjoint à ses fonctionnaires de se taire’’. Patrick Ramaël a quitté ses fonctions en 2013 sans avoir pu avancer d’un iota dans l’affaire Ben Barka et qui reste à ce jour affaire non résolue. Tagué : Mehdi Ben Barka, Nicolas Sarkozy, Patrick Ramaël

    Par Larbi Amine , Le Mag, 22/4/2015

    Paris : Patrick Ramaël est le juge d’instruction français qui était en charge de l’instruction de la tristement célèbre affaire Ben Barka. Il vient de publier un livre dans lequel il révèle des faits inédits qu’il dit avoir vécu au Maroc, durant sa prise en charge de cette affaire.


      Patrick Ramaël - PH France 3
      Patrick Ramaël - PH France 3


      En effet, le juge Patrick Ramaël sort son livre ‘Hors procédure’, aux éditions Calmann-Lévy, dans lequel il revient sur les dossiers les plus brûlants, dont il était en charge, et dont le plus fameux demeure l’affaire Ben Barka.    

      Dans son récit, dont les contenus sont rapportés par le site du magazine français, Le Point, le juge Ramaël raconte comment il a dû batailler contre le pouvoir français, pour obtenir des renseignements qui l’auraient aidé à clarifier les vraies responsabilités en France et au Maroc dans cet événement demeurant mystérieux, un demi-siècle après son déroulement.

      Patrick Ramaël raconte comment sa quête pour déclassifier des documents militaires français supposés relatifs à cette affaire, avait toujours buté sur des entraves bureaucratiques  et politiques interminables. Il se souvient comment la France de Nicolas Sarkozy avait réussi à mettre au frigo, sa tentative en 2007, de convoquer en justice, des hauts gradés des FAR et de la Gendarmerie Royale, dont des mandats d'arrêt à leur encontre, avaient été émis par lui, en plein visite d’Etat de Sarkozy au Maroc.


      PH lepoint
       
      Mais le fait le plus inédit, est celui que le juge dit avoir été témoin en 2010. Ainsi raconte-il, il sut, cette année, qu’un ‘‘ancien membre du grand banditisme français réputé proche des quatre truands qui ont enlevé Mehdi Ben Barka, habitait à Casablanca".

      PH lepointVoulant écouter son témoignage, et n’ayant plus confiance dans les circuits diplomatiques et judiciaires officiels, il décidait d’entrer en contact direct avec l’individu en question, en sollicitant l’aide d’officiers français au Maroc.

      Ramaël raconte qu’il téléphona à un premier officier français au Maroc, bizarrement celui-ci ne le recontacta plus et sa ligne n’était plus attribuée quelques heures après son appel. Il appelait alors un deuxième agent, celui-ci, fit de même en lui raccrochant au nez après lui avoir signifié qu'il ne souhaitait pas lui parler.

      Le deuxième agent, ajoute Ramaël, finit par le rappeler plus tard pour lui dire qu’il était désolé : ‘‘J'avais interdiction de vous expliquer. Mon collègue, à la suite de votre appel, a été déclaré persona non grata au Maroc et a eu 48 heures pour quitter le royaume. Son téléphone était sur écoutes."

      Patrick Ramaël raconte :
      ‘‘J'apprends en dix secondes que les policiers français travaillant au Maroc sont placés sous surveillance policière comme les trafiquants de stupéfiants (...) J'apprends aussi, au passage, que le ministère de l'Intérieur français, face à un renvoi dans ces conditions, ne proteste pas et enjoint à ses fonctionnaires de se taire’’.   

      Patrick Ramaël a quitté ses fonctions en 2013 sans avoir pu avancer d’un iota dans l’affaire Ben Barka et qui reste à ce jour affaire non résolue.


      Maroc : un juge oublie un suspect en prison plus de 20 ans





      Maroc : un juge oublie un suspect en prison plus de 20 ans

      Un juge de Casablanca sera présenté devant une commission de discipline du ministère de la Justice, sur ordre de Mustapha Ramid, pour avoir oublié un suspect en prison sans jugement depuis les années ’1980.

      L’affaire a été révélée suite à des investigations menées par l’inspection générale du ministère de la Justice, qui a découvert que le magistrat avait oublié de juger un homme poursuivi pour viol et vol, rapporte le quotidien Assabah.
      Les faits remontent aux années ’1980, quand le juge avait ordonné l’internement du prévenu dans un hôpital psychiatrique, où il a séjourné pendant plusieurs années avant d’être remis en prison sans être jugé.
      L’homme est depuis en prison sans aucun fondement juridique jusqu’à ce qu’une commission d’enquête découvre son cas. Le magistrat risque une lourde sanction.
      - Par: Bladi.net

      Les familles des disparus sahraouis veulent connaître le sort de leurs proches


      Sahara occidental

      Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte
      El Watan, 3/5/15

      Les familles des disparus sahraouis ont appelé à nouveau, vendredi, au camp de réfugiés sahraouis de Dakhla, la communauté internationale à exercer des pressions sur le Maroc pour qu’il dévoile le sort de leurs proches, disparus depuis le début de l’occupation marocaine du Sahara occidental en 1975, a rapporté hier l’APS.
      Dans une conférence de presse animée dans le cadre du 12e Festival international du cinéma du Sahara occidental (Fisahara), les familles des disparus sahraouis ont souligné la «nécessité d’exercer des pressions sur le Maroc pour qu’il dévoile le sort de plus de 400 personnes». Cet appel intervient après la découverte en 2013 de fosses communes dans les territoires libérés par une délégation du Pays basque. Des témoignages de membres des familles des disparus qui ont découvert les ossements de leurs proches dans ces fosses communes ont été présentés durant la conférence.
      Organisée sous le thème «Justice universelle», la conférence a été marquée par la présence de la ministre sahraouie de la Culture, Khadidja Hamdi, de membres du gouvernement sahraouis, de l’ambassadeur d’Afrique du Sud auprès de l’Algérie, Dennis Thokozani Dlomo, de la militante argentine Nora Cortines et de l’avocat espagnol Manuel Ollé qui a poursuivi en justice 11 responsables marocains pour «génocide» contre des Sahraouis.
      La militante Nora Cortines a évoqué les disparitions forcées en Argentine durant le régime militaire dans les années 1970. L’ambassadeur d’Afrique du Sud en Algérie, Dennis Thokozani Dlomo, a pour sa part exprimé «sa solidarité» avec le peuple sahraoui, soulignant que la situation au Sahara occidental était identique à la politique d’apartheid appliquée dans le passé en Afrique du Sud.
      L’avocat espagnol Manuel Ollé a, quant à lui, rappelé l’action judiciaire qu’il a intentée contre le Maroc auprès du tribunal national espagnol en 2006 et a souligné que l’ouverture de ce dossier par la justice espagnole constitue un grand pas en faveur de la cause sahraouie.
      Le Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU) a adopté mardi dernier une résolution qui prolonge d’un an le mandat de la Mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) sans le modifier et qui appelle à relancer les négociations sur ce conflit vieux de 40 ans. Adopté à l’unanimité des 15 membres du Conseil, le texte n’intègre pas ainsi la revendication sahraouie d’élargir le mandat de la Minurso à la protection des droits de l’homme.
      Il se contente d’évoquer «l’importance d’améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et encourage les parties à travailler avec la communauté internationale pour développer et appliquer des mesures indépendantes et crédibles» en ce sens. La résolution appelle le Maroc et le Front Polisario à négocier «de manière plus intensive». Rabat s’est engagé à soutenir la médiation de Christopher Ross, l’émissaire personnel du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, après lui avoir un temps retiré sa confiance en 2012, l’accusant de «partialité».

      Sur le même sujet
      • Viol d’enfants en Centrafrique par des soldats français : L’ONU nie avoir cherché à étouffer l’affaire

      lundi 4 mai 2015

      Accusations de viols d'enfants commis par des soldats français en Centrafrique : la justice au bon vouloir du pouvoir


      De : Mathieu , SURVIE, 30/4/2015

      Bonjour, ci-joint le communiqué de Survie suite aux révélations du Guardian sur des accusations de viol contre des soldats français en Centrafrique.

      Militaires français en opération : la justice au bon vouloir du pouvoir

      Les révélations, par le journal britannique The Guardian, d’accusations de viols sur mineurs par des soldats français en Centrafrique illustrent qu’il existe un risque d’étouffement des affaires lorsque les faits incriminent des militaires. L’association Survie rappelle que depuis la Loi de Programmation Militaire votée par la majorité actuelle, les victimes et associations de défense des droits humains ne peuvent plus déclencher d’enquête par constitution de partie civile en cas de crime commis par des militaires français en opération. Il est urgent de mettre fin à cette main-mise du pouvoir exécutif sur la justice.
      Cette accusation de viol d’enfants par des militaires français en opération rappelle douloureusement l’affaire des femmes violées au Rwanda en 1994 pendant l’opération Turquoise : là aussi il s’agissait de victimes dans des camps, que les militaires étaient censés protéger, et qui avaient dans certains cas été violées pour de la nourriture. A l’époque où une plainte avait été déposée, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie s’était insurgée face à ceux qui osaient mettre en doute la conduite prétendument irréprochable et l’honneur des militaires. Bien d’autres cas d’exactions ont pourtant montré que, ne faisant pas exception aux autres armées, les soldats français pouvaient se rendre coupables de crimes lors d’opérations, parfois sur ordre de leurs supérieurs [1].
      La décision des autorités françaises d’avoir accepté l’ouverture d’une instruction judiciaire ne doit pas masquer que, depuis la Loi de Programmation Militaire (LPM) votée en 2013, le parquet - dépendant de l’exécutif - a désormais le monopole des poursuites. Le principe de séparation des pouvoirs a volé en éclats concernant les crimes commis par les militaires français en opération : une plainte des victimes se constituant partie civile ne suffit désormais plus à déclencher une enquête (article 30 de la LPM publiée au Journal officiel le 19 décembre 2013) [2]. Cette atteinte au droit des victimes a été voulue par le gouvernement français sous la présidence de François Hollande, et défendue par la députée Patricia Adam, présidente de la commission Défense à l’Assemblée nationale.
      Par ailleurs, au delà des modifications dues à la LPM, les autorités françaises ont obtenu auprès de la Centrafrique une impunité pour les soldats français en vertu de l’accord entre la France et les autorités de Centrafrique portant sur Sangaris et signé à Bangui le 18 décembre 2013, stipulant :
      « les Membres du personnel du détachement français bénéficient des immunités et privilèges identiques à ceux accordés aux experts en mission par la convention sur les privilèges et immunités des Nations unies du 13 février 1946. » [3].
      Une disposition identique est prévue pour les militaires français au Mali et l’opacité sur les accords avec d’autres pays africains où l’armée française est présente laisse craindre une impunité systématique.
      Les enfants centrafricains ou leurs représentants ne pouvaient donc en aucun cas déclencher une enquête : ni en Centrafrique, ni en France. Les victimes de militaires français en opération sont soumises au bon vouloir des autorités françaises dans leur droit à la justice. Cette situation, inacceptable d’un point de vue moral et politique, doit changer.
      L’argument – que ne manqueront pas d’utiliser des officiel français – que dans le cas présent une instruction a bien été ouverte, n’enlève rien à cette exigence. C’est à une justice indépendante de trancher entre ce qui relève de crimes bien réels et ce qui pourrait relever de témoignages mensongers. Conserver un monopole des poursuites par le parquet permet uniquement à l’armée et à l’exécutif de se donner la possibilité, un jour, d’étouffer une affaire trop sensible [4].
      L’association Survie demande aux autorités françaises :
      • de cesser d’imposer aux pays où intervient l’armée française, une impunité pour ses soldats
      • de supprimer en droit français le monopole des poursuites par le parquet, pour redonner le droit aux victimes et associations de défense des droits humains de pouvoir déclencher une enquête par constitution de partie civile en cas de crime commis par des militaires français en opération
      L’association Survie demande en outre à l’ONU de refuser tout mandat à des troupes de pays qui ne garantissent pas un recours à une justice indépendante pour de tels crimes.
       Contacts presse:

      Thomas Noirot - 06.16.97.42.87
      Mathieu Lopes - 06.01.87.80.88

      Notes au rédaction:
      [1] Un cas de torture commis par des militaires français en République Démocratique du Congo pendant l’opération Artémis, en 2003, avait été dénoncé par des militaires suédois, avant que l’affaire ne soit étouffée par l’armée française (Victor Sègre,"Un colonel français mène la torture", Billets d’Afrique n°169, mai 2008). En 2004, l’armée française s’est rendue coupable de plusieurs crimes en Côte d’Ivoire, dont le meurtre de Firmin Mahé, pour lequel un procès a finalement eu lieu en 2012 mais avec des condamnations particulièrement faibles et sans remonter la chaîne de commandement, et dont le massacre de civils suite au bombardement de Bouaké, pour laquelle l’impunité règne encore. Plus récemment, le cas des agressions sexuelles au sein même de l’armée a été documenté en 2014 dans le livre de deux journalistes de Causette (L’uniforme onusien n’offre pas de garantie spécifique, les cas d’exactions commises par des casques bleus d’autres pays étant nombreux (voir par exemple Roland N’Dekploman, "Cinq scandales qui ont éclaboussé les casques bleus de l’ONU", Le Monde Afrique, 29 avril 2015 ; ou Yanis Thomas,"Les soudards en Centrafrique", Billets d’Afrique n°238, septembre 2014).
      [2] L’association Survie avait déjà dénoncé cette main-mise du parquet : Les victimes peuvent toujours porter plainte mais rien ne se passera tant que le parquet ne décide pas d’une enquête : contrairement à des crimes ou délits commis en France, il détient désormais le monopole de la mise en action des poursuites judiciaires. Ce type de monopole des poursuites n’est cependant pas unique : il en est de même dans le cas des criminels contre l’humanité étranger présents en France, depuis la loi d’adaptation des statuts de la Cour Pénale Internationale (CPI), un principe qui a été utilisé comme modèle pour justifier, lors de la discussion de la LPM, le monopole des poursuites dans le cas des militaires français en opération. C’est en effet la même philosophie : c’est l’exécutif qui décide, pas la victime. D’ailleurs, selon France 24, François Hollande a déclaré le 30 avril, concernant ce scandale, que si des militaires s’étaient mal comportés, il serait « implacable » : c’est le fait du prince assumé, qui rend la justice au lieu de laisser le pouvoir judiciaire, supposé indépendant, faire son travail. Voir aussi le communiqué de Survie sur le sujet
      [3] Voir le texte de l’accord sur http://www.legifrance.gouv.fr/affic... Sur la disposition identique prévue pour les militaires français au Mali, lire Yanis Thomas, "L’armée française hors de tout contrôle au Mali", Billets d’Afrique n°231, janvier 2014
      [4] Voir le communiqué du Syndicat de la magistrature du 29 octobre 2009 : "Lettre ouverte à ceux qui feignent de croire en l’indépendance du parquet"
       --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
       Le billet de Laure Heinrich sur son blog.

      http://blogs.rue89.nouvelobs.com/derriere-le-barreau/2015/05/01/viols-contre-nourriture-scandale-en-centrafrique-et-au-rwanda-234522

      Viols contre nourriture : scandale en Centrafrique. Et au Rwanda ?

      Publié le 1/5/2015 à 15h03
      Des soldats français de l’opération Sangaris engagés pour la paix en Centrafrique auraient perpétré des viols sur des mineurs. Un crime en soi. Aggravé par leur fonction et la vulnérabilité de ceux qu’ils étaient venus protéger. Quatre garçons de 9 à 13 ans en auraient été victimes courant 2013 et 2014.
      Selon les sources du Guardian qui révèle l’affaire, les enfants étaient affamés. Les militaires auraient alors proposé des rapports sexuels contre de la nourriture.
      François Hollande promet d’être implacable et l’armée assure qu’elle ne veut pas cacher quoi que ce soit.
      Making of
      Notre blogueuse Laure Heinich-Luijer est l’avocate de plusieurs victimes du génocide du Rwanda, qui ont déposé une plainte avec constitution de partie civile visant l’armée française. Rue89
      Que pensent les femmes tutsies qui ont déposé plainte en 2009, victimes elles aussi de viols commis par des militaires français venus les secourir au Rwanda ? Leur première plainte date de 2005, elles l’ont réitérée quatre ans plus tard. Les faits dénoncés sont donc connus des autorités – et des médias – depuis dix ans.
      Elles aussi étaient affamées. Pour elles aussi, c’était viol contre nourriture dans les camps de réfugiés « protégés » par l’opération Turquoise. Parfois, les soldats proposaient de leur remettre du bois de chauffage sous les tentes. Mais c’était contre du sexe. Elles sont six parties civiles aujourd’hui. Et beaucoup d’autres témoignent.


      Dans leurs récits, les plaignantes tutsies ne donnent pas le nom de leurs agresseurs mais quand même des prénoms. Elles donnent des descriptions physiques précises. Leurs plaintes ont reçu la qualification de crime contre l’humanité car le viol pratiqué en temps de guerre et utilisé comme une arme de terreur relève du crime contre l’humanité. Mais l’instruction s’éternise sans possibilité de mettre des noms sur les visages décrits, l’armée ne dévoilant pas qui étaient ses soldats.
      François Hollande n’a pas promis d’être implacable et l’armée n’a pas assuré qu’elle ne cacherait pas quoi que ce soit.
      L’enquête est donc ouverte pour les crimes dénoncés en Centrafrique. Une enquête préliminaire. Ensuite viendra la désignation d’un juge d’instruction. Puis les juges d’instruction se succéderont des années durant. Quatre juges se sont succédés pour le dossier des plaignantes rwandaises mais elles n’ont eu l’honneur de n’en rencontrer qu’un.
      Alors, du Rwanda, les plaignantes souhaitent bonne chance aux enfants de Centrafrique.
      Elles s’interrogent aussi : pourquoi cet emballement médiatique et cette réponse politique pour eux et pas pour elles ?
      Pourquoi deux poids, deux mesures ?
      Parce que violer des enfants est immédiatement scandaleux.
      Et violer des femmes ?