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mercredi 6 mai 2015

Le Comité de Solidarité Internationaliste - Hérault (CSI - 34 ) apporte son soutien à la première Soirée Internationaliste organisée par le SCALP – No Pasaran 34, lundi 11 mai 2015 à 18h, salle Jean Moulin (Maison des Étudiants, Université Paul Valéry Montpellier) consacrée au Sahara Occidental. Au programme, projection-débat autour du documentaire « Territoire Perdu », de Pierre-Yves Vandeweerd.

Toutes les infos ici : https://scalp34.wordpress.com/2015/04/29/11052015-soiree-internationaliste-1-territoire-perdu-sur-le-sahara-occidental/

vendredi 9 décembre 2011

Le cinéaste Vandeweerd "étonné" de l’ignorance des Européens de la question sahraouie

A propos du film " Territoire perdu"
Alger, 05/12/ 2011 (SPS)

Le réalisateur belge Pierre Yves Vandeweerd a exprimé, dimanche à Alger, son étonnement de voir des personnes en Europe ignorer la question du Sahara occidental, sans aucune connaissance sur le combat et la souffrance du peuple sahraoui.
"J’ai un peu le sentiment que la question sahraouie est peu évoquée en Europe. Je suis toujours étonné quand des personnes me disent, après avoir vu mon film, qu’ils pensaient qu’il n’y avait plus de conflit dans la région", a indiqué le réalisateur à la presse avant la projection de son documentaire "Territoire perdu", dans le cadre des Journées du film engagé d’Alger.
Il a estimé aussi que "beaucoup" de gens en Europe ignoraient l’existence d’une centaine de milliers de Sahraouis réfugiés dans des camps en situation d’exil et d’un mur de 2.400 kilomètres qui traverse le Sahara occidental, construit par le Maroc et qui entrave la liberté de mouvement du peuple sahraoui et cela est dû, selon lui, à la manière dont le sujet est traité dans les médias européens.
Interrogé sur le choix de réaliser un documentaire sur le peuple sahraoui, Vandeweerd a d’emblée souligné l’importance de parler de milliers d’individus en situation d’exil depuis plus de 30 ans qui "se trouvent dans une situation d’enfermement physique et moral". Il a ensuite fait part de son admiration envers les peuples qui, a-t-il dit, "développent une vraie résistance aux difficultés qu’ils endurent".
A propos du rôle du cinéma engagé, le réalisateur a précisé que c’est un genre cinématographique qui dévoile et rend plus visible des faits ou des situations qui "risquent de devenir invisibles" s’ils ne sont pas évoqués. Pour lui, l’engagement d’un cinéaste signifiait "amener les gens à comprendre et à ressentir les faits et les mécanismes sociopolitiques".
"Territoire Perdu" est un documentaire sorti dans les salles en France en novembre dernier. Il met en avant les souffrances du peuple sahraoui et son isolement du monde suite à l’occupation d’une partie de son territoire.
Il relate les difficultés de la vie dans le désert et celles des populations contraintes à se réfugier dans des camps, après avoir été chassées d’un pays duquel elles sont coupées par un mur long de 2400 km, construit par l’armée marocaine. Un mur qui installe, de fait, deux entités : une occupée par le Maroc, l’autre sous contrôle du Front de Libération du Sahara occidental (Polisario).
Se basant sur la simple expression du visage, la caméra de Pierre-Yves Vandeweerd met en lumière, dans une première phase, les souffrances endurées par les Sahraouis, en exil "forcé" depuis 1976, dans des camps, mais aussi les rêves des uns et des autres dont le plus cher : celui de retrouver un jour sa patrie.
D’autres témoignages de Sahraouis vivant dans les territoires occupés, recueillis par téléphone, font état aussi de persécution des forces de l’ordre marocaines et des tortures au quotidien dont font l’objet des militants des droits de l’homme sahraouis.
"Territoire Perdu" a été déjà sélectionné au Forum du festival de Berlin (Berlinale) en février dernier ainsi qu’au festival Visions du réel à Nyon (Suisse du 7 au 13 avril 2011) où il a été projeté les 9 et 12 avril. Il a été projeté à l’occasion du Festival FiSahara, du 2 au 8 mai, en avant-première dans les camps des réfugiés sahraouis, et au festival de Munich (Allemagne), du 4 au 11 mai, en compétition internationale. Sa sortie en salles en Belgique est prévue pour la fin du mois de janvier prochain.
Dix-huit (18) films, longs et courts-métrages, sont au menu des Journées du film engagé d’Alger qui ont débuté mardi. Des films franco-algériens, suisses, belges, américains et palestiniens sont à l’affiche, à raison de trois projections par jour, tout au long de ces journées qui prendront fin le 5 décembre (mardi).
Un regard particulier a été accordé à la Palestine à travers deux focus sur le cinéma palestinien au féminin avec une dizaine de courts métrages réalisés par des Palestiniennes abordant les différents genres d’engagement outre celui relatif à la politique.
Parmi les films sélectionnés figurent "Ecuador" du réalisateur suisse Jacques Sarasin, "Territoire perdu" du belge Pierre Yves Vandeweerd et "Personna non grata" de l’américain Oliver Stone qui a été récemment honoré, lors de son passage remarqué à Alger. Le film "Poussière de vie" de Rachid Bouchareb est programmé pour la clôture. (SPS)
020/090/700 051000 DEC 011 SPS


jeudi 13 octobre 2011

Culture : Territoire Perdu, un documentaire belge

Par Azzedine Mabrouki, 9/10/2011

Cinéma. Festival de Namur (Belgique)
Sahraouis dans les sables et les vents

Image du documentaire Territoire Perdu de Pierre-Yves Vandeweerd.
zoom | © D. R.

Territoire Perdu, un documentaire belge réalisé par Pierre-Yves Vandeweerd, en compétition au 26e Festival international des films francophones de Namur, est un voyage au bout de l’enfer du peuple sahraoui.

Namur (Belgique)
De notre envoyé spécial

Pierre-Yves Vandeweerd, jeune cinéaste liégeois, né en 1969, peut aujourd’hui passer pour l’un des ultimes dépositaires de la vérité, de la réalité, de la vie du peuple sahraoui, dont le pays est soumis à la répression féroce du royaume marocain. Son film Territoire Perdu est en effet un témoignage très fort sur la tragédie du Sahara-Occidental. Et on a toutes les raisons de se réjouir de ce travail documentaire sérieux et fait d’une manière très brillante. La communauté internationale semble avoir oublié le peuple sahraoui et son combat. Washington donne des signes de connivence avec Rabat. Un diplomate a fait pour l’ONU des allers-retours sans grand résultat.

Beaucoup de pays occidentaux, qui n’ont pas une politique étrangère indépendante, suivent ce que leur dit le Département d’Etat américain. Et pendant toutes ces années, le peuple sahraoui attend sous les tentes, dans les sables et les vents. Les images, les voix des témoignages qui émanent de Territoire Perdu attestent que le Maroc applique le stade suprême de l’horreur à tout un peuple. Sous les bombardements de l’aviation marocaine, il n’y a pas de refuge possible. Tout, absolument tout, est anéanti, déchiqueté : hommes, femmes, enfants, troupeaux, tentes, arbres. Le roi du Maroc cherche à effacer toute trace du peuple sahraoui.

La grande muraille...
La communauté internationale ferme les yeux. Territoire Perdu recueille aussi les témoignages sur les soulèvements populaires durement réprimés dans les villes sahariennes occupées par l’ennemi. Des jeunes filles sahraouies décrivent leur séjour dans les caves des postes de police marocains où elles y sont violées parce qu’elles refusent de collaborer. Le film explique clairement au public belge ce long conflit et de quoi il s’agit. Traversé par un mur de 2400 km construit par l’armée marocaine et gardé par des milliers de soldats en alerte, le Sahara-Occidental est découpé en deux parties : une partie est libérée par le Front de libération du Sahara-Occidental, (Polisario), l’autre est envahie par le Maroc.

La caméra glisse à partir des camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie, et s’approche progressivement du mur de la honte. Pendant ce long parcours, résonnent les récits, les voix d’hommes et de femmes sahraouis qui disent leur enfermement, leur désespoir mais aussi leur rêve de leur pays libéré. Les images sont souvent en noir et blanc. Les paysages du désert sont chargés d’une poésie tragique, poignante. Combien sont-ils réfugiés à Tindouf ? 150 000 peut-être 200 000.

Sans parti pris
C’est une attente interminable, une usure qui dure depuis des décennies. Territoire Perdu n’est pas un film de propagande, il ne glorifie aucun dirigeant actuel du Polisario, il montre le peuple sahraoui qui ne croit pas du tout «aux lendemains qui chantent» et aux promesses qu’on lui fait depuis si longtemps. Le cinéma belge s’honore de ce genre de film précieux, essentiel. Et le festival de Namur apporte sa caution très précieuse aussi à ce film original, âpre, lyrique, riche en informations sur la tragédie du peuple sahraoui, accueilli avec chaleur par le public de cette belle cité au bord de la Meuse.

Territoire Perdu (Lost Land)
Réalisation : Pierre-Yves Vandeweerd
Production : Cobra films (Belgique), Arte, Centre bruxellois de l’audiovisuel 2011, 75 minutes.