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mardi 22 mars 2011

Maroc : Scandaleuse répression syndicale dans les chemins de fer !

Par Solidaires, mars 2011
Depuis plus de 4 ans, les militants de l’ODR (Organisation Démocratique du Rail) sont toujours persécutés et continuent à être victimes de répression antisyndicale de la part de la direction de l’Office National des Chemins de Fer au Maroc : révocations, mutations arbitraires abusives, harcèlement moral, privation des droits humains les plus élémentaires, tels que les congés, les arrêts de travail pour maladie …
La politique de draconienne menée par la direction de l’ONCF, au nom de la rentabilité financière, dans la gestion de l’office, mène tout droit à la perte du caractère de service public de l’office (externalisation de plusieurs services vitaux au sein de l’ONCF au secteur privé via la sous-traitance…), ce qui se traduit par des répercussions néfastes sur les services de l’ONCF, tant au niveau du service rendu aux usagers, que pour les cheminots dont la situation sociale et financière se dégradent chaque jour un peu plus.
Devant l’acharnement de la direction de l’ONCF à continuer d’aussi graves violations des Droits de l’Homme, tant en ce qui concerne les droits des salariés que les libertés syndicales, plus particulièrement à l’encontre des militants de l’ODR, le Bureau National de l’Organisation Démocratique du Rail réuni à Rabat organisait un sit-in le 9 mars devant le parlement marocain. Les militants de l’ODR se battent pour la satisfaction de revendications légitimes, particulièrement :
 La liberté d’expression,
 Le droit d’appartenance à l’organisation syndicale de leur choix.
 L’exercice du droit syndical au sein de l ONCF.
 La sauvegarde d un service ferroviaire public et efficace.
 La dignité et l’amélioration de la situation sociale et financière des cheminots.

L’ONCF réprime, la SNCF fait des affaires…
Pour construire la ligne à grande vitesse Casablanca/Tanger, la SNCF bénéficie de marchés passés avec l’ONCF, dans le cadre d’accord entre les états français et marocains. Au Conseil d’Administration de la SNCF, le représentant SUD-Rail a refusé de valider ces marchés, passés au mépris de la situation sociale, de la répression antisyndicale à l’ONCF.

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Articles extraits du Bulletin du Réseau Rail Sans Frontière n° 1 mars 2011

 TGV Casablanca - Tanger : Encore un éléphant blanc à la marocaine

Résolution de Casablanca 
 Dans un pays endetté de plus de 50 milliards de dollars à fin 2009, où 28% de la population vit en situation de pauvreté, où 40% de la population fait face soit à des difficultés pour maintenir un mode de vie modeste ou tout simplement pour survivre au jour le jour; dans un pays où le réseau ferroviaire n'a pratique ent pas été élargi depuis plus de 40 ans, le projet de ligne à grande vitesse LGV n’a aucun sens et pose les questions suivantes : le TGV est il une priorité pour les Marocains aujourd'hui ? A quel prix ? Qui en bénéficiera réellement ?
.
Un TGV : pourquoi faire ?
La version officielle justifie la mise en place du TGV entre Casablanca et Tanger par une réduction dite importante de temps de voyage : le futur TGV permettra de faire le trajet Casablanca - Tanger en 2h10 contre 4h45 aujourd'hui. A quoi bon, quand la majorité des voyageurs qui prennent le train reliant Tanger à Casablanca ou à Rabat se soucie plus du coût du voyage et de la qualité du service plutôt que de sa durée ? 
Les retards dépassent parfois 3 heures !
Pour le prix, «l'offre de tarification sera compétitive et en harmonie avec le pouvoir d'achat des usagers du train», mais de qui se moque-t- on ?!
La tarification actuelle pour des trains normaux n'est déjà pas en harmonie avec le pouvoir d'achat des usagers : entre 23 et 34 € l'aller-retour pour un SMIG qui ne dépasse pas 182 € !!
La version officielle souligne aussi que «ce projet d'envergure ne manquera pas d'accompagner le  développement du nouveau pôle économique de Tanger-Tétouan, en raccourcissant les distances entre le 
Nord et le Sud du Royaume». Si on voulait vraiment  relier le nord avec le sud, ne serait-il pas plus intéressant
d'investir cet argent pour relier Marrakech à Agadir ? Ce tronçon qui attend depuis plus de 40 ans et qui aurait participé au désenclavement de toute la région du Souss et épargné aux nombreux citoyens qui
font le déplacement vers cette région les mésaventures de transports routiers sur des routes particulièrement
dangereuses. Ou encore : «Libérer de la capacité pour fluidifier le trafic ferroviaire fret sur cet axe (effets
d'entrainement du port de Tanger- Med) ?
Mais le comble c'est lorsque la version officielle cherche à convaincre de l'utilité d'un tel projet en avançant
des slogans aussi trompeurs que sournois du genre «le Maroc sera le premier pays d'Afrique et du monde arabe à se doter du TGV» ; et alors ?! Nous n'avons même pas un réseau d'assainissement capable d’éviter de couper toutes les routes et les lignes qui mènent vers cette ville y compris les lignes ferroviaires pour une journée entière !
... À quel prix ?
Pour un projet dont l'utilité reste à démontrer, les Marocains auront à payer 20 milliards de dirhams (1,8 milliards d'euros), ce qui représente 40 % du budget de l'enseignement pour l'année 2011, 182% du budget de la santé ou encore 39 fois le budget de la culture pour la même année !
Pour trouver des financements à ce nouvel éléphant blanc,le ministre de l'économie et des finances n'a pas eu
de difficultés à trouver 4,8 milliards de dirhams dans les caisses de l'Etat, lui qui pleurnichait à chaque fois qu'il
s'agissait de dépenses sociales et prônait un plan d'austérité. Un autre milliard provient du Fonds Hassan II
pour le développement économique et social, un fond alimenté par la mise aux enchères de nos établissements
publics des plus «rentables». Pour le reste, le gouvernement s'est tourné vers la solution de facilité qui continue
d'absorber plus du 1/3 du budget de l'Etat à savoir l'endettement. La somme de 12,3 milliards de dirhams a été empruntée à différents créanciers, dont des créanciers français du trésor et de banques commerciales pour 6,875 milliards de dirhams et de l'Agence Française de Développement pour 2,42 milliards de dirhams, en plus d'un don de l'Etat Français de 825 millions de dirhams. Ce sont «des prêts concessionnels avec des taux d'intérêt avantageux entre 1,2 et 3,16 % et des délais de grâce importants allant de 5 à 20 ans», avec des  taux variables. Chaque année, plus du 1/3 du budget de l’Etat sera absorbé par le service de la dette.
Qui en bénéficiera réellement ?
Sur les six conventions, la 6ème a été conclue avec le groupe français Alstom qui va fournir 14 rames à deux niveaux, chaque rame comprendra 8 voitures pour 533 voyageurs. Cette convention a été signée en gré à gré sans aucun appel d'offres ! Selon le ministre «Les prix de ce contrat sont au moins aussi avantageux que ceux des marchés comparables conclus en France et en Europe.» Sa parole est donc suffisante pour accorder un marché de plus de 4.5 milliards de dirhams à cette multinationale française ! Alstom est un des grands bénéficiaires avec un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros.
Des trains à deux vitesses pour un Maroc à deux vitesses
Actuellement, les trains dépassent à peine les 60km/h et la situation de certains est catastrophique (absence
de climatisation, toilettes non fonctionnelles, nombres réduits de sièges ...etc.). Ce projet de ligne TGV à
350Km/h est à l'image du Maroc à deux vitesses : 60 km/h pour ceux qui ont presque rien et 350 km/h pour
ceux qui ont tout !

Au Maroc,dans les chemins de fer les libertés syndicales bafouées, syndicalistes réprimés
Comme tous les pays du globe, le Maroc a commémoré, le 10 décembre dernier, le 62ème anniversaire de la déclaration de la Charte Universelle des Droits de l’Homme. Mais, contrairement aux slogans qu’essaie de
faire passer le gouvernement marocain, et qui annoncent un net progrès dans ce domaine, le cas des militants de l’0rganisation Démocratique du Rail (ODR) reste toujours un flagrant délit commis par la direction de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) ce qui dément tous ses discours . En effet, depuis la création de l’ODR en 2007, qui a très nettement remporté les élections de la mutuelle des cheminots, ses militants sont
victimes de toutes sortes de répressions morales et physiques. Cette attaque enragée de la part de la direction
de l’ONCF s’est intensifiée à l’approche des élections des délégués de personnel en 2009, et c’est ainsi que le secrétaire général de l’ODR a été licencié, tandis que 11 de ses militants ont été mutés arbitrairement à des centaines de kilomètres de leurs familles.
C’est à la suite de toutes ces répressions que l’ODR a décidé de boycotter les élections de 2009, refusant de prendre part à des élections pour lesquelles les dés étaient pipés avant même leur déroulement.
Depuis plus de 3 ans, et aujourd’hui encore, les militants de l’ODR sont toujours victimes de ces répressions systématiques : licenciements, exil, privation des droits les plus élémentaires, notations non octroyées,  avancement en grade inexistant, congés réguliers ou imprévus refusés, droit au congé maladie bafoué (des consignes sont souvent données aux médecins de service pour ne pas accorder des jours de maladie). Ajoutons à cette liste le refus d’accès à des documents administratifs, le refus d’accès, également, à la Direction Générale de l’ONCF, et parfois même, le refus de leur donner la carte de circulation.
A cette occasion le bureau national de l’ODR :
1- Revendique l’instauration d un comité d’investigation pour enquêter sur ces violations des Droits de  l'Homme au sein de l’ONCF.
2- Considère que le silence du gouvernement sur toutes ces violations est une complicité et un feu vert pour leur poursuite (le premier ministre et le ministre deCet article se veut une modeste contribution pour essayer de répondre à ces questions à travers une analyse critique de la propagande officielle faite autour de ce projet et, au-delà même, en se posant la question fondamentale du contrôle citoyen des grands projets structurants en cours au Maroc et la légitimité de ces choix et ces engagements faits par l'Etat en dehors de toute  consultation des populations qui auront encore une fois à subir les conséquences sociales, économiques, écologiques de tels choix.
3- Décide de porter plainte auprès de toutes les organisation nationales et internationales pour mettre fin à cet holocauste syndical au sein de l’ONCF.
4- Tient le gouvernement marocain pour responsable direct de tout ce qui s’en suivra de l’ internationalisation de ce conflit.
5- Insiste sur le fait que ni le licenciement, ni l’exil, ni les sanctions abusives, ni la souffrance aussi pénible  soit-elle, ne nous décourageront dans notre combat légitime pour notre dignité. 
6- Réaffirme son droit à la liberté d’expression, l’appartenance à l’ODR et le droit à la pratique syndicale au sein de l'Office National des Chemins de Fer.

Office National des Chemins de fer du Maroc
Le président Pépy a rappelé au Conseil d’Administration de la SNCF le contrat signé pour le TGV marocain. L’administrateur SUD-Rail a informé le Conseil de la très grave répression antisyndicale qui sévit au sein des chemins de fer de ce pays. Les militants de l’Organisation Démocratique du Rail sont mutés d’un bout à l’autre du pays, rétrogradés sans raison, et leur secrétaire général est licencié depuis 2 ans S juste parce qu’ils osent pratiquer un syndicalisme indépendant !
Si la SNCF est partenaire de l’ONCF et du Maroc, alors ses représentants doivent demander que ces pratiques cessent.
Au Maroc
dans les chemins de fer
les libertés syndicales sont bafouées,
les syndicalistes de l’ ODR sont réprimés.
Ne laissons pas faire : dénonçons et soutenons !

Réseau Rail Sans Frontière
(RRSF)
17 Bd de la Libération
93200 St Denis - France
Tel 01 42 43 35 75
federation-sudrail@wanadoo.fr

Maroc information...désinformation...

A mon amie Abir, journaliste à la MAP manifestant le 22 mars 2011.
 par Lbadikho, CJDM, 20/3/2011

Chère Abir,
Je commence ce billet par l’expression de mes plus plates excuses pour toutes les fois où je te confond avec l’appareil de propagande pour lequel tu travailles, les nombreuses fois où je m’emporte et te porte responsable de tout le ridicule dont se couvre l’agence Maghreb Arab Press, mais tu comprendras que c’est la rage de voir de l’argent publique dilapidée de la façon la plus pathétique qui soit. La MAP nous coute 240 millions de dirhams, et il serait utile avant de poursuivre dans cette lettre de passer en revue l’utilité de cette agence:

.... « souligne le site d’information russe Rutube« non chers lecteurs, ce n’est pas de l’ironie, mais des dépêches comme celle ci sont monnaie courante à la MAP. Là c’est l’agence officielle, émettant une dépêche non moins officielle, et ce à l’occasion de l’apparition sur RuTube (une sorte de Youtube Russe) d’une vidéo soutenant Mustapha Salma, postée bien entendu par un simple utilisateur. Faut il rappeler que Rutube n’est pas un site d’information, encore moins un site qui souligne. C’est tout aussi non-professionnel que dire que Youtube annonce la fin du monde en se basant sur cette vidéo, ou encore que Dailymotion reconnait l’islam d’Obama en se basant sur celle-ci, et celui de Michael Jackson en se basant sur celle-là.
- « Un think tank américain [basé dans un bar au Texas] relève déjà la portée mondiale des réformes constitutionnelles marocaines »
- « Un Club de réflexion stratégique japonais [ça peut se révéler être une bande de geek qui s'organisent pour jouer au jeu de rôle Risk] relève la clairvoyance exemplaire dans la stratégie du Plan Maroc Vestes »

Tout est dans les titres, à la MAP, on passe aussi son temps à traquer les groupes de think-lol-tank de toutes sortes, les amicales de jeux de rôles japonaises et les regroupement de Fast Food chinois à Knock le Zout.
J’imagine donc ton désarroi Abir à devoir t’inscrire sur toutes newsletters possibles et imaginables. Pendant que tes pairs dans d’autres agences se font plaisir à s’épanouir en tant que journalistes, tu passes une majeure partie de ta journée à faire la boucle opératoire suivante:
Ouvrir mail reçu -> Ctrl+F -> chercher » Morocco / モロッコ / 摩洛哥 / मोरक्को /Марокко » -> Ctrl+C -> Ctrl+V -> passage au BS-generator -> soumettre à publication

Rien qu’en repensant à ces dépêches, je comprends tes plaintes chère Abir, réduire le journaliste de formation que tu es à un gros mouleur sur les sites de vidéos communautaires de toutes langues, te faire subir la dure épreuve de l’utilisation des rares connexions ultra-puissantes au Maroc, rien que pour trainer dans les portails les plus insolites, de la diplomatie parallèle des Îles Féroé à l’amicale des retraités de l’enseignement public à Maroantsetra, qui bien sûr tous soutiennent le Plan Azur et relèvent la puissance de la composition de la commission de Menouni chargée de retoucher la constitution.

Chère Abir, tu as choisi de prendre ton destin en main -et le notre, nous qui souhaitons un jour nous baser sur les dépêches d’une MAP crédible- Tu sors demain, avec des revendications certes timides, principalement salariales, mais je comprends ton auto-censure, et je me réjouis de voir certains de tes collègues évoquer aussi le mode de fonctionnement par « directives » de la MAP.

Abir, demain au CJDM -le nôtre, pas celui du PAM, le parti dont tu as la lourde obligation d’être porte parole- nous aurons nos yeux portés sur toi, nous ne nous attendons pas à ce que tu réalises déjà la révolution souhaitée à la MAP, mais nous sommes déjà fier de ton premier pas, des premiers acquis que tu grignoteras demain. Et nous serons de tout cœur avec toi pour la suite.

Pour le C.J.D.M, ton ami, @L_badikho

PS: Ce billet est une invitation à tous les blogueurs pour se solidariser avec les journalistes de la MAP et des autres média publics pour la semaine à venir, et pour la suite, jusqu’à ce qu’on remporte la bataille des médias publics libres. La MAP c’est certes cet appareil de hasbara ridiculement mal ficelée qui nous fait rire à coup de maladresses, mais c’est avant tout quelques 450 braves salariés voulant gagner dignement leur pain, à la merci d’une poignée de cadres supérieurs aux ordres.

PPS: Le prénom de mon amie à la MAP n’est pas Abir, on ne sait jamais au cas où ce billet cause des problèmes professionnels à une non concernée.

N.B: l’histoire de Rutube est véridique, l’histoire du think tank US est inspirée d’une autre dépêche, malheureusement la MAP supprime ses archives, merci au Site Yabiladi pour le Snapshoot trouvable dans le premier lien.
/http://takhouar.wordpress.com/2011/03/20/a-mon-amie-abir-journaliste-a-la-map-manifestant-le-22-mars-2011/

Débat : Les Droits de l’Homme dans les révolutions démocratiques dans le Monde arabe


SECTION L’HAY-LES-ROSES – VAL-DE-BIEVRE

Les Droits de l’Homme dans les révolutions démocratiques dans le Monde arabe
Cette soirée débat s’articulera autour de l’expérience tunisienne et ses prolongements futurs souhaités en Algérie et au Maroc voisins.
L’onde de choc démocratique partie de Tunisie a déjà atteint l’Egypte et plusieurs pays du Maghreb et du Machrek connaissent des mouvements populaires revendiquant liberté, démocratie et dignité.

Liberté et démocratie : versant sud
Ahmed Dahmani, Economiste, membre de la LDH

TUNISIE: les atteintes aux droits de l'Homme font elles partie du passé?
Adel Thabet, militant politique

ALGERIE : levée de l’état d’urgence et persistance de lois liberticides
Nesroullah Yous, chargé de communication du Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA)

MAROC : peut-il échapper au vent de liberté qui souffle sur la région ?
Ayad Ahram, secrétaire général de l’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)
JEUDI 31 MARS à 20h
Accueil 19h45
Au Moulin de la Bièvre
73, Avenue Larroumès à L’HAY-LES-ROSES
Accès : Bus 187 (Porte d’Orléans-Fresnes) arrêt Barbusse-Larroumès

34, rue Jean-Jaurès 94240 L’HAY-LES-ROSES
Ldh-lhay-valdebievre@ldh-france.org

lundi 21 mars 2011

Mouvement de la Paix :Les changements démocratiques en Libye ne se construiront pas avec des interventions militaires.


COMMUNIQUE DE PRESSE
Par Le Mouvement de la Paix Saint-Ouen, le 18 mars 2011
Protection des populations libyennes :
le Mouvement de la Paix demande à l’ONU de garder le contrôle des opérations

Le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté ce 17 mars - par 10 membres sur 15 - une résolution pour la protection des populations civiles à travers une série de mesures et de sanctions, et autorisant une zone d’exclusion aérienne en Libye.
Le Mouvement de la Paix réaffirme sa solidarité avec le peuple libyen et invite le gouvernement français à se saisir du levier de cette résolution dans le rapport de force à imposer à Kadhafi, pour qu’un cessez-le-feu et l’arrêt des massacres soient obtenus dans les plus brefs délais, en évitant les dérives guerrières qui sortiraient du cadre d’une stricte protection des populations déjà victimes du régime libyen.
Le peuple libyen aurait sans doute été aidé plus tôt si la France avait choisi la voie de l’Onu dès le départ, au lieu de privilégier pendant plusieurs jours des gesticulations peu rassembleuses.
Le Mouvement de la Paix se félicite que le Conseil de sécurité n’ait fait aucunement mention d’une autorisation d’occupation terrestre et met en garde le gouvernement vis-à-vis de toute interprétation interventionniste. Qu’avons-nous retenu des manipulations des opinions privilégiant la voie militaire comme l’unique solution ?
S’appuyant fortement sur la protection des populations, la résolution du Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu, l’embargo sur les armes, la confiscation des avoirs du régime. Il demande aux Etats de se conformer strictement à leurs obligations afin d’empêcher le recrutement de mercenaires armés en Libye. Cela n’enlève pas la responsabilité des États qui ont vendu des armes à la Libye depuis des décennies. La communauté internationale ne pourra pas longtemps faire l’économie d’un débat sur l’interdiction du commerce des armes.
Il appartient à l’Onu de garder la maîtrise de sa résolution, commandement, définition des prérogatives et des périmètres d’actions, en refusant à l’OTAN une quelconque légitimité dans cette situation. L’Otan ne répond pas à la définition d’organisation régionale contenue dans la résolution.
Les changements démocratiques en Libye ne se construiront pas avec des interventions militaires. Le Mouvement de la Paix rappelle que seule une sortie politique du conflit est de nature durable. La Cour pénale internationale doit pouvoir juger Kadhafi de ses crimes sur les populations libyennes.
L’Organisation des Nations unies, et l’ensemble des Etats ont à prendre des mesures de préventions des conflits par l’exercice de la démocratie et la promotion de la Culture de la paix, construite autour des droits humains économiques, sociaux et politiques des peuples tels que l’exigent aujourd’hui de plus en plus de peuples sur la planète.
Le Mouvement de la Paix invite le gouvernement à œuvrer de la même manière au sein du conseil de sécurité afin qu’une résolution de l’Onu concernant l’intervention de l’Arabie Saoudite contre l’expression démocratique et non-violente du peuple de Bahreïn soit prise dans les plus brefs délais.

Billet pour M. Alain Juppé ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes français.

Par Elabadila Chbihna ,lakome, 19/3/2011

Dans votre intervention, du 17 mars 2011, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies au sujet des évènements tragiques que connait le peuple libyen dans sa lutte contre l'absolutisme et la dictature, vous avez déclaré que « Au Maroc, dans un discours courageux et visionnaire, le roi Mohamed VI a annoncé la mise en place d’une monarchie constitutionnelle. »

M. le Ministre, le Maroc est une "monarchie constitutionnelle" depuis la constitution de 1962, mais selon une tradition absolutiste bien marocaine. Contrairement aux monarchies constitutionnelles modernes, au Maroc la constitution ne limite pas les pouvoirs du Roi. Au contraire, elle les rend absolus. Votre lapsus est plus que bienvenu. Il montre à quel point vous êtes éloignés de nos réalités mais vous persistez, à l'instar de votre prédécesseur, à les juger avec précipitation.

M. le Ministre, les revendications politiques du mouvement du 20 février, auxquels le discours royal n'a pas répondu malgré l'effet d'annonce duquel il a bénéficié, sont simples et bien claires. Concernant la monarchie, le mouvement revendique l’abolition de la sacralisation de la personne du Roi (Article 23 de la Constitution de 1996), l’abolition du pouvoir absolu conféré au Roi (Article 19 de la constitution de 1996) , l’abolition des pouvoirs opérationnels étendus et détaillés sur tous les processus de la décision publique desquels jouit le Roi sans partage (dans l’ordre : Articles 30, 31, 24, 62, 25, 66, 67, 68, 69, 70, 71 et 72 de la Constitution de 1996 ) pour ne citer que ceux là. Le discours royal, auquel vous faites allusion, versait tantôt dans les détails, tantôt dans le flou. Il traite avec détail quand il s’agit de rendre constitutionnel le « Conseil de Gouvernement » qui n’a aucune autorité et présidé par le premier ministre au lieu du « Conseil des Ministres » qui a toute l’autorité sur les affaires de l’Etat présidé par le Roi. Il est flou quand il s'agit de l’application des recommandations de l’Instance Équité et Réconciliation (IER), en parlant de « recommandations judicieuses de l'IER ». Il reste ambigu aussi en traitant de la souveraineté de la nation au lieu de celle du peuple, dans l'actuelle Constitution le Roi est le représentant suprême de la nation (Article 19 de la Constitution de 1996).

Je ne veux pas vous encombrer par les détails, mais vous avez daigné traiter de sujets intérieurs qui apparemment vous échappent. Il s’agit de vous préciser que, dans le discours royal, les pouvoirs absolus du Roi ont été exclus, tant implicitement qu'explicitement, du périmètre de la révision de la constitution. Comme il s’agit d'appeler vos analystes à prendre un peu plus de temps pour mieux étudier les faits, les opinions et les propositions des uns et des autres avant de vous induire en erreur, vous et votre Président.

La modernisation et l'assainissement de l'économie nationale constitue une brique principale dans nos revendications. Ce volet a été superbement ignoré par le discours royal. Dans un déni total, le discours n’a parlé ni de corruption, ni de passes droits, ni de la rente, ni des monopoles (la SNI, holding royale, en prime), ni du népotisme, ni de la cupidité de son entourage encore moins de l'environnement juridique des affaires.

Monsieur le Ministre, dans ce volet, en bénéficiant de la mansuétude de la maison royale et de quelques passe droits, les intérêts français au Maroc deviennent de plus en plus importants; ainsi le stock de l’IDE* français au Maroc en 2008 était de 90 milliards de dirhams, soit un triplement par rapport à 2004 et il a été quasiment multiplié par 8 par rapport à 2000. Mais, au lieu d’être une source de richesse et de bien être pour les marocains et de modernisation de leur économie, cette importance est entrain d’entraver les processus de réforme de l’économie marocaine dans le cadre des engagements de l'état marocain pour accéder à un Statut avancé avec l’Union européenne. Ainsi, vous n’êtes pas sans savoir que le Président de la république française M. Nicolas Sarkozy a obtenu, lors de sa visite au Maroc en 2007, un contrat de mise en œuvre d'une ligne de "Train à Grande Vitesse" d’un montant de 20 milliards de Dirham (~ 2 milliard d’Euros), au profit d’une compagnie française sans appel d’offres. Cette passation qui déroge aux règles de transparence en matière de marchés publics a été sanctionné par la Banque Européenne de l'Investissement en décembre 2010 en refusant de financer une partie du budget dudit contrat (un premier refus en trente ans de coopération économique).

Aujourd'hui, pour des raisons personnelles, d’État et ou encore de profit économique, votre exécutif est prêt à piétiner les efforts du Maroc pour améliorer le bien être de ses habitants, moderniser ses structures de gouvernement et autonomiser son économie. Les déclarations répétitives de vos responsables et celles de votre président, ainsi que la façon avec laquelle vous gérez nos rapports politiques et économiques, portent atteinte à l'image du Maroc et aux intérêts vitaux de son peuple, désormais perçu à l'international comme chasse gardée de l'Élysée.

IDE : Les investissements directs à l'étranger, ou investissements directs étrangers

Toulouse : la police empêche un rassemblement de soutien au peuple marocain

Par des militants toulousains, 20/3/2011
 La manifestation de soutien au peuple marocain,  programmée aujourd'hui à 14h, place Arnaud Bernard s'est limitée à un rassemblement d'une trentaine de personnes: quelques étudiants et étudiantes d'origine marocaine, une prof d'université marocaine aussi, quelques militants.
Mais  pour canaliser ce mouvement..... une trentaine de fourgons de gendarmerie, une extravagante présence policière, gardes mobiles, policiers et CRS en tenue de robocop , bref : une quantité impressionnante de forces de l'ordre en tenue de combat, et nombreux représentants des renseignements généraux, inspecteurs en civils ....etc, au grand étonnement de la population locale venue faire ses courses à la foire commerciale prévue ce même jour!
Ce rassemblement de soutien à la mobilisation populaire au Maroc n'a donc pu se tenir à 14h comme prévu
Devant ce déferlement sécuritaire, la grande majorités des présents est allée crier son indignation devant la préfecture,soutenue par les militants antinucléaires présents sur le lieu
Au Maroc en revanche, la mobilisation a réussi : des centaines de milliers de personnes ont pu exprimer leur hostilité au pouvoir absolu!
Ici comme là-bas, la lutte continue!
LE CAMPEMENT DE LA RESISTANCE DU BAZACLE

Discours royal : réaction d'un simple citoyen.

Par Baroudi Abdelmajid , 21/3/2011

Le discours royal est –il à la hauteur de nos attentes ? La réponse, à mon avis ne relève pas de nos perceptions de ce que le roi a avancé comme réformes mais plutôt de notre positionnement par rapport à la dynamique déclenchée non seulement à l’échelle nationale mais aussi régionale. C’est là où la divergence de lectures se fait. Plus on est proche de ce que revendique le mouvement du 20 février, moins on est satisfait de ce que le monarque propose. Ce qui est sûr, c’est que ce discours permettra de rouvrir le débat sur la pertinence de l’offre royale, ses limites par rapport aux attentes du mouvement en marche. Il est même évident, de par l’inertie d’une grande partie de l’élite de la gauche molle, pour reprendre le qualificatif de Abou Bakr Jamai, de s’y identifier et de se retrouver puisque la barre de demande des jeunes est tellement haute qu’ils ne sont pas prêts à cautionner de crainte de toucher au pacte dont la remise en question du système monarchique devait être mise aux oubliettes.
La multiplication des réactions de responsables politiques et certains intellectuels par rapport au discours royal lequel répond en grande partie à leurs exigences d’ordre réformiste , ne doit pas nous faire oublier que leur positionnement les a mis en décalage de ce que le mouvement a construit loin de toute spéculation partisane dans la mesure où le changement de la constitution et la remise en question du pouvoir constituent la base d’une démocratie dans laquelle tout le monde doit se sentir responsable au sens institutionnel du terme. Le discours royal, n’ouvre –t-il une brèche pour une gauche molle de reconquérir une confiance déjà perdue ?

Force est de constater que le discours royal n’émane pas d’un engagement de la part du palais en vue d’instaurer les règles de jeu démocratique car si c’était le cas, Hassan II aurait déjà affiché cette volonté au moment où les partis d’opposition d’autres fois avaient présenté le mémorandum de réformes constitutionnelles. Du coup, on aurait dû économiser cette déperdition politique. En revanche, la dé-contextualisation du discours en mettant en avant la problématique de la régionalisation, n’est à mon avis qu’un prétexte non négligeable pour esquiver l’imposition du contexte régional et local qui ont objectivement poussé le pouvoir afficher la limite de son possible.
Au-delà de l’autonomie de la justice, les prérogatives du premier ministre et du parlement, la constitutionnalité de l’amazighité, faut –il prétendre que le discours royal a touché au fond de la problématique du pouvoir ? Une des interprétations qu’on pourrait assigner à cette question , c’est quelle est en décalage avec le discours dans la mesure où sons sens radical nuit au possible affiché par le roi et va à l’encontre d’une stratégie qui consiste à concevoir le changement progressivement et au long terme. Seulement voilà, les voix des manifestants qui ont poussé le pouvoir à réagir, ont clairement exprimé que le changement de la constitution de telle manière à ce que la monopolisation du pouvoir doit être institutionnellement partagé.

Si le renforcement de la moralisation de la vie publique tel qu’il fut avancé par le roi suppose qu’il s’agit d’un fait à consolider, la réalité nous informe que cette notion de moralisation échappe à son vrai sens qui consiste à la conjuguer à l’éthique au détriment du droit. Autrement dit, tant que le pouvoir, en profitant des atouts constitutionnels susceptibles de le positionner au dessus du questionnement, ne renonce pas aux pratiques qui favorisent l’intérêt individuel, tout discours sur la moralisation n’est que du langage. L’implication des proches de l’entourage royal dans des affaires louches en est l’exemple. Aristote avait déjà discriminé entre le régime politique correct et déviant. Le régime politique correct vise l’intérêt général tandis que le déviant n’aspire qu’à l’intérêt particulier.
Au final, c’est au mouvement de jeunes de retracer les contours de sa stratégie et aux démocrates de le soutenir.

Communiqué du secrétariat national d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VOIE DEMOCRATIQUE) relative au succès des marches de 20 mars 2011

النهج الديمقراطي الدار البيضاء في 20 مارس 2011
الكتابة الوطنية

بلاغ

عاشت جماهير شعبنا اليوم (20 مارس 2011) حدثا تاريخيا تمثل في المشاركة المكثفة في المسيرات والوقفات تلبية لدعوة حركة 20 فبراير.
والكتابة الوطنية للنهج الديمقراطي إذ تعبر عن اعتزازها بنضالية وكفاحية شباب حركة 20 فبراير، تهنا الشعب المغربي وكل قواه الحية على نجاح مسيراته ووقفاته السلمية التي شملت جميع مناطق البلاد.فقد تميزت مختلف التظاهرات بالحضور الوازن لكل القوى الحية وبروح وحدوية منضبطة يحكمها التعبيرالصريح والقوي على ارادة مواصلة النضال من اجل تحقيق مطالب حركة 20 فبراير والتعبير الواضح على رفض أجوبة المخزن المقدمة يوم 9 مارس والتي ليست سوى محاولة مفضوحة للالتفاف والمزيد من اضاعة واهدار الوقت والتهرب من واجب الانصياع الفوري للمطالب المعبر عنها مند 20 فبراير.
لقد صدحت الساحات والشوارع اليوم بإسقاط الاستبداد وحل مؤسسات الفساد ورحيل رموزه ورفض الدستور الممنوح وغيرها من المطالب السياسية والاجتماعية.ففي هدا اليوم العظيم سجل شعبنا بقيادة شبابه إحدى أروع المناسبات في ملحمته النضالية المتواصلة.
فمزيدا من النضال الوحدوي والحازم نحو تحقيق النصر ضد الاستبداد والفساد ومن أجل العيش الكريم والحرية والديمقراطية.

الكتابة الوطنية للنهج الديمقراطي


Un militant marocain s'interroge sur les frappes aériennes en Libye

Questions relatives à ce qui se passe en Libye:
Par Ali Fkir, communiste marocain, 21/3/2011
1 - Y a t-il un véritable mouvement démocratique en Libye?
L'opposition au dictateur Kadhafi :
*a  ressuscité le drapeau de la monarchie
* est allé voir directement Sarkozy demander son aide
* a sollicité l'aide des régimes réactionnaires arabes
2 -Quelles sont les forces qui soutiennent cette opposition?
* les régimes antidémocratiques arabes, y compris celui du Maroc qui étouffe quotidiennement les aspirations du peuple marocain
* Les forces impérialistes, les forces anti révolutionnaires (France, GB, USA...)
Ces forces:
- contribuent à la répression du peuple Bahrayanis, directement (Arabie Saoudite), indirectement par le silence complice des autres
- n'avaient pas soutenu les révolutions tunisiennes et égyptiennes
- cautionnent les répressions au Maroc, en Arabie Saoudite, en Jordanie, en Palestine occupée...
3 - La réaction et l'impérialisme peuvent-ils défendre des causes justes?
4 - Peut-on accepter que l'opposition à la dictature syrienne fasse appel à Israël pour renverser Assad?
5 - Ne doit-on pas dénoncer l'intervention impérialiste qui cause plus de pertes humaines que la répression du dictateur local?
6 - Ne doit-on pas lutter pour l'autodétermination du peuple de Libye sans l'ingérence étrangère?
Bravo les milliers de communistes grecs qui sont descendus dans les rues pour condamner l'intervention militaire impérialiste en Libye!

Appel des Sahraouis pour le 25 mars 2011 à Paris

Par JJMU, mediapart, 20/3/2011

SAHARA OCCIDENTAL : LE 25 MARS MOBILISATION  CONTRE L’OCCUPATION.

Comme l’a récemment déclaré Noam Chomsky : « La vague actuelle de protestations a commencé en novembre dernier au Sahara occidental contre l'occupation du Sahara occidental ». C'était le 8 novembre 2010 avec l'agression des forces policières et militaires marocaines pour démanteler le camp de Gdeim Izik qui regroupait plus de 20 000 Sahraouis revendiquant leurs droits politiques, économiques et sociaux.

Depuis cet assaut meurtrier, la répression n'a pas cessé dans les territoires occupés du Sahara occidental. Le "Centre Robert F. Kennedy" a dénoncé le climat "de terreur et de répression qui règne dans le Sahara occidental occupé par le Maroc depuis le 8 novembre". Plus de 150 militants sahraouis sont encore détenus. 20 d'entre eux, dont Ennaâma Asfari, co-président du CORELSO, Brahim Dahane, président de l'ASVDH, Ali Salem Tamek, vice-président du CODESA, sont poursuivis devant le tribunal militaire et risquent de lourdes peines de prison.
Face à cette répression, les jeunes Sahraouis des territoires occupés ont décidé de faire du 25 mars une journée de mobilisation contre l'occupation.
Solidaires avec les soulèvements des peuples du Maghreb et du Moyen-Orient pour la liberté, les droits démocratiques et le progrès social et avec la lutte du peuple sahraoui,
nous appelons à participer
AU RASSEMBLEMENT
VENDREDI 25 MARS DE 17h A 19H30
ESPLANADE DES DROITS DE L'HOMME
PLACE DU TROCADÉRO
pour exiger :
- la libération de tous les prisonniers d'opinion sahraouis, l'arrêt de la répression et le respect des droits de l'Homme
- l'extension du mandat de la mission des Nations Unies (Minurso) à la surveillance des droits de l'Homme dans les territoires occupés
- le respect du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance
- l'organisation rapide du référendum d'autodétermination
Pour briser le silence des médias, qui font trop souvent preuve de complaisance à l'égard du Maroc, vaincre la complicité de certains gouvernements (comme la France) ainsi que l'inertie coupable de l'ONU, le peuple sahraoui a besoin de notre soutien.

Signataires: ACCA, AFASPA, AFAPREDESA, APSO, ARAC, ASEI, Association des Amis de la RASD, Association des Sahraouis en France, CLSPS, CORELSO, DROIT SOLIDARITE, Le Mouvement de la Paix, MRAP, Plateforme de solidarité avec le peuple du Sahara occidental, Sortir du colonialisme, Survie
Avec le soutien: FASE, Les Alternatifs, Les Verts, NPA, PCF, PCOF, CGT, Solidaires
Contact: plateformeSO@gmail.com

Des milliers de manifestants pour une monarchie parlementaire


Le printemps marocain en marche

Par Djamel Alilatle 21/3/2011


Ce qui devait être un test grandeur nature pour le Mouvement du 20 février, celui-là même qui fut à l’origine du vent de contestation qui souffle désormais sur le Maroc, fut une incontestable réussite. La question était, en effet, de savoir si ce Mouvement allait réussir encore à mobiliser après le discours du roi et ses promesses de changement. 



C’est fait. En effet, plusieurs villes marocaines – Casablanca, Rabat, Fès, El Hoceima, El Jadida, Nador, Tétouan et Agadir – ont renoué, ce dimanche, avec les grandes manifestations de rue pour revendiquer, principalement, une nouvelle Constitution limitant les pouvoirs du roi et plus de justice sociale pour le peuple marocain.
«Du pain, de la dignité et de la liberté», voilà l’un des slogans les plus unanimement répétés par la foule dense qui avait, au bout de deux heures de marche, abouti place Mohammed V, à Casablanca. De son point de départ, la place Strasbourg, jusqu’à son point d’arrivée, la foule n’a cessé de grossir. Vers midi, le cortège s’étirait sur près de deux kilomètres et comptait, à notre sens, plusieurs dizaines de milliers de personnes. 
 Bien encadrés et impeccablement organisés en carrés, les manifestants, qui portaient des calicots et des pancartes sur lesquels étaient écrites leurs principales revendications, ont scandé des chants et des slogans en faveur du départ du gouvernement, de la dissolution du Parlement et de l’instauration d’une monarchie parlementaire.
Beaucoup de jeunes parmi les manifestants mais également des carrés de femmes, d’enfants et d’adultes de tous âges et de toutes conditions sociales.
Les manifestants ont particulièrement dénoncé «la corruption et le clientélisme» qui gangrènent la classe politique marocaine, mais également la répression systématique de la liberté d’expression. «Barka min el bouliss, zidouna fel madariss» (assez de police, nous voulons des écoles), scandaient à tue-tête les marcheurs. D’autres slogans tels que «Le peuple marocain réclame le changement» et «Liberté et dignité pour le peuple» ont été scandés par les manifestants. Une autre revendication, concernant la constitutionnalisation de la langue amazighe, était largement soutenue par les protestataires. Le volet social a également pris une place prépondérante dans les demandes exprimées par une jeunesse survoltée, mais très disciplinée. «Vos enfants mangent à leur faim, vos enfants vont à l’école, les enfants du peuple sont délaissés», criaient-ils.
L’un des manifestants, qui se déplaçait sur une chaise roulante, brandissait carrément un pain. Tout un programme.
Certains mots d’ordre écrits sur les pancartes visaient la séparation des pouvoirs. Ainsi, on pouvait lire : «Le roi règne mais ne gouverne pas» ou bien encore «Séparation du pouvoir politique et économique».
Arrivés place Mohammed V, sur le boulevard Hassan, les organisateurs ont remercié la foule pour sa mobilisation avant de l’appeler à se disperser dans le calme. Ils ont également promis le maintien de cette mobilisation citoyenne jusqu’à la satisfaction complète des revendications du Mouvement du 20 février.
C’est au moment où la foule se dispersait en petits groupes qu’un groupuscule appartenant au Mouvement de la jeunesse royale, dont le slogan est «Le changement par le roi et avec le roi» est apparu. Il s’agissait tout au plus d’une trentaine de personnes. Durant toute la marche et tout le long de son parcours, la police s’est montrée très discrète. Nous n’avons constaté aucune présence policière massive. Seuls quelques policiers étaient en faction aux carrefours ou devant les bâtiments officiels tels que le Parlement ou le siège de la wilaya de Casablanca.

Pour arriver à cette incontestable mobilisation populaire, il convient de dire que les jeunes du Mouvement du 20 février se sont dépensés sans compter. Ces trois derniers jours, ils ont mené plusieurs actions de sensibilisation autour de la marche en se rendant dans les quartiers populaires, en offrant leur sang aux malades et des fleurs aux agents de la circulation.
Dans une vidéo postée sur YouTube, ils expliquaient que s’ils ne défendaient pas leurs droits, personne ne le ferait à leur place.
Par ailleurs, dans un communiqué rendu public mercredi 16 mars, le Mouvement a dénoncé le chômage des diplômés et des non diplômés, les salaires de misère et l’exploitation de ceux qui travaillent, l’accès limité de la population à l’instruction et aux soins, la dilapidation des deniers publics, le répression systématique de tous ceux qui réclament leurs droits et, pour finir, l’injustice et la «hogra».
Ce 20 mars vient également d’apporter la réponse à une autre question cruciale que tout le monde se posait : l’attitude des autorités marocaines face à ces manifestations car entre celles du 20 février et celles du 16 mars, le makhzen semblait hésiter entre tolérance et répression. Finalement, le Maroc de Mohammed VI semble avoir compris que les images d’un peuple qui manifeste pacifiquement et librement sont beaucoup plus valorisantes que celles de policiers qui matraquent tout ce qui bouge.

dimanche 20 mars 2011

Les Marocains défilent pour plus de démocratie


Manifestation pour la démocratie à Rabat, au Maroc, le 20 mars 2011.

Par AFP/ABDELHAK SENNA, France 2,20/3/2011
Des milliers de Marocains ont manifesté dimanche dans plusieurs villes du royaume malgré l'annonce de réformes
Le roi Mohammed VI a annoncé des réformes politiques le 9 mars. Les manifestants réclamaient davantage de démocratie, de justice sociale et moins de corruption.
Épargné par la contestation qui a secoué le monde arabe, le Maroc a connu ses premières manifestations d'ampleur nationale il y a un mois à l'appel du "mouvement du 20 février".
"Le peuple marocain demande le changement", scandaient quelque 6.000 personnes - 2.000 en excluant les badauds selon la police - à Rabat dimanche matin en réclamant la "démission du gouvernement". Des pancartes proclamaient: "liberté et dignité pour le peuple marocain". Dans le cortège, des manifestants brandissaient symboliquement des balais en réclamant des mesures contre la corruption.
A Casablanca, les manifestants étaient environ 10.000 selon un journaliste de l'AFP - entre 5.000 et 6.000 selon les autorités locales. Certains scandaient "non à la corruption et au clientélisme", ou réclamaient "un roi qui règne et ne gouverne pas".
Des marches et rassemblements étaient aussi prévus dans d'autres villes marocaines, dont Fès et Tanger. La présence policière a été discrète à Rabat comme à Casablanca.

Le "mouvement du 20 février" à l'origine des défilés
Initié par de jeunes Marocains sur le réseau social Facebook dans la foulée des événements de Tunisie et d'Egypte, il avait appelé à une nouvelle mobilisation dimanche, un mois après leur première action.
Son appel était soutenu par l'organisation de jeunesse de l'association Justice et Bienfaisance, considérée comme le principal mouvement islamiste au Maroc, ainsi que par plusieurs associations ou ONG, comme l'Association marocaine des droits humains. L'USFP (gauche), un parti de la coalition gouvernementale, a aussi participé à la manifestation.
Le souverain chérifien a annoncé une série de mesures importantes: mise en place d'une commission pour réviser la Constitution, indépendance de la justice, séparation des pouvoirs et renforcement des pouvoirs du Premier ministre, semblant entamer une évolution vers une monarchie parlementaire.

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TOUTE L'ACTUALITÉ DU MAGHREB EN DIRECT

Manifestations Maroc 20 mars en direct

10h15- Casablanca : La marche a commencé
400 personnes se sont réunies à la place Strasbourg de Casablanca. Les manifestants se dirigent vers la gare ferroviaire Casa Port. La présence policière est pour le moment discrète.

10h31 – Rabat : une photo des manifestants à Rabat (20 Mars 2011)

10h40 : Rabat : entre 3000 et 3500 manifestants, Casablanca entre 1000 et 1200, d’après Hit Radi

10h57 : Des marches pacifiques, dans une atmosphère calme, les exigences de la vie politique, et sociale économique.

11h00: De plus en plus de manifestants selon une source policière.

11h08 : Al Hoceima 4000 participants aujourd’hui, appelant à la dissolution du Parlement et du gouvernement, de parvenir à une juste ouverte .
 
11h11 : Rabat, 4500, Casablanca 2000, Fès, 1800, Al Hoceima 4000 participants, Errachidia 1200 par les médias en place.

11h17 : Rabat: une large participation du parti socialiste, de la justice…

11:30 Une photo des manifestants à Casablanca ce matin

11:50 Rabat 8000 participants, 6000 participant à Casablanca, selon des sources sur place

12h20 Agadir : une manifestation de plus de 2km, départ d’Inzgan vers Agadir

12h25 : Les organisateurs de la manifestation à Casablanca déclarant la fin de celle-ci, avec une participation de plus de 6000 personnes.

12h34 : Casablanca la manifestation est dispersée tranquillement, le mouvement de Février 20 appels pour un rassemblement similaire le dimanche prochain.

Des civiles protègent les installations vulnérables au sabotage pendant la manifestation du 20 mars 2011

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Marches du 20 mars : immense participation !

Casa la résistante !
Par Ali Fkir, 20/3/2011
Ils, elles sont des dizaines de milliers à sortir dans les rues de Casablanca manifester, protester, revendiquer, exiger....Ils, elles veulent respirer l'air de LA LIBERTÉ. Au Maroc on étouffe. L'air est pollué. L'air sent le makhzen.
Pour être là, ils, elles n'ont pas besoin des appels de la télévision et de la radio makhzaniennes, ni des cris des rabatteurs de tous poils...
Elles, ils savent qu'elles, qu'ils courent le risque d'être sauvagement matraqué-es, d'être arrêté-es, de disparaître simplement...et pourtant elles, ils ont relevé le défi.
Ils , elles ont répondu oui à l'appel de la jeunesse du 20 février.
Elles, ils sont à plus de 90% les habitant-es des quartiers populaire de Casablanca et de Mohammedia: ouvrières, ouvriers, femmes au foyer, marchands ambulants, enchômagé-es, étudiant-es, lycéen-nes....j'ai retrouvé les "habituée-es" de la place "des pigeons", les bidonvillois-es qui luttent pour un logement décent. Agréable surprise! Elles, ils ne peuvent pas rater ce rendez-vous avec l'Histoire. Le problème du logement ne trouvera sa solution radicale que dans un Maroc nouveau.
La marche de 20 mars 2011, est une marche populaire.
Elles, ils ont crié, haut et fort:
- non à la constitution octroyée
- non au sacré en politique
- non au despotisme
- non à l'assujettissement et à l'asservissement
- oui aux droits de citoyenneté
- oui à l'égalité entre l'homme et la Femme
- oui à la véritable démocratie
...........
Combien?
La télévision, la radio estimaient la foule des grands derby RAJA-WIDAD à 65 000 à 70 000; et bien plusieurs fois cette foule sportive.
Je me limite à dire simplement: elles, ils sont au minimum 50 000 de protestataires à oser défier la peur makhzanienne, la peur engendrée par des siècles de la tyrannie sultanienne.
Bravo la jeunesse (filles et garçon) de 20 février!
Bravo marocaines et marocains qui osent relever la tête!
Ni sujets, ni sacré
Notre peuple choisira les dirigeants
pour un gouvernant que le peuple choisira et à qui il demandera des comptes
Femmes et hommes, pour l'égalité des droits

 Ni sujets, ni sacré
Notre peuple choisira les dirigeants
 
 Pour un gouvernant que le peuple choisira et à qui il demandera des comptes
 
 Femmes et hommes, pour l'égalité des droits 
 
 
  
 Pour ceux et celles qui connaissent la ville de Casablanca:
nous sommes devant la grande poste (place d'où partent avenue de Paris, avenue Hassan II, avenue Lalla Yacoute, avenue Lharizi), la tête du cortège est en face de la Wilaya (avenue Hassan II), la "queue" du cortège se trouve Derbe Omar (  côté CDT). C'est énorme! C'est grandiose! C'est fantastique!
************************** 
Vidéo :

France : Rassemblement contre les conditions d’accueil et de traitement des dossiers des étrangers

Service des étrangers à Bobigny,
L’ACCUEIL INDIGNE, CA SUFFIT !
le mercredi 23 mars 2011 entre 6 h et 9 h du matin
Esplanade Jean Moulin à Bobigny (m° Bobigny – Pablo Picasso – ligne 5)
Un point presse et des prises de parole sont prévus à 8 h.

Malgré quelques améliorations marginales après la mobilisation des associations et à la publication du « Livre Noir », la préfecture de Seine-Saint-Denis ne semble avoir ni les moyens ni la volonté d’améliorer de façon durable l’accueil des étrangers à Bobigny : l’information reste insuffisante, les files d’attente commencent encore dans la nuit, le nombre de guichets ne permet pas de traiter toutes les demandes ; il faut venir plusieurs fois, perdre plusieurs journées de travail, ou venir de plus en plus tôt pour espérer recevoir des tickets dont le nombre reste contingenté… la fatigue, le mécontentement légitime des usagers, les conditions de travail des personnels sont générateurs de tensions qui pourraient être évitées… le traitement des dossiers exige toujours de nombreux mois et nombre de décisions ignorent la réalité des situations, notamment en ce qui concerne le droit à la vie privée et familiale, et ce au Raincy comme à Bobigny…
Par ailleurs la préfecture continue de refuser tout dialogue avec les associations. Une nouvelle demande d’audience reste sans réponse à ce jour. Un tel blocage est difficilement compréhensible de la part du représentant de l’Etat dans un département où la population étrangère est importante et où le vivre ensemble dépend de la volonté d’écoute et d’échange des uns et des autres.

Les organisations mobilisées contre les conditions d’accueil et de traitement des dossiers
- affirment leur solidarité avec les étrangers qui sont traités d’une manière qui est une atteinte à leur égale dignité,
- dénoncent une préfecture qui se refuse obstinément au dialogue et soumet ses fonctionnaires à des conditions de travail pénibles,
- réclament de l’Etat qu’il se dote enfin des moyens humains et matériels qui permettent d’accueillir les étrangers de manière décente, de raccourcir les délais d’attente et de traitement des dossiers, de traiter les situations humaines avec l’attention qu’elles méritent.
A l’appel de : Amoureux au ban public – ASTI 93 - Aubervilliers sans la peur - CDSP Montreuil - Cimade IdF – Collectif de SP de Livry-Gargan – Collectif Michelet Bondy - Coordination 93 de lutte pour les SP – Comede – Dom’Asile - GISTI – Ensemble vivre et travailler - Ligue des Droits de l’Homme 93 – MRAP 93 - Plate-forme des Associations Franco-Haïtiennes - RESF 93 – RUSF Paris VIII – Secours Catholique 93 - Syndicat des Avocats de France - Union locale CFDT Bobigny - Union locale CGT Bobigny.


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Maroc : le «mouvement du 20 février» maintient son appel à manifester


 Accueil, 20/3/2011

Intervention musclée des forces de l'ordre lors d'une manifestation à Casablanca, le 13 mars

Des protestataires doivent sortir dans les rues de plusieurs villes du pays ce dimanche 20 mars pour réclamer plus de démocratie et de justice sociale. Un mouvement à risque, une semaine après la répression de la manifestation de Casablanca dimanche dernier qui a fait des dizaines de blessés. La journée aura également valeur de test pour le roi Mohammed VI, dix jours après son discours et sa promesse d'une réforme politique d'envergure.
Des manifestations à risque sont prévues dans plusieurs villes du Maroc ce dimanche 20 mars pour réclamer davantage de démocratie, à l'initiative du « mouvement du 20 février ». Ces marches et rassemblements doivent intervenir un mois, jour pour jour, après ceux  20 février qui ont eu lieu après un appel lancé sur Facebook par de jeunes Marocains.
Le « mouvement du 20 février », qui avait prévu une nouvelle mobilisation pour le 20 mars, a maintenu son mot d'ordre après l'important discours prononcé le 9 mars par le souverain chérifien. Le roi Mohammed VI avait annoncé d'importantes réformes démocratiques allant notamment vers un renforcement des pouvoirs du Premier ministre et l'« élargissement des libertés individuelles ».
Rappel :14/03/2011
Chronologie multimédia : les révoltes dans le monde arabe
Le « mouvement du 20 février » veut maintenir la pression sur les autorités. Il s’élève notamment contre l’usage de la force utilisée dimanche dernier par la police à Casablanca lors d’une manifestation. Une dizaine de personnes ont été blessées dont certaines grièvement et cela en dépit du discours d'ouverture du roi  qui avait promis de promouvoir les droits de l'homme.
Amnesty international suivra de près le déroulement des manifestations d'aujourd'hui. Samira Bouslama, chercheuse à Amnesty international estime que les forces de l'ordre au Maroc, le 13 mars dernier, ont utilisé la force de façon injustifiée et disproportionnée.
Samira Bouslama chercheuse pour Amnesty international :"Les gens qui ont pu arriver à la place ont reçu des coups de matraque, des coups de pieds ou des coups de poings des forces de la sécurité."