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lundi 4 mars 2013

Akhbar Alyoum révèle les noms des bénéficiaires du Domaine maritime du Val d’Or

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Par Mamfakinch, 28/2/ 2013 

Akhbar Alyoum a pu se procurer la liste officielle des bénéficiaires de l’occupation du Domaine public maritime (ODP) de la plage du Val d’Or (préfecture Skhirat Temara) ; on trouve dans cette liste les noms de hauts responsables , ministres, gouverneurs, grands directeurs et secrétaires généraux. Le quotidien a pu reconstituer le processus complet de cette occupation du domaine public aux fins d’y bâtir des résidences secondaires balnéaires. Parmi les principaux bénéficiaires, Karim Ghellab, ancien ministre de l’Equipement et du Transport et actuel président de la Chambre des Représentants, et sous le mandat duquel avait été autorisée l’ODP ; mais on trouve aussi les noms d’Abdellatif Loudiyi, le ministre délégué à l’Administration de la Défense nationale, secrétaire général du ministère des Finances à l’époque des faits, Azzedine Chraïbi, ancien secrétaire permanent du Comité de prévention des accidents de la circulation et actuel directeur de cabinet de Ghellab à la Chambre, Mohamed Yousfi, ancien directeur du cabinet de Ghellab au ministère, Khadija Bourara, ancienne chargée de la communication auprès de Ghellab, Khalid Zerhouni, ancien conseiller technique de Ghellab toujours.

En dehors du ministère de l’Equipement…
La liste des bénéficiaires comprend également les noms de responsables extérieurs au ministère de l’Equipement… des gouverneurs, des ministres, des hauts responsables… Larbi Bencheikh, patron de la Formation professionnelle, Mohamed Haddouri, directeur à la Société nationale de la Radio télévision, Abdelhaq Haoudi, gouverneur-secrétaire général de la préfecture de Rabat-Salé-Zemmour, Khalid Sbiyaâ, député Istiqlal et directeur au ministère des Finances, Mohamed Sabri, à l’époque gouverneur de Khouribga, Mohamed Dardouri, wali de Tadla-Azilal, Mohamed Aouzaâi, ancien patron de l’Agence urbaine de Rabat… On trouve aussi des cadres et responsables du ministère de l’Equipement, comme le directeur des ports, Mohamed Jamal Benjelloun, la directrice de la Marine marchande, Nadia Laraki, le directeur de l’Office de l’exploitation des ports, Mohamed Abdeljalil, le président de l’association des œuvres sociales du ministère, Rachid Mrabet (démissionnaire depuis), le secrétaire général de la société de la Liaison fixe du Détroit, Jilali Chafiq, le directeur de la stratégie et des programmes, Younès Tazi, le directeur des routes, Hicham Nehmoucha…

Le cas Ghellab
Quand Karim Ghellab avait été présenté comme le champion des partis de la majorité pour occuper la fonction de président de la Chambre des Représentants, au lendemain des élections du 25 novembre 2011, un document du ministère de l’Equipement et du Transport était parvenu aux rédactions, attestant que l’homme avait bénéficié d’un lot de terrain du domaine public, situé sur la plage du Val d’Or, dans la préfecture de Skhirat Temara. Karim Ghellab n’avait pas nié les faits, mais avait précisé qu’il avait obtenu ce lot en 1997, date à laquelle il était simple cadre du ministère de l’Equipement, niant de ce fait avoir profité de sa fonction de ministre, plus tard. Akhbar Alyoum a donc pu retracer les faits, du début de l’opération à sa situation actuelle.
Les choses avaient donc commencé en 1995, quand le ministère de l’Equipement, de la Formation professionnelle et de la Formation des cadres avait autorisé, à titre individuel, à ses cadres, une concession provisoire pour l’ODP au Val d’Or, afin d’y construire des résidences secondaires de 200 m² par bénéficiaire.
Ainsi, des autorisations d’ODP avaient été émises à titre individuel à certains responsables du ministère, dont Karim Ghellab, alors simple cadre, et qui avait reçu une autorisation enregistrée sous le numéro 764 du 5 juin 1997, correspondant au lot n°8, pour 200 m², et valable jusqu’en 2014, mais reconductible sur simple demande, contre une redevance de 1.600 DH par an. Chacun des autres bénéficiaires a eu la même autorisation, aux mêmes conditions.
Mais à cette époque, les cadres bénéficiaires avaient rencontré un problème administratif d’urbanisme, vu que le plan d’aménagement d’AïnAtiq disposait que la région concernée au Val d’Or était zone non aedificandi.
Face à cet écueil juridique, les bénéficiaires avaient changé d’attitude qui, d’individuelle, était devenue collective ; ils avaient donc constitué une association sous le nom de « association du lotissement du Val d’Or » ; nous sommes en février 2006 et Ghellab est alors ministre de l’Equipement depuis 2002. L’association avait eu l’autorisation de principe pour l’occupation du domaine, en décembre 2006. Quelques mois plus tard, en avril 2007, elle avait obtenu l’autorisation d’occuper une surface de 14.221 m² (aut. n°1958) et de la lotir en un certain nombre de lots dont chaque bénéficiaire avait reçu un document administratif individuel. Et suite à cela, toujours en 2007, l’attestation n°1959 donnait à Ghellab le droit d’occuper provisoirement le lot 4, d’une superficie de 306 m², relavant du Domaine public maritime de la préfecture de Skhirat Temara.

« Dérogation » urbanistique
Ce document précise dans ses attendus se fonder sur la loi de Finances 1997-1998 et particulièrement son article 50 délimitant le domaine public maritime et portuaire, sur la décision commune des ministres des Finances et de l’Equipement ; l’autorisation se fonde également sur la demande de Karim Ghellab datée 15 mars 2007 pour une autorisation d’exploitation du lot indiqué de 306 m², en plus de 162 m², donc une surface totale de 468 m²…
La décision précise donc que Ghellab pourra occuper ce lot pendant une période de 20 ans, jusqu’en 2027, renouvelable sur demande à adresser trois mois avant l’expiration du délai, et contre le versement de 7.500 DH par an.
Suite à cette autorisation d’exploitation, délivrée à chaque bénéficiaire intuitu personae, l’association a usé de ses moyens propres pour obtenir une dérogation des services de l’urbanisme compétents, laquelle dérogation a été obtenue le 10 avril 2007, et l’autorisation de lotir et de construire a suivi, le 11 juin 2009, sous le numéro 26/2009.
Et alors donc, l’association a entamé les études techniques de réalisation du lotissement, puis a entamé les travaux, avant que l’affaire ne sorte au grand jour, avec le nom de Ghellab comme bénéficiaire. Les questions autour de la légitimité ont commencé à être posées, de même que des soupçons sur un possible trafic d’influence. Cette affaire fait partie des dossiers épineux que doit affronter le ministre actuel Aziz Rabbah, considérant que plusieurs bénéficiaires de cette opération sont des dirigeants de l’Istiqlal, allié au gouvernement, comme Youssef Amrani, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Khalid Sbiyaâ, député, et Abdelkébir Zahoud, ancien ministre.

jeudi 29 novembre 2012

Histoire magnifique et extraordinaire de train au Maroc)presque au XXI é siècle

 Hommage à un héros de l'ombre!

Amine LAGHIDIpar Amine LAGHIDI, mardi 27 novembre 2012, 17:14 ·

Chronique d'un voyage par train: Cette chronique mes chers amis n'a rien de classique, car j'ai choisi de la dédier à un homme pas comme les autres... un héros de l'ombre!

Hier en rentrant de Tanger je pris le train de 17h 30 à destination de Rabat, le train certes n'a fait son départ que vers 19h 05, soit avec plus de 1h 30 de retard, 1h 30 où nous sommes restés dans l'obscurité totale, à l’intérieur de compartiments non climatisés… et presque sans informations sur les raisons du retard... mais ce n'est pas grave... car ce 
n'est pas là le sujet de cette chronique...

scènes classiques dans les trains au départ de Tanger (ou de aéroport de Casa) des « khalijis » au look ostentatoire (2m de hauts sur 2 de large, un bide démesuré... des cheveux plaqués au gomina... des habits chers mais sans gout) qui sillonnaient le wagon de 1ere classe de bout en bout à la recherche d'une victime potentielle, ça m’a rappelé les vitrines du port d’Amsterdam.. Encore une fois ce n'est pas là le sujet de notre discussion...

je me remets à travailler pianotant sous l’écran de mon ordinateur dans l’obscurité… quand soudain un contrôleur frappe à la porte de mon compartiment (j’étais seul dedans) et me demande: salamo 3alaikum a moulay, "est ce qu'une dame peut venir vous rejoindre dans votre compartiment? elle est seule et elle a un peu peur"... je lui réponds bien sûr par un "merhba, 3la rass wel 3ine"... la dame en question "Christina" était son nom est une hispano marocaine, brave femme venue au pays pour signer des documents suite au décès de son défunt père...allah yre7mo (il était espagnol)...

Quelques minutes plus tard, le train bouge... Christina, ma nouvelle voisine, regarde sa montre d'un regard de panique, et me pose la question fatale:  « j'ai un train à destination de Nador à rattraper... croyez vous qu'il m'attendra à la gare? » sa question était si pure et si naïve... que Je l'ai fixée pendant un moment pour m'assurer que ce n’était pas là quelque forme "d'humour profonds"....et là devant tant d'innocence, je pris conscience qu'il me fallait bien choisir mes mots pour éviter qu'elle ne panique pour de vrai cette fois ci! Nous avons appelé notre "cher" contrôleur, lui aussi fut désarmé par l'innocence de sa question (un train qui attend une passagère, vous en conviendrez est une idée qui sort des schémas classiques)... notre ami s'assit, et nous nous sommes mis tous deux à lui expliquer, qu'il fallait qu'elle change de train à la gare de "Mechra3 bel kssiri" puis à destination de "Souk Larbaa" et Nador (c'est là ou elle allait)...notre ami vérifia ses billets, pour constater avec soulagement qu'elle avait réservé un compartiment couchette (ce qui à 800dh n’est pas si donné que ça) ... c'est bien au moins elle ne sera pas dérangée pendant le long voyage... et repartit faire sa tournée... pour nous l'affaire était close... il avait fait son job et son devoir! avec beaucoup de diligence même!

1h plus tard notre amis revint, il ouvrit le compartiment, s'assit, il était au tel, là il parlait à ses collègues dans l'autre train (celui qu'elle devra prendre au mechra3)... je compris plus tard qu'il a passé plusieurs coups de fils de son propre tel, sur sa propre charge, et de sa propre initiative pour avoir les noms et les tels des dits collègues... il se coordonna avec eux pour connaitre l'heure exacte à laquelle le train arrivait... "wessahom 3la" Christina... avant de repartir compléter sa tournée il me promit de revenir la chercher lui même pour l'emmener au bon quai....tout cela avec un sourire une politesse et un civisme qui n’a rien à envier à un diplomate expérimenté…

A l’arrivée à la dite gare, il vint m’annoncer (j’étais en qlq sorte devenu le parrain du compartiment J  ) qu’il avait communiqué le numéro de billet de notre amie à ses collègues ainsi que son signalement,  et qu’ils veilleraient sur elles jusqu’à son arrivée à Nador (arrivée prévue vers 7h du mat) ! Christina fut conduite (escortée même) jusqu’au quai… et le nécessaire fut fait !
Pour que des mauvaises langues n’aient pas pensé que ce geste si noble de la part du fonctionnaire quinquagénaire de l’ONCF est le fruit de quelconques intérêts, laissez moi vous dire que notre amie Christina portait une djellaba noire avec un col monté noir couleur de deuil qui se voyait sur elle, et qu’il ne savait même pas qu’elle était étrangère vu qu’elle parle un parfait darija ! Christina a un grand cœur et une forte beauté intérieure, mais son physique est loin d’etre celui d’une actrice de telenovelas ! En d’autres termes notre ami n'en voulait ni à la beauté ni à l’argent de la passagère/ cliente, le geste fut noble mes amis ! très noble ! Je ne pus m’empêcher à son retour de le féliciter pour la 3 eme fois pour la grandeur et la noblesse de son geste devant une dame qui voyageait seule dans des conditions difficiles (funérailles…), il devint tout rouge et me remercia vivement.

En guise de reconnaissance, je lui offrit le peu que j’avais sur moi, à savoir mes journaux, partenaires de voyages…  Il en prit un et me remercia encore une fois… ! voici un leader de proximité comme je les apprécie, un héros de l’ombre qui fait son devoir avec noblesse et dans l’anonymat ! il a mérité mon respect et doit mériter le vôtre ! Honorons le en faisant tous notre devoir avec déférence, noblesse et sourire ! et de manière désintéressée !

Le train continua sa route… certes on a eu un accident de « rail » quand la locomotive heurta un mulet au niveau de la ville de Kenitra, par manque de moyens de sécurisation des rails en pleine ville, pourtant obligatoire… mais çà c’est une autre histoire.. ; une autre chronique… Bonne journée à toutes et à tous !
Amine LAGHIDI

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  • Safaâ Allam Je salue l'esprit de ce fonctionnaire qui fait "son travail" (Il est clair qu'il en a fait plus) avec sympathie et sans râle ni crispation!! Bravo! On ne perd rien à chercher créer de petites solutions qui font de grandes différences! On en gagne imprévisibelement par contre une belle chronique de la part d'un bon "ami". Merci Amine!
     http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=8912489601817808232#editor/target=post;postID=1993297253619839240

lundi 28 mars 2011

Maroc : la répression syndicale va bon train

Par Peuples solidaires, 28/3/2011

Au Maroc, les militants de l’Organisation Démocratique du Rail (ODR) subissent une répression sans merci. Licenciements abusifs, mutations arbitraires, harcèlement moral, retenues sur salaires, réaménagement des emplois du temps… La direction de l’Office National des Chemins de Fer du Maroc (ONCF) ne manque pas d’imagination pour tenter de les réduire au silence. Or le projet de transformation de cette entreprise en Société Anonyme risque encore d’aggraver la situation tant pour les usager-ère-s du rail, pour qui prendre le train devient de plus en plus difficile, que pour les salarié-e-s dont les conditions de travail se dégradent. Les membres de l’ODR en appellent donc à la solidarité internationale pour se faire entendre des autorités.

Rassemblement des militants de l’ODR-ODT devant le parlement marocain, 9 mars 2011
« Alors que se concrétise le projet de construction d’une ligne TGV entre Casablanca et Tanger permettant aux touristes étrangers de visiter le Maroc plus confortablement, les lignes utilisées par les populations locales sont laissées à l’abandon et les accidents se multiplient » dénonce Saïd Nafi, Secrétaire général de l’ODR. Depuis plusieurs années, la direction de l’ONCF mène en effet une politique de gestion dictée par des intérêts financiers qui a des répercussions néfastes sur le service rendu aux usager-ère-s et sur les conditions de travail des cheminot-e-s, dont la situation sociale et financière se dégrade chaque jour un peu plus. Une restructuration profonde du cadre institutionnel du secteur ferroviaire est en cours au Maroc.
Selon le Ministère de l’équipement et du transport, l’objectif est de donner à l’ONCF « une autonomie complète de gestion et à l’inciter à adopter une gestion résolument commerciale ». L’adoption par le parlement, en 2004, d’une loi relative à l’organisation, la gestion et l’exploitation du réseau ferroviaire national a constitué une étape importante de ce processus. Des services de maintenance, mais aussi des services sociaux dont bénéficient lestravailleurs-euses ont été externalisés et confiés au secteur privé. Le projet de transformation de l’ONCF en Société Anonyme s’inscrit également dans ce cadre.

Les syndicats se mobilisent
En 2007, des membres du bureau national de l’association des cheminots décident de constituer un syndicat indépendant qui prend le nom d’Organisation Démocratique du Rail (ODR). Avec 26 % des voix recueillies aux élections de la mutuelle des cheminots de mai 2007, l’ODR obtient la première place. Dès lors, l’ODR affiche clairement ses ambitions : « face à la logique de privatisation et de profit que poursuivent certains intérêts privés dans le secteur ferroviaire, nous voulons promouvoir des chemins de fer et une politique des transports qui répondent aux besoins des populations, ne sacrifient pas les questions de sécurité à la rentabilité et garantissent de bonnes conditions sociales pour les salariés de ce secteur 1 ». Mais alors que le syndicat est parfaitement légitime, l’ONCF refuse de le reconnaître et la répression syndicale s’abat sur les militant-e-s.
La liberté syndicale à l’arrêt
Depuis 4 ans, les militant-e-s de l’ODR sont systématiquement persécuté-e-s par la direction de l’ONCF, subissant licenciements abusifs, mutations arbitraires, harcèlement moral, retenues sur salaires, aménagement des emplois du temps pour empêcher les travailleurs-euses de participer aux manifestations organisées par l’ODR, mais aussi aux temps de repos ou de prières… Des consignes sont données aux médecins de service et les congés maladie sont régulièrement refusés. En 2009, le Secrétaire général de l’ODR, Saïd Nafi, est licencié tandis que 11 autres syndicalistes sont arbitrairement mutés à des centaines de kilomètres de leurs familles.
Cela n’a pas découragé Saïd Nafi : « Le harcèlement psychologique quotidien et l’isolement qui est imposé aux travailleurs fragilisent notre lutte. En nous séparant de nos familles et de nos camarades, l’ONCF veut nous affaiblir. Mais l’heure est à l’unisson, il faut se battre main dans la main », déclarait-il récemment.

« Il faut se battre main dans la main »
Au Maroc, mais aussi au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal, la société civile s’organise pour défendre de concert la qualité des services publics et la liberté syndicale. Réunies à Casablanca du 10 au 14 mai 2010, plusieurs organisations syndicales et de défense des droits humains ont ainsi créé le Réseau Rail Sans Frontière (RRSF). Celui-ci s’apprête à lancer une campagne internationale visant notamment à sensibiliser les touristes européen-ne-s attiré-e-s par ces pays. Pour Frédéric Michel, représentant de SUD-Rail 3, « les luttes doivent être largement ouvertes sur toutes les composantes de la société, garantissant une unité d’action et l’autonomie de celles et ceux qui les mènent. Ces synergies nous permettront de porter notre combat à l’échelle de la défense de tous les droits humains ». En aidant les militant-e-s de l’ODR à se faire entendre des autorités politiques marocaines, renforçons l’actuel mouvement de solidarité internationale à l’égard des cheminot-e-s africain-e-s et de l’ensemble des défenseurs et défenseuses des droits humains qui les soutiennent.

Appel Urgent : je signe

Courriers envoyés, merci de votre appui !
Vous pouvez maintenant:
1. Communiqué de presse de l’ODR, mai 2007.
2. Atelier sur la défense des services publics et la répression syndicale organisé au Forum Social Mondial de Dakar, février 2011.
3. Syndicat de Travailleurs du Rail Solidaires, Unitaires et Démocratiques.
Plus d'infos sur solidmar 22 mars 2011
www.peuples-solidaires.org
Contact : 10 quai de Richemont - 35000 Rennes (02 99 30 60 53)
Souveraineté alimentaire, dignité au travail, droits des femmes : la fédération Peuples Solidaires soutient les femmes et les hommes qui, partout dans le monde, luttent pour leurs droits économiques, sociaux et culturels. Peuples Solidaires rassemble 70 groupes locaux, 11 000 membres individuels et est associée au réseau international ActionAid (www.actionaid.org).
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mardi 22 mars 2011

Maroc : Scandaleuse répression syndicale dans les chemins de fer !

Par Solidaires, mars 2011
Depuis plus de 4 ans, les militants de l’ODR (Organisation Démocratique du Rail) sont toujours persécutés et continuent à être victimes de répression antisyndicale de la part de la direction de l’Office National des Chemins de Fer au Maroc : révocations, mutations arbitraires abusives, harcèlement moral, privation des droits humains les plus élémentaires, tels que les congés, les arrêts de travail pour maladie …
La politique de draconienne menée par la direction de l’ONCF, au nom de la rentabilité financière, dans la gestion de l’office, mène tout droit à la perte du caractère de service public de l’office (externalisation de plusieurs services vitaux au sein de l’ONCF au secteur privé via la sous-traitance…), ce qui se traduit par des répercussions néfastes sur les services de l’ONCF, tant au niveau du service rendu aux usagers, que pour les cheminots dont la situation sociale et financière se dégradent chaque jour un peu plus.
Devant l’acharnement de la direction de l’ONCF à continuer d’aussi graves violations des Droits de l’Homme, tant en ce qui concerne les droits des salariés que les libertés syndicales, plus particulièrement à l’encontre des militants de l’ODR, le Bureau National de l’Organisation Démocratique du Rail réuni à Rabat organisait un sit-in le 9 mars devant le parlement marocain. Les militants de l’ODR se battent pour la satisfaction de revendications légitimes, particulièrement :
 La liberté d’expression,
 Le droit d’appartenance à l’organisation syndicale de leur choix.
 L’exercice du droit syndical au sein de l ONCF.
 La sauvegarde d un service ferroviaire public et efficace.
 La dignité et l’amélioration de la situation sociale et financière des cheminots.

L’ONCF réprime, la SNCF fait des affaires…
Pour construire la ligne à grande vitesse Casablanca/Tanger, la SNCF bénéficie de marchés passés avec l’ONCF, dans le cadre d’accord entre les états français et marocains. Au Conseil d’Administration de la SNCF, le représentant SUD-Rail a refusé de valider ces marchés, passés au mépris de la situation sociale, de la répression antisyndicale à l’ONCF.

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Articles extraits du Bulletin du Réseau Rail Sans Frontière n° 1 mars 2011

 TGV Casablanca - Tanger : Encore un éléphant blanc à la marocaine

Résolution de Casablanca 
 Dans un pays endetté de plus de 50 milliards de dollars à fin 2009, où 28% de la population vit en situation de pauvreté, où 40% de la population fait face soit à des difficultés pour maintenir un mode de vie modeste ou tout simplement pour survivre au jour le jour; dans un pays où le réseau ferroviaire n'a pratique ent pas été élargi depuis plus de 40 ans, le projet de ligne à grande vitesse LGV n’a aucun sens et pose les questions suivantes : le TGV est il une priorité pour les Marocains aujourd'hui ? A quel prix ? Qui en bénéficiera réellement ?
.
Un TGV : pourquoi faire ?
La version officielle justifie la mise en place du TGV entre Casablanca et Tanger par une réduction dite importante de temps de voyage : le futur TGV permettra de faire le trajet Casablanca - Tanger en 2h10 contre 4h45 aujourd'hui. A quoi bon, quand la majorité des voyageurs qui prennent le train reliant Tanger à Casablanca ou à Rabat se soucie plus du coût du voyage et de la qualité du service plutôt que de sa durée ? 
Les retards dépassent parfois 3 heures !
Pour le prix, «l'offre de tarification sera compétitive et en harmonie avec le pouvoir d'achat des usagers du train», mais de qui se moque-t- on ?!
La tarification actuelle pour des trains normaux n'est déjà pas en harmonie avec le pouvoir d'achat des usagers : entre 23 et 34 € l'aller-retour pour un SMIG qui ne dépasse pas 182 € !!
La version officielle souligne aussi que «ce projet d'envergure ne manquera pas d'accompagner le  développement du nouveau pôle économique de Tanger-Tétouan, en raccourcissant les distances entre le 
Nord et le Sud du Royaume». Si on voulait vraiment  relier le nord avec le sud, ne serait-il pas plus intéressant
d'investir cet argent pour relier Marrakech à Agadir ? Ce tronçon qui attend depuis plus de 40 ans et qui aurait participé au désenclavement de toute la région du Souss et épargné aux nombreux citoyens qui
font le déplacement vers cette région les mésaventures de transports routiers sur des routes particulièrement
dangereuses. Ou encore : «Libérer de la capacité pour fluidifier le trafic ferroviaire fret sur cet axe (effets
d'entrainement du port de Tanger- Med) ?
Mais le comble c'est lorsque la version officielle cherche à convaincre de l'utilité d'un tel projet en avançant
des slogans aussi trompeurs que sournois du genre «le Maroc sera le premier pays d'Afrique et du monde arabe à se doter du TGV» ; et alors ?! Nous n'avons même pas un réseau d'assainissement capable d’éviter de couper toutes les routes et les lignes qui mènent vers cette ville y compris les lignes ferroviaires pour une journée entière !
... À quel prix ?
Pour un projet dont l'utilité reste à démontrer, les Marocains auront à payer 20 milliards de dirhams (1,8 milliards d'euros), ce qui représente 40 % du budget de l'enseignement pour l'année 2011, 182% du budget de la santé ou encore 39 fois le budget de la culture pour la même année !
Pour trouver des financements à ce nouvel éléphant blanc,le ministre de l'économie et des finances n'a pas eu
de difficultés à trouver 4,8 milliards de dirhams dans les caisses de l'Etat, lui qui pleurnichait à chaque fois qu'il
s'agissait de dépenses sociales et prônait un plan d'austérité. Un autre milliard provient du Fonds Hassan II
pour le développement économique et social, un fond alimenté par la mise aux enchères de nos établissements
publics des plus «rentables». Pour le reste, le gouvernement s'est tourné vers la solution de facilité qui continue
d'absorber plus du 1/3 du budget de l'Etat à savoir l'endettement. La somme de 12,3 milliards de dirhams a été empruntée à différents créanciers, dont des créanciers français du trésor et de banques commerciales pour 6,875 milliards de dirhams et de l'Agence Française de Développement pour 2,42 milliards de dirhams, en plus d'un don de l'Etat Français de 825 millions de dirhams. Ce sont «des prêts concessionnels avec des taux d'intérêt avantageux entre 1,2 et 3,16 % et des délais de grâce importants allant de 5 à 20 ans», avec des  taux variables. Chaque année, plus du 1/3 du budget de l’Etat sera absorbé par le service de la dette.
Qui en bénéficiera réellement ?
Sur les six conventions, la 6ème a été conclue avec le groupe français Alstom qui va fournir 14 rames à deux niveaux, chaque rame comprendra 8 voitures pour 533 voyageurs. Cette convention a été signée en gré à gré sans aucun appel d'offres ! Selon le ministre «Les prix de ce contrat sont au moins aussi avantageux que ceux des marchés comparables conclus en France et en Europe.» Sa parole est donc suffisante pour accorder un marché de plus de 4.5 milliards de dirhams à cette multinationale française ! Alstom est un des grands bénéficiaires avec un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros.
Des trains à deux vitesses pour un Maroc à deux vitesses
Actuellement, les trains dépassent à peine les 60km/h et la situation de certains est catastrophique (absence
de climatisation, toilettes non fonctionnelles, nombres réduits de sièges ...etc.). Ce projet de ligne TGV à
350Km/h est à l'image du Maroc à deux vitesses : 60 km/h pour ceux qui ont presque rien et 350 km/h pour
ceux qui ont tout !

Au Maroc,dans les chemins de fer les libertés syndicales bafouées, syndicalistes réprimés
Comme tous les pays du globe, le Maroc a commémoré, le 10 décembre dernier, le 62ème anniversaire de la déclaration de la Charte Universelle des Droits de l’Homme. Mais, contrairement aux slogans qu’essaie de
faire passer le gouvernement marocain, et qui annoncent un net progrès dans ce domaine, le cas des militants de l’0rganisation Démocratique du Rail (ODR) reste toujours un flagrant délit commis par la direction de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) ce qui dément tous ses discours . En effet, depuis la création de l’ODR en 2007, qui a très nettement remporté les élections de la mutuelle des cheminots, ses militants sont
victimes de toutes sortes de répressions morales et physiques. Cette attaque enragée de la part de la direction
de l’ONCF s’est intensifiée à l’approche des élections des délégués de personnel en 2009, et c’est ainsi que le secrétaire général de l’ODR a été licencié, tandis que 11 de ses militants ont été mutés arbitrairement à des centaines de kilomètres de leurs familles.
C’est à la suite de toutes ces répressions que l’ODR a décidé de boycotter les élections de 2009, refusant de prendre part à des élections pour lesquelles les dés étaient pipés avant même leur déroulement.
Depuis plus de 3 ans, et aujourd’hui encore, les militants de l’ODR sont toujours victimes de ces répressions systématiques : licenciements, exil, privation des droits les plus élémentaires, notations non octroyées,  avancement en grade inexistant, congés réguliers ou imprévus refusés, droit au congé maladie bafoué (des consignes sont souvent données aux médecins de service pour ne pas accorder des jours de maladie). Ajoutons à cette liste le refus d’accès à des documents administratifs, le refus d’accès, également, à la Direction Générale de l’ONCF, et parfois même, le refus de leur donner la carte de circulation.
A cette occasion le bureau national de l’ODR :
1- Revendique l’instauration d un comité d’investigation pour enquêter sur ces violations des Droits de  l'Homme au sein de l’ONCF.
2- Considère que le silence du gouvernement sur toutes ces violations est une complicité et un feu vert pour leur poursuite (le premier ministre et le ministre deCet article se veut une modeste contribution pour essayer de répondre à ces questions à travers une analyse critique de la propagande officielle faite autour de ce projet et, au-delà même, en se posant la question fondamentale du contrôle citoyen des grands projets structurants en cours au Maroc et la légitimité de ces choix et ces engagements faits par l'Etat en dehors de toute  consultation des populations qui auront encore une fois à subir les conséquences sociales, économiques, écologiques de tels choix.
3- Décide de porter plainte auprès de toutes les organisation nationales et internationales pour mettre fin à cet holocauste syndical au sein de l’ONCF.
4- Tient le gouvernement marocain pour responsable direct de tout ce qui s’en suivra de l’ internationalisation de ce conflit.
5- Insiste sur le fait que ni le licenciement, ni l’exil, ni les sanctions abusives, ni la souffrance aussi pénible  soit-elle, ne nous décourageront dans notre combat légitime pour notre dignité. 
6- Réaffirme son droit à la liberté d’expression, l’appartenance à l’ODR et le droit à la pratique syndicale au sein de l'Office National des Chemins de Fer.

Office National des Chemins de fer du Maroc
Le président Pépy a rappelé au Conseil d’Administration de la SNCF le contrat signé pour le TGV marocain. L’administrateur SUD-Rail a informé le Conseil de la très grave répression antisyndicale qui sévit au sein des chemins de fer de ce pays. Les militants de l’Organisation Démocratique du Rail sont mutés d’un bout à l’autre du pays, rétrogradés sans raison, et leur secrétaire général est licencié depuis 2 ans S juste parce qu’ils osent pratiquer un syndicalisme indépendant !
Si la SNCF est partenaire de l’ONCF et du Maroc, alors ses représentants doivent demander que ces pratiques cessent.
Au Maroc
dans les chemins de fer
les libertés syndicales sont bafouées,
les syndicalistes de l’ ODR sont réprimés.
Ne laissons pas faire : dénonçons et soutenons !

Réseau Rail Sans Frontière
(RRSF)
17 Bd de la Libération
93200 St Denis - France
Tel 01 42 43 35 75
federation-sudrail@wanadoo.fr