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mardi 22 mars 2011

Maroc : Scandaleuse répression syndicale dans les chemins de fer !

Par Solidaires, mars 2011
Depuis plus de 4 ans, les militants de l’ODR (Organisation Démocratique du Rail) sont toujours persécutés et continuent à être victimes de répression antisyndicale de la part de la direction de l’Office National des Chemins de Fer au Maroc : révocations, mutations arbitraires abusives, harcèlement moral, privation des droits humains les plus élémentaires, tels que les congés, les arrêts de travail pour maladie …
La politique de draconienne menée par la direction de l’ONCF, au nom de la rentabilité financière, dans la gestion de l’office, mène tout droit à la perte du caractère de service public de l’office (externalisation de plusieurs services vitaux au sein de l’ONCF au secteur privé via la sous-traitance…), ce qui se traduit par des répercussions néfastes sur les services de l’ONCF, tant au niveau du service rendu aux usagers, que pour les cheminots dont la situation sociale et financière se dégradent chaque jour un peu plus.
Devant l’acharnement de la direction de l’ONCF à continuer d’aussi graves violations des Droits de l’Homme, tant en ce qui concerne les droits des salariés que les libertés syndicales, plus particulièrement à l’encontre des militants de l’ODR, le Bureau National de l’Organisation Démocratique du Rail réuni à Rabat organisait un sit-in le 9 mars devant le parlement marocain. Les militants de l’ODR se battent pour la satisfaction de revendications légitimes, particulièrement :
 La liberté d’expression,
 Le droit d’appartenance à l’organisation syndicale de leur choix.
 L’exercice du droit syndical au sein de l ONCF.
 La sauvegarde d un service ferroviaire public et efficace.
 La dignité et l’amélioration de la situation sociale et financière des cheminots.

L’ONCF réprime, la SNCF fait des affaires…
Pour construire la ligne à grande vitesse Casablanca/Tanger, la SNCF bénéficie de marchés passés avec l’ONCF, dans le cadre d’accord entre les états français et marocains. Au Conseil d’Administration de la SNCF, le représentant SUD-Rail a refusé de valider ces marchés, passés au mépris de la situation sociale, de la répression antisyndicale à l’ONCF.

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Articles extraits du Bulletin du Réseau Rail Sans Frontière n° 1 mars 2011

 TGV Casablanca - Tanger : Encore un éléphant blanc à la marocaine

Résolution de Casablanca 
 Dans un pays endetté de plus de 50 milliards de dollars à fin 2009, où 28% de la population vit en situation de pauvreté, où 40% de la population fait face soit à des difficultés pour maintenir un mode de vie modeste ou tout simplement pour survivre au jour le jour; dans un pays où le réseau ferroviaire n'a pratique ent pas été élargi depuis plus de 40 ans, le projet de ligne à grande vitesse LGV n’a aucun sens et pose les questions suivantes : le TGV est il une priorité pour les Marocains aujourd'hui ? A quel prix ? Qui en bénéficiera réellement ?
.
Un TGV : pourquoi faire ?
La version officielle justifie la mise en place du TGV entre Casablanca et Tanger par une réduction dite importante de temps de voyage : le futur TGV permettra de faire le trajet Casablanca - Tanger en 2h10 contre 4h45 aujourd'hui. A quoi bon, quand la majorité des voyageurs qui prennent le train reliant Tanger à Casablanca ou à Rabat se soucie plus du coût du voyage et de la qualité du service plutôt que de sa durée ? 
Les retards dépassent parfois 3 heures !
Pour le prix, «l'offre de tarification sera compétitive et en harmonie avec le pouvoir d'achat des usagers du train», mais de qui se moque-t- on ?!
La tarification actuelle pour des trains normaux n'est déjà pas en harmonie avec le pouvoir d'achat des usagers : entre 23 et 34 € l'aller-retour pour un SMIG qui ne dépasse pas 182 € !!
La version officielle souligne aussi que «ce projet d'envergure ne manquera pas d'accompagner le  développement du nouveau pôle économique de Tanger-Tétouan, en raccourcissant les distances entre le 
Nord et le Sud du Royaume». Si on voulait vraiment  relier le nord avec le sud, ne serait-il pas plus intéressant
d'investir cet argent pour relier Marrakech à Agadir ? Ce tronçon qui attend depuis plus de 40 ans et qui aurait participé au désenclavement de toute la région du Souss et épargné aux nombreux citoyens qui
font le déplacement vers cette région les mésaventures de transports routiers sur des routes particulièrement
dangereuses. Ou encore : «Libérer de la capacité pour fluidifier le trafic ferroviaire fret sur cet axe (effets
d'entrainement du port de Tanger- Med) ?
Mais le comble c'est lorsque la version officielle cherche à convaincre de l'utilité d'un tel projet en avançant
des slogans aussi trompeurs que sournois du genre «le Maroc sera le premier pays d'Afrique et du monde arabe à se doter du TGV» ; et alors ?! Nous n'avons même pas un réseau d'assainissement capable d’éviter de couper toutes les routes et les lignes qui mènent vers cette ville y compris les lignes ferroviaires pour une journée entière !
... À quel prix ?
Pour un projet dont l'utilité reste à démontrer, les Marocains auront à payer 20 milliards de dirhams (1,8 milliards d'euros), ce qui représente 40 % du budget de l'enseignement pour l'année 2011, 182% du budget de la santé ou encore 39 fois le budget de la culture pour la même année !
Pour trouver des financements à ce nouvel éléphant blanc,le ministre de l'économie et des finances n'a pas eu
de difficultés à trouver 4,8 milliards de dirhams dans les caisses de l'Etat, lui qui pleurnichait à chaque fois qu'il
s'agissait de dépenses sociales et prônait un plan d'austérité. Un autre milliard provient du Fonds Hassan II
pour le développement économique et social, un fond alimenté par la mise aux enchères de nos établissements
publics des plus «rentables». Pour le reste, le gouvernement s'est tourné vers la solution de facilité qui continue
d'absorber plus du 1/3 du budget de l'Etat à savoir l'endettement. La somme de 12,3 milliards de dirhams a été empruntée à différents créanciers, dont des créanciers français du trésor et de banques commerciales pour 6,875 milliards de dirhams et de l'Agence Française de Développement pour 2,42 milliards de dirhams, en plus d'un don de l'Etat Français de 825 millions de dirhams. Ce sont «des prêts concessionnels avec des taux d'intérêt avantageux entre 1,2 et 3,16 % et des délais de grâce importants allant de 5 à 20 ans», avec des  taux variables. Chaque année, plus du 1/3 du budget de l’Etat sera absorbé par le service de la dette.
Qui en bénéficiera réellement ?
Sur les six conventions, la 6ème a été conclue avec le groupe français Alstom qui va fournir 14 rames à deux niveaux, chaque rame comprendra 8 voitures pour 533 voyageurs. Cette convention a été signée en gré à gré sans aucun appel d'offres ! Selon le ministre «Les prix de ce contrat sont au moins aussi avantageux que ceux des marchés comparables conclus en France et en Europe.» Sa parole est donc suffisante pour accorder un marché de plus de 4.5 milliards de dirhams à cette multinationale française ! Alstom est un des grands bénéficiaires avec un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros.
Des trains à deux vitesses pour un Maroc à deux vitesses
Actuellement, les trains dépassent à peine les 60km/h et la situation de certains est catastrophique (absence
de climatisation, toilettes non fonctionnelles, nombres réduits de sièges ...etc.). Ce projet de ligne TGV à
350Km/h est à l'image du Maroc à deux vitesses : 60 km/h pour ceux qui ont presque rien et 350 km/h pour
ceux qui ont tout !

Au Maroc,dans les chemins de fer les libertés syndicales bafouées, syndicalistes réprimés
Comme tous les pays du globe, le Maroc a commémoré, le 10 décembre dernier, le 62ème anniversaire de la déclaration de la Charte Universelle des Droits de l’Homme. Mais, contrairement aux slogans qu’essaie de
faire passer le gouvernement marocain, et qui annoncent un net progrès dans ce domaine, le cas des militants de l’0rganisation Démocratique du Rail (ODR) reste toujours un flagrant délit commis par la direction de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) ce qui dément tous ses discours . En effet, depuis la création de l’ODR en 2007, qui a très nettement remporté les élections de la mutuelle des cheminots, ses militants sont
victimes de toutes sortes de répressions morales et physiques. Cette attaque enragée de la part de la direction
de l’ONCF s’est intensifiée à l’approche des élections des délégués de personnel en 2009, et c’est ainsi que le secrétaire général de l’ODR a été licencié, tandis que 11 de ses militants ont été mutés arbitrairement à des centaines de kilomètres de leurs familles.
C’est à la suite de toutes ces répressions que l’ODR a décidé de boycotter les élections de 2009, refusant de prendre part à des élections pour lesquelles les dés étaient pipés avant même leur déroulement.
Depuis plus de 3 ans, et aujourd’hui encore, les militants de l’ODR sont toujours victimes de ces répressions systématiques : licenciements, exil, privation des droits les plus élémentaires, notations non octroyées,  avancement en grade inexistant, congés réguliers ou imprévus refusés, droit au congé maladie bafoué (des consignes sont souvent données aux médecins de service pour ne pas accorder des jours de maladie). Ajoutons à cette liste le refus d’accès à des documents administratifs, le refus d’accès, également, à la Direction Générale de l’ONCF, et parfois même, le refus de leur donner la carte de circulation.
A cette occasion le bureau national de l’ODR :
1- Revendique l’instauration d un comité d’investigation pour enquêter sur ces violations des Droits de  l'Homme au sein de l’ONCF.
2- Considère que le silence du gouvernement sur toutes ces violations est une complicité et un feu vert pour leur poursuite (le premier ministre et le ministre deCet article se veut une modeste contribution pour essayer de répondre à ces questions à travers une analyse critique de la propagande officielle faite autour de ce projet et, au-delà même, en se posant la question fondamentale du contrôle citoyen des grands projets structurants en cours au Maroc et la légitimité de ces choix et ces engagements faits par l'Etat en dehors de toute  consultation des populations qui auront encore une fois à subir les conséquences sociales, économiques, écologiques de tels choix.
3- Décide de porter plainte auprès de toutes les organisation nationales et internationales pour mettre fin à cet holocauste syndical au sein de l’ONCF.
4- Tient le gouvernement marocain pour responsable direct de tout ce qui s’en suivra de l’ internationalisation de ce conflit.
5- Insiste sur le fait que ni le licenciement, ni l’exil, ni les sanctions abusives, ni la souffrance aussi pénible  soit-elle, ne nous décourageront dans notre combat légitime pour notre dignité. 
6- Réaffirme son droit à la liberté d’expression, l’appartenance à l’ODR et le droit à la pratique syndicale au sein de l'Office National des Chemins de Fer.

Office National des Chemins de fer du Maroc
Le président Pépy a rappelé au Conseil d’Administration de la SNCF le contrat signé pour le TGV marocain. L’administrateur SUD-Rail a informé le Conseil de la très grave répression antisyndicale qui sévit au sein des chemins de fer de ce pays. Les militants de l’Organisation Démocratique du Rail sont mutés d’un bout à l’autre du pays, rétrogradés sans raison, et leur secrétaire général est licencié depuis 2 ans S juste parce qu’ils osent pratiquer un syndicalisme indépendant !
Si la SNCF est partenaire de l’ONCF et du Maroc, alors ses représentants doivent demander que ces pratiques cessent.
Au Maroc
dans les chemins de fer
les libertés syndicales sont bafouées,
les syndicalistes de l’ ODR sont réprimés.
Ne laissons pas faire : dénonçons et soutenons !

Réseau Rail Sans Frontière
(RRSF)
17 Bd de la Libération
93200 St Denis - France
Tel 01 42 43 35 75
federation-sudrail@wanadoo.fr

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