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vendredi 5 avril 2013

François Hollande au Maroc: plutôt les affaires que les droits de l'homme !

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C'est un Président français sévèrement diminué politiquement qui s'apprête à se rendre en visite d'Etat au Maroc, les 3 et 4 avril.
Battant des records d'impopularité, François Hollande n'a cessé, depuis le début de son mandat, de chuter dans les sondages, où il a encore perdu cinq points, cette semaine, pour s'établir à trente six pour cent (36%) d'opinions favorables. Sa dernière prestation sur la deuxième chaîne française, n'y a rien changé. Peu ou prou de ses compatriotes ont été convaincus de sa capacité à relancer la machine de la croissance et résoudre le problème du chômage. Trente deux pour cent (32%) seulement,  d'entre eux l'ont trouvé «convaincant» et trente pour cent (30%) à le trouver «rassurant».  En outre, neuf (9) chefs d'entreprises français sur dix (10) interrogés, lors d'un sondage, ont  déclaré n'être pas confiants, dans un redressement prochain de l'économie, tandis que l'INSEE prévoit une croissance quasi nulle, pour l'économie française, au moins jusqu'à la fin du mois de juin.

Susceptibilité marocaine et « minauderie protocolaire »
C'est dans ce contexte de morosité qu'a lieu la visite de François Hollande. Une visite très courte, au regard des enjeux et de la forte délégation qui accompagnera le chef de l'Etat français. Elle tranche nettement avec celles de ses prédécesseurs, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy, dont les liens avec ce pays du Maghreb, à l'instar de bon nombre de politiciens français,  débordent du cadre purement  diplomatique. Chirac avait ses habitudes au Palais des hôtes de Rabat et à « La gazelle d'or », à Taroudant, avant que son état de santé, qui s'est fortement dégradé, ne le contraigne à réduire tous ses déplacements.
Nicolas Sarkozy a, quant à lui, fait l'acquisition d'un riad de luxe, en guise de résidence secondaire, à Marrakech, peu avant son élimination à la présidentielle française. Un rude coup pour le Maroc qui avait misé à fond sur le candidat UMP.
Le président socialiste a choisi le haut de gamme des visites, à un moment où la France à bout de souffle économique,  se cherche un bol d'air, en dynamisant les relations avec la rive sud de la méditerranée. Les appels du pied et les panégyriques des responsables français à l'endroit du Maroc se sont multipliés, au cours des mois qui ont suivi les élections, d'autant que la première visite présidentielle aura été pour l'Algérie, où François Hollande s'était déjà rendu en mars 2012, alors qu'il n'était encore que candidat et promettait d'y revenir s'il était élu.
Pour qui connaît la susceptibilité du protocole marocain, la priorité donnée au frère ennemi était une égratignure. L'Elysée avait bien tenté de donner des gages, en envoyant son premier ministre en visite, rien n'y a fait. Comme il fallait s'y attendre, le palais ne s'est pas privé de rendre la politesse, sous la forme d'une « minauderie protocolaire » qui a choisi de faire passer l'hôte français, après le déplacement africain de Mohamed VI, au Sénégal, en Côte d'ivoire et au Gabon. Un déplacement dans le pré carré traditionnel marocain en Afrique qui ne revêtait ni un caractère d'urgence, ni une importance vitale, sinon pour les affaires personnelles du roi, dans les domaines des banques, des mines, des télécommunications ou encore de l'immobilier. Un timing soigneusement choisi, également, pour éviter au roi d'avoir à accueillir Christopher Ross,  l'Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l'ONU pour le Sahara, en tournée dans la région. Fait notable, la visite du souverain marocain qui aurait du passer comme lettre à la poste, a eu à pâtir d'une autre susceptibilité protocolaire du palais, « ennuyé » que les gabonais aient annoncé la visite royale avant les médias officiels marocains.

Le Maroc arrière-cour de l'économie française
Avec la quasi totalité des entreprises du Cac 40 représentées sur place, des échanges commerciaux dépassant les vingt-deux (22) milliards et plusieurs dizaines de milliards d'euros d'investissements, on peut dire que le Maroc est l'arrière-cour ou le prolongement naturel du tissu économique français.
Le Président qui compte prononcer un discours devant le parlement marocain au cours d'une session extraordinaire, tiendra sans doute compte de ce postulat et se gardera de franchir le Rubicon, en abordant les sujets qui fâchent, tels que les droits de l'homme, que la France préfère voir comme un verre à moitié plein, bien que le Maroc se retrouve pointé du doigt de toutes parts pour la rudesse de sa répression du « Mouvement du Vingt février » et les procès fabriqués contre ses militants. Autre point noir et non des moindres, le pays du couchant est également sur la sellette au Sahara occidental où ses forces de sécurité, tous uniformes confondus, se livrent à une chasse impitoyable aux indépendantistes. Des images volées circulent sur la toile et montrent, en effet, des hommes sévèrement battus, à Laayoune, par des policiers en civil et qui n'ont pas hésité à s'en prendre également aux femmes sahraouies et à leur intimité, leur arrachant voile et  vêtements et les menaçant de viol collectif.

La grogne en embuscade
Comme un mauvais présage, la visite du représentant français dans la capitale économique marocaine démarre dans la colère et la détestation populaire, les autorités de la ville ayant jugé nécessaire de délocaliser au stade El Abdi, d'une capacité de quinze mille (15.000) places dans la ville d'El Jadida, distante de plus de cent kilomètres, le match qui devait opposer le Raja de Casablanca, aux koweitiens d'Al Arabi, au stade Mohamed V, d'une capacité de soixante mille (67.000) places, mercredi à vingt heures.
Beaucoup plus préoccupant pour la vitrine du Maroc, cette visite intervient dans un contexte où l'agitation sociale reprend, de plus belle, au moment où le gouvernement Benkirane semble avoir atteint ses limites, face à l'ampleur de la tâche et à l'omnipotence du Palais. Les promesses de justice sociale, de lutte contre la corruption, d'indépendance de la justice sont restées lettre morte.
Transparency International a classé pour l'année 2012 le Maroc au quatre-vingt huitième (88) rang sur cent soixante-seize (176) pays, avec un indice de perception de la corruption (IPC) de trente sept (37) sur cent (100). Les autres indices flirtent toujours avec la médiocrité comme celui de la compétitivité défini par le Forum économique mondial qui classe notre pays en soixante-dixième (70) position sur cent quarante deux (142) pays. L'indépendance du système judiciaire fait pire, le royaume se classant, selon le Forum économique mondial, à la quatre-vingtième (80) place sur cent quarante deux (142) pour  2011-2012.
Le chômage des jeunes diplômés et la crise économique qui touche également le royaume entretiennent un fond diffus de grogne sociale qui menace de mettre, à tout moment, le feu aux poudres. La forme sporadique de grèves, de sit-ins et de manifestations, semble reprendre de la vigueur, après le moment de grâce ayant suivi les élections qui ont porté le PJD au pouvoir et Benkirane à la chefferie du gouvernement. La manifestation unitaire syndicale qui a eu lieu ce dimanche 31 mars à Rabat, a regroupé un arc-en-ciel d'organisations, de mouvements et de partis politiques vent debout contre les mesures d'austérité appliquées par le gouvernement marocain. Le nombre des manifestants témoigne de l'ampleur des revendications et de la détestation croissante des méthodes d'un Benkirane personnellement conspué par la foule.

Plutôt les affaires que les droits de l'homme
Sur tout cela, François Hollande fermera sans doute les yeux, préférant parler économie. Les soixante-dix patrons français qui font le déplacement en même temps que le  Président, tenteront de refaire le retard accumulé par l'Hexagone sur l'Espagne qui lui a pris la moitié des parts du marché marocain. La dizaine d'accords prévus porteront sur l'agro-alimentaire, mais surtout sur les énergies renouvelables. La France, qui compte réaliser le TGV, tant décrié par la société civile marocaine, ne cache pas son ambition de remporter la deuxième tranche de la centrale solaire de Ouarzazate, et de réaliser et gérer  le plus grand parc éolien à Tarfaya, d'une puissance de trois cents (300) mégawatts, pour un coût de cinq cents millions (500.000.000) d'euros.
Enfin, Paris qui ne peut se permettre de s'aliéner ses propres écologistes, lorgne avec un intérêt non dissimulé, sur le programme marocain de plus en plus contesté, comme un fait du Prince, de la prospection et de l'exploitation éventuelle du gaz de schiste, une source d'énergie dont on sait qu'elle pourrait polluer irrémédiablement, la nappe phréatique dans un pays qui manque souvent cruellement d'eau.
Rien de spectaculaire, ni de particulier ne sortira donc de la visite présidentielle, sous les auspices de la crise économique la plus grave que le monde ait eu à affronter depuis 1929, sinon à confirmer, une fois de plus, que la France reste une fidèle adepte de la Realpolitik. Et qu'elle soit de droite ou de gauche, elle affectionne de parler plutôt affaires que droits de l'homme !
 https://fr.lakome.com/index.php/chroniques/593-francois-hollande-au-maroc-plutot-les-affaires-que-les-droits-de-l-homme
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Hollande au Maroc. Une visite sans véritables enjeux


L'Élysée qui ne s'attend pas beaucoup à la signature de nouveaux contrats commerciaux, met le Mali à la tête des priorités de cette rencontre, plutôt protocolaire, entre Mohammed VI et Hollande.
Il semble que l'intervention française au Nord du Mali sera la première priorité française lors de la visite du président François Hollande à Rabat et Casablanca. En effet, considérant que leur mission est quasi-accomplie, il est maintenant question, pour les Français, de remettre le relais aux armées africaines qui devraient s'occuper de mettre fin à l'instabilité que connaît le Nord Mali. Le Maroc, qui a nié tout envoi d'hommes sur le terrain de la guerre, y jouera-t-il un rôle ?
Sur un autre volet, selon des journalistes français, les responsables de l'Élysée (des conseillers du président) avaient sous-entendu, lors d'un briefing ayant rassemblé une quarantaine de journalistes la semaine dernière, que la visite ne comportera aucun gros enjeu commercial.
Le président français qui sera accompagné d'une soixantaine de chefs d'entreprises « ne compte pas trop sur la signature de nouveaux contrats. Son objectif est de consolider ceux déjà réalisés, à leur tête le projet du TGV ». En effet, en plus de la SNCF, Alstom et colas Rail, trois autres compagnies françaises d'ingénierie seront là et feront certainement un point avec les autorités marocaines sur l'état d'avancée de la Ligne grande vitesse qui reliera Tanger à Rabat, et qui coûtera au Maroc, à terme, quelque 3 milliards d'euros.
Selon un journaliste français ayant assisté au briefing, « il semble qu'ils n'ont rien à proposer sur la question du Sahara, qui avait l'air de les fatiguer d'ailleurs ». Ce journaliste rapporte que lui et ses collègues avaient eu le fou rire quand l'un des responsables de l'Élysée avait commis une bourde en parlant de « Sahara oriental ».

Le Petit Journal 04/04/2013 - François Hollande en visite au Maroc.

Baise Sa sainte Main juvénile. La monarchie à l'épreuve de la satire.(en France, au Maroc une telle satire coûte très cher !)
 

La France annule la décision de libérer Georges Ibrahim Abdallah (vidéo)

 Par Al Akhbar, 4/4/2013

Cet après-midi, la Cour de Cassation a annulé la décision de libérer le prisonnier libanais Georges Abdallah, 62 ans, incarcéré dans les prisons françaises depuis 29 ans. Le 20 novembre 2012, le Tribunal d'application des peines avait accordé sa libération conditionnelle, mais le parquet a fait appel de la décision et la France s'est retrouvée sous la pression croissante des Etats-Unis et d'Israël pour bloquer sa libération. 

La France annule la décision de libérer Georges Ibrahim Abdallah (vidéo)
Joseph Abdallah réagit à la décision de la Cour de Cassation cet après-midi devant l'Ambassade de France à Beyrouth (capture d'écran de la vidéo ci-dessous)

"Nous ne pensons pas qu'il doive être libéré et nous poursuivons nos consultations avec le gouvernement français à ce sujet," avait déclaré en janvier dernier la porte-parole du département d'Etat Victoria Nulan. "Nous sommes très préoccupés qu'il puisse revenir au champ de bataille."

Le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls a refusé de signer l'ordre d'extradition d'Abdallah le matin de sa libération anticipée, en janvier, provoquant des protestations et des sit-ins devant les centres culturels français dans le pays.

Abdallah a été condamné à la prison à perpétuité sur une présomption d'implication dans l'assassinat de deux diplomates, l'aide de camp d'un militaire américain et un Israélien en 1982. Le tribunal n'ayant pu présenter des preuves concrètes contre lui, il avait été emprisonné pour faux-passeport.

La cour de cassation de France, la plus haute cour d'appel, a statué contre sa libération sur la base que l'extradition d'Abdallah ne permettrait pas une période de liberté conditionnelle d'un an. Son expulsion du pays était une condition nécessaire à sa libération.

Le document qui détaille les délibérations et les décisions de la cour ne font aucune référence au crime en question.

Mais les militants libanais disent qu'il y a encore un espoir, et attendent l'audience du 11 avril du Tribunal d'application des peines où ils espèrent contrer l'appel. Il est cependant difficile de savoir si la décision de jeudi peut être contestée.

"Une affaire comme celle-ci ne peut être contestée sur la base des sources juridiques françaises," a dit à Al-Akhbar Joseph Abdallah, frère du prisonnier.

Des dizaines de militants se sont rassemblés devant l'ambassade de France à Beyrouth pour protester contre la décision, poursuivant des mois de sit-in pour exiger la libération d'Abdallah.

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Note ISM-France : Vidéo prise cet après-midi devant l'Ambassade de France à Beyrouth à l'annonce de la honteuse décision de la Cour de Cassation. Joseph Abdallah déclare :

" (...) La décision des autorités françaises de ne pas libérer Georges ABDALLAH ne nous choque pas ! Nous, les militants anti-impérialistes, sommes habitués à cette tyrannie : que la bourgeoisie écrase ses propres valeurs et sa propre justice ? Rien de nouveau (...) ! Nous ne laisserons aucun drapeau français flotter sur le sol libanais (fermeture de toutes les organisations françaises au Liban)."


Source : Al Akhbar
Traduction : MR pour ISM
   http://www.ism-france.org/analyses/La-France-annule-la-decision-de-liberer-Georges-Ibrahim-Abdallah-video--article-18024#.UV27ucIGbqA.facebook

Le Maroc a choisi l’impunité aux dépens de la vérité (collectif Al Haqiqa)

 Communiqué du Collectif Al Haqiqa

Publié à Bruxelles, le 24 mars 2013 par le Collectif Al Haqiqa
 
Le Collectif Al Haqiqa regroupant les associations marocaines en Europe de défense des droits humains et des familles de victimes de la disparition forcée (ASDHOM, APADM, FVJ-France, KMM, AMBDH) s’est réuni ce dimanche 24 mars 2013 en marge de la conférence-débat organisée par l’AMBDH la veille 23 mars en commémoration du 40ème anniversaire de l’enlèvement de Houcine El Manouzi le 29/10/1972 à Tunis et sa disparition forcée depuis lors.

Lors de cette réunion, le Collectif Al Haqiqa a fait l’évaluation de la situation des droits de l’Homme au Maroc et en dresse un constat alarmant.

1- Sur les disparitions forcées et les détentions arbitraires

Si l’IER a permis de faire la lumière sur partie des cas de disparition forcée, le sort d’un grand nombre de personnes reste à élucider. Parmi ces cas figurent l’affaire Ben Barka et l’affaire Houcine El Manouzi dont les noms restent intimement associés à la disparition forcée. Et l’impunité des auteurs de ces disparitions continue à prévaloir, en contradiction avec le droit international.

Bien que le Parlement marocain ait finalement ratifié la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre la disparition forcée en septembre 2012, plusieurs cas de disparition forcée ont été enregistrés,  en particulier depuis l’adoption de la loi antiterroriste du 29 mai 2003. Les services de sécurité continuent de bénéficier de larges pouvoirs en matière d’arrestation et de détention de personnes dans des lieux tenus secrets, et notamment celui de la DST à Temara. La réforme de la gouvernance des appareils de sécurité conformément aux recommandations de l’IER n’a toujours pas été entamée. Pire encore, une loi adoptée en 2012 accorde aux militaires l’immunité du moment qu’ils agissent sur ordre de leurs supérieurs hiérarchiques.

2- Sur la pratique de la torture

Le Maroc a enregistré une avancée importante sur ce point en adoptant en 2005 une loi criminalisant la pratique de la torture. Cependant, des rapports continuent de faire état de supplices physiques, psychologiques et sexuels, entrainant parfois des décès, dans les lieux de détention ou à l’occasion d’interrogatoires.

3- Sur l’usage excessif et disproportionné de la force publique

Des manifestations publiques pacifiques sont brutalement dispersées par les forces de l’ordre et notamment celles organisées par le Mouvement du 20 février depuis deux ans, ou des sit-in se déroulant principalement devant le Parlement à Rabat ou des quartiers populaires de Sidi Ifni, Marrakech, Taza et d’autres grandes villes, blessant ainsi plusieurs manifestants.
Alors que les recommandations de l’IER insistent sur la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’impunité, les forces de l’ordre responsables de ces exactions ne sont pas tenues de rendre compte de leurs actes et les victimes n’ont pu bénéficier d’aucune forme de réparation ou de prise en charge.

4- La réforme du système judiciaire

La réforme du pouvoir judiciaire constitue une recommandation centrale de l’IER. Bien que des avancées aient été réalisées dans le cadre de la nouvelle Constitution du 1er juillet 2011, cette réforme tarde à se réaliser et des violations des droits de l’Homme continuent d’être observées, notamment en ce qui concerne le droit à un procès équitable.

5- La liberté d’expression et la liberté de la presse

L’augmentation des procès à l’encontre de journalistes, leur condamnation à des peines de prisons et/ou à des pénalités financières importantes, ainsi que la suppression, voire l’interdiction de certaines publications montrent que la liberté d’expression n’est toujours pas garantie et a même observé, ces dernières années, un net recul.

Après ce constat sévère sur la situation des droits humains au Maroc, le Collectif Al Haqiqa met en garde contre le fait que, plus de sept ans après la fin de la mission de l’IER, la Vérité sur les violations graves des droits de l’Homme durant les années de plomb et les responsabilités en la matière ne sont toujours pas connues. L’écrasante majorité des recommandations faites par l’IER en vue d’améliorer les structures institutionnelles n’ont pas été mises en œuvre. Cet échec à faire appliquer ces recommandations révèle un manque de volonté politique de mettre en place des garanties efficaces pour la protection des droits humains et de changer la structure politique qui a permis que des violations des droits humains se produisent dans un climat d’impunité quasi totale.

Le collectif Al Haqiqa, attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur cette situation déplorable des droits de l’Homme au Maroc et appelle à la mobilisation de toutes les forces vives éprises de liberté et de démocratie à soutenir la lutte du peuple marocain dans son combat quotidien pour l’établissement  d’un véritable État de droit et démocratique.

Vérité et justice pour le peuple marocain

Publié à Bruxelles, le 24 mars 2013 par le Collectif Al Haqiqa

Affaire des victimes des microcrédits de la région de Ouarzazate



Solidarité avec Amina Mourad et Benasser Ismaini, coordinateurs du mouvement des victimes des microcrédits de la région de Ouarzazate
par Souad Guennoun, Attac-Maroc, 4/4/2013
Amina Mourad et Benasser Ismaini  sont convoqués au tribunal de Ouarzazate le 4 avril 2013.
Leur procès a été reporté 14 fois. Les représentants des 5 organismes de  microcrédits qui avaient porté plainte ne se présentant pas aux convocations du tribunal.
Amina Mourad et Benasser Ismaini sont trainés en justice pour avoir défendu, rassemblé les victimes des microcrédits dans leur région et mis à nu les abus des organismes des microcrédits.
Aujourd’hui, au tribunal de Ouarzazate, 4 des 5 organismes de microcrédits se sont rétractés, ont retiré leur plainte, sans pour autant envoyer leurs avocats.
Le procès est reporté au 25 avril 2013.
C’est une première victoire pour le mouvement des victimes contre les organismes de microcrédits de la région de Ouarzazate. Les victimes des organismes des microcrédits qui sont venues en nombre manifester leur solidarité devant le tribunal,  ont marché dans la ville à l’annonce du jugement, en lançant les slogans : « dégage microcrédits » accompagnés de you you. La solidarité est plus qu’urgente et nécessaire pour transformer ce succès en victoire pour toutes les victimes des organismes de microcrédits et pour étendre et développer ce mouvement dans toutes les villes et régions.
Pour exiger un réel développement qui s’attaque en profondeur aux sources de la pauvreté et stopper l’engrenage de la dette , pour des droits et une justice sociale, pour le jugement des organismes qui se nourrissent de la pauvreté des femmes.

112 filles mettent fin à leur parcours estudiantin à Khénifra


Par Kacem Ezzayani, Libe.ma, 3/4/2013

Le lycée de la déperdition


112 filles mettent fin à leur parcours estudiantin à KhénifraLoin des beaux discours trop optimistes sur la scolarisation des jeunes filles dont nous gave l’actuelle majorité, la réalité est là, amère et pas que du côté de Khénifra. Justement, le triste exemple nous est servi de la capitale des Zayanes. Et plus précisément du lycée Tarik où 112  filles-élèves internes ont décidé de quitter l’internat et l’établissement et rentrer chez elles abandonnant ainsi leurs études. Ces  jeunes filles, toutes originaires des douars, bourgs et hameaux de la province de Khénifra, ont pris cette pénible  décision à cause des conditions de délabrement des infrastructures dudit internat qui a été rénové il y a quelques années et inauguré lors d’une visite Royale à la province.
Et en si peu de temps, les dortoirs, les réfectoires et les sanitaires se sont transformés en lieux invivables. Les coupures d’eau potable et d’électricité sont fréquentes, l’étanchéité des toitures et des murs est défectueuse, rendant les salles ainsi que les dortoirs impraticables surtout durant l’hiver. Si l’on ajoute à cela le problème des égouts et des canalisations souvent bouchés, on comprend bien pourquoi ces jeunes filles veulent mettre fin à leur parcours estudiantin.
Face à cette situation, les professeurs du lycée Tarik ont observé hier une grève suivie d’un sit-in devant le siège de la province. Quant aux responsables, ils ont déclenché une polémique sur la responsabilité de l’entretien de cet internat construit grâce aux fonds de la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Les services de la province prétendent que c’est la délégation de l’Education nationale qui doit assumer ses responsabilités dans ce sens alors que le délégué soutient que la délégation n’a jamais réceptionné cet établissement et qu’il dépend du ministère de l’Intérieur.
C’est tout ce que les responsables ont trouvé comme solution à un problème que le Maroc tente de surmonter, à savoir la scolarisation de nos jeunes filles.
Des fonds substantiels ont été alloués à ce projet au niveau de l’INDH et dans divers programmes gouvernementaux depuis des années mais certaines pratiques et dilapidations de deniers publics sont un frein à toute avancée dans ce sens.


La place des femmes sahraouies dans les campements de réfugiés,


La place des femmes sahraouies dans les campements de réfugiés, vidéo de Oumeima par Franck NA. 

Sous-titre : « madame Omeima ABDESLAM, Représensante du Front Polisario pour la Suisse et les Nations Unies »

Depuis 1975 jusqu’au référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui.

Elle avait seulement deux ans quand sa famille connaît l’exode. Un parcours de jeune femme qui passe par Cuba, dans l’Ile de la Jeunesse, lieu d’études pour des milliers de jeunes de toute la planète, dans des universités qualifiées, que, faut il le rappeler, l’altruisme des révolutionnaires cubains avaient créées et généreusement mises à disposition. Mais elle a connu cette période brusquement frugale, lorsque le bloc soviétique s’effondre et stoppe net toutes subventions auprès de son petit protégé des Caraïbes. Les subsistances sont extrêmemt réduites, et une nouvelle fois, elle est donc confrontée directement par une mutation globale, elle Sahraouie, sur une île des Caraïbes, dépendante jusque là d’une puissance européenne. Elle quitte Cuba, munie de son diplôme d’ingénieur en télécommunications, la faim et la volonté au ventre. Et de retour dans les camps, femme mariée, elle sera co-fondatrice de la première « école pour femmes » dans le camp de Dajla. Pour que toutes ces femmes de 15 à 55 ans qui forcément restent là, à s’occuper de tout, puissent apprendre , apprendre à coudre, apprendre des autres, apprendre parfois l’informatique ou des langues, apprendre un métier. Maintenant, il y a une école pour femmes dans chaque camp de réfugiés. Et puis elle est repartie, Omeima Abdeslam, mais cette fois pour un poste diplomatique, une représentation sahraouie en Finlande, et de là, elle accepte le poste de Représensante du Front Polisario pour la Suisse et les Nations Unies à Genève. C’est un poste difficile, un challenge pour elle, en tant que femme, et en tant que mère de deux jeunes enfants. Mais elle ne perd pas son goût de vivre et de faire connaître la situation intolérable de son peuple.
Les intérêts bloquant un retour sur la terre de leurs parents : Le Maroc veut conserver un territoire , ou plus exactement ses richesses minières. Convoitise. (Maroc et France)
Dans sa propagande, le Maroc affirme que les réfugiés sont séquestrés par l’Algérie :
- «  Etes vous séquestrés ici ? …


- Etes vous Marocains ?


- Avez vous une liberté de circulation ? … » sont les questions que nous posons aux réfugiés rencontrés. Mais dont nous connaissons la réponse.
Les six camps de réfugiés autour de Tindouf, petite ville algérienne principalement garnison militaire :
 Le camp de Rabouni est le centre névralgique, administratif et politique. Vous y trouverez surtout des hommes. Vous y trouverez par exemple le Ministère des Sports. M. Bougleida, le ministre des sports a la charge du MARATHON, s’occupe d’une des principales manifestations internationales, avec un budget qui mériterait d’être soutenu par tous les pays des 400 ou 500 participants. Le marathon a lieu chaque année. Le Marathon du désert 2013 devait avoir lieu les 27 et 28 février avec une semaine de festivités. mais cette année, les événements bousculent la région. Le Sahara- marathon est repoussé à une date ultérieure - Le 20 mai peut-être. La course s’effectue dans les environs des camps, c’est –à-dire dans le désert. Le message du SAHARA - MARATHON de TINDOUF se résume en deux mots : PARTAGE et DENONCIATION.
Le camp de Bojador est plus culturel avec son centre audiovisuel, son musée ou mémorial, et le centre U.N.M.S, l’Union Nationale des Femmes Sahraouies.
Dans les camps de Aaiun, de Dajla, d’ Awsard et de Rabouni, les femmes sont omniprésentes, à tous les niveaux. Il y a un hôpital dans chaque wilaya ("préfecture" ?) ; Et dans chaque wilaya, il y a  6 ou 7 Dairas (communes) et dans chaque Daira, 4 quartiers. Dans chacun, au moins un dispensaire, une crêche, une école…
L’organisation est démocratique mais pyramidale, avec des décisions très centralisées.
En 2013 devrait avoir lieu un référendum symbolique demandant à tous les Sahraouis de se prononcer sur leur futur. Ce référendum est né de l’initiative d’un groupe de jeunes NOVA .«  Non à La violence » .
Une autre association, Tiba Sidi Reba « les Voix contre les murs », interne toujours aux camps de réfugiés sahraouis, dénonce le mur construit sur les dunes et défendu becs-et-ongles par les soldats marocains. Un mur de sable cafi de mines anti-personnelles .

Les réfugiés sarahouis subsitent uniquement par l’aide internationale. Ils sont dépendants en permanence de quelques ONGs du PAM et de l’ONU qui les alimentent en tout, à commencer par l’eau. Mais ici , le litre d’eau potable est la plus cher du monde, plus cher que le gasoil. Et ceci depuis 35 ans. Vous pouvez rencontrer ici des jeunes de trente ans qui vous parlent de retourner dans un pays qu’ils n’ont eux-même jamais connu, plus à l’Ouest, un Eden là-bas au bord la mer.
« Attendre l’âge tendre ? Nul ne peut y prétendre. »
Les pays du Golfe envoient parfois des colis de dattes. C’est à peu près tout. Ils ne prodiguent pas plus de largesses envers leurs frères et sœurs musulmans de l ‘Ouest saharien. Peut être parce qu’ils s’entendent entre monarques avec le roi du Maroc. Peut-être parce que les femmes Sahraouies ont cette renommée de femmes qui n’ont pas eu besoin de luttes fémisites pour être libérées ; un peu comme les Romains de l’Antiquité considéraient les femmes étrusques : indomptées, prenant part aux jeux publics et donnant de la voix en matière politique.
Bien sûr cette émancipation est un héritage sahraoui mais aussi elle est liée aux conditions de survie et d’urgence, d’isolement et des conséquences des affrontements qui nécessitent de prendre des initiatives et des responsabilités. Cette liberté volontaire est en bute avec une conception fataliste assez répandue, le Mektoub (voir WILAYA, film de Pedro Pérez Rosado).
Pourtant ce sont elles, ces femmes arrivées en 1975, les pieds nus brûlés par le napalm, blessées comme des racines arrachées de terre. Ce sont ces femmes qui ont organisé la vie, en exil. Elles ont construit des campements à partir de rien, portant les briques sur leurs ventres, « sur la tête de leurs futurs enfants. » Drapées dans leurs malefas, elles continuent à être le foyer de tout un peuple, de distribuer les rations alimentaires, de gérer la vie dans les camps et d’avoir des initiatives, sans salaire, sans pension, sans jamais se plaindre, avec conviction et constance, et sans jamais se résigner à cette situation inacceptable.

jeudi 4 avril 2013

Les raisons du revirement américain


Dossier du Sahara occidental

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El Watan, 28/4/2013

 
Tout de suite après l’adoption, jeudi dernier, par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une nouvelle résolution sur le Sahara occidental (il s’agit de la résolution 2099), Rabat s’est empressé de demander à ses relais médiatiques en Occident de chanter les vertus et la solidité de sa relation stratégique avec Washington.

Objectif de la manœuvre : minimiser le différend observé entre les deux capitales concernant le dossier sahraoui. Avant de changer d’avis à la dernière minute, les Etats-Unis avaient en effet proposé de doter la Mission onusienne pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme. Et l’enjeu pour le souverain était bien évidemment de faire croire que l’initiative américaine n’était qu’une simple «petite» erreur d’aiguillage. Une erreur que l’Administration Obama a fini par corriger d’elle-même.
une vieille amitié...

Or, la réalité est tout autre. Pour sauver sa tête, le roi Mohammed VI aura été obligé d’appeler son amie Hillary Clinton à la rescousse. Connue pour son tropisme marocain, l’ancienne responsable du Département of States – dont tout le monde sait que sa sœur réside depuis de nombreuses années au Maroc – n’hésitera pas à intercéder en sa faveur auprès du président Barack Obama. Après, semble-t-il, une âpre négociation, celui-ci acceptera in fine de retirer l’initiative introduite par Susan Rice au Conseil de sécurité avec l’accord du nouveau secrétaire d’Etat, John Kerry. La Minurso restera donc pour une année supplémentaire l’une des rares missions de l’ONU dans le monde à ne pas avoir de mandat dans le domaine des droits de l’homme.
John Kerry
Ce n’est pas tout. Pour isoler les Américains et briser ainsi tout consensus au sein du Conseil de sécurité, la France a, de son côté, mobilisé l’Espagne, le Togo et le Rwanda ainsi que d’autres pays. Pour Paris, il était évident que le trône marocain était en jeu dans cette problématique du Sahara occidental. Et puis, pour des raisons géostratégiques évidentes, il n’était pas question de laisser tomber «l’allié» marocain. Une chose est certaine : le forcing de Hillary Clinton n’a pas été du goût de John Kerry. Connu pour être un proche de la famille Kennedy, celui-ci est sensible aux causes défendues par l’ONG américaine Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’homme (R. F. Kennedy Center). Aussi, tout indique qu’il reprendra à son compte, dans un proche avenir, le combat de la fondation Kennedy en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui.

La détermination de la fondation Kennedy

En attendant, la fondation Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’homme a averti, hier, qu’elle ne laissera pas tomber les Sahraouis. Dans un communiqué rendu public en début de matinée, elle a, en outre, fait part de sa «consternation» du fait que malgré les «preuves incontestables» des violations des droits de l’homme contre les Sahraouis par les forces marocaines, le Conseil de sécurité «a négligé les recommandations du secrétaire général de l’ONU et du rapporteur spécial contre la torture, Juan Mendez, en laissant les Sahraouis sans défense une fois de plus».
La réalité n’a d’ailleurs pas tardé à donner raison à R. F. Kennedy Center puisque pas plus loin que vendredi, une manifestation de Sahraouis a été réprimée par les forces d’occupation marocaines à El Ayoun occupée, capitale du Sahara occidental. C’est la raison pour laquelle l’ONG américaine a pris soin d’appeler, dans son communiqué, le Conseil de sécurité à mobiliser les entités de l’ONU chargées de la protection des droits de l’homme pour effectuer mensuellement des visites au Sahara occidental occupé aux fins de surveiller le respect des droits de l’homme et d’en faire des comptes rendus périodiques. Ayant certainement compris que la «guerre» du Sahara occidental était loin d’être gagnée, le roi Mohammed VI a exigé de sa classe politique et de ses médias qu’ils aient la victoire modeste.
En agissant de la sorte, le makhzen veut éviter à tout prix de s’aliéner durablement les Américains. Après la récusation avortée de Ross, les prises de bec au Conseil de sécurité avec Susan Rice sur la surveillance des droits de l’homme et la décision des autorités marocaines de reporter sine die un exercice militaire conjoint, il apparaît clairement, en effet, que le souverain marocain ne veut pas aggraver davantage son cas, d’autant plus qu’on lui a rapporté que John Kerry entendait, à l’avenir, s’appuyer plus sur l’Algérie dans la région. Mais selon des sources proches de l’Administration américaine, il paraîtrait que le mal est déjà fait. C’est, en tout cas, ce que suggère la décision du Pentagone de répondre par la négative au souhait de Rabat de maintenir à nouveau dans le calendrier les manœuvres que les armées des deux pays devaient mener à Agadir à la fin de ce mois. 
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Par Le 2 Minutes, 29/4/2013

 Maroc-Etats-Unis. Une délégation marocaine s’est réunie pour négocier avec le chef du Conseil National de Sécurité. 
 La résolution 2099 du conseil de sécurité sur le Sahara dans la poche, la délégation marocaine qui a mené les négociations à New York n’est pas encore rentrée au pays. Elle poursuit ses entretiens dans la capitale américaine avec les hommes du président Barack Obama. Vendredi, Taïeb Fassi Fihri, conseiller de SM le Roi, Yassine Mansouri, chef de la DGED, Youssef Amrani, n°2 au ministère des Affaires étrangères, et Rachad Bouhlal, ambassadeur de royaume à Washington, ont rencontré Tom Donilon, le patron du Conseil National de Sécurité. Un poste qu’il occupe depuis octobre 2010. Une réunion d’une importance vitale pour la partie marocaine à laquelle, selon la MAP, ont pris part, également, les collaborateurs de Donilon. « Les entretiens ont essentiellement portés sur l’élargissement et l’approfondissement des relations stratégiques entre les deux pays amis » ajoute l’agence officielle sans donner davantage d’informations sur le teneur des négociations entre les deux délégations. C’est le premier contact de ce niveau entre Marocains et Américains après l’épisode de la présentation d’un projet de résolution américain proposant d’élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara. Une réunion qui atteste que Rabat mise, désormais, sur les tenants de la sécurité au sein de l’administration Obama pour se faire entendre. Elle sait que ses chances du côté du département d’Etat de John Kerry, à l’heure actuelle, sont minimes. Un choix qui pourrait s’avérer judicieux, sachant que Tom Donilon compte un passage dans la diplomatie du temps du premier mandat de Bill Clinton (1993-1997) en tant que chef de cabinet de Waren Christopher. En 2007, il rejoint l’équipe du candidat Barack Obama en course à la Maison blanche. Mais surtout de solides liens avec le lobby juif américain. Un point qu’il partage avec le Maroc. (MAP)  

S.O.Paris rappelle le droit de manifester après la répression de la manifestation à El Aaiun : 40 blessés


par AUFAIT Maroc, 29/4/2013

 

Paris rappelle le droit de manifester



Agrandir Une manifestation pro-indépendance s'est déroulée vendredi après-midi à Laâyoune.

La France a rappelé lundi son “attachement au droit de manifester pacifiquement”, après une manifestation pro-indépendance à Laâyoune, dispersée vendredi par la police marocaine et au cours de laquelle quelque 40 personnes ont été blessées.
“Nous regrettons que ce rassemblement ait occasionné des violences qui se sont soldées par plusieurs blessés. Nous rappelons notre attachement au droit de manifester pacifiquement”, a déclaré Philippe Lalliot, porte-parole du Quai d'Orsay, lors d'un point-presse.
Amnesty International dont une équipe se trouvait à Laâyoune, avait dénoncé samedi un “recours à la force de manière excessive” de la police contre la manifestation qui se déroulait dans le calme. La préfecture de la ville a évoqué un rassemblement non-autorisé et un blocage de la voie publique, après “des sommations d'usage”.
Lors de cette intervention, huit policiers ont été blessés. Ils ont été transportés à l'hôpital militaire de la ville, a précisé dans un communiqué la préfecture de Laâyoune, qui n'a pas fait état d'autres victimes.
Une vidéo circulant sur la toile fait état, elle, samedi d'une dizaine de personnes qui se sont attaqués aux policiers, après avoir échoué à bloquer la circulation dans les avenues de la ville. Une autre vidéo montre des séparatistes au sud des frontières maroco-algériennes, jetant des pierres et insultant des membres de l'armée marocaine, présents au niveau des postes frontaliers.
aufait/AFP
http://www.yabiladi.com/articles/details/17041/maroc-france-rappelle-droit-manifester.html
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François Hollande- President    of France
Ministère des Affaires étrangères
Porte-Parole
Point de presse du 29 avril 2013
5. Sahara occidental
Q – Comment réagissez-vous à la répression d’une manifestation pacifique par la police marocaine qui a fait une trentaine de blessés vendredi à Laâyoune, au Sahara occidental ? Quelle est la position de la France sur le retrait in extremis de l’initiative américaine qui visait à élargir le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental ?
R – Concernant votre première question, nous regrettons que ce rassemblement ait occasionné des violences qui se sont soldées par plusieurs blessés. Nous rappelons notre attachement au droit de manifester pacifiquement.
S’agissant de votre seconde question, et comme nous l’avons indiqué le 26 avril, la résolution a été adoptée à la satisfaction de tous et comporte une disposition appelant les parties à poursuivre leurs efforts en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’Homme./.
Source: basedoc.diplomatie.gouv.fr
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  Sahara. La France rappelle le droit de manifester au Sahara et met en garde le Maroc. 
 Après plusieurs jours de manifestations des pro-Polisario au Sahara, voilà que tombe la première réaction hostile aux interventions des forces de l’ordre marocaines. Elle émane de Paris, un autre allié qui met en garde Rabat. Avant hier, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, la France a tenu à prendre ses distances vis-à-vis du Maroc, affirmant par la même occasion son « attachement au droit à manifester pacifiquement ». Et dit regretter que « ce rassemblement ait occasionné des violences qui se sont soldées par plusieurs blessés »

Des propos qui sonnent comme une mise en garde à l'adresse des autorités marocaines en vue de mettre un terme à la dispersion des marches des sympathisants du Polisario dans la région. Des marches qui vont crescendo depuis que le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2009 prolongeant d’une année supplémentaire le mandat de la Minurso mais sans le droit de superviser les droits de l’Homme. Justement dans sa déclaration à la presse, Philippe Lalliot a rappelé que le texte des Quinze « a été adoptée à la satisfaction de tous et comporte une disposition appelant les parties à poursuivre leurs efforts en faveur de la promotion et de la protection des droits de l'homme ». 
En réalité, ce rappel à l’ordre à l’adresse du Maroc n’est guère surprenant. Il s’inscrit dans le sillage de la nouvelle position de Paris concernant le Sahara, rappelant que la France a montré moins d’enthousiasme à défendre le royaume face à la menace du projet de résolution américaine proposant un élargissement des prérogatives de la Minurso. Un soutien timide qui tranche complètement avec ceux de l’Espagne et la Russie, deux pays qui ont usé de leurs influences auprès des Etats-Unis pour renverser la vapeur en faveur du Maroc. Pour mémoire, c’est José Margallo, le chef de la diplomatie espagnole, qui a tiré à boulets rouges, publiquement et depuis le Jordanie, sur l’initiative américaine, et non son homologue français Laurent Fabius. Les propos du porte-parole du ministère des Affaires étrangères cadrent parfaitement avec l’appel du président François Hollande aux autorités marocaines d’« améliorer les conditions de vie de la population de cette région » (le Sahara). C’était lors de son discours devant les deux chambres du parlement marocain. (Yabiladi)   
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RÉPRESSION DE LA MANIFESTATION PACIFIQUE DE LAÂYOUNE

Paris dénonce les violences marocaines

Par

Le pouvoir marocain a été pris, encore une fois, la matraque à la main 
Le pouvoir marocain a été pris, encore une fois, la matraque à la main

La France a rappelé son «attachement au droit à manifester pacifiquement» après la manifestation en faveur de l'indépendance du Sahara occidental violemment réprimée par les forces marocaines.
Le pouvoir marocain va désenchanter plus vite que prévu. Il ne bénéficiera pas d'un soutien aveugle de la part du gouvernement français. Paris vient de le rappeler à «l'ordre» en ce qui concerne le respect des droits de l'homme au Sahara occidental. Une quarantaine de Sahraouis ont été blessés par les forces de répression marocaines le 26 avril au cours d'une manifestation pacifique en faveur de leur indépendance.
Paris a promptement réagi.
«Nous regrettons que ce rassemblement ait occasionné des violences qui se sont soldées par plusieurs blessés. Nous rappelons notre attachement au droit de manifester pacifiquement», a déclaré, hier à la presse, Philippe Lalliot, directeur de la communication au ministère français des Affaires étrangères et porte-parole du Quai d'Orsay.
La France qui doit justifier son statut de Patrie des droits de l'homme ne pouvait sans doute pas faire autrement. Les faits se sont passés sous l’œil témoin d'Amnesty International dont une équipe se trouvait à Laâyoune, et qui a dénoncé le «recours à la force de manière excessive de la police contre la manifestation qui se déroulait dans le calme».
Le pouvoir marocain a été pris, encore une fois, la matraque à la main. Cette sortie médiatique marque-t-elle pour autant un tournant de la position française dans le conflit du Sahara occidental? Si l'on se réfère au discours du chef de l'Etat français qui a affirmé devant le Parlement marocain que: «Le plan présenté en 2007 par le Maroc prévoit un statut de large autonomie pour la population. Je le redis ici, c'est une base sérieuse et crédible en vue d'une solution négociée», on peut penser que Paris est en train d'infléchir sa position en reconnaissant au peuple sahraoui le droit de «manifester pacifiquement» en faveur de son indépendance. Il y a toutefois un autre indice qui indique que la France n'est pas pieds et poings liés dans ce dossier au nom - uniquement- d'une amitié franco-marocaine exceptionnelle affichée comme on pourrait le croire. Étant certain de bénéficier d'un soutien aveugle de la France dans le conflit du Sahara occidental qui l'oppose au Front Polisario, le Maroc a cru en l'impunité après que la France ait manifesté «discrètement» son opposition à la proposition américaine d'élargir les prérogatives des droits de l'homme à la Minurso.
Un projet certes avorté qui ne signifie pas le pouvoir marocain qui n'a pas renoncé à ses vieux démons, jouera sur du velours. La réaction de la France vient de le rappeler. Rien ne sera plus comme avant. Même si la dernière résolution adoptée le 25 avril n'a pas élargi les pouvoirs de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) à la surveillance des droits de l'homme, la communauté internationale et les organisations internationales de défense des droits de l'homme gardent un oeil sur le Maroc. Le rapport du département américain sur la situation des droits de l'homme au Sahara occidental, publié le 19 avril et qui a mis en exergue des types de violences humiliantes pratiquées par les forces de répression marocaines pour arracher des aveux aux détenus sahraouis, les rapports accablants du Centre Robert Kennedy pour la défense des droits humains, d'Amnesty International, d'Human Rights Watch, de l'envoyé spécial de l'ONU contre la torture... sont autant de preuves - irréfutables - qui sont en train de faire pencher la balance du côté du peuple sahraoui.