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mardi 3 novembre 2015

Sahara Occidental - Des nouvelles de l’équipe du ministère JS sahraoui à Rabouni et de ses locaux après les intempéries


Par APSO 31 octobre 2015

Des nouvelles de l’équipe du ministère JS sahraoui à Rabouni et de ses locaux

Le bâtiment du ministère jeunesse et sports que d’entre vous connaissez à Rabouni a moyennement résisté à la pluie, malgré les efforts de l’équipe dès les premiers jours et nuits pour sortir et dévier l’eau.
Seuls la cuisine, le bureau en face de la grande salle et celui qui le touche aménagé à la place des sanitaires sont en ciment. L’eau entrée par les fuites dans le toit n’a pas entrainé de conséquence importante autre que la rouille des tôles. Le reste du ministère est construit en terre.
L’effet de telles pluies, intenses et sur une longue durée se fait sentir sur plusieurs semaines après l’épisode pluvieux. Des murs ont absorbé l’eau et sont tombés tout de suite, d’autres perdent leur cohésion en séchant et tombent alors.
Voila ci-dessous les constats des dégâts au 29 octobre. Les météorologues estiment que des épisodes de pluie sont à prévoir en début de semaine.
Globalement, l’électricité de la moitié du ministère est coupée, le modem internet a grillé. Les photocopieuses et autres imprimantes n’ont pas encore pu être testées. Toutes les boiseries ont gonflé, certaines portes ne peuvent plus être fermées. L’équipe n’a pas encore pu reprendre le travail administratif ni politique.
Dans la partie annexe des habitations, la pièce touchant la cuisine, salle de repos et de réserve alimentaire s’est écroulée à moitié, un pan de mur est tombé et la moitié du toit pend. Le reste va suivre, l’endroit est dangereux, interdit d’accès.
Dans la même zone, le mur du jardin et du patio de l’annexe (bureau privé du ministre derrière le bâtiment) sont tombés. Les chiens ont envahi et réussis à tuer 2 lapins de l’élevage du ministère qui s’y trouve.
Les pièces situées en face de la cuisine ont été très inondées et l’eau est restée, les murs sont très imprégnés. Elles sont en observation, personne n’entre.
Dans la partie des bureaux, ceux situés dans la contigüité, le bureau du ministre et le bureau administration ont été très inondés aussi.
Le bureau du ministre est le plus fragilisé, il y a de nombreuses lézardes. Tous les bas des murs sont boursouflés, un est troué. Il est passé par là « un petit oued ». L’odeur d’humidité est encore très forte. Si pour l’instant la pièce est encore debout, par sécurité, elle ne pourra plus faire office de bureau ni de salle de réunion, avant quelques mois en ait approuvé la solidité (ou non).
Le « toit » en canisse du patio central de la partie bureau est tombé, entre le mur du bureau administration dont le haut est cassé, et la première poutrelle. Le bandeau pend au dessus de l’entrée du bureau du ministre.
Pour le reste du bâtiment, le bureau du responsable « vacances en paix » Mohamed Fadel et les archives n’ont pas subi de dégâts visibles actuellement sur le bâti, mais l’inondation a détruit plus de la moitié des réserves de papier.
Pas de gros dégâts visibles non plus pour la grande salle de travail de l’équipe Vacances en paix. Les murs sont lézardés par le haut et le toit fuit.
Le bureau du sport présente de nombreuses taches de coulée d’eau sur le tissu double toit, mais ne semble pas touché pour les murs.
Au premier trimestre 2015, le Ministre Mohamed Mouloud avait imaginé et demandé de l’aide pour les plans de son bureau de travail sur pilotis posé au dessus du patio. Une ébauche de plan d’un espace en bois et verre pour la lumière, avec utilisation de matériaux de récupération pour l’isolation a été réalisée, ainsi qu’une maquette d’un mur.
La construction est bien évidement conditionnée aux financements… mais l’idée de pouvoir échapper ainsi aux tempêtes de sable, aux inondations, au froid et chaud était visionnaire. L’actualité de l’urgence remet le projet sur la table !
Résumé : le ministère manquait de salle de réunion, il va maintenant aussi manquer de bureau, l’équipe va bien.
APSO, 31 octobre 2015

vendredi 19 juin 2015

9ème rencontres internationales Arts et Droits de l'Homme du Sahara Occidental.


16/6/2015

ARTIFARITI 2015, quarante ans de résistance.

 Les inscriptions sont ouvertes




Wilaya de Bougdour (Camps de réfugiés sahraouis. Tindouf, Algérie)
Du 31 octobre au 10 novembre 2015.
« Seul l'acte de résistance résiste à la mort, que ce soit sous la forme d'une oeuvre d'art ou sous la forme d'une lutte des hommes. » Gilles Deleuze
1975-2015. Quarante ans.
Au printemps 1975 allait s’organiser au Sahara Occidental le référendum d’autodétermination annoncé par le gouvernement espagnol, son colonisateur. La même année, le Tribunal de Justice de La Hayes affirmait que le Sahara Occidental n'avait aucun lien de souveraineté avec le Maroc ni avec la Mauritanie, et qu'il fallait donc appliquer le principe d’autodétermination. Mais l'Histoire s'est écrite et s'écrit autrement. Le 6 novembre 60.000 marocains entrent en territoire sahraoui au cours de la « marche verte ». C’est une partie de la stratégie d’occupation organisée par le monarque marocain Hassan II. Le gouvernement espagnol évacue la population “espagnole”, et le 14 novembre signe un accord tripartite où il remet illégalement le territoire sahraoui au Maroc et à la Mauritanie, qui commencent à occuper les principales villes. “On ne fait pas de prisonniers. Les tanks marocains passent sur les blessés sahraouis” disaient les télégrammes reçus par les derniers soldats espagnols avant de se retirer. La population sahraouie fuyait alors le massacre, s'échappant vers le désert où elle était encore bombardée au napalm et au phosphore blanc.
Mai 2015, le Sahara Occidental est la seule colonie africaine restant à décoloniser. Le territoire est toujours partiellement occupé par le Maroc, et les familles sont séparées par un mur miné de 2700 kilomètres de long. En territoire occupé, les Sahraouis subissent la répression, sont emprisonnés, torturés, disparaissent. Les ressources naturelles sont pillées et volées. En exil, réfugiés sur la hamada algérienne de Tindouf (sud ouest), des milliers de Sahraouis survivent de l'aide humanitaire internationales dont ils sont dépendants. Aujourd'hui, le conflit du Sahara Occidental continue à être un conflit ignoré et muet.
Quarante ans d'occupation, quarante ans de résistance
Pour sa neuvième édition, ARTifariti propose de réfléchir sur la résistance du peuple sahraoui, sur les résistances citoyennes, les modes de résistance à travers de l'art, à travers le travail des créateurs sahraouis et internationaux, dans les espaces de débats. ARTifariti considère que l'art n’a pas fonction de diffuser et informer, mais qu'il est une force, une résistance, une rébellion, une façon de questionner et de repenser le présent, de mouler et créer un futur qui n'existe pas encore, mais dont nous rêvons.
Présentation de propositions :
Les artistes qui souhaitent participer à ARTifariti 2015 devront envoyer leur proposition à l'organisation (info  @  artifariti.org, cc à apsolument   @   yahoo.fr) avant le 18 septembre 2015 pour son évaluation par l'équipe de commissaires. Les projets seront examinés rapidement et les artistes acceptés recevront une lettre d'invitation leur permettant le cas échéant de rechercher des soutiens financiers pour leur participation.
Autres formes de participation : conférenciers, assistants ou maîtres d'ateliers
Les séminaires et des activités d’ARTifariti 2015 auront aussi pour axe central « Quarante ans de résistance ». Les propositions de participation sont à adresser à l'organisation avec une lettre de motivation. L'acceptation sera également communiquée aux personnes intéressées par lettre d'invitation.
La participation suppose l'acceptation du fait que les œuvres réalisées pour les Rencontres internationales d'art et de droits de l'homme du Sahara Occidental, ARTifariti 2015, feront partie du patrimoine culturel du Peuple Sahraoui, et pour les œuvres en art plastique, exposées à l'air libre, où elles ont été créées, ou dans d'autres espaces gérés par le Ministère de Culture de la RASD. De même, les artistes cèdent les droits de propriété, d'image et de reproduction de leurs œuvres à ARTifariti, sans préjudice de leurs droits d’auteurs. Durant les Rencontres seront réalisés des reportages audiovisuels et photographiques de l'activité pour leur diffusion postérieure à travers les média et les expositions physiques et virtuelles. Tout le matériel est intégré à un fond documentaire qui fonctionne comme forum de réflexion et échange d'idées, et permet à d'autres artistes de disposer de matériaux pour développer leurs propres œuvres sous licence « Creative Commons Attribution-NonCommercial 3.0 Unported» (CC BY-NC 3.0).
Les inscriptions sont ouvertes pour la neuvième édition d'ARTiriti qui se déroule du 31 octobre au 10 novembre 2015.
L'inscription à ARTifariti 2015 :
Si le participant gère lui-même vol, visa et assurance, le coût sera de 250 € (inscription, déplacements sur place et hébergement pension complète chez l’habitant) . 
Coordination APSO pour la France, APSOlument   @    yahoo.fr
Au départ de Barajas-Madrid : 750 €. Inclut : Inscription, Vol régulier Madrid – Alger-Tindouf aller-retour, Visa et assurance, Logement et repas chez l'habitant.
Compléments d'information :
ARTifariti - Asociación de Amistad con el Pueblo Saharaui de Sevilla – AAPSS
c/ Virgen de la Antigua, 4- bajo derecha, 41011 Sevilla – España
Tfn. 0034 954 28 22 05 – 0034 954 27 41 04 Fax. 0034 954 28 20 46
www.artifariti.org – facebook.com/ARTifariti
info@artifariti.org – aapss@saharasevilla.org – movilización@saharasevvilla.org
Pour la France : APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental
APSOlument   @   yahoo.fr   ap-so.blogspot.fr

lundi 11 mai 2015

Sahara Occidental : Perdre espoir

    Par JF Debargue, APSO, 10/5/2015


    Il est difficile de perdre espoir. Pendant des années je l’ai senti encore bien vivant, dans les conversations, les discours et même dans les interrogations de plus en plus nombreuses. Certes il ne s’agissait déjà plus de l’espoir qui suivit le cessez le feu de 1991, celui que l’on comptait en semaines, voire en jours. Ces dernières années, les attitudes, les propos, attestaient de sa disparition. J’ai en mémoire cette phrase d’un colonel de la Minurso qu’il m’avait dit en 2009. « L’ONU n’a pas pour tâche de résoudre un conflit, mais de le geler ». Et cette phrase revenant de plus en plus, même dans la bouche des plus modérés des Sahraouis : « Notre erreur la plus grave est d’avoir accepté le cessez le feu ». 
    Aujourd’hui, au moins, les choses sont claires. L’organisme (la Minurso) sensé devoir organiser  un referendum en un délai de moins d’un an a échoué pendant 24 années consécutives et jette en quelque sorte l’éponge en renvoyant dos à dos dans l’impasse le Maroc et le Front Polisario, leur demandant en outre cyniquement de négocier de manière plus intensive. Les différents émissaires de l’ONU dont Christopher Ross ont tous échoué en renvoyant la responsabilité du règlement du conflit aux deux parties. Il fallait certes essayer cette solution démocratique, mais elle n’a rien donné pendant tant d’années.  Cette situation enferme toutes les parties dans un jeu de rôles contrôlé de maintien des antagonismes dont la victime  reste la population sahraouie.  Ce jeu cruel enferme chaque partie  dans son périmètre dont elle ne sort plus. Ainsi après quelques durcissements il suffisait et il suffira encore au Maroc de faire un pas en arrière sans conséquence pour renforcer ses appuis internationaux et sa position inflexible. Les négociateurs ne s’accordent que sur la date et l’hôtel de luxe où doivent se dérouler des discussions toutes aussi informelles qu’inutiles, les différents comités de soutiens programment sans illusion leur prochaine assemblée annuelle et « copie-colle » leurs communiqués que plus personne ne lit. La grande majorité des ONGs occupent un terrain que les solutions politiques ont déserté. L’ONU déploie et fait vivre dans les camps ses filiales humanitaires (PAM, UNICEF, OMS, HCR…) devenant ainsi le principal bénéficiaire du gel de solution qu’elle met en place. L’absence d’obligation de résultat finit par aboutir à un conflit d’intérêt, voire à une prise illégale d’intérêts !
    Même la volonté de mandater la Minurso de la surveillance des Droits Humains est devenu un sujet possible de diversion. Ce droit légitime qui devrait sans débat faire partie intégrante des missions de l’ONU ne doit pas détourner la Minurso de sa mission principale, l’organisation du referendum de la dernière colonie d’Afrique ! Les jugements de civils par des tribunaux militaires, l’absence des droits de la défense, les dépositions sous la torture, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les violences physiques et psychologiques…, ne sont pas négociables à la baisse en contrepartie d’un statu quo, mais condamnables par des instances internationales.
    Si l’ONU ne reprend pas la main pour organiser de facto et sur ses seules prérogatives ce referendum, et elle ne semble pas vouloir le faire en décrétant un statu quo, elle doit se retirer.
    La situation dans les camps est humainement insupportable malgré l’aide internationale. L’assistanat chronique et le manque de perspectives ont des effets secondaires sanitaires et psychologiques graves. Un seul exemple, cette république en exil est le pays d’Afrique qui a le meilleur taux d’alphabétisation, obtenu en deux générations dans des conditions difficilement imaginables. Pour quel objectif ? Faire le deuil de son avenir personnel et celui de son peuple ? Après avoir fait celui de ses martyrs et celui de ses proches, morts trop tôt dans les camps?
    Ce n’est pas à moi de dire aux Sahraouis la façon dont ils peuvent choisir de vivre ou de mourir. Ils ont déjà tant souffert et il serait indécent de dicter une conduite à tenir sans être des leurs. Je sais simplement que depuis hier l’ONU a choisi de ne pas leur permettre d’espérer qu’une solution négociée soit possible. 
    30 avril 2015
    Jean-François Debargue
    Texte publié avec l'autorisation de l'auteur. Crédit photo : JFD


    Nota : Ce texte a aussi été publié, avec une introduction d'Olivier Quarante, sur http://www.nouvellesdusahara.fr

     

    samedi 16 novembre 2013

    Des macaronis au milieu du désert

    Par Apso, 11/11/2013


    Quand on vit au milieu du désert , et que après 38 ans d’exil,  la malnutrition est chronique et l’apport alimentaire de l’aide internationale capricieux, il vient l’idée que l’on pourrait bien, ici et malgré tout, produire ce dont on a besoin, avec un petit peu d’aide.

    Au milieu du désert donc, dans les campements de réfugiés sahraouis, au centre de travail des jeunes, des jeunes filles produisent des pâtes alimentaires, base importante de l’alimentation des réfugiés. L’atelier de production de pâtes est une Initiative de l’équipe du ministère sahraoui jeunesse et sports, soutenue par l’association espagnole FANDAS* pour les machines, la formation des travailleuses, une subvention de démarrage pour l’achat des premiers consommables, le voyage des machines et des formateurs.

    Cinq filles constituent l’équipe qui gère l’atelier, fabrique les pâtes et entretient les machines. Elles sont : Fudiha 22 ans, Natou 25 ans, Dehbe 26 ans, Gejmoula 25 ans et Mina 25 ans, et sont nées dans les campements de réfugiés.

    Les jeunes filles présentent volontiers leur atelier et en expliquent les particularités et fonctionnement. L’atelier est équipé de 4 machines, 3 neuves et une plus ancienne, chacune créant des pâtes différentes.

    Les jeunes Sahraouies sont organisées en roulement, celle qui ne surveille pas les machines fait les achats nécessaires, pèse la farine, conditionne les pâtes en sac ou sachets. Le conditionnement destiné aux particuliers est de 500 g, l’emballage est en papier kraft. Les gros sacs sont de 10 à 15 kg.

    Après plusieurs essais, l’alimentation des machines est finalement de 5 kg de farine de blé dur et 1,8 litre d’eau. Les machines mettent environ 15 minutes à transformer cette quantité en pâtes. Le temps de séchage est de 24h, la température locale est en effet propice à un séchage efficace et rapide, le thermomètre affichant encore 30° en journée au début du mois de novembre.

    Les filles travaillent 6 jours par semaine, de 9h à 12 h ou 13 h. Le jour de repos hebdomadaire sahraoui est le vendredi. Selon leurs estimations, la production minimum est de 100kg par jour, et le maximum dépend du nombre de bourrage de la machine plus ancienne, et du temps mis à la remise en marche.

    Vous pouvez trouver ces pâtes au centre et dans quelques boutiques des campements, et vous paierez 35 dinars le paquet. Néanmoins une importante partie de la production répond à des commandes d’écoles, administrations de la République Sahraouie. Une école par exemple commande par 1400 kilos ce qui correspond à ses besoins pour 3 mois.

    Toutes les commandes sont honorées, y compris celle plus marginales de partenaires solidaires, adeptes des pasta parties et qui parviendront à faire venir quelques centaines de kilo de pâtes pour soutenir leurs activités. Au besoin une deuxième équipe peut travailler une autre partie de la journée ou de la nuit en fonction des saisons, la température en journée l’été montant jusqu’à 50°.

    En guise d’au revoir, Gejmoula en fine connaisseuse, donne quelques conseils de cuisson : plonger les pâtes dans  l’eau bouillante, quand la texture vous convient - et elle fait un geste de ses doigts -c’est cuit ! Sortez les de l’eau, ajoutez la sauce que vous aimez. Bon appétit.
    Elle ne l’a pas précisé, mais si vous n’habitez pas dans les campements de réfugiés où l’eau contient une très forte teneur en sel, n’oubliez pas d’en ajouter…

    Dans le contexte particulier des campements de réfugiés, où les possibilités d’emploi dépendent souvent des ONG, l’atelier se distingue par une obligation de résultat dont dépendra l’indemnité que recevra chaque jeune fille. Le travail a donc commencé avant qu’il n’apporte ses fruits d’amélioration du quotidien pour les jeunes travailleuses.

    L’atelier est en place et fonctionne mais ne suffira pas à couvrir les besoins de toute la population réfugiée. Les volontaires sahraouis parrains de l’atelier ajoutent que toutes nouvelles solidarités sont les bienvenues, pour des dons de machines, des conseils et formations pour confirmer les compétences acquises, et améliorer les pâtes, compositions et goûts… l’objectif double étant l’apport alimentaire et sa qualité nutritive, et l’emploi des jeunes.

    APSO, le 11 novembre 2013 

    * FANDAS : Federacion Andaluza de Associciones solidarias con el Sahara, financée par le Parlement andalou.

    vendredi 5 avril 2013

    La place des femmes sahraouies dans les campements de réfugiés,


    La place des femmes sahraouies dans les campements de réfugiés, vidéo de Oumeima par Franck NA. 

    Sous-titre : « madame Omeima ABDESLAM, Représensante du Front Polisario pour la Suisse et les Nations Unies »

    Depuis 1975 jusqu’au référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Elle avait seulement deux ans quand sa famille connaît l’exode. Un parcours de jeune femme qui passe par Cuba, dans l’Ile de la Jeunesse, lieu d’études pour des milliers de jeunes de toute la planète, dans des universités qualifiées, que, faut il le rappeler, l’altruisme des révolutionnaires cubains avaient créées et généreusement mises à disposition. Mais elle a connu cette période brusquement frugale, lorsque le bloc soviétique s’effondre et stoppe net toutes subventions auprès de son petit protégé des Caraïbes. Les subsistances sont extrêmemt réduites, et une nouvelle fois, elle est donc confrontée directement par une mutation globale, elle Sahraouie, sur une île des Caraïbes, dépendante jusque là d’une puissance européenne. Elle quitte Cuba, munie de son diplôme d’ingénieur en télécommunications, la faim et la volonté au ventre. Et de retour dans les camps, femme mariée, elle sera co-fondatrice de la première « école pour femmes » dans le camp de Dajla. Pour que toutes ces femmes de 15 à 55 ans qui forcément restent là, à s’occuper de tout, puissent apprendre , apprendre à coudre, apprendre des autres, apprendre parfois l’informatique ou des langues, apprendre un métier. Maintenant, il y a une école pour femmes dans chaque camp de réfugiés. Et puis elle est repartie, Omeima Abdeslam, mais cette fois pour un poste diplomatique, une représentation sahraouie en Finlande, et de là, elle accepte le poste de Représensante du Front Polisario pour la Suisse et les Nations Unies à Genève. C’est un poste difficile, un challenge pour elle, en tant que femme, et en tant que mère de deux jeunes enfants. Mais elle ne perd pas son goût de vivre et de faire connaître la situation intolérable de son peuple.
    Les intérêts bloquant un retour sur la terre de leurs parents : Le Maroc veut conserver un territoire , ou plus exactement ses richesses minières. Convoitise. (Maroc et France)
    Dans sa propagande, le Maroc affirme que les réfugiés sont séquestrés par l’Algérie :
    - «  Etes vous séquestrés ici ? …


    - Etes vous Marocains ?


    - Avez vous une liberté de circulation ? … » sont les questions que nous posons aux réfugiés rencontrés. Mais dont nous connaissons la réponse.
    Les six camps de réfugiés autour de Tindouf, petite ville algérienne principalement garnison militaire :
     Le camp de Rabouni est le centre névralgique, administratif et politique. Vous y trouverez surtout des hommes. Vous y trouverez par exemple le Ministère des Sports. M. Bougleida, le ministre des sports a la charge du MARATHON, s’occupe d’une des principales manifestations internationales, avec un budget qui mériterait d’être soutenu par tous les pays des 400 ou 500 participants. Le marathon a lieu chaque année. Le Marathon du désert 2013 devait avoir lieu les 27 et 28 février avec une semaine de festivités. mais cette année, les événements bousculent la région. Le Sahara- marathon est repoussé à une date ultérieure - Le 20 mai peut-être. La course s’effectue dans les environs des camps, c’est –à-dire dans le désert. Le message du SAHARA - MARATHON de TINDOUF se résume en deux mots : PARTAGE et DENONCIATION.
    Le camp de Bojador est plus culturel avec son centre audiovisuel, son musée ou mémorial, et le centre U.N.M.S, l’Union Nationale des Femmes Sahraouies.
    Dans les camps de Aaiun, de Dajla, d’ Awsard et de Rabouni, les femmes sont omniprésentes, à tous les niveaux. Il y a un hôpital dans chaque wilaya ("préfecture" ?) ; Et dans chaque wilaya, il y a  6 ou 7 Dairas (communes) et dans chaque Daira, 4 quartiers. Dans chacun, au moins un dispensaire, une crêche, une école…
    L’organisation est démocratique mais pyramidale, avec des décisions très centralisées.
    En 2013 devrait avoir lieu un référendum symbolique demandant à tous les Sahraouis de se prononcer sur leur futur. Ce référendum est né de l’initiative d’un groupe de jeunes NOVA .«  Non à La violence » .
    Une autre association, Tiba Sidi Reba « les Voix contre les murs », interne toujours aux camps de réfugiés sahraouis, dénonce le mur construit sur les dunes et défendu becs-et-ongles par les soldats marocains. Un mur de sable cafi de mines anti-personnelles .

    Les réfugiés sarahouis subsitent uniquement par l’aide internationale. Ils sont dépendants en permanence de quelques ONGs du PAM et de l’ONU qui les alimentent en tout, à commencer par l’eau. Mais ici , le litre d’eau potable est la plus cher du monde, plus cher que le gasoil. Et ceci depuis 35 ans. Vous pouvez rencontrer ici des jeunes de trente ans qui vous parlent de retourner dans un pays qu’ils n’ont eux-même jamais connu, plus à l’Ouest, un Eden là-bas au bord la mer.
    « Attendre l’âge tendre ? Nul ne peut y prétendre. »
    Les pays du Golfe envoient parfois des colis de dattes. C’est à peu près tout. Ils ne prodiguent pas plus de largesses envers leurs frères et sœurs musulmans de l ‘Ouest saharien. Peut être parce qu’ils s’entendent entre monarques avec le roi du Maroc. Peut-être parce que les femmes Sahraouies ont cette renommée de femmes qui n’ont pas eu besoin de luttes fémisites pour être libérées ; un peu comme les Romains de l’Antiquité considéraient les femmes étrusques : indomptées, prenant part aux jeux publics et donnant de la voix en matière politique.
    Bien sûr cette émancipation est un héritage sahraoui mais aussi elle est liée aux conditions de survie et d’urgence, d’isolement et des conséquences des affrontements qui nécessitent de prendre des initiatives et des responsabilités. Cette liberté volontaire est en bute avec une conception fataliste assez répandue, le Mektoub (voir WILAYA, film de Pedro Pérez Rosado).
    Pourtant ce sont elles, ces femmes arrivées en 1975, les pieds nus brûlés par le napalm, blessées comme des racines arrachées de terre. Ce sont ces femmes qui ont organisé la vie, en exil. Elles ont construit des campements à partir de rien, portant les briques sur leurs ventres, « sur la tête de leurs futurs enfants. » Drapées dans leurs malefas, elles continuent à être le foyer de tout un peuple, de distribuer les rations alimentaires, de gérer la vie dans les camps et d’avoir des initiatives, sans salaire, sans pension, sans jamais se plaindre, avec conviction et constance, et sans jamais se résigner à cette situation inacceptable.