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lundi 11 février 2013

Deux victoires pour le front Polisario

 Par Yassine Benargane, AufaitMaroc, 


Le Parlement européen a exprimé, samedi à Bruxelles, dans une résolution adressée à la 22e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, sa préoccupation devant les violations continues des droits humains au Sahara. Pour sa part, l'Internationale socialise a appelé à l'envoi d’une “délégation pour enquêter” sur la situation des droits humains, tout en renouvelant son “soutien à l’autodétermination” comme solution au conflit.

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Le Parlement européen est préoccupé par les violations continues des droits humains au Sahara. /DR Agrandir

Les représentants du front Polisario se sont réjouis ce weekend à deux reprises, creusant ainsi un grand écart avec la diplomatie marocaine. En effet, le Parlement européen a approuvé, samedi, une résolution sur la 22e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies qui se tiendra à Genève du 25 février au 22 mars.
L’hémicycle de l’Union européenne a appelé à la libération de tous les “détenus politiques sahraouis” dans les prisons marocaines, en exprimant ses “préoccupations” au vu des violations “permanente” des droits de l’Homme au Sahara.
La résolution 21, votée à 283 voix, appelle également à “la protection des droits fondamentaux de la population du Sahara, y compris la liberté d'association, la liberté d'expression et le droit de manifester”.

Première défaite de l'USFP sous l'ère Lachgar
Même réaction à l’issue du conseil de l'Internationale socialiste (IS) qui s’est tenu à Cascais, dans la région de Lisbonne, et qui a connu la participation d'une délégation des militants de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), conduite par Habib El Malki.
L’IS a en effet proposé l'envoi d’une “délégation pour enquêter” sur la situation des droits humains au Sahara, alors que l’instance a toujours rejeté les thèses séparatistes sous les ères d’Abderrahman El Youssoufi et de Mohammed El Yazghi. Elle a malgré tout déclaré qu'elle renouvelle son “soutien à l’autodétermination” comme solution au conflit du Sahara,
Des observateurs et médias nationaux ont considéré la déclaration de l’IS comme une première défaite de l’actuel Premier secrétaire général de l’USFP, Driss Lachgar. Ils ont estimé également que l’instabilité que connaît l’USFP a tout de même affecté son rôle à l’échelle internationale.
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Affaire de Gdim Izik
Poursuite des auditions après le rejet du recours contre le procès devant une cour militaire


AufaitMaroc :

Les auditions des 23 détenus dans l'affaire du démantèlement du camp Gdim Izik se sont poursuivies dimanche au tribunal militaire de Rabat. Vendredi, le juge avait rejeté le recours contre le procès devant une cour militaire. Pour leur part, des ONG des droits de l'Homme, à l'instar d'Amnesty International, ont demandé l'ouverture d'une enquête concernant des allégations de tortures. Une demande qui cherche à “inverser les rôles”, selon le Mouvement populaire.

Les familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik, lors d'une manifestation devant le tribunal militaire de Rabat. /DR
                         familles et amis des victimes des événements 
                                                            de Gdim Izik,
                          devant le tribunal militaire de Rabat. /DR
Agrandir

    Le tribunal militaire à Rabat a poursuivi, dimanche, l'audition de 18 personnes faisant partie des accusés dans l'affaire du démantèlement du camp Gdim Izik, alors qu’il a auditionné les cinq premiers mis en cause samedi.
    Le tribunal avait également rejeté vendredi, le recours des 23 accusés, qui réclamaient un jugement devant une juridiction civile.

    Le procès militaire, qui s'est ouvert le 1er février après plusieurs reports, est suivi par 52 observateurs internationaux et 25 nationaux. Les recours présentés par les avocats de la défense vendredi se rapportaient à “la non compétence du tribunal militaire” mais aussi au “non respect du principe du procès public”.
    À cet égard, le code de la justice militaire stipule, dans son article 3, que “sont justiciables du tribunal militaire, toutes personnes, quelle que soit leur qualité, auteurs d'un fait, qualifié de crime commis au préjudice de membres des forces armées royales et assimilées”.
    Les ONG et l’échiquier politique ne sont pas sur la même longueur d’onde
    À l'ouverture du dossier, Amnesty International avait estimé que “le procès de civils devant une cour militaire” ne répondait “pas aux normes internationales reconnues pour un procès équitable”. “Les allégations de torture (...) doivent faire l'objet d'une enquête”, avait ajouté l'ONG dans un communiqué.
    Pour sa part, le Mouvement Populaire (MP) s'est dit samedi étonné de la position de “certaines parties appartenant aux milieux des droits de l'Homme, aux plans national et international, qui cherchent à inverser les rôles des victimes et des coupables” dans l'affaire du démantèlement du camp de Gdim Izik.
    “Ces positions sont politiciennes et contradictoires avec la noblesse des principes et valeurs des droits de l'Homme, universellement reconnus, et qui prônent le respect du droit à la vie, la justice et l'équité.”
    Communiqué du Mouvement Populaire.
    Les 23 personnes détenues sont poursuivies pour “constitution de bandes criminelles, violences sur des forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres”, dans le cadre du démantèlement du camp de Gdim Izik à proximité de Laâyoune, fin 2010. Le 24e accusé est toujours recherché.
    Y. B. avec agences
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    Le procès de Gdeim Izik provoque deux importantes défaites diplomatiques marocaines

    Les 24 indépendantistes sahraouis devant le tribunal militaire.
    Les 24 indépendantistes sahraouis devant le tribunal militaire.
    Le procès contre les 24 indépendantistes sahraouis qui s’est ouvert devant le tribunal militaire de Rabat il y a une dizaine de jours se poursuit. Vendredi, les juges militaires ont rejeté les recours sur la forme présentés par la défense des accusés. Samedi, ils ont auditionné les cinq premiers mis en cause, qui ont rejeté les accusations qui leur sont imputées. Et dimanche, le procès s’est déroulé comme cela était prévu.
    Le procès de ces 24 accusés, poursuivis pour « constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l’ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres », est suivi par plusieurs médias étrangers et des observateurs du Maroc et de l’étranger.Mais d’ores et déjà, les repercussions de ce procès à l’international commencent à faire sentir leurs effets. Rabat vient ainsi d’essuyer deux camouflets diplomatiques graves.
    A l’issue de son sommet tenu au Portugal, l’Internationale socialiste (IS), dont est membre l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a décidé de l’envoi d’une «délégation pour enquêter» sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.
    L’IS a également demandé aux autorités marocaines d’ouvrir le Sahara aux «organismes indépendants et aux journalistes». Pour finir, l’IS a enouvelé son «soutien à l’autodétermination» comme solution au conflit.
    La délégation socialiste marocaine conduite par Habib El Malki n’a rien pu faire. Cette défaite diplomatique marocaine est à mettre, selon une partie de la presse marocaine, sur le compte du nouveau premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar.
    Pour gâcher le week-end aux autorités marocaines, une autre mauvaise nouvelle a pointé son nez. Avant-hier, le plein du Parlement européen a approuvé par 283 voix pour, 184 contre et 10 abstentions une résolution sur la 22e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui se tiendra à Genève du 25 février au 22 mars.
    La résolution appelle à la libération de tous les «détenus politiques sahraouis» et exprime ses «préoccupations» sur les violations incessantes des droits de l’homme au Sahara. Le Parlement européen appelle aussi «à la protection des droits fondamentaux de la population du Sahara occidental, y compris la liberté d’association, la liberté d’expression et le droit de manifester».
    Enfin, le Parlement européen a rappelé qu’il était «favorable à un règlement juste et durable du conflit sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies».

    dimanche 10 février 2013

    Le parti du président Marzouki quitte la coalition gouvernementale


     par Reuters, 10/2/2013

    Le parti du président Marzouki quitte la coalition gouvernementale
    Le Congrès pour la république (CPR), parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda, selon Ben Amor, l'un de ses cadres cité par Reuters.
    Par David THOMSON , correspondant FRANCE 24 à Tunis 

    Dépêche (texte)

    Le Congrès pour la république (CPR), parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda.

    Le parti tire les conséquences du rejet de ses demandes, a expliqué dimanche un de ses cadres, Ben Amor, à Reuters.

    "Nous disions depuis une semaine que si les ministres des Affaires étrangères et de la Justice n'étaient pas remplacés, nous nous retirerions", a-t-il dit.

    Le départ des trois ministres CPR est un nouveau coup porté au gouvernement dirigé par le Premier ministre Hamadi Jebali, déjà mis à mal par l'assassinat cette semaine de l'opposant Chokri Belaïd.

    Jebali a proposé la constitution d'un gouvernement de technocrates, mais a été désavoué y compris par Ennahda, dont il est membre.

    Point hebdomadaire n°10 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc


    Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
    ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

    La campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc, initiée par l’ASDHOM en novembre dernier, a enregistré 5 nouveaux parrainages cette semaine. Trois mineurs du groupe d’Imider (Ouljihad Mohamed, Faska Laâdad, Taïeb Omar), un étudiant ainsi qu’un Sahraoui sont désormais parrainés par des démocrates français, membres de l’association Maroc Solidarités Citoyennes de Grenoble. Laquelle association organise, souvent en partenariat avec le CIIP de Grenoble, des rencontres-débats sur la situation des droits de l’Homme au Maroc. Sa prochaine soirée consacrée au Maroc aura lieu le 20 mars.
    L’occasion aux organisateurs de sensibiliser à plus de parrainage comme moyen efficace de solidarité avec les victimes de violations et d’atteintes aux droits au Maroc.
    C’est l’objectif que l’ASDHOM s’est fixé aussi en acceptant de se rendre à Dijon, le 23 février, sur invitation de l’ATMF-Dijon pour débattre de la situation des droits de l’Homme au Maghreb en général et au Maroc en particulier après l’adoption de la nouvelle Constitution, le 1er juillet 2011.
    Et c’est aussi dans ce cadre que l’ASDHOM a été invitée par les responsables de l’ATMF d’Argenteuil (95) pour venir exposer, le 1er mars 2013, les lignes de la campagne de parrainage.
    Notre détermination à l’ASDHOM d’aller encore plus loin dans cette campagne est à la hauteur de notre volonté à briser l’enfermement dont souffrent les victimes de la détention politique au Maroc. Nous en faisons un devoir auquel aucun démocrate ne doit dérober comme l’a dit Gilles Perrault qui parraine cette campagne de solidarité.
    Nos points hebdomadaires sont l’occasion d’informer et de tenir les parrains et les marraines au courant de l’évolution de cette campagne. Nous publions également sur la rubrique « Campagne de parrainage » du site de l’ASDHOM (www.asdhom.org) tous les témoignages et les lettres échangées sur le sujet.
    Nous vous demandons régulièrement de nous faire parvenir toutes vos contributions pour nourrir cette belle aventure solidaire.
    Voici dans ce cadre les informations relatives aux droits de l’Homme au Maroc et que nous pouvons partager avec vous :

    Groupe 20-Février Casablanca : Le rappeur Mouad Belghouat, alias Elhaqed, entame une grève de la faim à partir de ce lundi pour dénoncer le harcèlement dont il est victime avec ses compagnons de détention de la part des fonctionnaires de la prison Oukacha de Casablanca. Ses conditions de détention se sont dégradées ces derniers temps après l’avoir baladé de cellule en cellule pour l’exposer aux violences physiques et psychologiques de la part de détenus de droit commun. Rappelons que Mouad a été arrêté au mois de mai 2012 pour « ses chansons portant atteinte au corps de police » après avoir déjà purgé une peine de 4 mois depuis janvier 2012 pour « coups et blessures ».

    Casablanca-Prison Oukacha : Nous avons appris le 2 février que Mme Zakia Salmi, arrêtée et incarcérée à Oukacha depuis une semaine, a été libérée provisoirement en attendant son procès. Mme Salmi s’est élevée contre la mafia de l’immobilier qui agit à Casablanca et qui l’a chassée de chez elle. Elle ne fait que réclamer son droit le plus élémentaire à un logement décent.

    Groupe UNEM-Fès : Après la mort de l’étudiant Mohamed Fizazi (voir point n°9), suite à l’intervention violente des forces de l’ordre en janvier dernier pour disperser le rassemblement étudiant à la cité universitaire de Fès à l’appel du syndicat l’UNEM, les détenus politiques entament une grève de la faim à la prison Aïn Kadous. Ils réclament sinon leur libération, du moins un procès équitable et rapide et l’amélioration de leurs conditions de détention.
    Toujours à Fès et en lien avec le mouvement de protestation connait le campus universitaire de Fès, les autorités marocaines ont empêché, le 6 février, une caravane de soutien d’entrer en ville. Cette caravane, venue de Rabat et organisée par le syndicat national de l’enseignement (affilié à l’UMT), voulait se rendre à la cité universitaire pour apporter son soutien aux étudiants et aux enseignants qui réclament l’amélioration des conditions de vie. Seul le secrétaire national et une autre responsable du syndicat ont été autorisés à poursuivre leur route.

    Groupe Ouarzazate (mineurs et microcrédits) : Le jeudi 7 février, s’est tenu devant le tribunal d’Ouarzazte un rassemblement de soutien à Amina Mourad et Bennacer Ismaini, les deux coordinateurs du mouvement des victimes des microcrédits de la région d’Ouarzazate. Leurs procès qui s’est ouvert ce 7 février a été reporté pour la 13ème fois au 4 avril 2013. Raison invoquée : la partie adverse et ses avocats ne sont pas présentes au tribunal. Le rassemblement a connu la participation des membres de l’AMDH, de la CDT et du PADS.

    Groupe Sahraouis-Gdeim Izik : Les 24 militants sahraouis du groupe Gdeim Izik avaient de nouveau un rendez-vous le 8 février devant le tribunal militaire permanent de Rabat. Plusieurs observateurs internationaux étaient présents à Rabat après avoir déjà effectué un premier voyage le 1er février lors de l’ouverture du procès. Rappelons que ces 24 Sahraouis, tous des civils, ont passé en détention provisoire plus de deux ans, excepté Mohamed El Ayoubi pour des raisons de santé. L’ASDHOM a reçu le premier rapport établi par les observateurs ayant assisté à la première audience. Il sera mis en ligne sur le site de l’association. Amnesty International a publié, comme d’ailleurs plusieurs ONG, un communiqué sur le sujet (Voir pièce jointe).
    Nous informons également que l’étudiant sahraoui Amar Abdellaoui, arrêté à Zak (voir point n°9) a été présenté au juge d’instruction du tribunal d’appel d’Agadir, le 4 février, qui a ordonné sa mise en détention à la prison locale d’Aït Melloul. Ses deux camarades, arrêtés en même temps que lui, ont quant à eux, été libérés provisoirement en attendant le procès.

    Tata (nouveau au point 9) : Nous avons signalé dans nos points hebdomadaires la série d’arrestations dont sont victimes des militants de la ville de Tata. L’AMDH de cette ville nous informe que le militant Badri Abdelkhalek a été, à son tour, arrêté le 4 février 2013 à Rabat. Sa famille reste au jour d’aujourd’hui sans nouvelles de lui et ne connait pas le lieu de sa détention ce qui l’amène à penser que c’est plutôt d’un enlèvement qu’il s’agit. Plusieurs militants de l’AMDH, de l’ANDCM (Diplômés chômeurs) et du 20-Février font face à des intimidations et arrestations répétées. Les autorités locales refusent tout dialogue avec la population et lui préfèrent violenter tout rassemblement pacifique.

    Par ailleurs et concernant la liberté d’association, l’ASDHOM ne cesse de déplorer et de condamner l’interdiction opposée par les autorités marocaines à quelques associations qui font la demande de récépissés légaux de constitution. C’est le cas la section de l’AMDH de Laâyoune au Sahara, de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au Maroc (ANDCM) dont l’interdiction dure depuis presque 20 ans maintenant ainsi que l’association ATTAC-Maroc qui a publié le 5 février un communiqué pour dénoncer la décision de la Wilaya de Rabat de se pourvoir en appel du jugement du tribunal administratif du 24 octobre 2012 en faveur de la délivrance du récépissé légal à ATTAC. Nous pouvons ajouter à cela l’interdiction faite aussi aux associations de Sahraouis. Les pratiques des autorités marocaines, contrastent fortement, on le voit, avec le discours sur l’Etat de droit et les réformes démocratiques dont se vantent les responsables marocains.

    Pour le bureau exécutif
    Ayad Ahram
    Secrétaire général de l’ASDHOM
    Paris, le 10 février 2013

    Le Mouvement Marocain du 20 Février au miroir du résistant de la guerre du Rif, Abdelkrim El Khattabi

     L'AMDH-Paris/IDF organise une projection+Conférence-Débat le 20 Février 2013 à 18h

    Dans le cadre de la semaine anti-coloniale qui a lieu du 16 février au 3 mars, l'AMDH-Paris/IDF vous convie à une projection d'un film sur Abdeldrim El Khattabi, suivi d'une conférence-débat sur le thème:
    Le Mouvement Marocain du 20 Février au miroir du résistant de la guerre du Rif, Abdelkrim El Khattabi
    La figure d'Abdelkrim a laissé un héritage grandiose, en terme de pensée politique vivace, très actuelle et qui ne meurt jamais, il fut un penseur et un praticien. Toute sa pensée politique, il l'a mise en pratique pour refuser la domination et la répression étrangère.
    Mohamed u Abdelkrim, de son vrai nom a su être un fédérateur, d'abord des tribus rifaines (serment de Adrar El Qama), qui avaient pour habitude une pratique séculaire, celle de la vendetta, la vengeance en l'absence de lois qui gèrent les relations inter tribales à cette époque. Ensuite, son rôle de fédérateur eut un impact à un niveau supranational entre tous les pays d'Afrique du Nord, puis à un niveau international, contre l'injustice dans une période historique où les empires coloniaux occidentaux à l’apogée de leur puissance militaire se partageaient le monde.
    Il a joué un rôle déterminant dans le fait d'attiser la flamme maghrébine, la formation des résistants pour combattre et bouter le colonisateur hors d'Afrique du Nord, il a toujours pensé à ce que l'instruction, la discipline et l'organisation sont la seule arme contre l'occupant, sans laquelle un peuple opprimé est condamné à dépérir, ou pour le moins à rester sous le joug des plus forts. Pour lui, la force d'une occupation étrangère gisait dans cet élément, l'organisation grâce à cela, elle dépasse ses dominés.
    Avec peu de moyen, Mohamed u Abdelkrim a su échafauder une stratégie pour vaincre cet occident puissant, celui des avions, des bateaux et des armes sophistiquées, sans commune mesure avec celles de la résistance. A tel point qu’il est considéré comme le précurseur de la guérilla moderne et l’inspirateur des stratégies de Hô Chi Minh ou de Che Guevara.
    Avec un projet de société et une vision politique clairement définie, pour refuser la domination et rester libre, il est l'homme de l'engagement politique sincère et continu, aspirant à la liberté, la justice et la prospérité pour son peuple. La figure d'Abdelkrim, toute sa vie durant, est celle d'un homme qui était dans le consensus, le partenariat, la coalition dans l'esprit de réaliser la paix et la garder durablement, entre les tribus rifaines et par la suite entre les dirigeants politiques maghrébins de l'époque, mais aussi, une fois l'indépendance octroyée, il fut la référence pour les résistants partout au Maroc, qui voulaient une indépendance réelle, acquise dignement.
    Dans le sillage des révolutions dans le Maghreb et le Machrek qui ont emporté quelques dictateurs et ont fait vaciller d’autres, les marocains, se sont soulevés massivement en Février 2011 contre l’autoritarisme, le despotisme et toutes ses conséquences que sont la violation des droits de l’homme et les injustices sociales et économiques. Depuis, ils n’ont cessé de réclamer un véritable État de droit, et de façon déterminée, ils ont brisé tous les tabous et toutes les sacralités. Ce processus de lutte irréversible puise une bonne part de sa force dans la révolution rifaine et l’esprit de celui qui l’a grandement et internationalement incarnée à savoir Abdelkrim El Khattabi. Car déjà en 1920, ce dernier en se soulevant contre la coalition coloniale franco-espagnole, se battait pour la dignité du peuple marocain, mais également pour vaincre le sous-développement, l'ignorance, l'exclusion et la pauvreté.
    Mercredi 20 Février 2013 à 18h
     au 17 rue Léopold Bellan
     75002 Paris.
    Projection d'un Film de Daniel Cling "Abdelkrim et la la guerre du Rif"


    Intervenants:

     
    -René GALLISSOT, historien et professeur émérite


    -Abdelhamid AMINE, vice-président de l'AMDH et coordinateur adjoint du CNAM du 20 Février


    -Militant du Mouvement du 20 Février


    Info & contact :
    E-mail: amdh.paris@gmail.com
    Blog: www.amdhparis.org
    Facebook: https://www.facebook.com/AmdhParis
    Twitter: https://twitter.com/AMDHPARIS

    L’émancipation du monde arabo-musulman passe par notre capacité de subversion



    Portrait de Hanane HarrathHanane Harrath, Journaliste, 8   8/2/2013
    Face au choc de l’assassinat de Chorki Belaïd en Tunisie, et à la situation tendue en Egypte et dans d’autres pays arabes, Hanane Harrath, journaliste franco-marocaine a souhaité exprimer sa colère dans un petit texte. Sa réaction ne vise pas seulement à condamner la barbarie des violences dans ces pays, mais elle invite les peuples arabo-musulmans à oser faire leur auto-critique, oser la subversion intellectuelle afin de construire « leurs propres chemins de libération », loin de tout « mimétisme occidental ». 
    La Tunisie, l'Egypte, tout ça me déroute, comme beaucoup... Mais j'ai aussi eu envie d'écrire ça pour tous les gens qui dès que l'on écrit la moindre chose critique sur le monde arabe ou sur les dérives de l'islam, sortent l'accusation de l'autoflagellation pour se conformer à la norme "occidentale". C'est ça qui m'a fait réagir aussi, parce que je ne comprends pas cette incapacité à s'interroger, à s'autocritiquer, à taxer toute idée émancipatrice d'idée "impérialiste".
    Pourquoi, quand on est arabe et musulman(e), et dès lors que l’on défend la liberté pour tout un chacun de décider de sa vie et de penser de manière autonome, est-on forcément accuser d’être asservi aux normes dites « occidentales » ? Ne sommes-nous pas assez grands et grandes pour réfléchir de façon autonome ? Ne sommes-nous pas assez matures et responsables pour savoir critiquer nos propres sociétés et déconstruire leurs dualismes ? Ne sommes-nous pas assez conscients et alarmés de la schizophrénie à laquelle nous ne manquerons pas de condamner notre jeunesse tant que nous ne lui aurons pas donné les outils critiques pour se penser et se panser ?

     Une pensée plurielle vitale
    Il me tarde de voir enfin acceptée comme une part entière de nous-mêmes et de nos sociétés arabes et musulmanes, et non pas comme une part importée d’ailleurs ou exogène donc répulsive, cette pensée plurielle, qu’elle soit progressiste, laïque, démocratique… C’est insulter la jeunesse et l’esprit arabes que de les estimer incapables de produire leurs propres chemins de libération, lesquels chemins passent aussi bien par la mise à distance de la raison religieuse comme source unique de la pensée politique, sociale, économique, que par le rejet d’un champ politique sclérosé et inadapté, ou encore par l’aspiration à plus de justice et d’égalité.
    Refuser cette capacité de subversion qui est en marche dans le monde arabe aujourd’hui, la reléguer au rang d’un « mimétisme occidental » comme savent si bien le faire certains islamistes pour mieux la disqualifier, c’est montrer bien peu de confiance en soi. Ceux qui déconstruisent aujourd’hui nos sociétés par leurs interrogations, leurs doutes, leurs réflexions, sont bien plus responsables que ceux qui les détruisent par leur cécité. Car les vraies questions qui nous fragilisent ne sont pas celles que l’on ose poser: ce sont celles que l’on n’ose pas. Alors osons !



    Dilapidation de deniers publics, diplomatie indigente et camouflets à gogo





    Le gouvernement marocain finance un projet hôtelier dans la Dominique, ancienne colonie britannique et membre du Commonwealth. Une petite île perdue, au Sud-Est des Caraïbes.
    Un cadeau à deux cent cinquante millions de dirhams, pour un hôtel de luxe de cinquante (50) chambres avec salle de conférence, spa, boutiques et marina.
    Le geste du Maroc fait suite à la visite à Rabat, en juillet 2010 du Premier ministre dominicain Roosevelt Skerrit, au cours de laquelle, un large accord de coopération était signé entre les deux pays. Au terme de sa visite de deux jours, le Premier ministre avait, alors annoncé la décision de son pays de retirer  sa reconnaissance de la « RASD» et de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara. Ceci explique sans doute celà.

    L’AMCI, un air de déjà vu
    Le Maroc s’est doté en 1986, de l’AMCI, l’agence marocaine de coopération internationale, calquée, toutes proportions gardées, sur le modèle américain des agences de coopération telles que l’USAID et qui visent à conforter, à coups de financements généreux,  la politique américaine dans les pays en voie de développement. Le Maroc qui fait lui-même partie des principaux bénéficiaires de ces programmes de l’Oncle Sam, s’inspire à présent du puissant allié américains pour mener, à son tour,  à bien des campagnes de séduction.  On ignore si l’agence marocaine destinée à la promotion des relations avec l’Afrique et l’Amérique latine finance d’autres projets dans la régions des Caraîbes, mais on sait d’ores et déjà qu’en plus de faire des micro-crédits et des bourses aux étudiants africains poursuivant leurs études universitaires au Maroc, celle-ci a déjà financé nombre de projets dans plusieurs pays africains depuis 2003, (Routes, maisons de santé, bâtiments administratifs……….) comme le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, le Cap Vert et d’autres.
    Les travaux du complexe touristique dominicain avaient été lancés  en septembre 2011, en présence du directeur général de l’AMCI, Youssef Imani. L’achèvement du chantier est prévu pour fin octobre 2013.

    Pour qui connaît le Maroc,  la nouvelle a quelque chose d’indécent, la nature des projets financés en Afrique sont de la même nature que ceux dont manquent cruellement les campagnes marocaines et particulièrement l’Atlas où l’on meurt encore de froid, d’enclavement, d’absence de couverture médicale et de malnutrition. D’autant que la générosité du Maroc qui dépense, ainsi, sans compter est en pure perte et en totale inadéquation avec la médiocrité  de sa diplomatie qui lui aura valu plusieurs camouflets récents :

    Les camouflets se suivent et se ressemblent
    Le premier, lors de la réunion de l’internationale socialiste qui s’était tenue les 4 et 5 février à Cascais, au Portugal, qui a vu une conférence acquise aux  thèses du front polisario, membre observateur depuis 2008. La déclaration finale de la conférence a exprimé le soutien de ses membres « au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui » et sa recommandation de voir « la mise en œuvre urgente de toutes les résolutions de l’ONU et de l’Union Africaine garantissant ce droit ».
    La forte présence de la délégation USFP à la conférence, sous la direction de Habib Malki n’aura pas contribué à atténuer les termes du communiqué et la défiance des participants, envers la position du Maroc, auquel il est reproché sa politique sécuritaire brutale, sa répression des voix discordantes et la prédation économique au Sahara.
    Pratiquement au même moment, une autre volée de bois vert nous a été administrée par le parlement européen, qui, a eu à se prononcer le 7 février, sur la  vingt deuxième (22) résolution  du conseil des droits de l’homme des nations unis. Par deux cent quatre-vingt trois (283) votes pour, cent quatre-vingt quatre (184) contre et dix (10) abstentions les députés ont adopté la résolution où le parlement  « fait part de ses préoccupations au vu de la violation permanente des droits de l’homme au Sahara occidental; appelle à la protection des droits fondamentaux de la population du Sahara occidental, y compris la liberté d’association, la liberté d’expression et le droit de manifester………… demande que soient libérés tous les prisonniers politiques sahraouis »
    Ces deux défaites font suite à une troisième, qui pour symbolique qu’elle fut, n’en marque pas moins une victoire du Polisario sur notre diplomatie: le 5 décembre 2012,  le Sénat Suédois reconnaissait la RASD comme état représentant le peuple sahraoui et recommandait au gouvernement suédois d’en faire de même, en reconnaissant officiellement la RASD comme Etat.

    Tant va la cruche à l’eau………..
    On le voit, le Maroc qui est resté des décennies durant, sourd à tous les appels de la communauté internationale, l’invitant au respect des droits de l’homme et au dialogue, en est, à présent, réduit à financer des deniers publics, d’improbables projets, pour s’acheter la complaisance de sombres républiques au fin fond du monde, pendant que son arrière-cour gronde de protestations et de récriminations de ses voisins immédiats.
    Notre diplomatie confiée à des incompétents notoires, obnubilés par leur enrichissement personnel, plutôt que par l’intérêt supérieur de la Nation, nous vaut de cumuler des échecs retentissants qui annoncent que le moment crucial de payer la facture est tout proche. Et ce ne seront ni quelques tagines, ni quelques chambres dans des hôtels de luxe, qui épargneront aux responsables de cette gabegie, la déconfiture finale.
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