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dimanche 10 février 2013

Dilapidation de deniers publics, diplomatie indigente et camouflets à gogo





Le gouvernement marocain finance un projet hôtelier dans la Dominique, ancienne colonie britannique et membre du Commonwealth. Une petite île perdue, au Sud-Est des Caraïbes.
Un cadeau à deux cent cinquante millions de dirhams, pour un hôtel de luxe de cinquante (50) chambres avec salle de conférence, spa, boutiques et marina.
Le geste du Maroc fait suite à la visite à Rabat, en juillet 2010 du Premier ministre dominicain Roosevelt Skerrit, au cours de laquelle, un large accord de coopération était signé entre les deux pays. Au terme de sa visite de deux jours, le Premier ministre avait, alors annoncé la décision de son pays de retirer  sa reconnaissance de la « RASD» et de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara. Ceci explique sans doute celà.

L’AMCI, un air de déjà vu
Le Maroc s’est doté en 1986, de l’AMCI, l’agence marocaine de coopération internationale, calquée, toutes proportions gardées, sur le modèle américain des agences de coopération telles que l’USAID et qui visent à conforter, à coups de financements généreux,  la politique américaine dans les pays en voie de développement. Le Maroc qui fait lui-même partie des principaux bénéficiaires de ces programmes de l’Oncle Sam, s’inspire à présent du puissant allié américains pour mener, à son tour,  à bien des campagnes de séduction.  On ignore si l’agence marocaine destinée à la promotion des relations avec l’Afrique et l’Amérique latine finance d’autres projets dans la régions des Caraîbes, mais on sait d’ores et déjà qu’en plus de faire des micro-crédits et des bourses aux étudiants africains poursuivant leurs études universitaires au Maroc, celle-ci a déjà financé nombre de projets dans plusieurs pays africains depuis 2003, (Routes, maisons de santé, bâtiments administratifs……….) comme le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, le Cap Vert et d’autres.
Les travaux du complexe touristique dominicain avaient été lancés  en septembre 2011, en présence du directeur général de l’AMCI, Youssef Imani. L’achèvement du chantier est prévu pour fin octobre 2013.

Pour qui connaît le Maroc,  la nouvelle a quelque chose d’indécent, la nature des projets financés en Afrique sont de la même nature que ceux dont manquent cruellement les campagnes marocaines et particulièrement l’Atlas où l’on meurt encore de froid, d’enclavement, d’absence de couverture médicale et de malnutrition. D’autant que la générosité du Maroc qui dépense, ainsi, sans compter est en pure perte et en totale inadéquation avec la médiocrité  de sa diplomatie qui lui aura valu plusieurs camouflets récents :

Les camouflets se suivent et se ressemblent
Le premier, lors de la réunion de l’internationale socialiste qui s’était tenue les 4 et 5 février à Cascais, au Portugal, qui a vu une conférence acquise aux  thèses du front polisario, membre observateur depuis 2008. La déclaration finale de la conférence a exprimé le soutien de ses membres « au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui » et sa recommandation de voir « la mise en œuvre urgente de toutes les résolutions de l’ONU et de l’Union Africaine garantissant ce droit ».
La forte présence de la délégation USFP à la conférence, sous la direction de Habib Malki n’aura pas contribué à atténuer les termes du communiqué et la défiance des participants, envers la position du Maroc, auquel il est reproché sa politique sécuritaire brutale, sa répression des voix discordantes et la prédation économique au Sahara.
Pratiquement au même moment, une autre volée de bois vert nous a été administrée par le parlement européen, qui, a eu à se prononcer le 7 février, sur la  vingt deuxième (22) résolution  du conseil des droits de l’homme des nations unis. Par deux cent quatre-vingt trois (283) votes pour, cent quatre-vingt quatre (184) contre et dix (10) abstentions les députés ont adopté la résolution où le parlement  « fait part de ses préoccupations au vu de la violation permanente des droits de l’homme au Sahara occidental; appelle à la protection des droits fondamentaux de la population du Sahara occidental, y compris la liberté d’association, la liberté d’expression et le droit de manifester………… demande que soient libérés tous les prisonniers politiques sahraouis »
Ces deux défaites font suite à une troisième, qui pour symbolique qu’elle fut, n’en marque pas moins une victoire du Polisario sur notre diplomatie: le 5 décembre 2012,  le Sénat Suédois reconnaissait la RASD comme état représentant le peuple sahraoui et recommandait au gouvernement suédois d’en faire de même, en reconnaissant officiellement la RASD comme Etat.

Tant va la cruche à l’eau………..
On le voit, le Maroc qui est resté des décennies durant, sourd à tous les appels de la communauté internationale, l’invitant au respect des droits de l’homme et au dialogue, en est, à présent, réduit à financer des deniers publics, d’improbables projets, pour s’acheter la complaisance de sombres républiques au fin fond du monde, pendant que son arrière-cour gronde de protestations et de récriminations de ses voisins immédiats.
Notre diplomatie confiée à des incompétents notoires, obnubilés par leur enrichissement personnel, plutôt que par l’intérêt supérieur de la Nation, nous vaut de cumuler des échecs retentissants qui annoncent que le moment crucial de payer la facture est tout proche. Et ce ne seront ni quelques tagines, ni quelques chambres dans des hôtels de luxe, qui épargneront aux responsables de cette gabegie, la déconfiture finale.
 Lire  aussi : 
http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=8912489601817808232#editor/target=post;postID=8242201437188258611

vendredi 8 février 2013

Cadeau somptueux du Maroc à l'île de Dominique, pour avoir adhéré à la position marocaine sur le Sahara Occidental...

L'Etat marocain construit un hôtel de luxe aux Caraïbes




Le « Cabrits Hotel Resort and Spa », situé sur la petite île de Dominique, est financé à 100% par l'Etat marocain. Un cadeau de plus de 250 millions de DH à cet état du Commonwealth qui a retiré au même moment sa reconnaissance de la « RASD ».*..

Le gouvernement de la Dominique, petite île de l'archipel des Caraïbes, vient de lancer un appel à manifestation d'intérêt pour assurer le management d'un nouveau complexe hôtelier haut de gamme en cours de construction : le Cabrits Hotel Resort and Spa. Situé au nord de l'île, entre la plage de Turtle Purple et le parc naturel Cabrits, le projet comprend un hôtel de luxe de 50 chambres avec salle de conférence, un spa, des boutiques duty free et une marina.
La particularité de ce projet est qu'il est intégralement financé par... l'Etat marocain, à travers l'Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), structure surtout connue pour délivrer les bourses d'études aux étudiants - principalement africains - souhaitant poursuivre leurs études au Maroc.


Un « don » du Maroc de 250 millions de DH ?
Pourquoi l'Etat marocain finance-t-il ce projet hôtelier et touristique ? Contactée par Lakome, la direction de l'AMCI explique par la voix de son secrétaire général, Said El Khouli, que « ce projet entre dans le cadre normal de la coopération du royaume avec d'autres pays d'Afrique et d'Amérique latine ». Il ne donnera pas plus de précisions.
Le montant du « don » marocain n'a pourtant rien à voir avec les micro-projets financés par l'AMCI en Afrique. Selon l'agence gouvernementale d'information de la Dominique, le coût du projet s'élève à 30 millions de dollars, soit plus de 250 millions de DH. En visite sur le chantier en octobre dernier, le Premier ministre de Dominique, Roosevelt Skerrit, avait déclaré :
« Nous sommes très reconnaissants envers le royaume du Maroc pour ce cadeau très généreux fait à la population de Dominique. C'est un projet de plusieurs millions de dollars intégralement financé par le gouvernement marocain ».
La cérémonie de lancement des travaux a eu lieu en septembre 2011, en présence du directeur général de l'AMCI, Youssef Imani. Le chantier est toujours en cours, il doit être livré en octobre 2013.


Lancement du chantier en présence du Directeur général de l'AMCI, Youssef Imani

"Offensive" diplomatique du Maroc dans la région
Pour comprendre les raisons de cette « générosité » de l'Etat, il faut remonter à juillet 2010 et à la tournée africaine de Roosevelt Skerrit. En visite officielle de deux jours à Rabat, le Premier ministre de Dominique avait conclu avec les autorités marocaines un accord-cadre de coopération économique, technique, scientifique et culturelle, dont fait partie ce projet hôtelier. Mais Rossevelt Skerrit avait surtout annoncé la décision de la Dominique de retirer sa reconnaissance de la « RASD» et de soutenir la proposition marocaine d'autonomie pour le Sahara.
Le mois suivant, en août 2010, quatre autres Etats des Caraïbes avaient annoncé eux-aussi leur ralliement à la position marocaine (Grenade, Antigua et Barbuda, Saint Kitts and Nevis, et Sainte-Lucie). Pour l'agence de presse officielle MAP, pas de doutes :
"Ce mouvement de retrait de la reconnaissance de la pseudo "rasd" s'inscrit dans le cadre de la volonté sincère des pays de la région d'encourager le processus de négociation en cours, mené sous les auspices des Nations Unies pour parvenir à une solution politique négociée du différend régional sur le Sahara marocain".

La MAP ne précise pas si les quatre autres états de la région ont eu droit eux aussi à des "dons" de cette importance de la part de l'AMCI...

* République Arabe Sahraouie Démocratique