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mardi 29 juin 2010

La source de Ben S'mim concédée aux Brasseries du Maroc : une opération de filouterie

Communiqué du Bureau national  d'ACME*-Maroc, 26/6/2010

*Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
Informé du début d’exploitation commerciale des eaux de la Source de Ben S’mim par l’entreprise ‘’les Brasseries du Maroc’’, le Bureau national d’Acme-Maroc a publié un communiqué, à la suite de sa réunion tenue à Rabat le 26 juin 2010, dans lequel il est revenu sur ce sujet emblématique et où il énonce les principaux points suivants:

1/ Acme-Maroc dénonce l’opération de filouterie à travers laquelle l’exploitation de la source de Ben S’mim a été concédée aux Brasseries du Maroc après s’être aidée dans un premier temps d’une entreprise-écran – Euro Africaine des eaux – qui a servi de façade initiale tendant à brouiller les cartes. Ceci confirme ce que nous avons maintes fois énoncé au sujet d’un projet douteux dans son fondement, son objet et ses composantes, comme il renforce notre affirmation initiale selon laquelle l’entreprise Euro-africaine des eaux n’était qu’une simple couverture de capitaux et d’intérêts précis cherchant à perpétuer leur main-mise sur les ressources du pays.
2/ Acme-Maroc condamne l’absence de transparence qui a marqué le processus de concession des eaux de Ben S’mim dès son lancement en 1999, et ce dans une flagrante connivence avec plusieurs parties officielles, dont l’Agence de bassin du fleuve du Sebou qui a renié ses propres engagements pour une nouvelle étude technique portant sur le débit effectif de la source.
3/ Exprime également sa ferme condamnation de la démarche officielle adoptée en la circonstance qui a usé d’opacité et de manipulation pour priver la population de ses droits sur les eaux de la source de son village – y compris, très probablement les 40 % des eaux qui lui ont été assignés par des textes indiscutables – et pour s’approprier un bien collectif et le commercialiser hors des procédures démocratiques, transparentes et légales.

4/ Le Bureau national d’ACME-Maroc dénonce la négation des luttes menées de façon civilisée par la population proclamant son refus du projet d’embouteillage de ses eaux, avec le soutien continu d’associations nationales et internationales, dont ACME, ce qui démontre le désintérêt des responsables marocains, leur refus d’entendre les doléances et plaintes de la population et leur total alignement sur les sphères d’influence économique et financière. Cristallisant de la sorte la politique de ''l’économie de rente'' dans notre pays
5/ Le BN réaffirme le soutien inconditionnel d’Acme-Maroc à la population de Ben S’mim , atteinte dans ses droits et dans le fondement de son existence, comme il affirme la poursuite des luttes et de la revendication d’abandon de ce projet – néfaste pour le village – qui n’est en fin de compte qu’un acte de spoliation d’une ressource représentant la base de vie dans une région marginalisée.
Le BN renouvelle sa demande d’abandonner les poursuites en appel contre un groupe d’habitants du village, qui continuent à être déférés devant les tribunaux dans le cadre de l’action systématique qui a visé à faire régner la peur parmi la population en vue de permettre le déroulement de toutes les phases d’un projet qui constitue un véritable crime économique et social foulant aux pieds le droit de simples citoyens à une vie digne.

Austérité pour les peuples, carte blanche à la finance


Bilan accablant pour le G20 de Toronto
Par Attac France, 28/6/2010
Le G20 de Toronto vient de se terminer sur un fiasco sans précédent. Un seul engagement concret a été pris par les dirigeants des 20 pays les plus riches de la planète : diviser par deux les déficits publics d'ici 2013. La déclaration finale appelle à nouveau à « poursuivre les réformes structurelles dans tous les pays du G20 », à « combattre le protectionnisme et maintenir l'ouverture des marchés ». Austérité renforcée, néolibéralisme aggravé, des centaines de manifestants arrêtés, plus d'un milliard de dollars dépensés pour l'organisation du sommet, mais aucune mesure pour faire payer sa crise à la finance : le G20 quitte Toronto totalement discrédité.
Comment faire payer la finance ? Depuis plusieurs mois, le débat, imposé par la pression des opinions publiques, faisait rage pour savoir s'il fallait taxer seulement les banques, ou bien l'ensemble des établissements financiers, ou bien – comme le demande Attac et une vaste coalition de la société civile internationale – l'ensemble des transactions financières.
À Toronto, le rapport du FMI, commandé par les gouvernements du G20 en septembre 2009, à Pittsburgh, est resté dans les tiroirs. Il recommandait pourtant très prudemment deux modestes taxes, l'une sur les actifs risqués des banques, l'autre sur les profits et rémunérations des établissements financiers. Ces taxes n'auraient guère eu d'impact régulateur sur la finance, mais auraient permis aux États de récupérer une fraction des sommes englouties dans le sauvetage des banques. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avaient promis qu'une mesure plus audacieuse, la taxation de l'ensemble des transactions financières, serait discutée au G20. Cette taxe Tobin sur la spéculation devrait permettre de réduire fortement le volume des transactions et de dégager d'importantes ressources pour le développement et la lutte contre le réchauffement climatique.
Au final, le communiqué de Toronto « reconnaît qu'il y a plusieurs approches possibles. Certains pays visent une taxe financière. D'autres ont des approches différentes »... Mais dans leurs déclarations post-G20, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne parlent plus de taxer les transactions financières. Regrettant que le G20 n'ait pas décidé une taxe bancaire, ils annoncent que l'Europe va la mettre en oeuvre. Ils entretiennent ainsi la confusion entre une taxe sur les banques, déjà décidée par les USA et le Royaume-Uni et discutée par l'Union européenne, et la taxation des transactions financières qu'ils s'étaient engagés à promouvoir.
Impuissance, confusion et obstination dans le néolibéralisme et l'austérité imposée aux peuples : le bilan du G20, et plus particulièrement de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel, est accablant. Sans aucune réponse cohérente des gouvernements les plus puissants de la planète, la crise financière, sociale et écologique ne peut que s'aggraver. Jusqu'à ce que les citoyens et les mouvements sociaux, en France, en Europe et dans le monde, décident de prendre eux-mêmes leurs affaires en main. Le G8 se tiendra à Nice en avril 2011 et le G20 se réunira en France en novembre 2011: Attac, avec ses partenaires, fera tout pour mettre la pression sur ces « décideurs » irresponsables.
http://www.france.attac.org/spip.php?article11521

Le Sahara à la fête de la ville de Givors

Par Amaidan Salah, APSO, 23/6/2010
Sous la pluie et dans le vent, les Amis du Peuple du Sahara Occidental (APSO) étaient présents à la fête de la ville de Givors, les 19 et 20 juin 2010.
Avec le partenariat généreux de l’APCA et le soutien de la Mairie de Givors, l’association a proposé pendant ces deux jours de partager les informations sur la situation des Sahraouis, autour de la chaleureuse cérémonie des trois thés.
Les témoignages de Mustapha Hmatou, Sahraoui venant des Territoires Occupés du Sahara Occidental, ou ceux d’amis – pour certains élus à la ville - ayant partagé quelques jours de la vie des réfugiés Sahraouis des campements (à proximité de Tindouf, sud ouest algérien) ont complété les informations données sur ce pays coupé en deux par le mur de 2400 km, et son immense champs de mines, qui sépare les familles en deux.
Le constat de la malnutrition des enfants réfugiés était au centre des échanges de la Journée Mondiale des Réfugiés, le 20 juin, ainsi que la responsabilité Européenne dans l’accord de pêche illégale UE/Maroc, qui prive les Sahraouis de leurs poissons. Les visiteurs ont tous adhéré à la campagne contre cet accord qui, dans son état actuel, mené contre la volonté des Sahraouis et sans aucun bénéfice pour eux, fait des Européens des voleurs de poissons, complices de l’occupation illégale et brutale d’une partie du Sahara Occidental par le Maroc.
L’actualité de l’association APSO, c’est aussi l’action « écrire à un prisonnier politique Sahraoui », dénoncer les violations quotidienne des droits de l'homme au Sahara Occidental occupé, c'est le soutien au projet d’accueil d’enfants réfugiés pour l’été 2011 par des familles givordines, la constitution d’un dossier d’information sur le mur et les mines en partenariat avec l’association Sahraouie murominassahara.org, mais aussi les projets autour du sport Sahraoui et de l’objectif olympique.

Maroc : ombres sur les relations entre la presse et le pouvoir

Par Isabelle Mandraud (Service International, Le Monde), 22/6/2010

Ahmed Benchemsi, directeur du magazine marocain TelQuel, est inquiet et cela se lit. "Le refus forcené de la dissidence, aussi insignifiante soit-elle, est un indicateur de dérive autocratique, un de plus, écrit-il dans son édito du 12 juin. C'est ainsi que cela a commencé en Tunisie, avant que cela ne tourne à la dictature grossière. Est-ce, à terme, le destin du Maroc ? Dieu tout puissant, donnez-nous des raisons de ne pas y croire." Ainsi exprimée, cette inquiétude est nourrie par la violente campagne dont fait actuellement l'objet l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), et par de nouveaux procès contre des journalistes.
Depuis son dernier congrès, le 23 mai, l'AMDH est en effet dans la tourmente, accusée de prôner le séparatisme dans le dossier très sensible du Sahara occidental. Certes, l'association a eu des discussions à ce sujet dans ses rangs, mais elle ne s'est pas départie de la ligne qui est la sienne depuis des années. Or, le premier ministre, Abbas El-Fassi, a publiquement assuré, le 5 juin, lors du congrès de son parti, l'Istiqlal, que l'AMDH, sans la citer, avait reçu " une lettre de félicitations du Front Polisario"...
Quelques jours plus tard, à l'initiative de parlementaires, la Seconde Chambre a observé une suspension de séance de 10 minutes, citée par l'agence de presse officielle MAP, pour fustiger les "atteintes aux valeurs sacrées de la nation" dont se serait rendue coupable l'organisation. Une partie de la presse a pris le relais. Dans son édition du 11 juin, l'édition magazine d'Aujourd'hui le Maroc consacre plusieurs pages à l'AMDH, soupçonnée "d'exercice clandestin de la politique", avec, à la "une", une photo de sa présidente, Khadija Ryadi, tenant un mégaphone sous ce titre : "L'AMDH se proclame porte-voix du séparatisme".
"Quand on veut discréditer quelqu'un, ici, on l'accuse de traîtrise", soupire Mme Ryadi, qui ne cache pas, elle aussi, son inquiétude : "On a même été jusqu'à dire que l'ambassadeur d'Algérie avait été ovationné à notre congrès !" Pour nombre d'observateurs, l'AMDH est un pôle de référence respecté dans un pays soucieux de réformes, bien plus ouvert que par le passé. Mais l'atmosphère s'est brutalement rafraîchie depuis plusieurs semaines. Mme Ryadi y voit une réaction contre la résolution, adoptée lors de son congrès, de militer pour la révision de la Constitution marocaine.
Le durcissement du pouvoir ne se limite pas là ; il s'exerce aussi contre des journalistes. 
Accusé d'escroquerie par l'ancien propriétaire de sa demeure, Taoufik Bouachrine, directeur du quotidien arabophone Akhbar Al Youm, vient d'être condamné à six mois de prison ferme par un tribunal pénal. Or, il avait été totalement innocenté pour la même affaire, en 2007, devant un tribunal civil. Entre-temps, il est vrai, Akhbar Al Youm a été fermé plusieurs mois après avoir publié des caricatures jugées offensantes pour le palais.
A la "une" du quotidien, le 12 juin, M. Bouachrine, resté en liberté le temps de l'appel qu'il a déposé, a signé un édito dans lequel il annonce son intention de faire la "grève de l'écriture". " C'est le modèle tunisien qui vous attire...", écrit-il en interpellant les autorités marocaines. Au même moment, Ali Amar, ancien directeur du Journal hebdomadaire aujourd'hui disparu, dont le procès est attendu mardi 22 juin, connaît une mésaventure similaire. Accusé du vol d'un ordinateur par une ancienne associée graphiste française, l'auteur d'une biographie de Mohammed VI interdite au Maroc, a été interpellé le 1er juin au matin chez une amie, la porte de l'appartement défoncée.
Pourquoi déployer de tels moyens, pour une histoire de vol ? Pourquoi toutes ces questions, lors des interrogatoires, sur les activités, les relations de M. Amar, sans rapport avec le délit présumé ? "C'est la nouvelle technique, vouloir faire passer les journalistes pour de vulgaires criminels de droit commun", s'insurge Zineb El-Rhazoui, journaliste et militante associative, chez qui l'interpellation de M. Amar a eu lieu. "Déjà, nous sommes dans l'impossibilité de gagner notre vie, de gagner un dirham de notre travail." "J'aurais pu aussi bien brûler un feu rouge, cela aurait été pareil, acquiesce M. Amar, ils veulent que l'on quitte le pays."
Ces questions hantent un tout petit cercle, journalistes ou militants des droits de l'homme, car il ne s'agit que de cela, de minorités minoritaires. Et l'on peut se demander quel intérêt le Maroc, si attaché à défendre son image et ses réformes, a-t-il à noircir le tableau avec des mesures répressives qui ternissent les avancées acquises ? Longtemps, le pouvoir, comme le rappelle avec amertume Aboubakr Jamaï, l'ancien patron du Journal hebdomadaire qui vit aujourd'hui en Espagne, a mis en avant l'irresponsabilité d'une presse qui "se serait enivrée d'une liberté nouvellement acquise et en aurait abusé". Mais l'argument a du mal à résister au fur et à mesure que le temps s'écoule et que les contradictions s'accumulent alors même qu'un nouveau code de la presse, en chantier, est censé apaiser les relations.
On comprend, dès lors, l'inquiétude de M. Benchemsi, désigné aujourd'hui comme dernier rempart d'un organe de presse indépendant, et qui élève sa supplique comme un bouclier. Sans réponse, il doit se sentir bien seul.
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Courriel : mandraud@lemonde.fr.

Maroc : dix jours de luttes, de soutien international, de répression, de violation des droits de l’homme.

Par Ali Fkir, juin 2010
Les ouvriers de SMESI, licenciés abusivement par l'OCP après des années de trime, continuent leur légitime combat pour:
- la réintégration
- la titularisation
- le respect de la liberté syndicale....
Ces victimes de l'arbitraire mobilisés dans le cadre de leur syndicat (l'UMT), épaulés par l'Union locale de Khouribga, de l'AMDH, du comité de solidarité (CSOS)...manifestent chaque semaine, organisent des sit in, font face à la répression, résistent...L'OCP, véritable empire économique, fait la sourde oreille, l'Etat est complice, les partis parlementaires, toutes tendances confondues, souhaitent l'échec de ce mouvement historique (plus de 11 mois sans salaire, sans revenu aucun, plus de 11 mois de résistance...)
Le scandale a franchi les frontières. Le mouvement de solidarité avec ces prolétaires s'intensifie (surtout en Europe: France, Espagne...). Le mois de juin 2010, Paris, Lille...ont connu des activités de solidarité avec les 850 ouvriers de SMESI, licenciés abusivement, activités organisées par des militant-es maghrébins (ASDHOM, Amis de l'AMDH, ANNAHJ ADDIMOCRATI, le PCOT....), des forces politiques françaises (le PCF, le NPA...), des syndicats français ( CNT, CGT, Solidarité..). Le militant syndicaliste Hamza Barakat (du bureau syndical des ouvriers de SMESI) a été en France pour expliquer et défendre la cause des 850 victimes de l'arbitraire.
Ces derniers mois, plusieurs délégations syndicales (espagnoles et françaises) s'étaient rendues au Maroc et s'étaient entretenues avec les victimes à Khouribga. (…)
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Diplômés Chômeurs : Le travail? non! La bastonnade oui!
Des centaines de jeunes diplômé-es qui ne sont autres que les victimes des politiques officielles aussi bien au niveau économique qu'au niveau social. La faillite d'une économie capitaliste dépendante et makhzanienne est incapable de stimuler une offre d'emplois. 
L'Etat a réduit les budgets alloués à des secteurs sociaux et donc réduit les postes budgétaires. Des sommes colossales sont dilapidées par des individus et des institutions parasites. Le conflit du Sahara occidental engloutit des milliards. Les sécuritaires et autres dignitaires du makhzen en profitent sans retenue aucune. (…)
Le dimanche, 20 juin 2010, juste à côté du siège du "parlement", pas loin des ministères, pas loin du palais royal, les enfants des masses populaires sont réprimés sauvagement. Des dizaines de blessé-es, des dizaines d'arrestations (relâché-es tard la nuit).
Leurs familles avaient tout sacrifié pour assurer leurs études, ils, elles ont bossé dur; ils, elles ont réussi, et se retrouvent dans la rue comme des vauriens. C'est scandaleux
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Répression à Ourika
Suite à la décision des autorités locale de déloger des dizaines de paysans de leurs logements considérés illégaux, les habitants du douar Boudbira (centre Ourika, région Marrakech), ont décidé de manifester pacifiquement le lundi 21 juin 2010 . Les forces de répression ont chargé les manifestant-es (matraques, bombes lacrymogènes...). Résultat des dizaines de blessé-es et au moins 16 arrestations.
Les autorités ont décidé de jeter dans le "terrain vague" des centaines, sinon des milliers de gens sans aucune alternative.
Derrière ce type d'opérations qui consistent à "libérer" des terrains, il y a toujours des mafiosos de la spéculation foncière.
Dénonçons ces mafiosos et condamnons la complicité de l'administration
Exigeons la libération des sans-droits de citoyenneté qui ne font que réclamer leur dû
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Sit-in à Guercif
Des dizaines d'ouvrières de textile ( ville de Guercif) en sit in illimité (depuis le 26 juin)suite au licenciement abusif des membres de leur bureau syndical.
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SMESI toujours en lutte
Par Ramsise Hamza, 26/6/2010
تقرير عن اعتصا
في سياق البرنامج النضالي الذي سطرته نقابة سميسي ريجي ثم تنفيذ وقفة احتجاجية أمام شركة سميسي بحطان بتاريخ 26-06-2010 وقد عرفت الوقفة حضورا جماهيريا كبيرا للعمال مؤازرين ببعض الفعاليات المتضامنة و كذا ساكنة مدينة حطان.
و كالسابق عرفت الوقفة كالعادة استنفارا أمنيا كبيرا و عسكرة غير مسبوقة تكرس المقاربة الأمنية التي أتبعتها السلطات المخزنية في تعاملها مع هذا الملف الاجتماعي.
وقد ردد العمال شعارات طالبوا من خلالها الاستجابة لمطالبهم العادلة و المشروعة المتمثلة في الإدماج و الترسيم داخل القطاع و إرجاعهم إلى العمل.
وفي ختام الوقفة تناول الأخ يوسف العنابي عضو المكتب النقابي كلمة أشار في بدايتها إلى دلالات هذه الوقفة أمام شركة سميسي والتي توخى من خلالها العمال تذكير الجهات المسؤولة بأن المشغل الحقيقي للعمال هي شركة السميسي وفق مجموعة من الروابط الشغلية، كما أستنكر تبذير المجمع الشريف للفوسفاط للملايير لبناء منشات ثانوية كبناء مسبح في حين تعاني ساكنة حطان تلوتا بيئيا خطيرا نتيجة الإفرازات السامة لمعمل التنشيف ببني دير، وقد أعتبر وضع العمال في السجن نوع من الهروب من الاستجابة لمطالب العمال، و تغطية علي القمع الشرس الذي يتعرضون له، إذ بذل محاسبة الجلادين و ناهبي المال العام المتسترين وراء الشركات الوهمية و المتواطئين معهم تمت التضحية بالعمال و الشئ الذي يوحي بالعودة إلى سنوات الجمر و الرصاص و تكريس لسياسة العصا الغليظة التي انتهجها المخزن منذ بداية معارك عمال سميسي ريجي.
واختتم العضو النقابي كلمته بدعوة العمال إلى المزيد من الوحدة و التضامن و الحذر من كل المناورات الهادفة إلى الإيقاع بالعمال في براثن شركات المناولة.
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Condamnations à Missour
Les citoyens arrêtés récemment à Missour ont été condamnés:
- 11 détenus à 4 mois de prison ferme et à 500h d'amende
- Une femme et un homme de 69 ans à 2 mois de prison avec sursis et 500dh d'amende
   Dénonçons toutes et tous ces condamnations sans fondement aucun
   Mobilisons-nous pour imposer la libération de ces innocents.
                                 

L’homme qui voulait voir le roi

Endurance !
Par Jacques-Marie Bourget, Bakchich, 29/6/2010
Le Marocain Zakaria Moumni, honoré d’un titre de champion de monde en 1999, mérite une rente à vie promise par son roi. Il l’attend toujours et ne lâche rien. Fable moderne d’une quête de justice.
Zakaria Moumni fait penser au héros de « Je veux voir Miousov ». Au temps béni du stalinisme, la pièce décrit l’entêtement d’un homme qui, quoiqu’il arrive, veut parler au camarade Miousov, le responsable du département peinture de l’usine dans laquelle il travaille.
Zakaria est du même métal. Lui, c’est le camarade M6, roi du Maroc qu’il veut rencontrer. Normal puisque Moumni est marocain, et que le bon monarque aime tous ses sujets comme ses enfants.
L’idée fixe de Zakaria est née d’une injustice un peu rigolote. Si tant est qu’on puisse rire avec une trahison de promesse.
En 1999, à 19 ans, Zakaria devient champion du monde de « Light Contact », une sorte de « savate » du genre asiatique. A Malte, à la fin du championnat, Zakaria est fêté, honoré, la presse évoque son exploit de « premier Marocain et premier Africain » à emporter une telle timbale. Généreuse comme l’est depuis Mahomet la monarchie, un décret royal prévoit que tout champion du monde marocain sera doté d’une rente à vie. Pas quelque chose digne des cadeaux de madame Bettencourt. Non, une petite bourse du genre mille euros par mois.
Notre Zakaria, grand type a très bonne gueule, cultivé et malin, n’a jamais reçu un centime. Depuis il traque le roi comme le cerf à courre. Que M6 aille dans son château d’Ile-de-France, il campe devant la grille. Que le roi bien aimé soit dans un palace parisien, même séance de pied de grue au risque de faire croire qu’il fait le tapin. Le jeune homme, qui fait donc chasseur de roi à plein temps, n’a pas peur d’aborder gardes du corps et conseillers. Une fois, en 2006, il a réussi à glisser sa supplique au roi qui lui répondu « écrivez-moi ». Mais, placé en embuscade sur le chemin du trône, l’épouvantable conseiller Mohamed Mounir Majidi, un type qui rendrait Hortefeux sympathique, a escamoté la lettre de Zakaria.
Depuis le jeune champion frappe, c’est sa nature. Non pas à l’estomac mais aux portes. Dès qu’un prince ou un haut fonctionnaire du Royaume est annoncé quelque part, Zakaria est là pour lui lancer : « Et alors, c’est quand qu’on l’applique le décret royal ? ».
Bakchich, à la suite de Zakaria, a tenté de percer ce mystère alaouite. L’ambassade du Maroc en France, trop occupée sans doute à faire connaitre les grands mérites de la grande démocratie marocaine, n’a jamais répondu à nos demandes répétées.
Reste Zakaria au bord du trottoir, guettant les cortèges royaux… Il espère toujours en disant : « le roi est un grand homme, très honnête, mais mal entouré. Il va sûrement me rendre justice… ». Bien sûr, n’est-il pas connu pour ne faire que cela ?

lundi 28 juin 2010

Casablanca : anniversaire de la répression du 20 juin 1981

Par Ali Fkir, 21/6/2010
Les militant-es des droits humains (AMDH), les victimes de la répression des "années de plomb" (FMVJ), les sans-droit au logement de dignité...se sont retrouvé-es devant la caserne des sapeurs-pompiers à Casablanca et cela à l'occasion du 20 juin, anniversaire de la répression sauvage du 20 juin 1981 qui avait coûté la vie à des centaines de citoyen-nes..
Rappelons qu'on a découvert il y a quelques années un charnier sous le terrain de sport de la caserne contenant les os des dizaines de victimes dont plusieurs ont été ensevelies vivantes.
Après le sit in (du 17h à 17h30 du dimanche 20 juin 2010), une marche a été organisée autour des bâtiments du coin.



Par Abdelkrim Manouzi, 21/6/2010
MANIF DES FAMILLES SE DISPARUS
hier à Casablanca organisée par le forum verité et justice ainsi que l'AMDH,devant l'endroit ou sont enterrés les victimes des manifestations de 1981 et dont la fosse commune a été découverte il y 5 ans

L’ETAT MAROCAIN EN FLAGRANT DELIT DE CONTRADICTION


L’AMDH PLUS FORTE QUE JAMAIS 
Par Mohamed Belmaïzi, 25/6/2010
Une association marocaine avait invité Tzipi Livni en grandes pompes au Maroc, juste après le « crime contre l’humanité » sur Gaza, sans que l’Etat marocain ne réagisse et condamne, ni verbalement ni par la mobilisation des forces impressionnantes pour encercler le lieu de son atterrissage, comme il le fait aujourd’hui (25 juin), concernant l’arrivée de Amira Al-Qaram à l’aéroport Mohammed V. Amira est une jeune fille palestinienne de 16 ans rescapée des crimes horribles devant les yeux de l’humanité entière, perpétrés contre les habitants de Gaza la martyre.
L’AMDH a invité Amira Al-Qaram au Maroc pour un suivi médical et pour la célébrer en tant que symbole hautement percutant de la cause palestinienne, marquant ainsi la solidarité indéfectible du peuple marocain avec le peuple palestinien.
Selon les informations à disposition, l’Etat marocain se révèle un piètre stratège en se mettant au devant de la scène pour s’approprier l’honorable activité citoyenne que l’AMDH a réservée à Amira Al-Qaram, dont le sort reste méconnu à ce jour. Et cela ne peut être qualifié que par un geste terroriste de l’État marocain, à la mesure de la déliquescence des décideurs, ridicules stratèges de l’Etat de Non-Droit.
Car depuis quand un État responsable d’une myriade de disparitions, de torture et d’assassinats durant quatre décennies et plus, peut se convertir du jour au lendemain au combat des Droits Humains, tout en dénigrant l’AMDH – (l’offensive actuelle qu’on connaît de la part des intello de service, de certains journaux et de la part du fameux et scandaleusement inutile Parlement avec sa protestation grotesque contre une association à utilité publique en interrompant une séance pendant 10 mn)?
Comme tout est possible dans le pays du Couchant, l’Etat marocain se veut soudainement le chantre coq de la philosophie des Droits Humains en créant une lourde et coûteuse structure pour la complaisance et le blocage de l’Etat de Droit, qu’on a nommé : le « Conseil Consultatif des Droits de l’Homme » (CCDH).
C’est pourquoi, l’« Affaire Amira », la jeune palestinienne, s’inscrit dans cette continuité d’appropriation, par l’élite et ses conseillers au pouvoir, de nos valeurs, de nos combats pour la dignité humaine, et pour l’Etat de Droit. Mais cet Etat ne peut le faire sans se trouver en plein dans un flagrant délit, un pétrin digne de l’aveuglement ! Car tout en violant les libertés fondamentales, en emprisonnant les citoyens (Khouribga ; Missour ; Figuig ; Oujda ; Marrakech ; Agadir…), voilà l’Etat, en train, aujourd’hui de rivaliser avec l’AMDH sur le plan de la défense des droits humains. ‘Tbark allah’, nos élites au pouvoir s’occupent de nos causes et de notre bien-être sur ce plan !! Bientôt ils iront libérer tous les prisonniers d’opinion (militants, journalistes, ouvriers, paysans, étudiants…) et abolir la censure et les interdictions de l’opinion…, rivalisant ainsi valablement avec l’AMDH ! On peut rêver !!
Mais on peut aussi s’interroger sur ces conversions frauduleuses et sur la manipulation de l’opinion, ainsi que sur les démarches aussi farfelues l’une que les autres pour redorer le blason d’un Etat « démocrature » qui refuse à la société civile de sortir notre pays de sa torpeur et de son immobilisme.
Nul doute que l’AMDH se sort avec excellence et honorabilité de ce face-à-face inédit. L’Etat qui croie la dénigrer et la décrédibiliser, lui donne, au effet, le statut d’une association vivante, dynamique et pleinement ancrée dans le tissu populaire.
Si l’Etat marocain ne dévoile pas le sort de Amira Al-Qaram (qui est probablement prises en charge par l’Etat et livrée aux soins…( ?!!)), il serait embourbé dans une « Affaire » sans précédent qui ferait de lui la risée du monde. S’il revient à la raison, se rend à l’évidence et cède devant les revendications légitimes de l’AMDH d’organiser ses festivités programmées il y a bien longtemps avec Amira Al-Qaram, ce serait une grande victoire de l’AMDH et des principes de Droit pour lesquels nous luttons.
Dans les deux cas de figure, cette « Affaire Amira » restera comme une écharde dans l’épine dorsale de l’Etat marocain qui falsifie et bricole avec les principes qui devront tôt ou tard édifier l’Etat de Droit dans notre pays.


la fhamtou chi haja
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Par Samira Kinani, 27/6/2010
imaginez
vous invitez une personne
une personne qui compte à vos yeux
vous préparez tout
les conditions de son accueil
son visa
son billet
le programme de son séjour chez vous..
vous êtes heureux
enfin
elle arrive
vous allez l'accueillir
et vlan!!
non seulement elle n'arrive pas
mais on vous empêche d'atteindre l'aéroport
on ne répond pas à vos questions
vous êtes inquiets
vous avez un nœud dans la gorge
vous avez peur
cette personne
étant la première personne
a porter plainte contre les crimes de guerre
d'un état voyou
chouchouté par les grands
-normal, c’est leur créature-
tout se met à tourner
qu'est ce qui se passe?
qu'arrive-t-il à votre invitée!!!
personne ne vous répond
et tout à coup
on vous parle d'un communiqué
d'une association
qui aurait demandé qu'on prenne en charge
votre invitée
pour soins!!!
vous tombez des nues
vous ne comprenez pas
pire
ça vous dépasse
c’est surréaliste
c’est kafkaeen!!!
on vous pirate votre invitée!!!!
wa machi lhmak hada
vous vous démenez à droite et à gauche
pour savoir
vous apprenez que cette association
qui l'aurait invitée
a été elle même invitée
à venir accueillir
Amira à l'aéroport
vous appelez l'ambassade de votre invitée
ils n'auraient été au courant
que la matinée de la nuit de son rapt
car c’est le mot
y en a pas d'autres!!
pire encore
on sort un autre communiqué
où on voit ce même ambassadeur
avec Amira et sa mère
dans un hôpital
on ne mentionne pas le nom de l'hôpital
une Amira au regard triste
une Amira à laquelle on n'a pas pensé
je l'imagine
surprise
devant des gens qu'elle ne connait pas
qu'est qu'on lui a dit?
comment on l'a emmenée?
qu'est ce qu'elle doit penser
cette fillette
qui a dit
quand on lui demandé
si elle voulait être dans un hôtel
"je préfère être avec une famille
qui aurait des filles de mon âge"
et tout a été préparé
pour la satisfaire
pour la mettre à l'aise..
franchement
jusqu'à présent
je n'arrive pas à comprendre
tous les scénarios possibles
je les trouve
.???
je jure que je ne trouve pas de termes!!
quoi
le gouvernement veut prendre sa santé en charge??
ok
où est le problème ?
ils auraient pu nous contacter
demander l'avis d’ Amira?
ce n'est pas ce qui se fait d'habitude??
alors c'est quoi??
c’est vrai
dites le moi
si vous comprenez
car moi….

MERCI L'AMDH !

Par Ali Fkir, 22/6/2010
Depuis son dernier congrès (le 9ème, qui s'est tenu les 20, 21, 22 et 23 mai 2010), l'AMDH est devenue la cible des forces conservatrices, toutes tendances confondues. Officiellement on reproche à l'AMDH:
- De défendre le principe de l'institutionnalisation de la langue et de la culture amazighes
- De défendre le principe d'une solution démocratique au conflit du Sahara (l'AMDH n'a pas pris position sur le fond). On veut lui imposer la position officielle, à savoir la "marocanité" du Sahara occidental.
- De défendre le principe du respect des libertés individuelles telles qu'elles sont mentionnées dans la déclaration universelle des droits humains et dans les conventions internationales ( pourtant signées par l'Etat marocain).
- De défendre le principe de la laïcité en tant que l'un des fondements de la démocratie (liberté de culte, liberté de conscience...)
C'est le tollé général chez les forces conservatrices: des islamistes aux sociaux démocrates, on crie au scandale. On exige la tête de l'AMDH. La presse partisane de même que certaine presse financée par des lobby, ont trouvé le sujet de l'heure. La deuxième chambre du parlement a suspendu sa séance durant 10 mn pour protester contre l'AMDH, le 1er ministre s'est pris violemment à l'AMDH, la TV...
On reproche à l'AMDH de vouloir saper les fondements de la patrie: la religion, le patriotisme et la monarchie.
Pendant que ces forces " défendent patriotiquement" un héritage moyenâgeux, les mouvement sociaux sont réprimés dans le sang, les syndicalistes, les étudiants, les diplômés chômeurs, les habitants des quartiers populaires sont tabassés, des journalistes honnêtes sont harcelés...depuis la clôture (23 mai 2010)du 9ème congrès de l'AMDH, on compte des dizaines d'arrestations et de blessés (Khouribga, Missour, Bouarfa, Talsint, Agadir, Marrakech, Casablanca, Rabat...)
Dans le Maroc d'aujourd'hui, il n'y a plus de frontières entre la droite et la "gauche", mais il y a une distinction nette entre les forces conservatrices et les forces progressistes.
En défendant des valeurs rétrogrades, en se référant à des repères du passé, les philistins petits bourgeois qui se prétendent de "gauche"se retrouvent dans le bloc des conservateurs
Je me suis demandé comment certains militants de "gauche" pouvaient entonner (à la face des militants avec lesquels ils ont certaines divergences au sein de l'AMDH), la chanson "patriotique" la plus chère à Hassan II qui dit, entre autre,"...le Dieu, le Prophète et le coran sont avec nous...". Ô Martyr Mehdi ! réveille toi !
Un progressiste ne peut en aucun cas défendre des valeurs réactionnaires. Un progressiste est un militant de l'avenir et non un défenseur de valeurs féodales.
Ceux qui misent sur les "largesses" du ministère de l'intérieur en 2012, ceux qui travaillent sur commande, ceux dont les intérêts économiques dépendent de la "stabilité" du système en place, ceux qui cherchent la "promotion sociale " à n'importe quel prix....tout ce beau monde se retrouve " religieusement, patriotiquement, monarchiquement" dans le même bloc. L'AMDH porteuse des valeurs humaines conquises grâce au sang versé par les peuples, étant leur ennemi principal.
Merci l'AMDH d'avoir secoué le cocotier du monde politique, ce qui qui a permis la séparation du bon grain de l'ivraie.

Lettre de solidarité d'Amnesty International avec AMDH

 

PÉTITION : AMDH URGENT !

Par Fouad Abdelmoumni, 14/6/2010
Protégeons l'AMDH
Suite aux attaques infamantes de ces derniers jours contre l’AMDH par la presse aux ordres et certains dignitaires de l’Etat, un petit groupe de personnes indépendantes ont pris l’initiative du texte de pétition ci-après, que je me permets de soumettre à votre signature, si vous adhérez à son contenu et que vous n’avez pas de contrainte à afficher cette position. Prière de réagir à votre première convenance si vous désirez être parmi les premiers signataires. Vu les risques supposés d’escalade, l’idée est de rendre le texte public dès mercredi 16 juin. Vous pouvez aussi, si vous le jugez approprié, partager ce projet avec les personnes que vous considérerez indiquées, tout en insistant sur sa confidentialité en cette étape. Vu les contraintes de délais, vous comprendrez que ce texte est proposé en l’état et qu’il serait très ardu d’en revoir les expressions, expressions délibérément laissées ouvertes pour demeurer admissibles que l’on se sente ou pas très proches de l’AMDH et de sa direction actuelle. 
TEXTE DE LA PETITION :
Protégeons l'AMDH, facteur du Maroc de demain 
 (titre alternatif proposé : Protégeons l’AMDH contre les tendances liberticides)
Nous, soussignés, citoyenNEs et militantEs attachés aux droits humains, à la diversité et à la démocratie, apportons par la présente notre appui à l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH). Par delà toute éventuelle divergence sur telle ou telle de ses positions, nous considérons que cette institution et ses consœurs sont vitales pour le progrès du Maroc et de l’humanité.
C’est parce que l’AMDH dérange qu’elle est importante. Elle ose mettre le doigt là où ça fait mal ! Elle souligne les maux du pays qu’elle juge en contradiction avec les droits humains, et ce en cherchant délibérément à se distancer des « spécificités nationales ». Elle revendique la défense des principes universels sans considérations d’appartenance nationale, religieuse, ethnique… autres que celles prévues par les conventions internationales. Evidemment, lorsqu’elle cherche à s’approprier le patrimoine universel, elle se retrouve souvent en avance (et en tous cas en décalage) par rapport aux normes idéologiques, sociales et politiques dominantes.
Que serait le Maroc d’aujourd’hui si des institutions telles l’AMDH n’avaient pas pris la responsabilité, contre les dogmes régnants et toutes les autorités installées, de briser les tabous, que ce soit pour l’esclavage, ou pour le colonialisme, ou pour la violence familiale et conjugale, ou pour les dictatures violentes, tous les Tazmamart et Kalaât Mgouna du monde entier ?! Aujourd’hui, l’AMDH est accusée de revendiquer des institutions étatiques émanant des citoyens et les servant sans référence à une autorité religieuse ; elle est accusée de prôner la résolution du conflit du Sahara selon la légitimité internationale, sans s’adosser nécessairement à la position de l’Etat et de l’essentiel de la société et des élites marocaines ; elle est accusée d’en appeler au respect des libertés individuelles, notamment en matière de choix de pratique religieuse ou d’orientation sexuelle, tant que la pratique de ces choix n’attente pas aux droits et libertés d’autrui. Pour ces « infamies », assaisonnées de bon nombre de mensonges et d’affabulations, l’AMDH est dénoncée pour « traîtrise », par une certaine presse, et même par le Premier Ministre en personne et par la seconde chambre du Parlement.
Nous prenons fait et cause pour l’AMDH, non pas parce que nous la croyons sacrée ou infaillible, mais parce qu’elle est nécessaire à notre progrès et qu’elle contribue à éclairer nos chemins. D’aucuns parmi nous considèrent que ses positions sont parfois excessives, ou téméraires, ou bien au contraire timorées ou de parti-pris. Nous n’avons pas nécessairement la même appréciation de la manière par laquelle elle gère son fonctionnement interne, et certains parmi les signataires l’affichent publiquement et appellent de leurs vœux des avancées substantielles et rapides de son autonomie. Mais nous considérons que les éventuelles défaillances que nous pouvons critiquer relèvent non pas d’une carence indépassable mais de la maturation naturelle que nous appelons d’un mouvement des droits humains, universaliste, outillé, objectif, enraciné, pluriel et démocratique.
Nous comprenons qu’aujourd’hui, nombre de nostalgiques de l’absolutisme et de la répression primaire cherchent à mettre en équation les acquis libertaires de la société marocaine. Le devoir de tous les démocrates et de toutes les forces éprises de liberté et de droits humains est de faire échec à la régression. Nous, signataires, nous déclarons prêts à en assumer notre part.
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28/6/10406. Marie-Jo FRESSARD (non vérifié)
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28/6/10405. IMAD Abdellatif (non vérifié)
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27/6/10404. FEKKAK FEKKAK (non vérifié)
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26/6/10403. elhaimouti elhaimouti (non vérifié)
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25/6/10402. Sandrine CHANDAT
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25/6/10401. قِيصر سبأ (non vérifié)
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mardi 22 juin 2010

"Ah bon, t'es journaliste! Tu sais ce qu'on en fait, des journalistes?"

par Omar RADI, journaliste, Le Temps

La ville de Rabat accueillait, ce dimanche 20 juin, la marche nationale de commémoration des évènements de révolte du 20/21 Juin 1981 où plusieurs citoyens ont été assassinés (notamment à Casablanca), et dont le sort de certains est resté à ce jour, inconnu. Au moment où plusieurs policiers d'intervention rapide s'attaquaient à une jeune de l'association nationale des diplômés chômeurs, j'ai pris mon téléphone portable et j'ai commencé à photographier la scène. Je me fais tout de suite arrêter par les policiers, et leurs sbires en civil ont tout de suite commencé à me frapper de tous les côtés de mon corps, principalement le ventre et l'appareil génital, où les coups laissent le moins de trace. Ils étaient une dizaine, ils m'ont entouré pour que personne ne voie ce qui se passe à l'intérieur du cercle. Et c'est là où coups et insultes s'alternaient :

(En darija)
1. "Ah bon, t'es journaliste! Tu sais ce qu'on en fait, des journalistes? On les en**le!"
2. "Sale fils de p***! ta citoyenneté, on va t'asseoir dessus"
3. "Tu vas voir espèce d'enc***, on va te ni*** ta mère"...

Bien évidemment, après ce lot d'insultes, j'ai refusé de décliner mon identité. Je leur ai également signifié que je ne disposais pas de carte de presse, mais que j'étais journaliste, et que le téléphone que j'avais entre les mains était un téléphone professionnel, appartenant au magazine Le Temps, pour qui je faisais la couverture de cette marche.
Après tout cela, deux policiers en civil ont rejoint leurs collègues. Les deux m'ont reconnu, l'un d'eux m'a expliqué qu'ils cherchaient depuis un moment à me "tomber dessus".
Après un quart d'heure, ils me relâchent et me remettent le téléphone portable vidé de sa mémoire.

La Flottille de la Liberté: témoignages

Youcef Benderbal: Le devoir d’agir contre le blocus israélien de la bande de Gaza

Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca, 21 juin 2010

Youcef Benderbal est responsable depuis 2003 de la communication du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP). Une organisation soupçonnée par ses détracteurs de collecter des fonds pour le Hamas palestinien. Il était le premier des sept humanitaires français à retourner dans l’Hexagone, après l’arraisonnement israélien sanglant de la «Flottille de la liberté», qui se dirigeait vers la bande de Gaza. Comme il se trouvait sur place au moment des événements, nous l’avons interviewé pour récolter son témoignage sur ce qui s’était passé dans les eaux internationales.

Aziz Enhaili: Pouvez-vous nous présenter brièvement le (ou les) organisateur(s) de la «Flottille de la liberté» pour la bande de Gaza?

Youcef Benderbal: La «Flottille de la liberté» a été le fruit d'une âpre et longue préparation qui a nécessité un nombre important de réunions. Ce fut un travail entrepris au nom des valeurs et principes humanitaires quoiqu'en disent nos détracteurs. Les principaux organisateurs qui figurent au centre de la coalition sont: le mouvement «Free Gaza», la «Campagne Européenne pour la fin du blocus de Gaza» (ECESG), l'ONG turque «Insani Yardim Vakfi» (IHH), l'«Organisation Perdana pour une Paix Globale», les ONG grecque et suédoise «Bateau Pour Gaza» et le «Comité International pour la levée du blocus de Gaza». S’y ajoutent de nombreuses organisations (dont la mienne, le «Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens»: CBSP), qui ont apporté un soutien financier. Le CBSP agit, depuis sa création en 1990, au nom de la générosité du peuple français. Contrairement à ce que rapportent nos détracteurs, nous n'entretenons aucune relation avec quelque mouvement palestinien que ce soit. Nous sommes une ONG française qui œuvre dans la légalité et la transparence en toute indépendance. Cela fait 20 ans que nous aidons le peuple palestinien dans son ensemble à travers de nombreux projets civils. Le CBSP agit également au profit des réfugiés palestiniens vivant dans les camps du Liban et de Jordanie. En 2009, notre ONG a récolté plus de 13 millions d'euros de dons dont 4,5 millions consacrés aux Gazaouis durant la même année. C'est au nom des milliers de donateurs qui nous font confiance que nous répondons à la détresse et que nous préservons la dignité des plus vulnérables. Le CBSP est un facteur de paix et non un vecteur de haine. Pour ce qui est de l’IHH, je ne l’ai connu que récemment. Elle a apporté une contribution majeure au sein de la coalition internationale. Dès le départ, ses responsables ont expressément mis en avant le caractère humanitaire de leur mission prenant soin de mettre en garde les autorités israéliennes contre toute attaque. En vain! Ce qui a conduit par la suite aux évènements tragiques qui étaient en soi évitables.

Aziz Enhaili: Quelles ont été les raisons qui vous avaient poussé à lancer cette opération humanitaire?

Youcef Benderbal: Mon organisme, le CBSP, a rejoint cette initiative internationale d’aide à la population de la bande de Gaza. Face à une situation humanitaire plus que désastreuse qui accable cette population, nous avons uni nos efforts pour lui signifier qu'elle n'était pas seule au monde en ces moments pénibles. Notre action commune représente, à plus d'un titre, une solidarité internationale vivante: 10 000 tonnes d'aides humanitaires furent ainsi réunies en faveur des Gazaouis. Le CBSP a quant à lui débloqué un million d'euros pour l'acquisition d'une centaine de maisons préfabriquées dans le cadre d'une campagne solidaire intitulée «Une famille, un toit». Une action qui s’explique par le fait que plus d’un an après la fin de l'opération israélienne de l'hiver 2008/2009, du nom de «Plomb durci», la phase de reconstruction de la bande de Gaza n'a jamais débuté et des familles entières continuent de dormir dans des tentes.

Aziz Enhaili: Quels étaient les objectifs recherchés par le comité organisateur de cette opération?

Youcef Benderbal: En aucun cas, la «Flottille de la liberté» ne s'est constituée en prônant la haine des Juifs ou la violence anti-israélienne. Je le dis et le répète, le caractère de ce convoi maritime exceptionnel était strictement humanitaire. Apporter de l'aide à une population totalement coupée du monde est un acte de solidarité humaniste. En aucun moment, nous nous sommes inscrits dans le registre de la provocation ou celui de la confrontation. Nous avons répondu sans tergiverser à une profonde détresse gazaouie connue de tous. Un haut responsable onusien s'est même prononcé en faveur de l'acheminement de l'aide y compris par voie maritime. L'humanité régresse à coup sûr lorsque des drames insoutenables comme celui de Gaza s'installe dans la banalisation. Aider au plus près et agir contre le blocus étaient, à nos yeux, un devoir à accomplir.

Aziz Enhaili: Comment cette initiative s'est-elle déroulée?

Youcef Benderbal: En constatant combien le blocus israélien de la bande de Gaza a affecté tous les aspects de la vie de la population civile (dont le décès de centaines de patients faute de soins appropriés), nous ne pouvions rester les bras croisés. Il fallait agir sans plus tarder. La «Flottille de la liberté» était composée au final de six bateaux civils. Nous avons assisté personnellement au chargement du cargo grec (le Spendova). L'aide humanitaire comprenait, entre autres, une centaine de maisons préfabriquées, une quarantaine de fauteuils électriques pour personnes handicapées, des stations de dessalement, du matériel médical. Durant quatre jours, il y avait une activité intense et fébrile dans le port d'Athènes. De l'aveu même des organisateurs, un tel succès n'était pas prévisible. Au fil des mois de préparation, le doute a cédé la place à la certitude. On ne s'attendait pas que pareille initiative crée une formidable chaîne de solidarité mondiale. On compte plus d'une quarantaine de nationalités associées à cette initiative. Des centaines de personnes de tous bords épris de paix et de justice et dont le seul dénominateur commun était: Halte au blocus de la bande de Gaza!

Aziz Enhaili: Avez-vous été surpris de l'emballement de la gestion de cette opération?

Youcef Benderbal: Tous les participants internationaux ont été jusqu'au bout de leur engagement. Face aux menaces de Tsahal, notre détermination a été la plus forte. Le droit et la justice sont de notre côté. Nous n'avons rien fait d'illégal pour avoir été agressé avec une violence qui a coûté la vie à neuf personnes, sans compter les nombreux blessés, qui plus est, dans les eaux internationales. Au-delà des sursauts de conscience que nous espérons, les médias du monde entier devraient plus s'attarder sur les violations du droit international par l'armée israélienne qui, de notre point de vue, agit en toute impunité. Il ne faudrait surtout pas oublier les autres atteintes contre la paix: colonies, check-point, mur en Cisjordanie, destruction, menaces et expropriation à Jérusalem-Est...

Aziz Enhaili: Y avait-il à bord du bateau turc des armes?

Youcef Benderbal: En raison d’une démarche humanitaire stricte, le «Mavi Marmara» ne possédait aucune arme à bord. Les témoignages de dizaines d'internationaux présents à bord abondent dans ce sens. D'ailleurs, ce bateau affichait ostensiblement son pacifisme par un message inscrit en gros caractères et en plusieurs langues y compris en hébreu. Plus de deux semaines après l'assaut meurtrier de la «Flottille de la liberté», qu'ont trouvé les Israéliens de si dangereux à bord de nos bateaux? Uniquement de l'aide humanitaire! Aucun des centaines de civils à bord du ferry turc n’était armé! En les assaillant de nuit dans les eaux internationales, les commandos israéliens s'attendaient-ils à un accueil chaleureux. Ils ont sous-estimé la réaction légitime des passagers qui se sont sentis menacés. Il est tout à fait normal de craindre pour sa vie et celle de ses proches. La version de l'agresseur «agressé» ne résiste pas longtemps à l’examen des faits qu’on ne peut occulter.

Aziz Enhaili: Avez-vous atteint vos objectifs?

Youcef Benderbal: L’unique souhait du CBSP et de l'ensemble des membres de la Flottille était d’apporter une aide concrète aux habitants de la bande de Gaza, qui sont assiégés et affaiblis. Par notre présence et notre soutien, nous avons voulu être une source de réconfort pour eux. Il est inconcevable, voire inacceptable, de laisser 1,5 millions d'êtres humains enfermés dans un territoire exsangue et surpeuplé. Parallèlement, nous nous sommes opposés de façon pacifique à cette cruelle punition collective qu'est le blocus israélien. Rappelons-nous que ce dernier est tout à fait illégal au regard du droit international humanitaire. Nous avions tant souhaité que l'aide humanitaire soit acheminée par nos propres soins et non par ceux des Israéliens. Maintenant, de plus en plus de consciences s'insurgent devant autant de souffrances. Il y a un réel consensus de par le monde: le blocus illégal de la bande de Gaza doit cesser au plus vite!

Aziz Enhaili: Quelle est la suite que vous entendez donner à votre opération?

Youcef Benderbal: Il est évident que d'autres «Flottilles de la liberté» se mettront en place tant que le blocus israélien perdure. D'ores et déjà, on ne compte plus le nombre de sympathisants qui expriment leur désir de participer aux prochains convois. Une fois de plus, la mobilisation est mondiale, et la solidarité immense. Nous sommes conscients de la difficulté de notre mission axée autour de l'aide humanitaire au profit de Gaza. Aussi, il est du devoir de la Communauté internationale dans son ensemble de mettre un terme définitif aux agissements israéliens chaque fois qu’ils se révèlent contraires au droit international. Nous avons vu où peut mener l'impunité des uns et l'irresponsabilité des autres...

Aziz Enhaili: Si oui, dans combien de temps prévoyez-vous «récidiver»?

Youcef Benderbal: Les prochains mois seront mis à profit pour mettre en œuvre une flottille humanitaire rassemblant encore plus de bateaux, encore plus de participants. On ne peut que se féliciter de voir qu'il existe dans de nombreux pays une mobilisation qui va dans ce sens. Rappelons que ces actions totalement pacifiques sont la conséquence directe de ladite impuissance de la Communauté internationale. Les paroles aussi sincères soient-elles ne suffisent plus. Place au respect du droit!