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samedi 22 août 2015

Maroc. La justice suspend un site Internet d’information et condamne plusieurs rédacteurs à des amendes»

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Accusation de   diffusion de « fausses nouvelles » et « diffamation »

AI : 21/8/2015

 Les autorités marocaines ne doivent pas invoquer la législation relative à la presse pour museler les médias indépendants, a déclaré Amnesty International lundi 17 août. 


Le 10 août 2015, le tribunal de première instance de Meknès a déclaré Hamid el Mahdaoui, journaliste et directeur de publication du site d’information en ligne Badil.info, coupable de diffusion d’une « nouvelle fausse » et de publication d’un « journal » non enregistré. Il l’a condamné à verser une amende de 30 000 dirhams marocains (quelque 3 000 dollars des États-Unis) et suspendu son site pour trois mois. Le journaliste a l’intention de former un recours contre cette décision.
Cette décision a été rendue quelques semaines après la condamnation de Hamid el Mahdaoui dans une autre affaire pour « fausse déclaration », diffamation, outrage et injure. D’autres journalistes ont eux aussi été reconnus coupables de « diffamation » et d’« injure » et se sont vu infliger de lourdes amendes ces derniers mois. Amnesty International craint que les poursuites judiciaires engagées contre des journalistes indépendants par les autorités marocaines ne visent à museler la presse indépendante et à entraver la libre diffusion d’informations dans le pays. 

Un site d’actualité spécifiquement visé par des poursuites judiciaires
Le 29 janvier 2015, le site Badil.info a publié un article sur l’explosion et l’incendie d’une voiture, survenus à Meknès le même jour. Aucun blessé n’a été déploré. À la suite d’une plainte déposée par le gouverneur (wali) de la région de Meknès, les autorités judiciaires ont décidé de poursuivre le journaliste Hamid el Mahdaoui pour diffusion « en toute mauvaise foi » d’une « nouvelle fausse » qui avait « troublé l’ordre public ou suscité la frayeur parmi la population » (article 42 du Code de la presse).
D’autres sites locaux et nationaux d’actualité ont relayé la même information mais, à la connaissance d’Amnesty International, ils n’ont pas été inquiétés. Le lendemain, d’autres sites d’information ont indiqué qu’aucune explosion n’avait eu lieu et que la voiture avait pris feu toute seule, citant des sources anonymes « au sein des services de sécurité ». On craint que le site Badil.info n’ait été spécifiquement visé par les autorités à cette occasion, car il rend compte de manière indépendante de l’actualité locale et nationale dans le pays, y compris de violations présumées de droits humains et d’affaires de corruption.
L’un des avocats défendant le journaliste a fait part à Amnesty International de sa surprise à l’annonce du verdict étant donné que les charges retenues étaient dénuées de tout fondement. Il a expliqué avoir avancé lors du procès que l’accusation n’avait pas prouvé que l’information publiée était fausse, puisque les autorités avaient elles-mêmes admis que le véhicule avait brûlé et avait donc probablement émis des bruits d’explosion lors de la combustion ; qu’elle n’avait pas prouvé non plus la mauvaise foi de son client, qui s’était appuyé sur des informations disponibles sur d’autres sites d’actualité et avait tenté de les confirmer auprès des autorités avant de les publier ; et que rien ne donnait à penser que l’ordre public avait été troublé ni qu’un sentiment de frayeur avait envahi la population. Le tribunal a également déclaré le journaliste coupable de publier un « journal » non enregistré auprès des autorités (article 7 du Code de la presse). Or, le Maroc ne dispose pas à l’heure actuelle de loi régissant les médias en ligne. Le Code de la presse réglemente la « publication des journaux de l’imprimerie, de l’édition et de la librairie » (article 1) et non les sites d’information en ligne. 

samedi 10 mai 2014

Tirs groupés contre le muselage de la presse au Maroc, El Khalfi s'indigne


Amanda Chapon ,h24info.ma 5/5/2014 

Le président du SNPM a évoqué le cas d'Ali Anouzla, poursuivi dans le cadre de la loi antiterroriste en 2013...
Le président du SNPM a évoqué le cas d'Ali Anouzla, poursuivi dans le cadre de la loi antiterroriste en 2013...©AFP

Pour la journée internationale de la liberté de la presse, samedi 3 mai, ONG et syndicats ont dressé un bilan négatif de la situation au Maroc. Mustapha El Khalfi a réagi… sélectivement.
A l'occasion de la journée internationale de la presse, les ONGs internationales ont présenté leurs rapports et classements 2014 de la liberté des médias dans le monde. Des rapports loin d'être flatteurs pour le Maroc. Et le classement annuel sur la liberté de la presse de l'ONG américaine, Freedom House, a même fait réagir le gouvernement marocain…

Il faut dire que si le Maroc y gagne 7 places par rapport à l'année dernière, il reste néanmoins classé 147e sur 197 pays. Une place loin d'être honorable. Et l'ONG, qui prend en compte trois critères  -liberté légale, politique ou économique- ne prend pas de pincettes et place carrément le royaume parmi les pays où la presse n'est pas libre, "malgré une légère amélioration".
 
Khalfi dénonce
Cette "amélioration" n'est pas suffisante pour le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi qui a dénoncé, lors d'un point presse vendredi 2 mai dernier,  un classement "inéquitable" et qui ne "reflète pas la réalité de la liberté de la presse au Maroc".

Ce qui indigne le plus le ministre? C'est que des pays comme la Tunisie (112e), mais aussi l'Algérie (127) ou encore le Nigeria (106) sont mieux classés que le Maroc! "Certains pays qui ont connu des arrestations de journalistes, saisies de journaux et fermetures de portails web, ainsi que d'autres qui sont instables", sont mieux classés que le Maroc "qui n'a pas enregistré de telles décisions" a déclaré El Khalfi, choisissant notamment d'oublier la fermeture de Lakome et l'arrestation de Ali Anouzla…
Le Maroc est classé 136e sur 190 pays par RSF
Le Maroc est classé 136e sur 190 pays par RSF ©RSF
Une indignation sélective...
Le porte-parole a continué en mettant en avant les progrès du pays: "le Maroc a tranché sur la question de la reconnaissance juridique de la presse électronique comme il a fixé des critères fondés sur la transparence, l'impartialité et le pluralisme pour ce qui est du soutien à la presse écrite". Enfin, il a remarqué que l'adaptation de l'arsenal juridique régissant le secteur de la presse aux nouvelles dispositions constitutionnelles est une "priorité pour le gouvernement".

Mais Mustapha El Khalfi n'a pas commenté le dernier rapport de la célèbre ONG Reporters sans frontières (RSF), qui classe pourtant lui-aussi le Maroc derrière l'Algérie, la Tunisie et le Nigéria, à la 136e place sur 190 pays…

De même, il ne s'est pas indigné du rapport annuel sur la liberté de la presse du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). Lors de la conférence de presse de présentation, le président du SNPM, Younès Moujahid, a notamment critiqué le bilan législatif "négatif" du Maroc, puisque ni le code de la presse et de l'édition, ni le statut du journaliste professionnel n'ont été promulgués.

Quant au projet de loi sur l’accès à l’information, "nous avons travaillé sur ce sujet avec nos partenaires, notamment Transparency Maroc, et je peux vous affirmer que ce projet est creux, car il ne précise pas les garanties de la transparence et les mécanismes de pratique de ce droit" a déclaré Moujahid.


  Agresser les photographes: un "sport pour les forces de l'ordre"
Il a ensuite dénoncé les agressions répétées des forces de l’ordre contre les journalistes et notamment les photographes: "Ça devient comme un sport que pratiquent  les forces de l’ordre à chaque évènement".
Enfin, il était impossible de ne pas évoquer le cas du directeur du site Lakome, Ali Anouzla poursuivi l’année dernière dans le cadre de la loi antiterroriste pour avoir publié un article dans lequel un lien menait vers… un blog où était postée une vidéo d'AQMi appelant au jihad au Maroc.


 
Un Code de la presse contourné
Le président du SNPM a déploré que la justice n’ait été ni "indépendante ni intègre" dans cette affaire. Une affaire doublement inquiétante pour le syndicat, car même si le  nouveau Code de la presse ne comportait pas de peines privatives de liberté, la justice pourrait néanmoins continuer à avoir les "coudées franches" en recourant au Code pénal ou à la loi antiterroriste pour mener des poursuites contre les journalistes…

Younes Moujahid a rappelé que la garantie de l'indépendance de la justice constitue un préalable essentiel à toute réforme législative afin de "ne pas vider de sa substance toute loi éventuelle".

 
http://www.h24info.ma/maroc/politique/tirs-groupes-contre-le-muselage-de-la-presse-au-maroc/22700?utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter+du+5+mai+2014&utm_content=Newsletter+du+5+mai+2014+CID_6e0ed8aabf70ef579601b7dbdbe96a3b&utm_source=Emailing%20BDD%20H24&utm_term=Tirs%20groups%20contre%20le%20muselage%20de%20la%20presse%20au%20Maroc

vendredi 5 avril 2013

A François Hollande : non, au Maroc, il n’y a pas eu d’évolution démocratique

Par Jad Siri | Avocat, rue 89, 2/4/2013

Tribune François Hollande s’apprête à faire, à partir de mercredi, une visite officielle au Maroc, pays qui dans le contexte des révolutions arabes a toujours bénéficié d’une appréciation indulgente de la part des pays occidentaux.
En effet, alors que le processus de démocratisation avance difficilement en Tunisie, qu’en Egypte les intégristes tentent de « capter » la révolution, qu’en Libye les armes circulent et que l’on n’est pas loin du chaos, et qu’en Algérie il ne s’est rien passé, le Maroc est régulièrement cité en référence, depuis le début de ces révolutions, aussi bien par la France (on se souvient des déclarations d’Alain Juppé louant la démocratie marocaine), que par les Etats-Unis ou certaines organisations internationales, comme si une révolution ou une transition politique avait eu lieu dans ce pays.

Or, lorsque l’on suit la vie politique marocaine, on constate rapidement qu’il n’y a, il n’y a eu, ni révolution politique, ni transition démocratique, mais tout au plus une évolution marginale dans le système qui prévalait et qui demeure.
Cérémonie d’allégeance au roi, Rabat, 21 août 2012 (NIVIERE/SIPA)

Qu’a changé la réforme constitutionnelle ?

En effet, la réforme constitutionnelle, initiée par le roi début mars 2011, après les premières manifestations dite du 20 février, et contrôlée de bout en bout par lui (pour mémoire, il avait nommé discrétionnairement tous les membres de la commission chargée de proposer la révision constitutionnelle, cette commission avait travaillé sous le contrôle des proches conseillers du roi, et enfin le référendum, qui s’était tenu quinze jours après la communication officielle du texte, avait récolté plus de 99% de « oui »... on en reste songeur), n’a pas changé le fonctionnement réel des institutions et a maintenu les pleins pouvoirs au profit du roi.
En effet, celui-ci, dans le cadre de la nouvelle Constitution, contrôle toujours le gouvernement et ses membres, notamment les principaux postes : ministère des Affaires étrangères, ministère de l’Intérieur, ministère de la Défense.
Le gouvernement actuel, composé de cinq formations politiques, des intégristes « modérés » aux anciens communistes, en passant par le mouvement « centriste » des Berbères, gouverne sous le contrôle officiel du Parlement mais dans le cadre que le roi lui a fixé.
C’est le roi qui décide in fine, comme l’a récemment admis le Premier ministre lors d’une interview TV5 - RFI - Le Monde.

Le roi n’a aucun compte à rendre

Bien entendu, le roi n’a pas de comptes à rendre sur les objectifs fixés ni sur le bilan des objectifs fixés. Plusieurs anciens ministres sont devenus des conseillers du roi, chargés de contrôler de manière non visible l’action du gouvernement et du Premier ministre.
Par ailleurs, la nomination des principaux hauts fonctionnaires (gouverneurs et walis, équivalents des préfets, ambassadeurs, directeurs d’administrations centrales, etc.) reste sous le contrôle étroit du roi.
Le mélange des genres et le conflit d’intérêts permanent entre politique et économie demeure. Le roi continue, via sa holding (SNI et ses filiales), de faire des affaires, de contrôler par ce biais un très large pan de l’économie, de remporter des appels d’offres publics lancés par des établissements publics ou des entreprises publiques.
Par ce biais, il continue de s’enrichir avec l’impôt des Marocains, outre une liste civile des plus confortables (environ 250 millions d’euros pour 2013).

La presse n’est pas plus libre qu’avant

Enfin, la presse n’est pas plus libre qu’auparavant. Il est impossible pour un média ou un journaliste d’envisager la moindre critique du roi sans être menacé ou condamné alors que celui-ci règne, gouverne et fait des affaires au Maroc !
Le culte de la personnalité du roi demeure. On prépare déjà celle de son fils de 9 ans à qui les hauts fonctionnaires de l’Etat font déjà le baisemain.

Le prince héritier
Bref, pas grand-chose n’a changé depuis 2011 et depuis la nouvelle Constitution.
Si le roi et son entourage sont les premiers responsables de cette situation, une grande majorité de la classe politique en est coresponsable en acceptant, à « l’insu de son plein gré », de servir la volonté du roi.

Un avenir politique incertain

Pourtant, on continue de dire et d’écrire ici et là que le Maroc est le modèle de la région ; ceux qui véhiculent cette idée devraient être plus prudents. Cette absence d’évolution rend le futur politique au Maroc incertain. Deux raisons à cela :
  • la volonté de la monarchie et de l’essentiel de la classe politique de conserver la répartition du pouvoir telle qu’elle est traduit une résistance de leur part à toute tentative de changement. Cette résistance au changement implique que ce dernier se fera alors par la force et donc la violence, entraînant une révolution possible. Cette façon qu’a la monarchie d’exercer le pouvoir sur tous les sujets de souveraineté (justice, affaires étrangères, grands enjeux économiques, etc.), de faire des affaires et de « truster » un large pan de l’économie marocaine, l’absence de partis politiques offrant une alternative et l’absence de médias libres rend l’horizon politique à moyen terme incertain ou aléatoire. Cette situation crée une frustration qui est aggravée par le fait que le roi est au pouvoir depuis presque quatorze ans et que ses conseillers, les principaux, sont eux aussi en place depuis quatorze ans. L’effet nouveauté et l’espoir des premières années, espoir naïf d’ailleurs, a disparu et l’usure naturelle du pouvoir apparaît de plus en plus ;
  • la seconde raison de cet horizon incertain, qui est étroitement liée à la première, résulte de l’absence de classe politique capable de formuler une critique radicale du système en place, de la confiscation du pouvoir par le roi et de l’intervention du roi dans l’économie du pays, tout en proposant un projet de société alternatif et non obscurantiste. Ce vide politique qui s’accompagne de l’absence de leaders politiques sérieux et donc de l’absence d’alternative voulue bien entendu par la monarchie, accroît nécessairement le risque d’instabilité, qui pourrait arriver de manière un peu imprévisible, comme en 2011. Les manifestations sporadiques de ces derniers mois en attestent.
Cet avenir instable pourrait dans la pratique arriver plus tôt que prévu. En effet, si la Tunisie arrive dans les prochains mois à concrétiser sa révolution politique et démocratique, à transformer l’essai réalisé en 2011, autrement que par le passage ou la récupération de la révolution par les intégristes d’Ennahda – on peut l’espérer lorsque l’on voit la résistance de la société civile laïque –, cela montrera, a contrario, la supercherie de la transition marocaine.
Parmi les tenants du pouvoir au Maroc, nombreux sont ceux qui espèrent, secrètement, l’échec de la transition révolutionnaire tunisienne pour l’utiliser comme contre-exemple et justifier la fausse évolution marocaine. Ils ont tort. Ceux à la tête de ce système, qui se croient habiles, pourraient se révéler les moins inspirés.

François Hollande, en tant que représentant de la France, premier pays ami du Maroc, devrait, dans le cadre de ses rencontres, suggérer à ses interlocuteurs marocains la nécessité d’une nouvelle réforme constitutionnelle approfondie pour une monarchie qui ne gouverne pas et qui ne fait pas d’ affaires.
Il devrait par ailleurs inciter les leaders politiques marocains à s’émanciper de la tutelle du roi. Cela stabiliserait l’avenir politique du Maroc.
URL Source : http://www.rue89.com/2013/04/02/a-francois-hollande-non-maroc-ny-a-eu-devolution-democratique-241072http://www.rue89.com/2013/04/02/a-francois-hollande-non-maroc-ny-a-eu-devolution-democratique-241072
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 Voilà donc la timide intervention  de Hollande sur les ddH au Maroc...

Maroc: la liberté d'expression, "principe fondamental de la démocratie" (Hollande)

AufaitMaroc : 05/04/2013



Le président français François Hollande, interrogé jeudi à Rabat sur la situation des droits de l'Homme au Maroc, a qualifié la liberté d'expression de "principe fondamental de la démocratie", soulignant que le royaume était engagé dans un "processus" nécessitant du temps.
"Pour ce qui concerne le Maroc, je l'ai dit, c'est un processus lent (de démocratisation, ndlr) qui a été engagé, qui a incontestablement eu des progrès pour la population, et pour la représentation du pluralisme", a déclaré M. Hollande.
Questionné sur d'éventuelles "entorses" aux droit de l'Homme, notamment sur le retrait en octobre dernier de l'accréditation d'un journaliste de l'Agence France-Presse (AFP) à Rabat, il a évoqué des "problèmes particuliers (...), que je connais".
"Ce que je dis aux autorités marocaines, et là aussi sans vouloir faire la leçon, c'est que la liberté d'expression, nous la connaissons, parfois nous l'éprouvons, mais c'est un principe fondamental de la démocratie", a souligné le président français.
Le 4 octobre, le gouvernement marocain a décidé de retirer l'accréditation du journaliste de l'AFP Omar Brouksy, mettant en cause sa couverture ce même jour de législatives partielles. Cette décision a été prise en représailles à un reportage comportant une phrase qui faisait mention de la participation de candidats "proches du palais royal" à Tanger (nord).
La direction de l'AFP a demandé officiellement aux autorités marocaines de revenir sur leur décision.
Avant la visite de François Hollande, l'ONG Human Rights Watch (HRW) avait appelé le président français à inciter le Maroc à garantir le respect des droits de l'Homme. Et Reporters sans frontières (RSF) avait adressé un courrier au chef de l'Etat afin d'"attirer son attention sur la situation de la liberté de la presse".
Lors d'un discours devant le Parlement marocain, M. Hollande a salué les "pas décisifs" vers la démocratie accomplis par le Maroc, qui s'affirme comme "un pays de stabilité et de sérénité".
"Il y a toujours des critiques, des améliorations, c'est votre responsabilité. Et notre devoir, c'est de vous accompagner", a-t-il ajouté.
AFP
URL Source : http://www.aufaitmaroc.com/actualites/maroc/2013/4/4/maroc-la-liberte-dexpression-principe-fondamental--de-la-democratie-hollande_209249.html#.UV7mecr-Sqk
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 La rue gronde, Monsieur le Président,  écrit Abdelhak Serhane

Abdel El Haji a écrit : 3/4/2013

MAROC : dans la rue, malgré le calme apparent, la contestation couve et il suffirait d’une simple flammèche pour que la société s’embrase. La situation est  plus périlleuse en raison de la crise économique et sociale dont la gravité n’est pas encore totalement révélée.

L’indulgence envers le Maroc de Mohammed VI est due à la conjonction de plusieurs facteurs :
La foi surréaliste et peu sincère de certains dans les intentions du monarque de vouloir établir une plus grande justice sociale, alors que celui-ci s’adonne à une prédation économique sans nom, et sans être inquiété à l’étranger sur ses biens mal acquis à l’instar d’autres potentats africains.
Le cynisme de la France qui continue de faire du pays le terrain de chasse fétiche de cette «diplomatie économique» que semble vouloir réinventer François Hollande, la corruption généralisée des oligarques français par le Maroc.

Résultat, jamais les turpitudes du royaume en matière de droits de l’Homme, de mal gouvernance ou de la persistance d’une politique répressive ne sont dénoncées. Ici, et pire qu’en Tunisie sous Ben Ali, la République est coupable. Sa responsabilité directe dans le bouillonnement social marocain et par ricochet dans la montée des exaspérations populaires et des extrémismes est à rappeler avec insistance.

jeudi 19 mai 2011

AMNESTY INTERNATIONAL : Rachid Nini doit être libéré


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty internnational, 16 mai 2011

Un journaliste marocain doit passer en jugement pour avoir critiqué les forces de sécurité
Un journaliste marocain qui doit comparaître en justice le 17 mai, pour avoir semble-t-il critiqué la loi antiterroriste marocaine, doit être libéré immédiatement et sans condition s’il est détenu uniquement pour les articles qu'il a signés, a déclaré Amnesty International lundi 16 mai.

Rachid Nini, rédacteur en chef du quotidien el Massa, a été arrêté le 28 avril après avoir publié plusieurs articles qui dénonçaient les pratiques de lutte contre le terrorisme adoptées par les services de sécurité marocains, notamment les peines de prison prononcées à l’issue de procès iniques contre les islamistes.
En outre, à plusieurs reprises, il a réclamé plus de liberté politique et a dénoncé la corruption qui règne parmi les responsables du gouvernement.

« La détention de Rachid Nini va totalement à l’encontre des promesses de réforme que le roi Mohammed VI a faites il y a peu, lorsqu’il a promis de consolider le respect des droits humains. Il s’agit d’une grave attaque contre la liberté d'expression », a indiqué Amnesty International.

Rachid Nini est inculpé d’avoir « jeté le discrédit sur une décision de justice, tenté d’influencer le pouvoir judiciaire et évoqué des infractions pénales non avérées ». Il est actuellement détenu à la prison d’Okasha à Casablanca et son procès doit s’ouvrir le 17 mai.

« Engager des poursuites contre une personne qui ne fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression pacifique est grotesque, a souligné Amnesty International.

« Il est malvenu d’incarcérer un journaliste simplement parce qu’il fait son travail et remet en cause les politiques de lutte contre le terrorisme du gouvernement et leur efficacité, et dénonce les atteintes aux droits humains imputables aux forces de sécurité. »

Dans ses articles, Rachid Nini a demandé que des investigations soient diligentées sur les allégations de torture émanant de personnes soupçonnées de terrorisme et a condamné les violations des droits fondamentaux perpétrées au centre de détention de Temara, au sud de la capitale Rabat.

« Si Rachid Nini est incarcéré uniquement pour avoir critiqué la législation antiterroriste et la corruption, nous le considérerons comme un prisonnier d'opinion », a indiqué Amnesty International.

Les autorités marocaines subissent de fortes pressions en faveur de réformes, sur le plan politique et des droits humains, depuis que des manifestations ont éclaté le 20 février inspirées par les événements en Tunisie, en Égypte et en Libye.

En mars, diverses réformes ont été annoncées, dont la création d’un Conseil national des droits de l'homme. Le roi Mohammed VI a également promis un plan de réforme constitutionnelle, tout en abandonnant certains de ses pouvoirs politiques.

Toutefois, les autorités marocaines continuent de limiter abusivement l’exercice du droit à la liberté d’expression sur des sujets sensibles touchant à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale et à la monarchie. Des défenseurs des droits humains, des journalistes et des avocats, entre autres, continuent d’être en butte à des actes d’intimidation, voire à des poursuites judiciaires, lorsqu'ils franchissent certaines « lignes jaunes ». À de multiples reprises, Amnesty International a demandé l’abrogation ou la modification des dispositions du Code pénal et du Code de la presse qui érigent en infraction l’exercice pacifique de la liberté d'expression.
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Pour en savoir plus, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International, à Londres, au Royaume-Uni, au +44 20 7413 5566, ou press@amnesty.org.

samedi 2 octobre 2010

Maroc : un nouvel espace d’exercice de la liberté d’expression disparaît,

Victime d’un étouffement financier orchestré par le pouvoir, Nichane contraint de mettre la clé sous la porte
PAR REPORTERS SANS FRONTIERES, 1/10/2010
Reporters sans frontières a appris de sources sûres que l’hebdomadaire arabophone, Nichane, avait été contraint de mettre la clé sous la portes aujourd’hui, résultat d’un boycott publicitaire systématique et implacable des différents annonceurs du principal hebdomadaire arabophone du Royaume.
« Il est clair que depuis sa création en 2006 Nichane dérangeait avec sa ligne éditoriale souvent critique et son indépendance de ton. Avec la fermeture de ce journal, c’est un nouvel espace d’exercice de la liberté d’expression qui disparaît, comme tel avait été le cas suite à la fermeture du Journal hebdomadaire en janvier dernier. Le pouvoir a orchestré l’asphyxie financière de Nichane. Cette pratique est abjecte, alors même que le Maroc est en train de négocier avec le Conseil de l’Europe le statut de partenaire avancé pour la démocratie. Nous exhortons les instances européennes à soutenir de manière active la presse indépendante au Maroc », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
Le boycott publicitaire a commencé après la censure, en août 2009, de la publication du sondage « Mohamed VI, 10 ans de règne », publié conjointement par Nichane, TelQuel et le quotidien Le Monde
(http://fr.rsf.org/maroc-saisie-de-deux-hebdomadaires-03-08-2009,34058.html).
Les premiers à censurer financièrement l’hebdomadaire : le holding royal ONA/NSI. Les autres annonceurs (étatiques, paraétatiques ou proches du pouvoir) suivront.
Créé en 2006, Nichane est la version arabophone de l’hebdomadaire TelQuel, également dirigé par Ahmed Benchemsi.
Reporters sans frontières rappelle que, depuis juillet 2009, la situation de la liberté de la presse au Maroc n’a cessé de se détériorer.
Le 1er août 2009, le ministère de l’Intérieur avait saisi le numéro de l’hebdomadaire indépendant TelQuel (et de sa version arabe, Nichane), suite à la publication d’un sondage sur le bilan des dix premières années du règne du roi Mohammed VI.
Le 15 octobre 2009, Driss Chahtane, du journal Al-Michaal, avait été condamné à un an de prison ferme pour un article sur la santé du roi. Les deux autres journalistes accusés dans cette même affaire, Rachid Mahamid et Mustapha Hayrane, avaient écopé de trois mois de prison ferme. Tous les trois devaient payer des dommages et intérêts de plusieurs milliers de dirhams. Incarcéré le soir même, Driss Chahtane, a été gracié le 11 juin dernier.
Le 26 octobre 2009, Ali Anouzla, directeur du quotidien Al-Jarida Al-Oula, avait été condamné à un an de prison avec sursis et à 10 000 dirhams d’amende (885 euros), pour “délit de publication, avec mauvaise intention, de fausses informations, d’allégations et de faits mensongers“, suite à la publication d’un article, le 27 août 2009, qui contredisait le bulletin de santé officiel du roi. La journaliste Bouchra Eddou, poursuivie pour complicité dans la même affaire, avait été condamnée à trois mois de prison avec sursis et à 5 000 dirhams (455 euros) d’amende.
Le directeur du journal marocain Akhbar Al Youm, Taoufik Bouachrine (g) et le caricaturiste Khalid Gueddar au tribunal de Casablanca, le 23 octobre.(Photo : Abdelhak Senna/AFP)Le journal Akhbar Al-Youm s’était attiré les foudres du Palais suite à la publication d’une caricature du cousin du roi, Moulay Ismaïl. Poursuivis pour “non-respect dû à un membre de la famille royale“, Taoufik Bouachrine et le caricaturiste Khalid Gueddar avaient été condamnés, en première instance, le 31 octobre 2009, à trois ans de prison avec sursis et à environ 270 000 euros de dommages et intérêts à verser solidairement au Prince. Le tribunal avait également prononcé “la fermeture définitive des locaux” du titre. (http://fr.rsf.org/maroc-taoufiq-bouachrine-et-khalid-31-10-2009,34877). Peine confirmée en appel le 29 décembre 2009. Le lendemain, le Prince avait renoncé à l’exécution du jugement en sa faveur
(http://fr.rsf.org/maroc-le-cousin-du-roi-abandonne-les-30-12-2009,35518.html). Le 10 juin 2010, Taoufik Bouachrine a été condamné à six mois de prison ferme pour « escroquerie » pour avoir acheté, il y a trois ans, une maison à Rabat. Le propriétaire, qui l’accuse de ne pas avoir respecté le montant des versements prévus au moment de la vente, a porté plainte en juin 2009. Un scénario à la tunisienne pour faire taire les voix qui dérangent…
Le 27 janvier 2010, les locaux du Journal hebdomadaire, à Casablanca, ont été placés sous scellés suite à une stratégie concertée de boycott publicitaire.
2010 a été marqué par les premiers emprisonnements de blogueurs au Maroc, ainsi que d’un propriétaire de cybercafé. El Bachir Hazzam, Abdullah Boukfou et Boubaker Al-Yadib ont été arrêtés pour avoir couvert des manifestations étudiantes du 1er décembre 2009 dans la ville de Taghjijte (200 km au sud d’Agadir). Ces manifestations avaient été violemment réprimées par les autorités locales.
Arabe et espagnol à suivre
Communiqué

Le boycott économique du Pouvoir
contraint Nichane, le premier magazine
arabophone marocain, à la fermeture
Par Ahmed Benchemsi, 1/1/2010

Le magazine Nichane, leader des hebdomadaires arabophones marocains, a été fermé aujourd’hui à l’issue d’une assemblée générale de ses actionnaires. Malgré son standard de qualité élevé et sa large diffusion qui auraient dû en faire, légitimement, un support publicitaire incontournable, Nichane était victime d’un boycott publicitaire persistant initié par le holding royal ONA/NSI, le plus important groupe économique du Maroc, avant d’être suivi par les grandes entreprises liées au régime. Ce boycott intensif causait des dommages économiques de plus en plus graves à Nichane. Après y avoir perdu 10 millions de dirhams (près de 900 000 euros, un des plus lourds investissements de la presse marocaine), le Groupe TelQuel, principal actionnaire de Nichane, s’est vu contraint de mettre un terme à cette hémorragie financière manifestement irréversible.
Dès sa création en 2006, Nichane, un magazine laïque et moderniste, s’est forgé une place à part dans le paysage médiatique marocain en bousculant de nombreux tabous. Ses cover-stories audacieuses (« Le culte de la personnalité royale », « Le sexe et l’homosexualité dans la culture islamique », « Le Maroc, premier producteur mondial de cannabis », « Au cœur des services secrets », « Comment les Marocains rient de l’islam, du sexe et de la monarchie », et bien d’autres…) ont souvent créé l’événement, au Maroc et au-delà. Grâce à l’excellence de ses journalistes, dont plusieurs ont été récompensés par des prix internationaux, Nichane est devenu, 2 ans à peine après sa création, l’hebdomadaire arabophone le plus vendu au Maroc – une position qu’il a conservée, les derniers contrôles de l’OJD Maroc  faisant foi.
Mais à cause de son indépendance, et de ses positions éditoriales souvent critiques à l’égard du pouvoir marocain, Nichane (tout comme TelQuel, magazine francophone appartenant au même groupe de presse) a fait l’objet, dès son lancement, d’un large boycott publicitaire. Ce mouvement s’est accéléré et généralisé à partir de septembre 2009 – ce qui coïncidait avec la censure par l’Etat marocain du sondage « Mohammed VI, 10 ans de règne », réalisé conjointement par Nichane, TelQuel et le journal français Le Monde.
S’il s’est étendu par la suite à de multiples grands annonceurs étatiques, paraétatiques et proches du pouvoir opérant dans les principaux secteurs de l’économie marocaine (banque, immobilier, téléphonie – dont une filiale du groupe français Vivendi – transport aérien, automobile, agro-alimentaire, etc.), ce mouvement de boycott, à l’origine, a été initié par le holding royal ONA/SNI. Même des annonces publicitaires citoyennes et d’intérêt public (Programme d’aide à la création d’entreprises du ministère de l’Emploi, programme intergouvernemental « Les Journées de la Terre », lancé par le roi Mohammed VI…) ont été interdites de passage sur les publications du Groupe TelQuel, par décision politique. Par conséquent, la responsabilité de la mort de Nichane incombe, en premier lieu, aux premiers cercles du pouvoir du royaume du Maroc.
Si Nichane n’a pas survécu à cet implacable boycott, TelQuel, qui y est également soumis, continue à résister. En effet, le marché publicitaire de la presse francophone au Maroc est large et diversifié. Celui de la presse arabophone, en revanche, est très restreint, et principalement regroupé autour des grands annonceurs proches du pouvoir. Sans leurs publicités, un magazine arabophone ne peut survivre. Entre septembre 2008, période durant laquelle le boycott avait été brièvement suspendu, et septembre 2010, période durant laquelle le boycott battait son plein, le chiffre d’affaires publicitaire de Nichane a ainsi chuté de 77%.
Pendant ses 4 années d’existence, Nichane a traversé de multiples épreuves : une interdiction de parution qui a duré 3 mois (et qui a occasionné des pertes financières considérables) ; un procès d’opinion qui s’est soldé par 3 ans de prison avec sursis pour son ancien directeur et une de ses journalistes ; trois saisies, dont deux suivies de destructions illégales de 100 000 exemplaires (source, encore une fois, de lourdes pertes financières) ; un procès pour « atteinte à la sacralité royale » de son directeur de publication, toujours en suspens à ce jour… L’étouffement financier par le biais du boycott publicitaire a été le coup de grâce, qui a finalement contraint Nichane à la fermeture.
La disparition de Nichane n’est que le dernier épisode de la grave détérioration de la liberté de la presse au Maroc. A partir de 2009, la lutte déterminée de l’Etat contre les journaux indépendants a connu une accélération remarquée, dénoncée par de multiples ONG de défense de la liberté de la presse, dont Reporters Sans Frontières. Des journaux ont été fermés illégalement par les autorités, d’autres ont été acculés à vendre leur mobilier pour payer des amendes disproportionnées. Plusieurs journalistes ont été harcelés par la police et la justice, certains ont été contraints à l’exil. Un journaliste a même été emprisonné pendant 7 mois, courant 2010. Vivace au Maroc jusqu’au milieu des années 2000 (malgré des signaux alarmants enregistrés dès le début de la décennie), la pluralité de la presse marocaine ne tient plus aujourd’hui qu’à un fil, de plus en plus ténu. Les journaux indépendants se comptent désormais sur les doigts d’une main, et ils subissent des pressions grandissantes, politiques autant qu’économiques, visant à restreindre leur liberté de parole et d’action. Pendant quelque temps, le Maroc était pourtant considéré comme un îlot régional d’ouverture et de tolérance d’une certaine liberté de la presse. Ce temps semble révolu, et cette parenthèse appelée, à court terme, à se refermer définitivement. Les autorités marocaines semblent désormais déterminées à suivre le modèle de la Tunisie, où ne sont tolérés que des journaux qui servent les intérêts du pouvoir.   
Au moment où Nichane est contraint de fermer, il faut rendre hommage à toutes celles et ceux qui l’ont porté à bout de bras depuis sa création : ses lecteurs, avant tout, qui n’ont jamais cessé de plébisciter sa ligne éditoriale avant-gardiste, et bien entendu ses talentueux journalistes, photographes et illustrateurs, graphistes, techniciens et staff administratif. Il faut également féliciter la régie publicitaire de Nichane, dont les cadres ont travaillé pendant des années avec courage, dans des conditions difficiles. Il faut enfin saluer la sagesse de ces quelques annonceurs qui, en maintenant leur présence dans le magazine à succès qu’était Nichane, ont privilégié la rationalité économique sur les calculs politiques. Grâce à la passion et à l’engagement de tous ceux qui l’ont fait, Nichane aura été une aventure exceptionnelle, qui laissera une trace vivace dans l’histoire de la presse marocaine.
Groupe TelQuel, le 1er octobre 2010 à Casablanca (Maroc)
ar.benchemsi@gmail.com