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vendredi 29 août 2014

Gaza : La France doit agir pour consolider le cessez-​​le-​​feu



AFPS, mercredi 27 août 2014

L’annonce d’un « cessez-​​le-​​feu illimité » a été aus­sitôt accueillie à Gaza et en Cis­jor­danie par des scènes de liesse popu­laire. Cela traduit l’aspiration pro­fonde à la paix du peuple pales­tinien en lutte pour sa liberté.
A ce stade, le cessez le feu est fragile et, si des pre­miers résultats sont annoncés (ouverture des pas­sages pour l’aide huma­ni­taire et la recons­truction, dou­blement de la zone de pêche), la situation n’est en rien réglée : c’est dans un mois que la levée du blocus sera véri­ta­blement abordée au fond. Le bilan de cette agression est très lourd : 2137 morts, plus de 11000 blessés, une popu­lation réduite à des condi­tions extrêmes de survie, des des­truc­tions mas­sives d’écoles qui vont retarder la rentrée sco­laire … Et au len­demain de la signature du cessez-​​le-​​feu, la répression continue comme à l’ordinaire en Cisjordanie.
La question si essen­tielle pour les Gazaouis de la levée du blocus ne pourra être dis­sociée de l’ensemble du dossier israélo-​​palestinien. Rien n’indique que Neta­nyahou ait en quoi que ce soit modifié son point de vue depuis son sabotage des « négo­cia­tions » au prin­temps, sabotage permis par l’absence de réac­tions inter­na­tio­nales. Il va une fois de plus jouer la montre et chercher à pro­longer indé­fi­niment le « statu quo » pour pour­suivre la colo­ni­sation et l’occupation.
Il est donc impé­ratif, si on veut qu’enfin les Pales­ti­niens de Gaza retrouvent un début de vie « normale » et qu’on aille du cessez-​​le-​​feu vers une paix conforme au droit, qu’il y ait une impli­cation exté­rieure forte. Faute de quoi on retombera vite dans ce statu quo insup­por­table qui écrase les Gazaouis depuis plus de sept ans, permet le déve­lop­pement sans fin de la colo­ni­sation et entraînera inévi­ta­blement de nou­velles vic­times. Israël a démontré par le passé qu’il n’accorde aucune valeur à ses propres enga­ge­ments, l’allègement du blocus et l’extension de la zone de pêche, promis lors du cessez-​​le-​​feu de 2012 et jamais mis en œuvre, sont là pour le rap­peler, tout comme l’arrestation d’une soixan­taine de per­sonnes pré­cé­demment libérées dans le cadre de l’accord dit « Shalit ».
La France qui avec ses par­te­naires euro­péens se dit prête à s’engager pour contribuer au règlement du conflit - et qui vient pour la pre­mière fois de fixer la levée du blocus comme objectif - ne peut esquiver sa res­pon­sa­bilité. Elle doit réparer les consé­quences désas­treuses du com­mu­niqué de F. Hol­lande du 9 juillet qui prenait fait et cause pour les diri­geants extré­mistes israé­liens en ignorant la souf­france de la popu­lation pales­ti­nienne et user de tous les moyens diplo­ma­tiques, poli­tiques et éco­no­miques pour empêcher Neta­nyahou de saboter les fra­giles espoirs d’aujourd’hui.
Cela suppose d’oser enfin uti­liser l’arsenal de sanc­tions dont elle dispose, y compris pour ce qui la concerne la sus­pension de l’accord d’association UE-​​Israël. Elle doit en même temps faire clai­rement savoir aux diri­geants israé­liens que l’ère de l’impunité est ter­minée et que les res­pon­sables des crimes de guerre devront en répondre.
Le Bureau national
-http://www.france-palestine.org/Gaza-La-France-doit-agir-pour-

Association France Palestine Solidarité (AFPS)
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mardi 29 juin 2010

Austérité pour les peuples, carte blanche à la finance


Bilan accablant pour le G20 de Toronto
Par Attac France, 28/6/2010
Le G20 de Toronto vient de se terminer sur un fiasco sans précédent. Un seul engagement concret a été pris par les dirigeants des 20 pays les plus riches de la planète : diviser par deux les déficits publics d'ici 2013. La déclaration finale appelle à nouveau à « poursuivre les réformes structurelles dans tous les pays du G20 », à « combattre le protectionnisme et maintenir l'ouverture des marchés ». Austérité renforcée, néolibéralisme aggravé, des centaines de manifestants arrêtés, plus d'un milliard de dollars dépensés pour l'organisation du sommet, mais aucune mesure pour faire payer sa crise à la finance : le G20 quitte Toronto totalement discrédité.
Comment faire payer la finance ? Depuis plusieurs mois, le débat, imposé par la pression des opinions publiques, faisait rage pour savoir s'il fallait taxer seulement les banques, ou bien l'ensemble des établissements financiers, ou bien – comme le demande Attac et une vaste coalition de la société civile internationale – l'ensemble des transactions financières.
À Toronto, le rapport du FMI, commandé par les gouvernements du G20 en septembre 2009, à Pittsburgh, est resté dans les tiroirs. Il recommandait pourtant très prudemment deux modestes taxes, l'une sur les actifs risqués des banques, l'autre sur les profits et rémunérations des établissements financiers. Ces taxes n'auraient guère eu d'impact régulateur sur la finance, mais auraient permis aux États de récupérer une fraction des sommes englouties dans le sauvetage des banques. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avaient promis qu'une mesure plus audacieuse, la taxation de l'ensemble des transactions financières, serait discutée au G20. Cette taxe Tobin sur la spéculation devrait permettre de réduire fortement le volume des transactions et de dégager d'importantes ressources pour le développement et la lutte contre le réchauffement climatique.
Au final, le communiqué de Toronto « reconnaît qu'il y a plusieurs approches possibles. Certains pays visent une taxe financière. D'autres ont des approches différentes »... Mais dans leurs déclarations post-G20, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne parlent plus de taxer les transactions financières. Regrettant que le G20 n'ait pas décidé une taxe bancaire, ils annoncent que l'Europe va la mettre en oeuvre. Ils entretiennent ainsi la confusion entre une taxe sur les banques, déjà décidée par les USA et le Royaume-Uni et discutée par l'Union européenne, et la taxation des transactions financières qu'ils s'étaient engagés à promouvoir.
Impuissance, confusion et obstination dans le néolibéralisme et l'austérité imposée aux peuples : le bilan du G20, et plus particulièrement de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel, est accablant. Sans aucune réponse cohérente des gouvernements les plus puissants de la planète, la crise financière, sociale et écologique ne peut que s'aggraver. Jusqu'à ce que les citoyens et les mouvements sociaux, en France, en Europe et dans le monde, décident de prendre eux-mêmes leurs affaires en main. Le G8 se tiendra à Nice en avril 2011 et le G20 se réunira en France en novembre 2011: Attac, avec ses partenaires, fera tout pour mettre la pression sur ces « décideurs » irresponsables.
http://www.france.attac.org/spip.php?article11521