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vendredi 19 février 2010

Maroc : SURENCHÈRE !

Par FABRICE ROUSSELOT, /9/2/2010

Ils s’appellent Hassan, Salima et Mohamed. Mais les trois histoires que nous narrons aujourd’hui sont aussi celles de milliers d’expulsés de France. Des histoires malheureusement ordinaires de vies brisées et d’espoirs passés à la moulinette de la nouvelle politique d’immigration sarkozienne. A lire les témoignages que nous publions, on ne peut que s’indigner. Comment imaginer qu’un seul contrôle d’identité inopiné permette le renvoi vers leur pays d’origine de jeunes gens arrivés légalement dans notre pays, parfaitement intégrés depuis des années et qui étudient dans les lycées ou préparent des CAP ? Comment penser qu’une jeune fille se cache quelque part en France tandis que sa jumelle est renvoyée au Maroc ? Dans chaque cas, Hassan, Salima et Mohamed ont demandé la régularisation de leur situation. A chaque fois, on leur a opposé une fin de non-recevoir. A trop donner dans la politique du chiffre - et du surchiffre, vu qu’il se vante d’avoir dépassé les objectifs de Nicolas Sarkozy - Eric Besson semble avoir enclenché la spirale de l’expulsion à outrance. En pleine campagne des régionales, on comprend l’intérêt de la surenchère auprès d’un certain électorat, déjà mise sur orbite par le navrant débat sur l’identité nationale. Certes, il n’est pas possible d’ouvrir la porte à tous ceux qui veulent venir et rester sur le territoire français. Mais ne conviendrait-il pas - au minimum - d’accorder un peu plus d’attention à tous les Hassan, Salima et Mohamed de l’Hexagone, avant de recourir à d’injustifiables expulsions?
«Je ne comprends pas, ma vie est en France»
Au moment où se prépare une loi plus répressive sur l’accueil des étrangers, «Libération» a rencontré au Maroc trois jeunes dont l’expulsion a interrompu le cursus scolaire.
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Par LÉA-LISA WESTERHOFF
La grille rouillée grince. Comme si elle se plaignait qu’on lui demande encore de s’ouvrir. Les mauvaises herbes mangent le jardin. Hassan qui vient de pousser le portail, sourit d’un air gêné : «Entrez». Les pas résonnent dans les pièces vides. Une entrée nue, un couloir, un petit salon. Deux chaises et une table basse sont posées là. Sur l’étagère : un oignon, trois fourchettes, une casserole, un petit réchaud à gaz. Rien de plus. Au bout, la chambre à coucher avec un matelas, trois grosses couvertures et un téléviseur. «Tout ce qui est là, on me l’a gentiment prêté. J’ai de la chance, souffle sans conviction le jeune homme. Même la maison, c’est une dame qui me la prête, elle n’en a pas besoin pour le moment.»
Hassan, 22 ans, expulsé en mars 2009
«Je n’ai rien fait d’illégal»
Hassan Bouyahyaoui a 22 ans. Il y a presque un an, il a été expulsé vers le Maroc alors qu’il terminait un contrat d’apprentissage en mécanique. Il est l’un des 29 000 étrangers en situation irrégulière expulsés de France en 2009. C’est 2000 de plus que l’objectif fixé par Nicolas Sarkozy. Sauf qu’Hassan, comme des centaines d’autres, est arrivé légalement en France. Il débarque à Montpellier à 15 ans. Sa grand-mère, qui s’occupait de lui depuis la séparation de ses parents, venait de mourir. Sa mère, il ne l’a pas revue depuis des années, il ne se souvient plus. Son père, maçon installé en France depuis les années 60, l’héberge. Trois ans passent. A sa majorité, alors en CAP mécanique, Hassan fait une demande de titre de séjour. Refusée. A la place, on lui remet quatre autorisations provisoires de six mois. Hassan rate ses derniers examens. Nouvelle demande de rester sur le territoire. Nouveau refus. Cette fois, il reçoit une «obligation de quitter le territoire français» (OQTF). Le 9 mars, alors qu’il rend visite à son frère, près du commissariat de Montpellier, on lui demande ses papiers. Tout va très vite. En quelques heures, Hassan se retrouve sur un bateau au départ de Sète, direction Tanger, dans le nord du Maroc.
«Je n’arrive pas à m’y faire», confie Hassan onze mois plus tard, le regard dans le vide. Il serre son blouson de cuir pour se réchauffer, installé dans le jardin, sur une chaise en plastique. Il y fait moins froid que dans la maison. «C’est dur, poursuit-il. Je n’ai personne ici. Il y a juste mon grand-père, mais il est vieux et il n’a pas les moyens de s’occuper de moi. Et il n’arrête pas de me dire que je suis nul, que c’est ma faute si j’ai été expulsé». A son retour, Hassan a vécu chez son grand-père dans l’est du Maroc, mais plus souvent dans la rue. Lassé, il a mis le cap sur Rabat. Une militante associative lui trouve cette maison et un emploi dans un garage à Temara, petite ville au sud de la capitale. «Et le jour où je vais devoir rendre cette maison ?, se demande sans cesse Hassan. Je suis incapable de payer un loyer avec ce que je gagne. En France au moins, je pourrais gagner ma vie correctement, évoluer. Ici, il y a des gars qui bossent depuis trois ans dans ce garage et ils gagnent toujours 10 dirhams de l’heure.» Soit 85 centimes d’euros, le smic horaire. Hassan répète encore une fois: «Ils se sont trompés, je n’ai rien fait d’illégal.»
Salima, 18 ans, expulsée au début du mois
«Je n’ai personne au Maroc»
A une cinquantaine de kilomètres de là, Salima a le sentiment de se débattre dans un mauvais rêve. «Je ne comprends pas ce qui s’est passé, je n’ai personne au Maroc, ma vie est en France.» Salima Boulazhar, 18 ans, est arrivée au Maroc le 4 février. Depuis l’âge de 13 ans elle vivait avec sa sœur jumelle Salma chez leur tante, à Clermont-Ferrand. «Le plus horrible, c’était le centre de rétention. J’étais la plus jeune, raconte la jeune fille d’une petite voix, ses longs cheveux lâchés sur les épaules. Il faisait froid, il n’y avait même pas d’eau chaude pour se laver, des grillages partout, le soir on nous donnait de la salade à manger.» L’adolescente est installée dans le salon de la famille qui a bien voulu l’accueillir.
Salima n’avait nulle part où aller au Maroc.Les jumelles sont nées d’une liaison hors mariage, un tabou absolu dans ce royaume islamique. Leurs parents ont donc refusé de les élever. Comme pour Hassan, c’est la grand-mère qui s’en charge. A sa mort, une tante vivant en France propose de s’occuper d’elles. A l’école, elles rattrapent leur retard en français. Elles entament un contrat d’apprentissage en cuisine, ont de bonnes notes, se font des amis. Leur patron promet même de les embaucher, une fois le CAP terminé. Le 27 juillet, ce parcours d’intégration est interrompu. Leur demande de titre de séjour est refusée. L’adoption par la tante sous la loi marocaine (kefala) n’est pas reconnue en France. Officiellement, les jumelles ont deux parents en vie au Maroc. Elles doivent rentrer.

Les jeunes filles font appel. En vain. Pour bénéficier d’une carte de séjour «vie privée et familiale», il faut non seulement avoir foulé le sol français avant ses 13 ans, mais aussi vivre en France avec au moins l’un de ses deux parents. La tutelle d’un oncle ou d’une tante ne suffit pas. En plus, dès qu’un membre de la famille vit encore dans le pays d’origine, même si le jeune n’a plus de contact, la demande de régularisation est souvent déboutée.
Un matin de janvier, à 6 h 30, les policiers frappent à la porte. Salima ouvre, sa sœur jumelle n’est pas là. Salima est placée en centre de rétention. Treize jours dans ce qu’elle vit comme une prison. Salma se cache. Tout le monde se mobilise: son lycée, des associations comme le Réseau éducation sans frontières (RESF), des syndicats, des partis. Plusieurs manifestations ont lieu à Clermont-Ferrand. Malgré cela, Salima est expulsée. Le matin de son départ Patrick Stéfanini, préfet d’Auvergne et du Puy-de-Dôme, un proche de Brice Hortefeux, fait une promesse : si la jeune fille demande un visa long séjour au Maroc, elle pourra revenir.
«A quoi bon l’avoir expulsée alors ?», commente, désabusée, Lucille Daumas, membre de la branche marocaine de RESF, association créée en 2006 par des enseignants du Lycée français de Rabat. Selon elle, il y a eu une accélération ces dernières semaines : en quinze jours, trois jeunes ont été expulsés vers le Maroc.

Mohamed, 18 ans, expulsé le mois dernier
«J’étais bon élève»
Mohamed Abourar, 18 ans, a été expulsé le 23janvier. Comme Hassan et Salima, le jeune homme semble abattu. Deux semaines après son arrivée, il n’arrive pas à imaginer qu’il ne pourra peut-être plus retourner en France. «Tout cela s’est passé tellement vite… Ici je ne connais personne, je ne peux rien faire, je ne parle plus l’arabe, ça fait cinq ans que je ne suis pas revenu au Maroc.» Mohamed, qui était en première au lycée professionnel Valmy de Colombes (Hauts-de-Seine), a été expulsé de France à 3 heures du matin. Il n’avait rien. Pas de valise. Pas d’argent. Il n’a pas pris congé de son père, personne n’a prévenu ses proches qu’il serait expulsé cette nuit-là. A l’origine, le même scénario : contrôle d’identité. Pour lui, c’était gare Montparnasse, alors qu’il buvait une bière avec deux copains. Arrestation, garde à vue, centre de rétention. Une semaine plus tard, c’est l’expulsion. Il avait lui aussi fait une demande de carte de séjour. Même réponse : non, car sa mère vit au Maroc, dans la banlieue d’Agadir.
Mohamed était arrivé en France en mars 2004, à l’âge de 13 ans et quelque jours. En 2007, à la demande de son père, il avait été pris en charge par la Fondation d’Auteuil. Puis, à sa majorité, l’Aide sociale à l’enfance lui avait fait signer un contrat jeune majeur, valable trois ans. Il s’était alors inscrit, un CAP déjà en poche, en première bac pro à Colombes.
A Agadir, il a retrouvé sa mère, ses deux frères et trois sœurs, mais il se sent différent. Il éprouve aussi une certaine culpabilité. «Mon père a choisi de me faire venir en France parce que j’étais bon élève. J’étais censé prendre la relève», sous-entendu travailler et venir en aide à sa famille, comme son père le fait depuis trente-quatre ans. «Maintenant j’ai tout raté, mon père m’en veut», raconte le jeune homme, les mains croisées entre ses genoux, la tête basse. Il est désemparé. Son père refuse de lui parler.
Sophie, 24 ans, sa petite amie depuis deux ans, est venue le rejoindre quelques jours.«Il était assidu au lycée, il ne faisait rien de mal et ils le renvoient!, lance-t-elle, en colère. Les copains se sont cotisés pour me payer le billet, on veut tous qu’il revienne. «Ici, à Agadir, il n’y a rien à faire, assure Mohamed, on peut aller au marché, boire un café, mais c’est tout ; pour aller à la plage c’est cher, il n’y a pas de bus, on tourne en rond.» Son amie s’inquiète pour lui : «Je ne sais pas comment on va faire, je vais revenir le plus souvent possible mais ce n’est pas une solution; il y a ses cours, ses amis et puis nous deux.» Mohamed approuve. En silence.
Il a lui aussi bénéficié d’une importante mobilisation, de ses camarades et des enseignants de Valmy, des élus de Colombes, de RESF. Lors de la manifestation sur l’éducation du 30 janvier à Paris, un petit cortège portait des banderoles et faisait signer une pétition. Est-ce le bruit médiatique autour de l’affaire ? La semaine dernière, le ministère de l’Immigration a annoncé qu’il donnait «une suite favorable au dossier» et que Mohamed «pouvait faire sa demande de visa long séjour». Il l’a déposé hier matin au consulat d’Agadir. Ses soutiens, méfiants, attendent de voir le résultat.
Selon Thomas Brisset, prof d’histoire-géo à Rabat et membre de RESF, aucun expulsé n’a pu reprendre des études au Maroc. Ils n’ont plus le niveau en arabe et les formations entamées en France n’existent pas dans le royaume chérifien. «Qu’il faille une politique migratoire, c’est évident, mais pas celle-là. Tous ces jeunes sont entrés légalement en France. Quelques années plus tard, alors qu’ils tentent de construire leur vie et suivent une scolarité, on leur dit non, ce n’est plus possible. C’est illogique, absurde et révoltant !Des vies gâchées à un âge charnière».

Hassan, Salima et Mohamed ne désirent qu’une chose : revenir en France et reprendre leur vie là où ils l’ont laissée. A Temara, dans son salon éclairé par la seule ampoule qui marche encore, Hassan ne peut s’empêcher d’y croire. «J’espère que mon dossier va arriver jusqu’au préfet et qu’il va reconnaître que c’était une erreur, que ma place est en France.» Sinon ? «Franchement je ne sais pas», avoue Hassan avec son accent du sud.

La réponse de Besson : durcir la loi
Le ministre prépare un texte sur le séjour des étrangers encore plus répressif.
Par CATHERINE COROLLER
Si la future loi sur l’immigration d’Eric Besson, qui devrait être présentée avant la fin du premier semestre au Parlement, était déjà en vigueur, Mohamed Abourar aurait-il été expulsé? Pas sûr. Paradoxe : ce texte, qui durcit encore le code de l’entrée et du séjour des étrangers (Ceseda), comporte «une seule mesure un peu positive» pour Violaine Carrère, chargée d’études au Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Dans son article 14, l’avant-projet de loi prévoit en effet qu’un «étranger qui a été confié à l’Aide sociale à l’enfance entre l’âge de 16 ans et l’âge 18 ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle» pourra se voir délivrer une carte de séjour.
«Equilibre». A priori, Mohamed Abourar remplit ces conditions. Arrivé en France à 13 ans, il était inscrit en première année de bac pro hygiène et environnement, et bénéficiait d’un contrat «jeune majeur» auprès de l’Aide sociale à l’enfance, un dispositif réservé aux moins de 21 ans «confrontés à des difficultés sociales susceptibles de compromettre gravement leur équilibre» ou «qui éprouvent des difficultés d’insertion sociale, faute de ressources ou d’un soutien familial suffisant».
Pour Salima Boulhazar, Hassan Bouyahyaoui et tous les jeunes majeurs en situation irrégulière en France, en revanche, la future loi n’annonce rien de bon. Depuis des années, les associations de défense des étrangers, comme le Réseau éducation sans frontières, réclament «la régularisation des jeunes majeurs scolarisés», ce qui est le cas de Salima et Hassan. La première - et sa jumelle Salma - était en contrat d’apprentissage de cuisine à l’Institut des métiers de Clermont-Ferrand. Contrat d’apprentissage également, mais en mécanique, pour Hassan Bouyahyaoui.
Retour interdit. Selon l’article 18 de l’avant-projet de loi, un étranger en situation irrégulière sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français pourra faire l’objet d’une «interdiction de retour» de deux à cinq ans. En clair, il lui sera impossible d’obtenir un visa d’entrée en France, voire dans l’espace Schengen, pendant cette durée. Pire, l’article 73 prévoit que l’étranger qui braverait cette interdiction et «pénètre(rait) de nouveau sans autorisation en France, sera(it) puni d’une peine de trois ans d’emprisonnement».
Ces derniers articles correspondent à la transcription en droit français de la directive européenne dite «retour», adoptée en juin 2008. Car la France n’est pas la seule à se transformer en forteresse : le durcissement des conditions d’entrée et de séjour des étrangers concerne toute l’Union européenne.
 VIDEO:
صحيفة فرنسية : طرد فرنسا لثلاثة مغاربة غير مبرر
باريس - و م ع
وصفت صحيفة (ليبيراسيون) الفرنسية، أمس الخميس، ب"غير المبرر" طرد فرنسا لثلاثة شباب مغاربة دخلوا بشكل شرعي للبلاد واندمجوا فيها بشكل مثالي منذ سنوات.
ويتعلق الأمر بكل من حسن بويحياوي (الصورة) (22 سنة) (تم طرده في مارس 2009 من مونبوليي)، وسليمة بولازهار (18 سنة) التي طردت بداية فبراير الجاري من كليرمون فيرون، ومحمد أبورار (18 سنة) الذي طرد الشهر الماضي من كولومب.
وكانت السلطات الفرنسية قد رفضت منحهم، لدى بلوغهم سن الرشد، بطاقة إقامة تخول لهم البقاء داخل التراب الفرنسي.
واستنكر كاتب افتتاحية الصحيفة فابريس روسلو ذلك قائلا .. "كيف يمكن تصور أن تكون مجرد مراقبة مفاجئة للهوية كافية لإعادة شباب، دخلوا البلاد بصفة شرعية ويندمجون فيها بشكل مثالي منذ سنوات ويدرسون في ثانويات أو بصدد التحضير لعقود تكوين، إلى بلدانهم الأصلية".
واعتبر أن قصة هؤلاء الشباب الثلاثة تنطبق على"آلاف المطرودين من فرنسا، وهي للأسف قصص غدت مألوفة لحيوات محطمة وآمال سحقتها سياسة الهجرة الجديدة الفرنسية".
وقال الصحفي، موجها أصابع الاتهام إلى سياسة الأرقام التي تعتمدها فرنسا في مجال الهجرة، إنه قد بات من "الأكيد أنه لا يمكن فتح الأبواب لجميع الراغبين في القدوم والبقاء فوق التراب الفرنسي"، متسائلا إن لم يكن "من الملائم على الأقل إيلاء اهتمام أكبر لكل حسن وسليمة ومحمد في فرنسا، قبل اللجوء إلى طرد غير قابل للتبرير".
وأوردت الصحفية الفرنسية أنه تم، خلال 2009، طرد 29 ألف أجنبي في وضعية غير قانونية في فرنسا، متجاوزة بذلك بأزيد من ألفي شخص الهدف المحدد.
ويستفيد الشباب المغاربة في فرنسا من دعم العديد من الجمعيات، من بينها شبكة تربية بلا حدود، والنقابات والأحزاب السياسية.
وسجل الفرع المغربي لشبكة تربية بلا حدود، الذي أحدثه سنة 2006 أساتذة في الثانوية الفرنسية بالرباط، تسارع وتيرة عمليات الطرد التي تستهدف المغاربة في فرنسا.

ونقلت (ليبيراسيون) عن عضوة الشبكة في المغرب لوسيل دوما تعرض ثلاثة شباب مغاربة للطرد في غضون 15 يوما.
وأوضح طوماس بريسي عضو آخر بفرع الشبكة بالرباط أن أيا من الشباب المطرودين لم يتمكنوا من متابعة دراستهم في المغرب بسبب ضعف مستواهم في اللغة العربية وانخراطهم في مجالات تكوين داخل بلد الاستقبال غير متوفرة في البلد الأصل.
وأضافت الجريدة أنه إذا كانت الحاجة إلى سياسة الهجرة أمرا بديهيا فينبغي تفهم أن جميع هؤلاء الشباب الذين طالهم الطرد دخلوا فرنسا بشكل قانوني، وأنه من غير المعقول ومما يثير الغضب أيضا أن يواجهوا بالطرد بعد سنوات من انخراطهم في بناء مساراتهم الدراسية والمهنية. وأن يتم بالتالي تخريب حيوات في مرحلة حاسمة من تبلورها.
وكانت صحيفة (لوموند) قد أعلنت يوم الجمعة الماضية عن قرب تقديم الوزير الفرنسي للهجرة إيريك بوسون لمشروع قانون جديد حول الهجرة يزيد على نحو محسوس من تقليص حقوق الأجانب الذين لا يتوفرون على بطاقة الإقامة والمهددين بالطد.
ويشكل هذا المشروع، الذي سيعرض أمام مجلس الوزراء خلال شهر مارس المقبل، خامس تعديل لقانون دخول وإقامة الأجانب في غضون ست سنوات.

jeudi 18 février 2010

Taroudant : Le complot du wali et du procureur pour l'assassinat de nos camarades.

Nos camarades de Tarawdante sont entrain de mourir à l'hôpital de MOKHTAR SOUSSI... 
Par Amal Lahoucine, 18/2/2010
Ils son entrain de mourir en l' absence totale du wali de la province de Tarawdante, du directeur de l'hôpital, du délégué de la santé et du chef des urgences .
C'est un réel complot pour assassiner les grévistes de la faim... Ce silence terrible, ces absences sans limites et sans jugement nous mènent à dire que c'est une pièce bien jouée pour donner une triste fin.
La vie de nos camarades est à sa derniére phase :
-camarade Brahim Bounkorte est dans un tel état, qu'il a fallu lui donner du sérum pour lui sauver la vie, mais malgré cela son état reste critique.
-Camarade Salmi Lahbibe a été jeté par terre à l'hôpital dans le but de parvenir à leur fin, la résiliation de la gréve de la faim.
Nous n'avons pas beaucoup des données, puisque les autorités ne laissent personne s'approcher des 4 grévistes, ni la section de Tarawdante de l'ANDCM, ni le comité de soutien et de coordination. Même les familles ne sont pas autorisées à les approcher, ni les membres de l'association marocaine des droits de l'homme, empêchés de faire leur travail et de suivre l'état des grévistes.
Vite, leur vie est en réel danger!
Seront-ils demain avec nous? peut être oui, peut-être non...
Que doit- on faire? Il n'est plus temps de réfléchir, c'est le moment d'agir ou de se taire pour toujours

Maroc : Prisonniers politiques,diplômés enchômagés, ouvriers : même combat

     Solidarité avec:
- les prisonniers politiques                         - Les ouvriers
                            - Les chômeurs

Par Ali Fkir, 18/2/2010
L'instance nationale  de solidarité avec les prisonniers politiques (INSAD) l'association nationale des diplômé-es enchômagé-es (ANDCM), la jeunesse ouvrière (UMT) ont organisé avec grand succès 3 journées de solidarité avec les détenus politiques, avec les ouvriers et avec les enchômagé-es, 3 journées d'activités riches en thèmes, en interventions, en témoignes...sous le thème " mêmes objectifs, même avenir".
Des familles des prisonniers politiques de Marrakech, Fès...se sont déplacées pour participer activement aux activités.
Signalons que le procès de la militante Zahra Boudkour et ses camarades est reporté pour le 31 mars 2010. Ce nième report constitue une véritable galère pour les familles qui sont obligées de parcourir chaque fois des centaines de km pour tenter d'assister au procès des leurs.
La journée du mercredi 17 février a connu deux pratiques de nature despotique:
- l'accès à la salle d'audience a été interdit aux familles et au public.
- Le procureur du roi s'est comporté en véritable voyou envers la défense des prisonniers, notamment envers le Maître Rachidi du barreau de Marrakech.
La solidarité avec les prisonniers politiques, avec les ouvriers, avec les chômeurs et autres exclus et marginalisés ne peut être ni aléatoire ni soumise à des calculs politiciens.
Bravo les militantes!
Bravo les militants
Bravo l'INSAD, bravo la jeunesse ouvrière (UMT), bravo ANDCM !
LA SOLIDARITE NOUS INTERPELLE


نجاح الملتقي التاسع لحقوق المرأة
نطمت اللجنة المركزية لحقوق المرأة وتحت اشراف المكتب المركزي للجمعية المغربية لحقوق الانسان يومي 13 و14 فبراير 2010 الملتقى الوطني التاسع لحقوق المرأة تحت شعار: "المساوات في كل المجالات وبدون تحفظات" بمركز الاصطياف التابع لجمعية الاعمال الاجتماعية للصندوق الوطني للضمان الاجتماعي شارك فيه قرابة 200 مشاركة ومشارك من مختلف فروع الجمعية. وبعد افتتاح الملتقى بكلمة رئيسة الجمعية بإسم المكتب المركزي وكلمة اللجنة المركزية لحقوق المرأة ، تم الانتقال مباشرة للندوة المبرمجة والتي عرفت تقديم خمس مداخلات من طرف 4 متدخلات ومتدخل من هيآت حقوقية نقابية وثقافية تمحورت حول حقوق المرأة من جوانبها القانونية،الشغلية،الثقافية /اللغوية وما تعرفه من خروقات.
وكانت المفاجئة الجميلة خلال الامسية الفنية التي نظمت بعد العشاء، الالتفاتة الرائعة المتمثلة في تكريم المناضل الكبير والصلب عبد الحميد امين نائب رئيسة الجمعية، والرئيس السابق، حيث قدمت شهادات عن مساره النضالي الغني بالتضحيات ونكران الذات.
أما اليوم الثاني فعرف تنظيم ورشات حول حقوق المرأة، وأداء نساء الجمعية
وهذه بعض الصور من الملتقى

Pétition pour la défense de l'hôpital public

NE LAISSEZ PAS FAIRE
POUR DÉFENDRE VOTRE HÔPITAL PUBLIC ASSURANT
L’ACCÈS ÉGAL POUR TOUS À DES SOINS DE QUALITÉ,
SIGNEZ LA PÉTITION NATIONALE QUI SERA ADRESSÉE
AU PARLEMENT ET AU GOUVERNEMENT:

« Je défends l’Hôpital Public, lieu de formation des professions médicales et paramédicales, de l’innovation et des progrès thérapeutiques, qui offre à tous, sans discrimination, des soins de qualité.

Je m’oppose à son démantèlement qu’annoncent d’une part un nouveau mode de direction qui aura pour souci principal la rentabilité, d’autre part des suppressions d’emplois non justifiées qui altèreront la qualité des soins. L'Hôpital Public doit avoir un financement lui permettant de remplir ses missions.»


JE SIGNE LA PÉTITION


http://www.petition-mdhp.fr/

Journée Sahraouie à Aurillac, Cantal.

Par APSO, 17/2//2010 
Hier mardi 16 février 2010, Salah Eddine Amaidan, représentant de la jeunesse Sahraouie et Marie Frison, représentant l’association française APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental sont intervenus dans le cadre de la semaine interculturelle d’Aurillac dans le Cantal, en France.
Co-organisé par les club Unesco d’Auvergne, la journée était consacrée aux Sahraouis.
Un stand présentait des objets traditionnels Sahraouis, bijoux et tenues vestimentaires, des documents d’information sur le pillage des ressources naturelles et les atteintes aux droits de l’homme du Sahara Occidental, mais aussi des documents DVD et écrits sur les campements de réfugiés.
Un espace convivial autour du thé a permis de nombreux échanges tout au long de la journée. Les visiteurs étaient très intéressés et concernés.

La conférence finale a permis d’aborder la question Sahraouie dans ses aspects géopolitiques, au regard du droit international, à partir des projections des productions vidéo de Denis Véricel, et de Saeed Taji Farouky à propos de Salah Eddine Amaidan.

De nombreux contacts ont été pris dans le projet d’une prochaine collaboration sur cette question.

Séminaire sur la réforme du pouvoir judicaire au Maroc

 A l’initiative de la Commission Internationale des Juristes – CIJ (Genève), de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme – FIDH (Paris), et du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme – REMDH (Copenhague) ; un séminaire a été organisé à Rabat à l’hôtel Golden Tulip Farah, les 22 et 23 janvier 2010 pour débattre de « La Réforme du pouvoir judiciaire au Maroc ». 
La nécessité de réformer la justice au Maroc fait, en effet, l’objet d’un large consensus des composantes associatives au sein de la société civile marocaine, illustré notamment par les différentes prises de positions et propositions de l’association des Barreaux du Maroc depuis trois décennies et par le « mémorandum des dix ONGs » (dont quatre associations membres de la FIDH, et / ou du REMDH) relatif à la réforme de la justice (avril 2009). Cette nécessité a été rappelée avec insistance à l’occasion de plusieurs interventions royales et, récemment, le discours du 20 août 2009. Le ministère de la justice a organisé, de son côté et à cette fin, des concertations élargies et de nombreuse auditions. .
La réforme du pouvoir judiciaire, qui constitue une recommandation centrale de l’Instance Equité et Réconciliation – IER, est plus que jamais un enjeu essentiel pour le Royaume du Maroc, et pour les marocains. Elle est un axe important du Plan d’Action National de la coopération Maroc- Union Européenne dans la perspective du renforcement de la Politique Européenne de Voisinage – PEV et de l’accès du Maroc, depuis octobre 2008, à un « statut avancé » dans ses relations avec l’Union Européenne.
L’objectif de ces deux journées de travail, jalonnées par une quinzaine d’interventions de haute tenue, a donc été d’aborder les principales questions liées à la réforme du pouvoir judiciaire au Maroc et à leur portée, afin d’identifier – de façon concrète et rigoureuse- les mesures et les réformes indispensables à mettre en œuvre ainsi que les priorités qu’il convient de prévoir, mais aussi les difficultés qui en entravent la réalisation.
Répondant à l’ambition de contribuer au renforcement d’une démarche consultative et participative pour l’élaboration et la mise en œuvre de cette indispensable réforme du pouvoir judiciaire au Maroc, cette rencontre a associé des participants européens et arabes et des représentants des institutions gouvernementales marocaines (pouvoirs exécutif et judiciaire), des juristes, des avocats, des magistrats, des parlementaires (les présidents des deux commissions justice et droit de l’homme des deux chambres), des experts nationaux, des figures du secteur des médias – notamment de la presse et de la fédération marocaine des éditeurs de journaux-, des associations professionnelles et des représentants d’une dizaine de composantes de la société civile marocaine actives dans le domaine de la justice, de la consolidation de l’Etat de Droit, et de la protection des droits humains.
A l’issue de ce séminaire un « relevé de recommandations » a été présenté par le rapporteur général et validé par les participants. Il fera l’objet d’un mémorandum que les organisateurs soumettront au gouvernement marocain.
Ces recommandations et une synthèse des travaux ont fait l’objet d’une déclaration des organisateurs jointe au présent communiqué.
http://fr.euromedrights.org/index.php/news/emhrn_releases/61/3725.html

Le document secret de l'armée française sur les essais nucléaires au Sahara

Par NICOLAS JACQUARD, Le Parisien, 16/2/2010
Le rapport « confidentiel défense » que « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » s’est procuré est un résumé d’envergure sur les essais nucléaires au Sahara entre 1960 et 1966. Jusqu’à aujourd’hui, très peu d’éléments avaient filtré sur les expérimentations réalisées par l’armée française sur ses troupes dans le cadre de l’élaboration de la bombe atomique.
Seul « le Nouvel Observateur » avait publié en 1998 un article sur Gerboise verte, le nom de code du dernier tir atmosphérique du 25 avril 1961, issu des archives de la Grande Muette. Aussitôt après, celle-ci les avait refermées.
Le document que nous révélons porte notamment sur les manoeuvres en « ambiance nucléaire », effectuées ce 25 avril 1961. En voici les principaux extraits.
Étudier les effets de la bombe sur les hommes. 
Selon le rapport, il s’agit d’« expérimentations tactiques ». Leurs noms de code sont Garigliano pour les fantassins, Bir Hakeim pour les chars. Il s’agit d’« exécuter (…) deux manoeuvres dans un cadre offensif et une dans un cadre défensif » afin d’étudier « la réoccupation d’une position touchée par une explosion nucléaire ». 300 personnes y prennent part, essentiellement des appelés issus de régiments situés en Allemagne, 42e RI et 12e régiment de cuirassiers. L’objectif de ces essais est très clair : « Etudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique. »
La troupe à 275 m de l’explosion atomique. 
 Le rapport relate très précisément la journée du 25 avril 1961, quelques minutes après l’essai atomique. A « H + 20 min, les hommes sortirent des abris, regardèrent le nuage avec appréhension (…). A H + 35 min, la section progressa à pied. Les véhicules vides suivaient à 100 m (…). Deux kilomètres furent couverts en 40 min (…). A 1 100 m du « point zéro » (NDLR : l’endroit où la bombe vient d’exploser), les hommes apercevaient nettement les dégâts occasionnés (…). A environ 700 m, (…) la progression fut stoppée. »
« Le détachement d’engins blindés de reconnaissance traversa la zone de retombées à H + 1 heure. Une patrouille de véhicules tout-terrain était chargée de faire un raid sur le point zéro pour étudier les possibilités d’attaque en zone contaminée (…). Cette patrouille fut arrêtée à 275 m du point zéro. »
Un masque antipoussière plutôt qu’un masque à gaz.
Les enseignements tirés de cette manœuvre sont édifiants. Le rapport indique par exemple que les hommes semblaient « capables de poursuivre le combat, dans la mesure où le moral n’aurait pas été trop fortement atteint ». En conséquence, en cas de guerre, il est indispensable d’obtenir un « coup au but » sur l’ennemi.
Autre « problème » mis en évidence : le masque à gaz complique les communications. Il sera décidé que lors d’un conflit, « le commandant ne devra pas pénétrer en zone contaminée ». En revanche, pour les hommes à pied, comme « le rythme de la manœuvre serait diminué de 50 % tant que le port du masque resterait obligatoire », son « remplacement par un masque antipoussière élémentaire a été demandé ».
L’amateurisme des autorités. 
 Les auteurs du rapport montrent comment les concepteurs des armes atomiques françaises font manipuler à la troupe des substances dont ils connaissent pourtant les dangers.
Pour les essais souterrains, il est décidé que lors d’« un travail en atmosphère contaminée, l’autorité responsable peut autoriser les travailleurs à ne pas porter le masque (…) et leur faire inhaler en un jour, à titre exceptionnel, ce qui est normalement autorisé en trois mois ». Les militaires se réservent le droit d’« autoriser un court séjour sans précaution spéciale, même en zone interdite ». Quant à la puissance des bombes, elle reste totalement aléatoire. Pour Gerboise verte, « son énergie n’est pas connue avant le tir ».
Les essais souterrains n’échappent pas à la règle. Alors que « seuls » quatre accidents étaient connus, le rapport montre qu’il n’y a qu’un tir sur les treize réalisés qui fut contenu, les autres donnant lieu à des fuites radioactives.
Articles sur le même sujet
* SAINT-BONNET-DE-MURE (RHÔNE) - " A l'époque, les hommes ne comptaient pas "
* REPÈRES
* Ces soldats se trouvaient au coeur du site contaminé
* L'ACTU EN FLASH - Tout savoir sur les essais atomiques
* Le Sénat doit voter l'indemnisation des victimes d'essais nucléaires
http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-document-secret-de-l-armee-francaise-16-02-2010-817290.php
source : Infos Paix n°307, 17/2/2010

mercredi 17 février 2010

Surréaliste : des bulles pour l'ambassadeur en Haïti !

 Par Laurent Macabies, Bakchich, Port au Prince, 16/2/2010
Scène surréaliste en Haïti. Au beau milieu des décombres de l’ambassade de France, les secouristes dépêchés sur place ont mené à bien une mission périlleuse : sauver le champagne de notre beau pays.
« Comment expliquerions-nous à des familles que leur fils ou époux est mort en sauvant du vin, du champagne ou du whisky ? » Le 29 janvier, devant le regard indigné des médecins et infirmiers du Samu 21 de Dijon détachés à Port-au-Prince, une dizaine de sapeurs-pompiers « spéléos » spécialistes des décombres, ont mené une dernière opération de sauvetage avant de regagner leurs pénates. Objectif : la cave de monsieur l’ambassadeur français !
Une opération risquée à cause de l’instabilité du bâtiment mais drôlement bien organisée : deux secouristes ont été envoyés dans les ruines, pendant qu’une dizaine réceptionnait le butin. Le « trésor » méritait bien cette attention particulière. La cave de l’ambassadeur Didier Bret abritait des dizaines de caisses de champagne, cognac, whisky et grands vins.
L’État français ne perd pas une occasion de choyer ses représentants. 

Dans son dernier numéro, Le Canard Enchaîné (10/02) décrit une autre mission de sauvetage réussie, cette fois par Arno Klarsfeld.
chat perché
Envoyé par Matignon en Haïti pour « identifier les problèmes prioritaires à résoudre », l’avocat est rentré au bout de quinze jours avec Voltaire, le chat du numéro deux de l’ambassade, Christophe Quentel. Le haut fonctionnaire et sa famille avaient dû quitter l’île à la hâte, en laissant le félin.
D’après Klarsfeld, contacté par Le Canard, « Voltaire manquait cruellement à sa petite fille de 5 ans ». 
Cette fois, c’est le pinard miraculé qui a pu être transporté, sous bonne escorte, dans les locaux de l’état-major de la cellule de crise… Ouf, les soirées de monsieur l’ambassadeur sont sauvées.

Les "Touaregs gersois" participent au 4L Trophy 2010 dans le désert marocain

Par SUD OUEST, 16/2/2010
Dans la cour du collège, la 4L fait le plein de fournitures et l'admiration des élèves. (PHOTO F. C.)
Michael Moreau et Florian Joussain poursuivent leurs études à l'Institut d'administration des entreprises de Toulouse, dans le domaine commercial. Depuis mai dernier, ils se sont lancé un défi : participer à l'édition 2010 du 4L Trophy.
Cet événement, plus grand rassemblement sportif à but humanitaire européen, sur une durée de dix jours, aura lieu du 18 au 28 février. L'objectif du raid est d'aller distribuer des fournitures scolaires et sportives dans des villages défavorisés du Maroc, en traversant le désert de ce pays au volant d'une voiture mythique, la Renault 4L. 
Cette année, cette opération devrait regrouper près de 1 000 équipages composés exclusivement d'étudiants qui tenteront de parcourir les 6 000 km de l'épreuve. Le parcours prévu par l'organisation est un trajet parsemé d'embûches telles que passage de cols, d'oueds et franchissement de dunes. Toute notion de vitesse est exclue dans ce raid. Le classement est établi en fonction des capacités de franchissement et d'orientation de chaque équipage.
50 kilos de fournitures
Pour participer à cette aventure, les deux jeunes gens ont créé l'association Les Touaregs de l'espoir, et fait l'acquisition de la 4L pour débuter la préparation de ce voyage, qui est à ce jour pratiquement bouclée.
Ils ont donc réussi à rassembler les 50 kg de fournitures scolaires demandées, grâce à la participation des élèves du collège Hubert-Reeves de Fleurance. Ces colis ont été remis vendredi dernier en présence d'Annette Simonot, principale de l'établissement, et des enseignants solidaires qui ont bien répondu à la demande des deux jeunes aventuriers.
En arrivant en terre africaine, une partie de ce matériel sera acheminée à La Ligue marocaine de protection de l'enfance, dans le cadre d'un partenariat entre le 4L Trophy et l'Unicef. L'autre partie des fournitures sera distribuée dans les écoles et villages tout au long du parcours.
En savoir plus : le pour et le contre
Le 4L Trophy est un raid automobile destiné aux étudiants.
Il est organisé par l'ESC Rennes[1]. Chaque année, 1000 équipages se lancent sur un parcours de plus de 6000 km traversant la France, l’Espagne et le Maroc pour apporter 50 tonnes de fournitures scolaires à destination des écoles marocaines en difficulté.
Le raid est ouvert exclusivement aux étudiants ; les seuls véhicules admis sont les Renault 4. La course est composée de différentes étapes dans les dunes et dans l'Atlas.
Le 4L Trophy n'est pas une course de vitesse mais une course d'orientation. Chaque équipage est classé en fonction des kilomètres qu'il réalise pour passer par chaque point de contrôle du parcours, celui qui parcourt le moins de kilomètres est le mieux classé de l’étape.
Malgré ces précautions, l'équipe d'organisation ne peut éviter que quelques accidents se produisent parfois sur le parcours, comme ce fut le cas en 2007 où une voiture du 4L Trophy avait percuté un adolescent marocain, le blessant au visage. Ces événements rappellent parfois les accidents du Paris-Dakar et ont fait naître des critiques sur ce rallye.
Par ailleurs, la multiplication des véhicules pendant les dernières éditions (1000 voitures en 2007, 1040 voitures en 2008) a contribué à l'apparition récente de files d'attentes de plusieurs heures sur le parcours aux passages difficiles (oueds).
La principale motivation des jeunes pilotes est avant tout celle de l'aventure automobile dans le désert ainsi que l'organisation d'une étape humanitaire de deux heures sur la semaine du rallye qui est un argument de publicité à l'ESC Rennes et à Désertour, société sous-traitante qui gère l'organisation logistique du Rallye, et un alibi bien-pensant et politiquement correct pour justifier cette campagne de pub.
Le prix du rallye (environ 3000€ de frais d'inscription) prive de tout espoir de participation de nombreux étudiants.
Pour la première fois en 2008 un équipage féminin a gagné la course.
La prochaine édition se tiendra du 18 février au 28 février 2010.
http://fr.wikipedia.org/wiki/4L_Trophy

Scandale au Maroc : bébés à vendre

Par , News Maroc, 16/2/ 2010.
Un réseau de vente de nourrissons vient d’être démantelé à Casablanca, grâce au concours d’une journaliste du magazine d’investigation 45 minutes*. TelQuel retrace le fil des événements.
Tout commence dans un salon de coiffure. En octobre dernier, Hanane Hachimi, journaliste au sein de l’équipe de l’émission 45 minutes, surprend une discussion plutôt étonnante entre deux clientes. Leur sujet de conversation ? Le trafic de bébés à Casablanca. “J’ai été stupéfaite de les entendre parler d’une de leurs amies qui avait réussi à acheter un nouveau-né par le biais d’une infirmière travaillant dans une maternité”, explique la journaliste. Quelques jours plus tard, elle en parle lors d’une réunion de la rédaction, qui décide d’enquêter sur le sujet. Commence alors un travail de longue haleine, qui va mener Hanane Hachimi dans les sombres couloirs des maternités des hôpitaux publiques.
A la recherche du réseau 
 Accompagnée d’un autre membre de l’équipe muni d’une caméra cachée, la journaliste erre pendant plusieurs semaines dans les couloirs de la maternité à Casablanca et à Mohammedia, dans l’espoir d’être abordée par une infirmière ou une sage-femme, qui pourrait lui proposer de l’aider à trouver un bébé. Mais c’est presque toujours des mères célibataires qui l’accostent, au bord du désespoir. “La plupart voulaient nous donner leurs bébés sans aucune contrepartie. Tout ce qu’elles souhaitaient, c’était pouvoir réintégrer le plus vite possible leurs familles sans leur enfant, considéré avant tout comme l’objet de leur délit”. Les journalistes-enquêteurs sont finalement abordés dans une maternité casablancaise par une infirmière, qui s’avère être rabatteuse pour une certaine Lhajja, ancienne sage-femme âgée d’une cinquantaine d’années. L’infirmière affirme qu’il s’agit de la personne idéale à contacter “pour se procurer un bébé abandonné par sa mère et âgé de quelques jours à peine”. Autre détail qui a son importance : l’infirmière explique que Lhajja délivre également de faux actes de naissance et inscrit le bébé sur l’état civil du couple “adoptif”. La totale. La journaliste a du mal à y croire. Une entrevue avec la fameuse Lhajja est rapidement organisée, dans son domicile au quartier Bourgogne. C’est alors le début d’une véritable mise en scène, ayant pour but de faire passer Hanane Hachimi pour une femme mariée souhaitant “acheter” une petite fille dans les plus brefs délais. Cette demande ne semble pas difficile à satisfaire aux yeux de Lhajja, puisqu’elle affirme qu’un bébé sera disponible dans trois semaines au plus tard. Durant cette entrevue, Lhajja ne posera aucune question qui lui permettrait de cerner le profil des futurs parents “adoptifs”, et encore moins leurs motivations. Elle ne cherchera pas non plus à savoir s’ils ont les moyens de s’occuper de cet enfant. Ou s’ils sont tout simplement aptes à l’élever. Tout ce qui semble l’intéresser, c’est l’argent. “Elle ne parlait que de l’avance qu’on devait lui verser. Le reste lui importait peu. J’aurais pu faire semblant d’être une femme déséquilibrée que cela n’aurait rien changé”, se rappelle la journaliste. Aux côtés de Lhajja, se tient une jeune femme célibataire, visiblement enceinte. On la présente comme la mère de leur futur enfant. Craintive et pas très à l’aise, celle-ci leur explique qu’elle ne voit “pas d’autres solutions à part donner son bébé à un couple qui veut adopter”. Elle ne semble pas au courant des associations de soutien aux mères célibataires. Elle ne sait pas non plus que la nouvelle Moudawana la protège, et qu’elle ne risque pas d’aller en prison parce qu’elle a mis au monde un enfant illégitime. A ses yeux, comme pour des dizaines d’autres jeunes mères célibataires qui sont passées par cet appartement du quartier Bourgogne et qui ignorent l’existence de solutions alternatives, Lhajja est une “sauveuse”. C’est d’ailleurs cette dernière qui mène les discussions. Au début, l’ex-sage femme réclame la somme de 12 000 dirhams en échange du bébé. Au fil des rencontres, le prix est multiplié par trois. La raison invoquée ? Les frais d’accouchement et les commissions à verser pour la falsification de plusieurs documents officiels. Cette dernière tâche incombe à trois complices, avec lesquels elle partage le “butin”. Tous les trois travaillent au sein de l’arrondissement de Ben M’sick : l’un en tant qu’agent des Forces auxiliaires, le second est administrateur au service d’état civil et le dernier est auxiliaire d’autorité.
C’est combien, le bébé ? 
 Le salon de Lhajja ressemble étrangement à une administration. Tampons, timbres et documents officiels sont bien en place sur un bureau. C’est même un gage du sérieux de la “transaction”. A la naissance des bébés, les couples qui se présentent au domicile de Lhajja, munis de leur acte de mariage et de leurs cartes d’identité nationale, peuvent ainsi repartir avec “leur nouvel enfant”. Si ce n’est pas déjà fait, l’inscription du bébé sur leur état civil s’effectue rapidement. A ce stade de l’enquête, les journalistes de 45 minutes prennent une décision qui traduit leur malaise face à l’ampleur de leurs découvertes. “Nous avons réalisé que nous avions affaire à un réseau mafieux, qui considérait les bébés comme de la marchandise. Nous avons donc décidé de prévenir la justice”, explique Mohamed El Jamaï, cofondateur de Connection Média, la boîte qui produit le magazine d’investigation. Les membres de l’équipe rencontrent alors Abdellah Alaoui Belghiti, procureur du roi près la Cour d’appel de Casablanca. Pour pouvoir confondre les coupables, le représentant de la justice leur demande de poursuivre leur enquête afin d’identifier l’ensemble des membres de ce réseau. Il est alors convenu que la police prenne le relais au moment de la “livraison” du bébé. Quelques jours plus tard, Lhajja contacte Hanane Hachimi pour l’informer que l’accouchement a débuté. La journaliste lui explique alors qu’elle n’était que l’intermédiaire d’une riche femme stérile et que c’est donc cette dernière qui récupérera l’enfant. A aucun moment Lhajja ne se doutera du piège tendu par la police. Le jour même, c’est donc une policière déguisée en bourgeoise BCBG qui sonne à sa porte. Lhajja et ses complices n’y voient que du feu, jusqu’au moment où des policiers font irruption dans l’appartement. L’ancienne sage-femme et ses compagnons sont alors pris en flagrant délit de vente de bébé. Surprise de taille : le bébé apporté n’est pas celui de la jeune femme rencontrée par Hanane Hachimi. Celle-ci était bien là mais toujours enceinte. Quant au bébé confié à la policière, il était âgé d’au moins une dizaine de jours ! Sur le coup, Lhajja refuse de s’expliquer, ne sortant de son mutisme que pour préciser que ses activités “ont toujours été pleines de bonnes intentions”…
Justice. 
Et maintenant ? La sage femme et ses cinq complices sont aujourd’hui poursuivis pour trafic et vente de bébés, falsification de documents officiels et usurpation d’identité. Toutes ces charges pourraient leur valoir jusqu’à cinq ans de prison ferme. Lhajja risque d’écoper d’une peine plus lourde pour récidive, puisqu’elle aurait déjà été condamnée en 1987 dans une affaire similaire. A l’époque, elle n’avait passé que quatre mois en prison… Dans l’absolu, plusieurs questions restent toujours en suspens. Alors que Lhajja et ses complices sont derrière les barreaux en attendant leur procès, quel sort sera réservé aux parents “adoptifs” qui ont profité de ce réseau ? La police a-t-elle les moyens de les identifier ? Risquent-ils de se faire retirer l’enfant ? D’être poursuivis en justice ?
source:telquel-online.com

Des nouvelles préoccupantes des grévistes de la faim de Taroudant

Par l'Association Nationale des Diplômés Chômeurs Marocains, Rabat, 11/2/2010         
Déclaration de solidarité
Après l'abandon des promesses données à la section de Taroudant par les responsables de la province de Taroudant, suite à la première grève de la faim, les 4 militants de la section ont décidé d'entamer une deuxième grève de la faim illimitée à partir du 11 janvier 2010.
Après 30 jours de grève de la faim avec comme perspective une mort lente, le gouverneur de Taroudant est resté indifférent à leur situation et à la détérioration de leur état de santé.  Une déclaration faite par lui à un journal annonçait que les exigences de la section sont impossibles, ce qui nous pousse à poser la question : Quelles sont ces exigences impossibles ? Est-ce que vivre dans des conditions normales et dans la dignité est donc impossible pour ce groupe de chômeurs défavorisés ?
Nous, militantes et militants de la section de Rabat de l'ANDCM, nous condamnons fermement ces déclarations et l' inhumanité avec laquelle agissent les responsables de Taroudant face à cette situation.
Nous annonçons à l’opinion publique au niveau national et local, ce qui suit :
- notre solidarité inconditionnelle avec les luttes de la section de Taroudant et particulièrement les camarades en grève de la faim.
- notre condamnation de la répression et des arrestations massives qui se sont élevées à plus de 30 personnes appartenant à différentes organisations, de même que la répression et les arrestations des masses populaires, avant même le début de la marche organisée par le comité de soutien et de liaison pour la ville de Taroudant
- notre condamnation de l’irresponsabilité des autorités de la province de Taroudant ,et surtout celle du gouverneur, face à une catastrophe humanitaire imminente.
- notre soutien actif à nos camarades en grève de la faim dont les revendications sont justes et légitimes.
- notre appel à l'union de toutes les organisations, politiques, syndicales, associations de droits de l’homme, afin de prendre connaissance de cette situation critique , et de fournir appui et assistance à la lutte de l'ANDCM
- notre appel à toutes les sections à se regrouper autour de leur organisme qui est l'ANDCM
Andcm_rabat@ yahoo.fr
Honneur à l’inébranlable association militante .
Gloire et éternité pour les martyrs de l’association Mustafa Hamzawi et Najya Daya

Complément d' information :
Aujourd'hui, 17 février, c'est le 38ème jour de la grève de la faim
Hier on a organisé un sit-in à l'intérieur de la province avec les 4 grévistes de la faim de 9h à 17h30mn. Les forces de répression nous ont obligés à quitter les lieux ; ils ont envoyé les 4 grévistes à l'hôpital.
Le gouverneur a quitté Taroudant depuis lundi 15/02/10, dès lors aucun responsable ne peut nous organiser de négociations. L'état de santé des grévistes est sous la responsabilité du gouverneur, les 4 grévistes ont refusé de quitter l'hôpital. Le lieu du sit-in illimité est maintenant l'hôpital.
Hier un comité régional s'est constitué à Agadir pour ouvrir des négociation avec le Walli de la région Souss Massa Daraa, aujourd'hui un comité national va être constitué à Rabat pour soutenir les grévistes au niveau du ministère de l'intérieur. Toutes les sections de l'ANDCM sont mobilisées aujourd'hui pour  manifester contre le gouverneur de Taroudant.
L'affaire des grévistes après la caravane de solidarité a  pris une tournure politique au niveau national. 
Des journées de soutien aux prisonniers politiques et aux militants de l'ANDCM sont organisées le 15,16 et 17 février 2010 à Rabat, l'affaire des grévistes sera largement présente lors des travaux de ces journées.

La portée de la pensée de Ben Barka : conférence à Rabat le 18 février

Invitation à un colloque : Bandung, fin de l'ère coloniale ?

Invitation à s'inscrire pour assister au colloque :
«L'esprit de la Conférence de Bandung en 1955 : La fin de l'ère coloniale ? Développement économique et social ou néocolonialisme ?» 
dans le cadre de la Semaine anti-coloniale, à l'auditorium de la mairie de Paris le 22 février de 13h30 à 17h30
Métro Hôtel de ville, entrée par le 5 rue Lobau
Inscription obligatoires (nom prénom, mail ) avant le 20 février par mail à Jean-Paul VANHOOVE 06 21 05 47 38 jp.vanhoove@wanadoo.fr  ou www.anticolonial.net
Cette année 2010, c'est le 50ème anniversaire des indépendances africaines et le 200ème anniversaire du début des indépendances de l'Amérique. La conférence de Bandung de 1955 dont c'est le 55ème anniversaire, est l'occasion de revenir sur la notion d'indépendance et sur ce qu'il en est aujourd'hui. Cette Conférence, également appelée Conférence des "non‐alignés" , c'était la conviction que la libération des peuples du joug colonial serait à l'origine d'un monde de paix et de progrès social. C'est pour nous l'occasion, en partant des espérances soulevées par cette conférence, de faire revivre ce qu'elle a signifié pour tous les peuples fatigués de la colonisation, comme espoir en un monde meilleur.
On présentera des exemples de passage de l'indépendance nominale à l'autonomie politique et au développement social pour chacun des 3 continents : Asie, Amérique et Afrique. Ce sera l'occasion de montrer qu'en général, seuls les pays qui ont réussi à se débarrasser du joug colonial, pris dans son sens large (c'est‐à‐dire autonomie des puissances coloniales, des institutions financières internationales, des élites militaires ou économiques locales,...) ont put aborder la spirale vertueuse du développement économique au service au service de l'ensemble des citoyens.
Programme 
Les actes de la conférence seront publiés par les éditions l'Harmattan
13h30 : Mot de bienvenue par Sami BOUMENDJEL et présentation de Hocine Aït AHMED : invité d'honneur chef de délégation FLN/ALN à la Conférence de Bandung - Présentation de la semaine anti-coloniale par Henri POUILLOT et information pratiques et présentations du thème du Colloque par Jean-Paul VANHOOVE
13h50 : - Première table-ronde animée par Ingrid Alice NGOUNOU avec:
- Contexte historique
- Le sang de Bandung et les indépendances africaines: Lazare Ki ZERBO
- Panorama des indépendances vu du côté français - De Gaulle et la décolonisation par Benjamin STORA
- Décollage économique asiatique après l’ère de Bandung : Darwis KHUDORI -
De l’indépendance à la souveraineté: le cas de l’Amérique du Sud par Luis Britto GARCIA
- Les formes du néocolonialisme : dette, ingérence, ... Indépendance politique, souveraineté et développement : Georges COURADE
15h15 : Seconde table-ronde animée par Eugénie DIECKY avec:
- La lutte de libération nationale algérienne dans le mouvement d'émancipation et d'indépendance des peuples du tiers-monde par Mohamed HARBI (à confirmer) - Le point de vue des syndicats africains par Hilaire MINDJA, représentant la FETAF
- Environnement, société civile par Luis Brito GARCIA
- Culture et indépendance : les artistes prennent du recul. Sylvie SECK
- La question du genre dans la décolonisation des esprits : Michèle DECASTERE et Brigitte LIQUARD
- Le droit des peuples à l'auto-détermination : François MANGA-AKOA
16h35 : Réponses aux questions du public
17h15 : Conclusion par Bachir BEN BARKA
17h30 : Fin du colloque

IRAK : Qui menace le tombeau d'Ezéchiel ?

Propagande israélienne autour du tombeau d’Ezéchiel
par Gilles Munier,
France-Irak-Actualité, 15/2/2010
 
   Une campagne de propagande menée par Shlomo Alfassa, directeur de l’association étatsunienne « Justice pour les Juifs des pays arabes », relayée par la presse israélienne et le site du Crif (Conseil des représentatif des institutions juives de France), affirme que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a l’intention de transformer le tombeau d’Ezéchiel en mosquée «et d’en effacer toutes les marques de judaïsme »… sous la pression d’intégristes sunnites.
   Ce prophète biblique, déporté du royaume de Juda en Babylonie en 597 av. JC par Nabuchodonosor II, enterré à Kiffle près de Nadjaf, est connu pour ses visions apocalyptiques et ses prêches appelant les Juifs à retourner à Jérusalem, tout en reconnaissant qu’ils ne le méritaient pas. La « grosse nuée » qu’il aperçut dans les cieux, répandant « de tous côtés une lumière éclatante, au centre de laquelle brillait comme de l'airain poli », fait également de lui le premier homme ayant vu une soucoupe volante !
   Les prophéties d’Ezéchiel inspirent encore les extrémistes israéliens et les chrétiens sionistes étatsuniens. Celle dite de Gog et Magog - particulièrement obscure (1) – a été utilisée, sous Ronald Reagan, pour mobiliser les évangélistes contre l’Union soviétique et le communisme. Sous W. Bush, la même prophétie justifiait la guerre contre l’Axe du Mal et l’invasion de l’Irak. Début 2003, le président américain l’avait citée à Jacques Chirac pour le convaincre de partir en guerre combattre l’Antéchrist !
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Le tombeau d’Ezéchiel , 1932 © Library of Congress (Les Arabes sur la photo sont des Juifs)

Le calife Ali s’y est recueilli
   J’ai visité le tombeau d’Ezéchiel à trois reprises, entre 1998 et 2002 (2). J’avais eu du mal à savoir où il se trouvait, jusqu’à ce qu’un ami me dise de demander où est enterré Dhou-l-Kiffle, le nom qui lui est donné dans le Coran.  Le lendemain, j’étais en route pour Kiffle, gros village situé entre Babylone et Nadjaf. La coupole du tombeau, de style bouyide, est visible de loin. J’ai traversé un magnifique souk, charpenté en bois, dont les échoppes étaient jadis occupées par des commerçants juifs. Il appartenait à la richissime famille Sassoun, que les Irakiens comparent aux Rothschild d’Europe (3). Les Juifs de Kiffle – comme la majorité des 120 000 vivant en Irak - ont quitté le pays après la création d’Israël, sous la monarchie pro britannique, appâtés par les promesses d’une vie meilleure, inquiets de la tournure prise par certaines manifestations pro palestiniennes, mais surtout terrorisés par les attentats organisés par le Mossad pour les pousser à immigrer dans le cadre de l’Opération Ezra et Néhémie. La preuve en a été apportée depuis.
   J’ai pénétré ensuite sur une esplanade en partie recouverte par les ruines d’une mosquée abbasside. Un magnifique minaret s’y élève toujours, décoré de briques sculptées et de calligraphies en style coufique. A l’époque, il était déjà question de tout reconstruire. Près de la porte du tombeau d’Ezéchiel, l’entrée d’un souterrain sur lequel courent des légendes extraordinaires, est condamnée. Le sanctuaire comprend trois salles attenantes. La première est une ancienne synagogue aux murs peints, par endroits, d’extraits en hébreu de la Thora. La seconde est réservée au monument funéraire érigé pour le prophète, devant lequel le calife Ali, gendre du Prophète Muhammad, qui résidait non loin à Koufa, se serait recueilli. Le dôme du tombeau est recouvert de motifs floraux. Avant d’entrer dans la dernière pièce, un espace est aménagé pour la prière. Le gardien de l’époque me dit qu’Al-Khidr - l’imam Vert - personnage symbolique mentionné dans le Coran, y est apparu. Passé la porte, il me montre cinq tombes alignées, recouvertes de draps verts. Ce sont, me dit-il, celles de disciples d’Ezéchiel, emprisonnés avec lui en 597 av. JC, après le second Exode. Le mausolée aurait été construit sur l’emplacement de leur prison.

 
La réhabilitation en question
   Beaucoup de musulmans ne font pas le lien entre le Dhou-l-Kiffle du Coran, et Ezéchiel. Ibn Kathir, exégète du Livre saint, affirmait au 14ème siècle que le tombeau de Kifle était celui du fils du prophète Ayoub (Job). Selon d’autres, Ezéchiel aurait été enseveli près de Bagdad aux côtés de Sem (fils de Noé) et Arphaxad (fils de Sem) et font remarquer qu’un autre tombeau d’Ezéchiel existe à Dezfoul, au sud de l’Iran (Arabistan).
   A part les wahhabites hostiles à l’érection de monuments religieux, personne en Irak n’a l’intention de raser le tombeau d’Ezéchiel, pas plus que ceux des autres prophètes juifs enterrés dans le pays : Ezra, Nahoum, Jonas et Daniel. Leurs sanctuaires seront réhabilités. Le seul problème, c’est qu’en Irak réhabilitation rime avec béton. Plusieurs mosquées – y compris celles de Compagnons du Prophète - des églises, et même la maison d’Ali à Koufa, ont fait les frais de cette technique d’embellissement, pourtant bien intentionnée.
   Les Israéliens qui font campagne pour "sauvegarder le tombeau d’Ezéchiel" étant connus pour être de grands destructeurs des vestiges antiques  et islamiques dérangeant leurs convictions idéologiques, sont mal placés pour donner des leçons de protection du patrimoine de l'humanité.
 
Notes :
 (1) Pour info :
 (2) Source : Guide de l’Irak, par Gilles Munier (Ed. Picollec – 2000)
 (3) Sassoun Ezéchiel, premier ministre des Finances du premier gouvernement irakien, sous le roi Fayçal 1er, est enterré avec son épouse près du tombeau d’Ezéchiel, dans une maison aujourd’hui en ruine.