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mercredi 18 novembre 2009

Afghanistan : pourquoi je démissionne

Par Washington Post, 5/11/2009

Matthew Hoh est un ancien capitaine des Marines devenu fonctionnaire du Département d’Etat, qui avait la charge de représenter le gouvernement américain dans la région de Zabol, en Afghanistan. Après plusieurs mois passés sur le terrain, il est arrivé à la conclusion que les raisons avancées pour justifier cette guerre n’étaient pas crédibles.
Pour lui, le conflit afghan relève certes des innombrables conflits tribaux endémiques à ce pays, mais aussi d’une lutte déjà ancienne qui oppose les urbains éduqués et modernistes et les tribus pachtounes traditionnalistes, et la présence étrangère ne fait qu’aggraver cette fracture. De plus, le gouvernement de Kaboul, corrompu et comptant parmi ses affidés des criminels et des trafiquants de drogue, est non seulement indéfendable mais discrédité. Enfin, la stratégie de lutte contre Al-Qaïda qui a motivé cette expédition est tout aussi peu fondée, juge-t-il, dans la mesure où les restes de l’organisation sont aujourd’hui dispersés entre le Pakistan, le Yemen et la Somalie, qu’en toute logique il faudrait occuper aussi. Tirant les conséquences de ces constats, Matthew Hoh a choisi de démissionner, car écrit-il lorsque des vies humaines sont en jeu, il faut être convaincu que le sacrifice est justifié, ce qui n’est plus son cas.

Lettre ouverte à Mme l’Ambassadeur Nancy Powell
Département d’Etat
10 septembre 2009

Madame l’Ambassadeur,

C’est avec grand regret et déception que je vous soumets la démission de mes fonctions aux Affaires Etrangères ainsi que du poste de Représentant Civil du gouvernement américain dans la province de Zabol. J’ai passé six de ces dix dernières années au service de notre pays à l’étranger, y compris en tant qu’officier des Marines et comme fonctionnaire civil du ministère de la Défense en Irak dans les vallées de l’Euphrate et du Tigre, en 2004-2005 et 2006-2007. Je n’ai pas accepté cette mission à la légère ou en nourrissant des attentes excessives, ni n’ai cru que ma tâche serait exempte de sacrifice ou de difficultés.

Cependant, au cours de mes cinq mois de service en Afghanistan dans les deux commandements régionaux l’Est et du Sud, j’ai cessé de comprendre et d’avoir confiance dans les objectifs stratégiques de la présence des Etats-Unis en Afghanistan. J’ai des doutes et des réserves sur notre stratégie actuelle et sur la stratégie future planifiée, mais ma démission est fondée non pas sur la façon dont nous poursuivons cette guerre, mais sur son pourquoi et ses fins.

Pour l’exprimer simplement : je ne parviens pas à saisir quel est intérêt de devoir déplorer de nombreuses victimes américaines ou de consacrer des dépenses et des ressources pour soutenir le gouvernement afghan dans ce qui est, en vérité, une guerre civile vieille de 35 ans.

Cet automne marque la huitième année des combats et des opérations de gouvernance et de développement menées par les USA en Afghanistan. L’automne prochain, l’occupation américaine aura duré autant que la présence de l’Union soviétique sur le sol afghan. Comme les Soviétiques, nous continuons de sécuriser et de renforcer un Etat en faillite, tout en encourageant une idéologie et un système de gouvernement qui n’est ni compris ni voulu par ses habitants.

Si l’histoire ou l’Afghanistan sont une pièce de théâtre, les Etats-Unis n’y jouent qu’un second rôle, parmi d’autres qui les ont précédés, dans une tragédie qui jette non seulement les tribus, les vallées, les clans, les familles et les villages les uns contre les autres, mais également - et ce au moins depuis la fin du règne du roi Zahir Shah - oppose violemment et férocement les afghans laïques, urbains, éduqués et modernes, à des ruraux religieux, illettrés et traditionnalistes.

C’est ce dernier groupe qui garnit les rangs de l’insurrection pachtoune et la soutient. Cette insurrection pachtoune, qui rassemble une multitude apparemment infinie de groupes locaux, est alimentée par ce qui est perçu par le peuple pachtoune comme une agression continuelle, durant depuis plusieurs siècles, contre la culture, les traditions et la religion des régions pachtounes, menée par des ennemis venant de l’intérieur et de l’extérieur du pays. La présence des États-Unis et de l’OTAN et les opérations menées dans les vallées et les villages pachtounes, tout comme l’armée afghane et les unités de police qui sont dirigées et composées de soldats et de policiers non pachtounes, représentent une force d’occupation contre laquelle l’insurrection est justifiée.

Dans les deux régions de l’Est et du Sud, j’ai constaté que la majeure partie de l’insurrection ne combat pas pour le drapeau blanc des talibans, mais plutôt contre la présence de soldats étrangers et contre les impôts levés par le gouvernement non représentatif de Kaboul.

La présence militaire des États-Unis en Afghanistan contribue fortement à la légitimité de l’insurrection pachtoune et au message stratégique qu’elle délivre. De la même façon, notre soutien du gouvernement afghan dans sa forme actuelle continue à accroitre la distance entre le gouvernement et le peuple. Les échecs du gouvernement afghan, tout particulièrement lorsqu’on les évalue au prix du sacrifice des vies américaines et des fonds engagés, apparaissent comme autant de métastases :

- une corruption flagrante et un enrichissement sans scrupule ;

- un président auprès duquel, parmi ses confidents et principaux conseillers, on trouve des barons de la drogue et des criminels de guerre, qui se moquent de nos propres règles de droit et des efforts menés pour lutter contre la drogue ;

- un système de dirigeants de provinces et de districts formé d’hommes forts locaux, opportunistes et affairistes, dont l’alliance avec les Etats-Unis tient uniquement - et est limitée - au montant des contrats de l’USAID et du CERP, et dont les propres intérêts politiques et économiques n’auraient rien à gagner de toute tentative de réconciliation.
Le déroulement de l’élection récente, marquée par la fraude et discréditée par la faible participation électorale, qui a créé une énorme victoire pour nos ennemis. Ils revendiquent aujourd’hui le succès d’un boycott populaire et remettront demain en question face à l’opinion internationale notre soutien militaire, économique et diplomatique en faveur d’un gouvernement afghan invalidé et illégitime.

Notre soutien à ce type de gouvernement, qui s’accompagne d’une incompréhension de la véritable nature de l’insurrection, me rappelle terriblement notre implication au Sud-Vietnam : nous y avons soutenu un gouvernement impopulaire et corrompu au détriment de notre cohésion nationale, face à une insurrection dont nous avons mésinterprété le nationalisme à cause de notre arrogance et de notre ignorance, voyant en lui un rival dans le cadre de la guerre froide.

Je crois que nous demandons à nos jeunes hommes et femmes engagés en Afghanistan de donner leur sang et de se sacrifier pour des raisons spécieuses. Menée honnêtement à son terme, la stratégie que nous revendiquons, et qui consiste à sécuriser l’Afghanistan pour empêcher la résurgence ou le regroupement d’Al-Qaïda, devrait nous contraindre également à envahir et occuper l’ouest du Pakistan, la Somalie, le Soudan, le Yémen, etc... Notre présence en Afghanistan n’a fait qu’accroître la déstabilisation et renforcer l’insurrection au Pakistan, où nous craignons à juste titre qu’un gouvernement renversé ou affaibli puisse perdre le contrôle des armes nucléaires. Cependant, là encore, si l’on suit la logique de nos objectifs déclarés, nous devrions être présents au Pakistan et non pas en Afghanistan. Plus encore, les attentats du 11 Septembre, comme ceux de Madrid et Londres, ont été conçus et organisés principalement en Europe occidentale. Ce dernier point indique que la menace n’est pas liée à des frontières géographiques ou politiques traditionnelles. Enfin, si nous sommes préoccupés par les États en déliquescence, paralysés par la corruption et la pauvreté, et subissant l’assaut des activités criminelles et des barons de la drogue, alors au delà de notre assistance militaire et financière à l’Afghanistan, nous devrions également réexaminer notre engagement et notre implication au Mexique. (...)

Nous nous sacrifions pour rien, déclarait [en substance - ndt] un commandant fort talentueux et intelligent, l’un des meilleurs des USA, à tous ses visiteurs, civils ou officiers supérieurs. Nous hypothéquons l’économie de notre nation dans une guerre qui, même au prix d’un engagement accru, restera un match nul pour les années à venir. La réussite et la victoire, quelles qu’elles soient, seront obtenues non pas après des années et après avoir dépensé des milliards supplémentaires, mais après des décennies et des générations. Les États-Unis ne disposent pas d’un trésor national suffisant pour remporter une telle victoire.

Je perçois l’émotion qui transparaît dans le ton de cette lettre et vous prie d’excuser tout ce qui peut apparaitre comme de la mauvaise humeur. J’espère que vous comprenez la nature de cette guerre et les sacrifices consentis par tant de milliers de familles séparées de leurs proches qui sont déployés pour la défense de notre nation et dont les foyers endurent les fractures, les bouleversements et les cicatrices de déploiements multiples.

Des milliers d’hommes et de femmes sont rentrés chez eux avec des blessures physiques et mentales, dont certaines ne se refermeront jamais ou ne feront que s’aggraver avec le temps. Lorsque reviennent les corps des défunts, on doit pouvoir assurer aux familles que leurs morts se sont sacrifiés à une cause digne de leur vie perdue, de l’amour disparu, et des rêves non réalisés.

Je ne crois plus en confiance que de telles assurances peuvent être données. En conséquence, je présente ma démission.
Matthew Hoh
Source: Washington Post
Traduction Contre Info

Le Maroc, un pays inoui...

 ...où des civils désarmés, même isolés, peuvent être accusés d'« inquiéter les autorités » !

 Par Niko, Mediapart, 16/11/2009

En ce moment, impossible de ne pas penser aux Sahraouis. 

Vendredi 13 novembre, Aminatou Haidar rentrait chez elle à El Aaiun, après avoir reçu le Prix du Courage civil de l'Institution américaine Train à New York, le 20 octobre. Aminatou milite sans relâche pour défendre les droits humains au Sahara Occidental, en particulier depuis 2005 où se sont développées les manifestations en faveur de l'indépendance. Auparavant, elle avait disparu pendant quatre ans, de 1987 à 1991, dans les bagnes secrets de Hassan II. On l'a surnommée la « Gandhi sahraouie », à cause de son combat éminemment pacifique - ce qui ne l'empêche pas d'être sans concession à l'égard du Maroc, le voisin du Nord qui occupe son pays par la force depuis 34 ans.La défense des droits humains dans un territoire sous le seul contrôle du Maroc (car l'ONU y fuit ses responsabilités), cela veut dire la défense des droits à l'intégrité, à la dignité, à la liberté de pensée et d'expression, et aussi du droit à l'autodétermination, lesquels sont sans cesse bafoués.
Vendredi 13 novembre donc, vers 12 : 30, Aminatou Haidar atterrissait à El Aaiun venant des Canaries; elle était accompagnée de deux journalistes espagnols. Tous les 3 ont été arrêtés par la police, les deux journalistes au prétexte qu'ils étaient entrain de filmer sans autorisation dans l'aéroport, Aminatou car elle avait rempli sa carte de débarquement en renseignant « Sahara Occidental » pour son lieu de résidence, au lieu de « Maroc » comme l'exigeaient les policiers. Libérés vers 18h 30, les deux journalistes ont pu reprendre un avion vers l'Espagne dans la soirée.

Pendant ce temps et jusque tard dans la nuit, Aminatou était détenue. Tous les Sahraouis, dans le territoire occupé du Sahara occidental, mais aussi de l'autre côté du mur, dans les camps de réfugiés, et toutes les personnes concernées par la lutte de ce peuple retenaient leur souffle. La presse officielle marocaine titrait : « La "dénommée" Aminatou Heidar a été arrêtée à l'aéroport d'El Ayoune » (MAP, 13 novembre 2009) ; l'ASM (Association du Sahara Marocain) n'y allait pas par 4 chemins : « La "traitre" Aminatou Haidar arrêtée à El Ayoune »...
Le roi Mohammed VI ne venait-il pas, dans son discours du 6 novembre, de prononcer : « Notre attachement a un État de droit n'a d'égal que notre refus de l'exploitation détestable des acquis dont jouit notre pays en matière de libertés et de droits humains » ? On a bien compris : la liberté existe au Maroc à condition de ne pas en user... Et de préciser : « Le citoyen, ou il est marocain ou il ne l'est pas, ... ou il est patriote ou il est traître ». Toute la classe politique s'est engouffrée derrière ces paroles. L'improbable PAM (Parti de l'authenticité et de la modernité, soit disant dans l'opposition mais en vérité tout proche du pouvoir, et dont le secrétaire général n'est autre que Cheikh Biedillah, un Sahraoui qui a choisi le Maroc depuis les années 1970), l'improbable PAM, donc, est allé jusqu'à annoncer qu'il allait déposer un projet de loi amendant le Code de procédure pénale pour « criminaliser la trahison de la Nation » et les intelligences avec des États étrangers.

En fait, cette manœuvre cherche à sauver la mise de Sa Majesté : en effet, les 7 activistes sahraouis des droits humains qui ont été arrêtés à leur descente d'avion à Casablanca le 8 octobre (ils revenaient, passant par Alger, d'un séjour d'une semaine dans les campements de réfugiés sahraouis dans la région de Tindouf, où ils étaient allés voir les leurs) sont incarcérés depuis cette date à la prison de Salé, et menacés de passer devant un tribunal militaire (la justice ordinaire s'étant déclarée incompétente). Or, qui va bien pouvoir croire, en Occident par exemple, que de simples civils qui revendiquent certes leur droit à l'expression politique, mais qui n'ont fait que se rendre en Algérie par une ligne régulière Casablanca-Alger (eh oui, le Maroc n'est pas en guerre avec l'Algérie...), qui va bien pouvoir croire que ces civils sont passibles d'un tribunal militaire ? Cela fait mauvais genre. Le roi peut donc dire merci au PAM pour cette lumineuse idée d'amendement qui devrait permettre de traduire les 7 militants sahraouis devant un tribunal ordinaire pour « crime de trahison »...
Avant de revenir à Aminatou Haidar, il faut encore préciser que l'un des 7 de Salé vient juste d'être lauréat du Prix Per Anger 2009, qui est attribué chaque année à un activiste des droits de l'homme emprisonné : il s'agit de Brahim Dahane, qui a été nominé par la Commission Internationale des juristes (CIJ) ; le prix devrait être remis le 16 novembre à Stockolm par la ministre suédoise de la Culture, mais on imagine que Brahim ne sera pas là pour le recevoir.
Jusque tard dans la nuit du 13 au 14 novembre, Aminatou Heidar n'était toujours pas reparue. Les gens s'interrogeaient : les autorités marocaines seraient-elles assez folles pour incarcérer celle qui est devenue l'icône de la défense des droits de l'homme au Sahara Occidental ? Pour l'envoyer rejoindre le groupe des 7 de Salé ? Tout laisse à croire que telle était leur intention, embarquées qu'elles sont dans une escalade qui ressemble de plus en plus à une fuite en avant. La ronde des contradictions devient en effet lancinante : respect des droits de l'homme/« refus de l'instrumentalisation des droits de homme » ; négociations officielles avec le Polisario/ accusation de « trahison de la Nation » pour ceux qui entrent en contact avec le Polisario ; proposition d'« autonomie »/ refus de la moindre expression libre pour les civils sahraouis ; protestations d'esprit d'ouverture et de liberté/musellement de la presse, fermeture de journaux et destruction de leur production, etc.
Mais les bons vieux alliés, les bons vieux parrains - France, Espagne, et peut-être aussi États-Unis, - ont dit « stop ! » « arrêtez les bêtises ! », « vous n'allez pas faire de Aminatou Haidar une martyr internationalement reconnue de la cause sahraouie !» Eh oui... ils avaient raison. Mais presser le Maroc de libérer Aminatou, de la laisser rentrer chez elle pour retrouver ses enfants, ça, ils n'y ont pas pensé semble-t-il. Non, ils ont préféré entrer dans un coup tordu, l'Espagne en tous cas s'y est prêtée : expulser Aminatou Haidar vers les Canaries, sans son passeport marocain, c'est-à-dire sans papiers d'identité, par un vol en pleine nuit. L'activiste sahraouie s'y est bien sûr opposée de toutes ses forces ; arrivée à Lanzarote le 14 novembre au matin, elle a d'abord refusé de descendre de l'avion, s'y est vu contrainte, mais est restée camper à l'aéroport, d'où elle affirme ne pas vouloir bouger tant qu'on ne lui permettra pas de rentrer chez elle. A minuit, cette nuit du 16 novembre, elle a entamé une grève de la faim.
Mme Claudina Morales, de la Coalition canarienne, a interpellé le Ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, sur le rôle de son pays dans cette affaire. Elle a déclaré qu'il était "inconcevable que l'Espagne ait permis, en connivence avec le Maroc, l'expulsion sans document de l'activiste sahraouie et son entrée sur les îles Canaries, sans les permis pertinents".
Ce n'est pas sans rappeler une autre expulsion par le Maroc : un vendredi 13 aussi, en septembre 1991, Hassan II faisait sortir de prison Abraham Serfaty après 17 ans d'incarcération politique, et l'expulsait vers la France, proclamant qu'il n'était pas marocain mais brésilien... Certes, Abraham se revendiquait comme marocain, alors qu'Aminatou se revendique comme sahraouie, mais la méthode est curieusement la même, comme si le fils revenait marcher dans les pas de son père...

mardi 17 novembre 2009

L’Europe à 28 : Angie et Bibi fusionnent



par Ayman El Kayman, Coups de dent N°119, 17/11/2009


 « Israël, permettez-moi de le dire, est un membre de l'Union européenne sans être membre de ses institutions. Il est partie prenante à tous les programmes de l'Europe des 27, notamment dans les domaines de la recherche et de la technologie. Aucun pays hors du continent n'a le type de relations qu'Israël entretient avec l'Union européenne. Je ne vois pas le président de la Croatie ici. Mais je dois vous dire, puisqu'il n'est pas là - et il est pourtant candidat à l'entrée dans l'Union européenne -, que votre relation avec l'Union européenne est plus forte que celle de la Croatie. Ne le lui répétez-pas… »  
Pour illustrer ces phrases historiques prononcées le 21 octobre 2009 à Jérusalem par Javier Solana, « ministre » des Affaires étrangères de l’Union européenne, devant un parterre de personnalités israélienne, voici une information qui n’a pas fait la Une des médias :
À l’occasion du 20ème anniversaire de la délocalisation du Mur de Berlin, le gouvernement israélien et le gouvernement allemand tiendront une réunion commune de cabinet le 30 novembre à Berlin, dans l’enceinte du Reichstag, le Parlement du Reich allemand, dont l’incendie, dans la nuit du 27 au 28 février 1933, avait donné le signal de la répression massive contre la gauche allemande, communistes et socialistes en tête. Cette réunion des cabinets, présidée par Angela Merkel et Benjamin Netanyahou, fait suite à une première réunion, en mars 2008, à Jérusalem. Elle sera suivie de beaucoup d’autres.
La fusion est en marche !


Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !


lundi 16 novembre 2009

Communiqué du CSOS


Par Ali Fkir, coordinateur du CSOS, 16/11/2009

Devant l'intransigeance de l'OCP, devant la complicité de l'Etat marocain, devant l'arrogance provocatrice des autorités locales, les 850 ouvriers licenciés abusivement par SMESI, filiale 100% de l'OCP (géant groupe minier étatique), ont décidé d'entamer avec détermination un nouveau programme d'actions légitimes dont les plus importantes sont: 

- Jeudi 19 et vendredi 20 novembre 2009: sit in devant le siège central de l'OCP à Casablanca. Les prolétaires passeront la nuit devant le siège à la "belle étoile".
Le sit in débutera le jeudi à 10h et prendra fin le vendredi à 15h.
- Mardi 24 novembre sit in devant le tribunal de 1ère instance de la ville de Khouribga où se déroulera le "procès" de 4 de leurs camarades.
- 25 - 26 - 27 novembre les 850 prolétaires organiseront des sit in devant les locaux de l'OCP à Khouribga, de 10h du matin à 16 heures de l'après-midi.

Le "comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI" (CSOS) tient:
- à réitérer son soutien inconditionnel aux 850 ouvriers, victimes de l'arbitraire.
- à condamner la décision illégale prise par l'OCP qui a jeté illégalement dans la rue des centaines d'ouvriers après des années de trime.
- à dénoncer la connivence entre l'Etat et l'OCP, son rejeton.
- à dénoncer le climat de terreur instauré à Khouribga et dans sa région par les diverses forces de répression.
- à rendre L'Etat marocain et l'OCP responsables du drame que vivent des centaines familles: sous-alimentation, la mort à petit feu des bébés sans lait, la perturbation des études des enfants, la détérioration de la santé des vieux, des femmes enceintes, des malades, surtout en cette saison glaciale.
- à rendre l'Etat et l'OCP responsables de ce qui peut arriver à des ouvriers affamés, pendant leur sit in de la nuit du jeudi 19 novembre au vendredi 20.

Nous tenons de même à souligner la nécessité :
D'ouvrir des négociations sérieuses avec leur bureau syndical
- De réintégrer les 850 ouvriers licenciés abusivement
- D'entamer leur titularisation.
- De s'engager à respecter les libertés syndicales.

Vive les solidarités:nationale, internationale et internationaliste!
Le coordinateur du CSOS
Ali Fkir

Arrestation de Madame Aminatou Haidar à l'aéroport d'El Aaiun


Par APSO, 13/11/2009

Vendredi 13 novembre 2009, à 12h30 GMT, Madame Aminatou Haidar a été arrêtée dans un impressionnant déploiement de forces de police Marocaines, à son arrivée à l’Aéroport d’El Aaiun, au Sahara Occidental.

Madame Aminatou Haidar est une grande défenseure des droits de l’Homme et de la cause de son pays, le Sahara Occidental, occupé par le Maroc depuis 1975. Elle a subit comme d’autres, les coup et les tortures et une disparition forcée pendant 4 ans, pour sa résistance pacifique et son opinion politique.

Son courage dans ce combat pacifique a été plusieurs fois internationalement reconnu et soutenu.
Elle a été honorée en 2006 du Prix pour les droits humains Juan Maria Bandres, en 2007 du Prix Silver Rose, dans la catégorie lutte pour la liberté et la dignité humaine, en 2008 du prix Robert F. Kennedy (RFK), en octobre 2009 du prix du Courage Civil de la fondation John Train.
Elle a d’autre part été nominée par le Parlement Européen pour le Prix des droits humains Andrei Sakarov, par la branche américaine d’Amnesty International pour le Ginetta Sagan Fund Award mais aussi pour le Prix Nobel de la Paix.

Son arrestation intervient alors qu’une très inquiétante recrudescence d’arrestations de responsable d’association de défense des droits de l’homme, d’étudiants, d’intellectuels sahraouis, de harcèlement de la jeunesse sahraouie, est orchestrée depuis le mois de septembre 2009 par les autorités marocaines.

Le récent discours du roi, appel à la haine civile contre un ennemi intérieur, les sahraouis, qui revendiquent la juste application de leur droit légitime à l’autodétermination et dont le Maroc est le colonisateur, sert de justification à des actes officiels et domestiques de barbares discriminations et violences arbitraires des Marocains sur les Sahraouis.

Le Sahara Occidental est un territoire non autonome selon l’ONU, en attente de décolonisation depuis 1963. L’invasion violente du territoire par le Maroc en 1975 a été condamnée sans relâche par l’ONU et le conseil de sécurité. Néanmoins, le sentiment d’impunité laissé par l’absence de réelles mesures de coercition internationales contre le Maroc, l’autorise à des extrêmes d’inhumanité contre la population sahraouie n’ayant pas fui vers les campements de réfugiés.

Nous, APSO et réseau sud de la France, espérons que ces actes graves contre des citoyens courageux et résistants pour leurs droits et leur identité ne resteront pas ignorés plus longtemps de quiconque est attaché aux valeurs fondamentales de l’humanité.

(...)
Situation le 16/11/2009
El
le a subi de longues heures d’un interrogatoire harcelant s’apparentant à de la torture psychologique, visant à lui faire reconnaître la Marocanité du Sahara Occidental.
Les interrogatoires/pressions mêlés de méchante ironie se sont succédés de vendredi 13h à 3h du matin pour reprendre à 8 jusqu’à ce qu’on l’informe d’un départ sans lui préciser la destination à 10h 45. Elle a été continuellement filmée, et photographiée au flash, sans égard pour ses protestations de douleurs oculaires. Les 4 années de disparition forcée, les tortures et absence de soin lui ont laissé des séquelles importantes d’hypersensibilité.

Les autorités marocaines lui ont confisqué son passeport ainsi que son téléphone. C’est donc sans titre de transport qu’elle a été expulsée vers Lanzarote, la privant ainsi de la possibilité de voyager.
L’expulsion est intervenue sans l’accord préalable de l’Espagne, contrairement au droit international et mettant ainsi le gouvernement espagnol dans la position ambiguë habituelle.

Alors qu’elle refusait de descendre de l’avion à Lanzarote, demandant à repartir pour El Aaiun, et protestant ainsi contre cette atteinte au droit humanitaire international, la garde civile espagnole est intervenue pour le conduire à l’intérieur de l’aéroport.
Les autorités lui ont successivement promis de retourner à El Aaiun dans le prochain vol même sans passeport, puis l’ont informée qu’il n’y avait plus de place pour elle, confirmant leur complicité avec le royaume Marocain.

Aminatou a annoncé dans l’aéroport son souhait de manifester sa protestation par une grève de la faim de 24h, malgré la fragilité de sa santé.

La grève de la faim est hélas le dernier moyen restant trop souvent aux Sahraouis pour alerter le monde contre les injustices dont ils sont quotidiennement l’objet de la part de l’occupant marocain, en « liberté » surveillée dans le territoire ou incarcérés pour opinion politique.

Mme Aminatou Haidar est actuellement à Grande Canarie, où elle est entourée notamment de militants de la cause sahraouie, et de juristes aptes à la conseiller sur sa situation administrative du fait de la confiscation de son titre de voyage.

déclaration APSO du 16 nov 09


UNE PRESSE SOUS HAUTE SURVEILLANCE EN TUNISIE ET AU MAROC


RASSEMBLEMENT POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE EN TUNISIE ET AU MAROC

                 MERCREDI 18 NOVEMBRE  PARVIS  DE L'OPÉRA - PARIS-18 H 

En Tunisie et au Maroc, des journalistes sont persécutés, condamnés et emprisonnés pour l’exercice de leur métier. Une véritable chasse aux sorcières, pour museler les quelques voix qui déborderaient les «lignes rouges».



En Tunisie, les autorités se sont acharnées sur ceux qui par leur plume ont critiqué la mascarade électorale de la nième réélection du Président Ben Ali qui ne lésine pas sur les moyens pour faire taire les voix discordantes. Faute de pouvoir les bâillonner, il fabrique des prétendus délits pour les emprisonner.
C’est ainsi que l’écrivain-journaliste, Taoufik Ben Brik, paye lourdement sa liberté de ton et ses critiques acerbes. Après d’incessantes tracasseries, surveillances policières, intimidations, menaces et provocations, le pouvoir tunisien n'a pas hésité à l’emprisonner et à monter de toutes pièces une procédure judiciaire de droit commun à son encontre.

Zouheir Mekhlouf, membre de l’association de soutien aux prisonniers politique«Liberté et Equité», a été arrêté sous prétexte d’avoir réalisé un reportage «non autorisé»qui visait à dénoncer la pollution et la dégradation de l’environnement dans la zone industrielle de la Ville de Nabeul.
Slim Boukhdir, correspondant du site internet de la chaîne satellitaire Al Arabya, a été enlevé, tabassé, dépouillé et abandonné nu le soir du 29 octobre. Son domicile est surveillé par la police. Il avait déjà été condamné à 1 an de prison ferme en décembre 2007 dans le cadre d'une affaire montée de toutes pièces, et libéré en Juillet 2008 suite à une campagne de solidarité internationale.
Lotfi Hajji, correspondant d' Aljazeera, a récemment été victime de «tracasseries» à l'aéroport, lors de voyages à l'étranger.
Sihem Ben Sedrine, animatrice du journal en ligne «Kalima» et de la radio libre «Kalima» interdite, porte-parole du CNLT, est également dans le collimateur des barbouzes de la police politique qui ne cessent de la harceler et de l’agresser.
Dans le même temps, la censure et la cyber police n’ont jamais été aussi actives : saisie de l’hebdomadaire « At-Tarik Al Jadid», fermeture de la station « Radio 6 » émettant sur internet…
Florence Beaugé, envoyée spéciale du quotidien « Le Monde » a été refoulée le 22 octobre à son arrivée à l’aéroport de Tunis. Elle est accusée « d’incitation à la haine, la mort et attentat contre la Tunisie».
Lundi 9 novembre, les rédactions des 3 seuls journaux d'opposition indépendants du pouvoir et théoriquement autorisés en Tunisie ont pris une décision conjointe: Al-Mawfik (PDP), Attariq Aljadid (Attajid), et Mouwatinoun (FTDL) ont décidé de cesser de paraître pendant 1 semaine afin de protester contre la censure déguisée dont ils font l'objet en permanence: saisies illicites, intimidation des distributeurs, détournement des copies, etc. Ainsi, la situation de la presse libre en Tunisie est plus claire que jamais.
 
Au Maroc, c'est sous prétexte de la sacralité du Monarque et de l'intégrité territoriale que se fait l'instrumentalisation de la machine judiciaire qui réprime les journalistes et asphyxie financièrement les publications.

Certains d’entre eux ont ainsi été poursuivis et condamnés pour avoir abordé dans leurs écrits la maladie du Roi révélée pourtant par un communiqué officiel du Palais. Le Directeur d’Al Michaal, Driss Chahtane, a été condamné à un an de prison ferme et incarcéré sur le champ. Ses confrères, Rachid Mahamid et Mustapha Hayrane, (Al Michaal), Ali Anouzla et Bouchra Eddou (du quotidien Al-Jarida Al-Oula) ont été condamnés à des peines allant de 3 mois à 1 an avec sursis. D’autres ont été poursuivis et condamnés pour une caricature jugée attentatoire aux symboles de l'Etat.
Le directeur de Akhbar Al Youm, Taoufik Bouachrine, et le caricaturiste Khalid Gueddar ont eu droit à une double peine: condamnés chacun à un an de prison avec sursis pour « avoir publié une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale et du drapeau national » et, dans la foulée, condamnés par le même tribunal et dans un jugement disjoint, pour « manque de respect dû au prince », à trois autres années de prison avec sursis et à payer solidairement des dommages et intérêt d’un montant de 3 millions de dirham (270 000 euros) au profit du cousin du Roi.
Au mois d’août, le Ministère de l’intérieur a ordonné en toute illégalité la saisie et la destruction de 100 000 exemplaires des magazines Tel Quel et Nichane, qui étaient encore sous presse. Les autorités leur reprochent d’avoir voulu publier, en partenariat avec le journal français Le Monde, un sondage d’opinion sur le bilan des dix ans de règne du Roi. Le numéro du quotidien Le Monde a été interdit de vente au Maroc. Même si les résultats de ce sondage peuvent s’apparenter à un plébiscite, pour le porte-parole du gouvernement: «La monarchie ne pouvait être sujette à débat, même dans le cadre d’un sondage»!
Le journaliste sahraoui Mustapha Abdedayem, détenu depuis octobre 2008, a subi de mauvais traitements qui ont entraîné des maladies (hypotension aiguë et hyper glycémie). Après avoir perdu conscience, il a été transféré à l'hôpital de Tiznit.
En solidarité avec les journalistes victimes d'exactions et de poursuites judiciaires et pour exiger la libération de ceux qui sont emprisonnés (Tawfik Ben Brik, Driss Chahtane, Zouheir Makhlouf, Mustapha Abdedayem…), nous vous appelons à participer au Rassemblement organisé sur le Parvis de l’Opéra, Mercredi 18 Novembre 2009 à 18 H.
 
Premiers signataires:
ACHR, AMF, ASDHOM, ATMF, CORELSO, CRLDHT, FASE, FTCR, LDH, NPA, PCOT, Voie Démocratique, ...

Rony Brauman, un curseur dans le domaine humanitaire

renenaba.blog.fr/Par René Naba , 14/11/2009 , Paris


De la cohorte des idéalistes, opportunistes ou affairistes qui gravitent dans l’orbite de l’action humanitaire internationale, un homme se distingue: Rony Brauman, un curseur dans le domaine humanitaire, tant pour son humanisme que pour son humanité…. que pour son urbanité.
Beaucoup voient en lui le parfait représentant du médecin urgentiste de l’intervention humanitaire auprès des peuples en désespérance. Sa profession, la médecine, est une vocation qu’il vit comme une mission, et, sa judaïté, il l’assume, naturellement, comme une donnée de la naissance dont il n’éprouve aucun besoin de justification, de compensation ou de surcompensation. Une éthique de vie qui l’oblige et non un argument de vente qu’il instrumentalise pour sa promotion médiatique.

Beaucoup voient en lui une antithèse du grand gourou de l’humanitarisme médiatique, Bernard Kouchner, que ses anciens compagnons de route socialistes qualifient charitablement d’«un tiers mondiste, deux tiers mondain», pour sa flamboyance et ses extravagances, grand bourgeois parisien qui se vit comme «doublement juif parce qu’à moitié juif», comme si l’identité était quantifiable, l’engagement humanitaire conditionné par sa rentabilité politique et la solidarité humaine prédéterminée par la discrimination des critères religieux ou sociaux.

Natif de Jérusalem, Rony Brauman n’en tire aucun argument de pouvoir, mais une exigence de fidélité aux valeurs de l’universalisme, du socialisme et de la solidarité avec les opprimés dont se réclame précisément l’humanisme. Rigoureux, cohérent, exigeant, dans un pays tétanisé par les remugles de la collaboration vichyste de la France et l’accusation inhérente d’antisémitisme qui pend inévitablement sur quiconque s’écarte de la doxa officielle, il signera, en Août 2006, un appel contre les frappes israéliennes au Liban, à l’appel de l’Union Juive Française Pour la Paix (UJFP).
Son combat pour un état palestinien constitue pour lui une évidence et non un handicap politique, élément d’un combat plus général en vue de l’instauration de la justice au Moyen orient. Briseur de tabous, non sans risque, il signera la postface de l’ouvrage non conformiste du politologue américain, Norman G. Finkelstein, fils de déportés, portant sur un sujet tabou s’il en est, «L’Industrie de l’Holocauste: réflexions sur la souffrance des Juifs». Il s’insurgera contre «l’humanitaire spectacle» à propos de l’affaire de l’arche de Zoé, l’exfiltration clandestine d’enfants tchadiens sous couvert du conflit du Darfour, le point de déploiement médiatique de Bernard Kouchner dont le ministre atlantiste des affaires étrangères en a abusivement fait usage comme contre feu médiatique aux guerres israéliennes de destruction du Liban (2006) et de Gaza (2008).

Sa vision de l’humain est simple non simpliste, dépouillée des présupposés idéologiques: L’urgence humanitaire s’applique à tous sans discrimination et s’impose à tous sans hésitation, comme un devoir à l’égard de toute souffrance quelle que soit la religion, l’ethnie ou le degré de richesse de la zone d’intervention, se plaçant, là aussi, à contre courant de son faux frère particulièrement motivé, mais non exclusivement, pour les minorités ethniques des zones pétrolifères, allant jusqu’à blanchir, contre toute évidence, la junte birmane de l’accusation d’esclavage des jeunes travailleurs dans un rapport commandité par la firme pétrolière française «Total».

La souffrance représente pour lui réalité humaine concrète et ne relève d’aucune construction intellectuelle, encore moins d’un tropisme occidental à l’égard de l’Islam, contrairement à la tendance dominante de l’intelligentsia parisienne qui conduira en France chaque notabilité intellectuelle à disposer de sa minorité protégée, comme la marque de la bonne conscience chronique de la mauvaise conscience, comme une sorte de compensation à son trop grand désintérêt pour les Palestiniens, compensant son hostilité aux revendications du noyau central de l’Islam, la Palestine et le Monde arabe, par un soutien à l’Islam périphérique: Il en est ainsi du philosophe André Glucksman pour les Tchétchènes, quand bien même son nouvel ami le président Nicolas Sarkozy, est devenu le meilleur ami occidental du président russe Vladimir Poutine; il en est de même de Bernard Henry Lévy, pour le Darfour, quand bien même son entreprise familiale est mentionnée dans la déforestation de la forêt africaine. Ill en est aussi et surtout de Bernard Kouchner, pour les Kurdes, ces supplétifs des américains dans l’invasion américaine d’Irak, pour le Darfour, le Biafra et la Birmanie.

Au point qu’un journaliste anglais Christopher Caldwell en déduira dans la prestigieuse revue London Review of Books que cette prédilection pour les zones pétrolifères stratégiques de «l’humanitarisme transfrontière de Bernard Kouchner asservit les intérêts de la politique étrangère française à ceux des Etats-Unis et que l’humanitarisme militarisé du transfuge néo sarkozyste n’est qu’une forme de néo conservatisme larvé».
«Humanitaire, diplomatie et droits de l’homme», le dernier ouvrage de Rony Brauman (Editions du Cygne) met en rapport les termes du débat contradictoire qui anime depuis près d’un demi siècle l’action humanitaire internationale, dont les deux anciens présidents de «Médecins Sans frontières», Rony Brauman et Bernard Kouchner, en ont alimenté la controverse à fronts renversés.
Mais, paradoxalement, celui qui devrait personnifier le mieux cette dualité, théoriquement complémentaire, celui qui devait par principe privilégier la diplomatie à double titre, au titre de médecin et au titre de chef de la diplomatie française, paraîtra constamment fasciner par les avantages d’un bellicisme purificateur, suscitant l’émotion de la communauté diplomatique internationale par des propos alarmistes sur l’Iran le 15 septembre 2007.

De retour d’une visite en Israël, et relayant sans doute les préoccupations de ses interlocuteurs, Bernard Kouchner, ce récidiviste en la matière, partisan auparavant d’une intervention musclée en Irak pour évincer Saddam Hussein, n’a pas écarté l’hypothèse d’une guerre contre l’Iran rejoignant en cela les thèses atlantistes de son nouveau mentor Nicolas Sarkozy, auteur d’une équation aussi sommaire que rudimentaire «la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran», seul dirigeant au Monde d’ailleurs à adopter ouvertement sur ce thème un lexique identique aux Israéliens, désignant Gaza de «Hamastan» et le Hezbollah libanais de «terroriste».

Toute honte bue, Kouchner n’hésitera pas, non plus, à revendiquer le bénéfice de la politique menée par son prédécesseur Dominique de Villepin, qu’il couvrait pourtant de sarcasme, pour son hostilité à l’invasion américaine de l’Irak.

Pis, à l’apogée de sa gloire ministérielle, au poste prestigieux de ministre des affaires étrangères de la France, Bernard Kouchner reniera ses idéaux de jeunesse et le combat de sa vie: «J’ai eu tort de demander ce secrétariat. Il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France », dit-il dans le journal «Le Parisien» à propos de la création d’un pote de secrétariat aux droits de l’homme dans le premier gouvernement de la présidence Sarkozy et son attribution à Rama Yade.
« Cette contradiction peut être féconde, mais fallait-il lui donner un caractère gouvernemental en créant ce secrétariat d’Etat ? Je ne le crois plus et c’est une erreur de ma part de l’avoir proposé au président», ajoute le ministre soulignant dans cette interview en date du 10 décembre 2008, confessant qu’on « ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme ».
Cette déclaration de Bernard Kouchner a retenti comme un reniement, et par contrecoup, comme un désaveu de celui qui passe pour s‘être servi du combat pour la défense des Droits de l’homme comme un tremplin vers le pouvoir politique, et au delà vers le maroquin ministériel.

Dans le cas de Rony Brauman, ce risque là est inexistant. Partisan de l’ingérence sous sa forme pacifique à l’époque de la guerre froide, Rony Brauman en devient un critique constant lorsque celle-ci se transforme en justification d’invasions armées. Considérant que les mésaventures de l’Arche de Zoé sont plus un symptôme qu’une dérive, il soutient que toute forme de secours ou de solidarité ne relève pas nécessairement de l’humanitaire et toute action humanitaire n’est pas nécessairement bonne. Et Plutôt que d’asséner des principes ou réitérer des idéaux, Rony Brauman fait le choix de s’interroger sur les limites d’une forme d’action dans laquelle il reste engagé.

Une des rares personnalités à parler vrai en connaissance de cause, il n’a jamais brigué d’autres responsabilités qui ne relèvent de la médecine ou de l’humanitarisme, sans le moindre débordement sur le plan politique, sans la moindre tentation carriériste, sans le moindre soupçon d’affairisme, contrairement au «cosmopolite» Bernard Kouchner et ses contrats gabonais qui permirent au ministre français des affaires étrangères de cachetonner sans état d’âme pour une dictature corrompue (3).
En somme, le Fondateur de «Médecins Sans Frontières» et son successeur constituent les déclinaisons antinomiques d’un même brillant, celui qui démarque le clinquant fondateur de l’étincelant successeur.

Références



Editions du Cygne
ISBN: 978-2-84924-152-3

Spécialisé en pathologie tropicale, de nationalité française, Rony Brauman est né le 19 juin 1950 à Jérusalem. Ancien président de Médecins sans frontières de France (de 1982 à 1994), il est lauréat du Prix de la Fondation Henri Dunant 1997. Coréalisateur avec le cinéaste israélien Eyan Sivan d’un documentaire (1999) sur le procès d’Adolf Eichmann (1961) dont le scénario est basé sur l’essai Eichmann in Jérusalem de la philosophe Hannah Arendt, il est l’auteur de plusieurs ouvrages notamment. Penser dans l’urgence : Parcours critique d’un humanitaire, Seuil, 2006 – entretien avec Catherine Portevin.

Éloge de la désobéissance (Le Pommier, 1999, document d’accompagnement du film intitulé Un spécialiste: portrait d’un criminel moderne, réalisé à partir des archives vidéo du procès d’Eichmann, avec le cinéaste Eyal Sivan), Les médias et l’humanitaire (avec René Backmann, Victoires, 1998), Devant le Mal. Rwanda, un génocide en direct, Arléa, 1994, Le crime humanitaire. Somalie. Arléa, 1993
2. «Kouchner ou l’ambiguïté à la française», Christopher Caldwell London Review of Books 1e Août 2009
3. «Le Monde selon K.» par Pierre Péan Fayard Février 2009

dimanche 15 novembre 2009

Le drapeau Sahraoui sur la tour Eiffel

Traduction par APSO, 6/11/2009

Vendredi 6 novembre 2009, à 11h du matin, six militants espagnols pour le respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental et appartenant à la Plate forme de Soutien Politique au Peuple Sahraoui (PAPPS), ont déployé un drapeau de la République Arabe Sahraouie Démocratique de 10 mètres de long depuis le deuxième étage de la tour Eiffel à Paris.

 Le drapeau est resté déployé 15 minutes. Ce geste dénonçait l’arrestation par la police Marocaine de sept défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme et exigeait leur libération immédiate, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques sahraouis incarcérés dans les prisons marocaines.

Le 8 octobre dernier, les Ali Salem Tamek, Brahim Dahane, Ahmed Naceri, Idagja Lachgare, Saleh Loubbihi, Yahdih Ettarrouzi et Rachid Seghayer ont été arrêtés à l’aéroport de Casablanca, au retour de leur visite à leurs familles et amis dans les campements de réfugiés sahraouis à Tindouf (Algérie). Le royaume du Maroc les a accusé de « trahison à la patrie » et d’«atteinte contre le souveraineté et l’intégrité territoriale du Maroc », et veut les faire juger par un tribunal militaire qui peut requérir jusqu’à la peine de mort.
Avec l’intention d’exiger la libération immédiate des militants sahraouis à la veille du 34ème anniversaire de la signature des « accords tripartites de Madrid »(1), les six militants membres de la PAPPS récemment créée, sont montés à Paris, pour faire flotter pendant 15 minutes le drapeau de la RASD et exigeant la libération de tous les militants sahraouis.

Dans le même temps, aux pieds de la tour Eiffel, d’autres militants manifestaient de manière pacifique avec les drapeaux du Maroc, de l’Espagne, de la France et des banderoles accusant le Royaume Alaouit de tortionnaire, la France de complice et l’Espagne de responsable.
Les militants qui se sont déplacés depuis l’Andalousie ont choisi la capitale gauloise parce que la France a refusé, il y a un mois, que soit élargi le mandat de la MINURSO (Mission Des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental) à la compétence des Droits de l’Homme.
Par cette action symbolique, les six militants entendaient attirer l’attention de l’opinion publique, pour éviter que le Maroc ne continue à torturer et violer les Droits fondamentaux du peuple sahraoui qui vit sous l’occupation Marocaine. Ils appelaient d’autre part à participer à la manifestation du samedi 14 novembre à Madrid, sous l’étendard « justice et liberté pour le peuple Sahraouis ».

NOTA : Le même jour 34 ans après l’invasion du Sahara Occidental était lancée la campagne internationale contre l’accord de pêche illégale signé entre l’UE et le Maroc (www.fishelsewwhere.eu)
Le 13 novembre, une autre militante sahraouie des droits de l’Homme, Aminatou Haidar, était arrêtée par la police marocaine à son arrivée à l’aéroport d’El Aaiun, au Sahara Occidental, puis expulsée le 14 vers les canaries, pour avoir refusé de reconnaître le colonisateur comme légitime dans son pays.

[1] Accord par lequel le régime de Franco a livré le territoire du Sahara Occidental au Maroc et à la Mauritanie, au mépris des ses obligations de pays colonisateur et permettant au Maroc d’occuper le territoire dans le feu et le sang.

A Chtouka Aït Baha, les "capitalistes" imposent leur loi

Par Ali Fkir,15/11/2009

A Chtouka Aït Baha (plus de 70 000 ouvrierEs agricoles), à Massa (plus de 30 000), on vit dans le pré-capitalisme:
- Pas de SMIG
- Pas de couverture sociale
- Pas de liberté syndicale
- Les ouvrières sont quotidiennement victimes de harcèlement sexuel patronal. Les patrons se sont érigés en dépositaires du "droit de dépucelage" à la féodale.
- L'Etat marocain cautionne l'arbitraire des patrons agraires
- Les diverses forces de répression instaurent un climat de terreur dans la région
Ma solidarité avec les victimes de l'exploitation éhontée
Ma solidarité avec les syndicalistes agrésséEs, licenciéEs, poursuiviEs en "justice"...
Ali Fkir

Association marocaine Des Droits humains
Section Chtouka-Ait baha


الجمعية المغربية لحقوق الانسان
منظمة غير حكومية تأسست في 24 يونيو 1979،لها صفة المنفعة العامة
عضو الفيدرالية الدولية لحقوق الإنسان-عضو المنظمة العربية لحقوق الإنسان- عضو الاتحاد الإفريقي لحقوق الإنسان




بيوكرى في:14/11/2009


بـــــــــــــــلاغ اولي


عاجل : مختلف اجهزة الامن تتدخل لتكسير اضراب العاملات و العمال بالقطاع الفلاحي باقليم اشتوكة ايت باها


علمنا في الفرع المحلي للجمعية المغربية لحقوق الانسان باشتوكة ايت باها ان مختلف اجهزة الامن – الدرك الملكي ، قوات التدخل السريع ، القوات المساعدة – اقدمت صبيحة اليوم – على الساعة السادسة صباحا –على الهجوم على العاملات و العمال المضربين و المعتصمين امام ضيعات شركة ًًٌََُُ دونا اكسبور في ملكية مستثمر اسباني َ و شركة ًَ القباج في ملكية عمدة مدينة اكادير ً و َ شركة دافيد في ملكية مستثمر اسباني ًَ و و خلف هدا التدخل اصابات العديد من العاملات و العمال في شركة دونا اكسبور .
و قد انتقلنا الى مركز خميس ايت عميرة حيث عاينا مرابطة هده القوات امام قيادة خميس ايت عميرة و مركز الدرك الملكي بعد ان انجزوا مهمتهم الوسخة ؟؟؟


عن المكتب
عن المكتب الرئيس : الحسين اولحوس
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البريدي:ص.ب:450 بيوكرى
البريد الإلكتروني: amdh_biougra@yahoo.fr.

Sahara occidental : La militante Aminatou Haidar expulsée vers l’île Lanzarote (Espagne)


Par El Moudjahid, 15/11/2009

Le mouvement espagnol de solidarité avec le peuple sahraoui dénonce

La militante sahraouie des droits de l'homme, Mme Aminatou Haidar, a été expulsée vers l'île Lanzarote (Archipel espagnol des îles Canaries) par les autorités marocaines, a-t-on appris hier de sources diplomatiques sahraouies.

A son arrivée à l'aéroport de cette île, Mme Haidar a refusé de descendre de l'avion en signe de protestation contre cette décision "contraire" au droit humanitaire international, a indiqué dans une déclaration à l'APS le ministre sahraoui des Affaires étrangères, M. Mohamed Salem Ould Salek, qui a qualifié la décision d'"acte grave". M. Ould Salek a demandé à l'Espagne d'"assumer toutes ses responsabilités", rappelant, à cet égard, qu'aucun pays ne peut recevoir un expulsé sans son accord au préalable. "Nous dénonçons fermement la complicité de l'Espagne avec les autorités marocaines, si cette dernière avait donné son accord pour recevoir Mme Haidar dans ses territoires", a-t-il déclaré. Avant d'être expulsée, la célèbre militante sahraouie des droits de l'homme avait été arrêtée vendredi à l'aéroport d'El Ayoun, la capitale sahraouie occupée, ainsi que deux journalistes indépendants espagnols, Pedro Barbadillo et Pedro Guillen, qui l'accompagnaient, à son retour de New York où elle avait reçu le ''Prix du courage civil", décernée par la Fondation John-Train pour sa "résistance pacifique au Sahara occidental". Mme Haider, 42 ans, souvent appelée la "Gandhi sahraouie", fait partie des plus éminents défenseurs des droits de l'homme au Sahara occidental. Elle est reconnue pour sa campagne courageuse pour l'autodétermination du Sahara occidental occupé par le Maroc et contre les disparitions forcées et les abus commis sur les prisonniers d'opinion. Auparavant, la Coalition canarienne (CC) a qualifiée l’arrestation de la présidente du collectif sahraoui des défenseurs des droits de l’homme, Aminatou Haidar, de « nouvel acte de mépris à l’égard de la légalité internationale et des droits fondamentaux de la part des autorités marocaines »


Le mouvement espagnol de solidarité avec le peuple sahraoui dénonce
La Coordination espagnole des associations solidaires avec le peuple sahraoui (CEAS) a dénoncé avec force l’arrestation par les autorités marocaines de la militante sahraouie Aminatou Haidar la qualifiant de ''violation'' des droits les plus élémentaires de la légalité internationale qui "ne peut rester impunie". "La CEAS tient à exprimer sa ferme condamnation devant cette nouvelle violation des droits les plus élémentaires de la part du Maroc, qui vise à faire de la militante Aminatou Haider et d’autres dirigeants sahraouis des otages d’une volonté politique illégale, exercée devant la complicité et le silence de la MINURSO", souligne la Coordination dans un communiqué. La CEAS souligne que cette nouvelle arrestation vient s’ajouter à celle des sept autres défenseurs sahraouis des droits de l’homme qui risquent la peine de mort s’ils venaient à être jugés par un tribunal militaire. Pour la coordination espagnole qui regroupe plus de 200 associations de soutien au peuple sahraoui, cette "violation des principes les plus élémentaires de la légalité internationale ne peut rester impunie".

Conte carthaginois: L’impatiente Régente et le Docteur Folhumour


par Omar Khayyam, 13/11/2009

Le docteur Mohamed Gueddiche, médecin personnel de Haj Zaba, est dans son bureau à la Présidence de Carthage. Il est absorbé par la lecture d’un livre passionnant. Soudain, il entend quelqu’un frapper à la porte. Il panique, ouvre un tiroir au hasard et y cache le livre qu’il était en train de lire.
Dr. Gueddiche : Entrez, je suis là.
La Régente de Carthage :  Je vous dérange ?
Dr. G. : Non, non, pas du tout. Assoyez-vous, je vous en prie.
R. C. : Puis-je m’allonger sur le divan ?
Dr. G. : Je suis désolé, je n’ai pas de divan. Je ne suis ni psychanaliste ni psychothérapeute. Je suis cardiologue, Madame.
R. C. : Je viens de lire un livre qui m’a plongé dans un océan de tristesse. La pire dépression de ma vie…
Dr. G. : Vous parlez de ce livre innommable commis par deux journalistes néo-colonialistes français ?
R. C. : Mais non, docteur !  Je m’en fous de ce raconte ce livre. Je parle d’un autre, une biographie de Bourguiba.
Dr. G. : Je vois que le juriste du Palais vous suggère maintenant des lectures pour adultes. Vous faites des progrès. Bravo !
R. C. : Ne vous moquez pas de moi, docteur !
Dr. G. : Absolument pas, Madame. Comment oserais-je me moquer de la femme du patron ? Il n’ y a aucune honte à être autodidacte. Staline, Hilter et Ceaucescu étaient des autodidactes comme vous.
R. C. : Je vais vous lire le passage qui m’a déprimée et qui me prive de sommeil depuis des jours: " Mais elle [Wassila] sait aussi que le pouvoir qu’elle a progressivement acquis dans l’ombre, que ce rôle d’éminence grise qui la comble sans toutefois satisfaire complètement ses ambitions, dépendent de lui [Bourguiba] et de lui seul. Elle n’a d’autre légitimité que celle d’une épouse. Viendrait à disparaître celui dont elle porte le nom, elle ne serait plus rien, et a suffisamment d’ennemis pour craindre un sort un peu enviable." (1)
Dr. G. : Je crois que Bessis et Belhassen ont raison. Si, que Dieu ne veuille,  le patron disparaît, vous risquez de perdre tous vos privilèges et la majorité de vos biens.
R. C. :  Mais si je nomme un président fantoche, par exemple Abdelwahab Abdallah, je pourrais tirer les ficelles du pouvoir derrière les coulisses, non ?

Dr. G. : Vous devriez lire la tragique histoire du général Rafael Leonidas Trujillo pour comprendre l’insoutenable légèreté de de ce scénario.
R. C. : C’est qui ce général ?
Dr. G. : Ce général, ancien de l’école des Marines aux USA, a régné sans partage sur la République Dominicaine du 16 août 1930 au 30 mai 1961, date de son assassinat. La famille de Trujillo, qui s’est enrichie sur le dos du peuple, avait un candidat à la succession aussi effacé que Addelwahab Abdallah, Joaquín Balaguer. Mais lorsque celui-ci a pris le pouvoir, il a peu à peu tiré le tapis sous les pieds des Trujillo. Finalement le clan familial de l’ex-dictateur n’avait d’autre choix que l’exil.

R. C. : Vous êtes en train d’enfoncer le couteau dans la plaie, docteur !
Dr. G. : Je suis un adepte des thérapies de choc, Madame.
R. C. : Pourriez-vous me prescrire des calmants ?

Dr. G. : Pas de problème.

Le docteur prend son stylo et écrit quelque chose sur une feuille blanche. Lorsque la Régente de Carthage lit ce qui y est écrit, elle s’évanouit sur le champ: " Je vous suggère deux calmants, Madame:  l’achat d’un billet aller sans retour Tunis-Abu Dhabi et l’ouverture d’un petit salon de coiffure chic à Dubaï "

 —
1 - Sophie Bessis et Souhayr Belhassen - Bourguiba, tome II, Un si long règne 1957-1989. Editions Jeunes Afrique livres, 1989 ; page 103.

Contre l'arbitraire interdiction d'Al Michaal

 Par Adib Abdesselam, 14/11/2009

Ma solidarité avec Al Michaal et avec ces journalistes après l'interdiction de la publication du journal Almichaal et avec l’emprisonnement de Driss Chahtane. Je considère qu'on n’a jamais vécu dans une atmosphère démocratique au Maroc, et qu'aujourd’hui, et avec l'appui de plusieurs facteurs et parmi eux la montée du PAM et d'El Hima, l'ancien bourreau de l'intérieur , nous entrons dans une période de fascisme, marquée par la répression de toutes expressions libres.
Dénonçons la dictature politique et économique en place. La répression de la presse pendant la journée national de la presse, est une illustration de ce qu'on peut attendre encore et encore et dans tout les domaines.
Alors les militants du Maroc de toutes tendances réveillez vous !!!!